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samedi 4 février 2017

Un an plus tard, Naâma et ses compagnons sont toujours en prison marocaine ! · NetworkedBlogs

Vos souvenirs sur Facebook, il y a un an, le 4 février 2016 :
Plan de paix au Sahara Occidental, ACAT, 02/02/2016

Raymond MEOT


Il concerne un des conflits « oubliés » de l’actualité. La lutte du peuple sahraoui pour son émancipation sur fond de décolonisation et de richesses pétrolières. En contrôlant le Sahara occidental, les autorités marocaines nient l’existence du peuple sahraoui et répriment sévèrement toute manifestation. Arrestations arbitraires, mauvais traitements, tortures et condamnations de militants sahraouis à l’issue de procès inéquitables en toute impunité.

En octobre 2010, Naâma Asfari, défenseur des droits de l’homme et 20 000 personnes ont participé à la création à Gdeim. Izil au sud du Maroc d’un camp de tentes traditionnelles de ce peuple nomade pour protester contre les discriminations dont ils sont les victimes et réaffirmer le droit des Sahraouis à l’autodétermination

mercredi 27 avril 2016

« Je suis un détenu politique… »



L'Humanité, 22/4/2016

Par Naâma Asfari Militant sahraoui détenu à Salé (Maroc), condamné à trente ans de prison
Je suis un détenu politique. Je, on ne fait pas de la politique, on lutte contre une certaine politique. On ne lutte pas contre la politique, mais contre certaines politiques et certaines manières de faire de la politique. Quel genre de politique mène le régime marocain contre nous ? Quelle politique conduit l’ONU pour assurer et maintenir une paix juste dans le monde ? Et les cinq membres du Conseil de sécurité ? Une politique qui n’a pas d’éthique est le contraire de la politique. Mais la politique n’est pas non plus la morale. Je ne suis qu’un homme simple. La politique m’a privé de toutes les petites choses qui m’auraient permis de vivre une vie comme n’importe quel homme dans le monde.
Enfant, l’atrocité de la politique m’a privé de la tendresse d’un père et d’une mère. Jeune, j’ai été privé des droits dont devraient bénéficier tous les jeunes du monde. Tous les droits et libertés n’existent pas sans le droit de mon peuple : droit à l’autodétermination. 
Aujourd’hui j’ai 46 ans, j’ai été condamné à trente ans de prison, avec vingt-trois compagnons condamnés pour certains à la perpétuité. Ces condamnations sont illégales, injustes et iniques. Tout le monde le reconnaît, l’État marocain le premier, qui a abrogé le tribunal militaire au lendemain même de nos condamnations. Les médias, les intellectuels dans tout le monde, que font-ils ? Je ne suis pas un terroriste, nous ne sommes pas des terroristes. Nous sommes des militants, nous luttons pacifiquement pour l’autodétermination de notre peuple. Je crois à votre conception de la justice. J’ai étudié le droit à l’université de Nanterre. J’ai commencé mes études de droit au Maroc, pays que j’aime de tout mon cœur. J’ai du respect pour le Maroc et le peuple marocain. Je rêve comme toute la jeunesse du Maghreb à un avenir de paix. La France, grande puissance, doit faire se rapprocher les peuples du Maghreb sur les valeurs de l’ONU.
Le printemps arabe a commencé au Sahara occidental à Gdeim Izik, début octobre 2010. Nos revendications, celles des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qui se sont rassemblés sous les tentes dans le désert portaient sur le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Feu Hassan II l’avait accepté et s’y était engagé. Sous l’égide de l’ONU, le Maroc a signé avec notre seul, unique et légitime représentant, le Polisario, un accord pour le référendum d’autodétermination.
 Ses héritiers ont nié ces engagements. La France doit avec l’Espagne faciliter les rapprochements au lieu de les compliquer. La question des droits de l’homme devrait être la priorité. J’ai été très choqué lorsque j’ai appris que le représentant de la France au Conseil de sécurité menaçait d’utiliser le veto contre la proposition de la représentante des États-Unis pour élargir la mission de la Minurso à la question des droits de l’homme. Il y a des moyens et instruments pour contraindre le Maroc à respecter la légalité internationale. 
Le 7 mars 2016 le Maroc a expulsé une délégation internationale du collectif des avocats et juristes. Qui proteste ? Le Conseil de sécurité doit débattre de la question du Sahara occidental. La France doit demander au Maroc un peu de sagesse, de réalisme, de logique. 
Le Maroc viole toutes les règles du droit, alors que c’est avec ces règles qu’on doit prévenir toute menace contre la paix et la sécurité. Le Maroc avec sa politique est devenu un État voyou. Les négociations sont le seul chemin pour une issue juste acceptable pour tous. Mais il y a une condition : le respect du choix du peuple sahraoui qui a construit depuis quarante ans son identité nationale. Je représente une génération qui rêve de mourir en paix avec le Maroc. Ma liberté n’a pas de valeur sans la libération de tous : Marocains, Mauritaniens, Algériens, Tunisiens, Libyens, Français, Espagnols, ONU… Que tout le monde prenne ses responsabilités. Voilà, je ne fais pas de la politique. Je suis militant pour la justice. Une justice réelle dans tout le monde.

mardi 26 avril 2016

Je suis détenu politique



L'Humanité, 22/4/2016

Par Naâma Asfari Militant sahraoui détenu à Salé (Maroc), condamné à trente ans de prison
Je suis un détenu politique. Je, on ne fait pas de la politique, on lutte contre une certaine politique. On ne lutte pas contre la politique, mais contre certaines politiques et certaines manières de faire de la politique. Quel genre de politique mène le régime marocain contre nous ? Quelle politique conduit l’ONU pour assurer et maintenir une paix juste dans le monde ? Et les cinq membres du Conseil de sécurité ? Une politique qui n’a pas d’éthique est le contraire de la politique. Mais la politique n’est pas non plus la morale. Je ne suis qu’un homme simple. La politique m’a privé de toutes les petites choses qui m’auraient permis de vivre une vie comme n’importe quel homme dans le monde.
Enfant, l’atrocité de la politique m’a privé de la tendresse d’un père et d’une mère. Jeune, j’ai été privé des droits dont devraient bénéficier tous les jeunes du monde. Tous les droits et libertés n’existent pas sans le droit de mon peuple : droit à l’autodétermination. 
Aujourd’hui j’ai 46 ans, j’ai été condamné à trente ans de prison, avec vingt-trois compagnons condamnés pour certains à la perpétuité. Ces condamnations sont illégales, injustes et iniques. Tout le monde le reconnaît, l’État marocain le premier, qui a abrogé le tribunal militaire au lendemain même de nos condamnations. Les médias, les intellectuels dans tout le monde, que font-ils ? Je ne suis pas un terroriste, nous ne sommes pas des terroristes. Nous sommes des militants, nous luttons pacifiquement pour l’autodétermination de notre peuple. Je crois à votre conception de la justice. J’ai étudié le droit à l’université de Nanterre. J’ai commencé mes études de droit au Maroc, pays que j’aime de tout mon cœur. J’ai du respect pour le Maroc et le peuple marocain. Je rêve comme toute la jeunesse du Maghreb à un avenir de paix. La France, grande puissance, doit faire se rapprocher les peuples du Maghreb sur les valeurs de l’ONU.
Le printemps arabe a commencé au Sahara occidental à Gdeim Izik, début octobre 2010. Nos revendications, celles des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants qui se sont rassemblés sous les tentes dans le désert portaient sur le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. Feu Hassan II l’avait accepté et s’y était engagé. Sous l’égide de l’ONU, le Maroc a signé avec notre seul, unique et légitime représentant, le Polisario, un accord pour le référendum d’autodétermination.
 Ses héritiers ont nié ces engagements. La France doit avec l’Espagne faciliter les rapprochements au lieu de les compliquer. La question des droits de l’homme devrait être la priorité. J’ai été très choqué lorsque j’ai appris que le représentant de la France au Conseil de sécurité menaçait d’utiliser le veto contre la proposition de la représentante des États-Unis pour élargir la mission de la Minurso à la question des droits de l’homme. Il y a des moyens et instruments pour contraindre le Maroc à respecter la légalité internationale. 
Le 7 mars 2016 le Maroc a expulsé une délégation internationale du collectif des avocats et juristes. Qui proteste ? Le Conseil de sécurité doit débattre de la question du Sahara occidental. La France doit demander au Maroc un peu de sagesse, de réalisme, de logique. 
Le Maroc viole toutes les règles du droit, alors que c’est avec ces règles qu’on doit prévenir toute menace contre la paix et la sécurité. Le Maroc avec sa politique est devenu un État voyou. Les négociations sont le seul chemin pour une issue juste acceptable pour tous. Mais il y a une condition : le respect du choix du peuple sahraoui qui a construit depuis quarante ans son identité nationale. Je représente une génération qui rêve de mourir en paix avec le Maroc. Ma liberté n’a pas de valeur sans la libération de tous : Marocains, Mauritaniens, Algériens, Tunisiens, Libyens, Français, Espagnols, ONU… Que tout le monde prenne ses responsabilités. Voilà, je ne fais pas de la politique. Je suis militant pour la justice. Une justice réelle dans tout le monde.

vendredi 8 avril 2016

LETTRE DE NAAMA ASFARI écrite le 06.04.2016

LETTRE DE NAAMA ASFARI écrite le 06.04.2016

Garde ton calme.
On a besoin de préserver nos énergies dans des moments pareils.
On suspend la grève mais pas le combat car ce n'est pas le nôtre c'est notre combat à tous.
Pas seulement celui des sahraouis mais celui de tout le monde et des marocains eux mêmes.
C'est une cause de justice et de liberté, de dignité.
A une cause juste il faut des avocats compétents.
Je viens de rencontrer les avocats amis: Me Boukhaed et Bazaid.
Ils sont convaincus que les procédures juridiques dans un état d'occupation c'est juste pour gagner du temps.
Juridiquement dans des affaires de droit commun cela ne peut pas dépasser un an alors que pour ceux de Gdeim Isik ils ont la demande de cassation depuis trois ans. La réponse de Sabar du CNDH a été : la question est purement et simplement politique.
Les avocats sont dans leur rôle mais je leur explique que nous sommes dans notre rôle, on fait que l'occupant ne soit pas laissé dans le vide. Nous devons tous, Prisonniers, Militants du territoire occupé, Militants sahraouis en exil et notamment en Europe, nos amis dans le monde, tous ensemble on doit saisir le moment pour plus de pression sur l'occupant mais aussi sur ses complices, les deux gouvernement impérialistes, néocolonialistes - La FRANCE ET L'ESPAGNE.
 
Les avocats européens qui vont arriver aujourd'hui* sont nos avocats, ils sont les ambassadeurs de leurs peuples, mais aussi leurs représentants légitimes comme nous sommes aujourd'hui les représentants de notre peuple.
Le combat pour des grandes valeurs est le combat de tous mais aussi le devoir de tous et les premiers sont les peuples des pays démocratiques quoi que ce mot soit devenu un gros mot.
Pardon pour l 'expression.

Le monde globalisé est devenu un théâtre de non droit, de non justice mais la question qu'on doit tous se poser : c'est la responsabilité de qui?
  Aujourd’huinous sommes comme des dizaines de prisonniers politiques sahraouis, je pense notamment Yahia Mohamed Elhafed, Daoudi Mbarek, Labsir Salah (qui se trouve depuis 10 jours en cachot à la prison de Ait Malol parce qu'il a demandé à être isolé des prisonniers de droit commun.
Je pense à tous les autres prisonniers sahraouis dans les prisons de l'occupant. Mais aussi aux prisonniers politiques au Maroc et partout dans le monde, en Palestine où l'occupation israélienne est de même nature que l'occupation marocaine au Sahara occidental.

C'est pour tout cela qu'on voulait profiter de cette suspension de la grève pour dire haut et fort qu'il n'y aura pas de suspension de la lutte pour la liberté de notre peuple, de tous les peuples.
Pas de suspension du combat pour la dignité de tous les êtres humains dans ce monde injuste. Que tout le monde doit prendre ses responsabilités et pour ce qui nous concerne l'ONU et principalement les membres du Conseil de Sécurité. Nous sommes des détenus civils d'un territoire non autonome.
Aucun des pays des cinq membres du conseil de sécurité ne reconnaît au Maroc la souveraineté sur le Sahara occidental.
Le FRONT Polisario notre seul représentant est un mouvement de libération nationale et a adhéré aux 4 Conventions de Genève.
Le Maroc aussi est adhérent de ces Conventions.
La MINURSO mission de l'ONU a eu pour objectif principal le référendum d’autodétermination qui reste pour le monde entier la base sur laquelle tous les pays colonisés ont eu leur indépendance et la liberté de leurs peuples.

Notre territoire est la dernière colonie en Afrique.
La 4e commission de l'ONU examine tous les ans la situation.
Le SG de l'ONU Mr BAN KI MOON a eu en Algérie et dans les territoires libérés de LA RÉPUBLIQUE SAHRAOUIE, le courage de dire la vérité, ce que les autres ne disent pas officiellement.
La paix et la sécurité dans la région du Maghreb passe, par la force des choses, et avec une vision réaliste et même pragmatique où tout le monde trouve sa place même les deux anciennes puissances coloniales, doit passer par un règlement de la question sahraouie, et une solution garantissant notre droit inaliénable à l'autodétermination et l'indépendance.
Condamnés de 20 ans à la perpétuité nous sommes inflexibles quant à l'objectif de notre peuple et à la libération totale de notre terre.
Nous n'attendons rien de ceux qui contribuent à l'humiliation de notre peuple.
Notre peuple est exemplaire.
Notre organisation est unique dans la légitimité des moyens utilisés pour notre combat national.
Que la pression ne cesse pas jusqu'à la liberté totale.
Merci infiniment.

*Arrêtés et renvoyés par la police marocaine avant d'arriver à Salé2 (ndlr)

vendredi 1 avril 2016

TRES IMPORTANT ! MESSAGE DE NAAMA ASFARI

 Chers amis
Les choses avancent très bien.Aujourd'hui le SG du cndh accompagné par 4 de ses conseils est venu nous rencontrer.La rencontre a duré une heure. 
 Nos représentants sont HASSAN DAH-TAOUBALI ABDOLAH-BANGA CHAIKH

On a décidé de ne rien sortir sur cette rencontre pour ne pas tomber dans le piège de donner une reconnaissance et une légitimité au cndh alors que nous luttons pour l' élargissement de la mission de la Minurso.
Aucune légitimité ne doit être donnée aux institutions de l'occupant. Mais on essaye de faire pression sur l' état marocain en utilisant parfois leurs institutions et leurs lois pour montrer la contradiction du régime colonial. Cette façon de résister a été utilisée historiquement par les différents mouvements de libération .
Le moment est venu pour qu'on prenne en considération ce que le SG de l'ONU a déclaré à Alger en qualifiant le Maroc d'occupant.

 Ça nous oblige, nous militants du territoire, à commencer à produire d'autres actions basées sur ces déclarations . On a commencé tout ça à GDAIM IZIK, il faut qu'on rassemble les efforts pour arracher de la communauté internationale le respect des règles et des principes du droit international qui sont les règles de la décolonisation . On doit tous travailler pour que l'ONU n'en reste pas à de seules déclarations médiatiques .


Je suis convaincu que tout doit passer par le renforcement du combat interne à partir du territoire.
Le moment est propice pour saisir et capitaliser en profondeur l' objectif de notre action de grève qui est le dépassement des règles et paramètres que l'ennemi veut nous imposer, et qui serait le travail dans le cadre de ses institutions et leur reconnaissance comme légitimes, comme il veut faire avec le CNDH et ses antennes dans les villes sahraouies.
La principale revendication maintenant de notre action c'est plus de pression extérieure.

Désolé j étais un peu long mais c'est un temps qu'il faut bien saisir pour bien rebondir. Je suis très ferme pour dire que je parle de ma vision personnelle sur la lutte et la résistance dans les territoires occupés.
MERCI INFINIMENT

Naâma Asfari

mercredi 3 février 2016

Maroc : je soutiens Naâma Asfari - Pétition

Raymond MEOT / 1 day ago


Il concerne un des conflits « oubliés » de l’actualité. La lutte du peuple sahraoui pour son émancipation sur fond de décolonisation et de richesses pétrolières. En contrôlant le Sahara occidental, les autorités marocaines nient l’existence du peuple sahraoui et répriment sévèrement toute manifestation. Arrestations arbitraires, mauvais traitements, tortures et condamnations de militants sahraouis à l’issue de procès inéquitables en toute impunité.

En octobre 2010, Naâma Asfari, défenseur des droits de l’homme et 20 000 personnes ont participé à la création à Gdeim. Izil au sud du Maroc d’un camp de tentes traditionnelles de ce peuple nomade pour protester contre les discriminations dont ils sont les victimes et réaffirmer le droit des Sahraouis à l’autodétermination

Le 8 novembre 2010, les forces de sécurité marocaines ont donné l’assaut. Le campement est violemment démantelé par l’armée et la police. Bilan onze membres des forces de sécurité et deux civils sont morts lors des troubles qui ont eu lieu dans ce camp et à El-Ayoun la ville principale du Sahara occidental et des centaines d’arrestation et de torture

En 2013, un tribunal militaire a condamné 25 hommes à l’issue d’un procès entachés de nombreuses irrégularités. Les peines vont de 20 ans d’emprisonnement à la réclusion à perpétuité. Naâma Asfari ayant signé des aveux sous la torture est condamné à 30 ans de prison. Naâma Asfari a déposé plainte et le Comité contre la torture a déclaré cette plainte recevable. Elle devrait être examinée dans les prochains mois. En attendant, Naâma Asfari comme ses camarades croupit toujours dans les geôles marocaines.

Pour venir en aide à ce défenseur des droits de l’homme et à ses camarades emprisonnés :

samedi 9 janvier 2016

" Présenter ses vœux et n’oublier personne !"

Sahara Info n°86 -  Janvier 2016


Il est d'usage à chaque début d'année de renouveler auprès de ses proches, partenaires, relations, de son réseau suivant la formule désormais consacrée, des vœux pour l'année à venir. Nous le faisons avec une carte appelant inlassablement au référendum 
d'autodétermination pour le peuple sahraoui.

Mais combien de nos correspondants sont attentifs à cet appel ? 
 Ne sont –ils pas tentés de regarder ailleurs, là où le monde est en détresse, en guerre ou sur les chemins chaotiques de l'exil. Le peuple sahraoui depuis longtemps ne fait plus l'objet de la une des médias, pas de terrorisme, pas de sang, pas d'enjeu géopolitique majeur et pourtant voilà quarante qu'il est en exil, occupé, séparé.

Aussi pour vous présenter nos vœux via cette newsletter, nous souhaitons nous souvenir avec vous des prisonniers politiques sahraouis, ceux en particulier, arrêtés après le démantèlement du grand campement de la liberté de Gdeim Izik, en novembre 2010. Ils sont en prison depuis cette date avec des condamnations, prononcées par un tribunal militaire, de 20 ans à perpétuité, pour simplement s'être opposés pacifiquement à l'occupation de leur pays par le Maroc.

Naama Asfari, par exemple, l'époux d'une de nos militantes, Claude, il vient de fêter ses 46 ans, dans sa cellule aux côtés de tous ses compagnons. Il vient surtout de perdre son père, ce 30 décembre, sans être autorisé à assister à son inhumation, son vieux père qu'il savait malade et qu'il n'a pu assister.

Abdi Ould Sid Ahmed Ould Ahmed Baba Ould Moussa, habitait depuis 1991 Tan Tan dans le Sud Maroc, largement peuplé de Sahraouis. 1991, année de sa sortie des bagnes d'Hassan II, où il a résisté à tout dans les ténèbres pendant 16 ans. Il s'était peu à peu reconstruit, poursuivant son engagement et encourageant les fils qui lui restaient, à faire de même. Disparition forcée de 16 ans pour le père, prison de 30 ans pour le fils, destins familiaux de souffrance mais aussi de résistance et de lutte à n'importe quel prix pour défendre son idéal : liberté et indépendance pour le peuple auquel on appartient.

Alors tous nos vœux pour 2016, avec comme « parrains d'engagement et d'espérance », Naama Asfari et son père désormais présent dans chaque mémoire sahraouie.
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

jeudi 28 mai 2015

Première victoire dans la quête de justice de Naâma Asfari

Le Comité contre la torture de l'ONU vient de rendre une première décision positive à la suite de la plainte déposée contre la Maroc par Naâma Asfari, défenseur des droits de l’homme Sahraoui.


Le 28 / 05 / 2015
                                                                                                                                                                                 En dépit des efforts du Maroc pour obtenir le rejet de la plainte, le Comité l’a déclarée recevable et a sommé le royaume chérifien de répondre aux accusations de la victime qui allègue avoir été torturée et condamnée sur la base d’aveux forcés, en toute impunité.
Naâma Asfari a été arrêté le 7 novembre 2011 à Laayoune, région du Sahara occidental sous administration marocaine, la veille du démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik. Ce camp avait été érigé un mois plus tôt par des milliers de Sahraouis pour protester contre les discriminations économiques et sociales dont ils s’estiment victimes de la part du gouvernement chérifien. Lors du démantèlement du camp par les forces de sécurité, des affrontements ont éclaté avec les manifestants. Neuf soldats marocains ont été tués selon les autorités marocaines. En représailles, les forces de sécurité se sont livré à des vagues d’arrestation assorties de torture.
Naama Asfari a été battu jusqu’à l’évanouissement lors de son arrestation, puis interrogé et torturé pendant cinq jours, d’abord au poste de police puis à la gendarmerie de Laayoune où il a été détenu arbitrairement, sans que sa famille ne soit informée. Le 12 novembre 2011, il a été brièvement présenté au tribunal de Laayoune dans la nuit, pour signer un registre sous la contrainte, puis il a été transféré avec d’autres codétenus sahraouis à la prison de Salé à Rabat, pour être poursuivis par la justice militaire, en dépit de leur qualité de civils.
Le 16 février 2013, après plus de 27 mois de détention préventive, il a été condamné à 30 ans d’emprisonnement par le tribunal militaire de Rabat aux côtés de 23 coaccusés condamnés eux aussi à de lourdes peines, à l’issue de neuf jours d’un procès inéquitable marqué par la prise en compte des aveux signés sous la torture. Aucune expertise médicale ni enquête n’a été diligentée concernant les allégations de sévices formulées à plusieurs reprises par la quasi-totalité des accusés.

 Décision du Comité contre la torture


Hélène LEGEAY
Responsable des programmes Maghreb / Moyen-Orient
@HeleneLegeay / 01.40.40.02.10

dimanche 1 février 2015

Un an de brouille entre la France et le Maroc


  François Hollande accueilli à Casablanca par le roi du Mohammed VI en 2012.



En riposte aux plaintes pour torture à l’encontre de dirigeants marocains, le ministère marocain de la justice poursuit l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture.
L’Acat, l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture, qui mène un inlassable combat contre les pires violations des droits humains, se retrouve au banc des accusés, aux côtés de victimes de torture du régime marocain.
L’ONG est assignée à comparaître devant le tribunal de grande instance de Rabat le 26 février prochain dans le cadre d’une plainte pour « diffamation » et « utilisation de manœuvre et de fraude pour inciter à faire de faux témoignages ».

Plaintes pour torture

Le combat de l’ONG suscite la colère des autorités marocaines. En mai 2013, l’Acat a déposé une plainte pour torture au nom de la victime franco-marocaine Adil Lamtalsi auprès du tribunal de grande instance de Paris après que la victime détenue au Maroc a été transférée en France.
Adil Lamtalsi avait été condamné par la justice marocaine à dix ans de prison en 2008 pour trafic de stupéfiants « sur la base d’aveux obtenus sous la torture » selon l’Acat.
Le 20 février 2014, une nouvelle plainte était déposée devant la justice française et le comité contre la torture des Nations unies pour le cas de Naâma Asfari, Sahraoui de nationalité marocaine, pour les mêmes motifs.
Zacharia Moumni, l’ancien champion de boxe thaïe qui n’a de cesse de demander des excuses pour avoir été torturé en 2010 – il a depuis lors été gracié et libéré – a également déposé plainte avec grand bruit à Paris.

Absence de coopération judiciaire

Ce même 20 février 2014, des policiers se sont rendus à la résidence de l’ambassadeur du Maroc à Paris pour délivrer une convocation au chef des services de renseignements marocains Abdellatif Hammouchi, directement visé dans ces plaintes, qui était de passage à Paris. Le courrier ne put être remis.
Mais le Maroc fut atteint au sommet. « La DST est une direction de souveraineté. Son patron nommé par le roi ne rend compte que devant le roi. Le palais s’est senti directement visé et humilié », explique Omar Brouksy, auteur de « Mohammed VI, derrière les masques » (1). Au point que le Maroc a rompu unilatéralement la coopération judiciaire entre les deux pays.
« Il n’y a plus de coopération entre les services judiciaires des deux pays pour les questions de terrorisme et de sécurité, mais aussi pour celles concernant les binationaux, les familles mixtes, qu’il s’agisse de mariage, divorce, garde des enfants, etc. », liste Joseph Breham, avocat de l’Acat.
Mais surtout selon lui, ce gel des relations judiciaires « empêche le transfèrement des dizaines de détenus au Maroc vers la France ». « Or nous attendons que les victimes soient sur le sol français pour déposer des plaintes », explique l’avocat.

Incidents

« Le Maroc prétend combattre la torture et communique beaucoup sur cette question, mais de fait il impose une omerta et poursuit les victimes pour dénonciation calomnieuse », ajoute Hélène Legeay, en charge du Maghreb à l’Acat.
Sur fonds de glaciation des relations, toute une série d’incidents ont conforté Rabat dans l’idée que la France n’était plus l’amie de toujours.
Après l’épisode Hammouchi – qualifié dans la forme de « maladresse évidente » selon un diplomate –, ce fut au tour du ministre marocain des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar de voir ses bagages fouillés à Roissy en mars 2014, puis à un général hospitalisé au Val de Grâce de voir un ancien militaire qui l’accuse de meurtre faire irruption dans sa chambre.
« Un malheureux concours de malchance » dit-on dans l’entourage de Laurent Fabius qui a à plusieurs reprises fait des excuses au Maroc. Mais qui depuis cristallise la fâcherie.

« Principal soutien » du Maroc

Le Maroc a boudé la marche républicaine du 11 janvier. Et la visite de Salaheddine Mezouar vendredi 23 janvier a été reportée pour « se donner plus de temps pour régler les dossiers en souffrance », selon le porte-parole du gouvernement marocain.
Le nouvel axe franco-algérien n’est en l’occurrence pas le dernier des dossiers en souffrance. Rabat avait vu avec inquiétude l’arrivée des socialistes au pouvoir en France en raison de leur tropisme algérien. Et de fait « Paris et Alger vivent une lune de miel et resserrent leurs liens sur les terrains économique et sécuritaire », fait valoir l’historien Mohammed Hachémaoui.
« Mais les liens entre la France et le Maroc sont trop importants pour être suspendus, et en l’occurrence les enjeux sont sans doute encore plus déterminants pour le Maroc que pour la France, estime Omar Brouksy. La France est le principal soutien du Maroc dans le dossier du Sahara occidental ».
C’est d’ailleurs sur proposition du Maroc que le ministre de la justice Mustapha Ramid vient jeudi 29 janvier à Paris pour une réunion de travail avec Christiane Taubira afin de dénouer la crise.
Mercredi 28 janvier à l’Assemblée, Manuel Valls a appelé à « dépasser » cet épisode « basé sur de nombreuses incompréhensions ».
(1) Nouveau monde, 2014, 240 p., 16,90 €
29/1/15 - 12 H 50
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lundi 15 décembre 2014

Paris : Enième plainte pour « séquestration » contre la police marocaine

slikh
Une plainte pour séquestration à l’encontre des services de police marocains a été déposée le 2 décembre au tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Sympathisante de la cause sahraouie, la Française Michelle Decastel accuse les policiers de l’avoir enlevée par deux fois, alors qu’elle assistait à des procès de militants sahraouis, à Laâyoune puis à Tanger. Elle est représentée par Ingrid Metton, du cabinet Ancile de l’avocat Joseph Breham. 
Ce dernier, habitué des procédures contre le Maroc, compte parmi ses clients Adil Lamtalsi et Naama Asfari dans l’affaire visant le patron de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), Abdellatif Hammouchi.
Le troisième plaignant contre Hammouchi, Zakaria Moumni, défendu par Patrick Baudouin, aurait de son côté à nouveau saisi la justice à la suite de menaces.
Joseph Breham vient par ailleurs de déposer une plainte devant le comité contre la torture des Nations unies dans le cadre de l’arrestation au Maroc pour terrorisme du Franco-Algérien Ahmed Laidouni en juillet.
Source : Maghreb Confidentiel
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samedi 15 novembre 2014

Naâma Asfari célèbre le forum des droits de l'homme de sa prison











Alors que le Maroc se fait le chantre des droits de l’homme en organisant le Forum mondial des droits de l’homme à Marrakech fin novembre, Naâma Asfari entame sa cinquième année de détention arbitraire après avoir été torturé et condamné sur la base d’aveux forcés.
maroc_naama_asfari


Ce défenseur des droits de l’homme sahraoui a été arrêté à Laayoune, dans la région du Sahara occidental sous occupation marocaine, le 7 novembre 2011, la veille du démantèlement du camp de Gdeim Izik. Ce camp avait été érigé un mois plus tôt par des milliers de Sahraouis pour protester contre les discriminations économiques et sociales dont ils s’estiment victimes de la part du gouvernement chérifien. Lors du démantèlement du camp par les forces de sécurité, des affrontements éclatent avec les manifestants. Neuf soldats marocains sont tués selon les autorités marocaines. En représailles, les forces de sécurité se livrent à des vagues d’arrestation assorties de torture.
Naama Asfari est arrêté dans la violence, puis il est interrogé et torturé pendant cinq jours, d’abord au poste de police puis à la gendarmerie de Laayoune. Le 12 novembre 2011, il est brièvement présenté au tribunal pour signer un registre sous la contrainte, puis il est transféré avec d’autres codétenus sahraouis à la prison de Salé à Rabat, pour être poursuivis par la justice militaire, en dépit de leur qualité de civils.
Le 16 février 2013, Naâma Asfari et ses 23 codétenus sont condamnés par le tribunal militaire à l’issue de neuf jours de procès inéquitable marqué notamment par la prise en compte d’aveux arrachés sous la torture. Aucune expertise médicale ni enquête n’a été diligentée concernant les allégations de sévices formulées à plusieurs reprises par la quasi-totalité des accusés.
Naâma Asfari écope d’une peine de trente ans d’emprisonnement. Un verdict qui n’est pas susceptible d’appel.

Contexte


Signez la pétition

Monsieur François Hollande
Président de la République
Monsieur le Président,
Sur la base d’informations communiquées par l’ACAT-France, je vous exprime ma réprobation face au maintien en détention arbitraire du défenseur des droits de l’homme sahraoui Naâma Asfari et de ses codétenus condamnés dans la même affaire.
Du 27 au 30 novembre 2014, se tiendra au Maroc le Forum mondial des droits de l’homme. A cette occasion, je vous demande de rappeler au Royaume chérifien ses engagements internationaux souscrits en matière de droits de l’homme et notamment en matière de torture et de procès équitable, en l’exhortant publiquement à :
  • libérer immédiatement Naâma Asfari et ses coaccusés ;
  • les rejuger devant une juridiction civile si les poursuites à leur encontre n’ont pas été motivées uniquement par leurs opinions politiques et leur militantisme en faveur des droits de l’homme ;
  • diligenter une enquête sur leurs allégations de torture et de mauvais traitements.