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mercredi 31 août 2011

LE MOUVEMENT DES INDIGNES DE MADRID FAIT ESCALE A SAINT- VINCENT- DE- TYROSSE


Par Baptiste Latry, Bureau de la LDH Tyrosse Sud-Landes, 31/8/2011

Le vendredi 19 août, Saint-Vincent-de-Tyrosse a été une nouvelle étape pour les Indignés venus à pied de Madrid. Ce groupe d’Indignés s’est créé à partir du mouvement du 15 Mai de la place Puerta del Sol à Madrid. En réaction aux propos de Mme Merkel, la chancelière Allemande, qui les aurait qualifiés de « fainéants et paresseux de l’Union Européenne », ils ont décidé de rejoindre Bruxelles à pied pour répondre directement à Mme Merkel depuis la Commission Européenne.

Le groupe de 80 Indignés est arrivé à Tyrosse par petits groupes, sous un soleil de plomb. La Ligue des Droits de l’Homme de Tyrosse Sud-Landes s’est occupée de l’appui logistique et de convier les sympathisants au mouvement des Indignés à prendre part à cette étape militante et conviviale.

La Mairie a mis à disposition le hall des sport jusqu’au lendemain matin, de façon à ce que les Indignés puissent se restaurer, se doucher et se reposer. Un point d’information situé devant la Mairie a été installé dès 15 heures pour orienter les marcheurs vers le gymnase et inviter les passants, quelques peu interloqués de voir des marcheurs aux chasubles jaunes, à l’assemblée générale qui a débuté à 19 heures.

« Nous allons lentement car nous allons loin »

Le mot d’ordre du groupe d’Indignés est la recherche perpétuelle du consensus. D’où certaines lenteurs dans la prise de décision du groupe et son orientation quotidienne. Leur slogan « nous allons lentement car nous allons loin » résume à lui seul l’esprit des Indignés et leur volonté de changer le monde dans lequel ils ne se retrouvent plus. Ils refusent le pouvoir, tel qu’il est exercé actuellement et sous toutes ses formes : politique, syndicats, entreprises, finance...

Refusant le concept même de majorité absolue, les Indignés considèrent que les décisions doivent toujours être prises à l’unanimité. Même la prise de parole en assemblée générale est soumise à approbation. Un langage des signes est instauré pour éviter la confusion et le brouhaha.

Dans l’ensemble, le groupe est hétérogène et des opinions divergentes et contradictoires émanent des différentes discussions. Les Indignés se revendiquent comme apolitiques et non-partisans mais des idées clairement affichées ressortent de leurs réflexions. Ils refusent toute appartenance à une organisation et toute soumission à un leader, même si leur mouvement et leur démarche nécessitent un minimum d’organisation. On ne peut qu’être interloqué par la longueur de leur périple, si peu structuré. Les Indignés semblent tenir le cap et, par le bouche-à-oreille, le soutien au mouvement ne faiblit pas.

Le Pacte pour les droits et la citoyenneté

La Ligue des Droits de l’Homme Sud-Landes leur a proposé de signer le Pacte pour les droits et la citoyenneté, un document signé par une soixantaine d’associations, allant du MRAP à Attac, en passant par de nombreux syndicats, qui vise à faire respecter la démocratie, les droits sociaux, la justice et les libertés individuelles et collectives et d’interpeler ceux qui sollicitent les suffrages des électeurs.

Au coeur de l'Atlas, à quelques kilomètres de Mrirt, on matraque sauvagement les paysannes...

Par Ali Fkir, 29/8/2011
A quelques km de Mrirt au coeur du Moyen Atlas, des forces de répression matraquent sans ménagement aucun des paysannes pauvres et des femmes des mineurs et ce le 26 août 2011/
QUEL SCANDALE! C'est l'ère post-référendum !

http://www.youtube.com/watch?v=3tSgtNRhhOg&feature=share
 Regardez bien les résultats de la répression du 26 août. Les médecins ont refusé (suite aux ordres reçus) de délivrer des certificats médicaux

 

Le chez-soi. C'est la préhistoire au cœur du Maroc des somptueux palais et des palaces à 5 étoiles
C'est le visage réel de la vie des millions de marocains

Photos de Kami Amazigh
La paysan montre avec gêne (elle a raison) la trace de la matraque

Le sein n'a pas échappé à la sauvagerie




Les âgé-es ont reçu leur "part de matraquage"


http://www.youtube.com/watch?v=P3OKj_gZPs0&feature=youtu.be
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 M’rirt, de l’or et du gaz lacrymogène

Par N.B et A.E.Y, Lakome.com, 30/8/2011
Un week-end sous le signe de la répression au Douar Sidi Ahmed à sept kilomètres de M’rirt dans la région de Khénifra. Un sit-in tenu pour des revendications sociales et économiques a tourné en affrontements violents. Récit.

Matraquage, bombes lacrymogènes, portes de maisons défoncées et arrestations. Le bilan est lourd : des dizaines de blessés, dont des femmes, et quatre arrestations, dont un élu local du Mouvement populaire.

Le jeudi 25 août, la Compagnie minière de Touissit (CMT) embauche des ouvriers venant d’autres régions. Les chômeurs de la ville, qui tentent depuis des mois des actions pour obtenir un travail dans la compagnie, réagissent. « C’est inadmissible que notre région compte une mine d’or, d’argent, de zinc et d’autres métaux, alors que nous vivons dans la précarité et la marginalisation », s’indigne Ahmed Ouzahi, un des manifestants, dans une déclaration àlakome.com. « Tout le monde peut manifester, mais personne n’a le droit de couper la route du site d’exploitation et d’arrêter la production. Nos recrutements se font selon nos accords avec les syndicats », répond Mohamed Lazaar, directeur général de la CMT.

Les protestataires décident alors d’occuper la route qui mène à la mine pour faire pression. Dans la matinée du vendredi 26 août, un dispositif massif de forces de l’ordre arrive sur les lieux. Les forces de l’ordre tentent de négocier, mais à leur manière : « Vous les chleuhs, soit vous dégagez, soit c’est le bâton », lance un haut gradé aux protestataires, nous indique notre source.

Les forces de l’ordre interviennent après le refus des manifestants de libérer la route. « Les femmes se trouvaient en première ligne et ont été les premières victimes », nous indique Zakaria Mohamed, élu local de l’USFP (Union socialiste des forces populaires). Les affrontements commencent. Les forces de l’ordre utilisent des bombes lacrymogènes pour disperser la foule et défoncent plusieurs maisons. Les jeunes manifestants cherchent refuge dans les montagnes avoisinantes. Ils restent dans le « maquis » jusqu’au samedi, 27 août 2011 après-midi, « sans manger ni boire tout en faisant le ramadan », ajoute Ahmed Ouzahi.

100 millions de dirhams de dividendes…
Selon Ahmed Bouidi, correspondant du journal Al Ittihad Al Ichtiraki, les autorités ont défoncé plusieurs portes de maisons à la recherche des manifestants, et confisqué des téléphones portables. « Les autorités m’ont interdit de circuler librement pour voir ce qui se passait exactement » nous déclare-t-il. Ce sont six personnes en tout qui ont été arrêtées, dont deux ont été libérées et quatre sont toujours poursuivies pour « troubles à l’ordre public, occupation de la voie publique ».
Au-delà des revendications de travail, les manifestants réclament aussi de l’eau potable. « Tous les puits de la région ont été pollués par les activités de la compagnie minière », explique Zakaria Mohamed. « Même l’agriculture et l’élevage ne sont plus possibles avec toute cette pollution », ajoute-t-il. Les manifestants dénoncent aussi la précarité et l’isolement dont souffre leur région et réclament plus « d’attention ». « Si ces gens avancent que nous polluons l’eau, ils doivent apporter des preuves. C’est la nature des gisements qui contient du plomb, ce n’est pas la compagnie qui l’a ramené dans la région », se défend Mohamed Lazaar.

La mine de Tighza ou de Djebel Aouam, est tenue par la Compagnie minière Touissit (CMT) depuis 1996. Après la faillite de la SMA (Société Minière de Djebel Aouam), le site a été récupéré par la CMT, une filiale d’Osead Maroc mining. Celle-ci est elle-même filiale à 70 % d’OSEAD France, et à 30 % de Moroccan Infrastructure Fund, un fonds d’investissement créé par Attijariwafa bank, filiale du holding royal la SNI. Dans la convention signée avec le ministère de l’Energie et des Mines, la société ne verse qu’une partie de la patente à la commune, soit 180.000 dirhams par an (240 000 dirhams pour la totalité).
 Le site international spécialisé  dans les minerais précieux, 24hGold,  considère que les risques de la fermeture du site et de l’exploitation minière au Maroc sont très élevés.

La compagnie a réalisé en 2009 un résultat net de 206,8 millions de dirhams, en hausse de 120 % par rapport à 2008, pour un chiffre d’affaires de 445,5 millions (+52%) de dirhams. Et quelques 100 millions de dirhams de dividendes ont été distribués le 31 mai 2011. La CMT dispose de 27 permis miniers, dont 16 concessions d’une durée de 75 ans, dont le gisement d’argiles industrielles à Rhemna (Ben Guerir).

La photo d’illustration : Une des victime de l’intervention des forces de l’ordre._________________________________________________________________

Voici  des vidéos diffusées par des militants montrant la brutalité de l’intervention policière:
http://youtu.be/Z-dTY4MwZqc
http://youtu.be/ZuaElBgGwNw
http://youtu.be/3BIVynPpPnY
http://youtu.be/xI8ptnHr8_s

 http://eplume.wordpress.com/2011/08/30/3578/

mardi 30 août 2011

A Paris le Mouvement du 20 février va fêter l'Aïd


France : Urgence, un toit !

Appel à l’initiative du collectif urgence un toit, 30/8/2011

En pleine période estivale le gouvernement a décidé de mettre en place une réduction de 30% du budget dédié à l’hébergement d’urgence, et ce en continuant de restreindre l’accès aux logements. Cette réduction conduit à la rue des milliers de personnes supplémentaires, dont de nombreuses familles.

Dans le même temps, l’état réduit de 10 à 25 % les budgets des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS). Ce désengagement entraine la fermeture de CHRS et en prive d’autres des moyens d’accompagner les personnes hébergées vers la réinsertion.

Déjà aujourd’hui, près de 700 000 personnes sont sans domicile personnel dont plus de 100 000 personnes à la rue. Aux sans abris de longue date, s’ajoute un nombre croissant de travailleurs pauvres.

Or, la rue, c’est le bannissement social et une condamnation à une mort lente en moyenne à l’âge de 45 ans, comme le démontrent de multiples rapports.

Le gouvernement, contrairement à ses obligations, refuse d’appliquer les lois sur l’accueil inconditionnel de toute personne sans abri et sur le relogement de toute famille reconnue prioritaire en vertu de la loi Dalo. Il refuse d’appliquer les autres dispositions qui permettraient de répondre aux urgences, notamment la mobilisation des locaux et logements vacants dans le contexte actuel de grave crise du logement, de cherté des loyers, et de spéculation immobilière.

Depuis le début de l’été, des salariés de l’urgence sociale, révoltés par l’impossibilité d’assurer leur mission, se sont mis en grève à deux reprises. Les familles sans abri, expulsées, ou prioritaires Dalos, ont installé des campements à Paris et en région parisienne cet été.

Malgré la répression policière, l’indifférence, le cynisme et le double langage du gouvernement, la détermination des laisséEs pour compte du droit au logement reste entière, et l’indignation des salariéEs de l’urgence sociale, du secteur social, de ceux et celles solidaires et des associations et organisations engagées, reste intacte.

La promesse du chef de l’État de ne plus laisser une seule personne à la rue est restée lettre morte. Pire, l’État ignore délibérément les lois protégeant les plus vulnérables, piétine et démantèle le travail social et ses missions d’intérêt général.

Nous, organisations solidaires et signataires, mal-logés et sans abri laissés pour compte, simples citoyens exaspérés par la duplicité des discours gouvernementaux, appelons à nous mobiliser, pour exiger :

- La mise en œuvre du droit à un accueil inconditionnel de toute personne sans abri, le déblocage des moyens budgétaires suffisant pour atteindre cet objectif, comprenant l’accueil, l’hébergement, si besoin l’accompagnement (notamment pour l’urgence et les CHRS), en attendant le relogement,

- Le respect de la loi Dalo avec le relogement dans les délais de tout les mallogés et les sans logis reconnus prioritaires,

- L’application de la loi SRU (et son obligation de création de 20% de logements sociaux dans chaque commune),

- La mobilisation/réquisition de plusieurs milliers de logements et locaux vacants appartenant à de grands propriétaires publics et privés,

- un moratoire sur les expulsions locatives,

- l’ouverture de négociations pour le relogement de toutes les personnes et familles en lutte installées dans différents campements en ile de France,

Nous appelons à la mobilisation la plus large possible partout en France le 3 septembre pour que le gouvernement réponde à ces exigences.

RENDEZ-VOUS 
LE SAMEDI 3 SEPTEMBRE A 14 H
A SEVRES-BABYLONE (SQUARE BOUCICAUT), 
M°12, PARIS 7E

http://collectifurgenceuntoit.over-blog.com

Les 1ers signataires :
Le D.A.L, le Collectif Des Sans Logis, la Coordination nationale de l’urgence sociale, le Mouvement solidaire des salariés du SamuSocial de Paris, Le Comité Action Hébergement Logement 94, Jeudi Noir, la Ligue des droits de l’Homme, Bagagérue, Réelengagement 95, SUD santé-sociaux, Solidaires, l’Union Syndicale de la Psychiatrie, Le collectif Rrom la Baraka, ATTAC, AITEC-IPAM, ATMF, SNUclias – FSU, CGT fonction publique, La Confédération du Planning Familial, Collectif de soutien aux migrants de Lampedusa, les Lutheuses de Rue
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lundi 29 août 2011

L’Islam au pays de Kafka

Par Salah Elayoubi, eplume, 29/8/2011

Le 19 janvier 2007, au soir, une escouade d’agents de la Direction de la Surveillance du Territoire, la désormais sinistre DST, investit le domicile conjugal de Rida Benothmane,avec la brutalité qui sied aux méthodes de la police marocaine.
Perquisition, fouille minutieuse de l’appartement et saisie de l’ordinateur ponctuent cette visite.
Sans aucune explication, ni mandat d’arrêt, il est enlevé, sous les yeux de son épouse enceinte et conduit, manu militari, au bagne secret de Témara où il est enfermé.
Un destin bascule dans la tragédie !

Étrangement, Rida ne subit pas de sévices physiques, pendant les trois jours que dure son enfermement. Mais le détenu est entravé, les yeux bandés et fait l’objet de harcèlement psychologique et d’interrogatoires serrés, destinés à lui faire avouer un hypothétique complot dont il serait, à tout le moins, le membre, sinon l’instigateur. Les enquêteurs, qui prêchent le faux pour connaître le vrai, s’essaient à toutes sortes de méthodes et de stratagèmes, pour le faire avouer. Ainsi, ils s’arrangent pour que lui parviennent les hurlements de ceux que l’on torture, ou encore devisent, à haute et intelligible voix, sur les moyens de le faire disparaître, comme par exemple, celle de le jeter vivant, dans la fosse aux serpents.

Le Maroc appartient, assurément au camp des dictatures. Il en utilise les méthodes éprouvées de terreur. Arrêter quelqu’un ne suffit pas. Il faut encore instiller la terreur dans l’esprit de la famille, comme encre sur le buvard, par l’enlèvement brutal, qui remplace la convocation de police judiciaire et la disparition pure et simple, qui fait office de méthode de détention.

Pendant que l’on terrorise le fils, la mère, Rachida Baroudi, alertée, se lance, dès le lendemain à sa recherche. Elle écume les commissariats, y fait le pied de grue, dans l’espoir de voir quelque chose, quelqu’un, un indice. Elle bat le rappel des amis. Elle questionne, supplie, cherche, enquête, avant de se rabattre, par déduction, autant que par intuition maternelle, sur le centre de Témara.

De maman, à la recherche de son enfant, elle devient « Mère courage », mue par un instinct maternel irrépressible.

« Une folle ! » lui lancera le policier à qui elle demande son chemin.

Elle finit par découvrir le centre, au milieu de nulle part et des mauvaises herbes, sur une route impossible, qui se transforme vite en chemin de croix, lorsqu’une dizaine de policiers l’interpellent, l’encerclent, l’admonestent, la vilipendent et la bousculent :

« Tu n’as pas le droit d’être ici, rebrousse chemin ! Rentre chez toi » Hurlent-ils

Elle s’accroche, résiste, s’entête.

Tout son être n’est qu’un désir :

« Je veux juste avoir des nouvelles de mon fils ! Est-il vivant ? Est-il mort ? Qu’a-t-il fait pour être arrêté ? »

Elle raconte encore, aujourd’hui :

« De savoir mon fils, enchaîné là- dedans, me rendait folle de rage ! »

Les policiers nient la présence d’un quelconque détenu, dans ces lieux, qui ne sont rien d’autre que des bureaux administratifs. Ils argumentent que seule la police judiciaire est habilitée à arrêter et interroger les citoyens.

La mère n’en démord pas, elle détaille ses pérégrinations dans tous les commissariats et cite, à l’appui, les articles des journaux qui évoquent ce lieu de détention.

Les policiers nient farouchement, avant que l’un d’entre eux, apitoyé, sans doute, ne finisse par lui glisser la promesse d’un téléphone de son fils, et reconnaisse enfin, qu’il est accusé d’appartenance au groupe jihadiste « Ansar Al Mahdi ».

Obstination payante. Deux jours plus tard, on l’informe au téléphone que son fils se trouve au commissariat du Maarif, de sinistre mémoire. Un transfert, sans doute destiné à donner le change et nier une quelconque détention à Témara.

Il faudra attendre dix sept jours, avant que la famille ne puisse, enfin, visiter le détenu à la prison de Salé.

Instruction, jugement et condamnation selon l’article 218 de la loi anti-terroriste, qui punit tout individu ayant fait l’apologie d’acte terroriste, dans un lieu public ou dans les médias.

En réalité, la justice n’a rien à reprocher à Rida Benothmane, sinon d’avoir diffusé les images du centre de détention de Témara, publiées quelques semaines auparavant sur le magazine Tel quel, d’avoir critiqué la politique antiterroriste du Maroc, sur des sites militants et d’avoir participé, au grand jour, à des manifestations contre le gouvernement américain.

Rien de répréhensible, mais plutôt l’accomplissement du devoir citoyen de dénonciation des dénis de justice !

Mais nous sommes au Maroc, le pays de toutes les exceptions. La justice va le prouver en condamnant une première fois Rida à deux ans d’emprisonnement, avant de lui en infliger le double, pour avoir osé interjeter appel et surtout pour faire un exemple.

Rida accomplira la totalité de sa peine, en en subissant, au passage, une seconde, à voir sa famille réduite aux interminables files d’attente, sous le soleil et les intempéries, à l’heure des visites. Il devra également, s’accommoder de savoir ses proches humiliés ou insultés, les paniers de provisions fouillés par des surveillants inquisiteurs, au verbe fleuri et dont la grossièreté, n’a d’égale que la brutalité et l’ignorance.

Avanie suprême, sa mère subvient au besoin de sa petite famille

La sortie de prison équivaut à une troisième peine pour Rida qui n’en finit plus d’expier.
Il se présente à son employeur pour reprendre son travail. On lui signifie sa radiation des cadres de l’administration pour…abandon de poste ! Détail insupportable, le signataire de sa radiation n’est autre Abdelkader Alami, Président de la Ligue Marocaine pour la Défense des Droits de l’Homme (LMDDH). Toujours cette satanée exception marocaine qui pourrait en remontrer à Franz Kafka.

Pendant que Rida, libre, entame un long et inégal combat, pour faire reconnaître l’injustice dont il a eu à pâtir, une autre tragédie se noue, dans la terrible prison de Toulal, près de Meknès, où les prisonniers salafistes affrontent d’effroyables conditions d’incarcération, qui nous rappellent les récits abominables faits du bagne de Tazmamart, par ses survivants.

Ils subissent ainsi, les morsures du froid, l’hiver et la torture de l’étouffement, l’été, enfermés vingt quatre heures sur vingt quatre heures, sans possibilité de promenade, dans des cellules individuelles. Privés de savon, d’eau chaude, de soins médicaux, ils n’ont droit qu’à un seul repas, pendant le mois du ramadan, servi à 16.00, alors que le maghrib est à 19.30.

La plupart des détenus sont originaires de villes lointaines, Tanger, Casablanca, Marrakech. Les familles qui accomplissent ce long voyage, n’ont droit qu’à une visite éclair de quinze minutes. Le temps pour eux de saluer, à distance, le détenu, placé derrière les barreaux, d’échanger quelques banalités, sous la surveillance des gardiens, de remettre un panier de provisions, soumis à une fouille méticuleuse impitoyable qui, souvent, souille la nourriture, avant de devoir repartir.

On imagine aisément ce qu’endurent les prisonniers les plus pauvres, privés de ces visites, et du minimum vital.

Comme si tout cela ne suffisait pas, le mardi 2 août 2011, premier jour du Ramadan, du fond de leur cellule, les islamistes demandent à leur co-détenu, Abdallah El Manfaa, de leur faire la lecture du coran, pour fêter cette première journée de jeûn.

La récitation à peine entamée, le Directeur de la prison ordonne l’extraction de ce dernier de sa cellule, le fait mettre à nu et ordonne aux gardiens de le battre à coup de gourdins, jusqu’à la perte de connaissance.

Les autres prisonniers protestent contre le traitement barbare, infligé à leur compagnon d’enfermement. Ils hurlent leur indignation, martèlent la porte de leur cellule, à coup de pieds et de poings.

Le directeur fait extraire trois autres détenus, Adil El Ferdaoui, Youssef Al Khoudry et Abdessalam El Massini. Il leur fait subir le même sort que le premier, avant d’ordonner à ses sbires de traîner les quatre détenus au mitard pour les violer avec les bâtons qui ont servi à les battre.
Tant de barbarie ne peut qu’interpeller les consciences, même celles rompues à côtoyer la souffrance.
Dans un pays où l’Islam est religion d’Etat, comment imaginer que l’on puisse infliger de telles ignominies, à son semblable, privé de liberté.

Pendant que Mohamed VI, se déguise en commandeur des croyants, et singe la posture hypocrite de la contrition qui sied à l’exercice, des hommes et des femmes sont torturés dans ses geôles.

Quelles que soient les raisons qui leur ont valu l’enfermement, un Etat qui se respecte, doit à ses prisonniers, tous ses prisonniers, un minimum d’égard, de respect et de dignité.

C’est aussi celà, bâtir un Etat de droit !
http://eplume.wordpress.com/2011/08/28/lislam-au-pays-de-kafka/#more-3556

Colère des habitants d'Aït Bouayach (Al Hoceima)

Par Ali Fkir, 29/8/2011

Depuis 3 jours, le village d'Aït Bouayach (Al Hoceima) est en effervescence. A l'origine, une veuve , mère d'enfants, a eu un problème avec son employeur. Elle est allée voir le pacha pour demander justice. Le pacha l'a traitée de tous les noms. Scandalisés,Les habitants ont réagi et c'est le début d'un engrenage dont la responsabilité incombe totalement aux autorités locales

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La veuve (avec ses enfants) qui a été humiliée par les propos dégradants du Pacha. Le comportement humiliant du pacha a provoqué la colère des habitants d'Aït Bouayach (Al Hoceima)


Zineb El Ghazoui démasque Driss El Yazami lors de la la Plénière des Verts

Règlement de comptes à Clermont-Ferrand: El Ghazoui contre El Yazami

par Salah Elayoubi |  eplume.wordpress.com 26/08/2011
Les imposteurs ne dissertent jamais que sur l’inutile et le superfétatoire. Ca ne mange pas de pain, ça noie le poisson et ça donne un  minimum de contenance.
C’est dans cette position délicate,  que s’est retrouvé Driss El Yazami, lors de cette mémorable joute Oratoire du 18 août 2011,  au gymnase Fleury de Clermont-Ferrand, et qui l’a opposé à Zineb El Rhazoui, membre du mouvement du 20 février et co-fondatrice du Mouvement MALI.
Son analyse de la révolution arabe, nous a valu,  en vrac,  le Baby-boom arabe corollaire du chômage,  la visibilité des femmes, le  naufrage du système éducatif arabe, l’émergence de l’individu comme acteur et la prégnance de l’Etat-Nation.
Après nous avoir infligé ce soporifique état des lieux, dans une diction à la limite du supportable et  loin de se décourager face au  silence réprobateur de la salle, il a tenté d’ expliquer à une assistance médusée par autant d’outrecuidance, les raisons qui l’auraient, lui,  le réformateur,  poussé à s’investir dans le printemps marocain.
Pour un peu, notre homme en revendiquerait la paternité !
Selon lui, ce sont les particularités du Maroc qui l’auraient séduit:
-          Une monarchie vieille de plus de quatorze siècles, installée sur des frontières inchangées et qui a échappé à  l’occupation ottomane,
-          Une diversité et un pluralisme  ethno-culturels, malgré un Etat central fort.
-          Une réforme du pouvoir, entamée  bien avant le printemps arabe.
-          L’adoption du code de la famille en 2004.
-          La constitution de l’instance équité et réconciliation, destinée à éviter la répétition des violations des droits de l’homme.
-          La mise en place de l’Instance de lutte contre la corruption
-          Le conseil de la concurrence.
-          Le  mouvement du 20 février accélérateur essentiel du processus de réforme
-          La mise en place de la nouvelle constitution.
En paraphrasant de la sorte, le discours officiel, Driss El Yazami a-t-il seulement conscience qu’il en devient de facto, le  thuriféraire, perdant du même coup, toute légitimité du réformateur, qu’il prétend être ?
Sait-il seulement qu’en  épousant, jusqu’à l’absurde,  les thèses du régime,  autant que l’argumentaire de ses campagnes de marketing, il passe  de la posture du défenseur des droits de l’homme, à celle du suppôt inconditionnel d’une monarchie, qui n’a de positif, à son bilan,  que le portefeuille que la famille royale et ses complices se sont constitués, en un demi-siècle de prédation, de confiscation et de crimes en tous genres.
Comme le serpent qui vient de gober l’œuf et se trouve emprunté,  au moment où il doit en restituer la coquille, il  sait, sans doute,  qu’un retour en arrière, lui est désormais interdit et que la seule attitude qu’il lui reste à adopter, est la fuite en avant. Collaborer avec les ennemis de la démocratie, n’a, en effet,  jamais mené leurs auteurs, ailleurs, que sur les chemins de la compromission et de la perdition ?
Quand Zineb, usant de son droit de réponse, prend la parole, elle trépigne et ronge son frein, déjà depuis plusieurs minutes. Sa  réplique est cinglante. Elle fulmine et culmine sa colère.
Elle livre une toute autre version du Maroc. Celle que le régime tait à la communauté internationale.
En se présentant,  elle évoque le chômage où l’a plongée  la fermeture ourdie de son journal, raconte la condamnation ubuesque de Ali Amar, pour le vol d’un ordinateur lui appartenant et sa propre inculpation pour prostitution. On l’aura compris, un règlement de comptes du régime envers le premier, pour publication de son livre sur le roi du Maroc et envers la seconde, pour sa nuque de révolutionnaire, un peu trop raide, au goût des partisans de l’absolutisme.
Elle détaille tout et n’épargne rien des crimes de la monarchie, jusqu’aux plus  sordides, quand elle évoque Mohamed Binyam, ce britannique d’origine musulmane, dont le pénis a été tailladé par ses bourreaux, dans le bagne secret de Témara, dont le régime persiste à nier  jusqu’à l’existence.
Driss El yazami boit du petit-lait. Il est détruit.
Il se tasse un peu plus sur sa chaise, s’arrondit littéralement, s’effondre et se répand sur la table, sans laquelle il chuterait de son siège. Au bord de l’asphyxie, Il cherche un bol d’oxygène qui pourrait venir de ses compagnons d’estrade, les questionne du regard, y quémande des réponses qui ne viennent pas, cherche du secours auprès du public, mais celui-ci gronde de réprobation.
La sincérité de Zineb est sans faille. Elle est perceptible dans cette colère du juste devant l’injuste. Tout son être n’est plus qu’indignation. Telle Marianne sur la barricade, elle sait qu’elle parle pour l’histoire. Elle est comptable du sort et de l’avenir de toute une nation, dont elle incarne désormais la révolution, dans sa splendeur et sa beauté.
Elle poursuit sa charge ulcérée de voir, dit-elle, s’exprimer, dans une tribune consacrée au printemps arabe, un conseiller du roi qui a escamoté le véritable débat par des généralités.
On le serait à moins !
La salle applaudit à tout rompre !
El yazami est au bord du malaise. On l’entendrait presque gémir et en appeler à sa mère, à son dieu, ou à ses saints. Il murmure, se lamente, soliloque, regrette d’être venu se jeter dans cette gueule de loup béante qui le mastique, le déchiquette et le déchire.
Il se prend le visage d’une main, boit une gorgée d’eau, triture le micro, se cure le nez du pouce et de l’index et envoie valdinguer ses boulettes de crotte sur l’estrade, sans se rendre compte que tous les regards de la salle, sont braqués sur lui.
Il jette un regard à sa voisine, ricane péniblement et  tente pitoyablement de la rassurer,  en lui promettant de répondre à cette interpellation. Son teint bileux, son visage exsangue et sa bouche sèche,  reflètent son profond désarroi.
Zineb n’en a cure. Elle poursuit de plus belle et pointe son aide-mémoire en guise d’index accusateur,  en évoquant les treize immolations par le feu, les tabassages des manifestants pacifiques et la mort de Kamal Ammari.
Sur la « Moudawana » qui continue de nier aux femmes leurs droits les plus élémentaires, elle a cette formule qui fait chavirer l’assistance de bonheur : « j’hérite la moitié de ce que vous héritez, vous, en tant qu’homme alors que je paie mon café au même prix !»
Sur l’Instance Equité et réconciliation, elle parle des recommandations jamais suivies d’effet.
Sur l’instance de lutte contre la corruption elle rappelle qu’elle n’aura épargné ni à Transparency, l’interdiction de remettre son prix  au Maroc, ni à Chakib El Khyari une condamnation de trois ans d’emprisonnement, pour avoir précisément dénoncé la corruption.
A chaque salve de la militante, répond un tonnerre d’applaudissements et d’encouragements, pouces ou poings levés !
Le roi, septième tête couronnée la plus riche du monde et soixante pour cent de la capitalisation marocaine,  n’échappe pas à sa vindicte lorsqu’elle raconte  l’ implication de ce dernier dans toutes les niches économiques : téléphonie, agro-alimentaire, assurances, immobilier, hôtellerie……..
Quelle différence entre Mohamed VI et Ben Ali ? A-t-on reçu un conseiller de Ben Ali pour parler de révolution ? Sermonne-t-elle ?
Elle rappelle enfin,  ce simulacre de constitution,  qui consacre l’Islam,  religion d’Etat et qui a été concocté dans les arcanes du palais,  en trois mois, par dix huit personnes, dénuées de toute légitimité, et non par une constituante, comme le demandait le peuple marocain qui n’a eu que dix jours pour se prononcer sur cette constitution votée à 99%,  score digne de la Corée du Nord
El Yazami est sonné par un tel déluge. Il sait qu’il a perdu et la partie et la face.
Pour lui adoucir un tant soit peu, la défaite, sa voisine lui accorde un droit de réponse, mais le cœur n’y est plus, même quand il proteste mollement, et tente lamentablement d’infantiliser ses semblables révoltés: « Lisez cette constitution ». Plus tard il s’essaiera à la formule avec son « vous n’avez pas la prétention de parler au nom de tous les Marocains! ». Piètre argument.
Ce n’est pas cette nuit-là qu’il dormira du sommeil du juste, ni qu’il savourera son passage, dans cette salle, où le baratin n’aura pas suffi.
Ce débat appartient, désormais, à l’histoire et rien ne vaut ces moments superbes que celle-ci nous offre, lorsque se croisent deux destins. Celui du démocrate, vent debout, en route vers la liberté, et celui des  imposteurs,  lorsque le ressac les emporte, vers les abysses insondables  de l’infamie.
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Contexte:
Plénière sur le printemps arabe à l’Université d’été d’Europe Écologie les Verts : Intervention de Zineb El Ghazoui en réponse à Driss El Yazami ( invité par Cohn-Bendit ) et la réponse de l'interpellé; placez le curseur à la minute 1:17:54   :

Urgent AMRVT : il faut sauver Mr Lakrad

ASSOCIATION MEDICALE DE REHABILITATION
DES VICTIMES DE LA TORTURE
20 Rue d’Alger– Casablanca
COMMUNIQUE

Par Dr Abdelkrim El Manouzi, 29/8/2011

L’association médicale de Réhabilitation des victimes de la torture a été sollicitée hier dimanche 29 Août 2011 pour s’enquérir de l’état de Santé de notre camarade LAKRAD EL HOUSSINE 59 ans, qui a été victime d’une hémorragie cérébrale compliquée de coma et qui a été hospitalisé à la clinique Dar Essalam à CASABLANCA

Mr LAKRAD est une ancienne victime des années de plomb ayant été détenu le 10 juillet 1971 ,torturé pendant 8 mois et acquitté par le tribunal militaire de Kenitra, poursuivi dans l’affaire de la tentative de coup d’Etat de Skhirat. Il était parmi les éléves sous officiers de l’école d’Ahermoumou

L’AMRVT a dépêché en urgence DR EL MANOUZI Abdelkrim qui s’est déplacé rapidement auprès du patient hospitalisé en Réanimation
Le patient a bénéficié d’une trépanation chirurgicale en urgence pour soulager la souffrance cérébrale , mais son état est toujours jugé critique.Il faudra des moyens financiers pour subvenirà  sa prise en charge et qui sont couteux 

Mr LAKRAD EL HOUSSINE avait déposé un dossier pour une indemnisation auprès de l’instance Equité et réconciliation ( IER) ,malheureusement ,elle n’a pas pu être acceptée ni pour lui , ni pour ses camarades car leurs cas ont été déclarés hors compétence de l’IER ,ce qui implique l’absence de protection sociale
Tous les amis et camarades doivent se solidariser avec Mr LAKRAD pour le sauver
Toute personne qui souhaiterait l’aider peut contacter notre association par Telephone ( 05 22 22 61 27)
A savoir que Mr LAKRAD H a été longuement suivi par notre Association

Il a toujours été un grand militant membre du Forum Marocain pour la vérité et la justice présent lors de toutes manifestations de droits de l’Homme et lors d’activités de notre Association
1er mai 2010. Mr Lakrad portant une banderole

Nous lui souhaitons un prompt retablissement

Dr El Manouzi Abdelkrim
Tel : Fax : 00 212 .22 22 61 27
Email : amrvtcontact@ yahoo.fr

dimanche 28 août 2011

De la plaque : une réponse à Fouad Laroui

Par Younes Benmoumen, Mamfakinch, 28/8/2011.

« J’avais vu que tout tenait radicalement à la politique, et que, de quelques façons que l’on s’y prît, aucun peuple ne serait jamais que ce que la nature de son gouvernement le ferait être ».

J.J. Rousseau, in « Les Confessions. »

Ce billet est né d’une volonté de répondre à la chronique de Fouad Laroui, publiée le 19 août dernier dans Libération[1], qui a suscité quelques débats. J’ai jugé utile d’y ajouter une réflexion plus générale sur les arguments véritables qui la fondent, et qui ont été exprimés (par M. Laroui) avec une suffisance qui ne rend justice ni à la notoriété de l’auteur, ni à la validité improbable de ses arguments. Mais sait-on jamais.

La question qui a été débattue est la suivante : qui du peuple ou du gouvernement est le premier responsable de l’état de sous-développement politique que connait notre pays ?

Par sous développement politique, j’entends ici l’ensemble des symptômes de mal-gouvernance qui s’appellent la corruption, la gabegie et l’injustice. Ces symptômes sont ressentis par tous, et les réponses que l’on y apporte généralement se rangent autour d’un clivage simple, tout entier contenu dans la question débattue.

Certains comme Fouad Laroui, considèrent que « l’origine du mal » qui ronge notre vie civile n’est autre que la mentalité de ceux qui la composent. Ainsi, si la politique est corrompue, c’est parce que les Marocains, dans leurs pratiques quotidiennes le sont aussi. De ce fait, la sphère politique n’est qu’une exacte transposition de nos pratiques sociales. Le gouvernement, si peu représentatif qu’il soit, n’en reste pas moins composé de Marocains pensant et agissant en tant que tel. Il s’ensuit que le sous-développement politique de la collectivité est à la mesure de la décrépitude morale de ceux qui la composent. Conséquence ultime : pour changer de régime, il faut nous changer nous même.

En termes de politique publique, ce mantra est à l’origine d’un autre refrain : celui de dire « que rien ne changera si l’on éduque pas le peuple ». C’est aussi le sens des prescriptions délivrées d’un ton très paternel par M. Laroui. La solution qu’il préconise est donc « le travail sur soi ».

Nous revoilà lancés sur le chemin de l’école, c’est-à-dire de la nécessaire fabrique du citoyen. On convoquera alors notre rude moitié analphabète à l’appui du propos catégorique, et l’on clora la discussion d’un haussement de sourcils et d’épaules. Lay Barek f’3mar Sidi.

Le bloggueur Larbi[2] a brillamment fait le catalogue des aveuglements volontaires de l’auteur discuté ici. Pour ma part, je ne dirai que ceci : jamais il ne m’apparaitra juste de blâmer l’individu et son comportement si je n’ai pas d’abord conspué l’Etat qui en est à l’origine. D’après l’historien Mostafa Bouaziz[3], entre l’indépendance et l’année 1960, le taux de scolarisation est passé de moins de 10% à 45%. Quarante années plus tard, le taux était sensiblement le même, faisant du Maroc l’un des pays arabes les plus analphabètes, et ce n’est pas peu dire. C’est tout ? Non.

Au Maroc, il existe des dizaines de milliers d’associations en tous genres. Parmi elles, j’en pointe du doigt la plus importante. Tous les Marocains en sont membres, cela s’appelle la citoyenneté. Elle a droit de vie et de mort sur ses membres, puisqu’elle s’appelle l’Etat. A cette association, il est obligatoire de cotiser sous peine de prison, on appelle cela l’impôt. Certains membres de cette association détiennent des pouvoirs nécessaires à sa bonne marche, et y ajoutent parfois des privilèges exorbitants, comme celui de vous priver de dignité. Jugements iniques, dilapidation des fonds publics, la torture…

Et c’est le resquillage à la queue de la boulangerie qui vous gêne tant M. Laroui ? Décidément, les Marocains ont de bien mauvaises manières pour acheter leur pain produit par une agriculture défiscalisée et financée par le contribuable au profit des grands propriétaires terriens, lesquels envoient acheter le leur par les domestiques. Pardonnez aux manants, M. Laroui, et remerciez le ciel qu’ils se contentent de resquiller et manifester.

L’Etat marocain qui existe aujourd’hui est le substrat historique d’un système féodal et prédateur. Charles Tilly l’apparente au crime organisé[4]. Si les Marocains d’aujourd’hui peuvent parfois ressembler à ce que vous décrivez, c’est parce que la signification profonde que revêt l’Etat pour eux comme pour moi est celle d’un système de contraintes basé sur la force et ayant pour but d’extraire des ressources financières pour en faire un usage contestable que nous ne pouvons contester.

Comme beaucoup, je crois que notre Etat est un outil qu’il faut manier pour le bien commun. La position de M. Laroui revient à dire que si l’outil n’est pas adapté, c’est la main qu’il nous faut changer. Pour un intellectuel, je considère que l’erreur est grave.

C’est donc ainsi que la démocratie, qui signifie la responsabilité du pouvoir, qui garantit la justice, qui s’appelle enfin le progrès, c’est donc ainsi que la démocratie nous est représentée : si lointaine, perchée dans les siècles à venir et ce qu’ils supposent de travail sur les « mentalités ».

Sans doute, M. Laroui s’imagine-t-il le développement comme un processus romanesque. Il nous faudrait donc rejouer le répertoire complet des scènes historico-cinématographiques : les affirmations nationalistes délirantes, la montée des extrêmes, la lutte pour la modernité, la lutte contre la modernité, le tout parsemé de quelques inévitables drames humains pour qu’enfin, au bout du long parcours initiatique bordé du précipice qui nous regarde, ce qui est entré en populace, foule hurlante et horde barbare, en ressort Peuple marocain, instruit et grave, ceint d’une souveraineté tâchée de sang et de grandeur, prenant sa destinée en main en disant oui à la démocratie, et merci à ses chers dirigeants d’avoir tenu les rênes pendant sa longue enfance.

Voila sans doute ce qu’il y a de plus terrible dans votre tribune, Monsieur Laroui. Ce que vous appelez de vos vœux est précisément ce qui est en train de se produire. Les mentalités changent et entraînent les revendications que vous tapotez paternellement sur le dos. La tragédie est que vous ne le compreniez pas.

Monsieur Laroui, vous n’êtes certainement pas en dessous de cette compréhension, mais vous n’êtes pas non plus au dessus. Vous êtes à côté.





[3] Propos tenus à l’Université d’été de CAPDEMA, le 12 juillet 2011.

[4] « War making and state making as organized crime », Charles Tilly, Cambridge University Press, 1985.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la ligne éditoriale de Mamfakinch.


Déception des militants des droits de l'Homme : la peine de mort n'est pas à l'ordre du jour

 Maroc: Peine de mort ou peine juste…
Par alaebennani, 28/8/2011

Le Maroc aurait sans doute été le deuxième pays arabe après Djibouti à abolir la peine de mort si la bonne nouvelle n’avait pas été démentie par le ministre de la Communication. La question de la peine capitale n’en est pas moins, aujourd’hui, à l’ordre du jour.
La mobilisation anti-peine de mort doit continuer
La décision était au programme du Conseil de gouvernement de jeudi dernier. Il s’agissait de ratifier le deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international des droits civils et politiques, qui suppose, de droit comme de facto, le consentement du Maroc à abolir la peine de mort. C’est du moins ce dont tous les militants des droits de l’homme se félicitaient à l’annonce du menu précité. Ils étaient bien naïfs. Contacté par Le Soir échos, Khalid Naciri dément catégoriquement ce qui n’aura été qu’un espoir. «La question de la peine capitale est très importante, mais nous n’allons pas la discuter aujourd’hui. Il s’agit, à ce jour-là, de discuter du protocole premier concernant les communications individuelles», a-t-il déclaré au Soir échos.

Une nouvelle fois, un autre faux espoir pour les ONG telles que l’AMDH ou l’OMDH. La présidente de cette dernière, Amina Bouayach, ne nous avait pas caché sa joie, croyant que la peine capitale allait enfin être discutée. Pour cette militante des droits de l’homme, «la peine capitale doit indéniablement être abolie (…). D’ailleurs, l’article 20 de la nouvelle Constitution parle du
droit à la vie et le protocole doit être soumis à cela».

Rappelons que depuis le 5 septembre 1993, la peine capitale n’a plus été appliquée au Maroc. La dernière personne à avoir encouru cette peine était le commissaire Tabit pour «atteinte à la pudeur, défloration, viol avec violence, rapt et séquestration d’une femme mariée, actes de barbarie et incitation à la débauche» ; il avait été fusillé, pour ces actes barbares, sous le règne de Hassan II.

Actuellement, d’après les chiffres officiels, une centaine de personnes au Maroc seraient condamnées à mort, dont deux femmes. La sentence n’a pas encore été exécutée. Et c’est là un autre drame, celui de devoir vivre dans l’angoisse et la peur dans les couloirs d’une mort que rien ne justifie, sauf un vague référentiel islamique.◆


http://alaebennani.wordpress.com/2011/08/28/maroc-peine-de-mort-ou-peine-juste/http://alaebennani.wordpress.com/2011/08/28/maroc-peine-de-mort-ou-peine-juste/

Sahara Occidental : Répression de manifestations contre le chômage

Les chômeurs de Smara décident d’intensifier la lutte pour le travail

 parSaharaDoc, 25/8/2011

Smara (territoires occupés) 23 août 2011 (SPS) – Après deux mois de protestation devant le siège de l’ANAPEC, les chômeurs de la ville de Smara ont décidé de poursuivre la lutte après que le gouverneur de la région, Mohamed Salem Sabti, ait rejeté pour l’énième fois recevoir une commission qui les représentait, rapporte Sahara Now, journal digital diffusé depuis les territoires occupés du Sahara Occidental.

Par ordre du gouverneur de l’occupation, lundi les manifestants ont été menacés et humiliés par les forces de sécurité, même s’il ne s’agissait que d’une manifestation pacifique pour réclamer du travail, ajoute la même source.

Par conséquent, conclut Sahara Now, les chômeurs sahraouis ont décidé ce qui suit:

- Condamner les violations des droits des chômeurs de la ville.
- Ne pas ceder dans leurs revendications pour le travail quel que soit le prix.
- Monter le ton dans les protestations
- Dénoncer la marginalisation délibérée du comité de dialogue et de coordination.
- Appeler tous les chômeurs et marginalisés de la ville pour un rassemblement devant le siège de l’ANAPEC
- Appeler tous les organismes locaux et internationaux de défense des droits de l’homm à soutenir les chômeurs de Smara. (SPS)
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Bojador : les chômeurs sahraouis poursuivent leur protestation
parSaharaDoc 26/8/2011

Bojador (territoires occupés) 23 août 2011 (SPS) – La plateforme des chômeurs sahraouis de Bojador a organisé lundi soir, après la prière des Tarauih, un sit-in devant le siège du gouvernement régional de l’occupation pour donner le signe de départ d’une nouvelle mobilisation populaire comme réponse à la brutale intervention des forces de sécurité contre les manifestants le 28 du mois dernier et comme méthode de pression pour arracher leurs droits à l’intégration sociale, a rapporté une source associative surplace.

La plateforme composée de diplômés chômeurs, de gradués du Centre de formation professionnelle et d’autres groupes de chômeurs se sont rassemblés devant la préfécture de l’occupation pour exprimer leurs revendications légitimes de bénéficier des ressources naturelles de leur territoire et de condamner l’approche securitaire qui caractérise la réaction des autorités marocaines.

Au fur et à mesure que la foule se arrivait devant le bureau du gouverneur marocain de la ville sahraouie, l’intervention violente des forces de sécurité contraint les manifestants à se déplacer vers la Place Sirsete où ils ont finalement organisé leur sit-in entourés d’un fort contingent de sécurité qui les provoquait constamment pour faire avorter la manifestation pacifique.

Ces événements ont eu lieu au moment où le ministre marocain de l’Industrie et du Commerce, accompagné de plusieurs responsables marocains, visitait la ville pour inaugurer une série de projets destinés à renforcer le pillages des richesses naturelles du Sahara occidental. (SPS)