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mercredi 28 décembre 2011

Lettre ouverte au néo-messie Benkirane de la part d’une laïque marocaine


Par Ibtissame Betty Lachgar, 28/12/2011

En terre d’Islam, la laïcité est un travail de longue haleine. Avec vous, comme chef de gouvernement, elle en devient Chemin de croix, si vous me passez l’expression. En fait, le sécularisme semble, à vous, ce qu’une paire de chaussures, en guise de cadeau, est à un cul-de-jatte : pure provocation

Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, disait de votre parti, au lendemain des élections, qu’il est celui « qui a des positions modérées. On ne peut partir du principe que tout parti qui se réfère à l’islam doit être stigmatisé». Intérêts économiques obligent, il en a oublié les propos discriminatoires, réactionnaires et misérablement démagogiques que vous avez tenus, au cours de votre campagne électorale.

Exit les Droits de l’Homme, les lumières et les leçons de démocratie dont se fendait, il n’y a pas si longtemps, le même Juppé sur le dossier libyen, syrien, égyptien. Sans doute attend-il que les morts se comptent par centaines, les blessés et les prisonniers par milliers pour s’offusquer

Discours discriminatoire disais-je, et mentalité rétrograde, compléterais-je, à vous entendre lier le sort de mon pays à la Commanderie des Croyants, ce pitoyable concept d’un autre temps imaginé après l’indépendance par des esprits machiavéliques pour vendre au peuple le pack Islam-Monarchie, En constitutionnalisant le concept jusqu’à la sacralité celui-ci devient La Vérité et quiconque s’en écarte et refuse le monarque, descendant du prophète, refuse l’Islam et la loi divine !

Tout est bon pour défendre cette monarchie qui vous le rend bien mal, à vous infliger des camouflets en série, depuis votre nomination. Mais vous n’en avez cure, tant vous paraissez, subitement avoir retrouvé et le sourire et la sérénité.

« Plus près de toi, Mon Seigneur ! » me semble-t-il vous entendre jubiler

A défendre, bec et ongles, l’objet de votre fascination, vous semblez, en bon encenseur, avoir perdu toute faculté de discernement, lorsque vous dites :

«Si la Constitution est contre les fondements de ce pays, à savoir la profondeur de notre appartenance arabe, notre islamité et la pureté de notre identité, nous voterons contre ».

D’autres avant vous se sont essayés à ces discours racistes et malodorants sur la pureté de l’identité. Ils comptaient vivre mille ans, ils n’en ont pas vécu vingt.

Votre séquence apologie des douze siècles de monarchie n’aura pas, non plus, échappé aux descendants des premiers habitants de notre pays, les Amazighs, que vous semblez comme dans un mauvais tour de magie avoir escamotés et dont vous moquez l’alphabet disant qu’il ressemble au chinois.

Émanant de vous, l’insulte se fait compliment !

Je ne vous remercierais jamais assez de cet hommage, qui, pour involontaire qu’il est, n’en est pas moins une forme de reconnaissance et de réhabilitation d’une langue dont les lettres, les caractères et les idéogrammes, en rappellent une autre, parlée par près d’un milliard et demi d’habitants.

Dans le même chapitre de l’opprobre jeté sur votre prochain, j’ai retrouvé cette perle datant du mois de juin 2011 qui en dit long sur la haine et la violence verbale qui vous habitent:

« Les laïcs veulent répandre le vice parmi ceux qui ont la foi, ils veulent que dorénavant les citoyens puissent proclamer le pêché. Que ceux qui veulent manger pendant le Ramadan le fassent chez eux ! Leur a-t-on jamais reproché pareille chose ? Mais ces gens-là veulent faire des pique-niques pour manger pendant le Ramadan, pourquoi ? Pour que vos enfants les voient et osent violer les interdits de Dieu. Et ils veulent, probablement, du moins d’après ce que nous avons entendu, proclamer la liberté sexuelle. Ils veulent que la déviation sexuelle (l’homosexualité), qui certes a toujours existé, devienne répandue et qu’elle se proclame publiquement. Cela, le PJD le refuse. Que celui qui porte en lui de telles immondices se cache, car s’il nous montre sa face, nous lui appliquerons les châtiments de Dieu ».

Simple rappel, l’article 222 du Code pénal qui prévoit la condamnation à la prison ferme de toute personne notoirement connue pour son appartenance à l’islam et qui rompt ostensiblement le jeûne en public est un héritage colonial mis en place par le maréchal Lyautey.

Je ne vous remercierais jamais assez de conforter, ainsi, la thèse des démocrates marocains quand ils dressent le constat que le colonialisme français n’a jamais quitté le pays, ayant trouvé son prolongement dans le régime marocain.

Monsieur Le Chef du Gouvernement,

En laïque convaincue, je considère que l’Etat et la religion sont deux choses totalement incompatibles. Séparer l’une de l’autre préserve les libertés et les convictions de tous. La religion relève de la sphère privée et le fait qu’elle reste à la maison et à la mosquée ne constitue pas une menace pour l’Islam.

A contrario, qu’elle s’invite dans le champ politique et la vie publique, constitue la pire menace pour les libertés individuelles. Il n’y a qu’à vous regarder hurler et inciter vos semblables à la haine en son nom pour me convaincre du danger réel qui menace notre société :

Le festival L’Boulvard en 2007 ? Débauche et souillure !

Elton John au Festival Mawazine 2010 ? Incitation à l’homosexualité !

Shakira au Festival Mawazine 2011 ? Favorise les mœurs légères !

What else ?

Najib Boulif, l’un de vôtres faisant référence à cette pièce théâtrale donnée à Marrakech : « Nous n’acceptons pas que Latifa Ahrar se déshabille sur scène au nom de l’art ».

Que de paradoxes pour un parti qui aura choisi comme emblème une lampe qui éclaire les sentiers de l’obscurantisme plutôt que ceux de la lumière
Séquence humour, tout de même, après ce tombereau de reproches, ce moment de grande légèreté, qui n’en demeure pas moins consternant autant que pitoyable, lorsque vous évoquez les attitudes de certaines femmes qui, prétendez-vous, vous admirent, exhibant un peu trop leur gratitude à votre goût.

Même pas digne de figurer dans un catalogue de propos phallocrates, mais tout juste dans le vocabulaire d’une cour de récréation d’une école enfantine, où le chérubin esseulé, se tient à l’affût du moindre signe d’estime de la maîtresse de classe.

Discours empreint de phallocratie archaïque, tout de même !

Narcissisme hypertrophié, mâtiné d’opportunisme et de vénalité politiques oblige, vous vous êtes cru obligé de lancer cet appel aux relents messianiques sur les ondes d’une radio française après vous être, des mois durant, fourvoyé corps et âme dans des déclarations où la haine de la différence le disputaient à la menace de vos contemporains :

« Cessez d’écouter ceux qui agitent l’épouvantail. Vous allez être agréablement surpris. N’ayez pas peur !».

Quand toutes vos turpitudes vous auront rattrapées, comme elles l’ont fait avec ceux qui, avant vous, se sont faits les complices de la dictature, vous vous souviendrez, sans doute alors, de la chute de l’histoire en forme de soupir tout aussi messianique :

« Mon dieu, pardonnez-moi, je ne savais pas ce que je faisais ! »


mardi 27 décembre 2011

Les luttes s'intensifient à Al Hoceima

De S G, 27/12/2011
Deuxième semaine de luttes et mobilisations du Mouvement des Diplômés Chômeurs de la région d’Al Hoceima, La lutte s’intensifie et se durcit. Les promesses des autorités et notamment du wali, n’ont pas été tenues. 
 Les manifestants réclament les 120 postes qui avaient été promis. Ils multiplient les actions spectaculaires, et pour seule réponse des promesses vaines, la répression et les interventions musclés. Plusieurs blessés.

Mais le mouvement se poursuit et se radicalise.

Ce mardi les chômeurs bloquent l’entrée de la ville

Vers 15h, des tracteurs et camions bloquent la route menant à Al Hoceima, ils dénoncent ainsi leur ras le bol contre les rakets des gendarmes et la corruption

Ils sont rejoint par les taxis qui se bagarrent avec la police.

La ville d’Al Hoceima est actuellement complètement bloquée d’accès.

17 h 45 :Dernières nouvelles, les diplômés chômeurs sont en train de lever le blocage


Au cœur du Haut Atlas 38.000 ruraux enclavés à -15 °C

Par Abdelaziz GHOUIBI, leconomist,27/12/2011

«Donnez-nous du bois, on s’occupe du pain»

5 douars de la tribu Aït Abdi et 2 de celle de Aït Hdiddou isolés pendant 20 jours.
Analphabétisme, exode rural, pauvreté absolue, le lot d’une population vieillissante.
Au cœur du Haut Atlas «Donnez-nous du bois, on s’occupe du pain»

La réputation d’Imilchil dépasse les frontières grâce à l’organisation annuelle du festival des fiançailles. Seulement la région vit un calvaire à chaque saison froide qui s’étale sur six à sept mois. Viennent après les pluies diluviennes qui charrient les maigres cultures.
A 13 heures 30, le mercure affichait 4 degrés centigrades. Le village d’Imilchil grouillait déjà ce vendredi 9 décembre la veille du souk hebdomadaire qui se tient chaque samedi. Les montagnards des douars environnants affluent avant même le lever du jour. Car ici «la circulation» s’arrête avant la prière d’Al Asr soit 15 heures. A cette heure la vie s’arrête ou presque. Personne ne peut rester dehors. Le froid glacial et les sentiers sinueux des reliefs trop escarpés empêchent en effet tout mouvement dès lors que les lueurs du soleil commencent à perdre de leur intensité. 

D’ailleurs, ce vendredi beaucoup de montagnards n’ont pu quitter leurs douars encerclés par la neige depuis le 21 novembre. C’est le cas de la tribu Aït Abdi dont cinq bourgades étaient encore enclavées. Au total, 2.000 personnes subsistaient avec les maigres provisions larguées par un hélicoptère de la Gendarmerie royale : 5 litres d’huile végétale, 5 kilos de fayots et autant de lentilles et de pois chiche. Les habitants ont eu aussi droit à des couvertures à raison d’une unité par foyer. «C’est plus que dérisoire quand on sait que chaque ménage abrite 8 personnes en moyenne», s’indigne Moha. Mais les autorités ont précipitamment redistribué ce qui restait des donations de la Fondation Mohammed V lorsqu’ils ont eu vent de la présence des journalistes dans la région.
Outre l’isolement et la marginalisation, les contrées du Haut Atlas oriental font également l’objet de divers crimes économiques, selon les acteurs associatifs locaux. «Corruption, détournements de fonds publics et népotisme constituent le lot quotidien des 38.000 âmes qui vivent dans des conditions extrêmes. Le chiffre qui ressort du recensement de 2004 est toutefois contesté par le réseau des Associations de développement des oasis du sud-est d’Errachidia. Selon les représentants de la société civile, «plusieurs douars difficiles d’accès ou trop excentrés n’ont pas été visités par les enquêteurs». Dans ces zones montagneuses l’unité de mesure de la distance n’est pas le kilométrage mais les heures de marche à pieds ou à dos de mulet.
Sur les 130 km qui séparent la ville de Ksiba, sise à 31 km de Béni Mellal, et le village d’Imilchil, il a fallu trois heures et 30 minutes de route. Bien évidemment à bord d’un véhicule tout-terrain. Depuis cette ville, située en contre-bas du piémont qui sépare la plaine de Béni Mellal des hauteurs d’Azilal, la montée commence avec des suites de virages aussi aigus que tortueux jonchant les flancs de la montagne. La «route» datant de l’époque coloniale est totalement délabrée sur les deux côtés et n’offre le passage qu’à un seul véhicule de dimension moyenne. Si par hasard deux véhicules se rencontrent, ils doivent absolument s’arrêter pour se frayer chacun de son côté le passage salutaire. Parfois l’un d’entre eux doit reculer. Mais il faut dire que cette route est peu desservie par les gros véhicules. Du moins les bus. Pas de ligne régulière de transport de voyageurs entre Ksiba et Imilchil. Même le transport mixte (marchandises et voyageurs) utilisant des fourgons y est aussi peu actif à partir d’Aghbala, ce village situé à 50 km de Ksiba. D’ici, les voyageurs partent vers les villes et contrées mieux accueillantes en termes de climats et de relief : Midelt, Errich et Errachidya. A partir de ce village, c’est le silence montagnard. Pas de véhicules dans le sens contraire, pas de gendarme non plus. Seuls les bergers surveillent leurs petits troupeaux d’ovins et de caprins.
C’est là où commence le versant nord de la partie centrale du Haut Atlas (du Toubkal jusqu’à Imilchil). Le climat y est humide avec des précipitations espacées de type orageux. Des conditions idéales pour la forêt (pins, chênes verts, thuyas, etc.) mais celle-ci décline dès lors qu’on aborde le Haut Atlas oriental. Montagnes dégarnies sous le triple effet du froid de la surexploitation (chauffage et construction) et surpâturage.
Néanmoins le paysage est féerique avec tous ces sommets peints en blanc. Mais que de misères se cachent derrière. «Les manifestions de mars 2003 ont amené, quatre années plus tard, l’électrification et l’adduction d’eau potable au centre d’Imlchil ainsi qu’à quelques douars proches. Les plus excentrés ont eu droit à l’énergie solaire», rappelle Lahcen Ouabbou, acteur associatif et employé de la commune du village. Mais dans l’ensemble l’énergie électrique, quelle qu’en soit la source, vaut de l’or ici. Et les fluctuations permanentes de tension ainsi que le faible ensoleillement en rendent éphémère l’utilisation. Il est fréquent de dormir sans électricité. C’est que le Haut Atlas oriental s’étend sur une région de plateaux très isolés, habités depuis des siècles par des berbères d’Aït Hdiddou, Aït Marghad, Aït Abdi et les Ihansallen. Ces derniers sont des semi-nomades dont la seule activité est l’élevage d’ovins et caprins. Les autres sont éparpillés sur une vingtaine de bourgades dans un rayon de 50 kilomètres. C’est dire la difficulté d’en relier les populations par des infrastructures routières des temps modernes.

«Petit Tibet»
Le cercle d’Imilchil, dont la réputation dépasse les frontières, compte 3 caïdats (Imilchil, Outerbat et Amouggar) et cinq communes rurales : Imil, Bouzemou, Outerbat, Amouggar et Aït Yahia. Mais les douars qui ont souffert le plus cette année du froid et de l’enclavement sont Akanouanine et Imintakkat de la tribu d’Aït Hdiddou ainsi que les cinq bourgades de la tribu Aït Abdi.
Dans ce petit «Tibet», les gens restent très attachés à leurs coutumes ancestrales, chaque tribu se différencie des autres par les couleurs de la handira, un manteau en laine rayée que portent les femmes. Avec, toutefois, une forte dose commune: la grande générosité.
Akanouanine, cette bourgade située à une quinzaine de kilomètres d’Imilchil qui a été isolée pendant 20 jours, on n’hésite pas à partager le peu de nourriture disponible. «Durant cette période, les 16 foyers qu’elle compte ont dû venir à bout des maigres réserves acquises avant la chute des neiges: farine, huile et sucre», confie Ikssassen Bassou, chef du douar et «juge» coutumier. Les mieux lotis disposent d’un peu de beurre ranci, une matière grasse qui permet d’atténuer la rigueur du froid. Car, ici, le bois de chauffage coûte son pesant d’or: la nourriture. Le quintal du bois coûte en effet 120 DH. Mais peu de foyers l’utilisent. Non seulement pour son prix exorbitant mais pour sa rareté, faute de moyens de transport. «Le gaz n’arrive que lorsque la nature et l’état des routes le permettent», renchérit Ouaddou Zaïd Ouhaddou, conseiller communal. Il en est de même de l’aliment de bétail et autres denrées subventionnées. Du coup, les habitants se rabattent sur «Izri», une plante épineuse qu’ils utilisent pour se chauffer.

L’infirmier et les sages- femmes déclarent forfait
Bassou, ce septuagénaire qui officie en tant que juge selon les coutumes et les usages, encore ancrés dans la région, doit parcourir 15 kilomètres via des sentiers muletiers et pistes crevassées pour arbitrer les conflits à Imilchil. «Dans cette région, le mariage des mineurs prédomine à raison de 50%», révèle Ouabbou. Les divorces battent aussi des records. Souvent pour des motifs liés au pouvoir d’achat. Or, pour rejoindre le tribunal le plus proche il faut parcourir entre 150 et 250 kilomètres dans des conditions très difficiles. «Le juge désigné depuis 2003, suite aux manifestations qu’a connues le village d’Imilchil, ne veut pas regagner son poste même si le logement qu’il a exigé a été construit et se trouve actuellement à l’abandon», signale Ouhaddou. Le médecin nommé dans la même tourmente a aussi élu domicile à Midelt. Ses passages rarissimes à Imilchil où existe le seul dispensaire de la région, se comptent sur les doigts de la main.
Ce vendredi 9 décembre, le petit dispensaire pompeusement décrit comme «hôpital local» était carrément fermé alors que les aiguilles de la montre n’avaient pas encore dépassé les 14 heures 30 minutes.
Pourtant, le principe veut qu’il fonctionne selon l’horaire continu avec une permanence pour les urgences. Qu’à cela ne tienne. L’infirmier major, son suppléant et les deux sages-femmes qui se relaient tous les 15 jours ont tous déclaré forfait. Un jeune couple avec un bébé souffrant d’une piqûre d’insecte ont dû chercher le grand chef jusque chez lui mais en vain. Cependant, la file d’attente s’est grossie d’autres patients. Juste en face, une grande foule était massée devant le seul bureau de poste du village. Là, le motif était l’encaissement de l’aide à la scolarité des enfants dans le cadre du fameux programme Tissir. Cette aide de 60 dirhams par enfant en classe primaire et 100 dirhams pour les élèves du secondaire devait pourtant être servie la veille de la rentrée scolaire. Mais ici, le temps semble s’être arrêté. Un seul employé essayait tant bien que mal de servir la masse des parents d’élèves dont les allers-retours entre leur douar et le village d’Imilchil durent depuis le mois de septembre. Et dans quelles conditions de circulation! Le calvaire est devenu coutumier.
La saison froide commence généralement vers le mois d’octobre pour s’achever courant mai, voire un peu plus tard. «Suivront alors des pluies de type orageux qui se révèlent souvent dévastatrices», rappelle Ouhaddou. Car, les débordements de la rivière Assif Melloul sont fréquentes. Ce qui se traduit par la perte des cultures qui y sont pratiquées autour de ses bordures.
Au total, la superficie agricole utile ne dépasse pas 400 ha. La structure foncière des exploitations est de l’ordre de 0,5 ha. On y pratique des céréales (blé dur et orge) et la pomme de terre et le pommier comme arboriculture. Mais l’élevage demeure l’activité principale et la plus rémunératrice surtout pour les populations semi-nomades. Cette catégorie est considérée comme étant la plus riche après les employés de l’Etat et les transporteurs. Chaque année, ils transhument vers les plaines de Khénifra. «Là, les pâturages sont loués pour une période de 5 à 6 mois», signale Omar, un éleveur de 150 têtes d’ovins. Au bas mot il faut débourser 20.000 DH. Trop cher! Pas du tout, réplique l’éleveur. Dans la région d’Imilchil, le coût de l’aliment de bétail est deux fois plus cher: 350 DH/tête et pour la même période. Sans compter l’impact du froid sur les performances des animaux. Mais pour quel revenu? A peine 8.000 à 10.000 DH/an pour une famille d’une dizaine de personnes. «Faites le calcul et comparez avec le Smig ou le Smag», ironise Omar. Voilà donc le profil du mieux loti de la région. Qui de surcroît est obligé d’acheminer ses bêtes par camion jusqu’aux pâturages des zones les plus clémentes pour faire le retour à pieds. Et le calvaire est répétitif chaque année. Il n’épargne ni nomades ni sédentaires.
C’est à se demander pourquoi ces hommes et femmes persistent à survivre dans des conditions aussi dures que précaires. Surtout les plus âgés parmi eux. Car les jeunes ont déserté le territoire depuis belle lurette. Aujourd’hui, la population de ce Haut Atlas oriental est pratiquement désagrégée. Dans les artères du centre Imilchil on ne rencontre que les enfants et les vieillards. L’exode rural est très fort. A telle enseigne que le conseiller communal ainsi que d’autres acteurs associatifs estiment que les lieux seront entièrement désertés d’ici 2020. Ceux approchés par L’Economiste se déclarent tous partants pour vivre dans d’autres contrées plus clémentes. Surtout, que la majorité des habitants s’avère incapable de s’administrer ni de se gérer. Le taux d’analphabétisme culmine à 90% parmi les hommes et frise les 100% parmi les femmes. «Comment en dégager des élus à même de constituer une force de propositions pour un développement participatif»? s’interroge Lahcen Ouabbou. Or, jusqu’à présent, l’expérience a montré que la plupart des conseils élus ne sont en fait que des caisses de résonance de la tutelle. Mais l’attachement à la terre natale reste très fort. Pour un berbère, vivre hors de sa contrée c’est renier sa propre mère.

Géographie

LE village d’Imilchil est situé à 2. 200 m d’altitude au cœur du Haut Atlas oriental dans le territoire des Aït Hdiddou. Le nouveau découpage régional l’a rattaché à la province de Midelt. La région se présente sous forme d’une chaîne de montagnes, située à une altitude moyenne de 2.300 mètres, dans la partie septentrionale du Haut Atlas. Elle regroupe vingt et un hameaux aux maisons construites en pisé dans un rayon de 50 kilomètres environ. Le tout autour de la rivière, Assif Melloul (rivière blanche) ou de son affluent, Assif N’Tilmi.
Par temps clément, la région est relativement accessible suite à la construction de routes goudronnées en direction de Khénifra ou de Beni Mellal par Aghbala au nord, ou en direction d’Errachidia par Errich à l’est. Seulement, avant d’arriver à cette intersection (Aghbala), il faut 2 heures et 30 mn pour parcourir les 80 kilomètres, qui séparent ce point du village d’Imilchil. La voie de liaison avec Tinghir et donc avec le versant sud des montagnes du Haut Atlas, est en cours de construction. Celle en direction de Midelt par Tilmi est encore une piste.

Légende

LE festival des fiançailles d’Imilchil est né d’une légende : Aït Ibrahim et Aït Yaaza étaient les deux fractions de la tribu des Aït Hdiddou, en guerre l’une contre l’autre. Mais une jeune fille Aït Yaaza aimait Aït Ibrahim. Roméo et Juliette au Haut Atlas, ils connurent la même destinée tragique, de mourir sans pouvoir s’aimer ni se marier. Ils pleurèrent leur affliction, et toutes les larmes de leur corps, qui donnèrent naissance aux lacs jumeaux Isli (le fiancé) et Tislit (la fiancée). Ils moururent noyés dans leurs propres larmes. Leurs parents, repentis, décidèrent qu’une fois par an, jeunes gens et jeunes filles pourraient se choisir librement, et que ceux qui décidaient au moussem de se marier ne rencontreraient aucune opposition à leur union.
Aujourd’hui, la légende se perpétue grâce à ce festival appelé aussi le moussem d’Agdoug qui signifie fête et rassemblement. Pendant 3 jours se succèdent tous les événements de la vie familiale, circoncision des enfants, fiançailles et mariages.
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Il a aussi été couplé avec un festival de musique traditionnel berbère ou l’on peut admirer les chants et danses de cette population semi-nomade du Haut Atlas.

http://www.leconomiste.com/article/889821-au-coeur-du-haut-atlasbr-donnez-nous-du-bois-s-occupe-du-pain
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Video :  dans un village de montagne...

France : Etudiants étrangers diplômés: des projets de vie menacés


Par Adlène Djekkiref, Mediaparet, 24/12/2011

En attendant début 2012 et un nouveau texte sur le droit de travail des étudiants étrangers promis vendredi 23 décembre par Claude Guéant, une circulaire continue à priver les étudiants étrangers diplômés d'une autorisation de séjour pour travailler en France après leurs études. Adlène Djekiref, étudiant algérien, dénonce ici l'injustice de cette mesure, alors que la préfecture a donné un avis négatif à son dossier ce 21 décembre.
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Témoignage :Je suis un étudiant algérien, âgé de 24 ans et arrivé en France le 25 août 2009, je m'étais inscrit en première année de Master à l'université d'Angers, une année réussie qui m'a permis d'avoir accès à une formation très sélective en Master 2 à l'université d'Angers en partenariat avec l'ESSCA (école de commerce).
Cette formation est unique en France. Aucun autre établissement ne la propose, ce qui fait que nous sommes en moyenne 20 étudiants par an à détenir ce diplôme Master 2 en "Yield Management et marketing des services".
J'ai obtenu mon diplôme en août dernier avec mention très bien (17 de moyenne). A la fin de mon stage, le cabinet de conseils où j'ai effectué mon stage m'a proposé un CDI que j'ai accepté bien entendu.
Claude Guéant
A cet effet et en ma qualité d'étudiant étranger, j'ai déposé une demande de changement de statut le 25 août 2011 à la préfecture d'Angers... Mon dossier a été transféré à la direction de travail du Maine et Loire qui a émis un avis favorable (j'ai eu la chargée de mon dossier par téléphone qui dit avoir trouvé mon dossier «plus que parfait»). Une réponse a été transmise à la préfecture le 15 octobre 2011.
Après quatre mois d'attente, j'apprends le 21 décembre par téléphone que ma demande a été rejetée car la préfecture dit avoir mené une enquête sur les salaires: ils trouvent que je suis assez mal payé. C'est faux car je touche 30.000€ par an, ce qui est largement supérieur au minimum légal exigé par loi. En plus, l'enquête sur les salaires relève de la compétence de la direction du travail et non pas de la préfecture.
Aujourd'hui, je suis potentiellement expulsable car je vais pas tarder à recevoir la décision écrite ainsi qu'une obligation à quitter le territoire...
Dernières infos: j'ai présenté avec mon dossier une attestation signée par ma fac attestant que la formation que j'ai suivie est unique en France et que toutes les semaines je reçois en moyenne trois offres d'emploi dans ma spécialité puisque ma spécialité est à la limite de la pénurie !!!
Malheureusement mon employeur commence à perdre patience car ça fait cinq mois qu'il attend mon embauche et je ne peux pas être à 100% de mes capacités en étant perturbé par tout cela... La France appartient aux Français OUI, non pas à un individu.


Mohammed VI perd du terrain au Sahara occidental

Le Congrès US conditionne l’aide financière militaire au Maroc.

Par Merzak Tigrine, 22/12/2011

Coup dur pour Rabat, qui en dépit de toutes ses activités de lobbying aux États-Unis, risque d’être désormais privée de l’aide militaire américaine si elle ne respecte pas les droits de l’homme au Sahara occidental, comme l’exige le Congrès US du département d’État d’Hillary Clinton.
Congrès US
Après la suspension il y a quelques jours par les députés européens de l’accord de pêche Maroc-Union européenne englobant les côtes du Sahara occidental, le Maroc perd encore du terrain dans le dossier sahraoui en se voyant menacé de perdre l’aide militaire des États-Unis avec l’adoption par le Congrès US d’une loi obligeant le département d’État à s’assurer du respect des droits de l’homme au Sahara occidental.
Adoptée par la Chambre des représentants et le Sénat mardi, cette loi porte sur les affectations budgétaires destinées aux aides extérieures accordées par les États-Unis à d’autres pays, dont le Maroc, au titre de l’année 2012. Dans la partie réservée au programme de financement militaire pour le Maroc, ce texte législatif stipule qu’avant l’affectation de fonds au profit du royaume alaouite, la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, “doit soumettre un rapport aux comités d’affectation des crédits financiers de chacune des deux Chambres du Congrès, sur les mesures prises par le gouvernement marocain en matière de respect des droits des personnes d’exprimer pacifiquement leurs opinions concernant le statut et l’avenir du Sahara occidental et d’élaborer un rapport sur les violations des droits de l’homme ” des Sahraouis. Ne se limitant pas à cela seulement, le Congrès met le roi Mohammed VI dans l’embarras en conditionnant également cette aide financière militaire américaine fournie au Maroc par “le droit d’accès, sans entrave, au Sahara occidental aux organisations des droits de l’homme, aux journalistes et aux représentants des gouvernements étrangers”.
Le Makhzen, qui a jusque-là verrouillé l’entrée au Sahara occidental pour cacher ses dépassements en matière des droits de l’homme en se permettant même de refouler de l’aéroport de Laâyoune non seulement des journalistes étrangers, mais aussi des députés européens, devra changer d’attitude sous peine de voir le Congrès américain lui couper la précieuse aide financière, dont les forces armées royales ont vraiment besoin. Il va sans dire que l’adoption de cette loi est une grande victoire pour le peuple sahraoui comme le dit le représentant du Front Polisario à Washington, Mouloud Saïd. Dans une déclaration à l’APS, il affirmera que le Front Polisario “exprime sa satisfaction pour cette position adoptée par le Congrès américain qui reconnaît la situation difficile dans laquelle se trouvent les Sahraouis dans les territoires occupés ainsi que la politique de répression menée par le Maroc contre tous ceux qui veulent s’exprimer pacifiquement et veulent dénoncer la politique de répression”, tout en soulignant que cette loi américaine est “une victoire de plus pour le peuple sahraoui et qui intervient au moment où se tient le 13e Congrès du Front Polisario”, qui se déroule à Tifariti, territoire sahraoui libéré. Poursuivant, il ajoutera que le “Front Polisario remercie le Congrès américain pour cette position et nous espérons que le Maroc puisse laisser les organisations internationales ainsi que tous ceux qui veulent se rendre dans les territoires sahraouis occupés d’avoir un accès sans aucune entrave”. De son côté, le chef de la diplomatie sahraouie, Mohamed Salem Ould Salek, a indiqué mardi à Tifariti que la décision du congrès américain de conditionner l’aide militaire des États-Unis au Maroc par le respect des droits de l’homme “est une décision historique à mettre à l’actif du Congrès américain”.
Il ne manquera pas de déclarer à l’APS : “Nous saluons la décision américaine qui met en avant le préalable du respect du droits de l’homme pour toute aide militaire au Maroc.” Selon lui, la loi adoptée par le Congrès intervient dans un contexte marqué par “une répression des militants des droits de l’homme sahraouis dans les villes occupées”, et que les autorités marocaines continuent à organiser des jugements “arbitraires” contre les Sahraouis devant des tribunaux militaires, tout en continuant “à pratiquer la torture et empêchent les Sahraouis de s’exprimer librement”. Il estimera qu’il s’agit d’un “message clair au roi et au gouvernement marocain” disant que “cette politique est inacceptable”, et d’un “message politique envoyé par le Congrès à l’Administration américaine pour lui exprimer ses préoccupations en ce qui concerne la coopération avec le Maroc qui occupe une partie importante des territoires sahraouis”. Enfin, il conclura en précisant que “cette décision courageuse du Congrès américain qui représente la volonté du peuple américain intervient quelques jours seulement après le refus du Parlement européen de prolonger l’accord de pêche avec le Maroc et le pillage des richesses du peuple sahraoui”.

lundi 26 décembre 2011

Destruction massive, le nouveau livre de Jean Ziegler

 Géopolitique de la faim
EditionsduSeuil
Toutes les cinq secondes un enfant de moins de dix ans meurt de faim, tandis que des dizaines de millions d’autres, et leurs parents avec eux, souffrent de la sous-alimentation et de ses terribles séquelles physiques et psychologiques.

Et pourtant, les experts le savent bien, l’agriculture mondiale d’aujourd’hui serait en mesure de nourrir 12 milliards d’êtres humains, soit près du double de la population mondiale. Nulle fatalité, donc, à cette destruction massive. Comment y mettre fin ?
En prenant d’abord conscience des dimensions exactes du désastre : un état des lieux documenté, mais vibrant de la connaissance acquise sur le terrain par celui qui fut si longtemps en charge du dossier à l’ONU, ouvre le livre. Il s’agit tout aussitôt de comprendre les raisons de l’échec des formidables moyens mis en œuvre depuis la Deuxième Guerre mondiale pour éradiquer la faim. Puis d’identifier les ennemis du droit à l’alimentation. Pour saisir enfin le ressort des deux grandes stratégies à travers lesquelles progresse à présent le fléau : la production des agrocarburants et la spéculation sur les biens agricoles.



Comme toujours avec Jean Ziegler, la souffrance a un visage, l’oppression un nom, et les mécanismes à l’œuvre sont saisis dans leur application concrète.

Mais l’espoir est là, qui s’incarne dans la résistance quotidienne de ceux qui, dans les régions dévastées, occupent les terres et opposent le droit à l’alimentation à la puissance des trusts agro-alimentaires. Ils attendent de nous un indéfectible soutien.
Au nom de la justice et de la dignité de l’Homme.

Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation de 2001 à 2008, Jean Ziegler est aujourd’hui vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Professeur émérite de sociologie à l’Université de Genève, il a consacré l’essentiel de son œuvre à dénoncer les mécanismes d’assujettissement des peuples du monde. 

Les Marocains manifestent pour la démocratie, sans les islamistes-Vidéos des marches dans les villes du Maroc

par LEMONDE.FR avec AFP 26/12/11

Manifestation le 25 décembre à Casablanca, organisée par le Mouvement du 20 février afin de demander des réformes politiques et sociales de grande ampleur.
Manifestation le 25 décembre à Casablanca, organisée par le Mouvement du 20 février afin de demander des réformes politiques et sociales de grande  ampleur REUTERS/STRINGER

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche 25 décembre à Casablanca et Rabat, à l'appel des jeunes du Mouvement du 20 février, qui revendique des réformes politiques profondes. Pour la première fois, la manifestation s'est déroulée en l'absence des représentants du mouvement islamiste Justice et bienfaisance.

Ce dernier s'est récemment retiré de la contestation menée depuis le début de l'année par les jeunes pour la démocratie. Entre 4 000 et 5 000 personnes sont descendues dans la rue dans le quartier populaire Hay Mohammadi à Casablanca pour appeler à la poursuite de la lutte pour les réformes démocratiques. A Rabat, le nombre de manifestants était de 300 à 500 personnes. La police a, pour sa part, indiqué à l'AFP que 3 500 personnes avaient manifesté dans tout le royaume.
PLUS DE JUSTICE SOCIALE
"Nous manifestons pour dire que la lutte va continuer malgré le retrait des organisations politiques, qu'elles soient islamistes ou autres, a déclaré à l'AFP Hamza Mahfoud, de la section de Casablanca du mouvement. Nos revendications sont légitimes et elles n'ont pas varié : une monarchie parlementaire et une plus grande justice sociale." "L'actuel gouvernement ne changera rien", "Non au cumul de la fortune et du pouvoir", ont scandé les manifestants à Rabat et Casablanca.
Justice et bienfaisance, l'un des plus importants mouvements islamistes, toléré par les autorités marocaines, a mis un terme à son appartenance au Mouvement du 20 février "en raison des attaques" dont il a dit être l'objet de la part de certains jeunes contestataires. Ces manifestations se poursuivent malgré l'appel au dialogue lancé par le nouveau chef du gouvernement marocain, l'islamiste modéré Abdelilah Benkirane, dont le parti Justice et développement a remporté les législatives à la fin de novembre.
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Échantillons de vidéos des marches du dimanche 25 décembre 2011
Par Ali Fkir et Mohamed Belmaïzi
 
Le MVT20FEVRIER marocain ne baisse pas les bras.
Les 25 décembre 2011 les masses populaires ont marché massivement suite à son appel.
Seule la lutte de masses conscientes et organisées paie.
Nous soyons pas impatients! La ténacité, le long souffle, l'unité dans le combat...qualités des véritables combattantEs de la libération.
                             VIVE le MVT20FEVRIER!  
                   
Tanger
http://www.youtube.com/watch?v=6Jy07setEgU 
 http://youtu.be/u7D5Qb0KDn8 
Tanger après le désistement de L'Adl Wal Ihssan ! Impressionnante vidéo postée le 26 décembre. Elle est vue par 43 personnes... Il devient plus judicieux de dater les vidéos, pour ne plus poster des vidéos anciennes.MB
http://youtu.be/CPR1WKpzfVE


Khenifra

http://youtu.be/KudeXugn_k0
 http://www.youtube.com/watch?v=Axwn3B6zV80 
Casablanca
Rabat
http://youtu.be/1q85njXUD-w
 http://youtu.be/CPR1WKpzfVE
Rabat : "Il n'y avait que 500 manifestants", dixit l'AFP... Je dirai que nous sommes là devant des mensonges éhontés et ridicules...Honte sur la presse marrouquia... Dégage ya lakhmajjj!
 Quand les femmes parlent et crient des slogans repris par le peuple indigné et qui n'a plus peur ! Quand les femmes crient, tout tremble et c'est l'avenir qui gronde pour une société vivable, pour un État de Droit. Que le mot est juste et savoureux lorsqu'il se transmet d'une bouche féminine! MB
Marrakech
Marrakech la rouge... fait entendre sa voix de liberté, de dignité, de justice sociale
Khémisset
El Jedida
Mrirt
Taza
Meknès
Ouarzazate

LES FEMMES SAHRAOUIES RACONTENT LEURS ANNÉES DE PRISON

 Dans les geôles du roi
 
Par Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE L'Expression 24/12/2011

Sahara Occidental - En beige clair : les territoires libérés
La question sahraouie relève fondamentalement d'un problème de décolonisation non résolu.

«A Tifariti, je me sens libre; j'ai l'impression de connaître tout le monde et d'être connu de tous. Parmi les Sahraouis, j'ai appris à connaître le prix de la liberté, mais surtout à comprendre le fait d'être un «colonisé», disait Pierre Toutain, un ami de longue date des Sahraouis, rencontré à Tifariti, dans les territoires libérés du Sahara occidental.

Il est aussi l'un des responsables de l'Association des Amis des Sahraouis de France, présidée par sa femme. «Ma femme n'a jamais cessé de crier haut et fort les violences commises par l'occupant marocain dans les territoires libérés», témoigne-t-il. Hostile et contrarié par les positions officielles de son pays manifestées en faveur du Maroc, Toutain accuse son pays d'avoir trahi son histoire et les principes de la République, berceau des droits de l'homme.

Et de s'interroger: «Qu'en est-il de la mission de la France pour soutenir les opprimés et veiller au respect des droits de l'homme?» soulignant que la question sahraouie relève fondamentalement d'un problème de décolonisation non résolu. Elle illustre également l'incapacité de l'ONU à faire respecter le droit international et les compromissions de la France ou de l'Espagne avec le Maroc. «Dans toutes les circonstances, Toutain et sa femme ne ratent pas une occasion de s'envoler droit vers les terres sahraouies, situées aussi bien dans les territoires libérés ou occupés», témoigne Nadjet Keribika, ex-prisonnière politique, arrêtée de 1982 à 1991. La soixantaine entamée, Nadjet, représentante venue de Laâyoune, a témoigné que «les deux Français (Toutain et sa femme) nous connaissent parfaitement et sont connus même par nos bambins». C'est dire que même de l'autre côté de la Méditerranée, le peuple du Sahara occidental compte des amis et des organismes non gouvernementaux fort déterminés à le soutenir dans sa longue marche pour le recouvrement de son autodétermination. 
 
Cette ex-prisonnière politique, qui nous a accueillis dans sa tente, entourée d'une foule de femmes habitant les camps du réfugiés, profite, à l'occasion, dit-elle, de ce congrès, de rencontrer des membres de sa famille, qu'elle n'a jamais rencontrés. «Après avoir été chassée de nos terres, ma famille s'est fractionnée. Une partie de mes oncles et tantes se sont réfugiés en Algérie et en Mauritanie.
Certains d'entre eux ont été piégés dans les territoires occupés par le Maroc, mais en revanche, d'autres se sont installés en Espagne ou dans les pays d'Amérique latine», raconte-t-elle, les larmes aux yeux.

Les longs chemins de la liberté
Et d'ajouter avec désolation: «On est le seul peuple en Afrique encore en pleine résistance contre la colonisation.» Drapée dans sa tenue traditionnelle, aux couleurs arc-en-ciel, elle renchérit: «C'est dur de vivre séparée des siens par ´´un mur de la honte´´, long de 2400 km et dépendre des aides humanitaires.» Peu bavarde, Nadjet ayant perdu toute sa jeunesse en prison, considérée même morte par ses parents, nous a fait savoir avec conviction: «Aucun Sahraoui ne souhaite la reprise de la violence, mais personne ne l'exclut, si les voies pacifiques de négociations qui ont été choisies ne conduisent pas rapidement le peuple sahraoui sur les chemins de la liberté et de l'indépendance.» Lui emboîtant le pas, Salha Boutiguiza, une jeune et splendide étudiante, issue du désert et parfumée des vents de l'Atlantique, le visage souriant, la jeune femme est d'une beauté ensorceleuse. C'est ce genre de vénusté qui naît de la résistance et de l'orgueil. Yeux en amande soulignés de khoul, nez de félin et lèvres roulées, sur une peau douce et soyeuse aux couleurs chocolat, la femme sahraouie est la rose du désert. C'est dire que quand la beauté naît de la rudesse, elle ne peut que subjuguer. Salha, née en 1984 compte déjà 2 arrestations allant de 6 mois à une année. Elle a été violentée, maltraitée et torturée rien que pour, dit-elle, avoir rendu visite à Aminatou Haïder chez elle. Accroupie sur un tapis rouge, derrière un foyer de braises et un plateau à thé, la jeune femme sahraouie prépare, avec des gestes lents et précis, le breuvage presque sacré. «J'ai été enlevée à ma sortie de la maison de Aminatou Haider. On m'a bandé les yeux et jetée dans un véhicule jusqu'à mon réveil dans un commissariat, avant d'être transférée dans la ´´prison Lakehak´´ à Laâyoune. Là, j'ai subi toutes sortes de tortures. Injures, fouet...», révèle la pauvre femme d'une voix douce, alors que son regard s'immerge dans l'infini. Assises face à nous, quatre ou cinq femmes sahraouies, enveloppées dans leur voile, serrées les unes contre les autres, comme en témoignage de leur solidarité féminine, racontent leur combat.

L'ombre d'Aminatou Haïder
L'une d'entre elles, c'est Lachegar Deguedja, ancienne prisonnière politique et membre de l'Organisation sahraouie des territoires occupés oeuvrant pour l'autodétermination du peuple sahraoui, a précisé, quant à elle: «Dans les territoires occupés, les femmes sahraouies se retrouvent encore coincées entre le marteau du colonialisme marocain et l'enclume de l'indifférence des Nations unies et le bâton de l'occupation marocaine». Lachegar Deguedja, enfermée dans les plus dures geôles marocaines entre 1980 et 1991, a été enlevée de chez elle devant son mari. Elle a été accusée de haute trahison par les autorités marocaines. Elle a été accusée de militer au sein de l'Union des femmes sahraouies activant sous les directives du Front Polisario. Comme toutes les femmes sahraouies enlevées, elle a subi les pires tortures dont elle garde encore un souvenir vivace. «Nous étions 28 femmes enlevées par les vigiles marocaines et arrêtées jusqu'au cessez-le-feu. Deux parmi nous ont trouvé la mort en prison à la suite des tortures subies», dit-elle, tout en lâchant un long soupir, avant de dire: «Je revois encore leur visage et j'entends encore leurs cris résonner dans mes oreilles.» C'est terrible et affreux, soutient-elle, ce que nous avons vécu en prison. Alors que de son côté, Ali Salim Tamek, qui est à la tête du groupe des femmes congressistes des territoires occupés, a estimé que ce que les autorités marocaines ont fait subir aux Sahraouis dans les territoires occupés est condamnable par toutes les lois, qu'elles soient humaines ou divines. Ali Salem Tamek est un militant sahraoui des droits de l'homme des territoires occupés et membre du Collectif des défenseurs des droits des l'hommes sahraouis (Co de sa), présidé par Aminatou Haider. Il a été à plusieurs reprises détenu dans les geôles marocaines depuis 1993 pour avoir tenté de rejoindre les rangs du Front populaire de libération de la Seguia El Hamra et Rio de Oro (Polisario), ainsi que pour ses activités de défense des droits sahraouis. Il a observé plus d'une quinzaine de grèves de la faim pour protester contre les conditions de sa détention.
Apostrophé au sujet de la décision américaine qui met en avant le préalable du respect des droits de l'homme dans les territoires sahraouis contre toute aide financière militaire au Maroc, il fera savoir que «cette décision est salutaire. Néanmoins, relève-t-il, elle représente le résultat de la lutte quotidienne des Sahraouis, qui, sans armes et sans défense, ont défié les vigiles de l'entreprise coloniale et terroriste marocaine».

Et d'ajouter enfin avec fermeté: «Ce n'est pas une fleur que viennent de nous faire les Américains, mais il s'agit d'une victoire arrachée par une lutte pacifique et d'énormes sacrifices des Sahraouis dans les villes occupées, le sud du Maroc et les campus universitaires».


24 décembre 2011: rencontre sur les libertés syndicales.( AMDH-CDT)

Mohammedia: L'AMDH + CDT 
ont organisé avec succès le 24 décembre 2011 une rencontre sur les libertés syndicales.

Par Ali Fkir, 25/12/2011
Après les interventions de Khadija Ryadi (présidente de l'AMDH) et de Lhoucine El Yamani responsable national de la CDT (secteur de l'énergie), l'assistance a écouté des témoignages émouvants des victimes de l'arbitraire patronal et de la complicité de l'Etat makhzenien.
Le représentant des ouvriers de GOURVENEC, les victimes du patron et des tergiversations de la "justice", a parlé de la situation inhumaine que vivent des dizaines de familles depuis bientôt 6 ans.
Le local n'a pas pu accueillir les dizaines d'ouvriers et d'ouvrières venu-es assister à cette activité très réussie


RANTIGNY ( France) Le père Noël est un restaurateur

Par JULIEN BARBARE, le Courrier Picard,  26/12/2011

Rabii El Boujadi et son cuisinier, quelques minutes avant l'arrivée des premiers invités de la soirée.
Rabii El Boujadi a offert, samedi soir, un repas de fête à 35 personnes en difficulté dans son restaurant de Rantigny, Le Riad. Voici la recette de ce joyeux Noël.

Un repas de Noël à l'orientale et chaleureux : voilà le cadeau que Rabii El Boujadi, gérant du restaurant le Riad, à Rantigny, a souhaité faire cette année à 35 personnes en situation précaire. «Personnellement, je ne fête pas Noël, indique-t-il. Je me suis dit que ce soir-là, les gens restant en famille, ce n'était pas la peine d'ouvrir... »

Le patron a donc cherché ce qu'il pouvait faire de positif en cette journée particulière. «Au départ, je voulais offrir un plat chaud et une bonne soirée à des personnes sans domicile fixe, poursuit-il. Cela s'est avéré difficile à réaliser. » Après avoir pris langue avec des organisations caritatives, il entre en contact avec Sophie Juppin, secouriste bénévole à Rantigny. «Elle a remué ciel et terre... »
De la nourriture, oui, mais surtout un moment chaleureux

Au bout de trois semaines - et malgré l'investissement du Secours populaire de l'Oise - les deux complices n'ont trouvé que trois personnes acceptant leur invitation. Ils décident alors d'élargir leur invitation. «Nous avons contacté les mairies de Rantigny, Cauffry et Mogneville, explique Sophie Juppin. Par le biais des centres communaux d'action sociale (CCAS), elles ont invité des familles démunies. »

Inquiet de constater qu'à quelques jours de la soirée, seules 21 personnes avaient confirmé leur venue, Rabii El Boujadi a ensuite fait du porte-à-porte. «J'ai rencontré des gens dont les yeux brillaient à cette idée, témoigne-t-il. D'autres plus timides, mais qui ont quand même accepté. » Et le restaurateur n'hésite pas à pousser loin sa démarche. « Quand on m'a dit que certaines familles ne pouvaient pas venir, faute de moyen de transport, j'ai proposé de venir les chercher avec mon véhicule personnel. »

Au final, grâce au restaurant, aux mairies et au Secours populaire de Creil, plus de 35 invités - célibataires, femmes seules avec enfant, personnes âgées isolées, familles en difficulté - ont pu profiter d'un Noël à la mode orientale sans débourser un centime. «J'ai bien pensé à faire la traditionnelle dinde, sourit le restaurateur. Mais je me suis dit qu'après tout, autant rester dans le thème du restaurant. » Les convives ont ainsi profité d'une salade marocaine, d'un couscous royal (avec trois viandes) et d'un copieux dessert.

Côté logistique, le patron a pu compter sur son frère et deux employés, qui se sont proposés pour travailler bénévolement. Et bien entendu sur Sophie Juppin accompagnée de son mari. « C'était un projet trop sympa pour passer à côté », souligne la bénévole.

«Au-delà de la nourriture, chacun a pu passer un Noël chaleureux en étant entouré », conclut Rabii El Boujadi. Son rêve ? Que d'autres enseignes s'inspirent de cet exemple l'année prochaine. «S'il y en a dix qui font ça, ce n'est plus 50 personnes, mais 500 qui pourront en profiter ! »

Le Mouvement Marocain du 20 février Paris/Ile-de-France: messages de soutien et appel à la marche du 25 décembre

Le Mouvement Marocain du 20 février Paris/Ile-de-France est allé à la rencontre des citoyenNEs du monde à l’occasion de la journée internationale des migrants

Une équipe de notre Mouvement s’est rendue à la manifestation de dimanche 18 décembre à Paris et a tendu le micro aux participantEs pour recueillir leurs regards sur le Mouvement du 20 février au Maroc. Le résultat est sur la vidéo ci-dessous que je vous invite à visionner.
Vive la solidarité internationale

Un sketch sur la nouvelle constitution marocaine سكيتش ساخر حول الدستور الجديد - رائع

Le duo d'humoristes ثنائي الصراحة راحة Tunaï Assaraha Raha ("Duo Vérité Tranquillité")