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jeudi 14 mars 2013

Espagne : La Guardia civil a fait couler une patera d’immigrés marocains à Lanzarote


Il y a du nouveau concernant l’affaire de naufrage d’une patera, en décembre dernier, au large de l’ile espagnole de Lanzarote, transportant 25 candidats marocains à l’immigration clandestine, dont un qui a trouvé la mort. Une télévision espagnole vient de publier une vidéo de l’incident, désignant la Guardia civil comme principal responsable du drame.
Les 17 rescapés du naufrage d’une patera, survenu le 13 décembre dernier, à proximité de l’ile espagnole de Lanzarote, dans l’océan atlantique, avaient vraisemblablement raison. Le drame, qui avait coûté la vie à l’un de leur compagnon, six autres étant portés disparus, n’aurait pas été causé par une défaillance au niveau du patrouilleur de la Guardia Civil, comme l’avaient indiqué les autorités espagnoles. Une vidéo, publiée ce lundi par le site de la radio espagnole Cadena Ser, désigne la garde civile espagnole comme principal responsable des faits.

La vidéo publiée par Cadena Ser
Les images en question ont été filmées depuis la côte de Lanzarote, à l’aide du Système intégré de vigilance extérieure (SIVE), un système avancé financé principalement par l’Union européenne dans le but de protéger les frontières espagnoles des éventuels arrivées d’immigrés clandestins ou de narcotrafiquants. Celles-ci commencent par montrer l’embarcation de fortune qui s’approche de la plage de Jablillo. Lorsque le conducteur de la patera s’aperçoit qu’il est poursuivi par la Guardia civil, il change de trajectoire et accélère sa vitesse pour éviter d’être intercepté. A 2h18 précisément, le patrouilleur espagnol décide de croiser la trajectoire de la patera. L’homme qui la pilotait, voyant qu’il n’avait plus d’autres issues, réduit alors la vitesse du moteur avant de l’immobiliser en mer.
Mais, le patrouilleur de la Guardia civil n’a pas fait de même. Il a, au contraire, subitement accéléré la vitesse avant d’entrer en collision directe avec la petite embarcation de fortune, qui transportait ce jour-là 25 immigrés clandestins, tous originaires de la ville de Sidi Ifni. Le choc était violent, provoquant le naufrage immédiat du bateau clandestin. Les images montrent ensuite les rescapés de l’incident essayant de s’accrocher aux restes de la patera pour survivre. Finalement, seuls 17 d’entre eux s’en sortiront vivants.
Cette nouvelle vidéo vient appuyer le témoignage des immigrés survivants. Au lendemain des faits, ces derniers assuraient que le patrouilleur espagnol les avait volontairement percutés. Mais la version expliquée par la délégation du gouvernement espagnol aux Iles Canaries est différente. Selon elle, l’incident serait, plutôt, dû à une « avarie technique dans l’un des moteurs ». Celle-ci aurait empêché l’équipage espagnol d’éviter la patera. Le gouvernement marocain, lui, n’a toujours pas réagi au drame.
Al Jazeera en parle


samedi 26 février 2011

16 Sahraouis, en garde à vue aux Canaries, en grève de faim


 Par J.Naranjo, SaharaDoc, 25/2/2011

GuinGuinBali :

Un groupe de 16 Sahraouis, arrivés en pirogue depuis l’île de Lanzarote le 31 janvier dernier et dont le gouvernement espagnol a refusé la demande d’asile politique ont commencé, jeudi dernier, une grève de faim, en signe de protestation. Les jeunes, qui avaient participé au camp de Gdeim Izik, craignent d’être extradés au Maroc, où ils pourraient subir des répressions de la part du régime.
Cette pirogue avait débarqué à Teguise, à l’est de Lanzarote, la nuit du 31 janvier. À bord, 25 – 30 personnes, dont certains ont réussi à prendre la fuite. 17 d’entre eux ont dit être Sahraouis et, après leur transfert au centre d’internement d’El Matorral (Fuerteventura), ont décidé de demander l’asile politique aussi bien à travers la C.E.A.R (Commission Espagnole d’Aide au Réfugié) qu’une avocate. Cependant, le 15 février dernier, l’Office d’Asile et de Refuge (OAR) du gouvernement espagnol décidait de rejeter 16 des 17 demandes et donc de leur refuser l’asile. Tous ont demandé que leurs cas soient révisés pour éviter leur expulsion.
Avec la décision de la grève de faim, les 16 Sahraouis tentent d’attirer l’attention sur une résolution qu’ils considèrent injuste, puisque plusieurs d’entre eux ont fait partie du camp de Gdeim Izik et ont subi la répression marocaine postérieure à son démantèlement. Le problème réside dans l’apport de preuves que la OAR considèrerait suffisantes pour entamer les démarches de la demande.
C’est la deuxième pirogue transportant des Sahraouis qui débarque aux Canaries depuis les graves événements de novembre dernier. La première avait accosté à Fuerteventura le 5 janvier, avec 22 Sahraouis à bord qui, eux aussi, avaient demandé l’asile. Parmi eux, cinq ont vu leur demande acceptée et 17 refusée en première instance.
Suite à un recours, La Salle du Contentieux Administratif des Cours d’Assises a autorisé l’expulsion de 13 d’entre eux, ayant considéré l’absence “d’indices révélant que les autorités marocaines poursuivent systématiquement et généralement les Sahraouis à cause de leur origine ethnique”, selon le mandat. Finalement, la Cour de Strasbourg a intervenu pour recommander à l’Espagne de ne pas expulser les Sahraouis, conseil que le gouvernement espagnol a décidé de suivre.

dimanche 15 novembre 2009

Sahara occidental : La militante Aminatou Haidar expulsée vers l’île Lanzarote (Espagne)


Par El Moudjahid, 15/11/2009

Le mouvement espagnol de solidarité avec le peuple sahraoui dénonce

La militante sahraouie des droits de l'homme, Mme Aminatou Haidar, a été expulsée vers l'île Lanzarote (Archipel espagnol des îles Canaries) par les autorités marocaines, a-t-on appris hier de sources diplomatiques sahraouies.

A son arrivée à l'aéroport de cette île, Mme Haidar a refusé de descendre de l'avion en signe de protestation contre cette décision "contraire" au droit humanitaire international, a indiqué dans une déclaration à l'APS le ministre sahraoui des Affaires étrangères, M. Mohamed Salem Ould Salek, qui a qualifié la décision d'"acte grave". M. Ould Salek a demandé à l'Espagne d'"assumer toutes ses responsabilités", rappelant, à cet égard, qu'aucun pays ne peut recevoir un expulsé sans son accord au préalable. "Nous dénonçons fermement la complicité de l'Espagne avec les autorités marocaines, si cette dernière avait donné son accord pour recevoir Mme Haidar dans ses territoires", a-t-il déclaré. Avant d'être expulsée, la célèbre militante sahraouie des droits de l'homme avait été arrêtée vendredi à l'aéroport d'El Ayoun, la capitale sahraouie occupée, ainsi que deux journalistes indépendants espagnols, Pedro Barbadillo et Pedro Guillen, qui l'accompagnaient, à son retour de New York où elle avait reçu le ''Prix du courage civil", décernée par la Fondation John-Train pour sa "résistance pacifique au Sahara occidental". Mme Haider, 42 ans, souvent appelée la "Gandhi sahraouie", fait partie des plus éminents défenseurs des droits de l'homme au Sahara occidental. Elle est reconnue pour sa campagne courageuse pour l'autodétermination du Sahara occidental occupé par le Maroc et contre les disparitions forcées et les abus commis sur les prisonniers d'opinion. Auparavant, la Coalition canarienne (CC) a qualifiée l’arrestation de la présidente du collectif sahraoui des défenseurs des droits de l’homme, Aminatou Haidar, de « nouvel acte de mépris à l’égard de la légalité internationale et des droits fondamentaux de la part des autorités marocaines »


Le mouvement espagnol de solidarité avec le peuple sahraoui dénonce
La Coordination espagnole des associations solidaires avec le peuple sahraoui (CEAS) a dénoncé avec force l’arrestation par les autorités marocaines de la militante sahraouie Aminatou Haidar la qualifiant de ''violation'' des droits les plus élémentaires de la légalité internationale qui "ne peut rester impunie". "La CEAS tient à exprimer sa ferme condamnation devant cette nouvelle violation des droits les plus élémentaires de la part du Maroc, qui vise à faire de la militante Aminatou Haider et d’autres dirigeants sahraouis des otages d’une volonté politique illégale, exercée devant la complicité et le silence de la MINURSO", souligne la Coordination dans un communiqué. La CEAS souligne que cette nouvelle arrestation vient s’ajouter à celle des sept autres défenseurs sahraouis des droits de l’homme qui risquent la peine de mort s’ils venaient à être jugés par un tribunal militaire. Pour la coordination espagnole qui regroupe plus de 200 associations de soutien au peuple sahraoui, cette "violation des principes les plus élémentaires de la légalité internationale ne peut rester impunie".