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Il
est des vies qui méritent largement d’être vécues ! Celle de Stéphane Hessel en
fut une, assurément. Quatre-vingt quinze ans bien remplies. L’homme en a
tellement fait au service des pauvres, des sans papiers, des sans noms, des sans
grades de France et leurs frères, les opprimés de la planète. Et lorsque je lis
ou écoute certains de ses détracteurs lui reprocher la géométrie variable de son
indignation, concernant Cuba, la Chine la Syrie ou l’Iran, j’ai une
irrépressible envie de les inviter à lui jeter la première pierre, si, une seule
fois dans leur existence, ils avaient réussi cette indignation à 360° qu’ils lui
reprochaient de ne pas avoir eue. Plusieurs vies n’y suffiraient pas. Étrangement, ce sont les mêmes qui lui reprochent l’étroitesse de son
indignation qui défendent la barbarie israélienne. Celle qui s’applique
indistinctement aux femmes, aux enfants et aux vieillards, après qu’on les ait
privés de leur terre et condamnés à une errance sans fin.
Je
l’avais rencontré fortuitement au printemps 2009 ou 2010, à la cafétéria de la
FNAC, à Genève. On ne parlait encore ni du Printemps des indignés, ni de son
célèbre opuscule, « Indignez-vous ». Je ne le
connaissais pas, n’en avais même, jamais entendu parler.
Un
vieil homme, très digne, dans un costume tabac, compulsait son journal en
sirotant une infusion. L’exiguïté de la salle nous avait rapprochés
physiquement. L’indignation commune qui allait suivre, avait fait le reste : la
serveuse, une dame de couleur, se faisait houspiller par un client, sous
prétexte que le café qu’elle lui avait servi n’était pas un décaféiné.
Parole
contre parole, l’homme s’obstinait pour avoir le dernier mot, jusqu’à ce que la
dame exhibât la capsule encore fumante. Mais loin de désarçonner le client, la
preuve décupla sa colère, fâché de voir sa malhonnêteté percée à jour. Alors que
la sommelière, au bord des larmes, se retirait derrière son comptoir, le vieil
homme en costume tabac, se tourna vers lui et lui tint approximativement ces
mots :
-« Cher
Monsieur, n’ajoutons pas à la peine qu’on inflige à cette dame, d’avoir à servir
autrui, pour gagner sa vie, celle de devoir en plus, subir notre mauvaise
humeur ! »
On
aurait pu entendre voler une mouche, après cette charge subtile qui avait mis
l’irascible face à ses propres errements. Vaincu, il paya sa consommation et
disparut avalé par le flot des visiteurs, alors que le vieil homme, toujours
aussi calme, avait repris le cours de sa lecture. Je me penchai vers lui pour le
féliciter le pouce levé.
-« C’était
proprement insupportable ! Il fallait faire quelque chose ! ».
Nous
nous présentâmes et quarante minutes durant, nous échangeâmes nos impressions
sur l’état du monde. Je m’en souviens encore, comme si c’était hier.
Sur
son enfance, qui fonda sans doute son indignation, il eut cette phrase :
-« Vous
ne pouvez imaginer combien naître d’une origine juive,
dans l’Allemagne de 1917, en pleine guerre mondiale, pouvait ressembler à une
malédiction, car plus tard, en pleine jeunesse, vous rattraperait
l’insupportable pourriture noire qui avait prospéré sur le terreau de la misère
et la honte de l’armistice de 1918. »
Il
m’expliqua comment le silence de la communauté internationale face à la boulimie
territoriale de Hitler avaient scellé le destin de l’humanité, pour des
décennies et forgé tant de tragédies qui allaient suivre. J’ai regretté de ne
pas avoir eu de micro ce jour-là.
Sur
Israël, il me dit qu’il s’agissait d’un Etat qui avait fait du racisme et du vol
de territoires, son mode de gouvernance. Il fit la comparaison avec l’Afrique du
Sud et son Apartheid, vaincus par la détermination de la communauté
internationale et de quelques patriotes. Il se fit prophétique, voyant la
résolution du conflit israelo-palestinien, dans la création d’une confédération
des pays de la région. Un arc moyen-oriental, qui pourrait inclure la Turquie et
l'egypte. Le pendant de l’Europe, qui pourrait au meilleur de sa forme, englober
ceux des pays de la région qui seraient rendus à la démocratie.
Une
seule fois, nous nous sommes opposés, sur le dossier du Sahara, dont il pensait
qu’il était affaire de décolonisation, et où je voyais plutôt l’opportunité d’y
appliquer un fédéralisme à la marocaine avec des régions autonomes dans le Rif,
l’Atlas, l’Oriental, le Souss, l’Oued dahab, la saquia El Hamra et les autres.
Il m’a souri :
-« J’espère
pour vous, qu’il n’est pas trop tard ! »
Il
était comme ça, Stéphane. Il n’avait pas l’indignation hargneuse ou belliqueuse,
mais plutôt tranquille, sereine, presque bienveillante, comme lors de l’épisode
de la serveuse.
Il
a regardé sa montre, j’ai compris que l’entretien touchait à sa fin. Je l’ai
raccompagné. Nous avons dévalé l’escalator, ensemble, silencieux. De son regard,
il embrassait le décor qui scintillait plus bas ! J’avais l’impression de voir
un gosse s’émerveiller, devant la vie qui grouillait ici.
Nous
nous sommes dit au revoir et je l’ai regardé s’éloigner, dans la rue piétonne,
les mains dans le dos, le pardessus sur l’épaule, d’une démarche
approximative.
Ce
fut à mon tour de m’émerveiller, quelques mois plus tard, lorsque je reconnus
mon interlocuteur : il brillait de mille feux sous les projecteurs et aux micros
des chaînes de télévision du monde entier. Je reconnus ces yeux, ces sourcils,
cette bouche tordue si caractéristique qui me disaient, quelques mois
auparavant, à l’évocation de la situation politique dans les pays du
Maghreb:
-" Ne
cessez jamais de le dire aux tyrans, lorsque vous êtes indignés par leurs
exactions et vous verrez, avec le temps, ils finiront par se lasser de leur
propre tyrannie, par en être "insupportés" au point de s'auto-détester et s'en
aller, avant que l'histoire les emporte dans ses tourbillons
!"
Stéphane
Hessel est mort, comme l’avait prédit le prénom que lui avaient choisi ses
parents et qui allait comme un gant à cet homme épris de paix: « Le
couronné ». Couronné et enveloppé, de cette lumière qui guide
l’humanité depuis la nuit des temps. La lumière des justes.
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mardi 5 mars 2013
Stéphane Hessel, ce juste couronné de lumière
Libellés :
rencontre témoignage,
Salah Elayoubi,
Stéphane Hessel
vendredi 1 mars 2013
Stéphane Hessel: le bal des hypocrites
Par Hervé Bentégeat, Slate, 28/2/2013
Droite, gauche: ils veulent tous faire entrer Stéphane Hessel au Panthéon. Et pourtant ils ne l’aimaient pas.
Déjà, il y a quelque chose de louche dans ce concert de louanges,
dans cette unanimité droite-gauche-centre-vert, etc., qui salue la
mémoire de Stéphane Hessel. Toute la classe politique y est allée de de
bon cœur: «Grande figure», «humaniste passionné», «militant du progrès», «penseur généreux», «immense patriote», «grand Français»…
(passons sur l’originalité des formules: plus c’est plat, plus ils
aiment). Mais quand un militant politique (ce que fut Hessel) est
enterré sous des tombereaux d’éloges venant de tous les côtés, c’est
qu’il était déjà mort. Ou alors...
Ensuite, il y a quand même quelque chose de bizarre: si Stéphane Hessel était un grand penseur, un humaniste visionnaire, une conscience universelle, comme ne cessent de le répéter les politiques à coups de trémolos, comment se fait-il qu’il ait fallu attendre ses 90 ans pour s’en rendre compte? Etait-il si différent à 40 ans? A 60 ans?
La République ne réagit qu’à une seule chose: la popularité de ceux qu’elle honore. Elle fait chevalier de la Légion d’Honneur et commandeur des Arts et des Lettres les stars d’Hollywood (Sylvester Stallone pour Rambo, Arnold Schwarzenegger pour Terminator, Bruce Willis pour Die Hard 1, 2, 3, 4, 5 et 6), et dresse d’avance un Panthéon à la mémoire des personnalités préférées des Français. Le jour ou Yannick Noah disparaîtra (il est dans le top ten), Copé, Hollande, Duflot, et tous les autres, sortiront des communiqués expliquant que c’était le plus grand chanteur français.
Il n’y a qu’une chose qui les intéresse chez les célébrités: se faire prendre en photo avec elles. Et quand elles ne sont plus là, les prendre à témoin dans leurs discours. Quoi qu’ils pensent de leur talent. Stéphane Hessel ne fait pas exception.
Mais voilà: avec le succès planétaire de Indignez-vous!, il y a trois ans, Stéphane Hessel, que personne ne connaissait la veille, était soudain devenu une icône. Donc un intouchable. Donc un grand homme. Donc l’ami de tout le monde.
Alors que, pendant un demi-siècle, tout au long d’une carrière qui s’annonçait plus que prometteuse, il a été soigneusement placardé. Par la droite comme par la gauche.
Normalien, résistant, torturé, déporté, avec un tel palmarès, il était programmé, au lendemain de la guerre, pour devenir ministre. Mais il avait le tort, dans la France gaulliste, d’avoir été espion au profit des Anglais. Mais il avait le tort, dans la France mitterrandienne, d’avoir été mendésiste. Mais il a eu le tort de dénoncer les méthodes de la «Françafrique». Mais il a eu le tort de se déclarer très tôt fédéraliste à l’époque de l’Europe des nations.
Du coup, on a toujours relégué ce diplomate dans des emplois subalternes: représentant de la France aux institutions internationales sur les droits de l’homme et les questions sociales (à 35 ans); directeur de la coopération à l’Education nationale (à 45 ans); chargé de la coopération à l’ambassade d’Alger (à 50 ans); chargé de mission à l’Office nationale pour la promotion culturelle des immigrés (à 60 ans)... Pas bien brillant.
Giscard et Mitterrand, qui l’avaient croisé et reconnaissaient quand même son courage et son intelligence, lui avaient octroyé sur le tard un hochet: un poste, puis un rang d’ambassadeur, mais là où il ne pourrait pas faire de vagues: à l’ONU, à Genève, puis sans aucune affectation. On lui donnait quelques petites missions de temps à autre: négocier avec des preneurs d’otages, s’occuper de Mayotte et des Comores...
L’âge de la retraite venant, on l’a nommé membre de commissions et de comités Théodule: la Haute Autorité de la communication, le Haut Conseil à l’intégration… Dans ces enceintes où tout le monde dort, il parlait, on l’écoutait poliment, et puis on passait à autre chose.
Une carrière moyenne. Très moyenne. Qui serait restée dans l’anonymat total sans le miracle d’un petit livre, tombé au bon moment, dont lui-même reconnaissait ne pas comprendre le succès.
En vieil homme heureux, il attendait la mort avec curiosité, comme il attendait l’amour à 20 ans.
Il a dansé avec son siècle. Le voici dans une autre valse, loin du bal des faux-nez et des faux-culs.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Ensuite, il y a quand même quelque chose de bizarre: si Stéphane Hessel était un grand penseur, un humaniste visionnaire, une conscience universelle, comme ne cessent de le répéter les politiques à coups de trémolos, comment se fait-il qu’il ait fallu attendre ses 90 ans pour s’en rendre compte? Etait-il si différent à 40 ans? A 60 ans?
La République ne réagit qu’à une seule chose: la popularité de ceux qu’elle honore. Elle fait chevalier de la Légion d’Honneur et commandeur des Arts et des Lettres les stars d’Hollywood (Sylvester Stallone pour Rambo, Arnold Schwarzenegger pour Terminator, Bruce Willis pour Die Hard 1, 2, 3, 4, 5 et 6), et dresse d’avance un Panthéon à la mémoire des personnalités préférées des Français. Le jour ou Yannick Noah disparaîtra (il est dans le top ten), Copé, Hollande, Duflot, et tous les autres, sortiront des communiqués expliquant que c’était le plus grand chanteur français.
Il n’y a qu’une chose qui les intéresse chez les célébrités: se faire prendre en photo avec elles. Et quand elles ne sont plus là, les prendre à témoin dans leurs discours. Quoi qu’ils pensent de leur talent. Stéphane Hessel ne fait pas exception.
En vérité, la droite le détestait, et il horripilait la gauche.
La droite le détestait, car il incarnait tout ce qu’elle honnit: l’idéalisme crédule, les idées généreuses et naïves, la solidarité irréaliste, la bonne conscience universelle. La gauche, qui se veut lucide et «responsable», ne le supportait pas pour les mêmes raisons. Qu’est-ce que c’est, que ce rêveur indigné? Ce type qui veut régulariser tous les sans-papiers? Ce vieillard qui appelle la jeunesse à se révolter? Ce juif qui défend les terroristes palestiniens? Un illuminé! «Vous avez lu son livre ? demandaient-ils quand ils se lâchaient en privé. Il n’y a pas une idée, c’est de l’incantation pure, c’est nul...» «C’est gentil...», disaient les plus féroces.Mais voilà: avec le succès planétaire de Indignez-vous!, il y a trois ans, Stéphane Hessel, que personne ne connaissait la veille, était soudain devenu une icône. Donc un intouchable. Donc un grand homme. Donc l’ami de tout le monde.
Alors que, pendant un demi-siècle, tout au long d’une carrière qui s’annonçait plus que prometteuse, il a été soigneusement placardé. Par la droite comme par la gauche.
Normalien, résistant, torturé, déporté, avec un tel palmarès, il était programmé, au lendemain de la guerre, pour devenir ministre. Mais il avait le tort, dans la France gaulliste, d’avoir été espion au profit des Anglais. Mais il avait le tort, dans la France mitterrandienne, d’avoir été mendésiste. Mais il a eu le tort de dénoncer les méthodes de la «Françafrique». Mais il a eu le tort de se déclarer très tôt fédéraliste à l’époque de l’Europe des nations.
Du coup, on a toujours relégué ce diplomate dans des emplois subalternes: représentant de la France aux institutions internationales sur les droits de l’homme et les questions sociales (à 35 ans); directeur de la coopération à l’Education nationale (à 45 ans); chargé de la coopération à l’ambassade d’Alger (à 50 ans); chargé de mission à l’Office nationale pour la promotion culturelle des immigrés (à 60 ans)... Pas bien brillant.
Giscard et Mitterrand, qui l’avaient croisé et reconnaissaient quand même son courage et son intelligence, lui avaient octroyé sur le tard un hochet: un poste, puis un rang d’ambassadeur, mais là où il ne pourrait pas faire de vagues: à l’ONU, à Genève, puis sans aucune affectation. On lui donnait quelques petites missions de temps à autre: négocier avec des preneurs d’otages, s’occuper de Mayotte et des Comores...
L’âge de la retraite venant, on l’a nommé membre de commissions et de comités Théodule: la Haute Autorité de la communication, le Haut Conseil à l’intégration… Dans ces enceintes où tout le monde dort, il parlait, on l’écoutait poliment, et puis on passait à autre chose.
Une carrière moyenne. Très moyenne. Qui serait restée dans l’anonymat total sans le miracle d’un petit livre, tombé au bon moment, dont lui-même reconnaissait ne pas comprendre le succès.
C’est le malentendu Hessel
Mais, au fond, est-ce que ça comptait pour lui? Il a forcément éprouvé quelques déceptions, au regard des promesses qu’il portait en lui. Mais ce flâneur gourmand, ce sensuel épris de poésie, ce cosmopolite qui a vécu à Berlin, Londres, Paris, New York, Saigon, ce voyageur qui aimait autant Florence que Dakar, était resté l’enfant de l’Allemand Franz Hessel, traducteur de Proust, et de Hélène Grund, dont la vie servit de modèle au Jules et Jim de Truffaut. Une famille où l’on ne mettait rien plus haut que la culture et la liberté. Stéphane Hessel a eu bien d’autres vies que la diplomatie ou le militantisme.En vieil homme heureux, il attendait la mort avec curiosité, comme il attendait l’amour à 20 ans.
Il a dansé avec son siècle. Le voici dans une autre valse, loin du bal des faux-nez et des faux-culs.
http://www.slate.fr/story/68831/stephane-hessel-bal-hypocrites-gauche-droite

Mise en ligne le 9 janv. 2011
Alors messieurs Jamel et Ali, on ne s'indigne pas quand on attaque le Maroc?
http://youtu.be/Gu8_jF2jkVoMise en ligne le 9 janv. 2011
Libellés :
concert de louanges,
hypocrisie,
Stéphane Hessel
jeudi 28 février 2013
Hommages à Stéphane Hessel décédé mercredi
Par millions rendons hommage
à Stéphane Hessel.
aujourd’hui à 19:00
Place de la Bastille, à Paris
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Hommage à Monsieur Hessel
Tous ceux qui
ont pu connaitre et apprécier son parcours de résistant, de combattant pour les
Droits Humains et de militant pour les causes justes, ne peuvent que
dire : Monsieur Hessel est mort ; que vive le Hessel qui est en chaque INDIGNE
chaque
engagé
chaque
résistant
chaque militant…
Bref, chaque insoumis(e) qui refuse de se taire sur
les injustices qui frappent les peuples résistants comme en Palestine, au
Sahara Occidental…
Chaque combattant(e) pour un monde plus juste, plus
fraternel qui rejette la violence sous quelque prétexte que ce soit.
Hamid Benzekri
27/02/2013
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Mort du grand père de l'indignation, sûr qu'il ne l'a pas emportée avec lui, il s'est assuré de la semer!
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Stéphane Hessel vient de
nous quitter
AFPS, Paris, le 27 février 2013
http://www.france-palestine.org/Stephane-Hessel-vient-de-nous
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Stéphane Hessel vient de nous quitter. Nous voulons dire notre profonde
émotion et partager la peine de Christiane, sa compagne.
Avec ce combattant inlassable des droits de l’homme, nous perdons un ami
précieux qui toujours fut aux côtés des opprimés. D’autres retraceront son
parcours exceptionnel et les hommages, nous n’en doutons pas,
seront nombreux.
Stéphane restera pour nous le Résistant qui se plaça toujours aux côtés des
peuples en quête de justice.
Pour la Palestine, sur place ou en France, son engagement était de principe
et sans ambiguïté. Malgré les coups il ne renonçait jamais. Il donna de
lui-même sans compter pour permettre la tenue du Tribunal Russell pour la
Palestine. C’est en toute générosité, et avec la force que donne la certitude
d’un juste combat, qu’il s’engagea aux côtés des militants de la solidarité
poursuivis pour des actions Boycott Désinvestissement Sanctions au nom de
la honteuse circulaire Alliot-Marie. Que ce soit pour la libération de
Salah Hamouri, dans le soutien à la Résistance populaire (il participa à
l’une des Conférences de Bil’in), comme dans l’action contre le blocus de Gaza
ou pour les prisonniers, toujours, nous savions pouvoir le trouver à nos
côtés dans notre combat commun pour la justice et la paix.
Son extraordinaire appel « indignez-vous ! » fut plus qu’un cri du cœur,
un appel profond et positif à l’engagement. Nous l’avons fait nôtre. La figure
lumineuse et la bonté de Stéphane Hessel marqueront pour longtemps celles et
ceux qui jamais ne se résignent devant l’injustice. Ce chemin, nous
le poursuivons.
Le bureau national de l’AFPS.http://www.france-palestine.org/Stephane-Hessel-vient-de-nous
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photo Le Monde.fr.
Lire notre portrait paru en décembre 2011 : "Gentleman indigné" >> http://www.lemonde.fr/style/
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Communiqué
Hommage
à Stéphane Hessel, résistant d’hier et d’aujourd’hui
Résister,
disait Lucie Aubrac, est un verbe qui se conjugue au présent. Résistant d’hier
contre le nazisme, Stéphane Hessel était aussi un résistant d’aujourd’hui,
engagé contre les méfaits du néolibéralisme, l’écart grandissant entre les plus
riches et les plus pauvres, la dictature des marchés financiers, l’exploitation
abusive des ressources de la terre, les traitements inhumains infligés aux
personnes les plus défavorisées.
Stéphane
Hessel était aussi un bâtisseur. Il avait participé à l’élaboration du programme
du conseil national de la résistance, dont Attac a fêté avec lui le soixantième
anniversaire en 2004[1]. Il avait ensuite co-rédigé la déclaration universelle
des droits de l’Homme.
Infatigable
défenseur des droits humains, il a été également de tous les combats
anti-coloniaux. Sa défense rigoureuse du peuple palestinien lui a valu d'essuyer
à maintes reprises insultes et diffamation.
Jusqu’à
la fin, il a été aux côtés de ceux qui menaient les luttes pour un monde plus
juste. Son livre «Indignez-vous», qui a eu un écho planétaire, a été le drapeau
de milliers de manifestants du monde entier qui se sont mobilisés contre un
système injuste et de moins en moins démocratique.
Attac
France rend hommage à la mémoire de Stéphane Hessel et s’associe à la peine de
sa famille et de ses amis.
Attac
France, le 27 février 2013
Libellés :
AFPS,
Attac France,
décès,
hommages universels,
Stéphane Hessel
mercredi 13 février 2013
Droits de l’homme au Sahara occidental : un sujet qui dérange
© D. R.Leïla Aïchi, sénatrice écologiste.
Des réactions diplomatiques marocaines ont été très vives : coups de téléphone au cabinet du président du Sénat français, Jean-Pierre Bel, pour protester contre ce colloque «déplacé», l’ambassadeur de France à Rabat invité à s’expliquer…
Paris
De notre correspondante
Dans un communiqué, le collectif associatif franco-marocain Almohagir a souligné que «la présence d’officiels du Polisario, de députés algériens et d’activistes supporteurs inconditionnels de thèses séparatistes, dans une instance parlementaire aussi respectée que le Sénat (français, ndlr) a heurté et choqué les citoyens franco-marocains» membres du collectif. Des courriels traitent la sénatrice de «collaboratrice du pouvoir algérien». Ce qui a conduit Christian Cambon (UMP), président du groupe d’amitié France-Maroc, à protester dans un communiqué de presse transmis à la MAP et à l’AFP, la veille de la tenue du colloque, jugeant «cette initiative intempestive, malvenue et dangereuse».
Pour lui, «elle ne facilite pas le travail de la diplomatie française» et est «déplacée à l’égard du Maroc».
Le Groupe d’amitié, a-t-il poursuivi, «réaffirme son soutien à la position officielle de la France, exprimée tant par l’ancien président Sarkozy, que, plus récemment, par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à Rabat en faveur d’une solution politique basée sur le plan d’autonomie marocain».
Il reste que quelques jours après ce colloque au Sénat français, le Parlement européen adoptait une résolution réaffirmant «les droits fondamentaux» du peuple sahraoui, «la liberté d’association et d’expression».
Les europarlementaires ont également exigé «la libération des prisonniers politiques sahraouis» et préconisé «un référendum d’autodétermination conforme aux résolutions de l’ONU». Il est à préciser que ce colloque (El Watan de samedi 2 février et lundi 4 février) s’est tenu avec la participation de députés européens, de responsables de la fondation Robert Kennedy, de l’ancien ambassadeur Stéphane Hessel, rédacteur de la Déclaration des droits de l’homme des Nations unies, et de nombreux défenseurs des droits de l’homme.
De notre correspondante
Dans un communiqué, le collectif associatif franco-marocain Almohagir a souligné que «la présence d’officiels du Polisario, de députés algériens et d’activistes supporteurs inconditionnels de thèses séparatistes, dans une instance parlementaire aussi respectée que le Sénat (français, ndlr) a heurté et choqué les citoyens franco-marocains» membres du collectif. Des courriels traitent la sénatrice de «collaboratrice du pouvoir algérien». Ce qui a conduit Christian Cambon (UMP), président du groupe d’amitié France-Maroc, à protester dans un communiqué de presse transmis à la MAP et à l’AFP, la veille de la tenue du colloque, jugeant «cette initiative intempestive, malvenue et dangereuse».
Pour lui, «elle ne facilite pas le travail de la diplomatie française» et est «déplacée à l’égard du Maroc».
Le Groupe d’amitié, a-t-il poursuivi, «réaffirme son soutien à la position officielle de la France, exprimée tant par l’ancien président Sarkozy, que, plus récemment, par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à Rabat en faveur d’une solution politique basée sur le plan d’autonomie marocain».
Il reste que quelques jours après ce colloque au Sénat français, le Parlement européen adoptait une résolution réaffirmant «les droits fondamentaux» du peuple sahraoui, «la liberté d’association et d’expression».
Les europarlementaires ont également exigé «la libération des prisonniers politiques sahraouis» et préconisé «un référendum d’autodétermination conforme aux résolutions de l’ONU». Il est à préciser que ce colloque (El Watan de samedi 2 février et lundi 4 février) s’est tenu avec la participation de députés européens, de responsables de la fondation Robert Kennedy, de l’ancien ambassadeur Stéphane Hessel, rédacteur de la Déclaration des droits de l’homme des Nations unies, et de nombreux défenseurs des droits de l’homme.
http://www.elwatan.com/international/droits-de-l-homme-au-sahara-occidental-un-sujet-qui-derange-12-02-2013-203011_112.php
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Sahara : Le parlement européen préoccupé par les « violations des droits de l’Homme »
Encore une fois, le parlement européen résiste à la
diplomatie marocaine. Les eurodéputés ont adopté un texte totalement en
faveur du Polisario. Un nouvel échec alors que Rabat accueillait, il y
a quelques jours, et en grande pompe, une délégation de
parlementaires, présidée par le français Gilles Pargneux, du tout jeune groupe d’amitié avec le Maroc
Après l’International socialiste qui a adopté, la
semaine dernière au Portugal, une résolution demandant aux autorités
marocaines de respecter les droits de l’Homme au Sahara, voilà que le
Parlement européen lui emboîte le pas. Les eurodéputés viennent, en
effet, d’adopter, à une majorité confortable : 283 pour, 184 contre et
10 abstentions, un texte dans lequel ils expriment leur « préoccupation
au vu de la violation des droits de l’Homme au Sahara occidental ». Et
d’appeler à « la protection des droits fondamentaux de la population du
Sahara occidental, y compris la liberté d'association, la liberté
d'expression et le droit de manifester ».
Le texte, totalement en faveur du Polisario, souligne « la nécessité
d'un suivi international de la situation des droits de l'homme au Sahara
occidental ». Selon eux, la MINURSO pourrait bien remplir ce rôle. Des
propos qui ne sont pas sans rappeler la très célébré résolution
approuvée par la même institution en novembre 2010 en représailles au
démantèlement du camp de Gdeim Izik à Laâyoune. Et en guise de
conclusion, les eurodéputés se disent « favorables à un règlement juste
et durable du conflit, sur la base du droit de la population sahraouie à
l'autodétermination, conformément aux résolutions pertinentes des
Nations Unies ».
Le groupe d’amitié Maroc/UE a du pain sur la planche
La teneur de cette résolution atteste, encore une fois, les
difficultés rencontrées par la diplomatie marocaine (officielle ou
partisane) afin de convaincre les eurodéputés de supporter le Maroc sur
certains dossiers clés ; tels le Sahara, les droits de l’Homme ou
l’accord de pêche.
Il y a quelques jours une délégation de parlementaires européens
dite du groupe d’amitié avec le Maroc a fait le déplacement au Maroc,
accueillie en grande pompe par le chef de gouvernement, les présidents
de la Chambre des représentants et celui des Conseillers, s’est réuni
avec les principaux ministres dont Aziz akhennouch à la tête du
département de la Pêche et l'Agriculture. Elle a même effectué une
visite dans les provinces du sud, notamment à Dakhla. Ces eurodéputés,
devant les micros des médias officiels, se sont dits disposés à défendre
le Maroc au parlement européen.
jeudi 24 janvier 2013
Conférence, Sahara occidental, respect des droits de l'homme
Par Bachir MOUTIK
Madame, Monsieur, chers amis,
Nous sommes très honorés de vous
inviter à assister à la conférence internationale sur le thème du respect des
droits de l'homme au Sahara occidental, qui se tiendra au Palais du Luxembourg,
Paris
le samedi 2 février de 9h30 à 17h.
Conférence importante au lendemain du
procès des 24 prisonniers politiques sahraouis de Salé et à la veille des
prochains rendez-vous de Genève, New-York ou Tunis.
Cette conférence invitée par Madame Leïla Aïchi, Sénatrice de Paris, sera présidée par Monsieur l'Ambassadeur Stéphane Hessel.
Bien cordialement
Régine Villemont
Infos pratiques : Entrée au 15 rue de Vaugirard, il est prudent d'arriver avant 9h30 pour satisfaire aux procédures d'entrée ( vous munir d'un document d'identité)
mercredi 9 janvier 2013
Stéphane Hessel appelle Ayrault à renoncer à Notre-Dame-des-Landes
Hervé Kempf et Eduardo Febbro, REPORTERRE, 5/1/2013
Dans une interview au site Reporterre, Stéphane Hessel appelle le Premier ministre à reconsidérer sa position sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Souhaitant la fin des violences policières, il juge le projet ni économiquement nécessaire, ni écologiquement innocent.
Reporterre : Que pensez-vous du déploiement de forces
policières, engagé depuis le 16 octobre, pour expulser les jeunes
occupants de Notre-Dame-des-Landes ?
Stéphane Hessel : Je trouve toujours très
regrettable que des problèmes, qui suscitent tout naturellement une
opposition des uns et une opposition des autres, soit traités avec de la
violence.
C’est le contraire de ce que nous a appris le mouvement socialiste,
qui est un mouvement de remise ensemble des positions des uns et des
autres, surtout lorsqu’il s’agit de ces jeunes « Indignés », dont j’ai
eu l’occasion de marquer la vitalité. Il ne faut pas les brusquer, il ne
faut surtout pas leur envoyer la police, il faut discuter avec eux.
Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est très
discuté, de longue date et de façon très argumentée. Que pensez-vous de
ce projet ?
Je ne le connais pas suffisamment, ça n’a pas été un des sujets sur
lesquels je me suis jusqu’ici engagé. Mais tout ce que j’en entends
dire, et notamment de la part de mes amis d’Europe Ecologie-Les Verts,
avec lesquels je me suis engagé pour essayer de donner le maximum de
sens au programme écologique français, je n’entends qu’une chose, c’est
que ce projet de Notre-Dame-des-Landes n’est ni véritablement nécessaire
sur le plan économique, des études l’ont, je pense, démontré, ni
suffisamment innocent sur le plan de problèmes comme la loi sur l’eau,
comme la dégradation des terres agricoles.
Il me semble donc qu’il est normal que ceux qui se sont engagés
derrière ce projet reconsidèrent leur position et au moins reviennent à
une discussion, à un débat, à un débat conduit avec le respect de
l’autre, et arrivent peut-être à la conclusion que véritablement on
s’était fourvoyé en voulant à tout prix cet aéroport.
Qu’aimeriez-vous dire à Jean-Marc Ayrault à ce propos ?
A Jean-Marc Ayrault, je voudrais dire deux choses :
- d’abord que j’ai beaucoup de respect pour lui, que je considère qu’il a fait à Nantes un travail remarquable. Et je suis heureux qu’il ait accepté le choix de François Hollande de diriger notre gouvernement ;
- mais je voudrais lui dire que tout homme peut avoir des raisons de reconsidérer une position qu’il a prise, qu’il a prise sous je ne sais quelle influence particulière. Mais à laquelle il ne doit pas rester lié sans se demander s’il n’y a pas une solution qui ne mettrait pas en conflit des gens auxquels il doit l’amitié et le respect.
Ceux qui protestent, ceux qui n’en veulent pas, ce sont de bons
citoyens français, ce ne sont pas des malotrus, des voyous, au
contraire, ce sont des gens qui ont bien réfléchi.
J’aimerais que lui aussi réfléchisse bien. Je lui dis ça avec tout le
respect que j’ai pour lui et avec la conviction que lorsqu’il tiendra
compte de l’émotion provoquée, de la volonté citoyenne de faire
autrement, eh bien que lui aussi se demandera s’il ne peut pas, s’il ne
doit pas, faire autrement.
Stéphane Hessel et Notre-Dame-des-Landes
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samedi 22 octobre 2011
lundi 17 janvier 2011
Paris-rassemblement : Solidarité avec Stéphane Hessel, contre la censure, pour les libertés publiques
à18h30, Paris, place du Panthéon
Le CRIF se félicite d'avoir obtenu l'interdiction de la rencontre prévue à l'ENS avec Stéphane Hessel et de nombreux invités de premier rang. Les réactions indignées se multiplient, tant parmi les étudiants de l'Ecole Normale Supérieure (lire la lettre d'un élève à la directrice), que parmi les professeurs (lire la tribune d'Eric Fassin :l'ironie de Voltaire). Pour Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme, "le Crif joue avec le feu". Dominique Vidal dénonce "l'autisme et l'arrogance" de Richard Prasquier, le président du CRIF, et lance un appel: "Théo Klein réveille toi, ils sont devenus fous!"
Nous vous appelons à venir nombreux pour le rassemblement de soutien à Stéphane Hessel, demain mardi 18h30 place du Panthéon. Il prendra la parole aux côtés des invités initialement prévus (Leila Shahid, Michel Warschawski, Benoist Hurel, Daniel Garrigue), ainsi que d'un grand nombre de personnalités solidaires, scandalisées par cette atteinte grave à nos libertés pilotée par les inconditionnels de la droite israélienne au pouvoir.
Merci de diffuser largement ce message.
Pour rappel, le communiqué des organisateurs, ici.
Signez et faites signer l'appel : www.collectifpaixjustepalestine.org
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