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samedi 7 décembre 2013

Le Maroc au Conseil des Droits de l’Homme ? Bizarre…



Le Maroc vient de recevoir le privilège de siéger au Conseil des Droits de l’Homme à l’Onu. Un vote en contradiction avec de nombreux rapports sur les violations des droits de l’homme au Royaume Chérifien. Flore Viénot nous propose une analyse de cette décision pour le moins surprenante.

Le 14 novembre dernier, le Maroc accède au siège du Conseil des Droits de l’Homme à l’Onu avec 163 voix sur 193 pour un mandat de 3 ans. Empêché en 2009 par la Communauté Internationale, le Royaume chérifien obtient enfin ce qu’il lui manquait pour finir d’asseoir son autorité dans la région. Pourtant, une partie de la Communauté Internationale continue à dénoncer les nombreux manquements aux droits humains au sein du Royaume. Bizarre, bizzarre…

Le monde entier reconnait les progrès du Maroc sur la question des Droits de l’Homme…

« Le Maroc a été élu parce qu’il détient la carte de visite de l’engagement en faveur de la protection et de la défense des droits de l’Homme partout dans le monde« , a affirmé Omar Hilal, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’Office des Nations unies à Genève, alors que le Maroc accédait au siège du Conseil des Droits de l’Homme. Des associations marocaines comme l’AMDH ou l’OMDH présentes sur le terrain depuis une trentaine d’années, travaillent en effet au quotidien pour défendre les droits humains sur le territoire. Petit à petit elles se sont fait une place à l’international. Et depuis sa création en 2011, le Conseil National des Droits de l’Homme vient « concrétiser l’engagement du Royaume du Maroc dans la protection des droits et libertés des citoyens » et « affirmer l’attachement du pays au respect de ses engagements internationaux en matière de protection et de promotion des droits de l’Homme ». Le vote massif en faveur du Maroc est donc selon Omar Hilal « un désaveu de tous ceux qui critiquent le Maroc, le dénigrent et l’agressent en ce qui concerne la prétendue violation des droits de l’Homme« .

… malgré des rapports très inquiétants des observateurs internationaux

Car si 163 pays ont voté (à bulletin secret) en faveur de l’entrée du Maroc au Conseil des Droits de l’Homme à l’Onu en ne tarissant pas d’éloges sur les « progrès » du Maroc, une partie de ces mêmes États, par l’intermédiaire des gouvernements et de la société civile, dénoncent régulièrement les manquements de l’État marocain au respect des droits humains. Comme Reporters sans frontière qui place le Maroc au 139e rang sur 179 dans le classement mondial de la liberté de la presse.
Ainsi en mars dernier, Juan Mendez, le rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture, rendait un rapport inquiétant, affirmant qu’au Maroc « la torture et les mauvais traitements n’ont pas disparu » et constatant que « la pratique des traitements cruels persiste dans les affaires pénales de droit commun. ». Il se disait également « vivement  préoccupé par plusieurs témoignages relatifs au recours à la torture et aux mauvais traitements dans des cas présumés de terrorisme ou de menace contre la sécurité nationale ».
John Kerry à la tête du Département américain accuse également le Maroc dans un rapport sur la situation des droits de l’Homme dans le monde. La fondation Robert Kennedy a aussi rendu un rapport faisant part des mêmes inquiétudes. Et les visites régulières du rapporteur spécial des Nations Unies, Christopher Ross, se soldent à chaque fois par des comptes-rendus jugeant insuffisants les efforts du Maroc sur cette question.
Tous, gouvernements, associations et fondations, dénoncent aussi les difficultés pour les observateurs internationaux de faire leur travail en toute liberté. Ainsi le 22 octobre le Rapport Tannock du Parlement européen sur la région du Sahel y compris du Sahara Occidental « déplore vivement que, le 6 mars 2013, le Maroc ait expulsé une délégation de quatre députés au Parlement européen […], déplore profondément le comportement des autorités marocaines et exige du Royaume du Maroc qu’il accorde la liberté d’accès et de circulation au Sahara occidental aux observateurs indépendants, aux députés, à la presse et aux organisations humanitaires ».

Une situation inquiétante pour les revendications du peuple sahraoui

Difficile à croire que le Maroc ait pu accéder si facilement à un siège du Conseil international des Droits de l’Homme… Incroyable donc, et inquiétant pour les défenseurs de la cause sahraouie.
saharaoc
Depuis bientôt 40 ans un conflit oppose le Maroc et le Front Polisario, revendiquant tout deux le territoire au Sud du Maroc et au Nord de la Mauritanie, nommé par les marocains « provinces du sud » et par les sahraouis « Sahara Occidental ». Ce territoire est classé à l’ONU, parmi 17 autres, dans la liste des « territoires non autonome à décoloniser ». Du point de vue du Droit International, il est ainsi occupé illégalement par le Maroc depuis 1975, année de la Marche verte à l’issue de laquelle les marocains ont été appelés à s’installer dans le sud. Depuis la fin du conflit armé en 1991, la situation est en léthargie : la mission onusienne (la Minurso) est dans l’incapacité à organiser le référendum d’autodétermination qu’elle a pour rôle de mettre en place ; plus de 200 000 exilés politiques sahraouis sont toujours réfugiés dans des camps proche de Tindouf en Algérie tandis qu’une minorité vit dans les territoires occupés, de l’autre côté du mur de sable et de mines long de 2700 km, construit par le Maroc dès 1981. Et des exactions commises à l’encontre du peuple sahraoui sont toujours dénoncées par des associations locales et internationales, par des ONG ainsi que par certains gouvernements et parlementaires.
Ainsi le Rapport Tannock « se dit gravement préoccupé par le récent rapport du rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, qui a trouvé des preuves établissant que des fonctionnaires marocains ont détenu des citoyens pour des motifs politiques, ont fait subir des tortures et des viols à des détenus sahraouis, ont enlevé puis abandonné dans le désert des protestataires afin de les intimider, et ont ciblé délibérément et régulièrement des défenseurs de l’indépendance, y compris dans leur propre maison ». Il pointe aussi les « disparitions forcées » et « procès iniques ». Le 17 février dernier, un tribunal militaire à Rabat condamnait en effet 25 civils sahraouis, dont des militants pour les droits de l’Homme, à des peines allant de 20 ans de prison à la perpétuité pour 9 d’entre eux. Amnesty international demande que soient « rejugés dans le cadre de procès équitables devant des tribunaux civils » et que soient ouverte « une enquête sur leurs allégations de torture ». Le Rapport Tannock condamne aussi « les violations des droits de l’homme dont sont victimes les femmes sahraouies sur les territoires occupés par le Maroc, […] auxquelles ont recours les forces occupantes marocaines pour intimider le peuple sahraoui dans sa lutte pour son droit légitime à l’autodétermination ».
A l’Onu, la Minurso est la seule mission à ne pas avoir dans son mandat la surveillance des droits de l’Homme, pourtant revendiquée par un grand nombre de droit-de-l’hommistes partout dans le monde. L’obtention par le Maroc d’un siège au Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu ferme encore un peu cette possibilité revendiquée, et pourrait bien aussi enfouir un peu plus encore la réalité d’une situation qui peine déjà à atteindre les oreilles du grand public.

Des Liens :

Rapport Tannock
Les campagnes d’Amnesty International sur les droits de l’Homme au Maroc

mercredi 20 novembre 2013

Titres des articles sur Solidmar (http://solidmar.blogspot.com).du10 au 17/11/2013

Non, le Maroc n’a pas mérité d’entrer au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies !
http:solidmar.blogspot.com) 
Lutter contre l’inacceptable racisme en France !

jeudi 10 octobre 2013

ONU : Le Maroc et l’Algérie se disputent un siège au conseil des droits de l’homme.

  Le 2 Minutes.com, 3/10/2013

 Le Maroc compte obtenir un siège au conseil des droits de l’homme de l’ONU pour la période 2014-2016. C’est également le cas de l’Algérie. Les deux pays ont annoncé, officiellement, leurs candidatures respectives lors des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU. Et c’est, justement, l'AG qui devra élire les quatorze nouveaux membres du CDH. En déposant sa demande, Rabat ambitionne « de mieux contribuer au renforcement du rôle de ce Conseil et garantir l'efficacité nécessaire de son fonctionnement», a indiqué le ministre des Affaires étrangères. 
La réplique algérienne ne s’est pas fait attendre. Ramtane Lamamra, le nouveau chef de la diplomatie du voisin de l’Est, a estimé que son pays « cultive les vertus du dialogue et il est particulièrement attaché à la promotion et à la protection de tous les droits de l'homme ». « C'est cet engagement qui motive la candidature de l’Algérie pour un siège au Conseil des droits de l'homme pour la période 2014-2016 », a-t-il affirmé. En dépit de l’affaire Ali Anouzla et quelques cailloux dans sa chaussure, notamment sur le dossier du Sahara occidental, le royaume a de fortes chances de rééditer l’expérience de 2007-2009. A ce titre, il est considéré comme un membre fondateur du CDH. Une vérité que Saâdeddine El Otmani a tenu à rappeler devant les 193 membres de l’Assemblée générale de l’ONU. Yabiladi

samedi 1 juin 2013

La MRAP : “Le Maroc ne mérite pas d’être membre du conseil”

Le MRAP devant le Conseil des droits de l'Homme

Par : Malainin Lakhal (*), Liberté1/6/2013
Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), une association française non gouvernementale créée depuis 1949 par d'anciens résistants, a estimé, lundi dans une intervention orale devant la 23e session du Conseil des droits de l'Homme, que le Maroc s'est discrédité de toute possibilité de candidature au Conseil onusien des droits de l'Homme à cause de son rejet de l'inclusion de l'observation et de la protection des droits de l'Homme dans le mandat de la mission de l'ONU au Sahara Occidental. Le représentant de cette organisation, agréée comme “Association nationale d'éducation populaire” en France et dotée du statut consultatif auprès de l'ONU, a souligné que, par ce rejet, le royaume du Maroc “s’est disqualifié des élections au Conseil des droits de l'Homme”. Rappelons que le Maroc est candidat pour les élections à la candidature du Conseil des droits de l'Homme de Genève, alors que l'Algérie est le candidat soutenu par l'Union africaine à ce même siège.
Le Mrap a ouvertement critiqué l'attitude incompatible du Maroc, qui refuse de permettre à l'ONU de protéger les droits de l'Homme au Sahara Occidental alors qu'il œuvre par tous les moyens pour intégrer le Conseil onusien censé être en charge de la promotion et la protection universelles des droits de l'Homme. L'organisation française a, en conclusion, estimé qu'il est grand temps pour le Haut-Commissariat des droits de l'Homme “d'envoyer une équipe d'enquête au Sahara Occidental afin d'évaluer la situation des droits de l'Homme et la situation des organisations non gouvernementales” sahraouies, soulignant qu’il est nécessaire “d'inclure dans le prochain rapport annuel de l'Office (du Haut-Commissariat des droits de l'Homme) une section dédiée aux territoires non autonomes”, tel le Sahara Occidental.
Le Maroc, soutenu par la France et l'Espagne, avait refusé un projet de résolution présenté le mois d'avril dernier par les États-Unis d'Amérique, et soutenu par toutes les organisations non gouvernementales internationales, qui recommandait l'inclusion de la surveillance des droits de l'Homme dans le mandat de la Minurso. Cette attitude marocaine a été marquée par plusieurs gaffes diplomatiques contre les pays qui soutenaient cette initiative, notamment l'US.
La France avait farouchement défendu la position marocaine s’alignant malheureusement, une fois de plus, avec un royaume qui est unanimement accusé par toutes les ONG internationales des droits de l'Homme de violations flagrantes contre le peuple du Sahara Occidental, un territoire encore dans la liste de décolonisation de l'ONU, qui lui reconnaît le droit à l'autodétermination depuis 1963.

M.L.M.
(*) Secrétaire général de l’Union des journalistes sahraouis

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La MAP continue  à parler de l'exemplarité du Maroc en matière de droits de l'Homme ...Qui prend encore au sérieux cette propagande bouffonne ?

"Bruxelles, 30 mai 2013 (MAP)- Les droits de l'Homme sont respectés au Maroc et "vont dans la bonne direction", à la faveur des réformes engagées depuis plusieurs années, a affirmé le vice-président de la sous-commission Droits de l'Homme au Parlement européen, Jean Roatta  à l'issue de la réunion, mercredi à Bruxelles, du groupe d'amitié UE-Maroc au Parlement européen. (...)

"Les autres pays du Maghreb peuvent s'inspirer du Maroc" dans ces domaines, a-t-il assuré."

 www.menara.ma/.../617972-les-droits-de-lhomme-sont-respect...

dimanche 31 mars 2013

L’entêtement a conduit le Makhzen au désespoir

La Tribune du Sahara

momo-usaA cause de sa persistance à continuer l’occupation du Sahara Occidental et poursuivre les violations des droits de l’homme dans ce territoire, le Maroc se trouve dans le collimateur de la communauté internationale.
Le Parlement Européen, le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, Amnesty International, Human Rights Watch, le rapporteur spécial Juan Mendez, Ban Ki-moon, tous ont dénoncé les pratiques inhumaines du Maroc au Sahara Occidental contre une population civile innocente qui ne fait que revendiquer le légitime droit de manifester et de s’exprimer.
Même la présence de l’Envoyé Spécial de l’ONU pour le Sahara Occidental, Christopher Ross, n’a pas dissuadé les autorités marocaines.
Au lieu de regarder la réalité en face, le gouvernement marocain persiste et signe dans la ligne de conduite consistant à tromper son opinion publique sur la vérité du conflit qui oppose le Maroc et les Sahraouis.
Au lieu de faire une autocritique, Rabat sort l’épouvantail de l’Algérie. Chaque fois que la question du Sahara Occidental a rendez-vous avec le Conseil de Sécurité, le Maroc donne l’ordre à ses relais médiatiques et associatifs de s’en prendre à l’Algérie. Le premier ministre marocain, Benkirane, le ministre des affaires étrangères et même le roi Mohamed VI participent dans la campagne dans le but de garder le silence du peuple marocain et son soutien à la folle aventure du Sahara.
Après avoir perdu toutes les batailles dans la questions sahraouie, pour Rabat, ce serait un cauchemar perdre aussi celle du soutien du peuple marocain, surtout maintenant que le Makhzen est affaibli par les vents du Printemps Arabe.
Ainsi, l’Algérie est accusée d’être derrière le Centre Kennedy pour la Justice et les Droits de l’Homme, d’être derrière l’acteur espagnol Javier Bardem, d’être derrière la défaite marocaine dans le Forum Social Mondial de Tunis, etc. Même l’Envoyé de l’ONU n’a pas échappé aux foudres d’un gouvernement désespéré qui tire dans toutes les directions pour justifier son entêtement contre la volonté de la communauté internationale.
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Les militants sahraouis des droits de l'homme, Ghalia Djimmi et Mohamed Salem Lakhal, ont témoigné des «dures conditions de vie, de la répression et des atteintes régulières» aux droits de l'homme commises par le Maroc contre les Sahraouis dans les territoires occupés du Sahara occidental, a rapporté dimanche dernier l'agence de presse sahraouie SPS. 

 Invités au siège du Parlement européen (PE) par «les Amis du peuple sahraoui» et du Comité belge de soutien au peuple sahraoui, les deux activistes des droits de l'homme ont été reçus par des parlementaires européens qui ont écouté «avec attention» leurs témoignages, a précisé la SPS, citant une source diplomatique à Bruxelles. Les deux activistes des droits de l'homme ont souligné, au cours de leurs entretiens, que «ni les eurodéputés ni les représentants des ONG et de la société civile européenne n'ont abdiqué devant le refus du Maroc d'ouvrir les territoires sahraouis, sous domination coloniale, aux observateurs, journalistes et aux défenseurs des droits de l'homme».