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lundi 25 janvier 2010

OCP-SMESI : Appel à une manifestation à Rabat les 28 et 29 janvier 2010

Par Ali Fkir, coordinateur du CSOS, 24/1/2010

Le jeudi 28 et le vendredi 29 janvier 2010, des centaines de prolétaires victimes de l'arbitraire: licenciés abusivement (après des années de trime) par l'OCP (le géant économique étatique) avec la complicité de l'Etat marocain, ces centaines de mineurs rejoindront Rabat (la capitale administrative, située à environ 300km de Khouribga) pour manifester leur colère devant le ministère de l'énergie et des mines (ministère de tutelle).
Les conditions de déplacement seront difficiles, très difficiles: climat rude (froid, pluie...), manque de moyens de transport, manque d'argent, tracas des barrages des gendarmes...
Mais les 850 prolétaires, conscients de leur situation désastreuse, acculés à se défendre légitimement contre l'arbitraire, contre l'injustice, contre l'ingratitude de l'OCP...

Des centaines de familles sont en détresse, les mères n'ont rien à préparer aux enfants, les bébés n'ont plus de lait, les malades ne peuvent plus se soigner, les écoliers sont pratiquement "déscolarisés", les vieux et les vieilles abandonné-es à leur sort souhaitent certainement quitter avant terme ce monde où le plus fort impose sa loi, où la médiocrité, la paresse, le vampirisme, l'exploitation, l'individualisme..., sont plus cotés que le travail, l'honnêteté, le sacrifice, l'altruisme...
Nous sommes tous et toutes interpellé-es par cette situation inhumaine.
Ceux et celles qui pourront être présent-es aux sit in de Rabat (le 28 et 29 janvier 2010), ne manquez pas ce rendez-vous militant, et celles et ceux qui pourront contribuer aux frais de ce déplacement pourront voir directement les représentants des victimes chargés de cette mission.
C'est le minimum qu'on puisse faire!
Décongelons notre conscience.
Débarrassons nous de la peur makhzenienne qui est devenue (avec le temps) presque congénitale en nous!
L'échec n'est pas une fatalité. Mieux mourir en résistant que vivre lamentablement soumis.
La lutte ferme des masses, conscientes et organisées est la VOIE DU SALUT.
Nous avons beaucoup à apprendre de ces prolétaires qui résistent avec détermination, et dans des conditions inhumaines, depuis 7 mois.
Vive la solidarité nationale
Vive la solidarité internationale
Vive la solidarité internationaliste.
Merci camarades de la CGT (espagnole), de la CNT-france, de la CGT (française), des militants syndicalistes de la Palestine, de l'Irak, de l'Italie...et bien sûr du Maroc (UMT...)
LA SOLIDARITE NOUS INTERPELLE!



Appel pour le Dr Ebrahim Yazdi, prisonnier politique en Iran


Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Chers frères et sœurs en Islam, Assalamu alaikum.
Je fais appel à vous pour aider à sauver votre frère et notre père, le Dr Ebrahim Yazdi, dans un moment de grand besoin.
Si vous étiez aux USA dans les années 1960 et 1970, alors vous connaissez sûrement déjà Ebrahim Yazdi comme l'un des fondateurs et premiers dirigeants de la Muslim Students Association, de l'Islamic Society of Greater Houston et de l'Association médicale islamique. Vous devez vous souvenir  de la famille qui était un pilier de toutes les conventions annuelles de la MSA, Ebrahim, sa femme Sourour et leurs six enfants.
Vous savez peut-être déjà que, du jour où Ebrahim Yazdi est arrivé aux USA en 1956, il a travaillé sans relâche et avec des musulmans de tous les milieux pour construire des organisations musulmanes fondées sur l'unité et la tolérance. Vous avez peut-être accompagné le Dr Yazdi dans ses déplacements pour visiter des musulmans en prison, ou dans ses collectes de fonds pour des mosquées à travers les USA. Vous avez peut-être été été un collègue du Dr Yazdi au Baylor College of Medicine de Houston, ou avez prié avec lui, au Centre médical du Texas. Vous êtes peut-être l'une des nombreuses personnes qui l’ ont aidé à édifier la première mosquée de Houston ou parmi ceux qui ont accompagné votre frère Ebrahim dans ses dialogues interreligieux mensuels à Houston avec des prêtres, des rabbins et des pasteurs locaux.
Vous savez peut-être également qu’Ebrahim Yazdi a depuis 60 ans été un leader dans l'effort pour faire de son pays natal, l'Iran, un endroit où les gens puissent s'épanouir à l’abri de l'injustice et l'oppression. Vous vous rappelez peut-être qu'en mai 1978, il a quitté une vie confortable aux USA  pour travailler avec les dirigeants du mouvement islamique en Iran. Vous vous rappelez peut-être l'avoir vu à la télévision en tant que ministre des Affaires étrangères immédiatement après la révolution. Dans ce rôle, Ebrahim Yazdi a travaillé sans relâche pour unir les nations musulmanes dans le soutien à la cause des musulmans victimes d'injustices dans des endroits comme l'Afghanistan et la Palestine.
Comme homme de principes enracinés  et de foi musulmane, il a démissionné de son poste en novembre 1979 pour protester contre la prise de diplomates en otages en Iran et la direction autocratique que le nouveau régime était en train de prendre. Depuis 1979, Ebrahim Yazdi a consacré sa vie à orienter l'Iran vers la liberté et de démocratie, d'une manière qui soit fidèle à notre foi islamique. Il croit que la dictature est injuste, irrespectueuse de la dignité humaine, et donc non islamique. Il a été une voix inébranlable de  la raison et de la tolérance. Il a également été un champion des droits des groupes ethniques minoritaires en Iran, comme les Kurdes et les Baloutches et les minorités religieuses, comme les disciples de l’islam sunnite et du soufisme.
Au fil des ans, il a payé un prix cher, y compris par  des attaques physiques répétées, des arrestations, des amendes et des emprisonnements. Mais aujourd'hui, alhamdulillah, la majorité des dirigeants politiques et religieux de l'Iran, y compris la jeune génération, ont fini par accepter sa vision d'un Iran libre, démocratique et islamique. Malheureusement, une clique minoritaire au pouvoir s'oppose obstinément à la réforme et a attaqué et arrêté tous les opposants. Ebrahim Yazdi, votre frère, notre père, est l'un de ceux qui sont maintenant en prison à Téhéran.
Il a survécu à un cancer et a 78 ans – il est le plus âgé des dissidents emprisonnés. Il a été arrêté à 15h  le 27 décembre 2009 à son domicile. Son seul crime a été de parler et d'écrire la vérité, avec force, mais pacifiquement. Sa santé est mauvaise et se détériore en prison. Ses traitements contre le cancer ont rendu nécessaire l’usage d’un cathéter et l’exposent à un risque extrême dans les conditions d'hygiène déplorables des prisons iraniennes. Ses médecins ont plaidé auprès des autorités pour lui permettre d'être soigné à l'hôpital ou de rester en résidence surveillée, mais jusqu'à présent, ces appels humanitaires ont été ignorés.
Je sais que mon père se demanderait si ses frères et sœurs musulmans aux USA se souviennent , ou même se soucient, de lui. Je n'ai pas à vous citer les nombreux versets de notre bien-aimé Coran dans qui nous encouragent à parler en faveur de la justice et à libérer les captifs. Je vous appelle, mes frères et sœurs musulmans hors d’Iran, à élever vos voix pour la libération d'Ebrahim Yazdi.
Que pouvez-vous faire? Écrire une lettre, courte et simple aux trois dirigeants ci-dessous de la République islamique d'Iran. Tout indique qu’ils se soucient de ce que les musulmans du monde entier pensent d'eux. Votre lettre sera plus efficace si vous exigez – avec respect et en vous fondant sur les principes islamiques – qu’Ebrahim Yazdi et autres prisonniers politiques non-violents soient libérés immédiatement. S'il vous plaît encouragez vos organisations islamiques locales à faire de même.
S'il vous plaît adressez vos lettres à ces trois personnes:
Ayatollah Syed Ali Khamenei
Leader de la République islamique d'Iran
Pastor Complex, Imam Khomeiny Street, Téhéran, Iran
Dr Mahmoud Ahmadinejad
Président de l'Iran
Pastor Complex, Imam Khomeiny Street, Téhéran, Iran
Dr Ali Larijani
Président du Majlis Shura Islami Iran
Pastor Complex, Imam Khomeiny Street, Téhéran, Iran
Vous pouvez en outre, par mesure de sécurité, envoyer une copie de votre lettre  à:
M. Mohammad Khazaee
Représentant permanent de la République islamique d'Iran à l'Organisation des Nations Unies
622 Third Ave, New York NY 10017
Soyez assurés que toute bonne action que vous ferez à cet égard sera avantageuse pour vous et tous les musulmans. Vous ferez savoir à la direction iranienne que le monde musulman est en train de les observer, et que nous nous soucions de l'injustice faite à nos frères et sœurs. Et Inch'Allah, quand Ebrahim Yazdi et d'autres prisonniers politiques seront libres, ils seront plus forts de votre soutien.
Jazakumallahu khairan,
La famille Yazdi
Pour plus d'information contactez s'il vous plaît FreeEbrahimYazdi@gmail.com 

Regard arabe sur l'actualité comme elle va

3 dessins du dessinateur syrien Fouad Ayache فؤاد عياش
L'État palestinien (18 juin 2009)




Les promesses américaines (25 décembre 2009)

Coopération sécuritaire (13 janvier 2010). Sur le panneau : monde arabe
فؤاد عياش ـ الفجرنيوز

Ayoub, jeune Sahraoui de 15 ans, victime de violences de la police marocaine

Par APSO (Amis du peuple du Sahara Occidental, lundi 25/1/2010
Témoignage d'Ayoub, 15 ans, Sahraoui,
Mon nom est Ayoub Berkan. Je suis un citoyen sahraoui. Je suis né en 1995 à Smara au Sahara Occidental, j’ai 15 ans et je suis au collège.
Le 17 janvier 2010 vers 18h j’attendais un ami près de la maison de ma famille.
J’ai été surpris par l’arrivée vers moi d’une voiture 4x4, avec six policiers. C’est sur le Boulevard Maghreb arabe.
L'un d'eux est sorti de la voiture et m'a demandé si j'étais le frère de Mohammed Berkan, un étudiant sahraoui incarcéré à la prison noire d'El Ayoune depuis le 16 Septembre 2009. Il a été arrêté parce qu’il a participé aux manifestations pacifiques qui réclamaient l’autodétermination du peuple Sahraoui. J'ai répondu oui.
Ils m’ont montré un drapeau de la République Arabe Sahraouie Démocratique et demandé si je connaissais. J’ai répondu que oui, que c’est le drapeau de mon pays.                            
Alors ils m’ont fait entrer de force dans leur voiture.
J’ai été frappé par tous les policiers à coup de pied pendant le trajet depuis ma rue jusqu’à l’extérieur de la ville, à côté de l’oued Saguia El Hamra où j’ai été interrogé.
Ils m'ont demandé si je connaissais l'hymne national du Maroc. J’ai répondu que je ne le connaissais pas et que je ne voulais pas le savoir.
Et ils ont dit que c’était une provocation et un défi et ils m'ont giflé et m'ont frappé sur tout le corps.
Ils m'ont demandé si je connaissais des noms des membres de la famille royale au Maroc. Je leur ai dit non, alors ils ont continué à me battre. J’ai été blessé au niveau à la bouche, et cela saignait beaucoup.
Le chef de patrouille a ensuite donné l'ordre d'arrêter de me frapper.
L’un d’eux m'a demandé si je le connaissais.
J’ai répondu qu’il était dans le groupe qui avait arrêté mon frère, l’avait frappé violement et l'avait ensuite emmené à l'hôpital dans un très mauvais état.
Il m'a demandé pourquoi j’insultais la police.
Je lui ai dit que je ne l'avais pas encore fait mais que j’étais dans une humeur à le faire. Il m'a dit « ton frère est un criminel ».
Je lui ai répondu que si défendre son pays d'une manière civilisée et pacifique est un crime, alors je suis d’accord.
Ils m’ont libéré à environ sept heures et m’ont laissé dans le désert à côté de l’Oued Saguia el Hamra. Je n’étais pas bien du tout, et j’avais mal partout. Je suis rentrée chez moi à pied.

Au moment où ils m’ont enlevé, mon ami est allé prévenir ma mère.
Quand la patrouille est revenue sans moi, elle les a arrêtés et leur a demandé les raisons de mon enlèvement.
Le chef de patrouille a répondu que selon le discours du roi, ceux qui ne sont pas marocains doivent partir du Sahara, et donc qu’ils exécutaient les ordres.

Note 1, la surveillance :
Un car de police stationne continuellement à l’angle de la rue de la maison d’Ayoub, en surveillance de sa maison et de celle d’une autre famille de militant dont plusieurs jeunes sont prisonniers d’opinion. Un autre véhicule fait des rondes dans la zone en permanence. Selon les enfants et les jeunes, ce deuxième véhicule est dangereux. C’est cette équipe de policier qui les enlève, frappe, « interroge » violemment et les laisse dans le désert.
Note 2, Mohamed Berkan :
Berkan Mohamed, né en 1987, a été arrêté par la police marocaine jeudi 17 Septembre 2009, lors des manifestations pacifiques revendiquant l’autodétermination du peuple sahraoui. Il avait été blessé lors de son arrestation.

Il a mené une grève de la faim du 5 octobre au 8 novembre 2009, pour protester contre les violences dont il était victime à la prison noire d'El Ayoune, les interdictions de téléphoner, de recevoir des visites de sa famille, de lire les journaux et d’écouter la radio. Il réclamait aussi le respect de son statut de prisonnier d’opinion, et à être séparé des détenus de droit commun.
Il a été condamné à une peine d’un an de prison pour sa participation à la manifestation, et pour sa position en faveur de l’autodétermination. Il a, depuis 2005, été plusieurs fois arrêté et torturé par les autorités marocaines, pour son action militante en faveur de l’autodétermination, et de l’indépendance du peuple sahraoui.

Pour la suppression du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale


Manifestation le samedi 27 février 2010 à 15h
De la Place de la Bourse au Ministère de l’immigration et de l’identité nationale

Le colonialisme et ses produits dérivés ont aujourd'hui de nouvelles formes et de nouvelles dynamiques, qui s'inscrivent dans la réaction mondialisée contre tous les acquis des luttes populaires de la deuxième moitié du XXe siècle.
En France, le Ministère de l’identité nationale, de l’immigration et du codéveloppement, c’est le Ministère de la rafle et de la honte, c’est le Ministère des colonies. En créant un « Ministère de l’immigration et de l’identité française », puis en organisant avec le ministre Besson un « Grand débat » sur l’identité nationale qui mobilise les moyens de l’Etat, Nicolas Sarkozy encourage et organise le racisme dont l'islamophobie et la stigmatisation d’une partie de la population.
Ouvertement ciblés, les musulmans, destinataires d'une loi annoncée sur la Burqa, en butte aux faux dérapages/vraies insultes d'un Hortefeux ou d'une Morano, ministres en exercice d'un gouvernement qui tombe le masque. Le Président de la République met aujourd’hui en cohérence ses idées développées dans les discours de Marseille, Toulon et Dakar avec ses actes. C’est tout simplement la réintroduction d’un «Ministère des colonies» qu’il impose à la France. Comme l’ont déclaré les historiens et démographes qui ont démissionné des instances du musée de l’immigration : «Associer immigration et identité nationale, c’est inscrire l’immigration comme « problème pour la France et les Français dans leur être même ». C'est utiliser sans vergogne la technique déjà éprouvée du « bouc émissaire », afin de dresser les gens les uns contre les autres et les détourner des vrais problèmes. C'est aussi permettre à un système toxique de perdurer en privilégiant les véritables responsables de la crise, bénéficiaires d'une mondialisation inhumaine.

Ce Ministère utilise des méthodes dignes du temps des colonies: rafles de sans-papiers, contrôle d’identité au faciès illégaux, contrôle dans les restaurants, les cafés, les épiceries, devant les écoles, dans les hôpitaux, jusqu'aux administrations (centres de Sécurité Sociale, impôts, pôle emploi) cyniquement invitées à la délation. Il organise des centres de rétention surpeuplés avec miradors, barbelés, fouilles, contrôles et vexations. La police expulse des familles arrêtées au petit matin à leur domicile. Au nom de l’identité nationale on démantèle le droit d’asile, on renvoie des Afghans dans un pays en guerre après les avoir traqués, et on casse le droit au regroupement familial. La politique dite de « codéveloppement » n’est qu’un trompe l’œil permettant la continuation des politiques néo-coloniales. L’« immigration choisie » débouche sur un pillage des cerveaux qui renforce le pillage des ressources naturelles des pays d’émigration, rendu possible par l’usage de la dette et la complicité des dictateurs africains « amis de la France ». Cette grande famille françafricaine sera d'ailleurs au complet pour le défilé du 14 juillet en cette année 2010, cinquantenaire hypocrite des indépendances africaines.
Cette politique anti-immigrés se double d’une stigmatisation et d’une ségrégation des quartiers populaires qu’il s’agit de quadriller à l’aide des BAC et des CRS. Lors des émeutes de novembre 2005, le pouvoir avait même été jusqu’à appliquer de nouveau la loi sur l'état d'urgence utilisée durant la guerre d’Algérie.
Malgré les promesses faites à la suite des mouvements de protestation et de la grève générale contre la « Pwofitasyon », dans les territoires d’outre-mer, les pratiques coloniales perdurent comme le montrent les révoltes sociales actuelles.
Au mois de février le Ministre Besson rendra son rapport sur l’« identité nationale ». A un mois des élections régionales, le pouvoir veut utiliser la haine contre les immigrés et leurs descendants pour siphonner les voix du Front national. Nous devons refuser cette politique qui sème la division et nous appelons à une manifestation pour la suppression du ministère de l’Immigration. ` Cette manifestation est organisée cinq ans après le vote de la loi sur la colonisation positive et dans le cadre de la 5e semaine anticoloniale du 19 au 28 février 2010
Le 23 février 2005, l’Assemblée nationale votait un amendement qui consacrait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » alors que pendant plus de quatre siècles le colonialisme français a participé activement à la traite négrière, au pillage et à l'oppression violente de peuples dont elle a pillé les richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions, nié l’histoire, effacé la mémoire.

Nous avons fait reculer le pouvoir il y a cinq ans qui a du supprimer l’article 4 de la loi colonialiste du 23 février 2005. Nous pouvons le faire reculer aujourd’hui en exigeant et en obtenant la suppression du Ministère de l’Immigration. Participons à la création d’un ministère de la décolonisation et de l’égalité réelle. Obtenons la régularisation de tous les sans-papiers et le droit de vote des immigrés. Construisons et préparons dès maintenant les changements et propositions permettant de sortir du colonialisme !
Tous ensemble exigeons, 
la suppression duMinistère de l’immigration et de l’identité nationale !

Tous ensemble pour sortir du colonialisme !
Premiers signataires:
ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui), ACTIT, AFASPA, Afriques en lutte, Les Alternatifs, Alternative libertaire, AMF (association des Marocains en France), ASDHOM, ATMF, ATTAC, CAAC-Comores, CADTM-France, CCIPPP, CEDETIM, Cercle Frantz Fanon, Conscience Musulmane, Coordination Nationale des Sans Papiers, CMF, CRI (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie), CREF, Droits Devant, ENAAC, FASE (Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique), FCD (Fédération des Congolais de la Diaspora), FETAF, Fondation Frantz Fanon, FTCR, Génération Diversité, Identité Plurielle, Les Indivisibles, Ishtar, Ministère de la Régularisation de Tous les Sans Papiers, Les Oranges, MCD, MJKF, MQJS (Mouvement des Quartiers pour la justice sociale), MRAP, NPA, Peace Breather, PCF, Pôle Ethique, Réseau Frantz Fanon International, Respaix, Réveil des Consciences, Survie, UJFP, Union Syndicale Solidaires, USTKE, Les Verts, La Voie Démocratique, ZEP, 93 au cœur de la République
Signer l’appel : contact@anticolonial.net 
Site de la semaine anticoloniale : www.anticolonial.net

LE DESARMEMENT NUCLEAIRE, C'EST URGENT AUSSI POUR LA FRANCE!

APPEL POUR QUE LA FRANCE S'ENGAGE PAR DE NOUVELLES MESURES
DANS UN PROCESSUS DE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE MULTILATÉRAL

Par un collectif de 94 personnalités, 25/1/2010
Le désarmement nucléaire est à l'ordre du jour. Barack Obama a annoncé cet
objectif pour les États-Unis. La communauté internationale s'est montrée
intéressée lors de la réunion du Traité de non-prolifération en mai 2009 à
l'ONU et la résolution du Conseil de Sécurité du 24 septembre 2009, votée
à l'unanimité, en fixe l'objectif. Les prochaines échéances devraient
marquer des étapes décisives: en décembre 2009, les États-Unis et la
Russie devaient renouveler le traité START de diminution des stocks de
missiles et de têtes nucléaires, en mai 2010, le Traité de
non-prolifération tiendra sa Conférence d'examen pour décider de nouvelles
mesures de désarmement nucléaire.
Paradoxalement, la France se montre timorée pour envisager de nouvelles
mesures de désarmement nucléaire. Après avoir fermé son site d'essais
nucléaires de Moruroa et ses sites de production de matières fissiles et
après la réduction d'un tiers de sa force aéroportée, la France semble
dans une position d'immobilisme. Nous nous sommes félicités des mesures de
désarmement nucléaire unilatéral. Nous appelons la France à prendre de
nouvelles mesures de désarmement nucléaire, pour que notre pays prenne une
place primordiale dans le concert des nations et trouve ainsi une nouvelle
crédibilité.
La situation mondiale actuelle est toujours dominée par les conceptions
stratégiques issues de la guerre froide, fondées sur la possibilité d'une
frappe nucléaire quasi-immédiate. Les arsenaux américains et russes
demeurent prêts à déclencher une apocalypse nucléaire en quelques minutes.
La France doit prendre une initiative pour dénoncer cette situation
inadmissible. Les milliers d'armes nucléaires dont disposent actuellement
les Etats-Unis et la Russie n'assurent en rien la sécurité des citoyens de
ces deux pays, mais compromettent la sécurité du monde.
La communauté internationale a voté en assemblée générale de l'ONU le
souhait d'une Convention d'élimination des armes nucléaires qui en
préciserait les étapes et les dates butoirs. Lors d'un vote intervenu le
26 avril 2009, le Parlement européen a affirmé souhaiter une telle
convention, en vue d'une élimination totale des armes nucléaires en 2020,
comme le demande le maire d'Hiroshima. La France doit soutenir ce projet
de convention d'élimination totale des armes nucléaires, qui démontrera
qu'une autre conception de la sécurité peut être élaborée sans recours à
l'arme nucléaire.
Nous appelons la France à engager de nouvelles mesures de désarmement
nucléaire. En donnant ainsi l'exemple, la France aura toute crédibilité
pour proposer à la communauté internationale une conception de la sécurité
dans un "monde libéré des armes nucléaires"(1)

(1) Selon le président des Etats-Unis.

94 personnalités :
Henry Alleg (Ecrivain), Didier Anger, Patrick Apel-Muller (Directeur de la
rédaction de l'Humanité), Daniel Durand (Chercheur), Mgr Jacques Gaillot
(Evêque), Susan George, Stéphane Hessel, Albert Jacquard (Généticien,
Philosophe), Venance Journé (Chercheur CNRS), Hélène Langevin-Joliot
(physicienne), Stéphane Lhomme, Paul Quilès (ancien Ministre de la
Défense, Maire), Pierre Rabhi, Bernard Ravenel, Rufus (Comédien), Mgr Marc
Stenger (évêque, président de Pax Christi France), Catherine Lecoq
(Comédienne Chanteuse Conseillère Régionale), Michel Le Thomas
(Réalisateur), Patrick Schmitt (Metteur en scène), Jacques Testart
(Biologiste, Directeur de Recherche honoraire à l'I.N.S.E.R.M.).
Nils Andersson (Co-Président de l'Association pour la défense du Droit
International humanitaire ADIF), Bernard Baissat (Union Pacifiste de
France), Abraham Béhar (Président Association Française des Médecins pour
la Prévention de la Guerre Nucléaire), Arielle Denis (Co-Présidente du
Mouvement de la Paix), François Cosserat (Président du MNLE, Réseau Homme
et Nature), Monique Dental (Présidente du Réseau féministe « Ruptures »),
Daniel Fontaine (Président de l'Association des Communes, Départements,
Régions pour la Paix, Maire), Jean-Paul Hébert (Ligue des Droits de
l'Homme), Claude Jouseaume (Citoyen du monde, Union Pacifiste, Réseau
''Sortir du nucléaire'', Syndicaliste à SUD-CT), Dominique Lalanne
(Co-Président Armes nucléaires-STOP), Jacques Le dauphin (Directeur de
l'Institut de Documentation et de Recherches sur la Paix), Yannick
Malenfant (Secrétaire Général Fédération CGT Défense), Maurice Montet
(Secrétaire Union pacifiste de France), Denis Pelletier (Association Des
Libres Penseurs de France), Anick Sicart (Appel des Cent pour la Paix),
Marlène Tuininga (Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la
Liberté), Pierre Villard (Co-Président du Mouvement de la Paix).
Marie-Christine Blandin (Sénatrice), Michelle Demessine (Sénatrice), Jean
Desessard (sénateur), Robert Hue (Sénateur, Président du Mouvement
Unitaire Progressiste), Bernard Hugo (Sénateur-Maire honoraire), Jacques
Müller (Sénateur), Dominique Voynet (Sénatrice-Maire), Yves Cochet
(Député), Jacqueline Fraysse (Députée), Noël Mamère (Député), Chantal
Robin Rodrigo (Députée), Christiane Taubira (Députée),
François Alfonsi (Eurodéputé), Sandrine Bélier (Eurodéputée), Malika
Benarab-Attou (Eurodéputée), Jean-Paul Besset (Eurodéputé), José Bové
(Eurodéputé), Pascal Canfin, (Eurodéputé), Daniel Cohn-Bendit
(Eurodéputé), Karima Delli (Eurodéputée), Hélène Flautre (Eurodéputée),
Catherine Grèze (Eurodéputée), Jacky Henin (Eurodéputé), Yannick Jadot
(Eurodéputé), Eva Joly (Eurodéputée), Nicole Kiil-Nielsen (Eurodéputée),
Patrick Le Hyaric (Eurodéputé), Marisa Matias (Eurodéputée),
Marie-Christine Vergiat (Eurodéputé),
Lysiane Alezard (Conseillère régionale), Sylvie Altman (Conseillère
Régionale), Bénédicte Bauret (Conseillère Régionale, Maire-Adjoint), Lydie
Benoist (Conseillère Régionale), Josiane Bernard (Conseillère Générale),
Patrice Bessac (Conseiller Régional), Philippe Camo (Conseiller Régional),
Michelle Carmouse (Vice-Présidente Conseil Régional Poitou-Charentes,
Maire-Adjointe), Jean Claude Mairal (Vice-Président du Conseil Régional
Auvergne, Secrétaire national de l'ANECR), Gabriel Massou (Conseiller
Régional), Francis Parny (Conseiller Régional), Véronique Sandoval
(Conseillère Régionale), Joseph Trehel (Conseiller Régional)
Sylvette Amestoy (Maire-Adjointe), Denis Baupin (Maire-Adjoint), Pierre
Cauchard, Desandes Georges, Mariette Gérard, Pierre Jancou
(Maire-Adjoint), Jean-Paul Le Glou (Conseiller municipal, Vice-président
de Plaine commune), Julien Le Glou (Maire-adjoint), Jean Rodier
(Maire-Adjoint), Anne Sabourin (Conseillère de Paris), Cendrine Berger
(Conseillère municipale)
Jack Bernard, Yolande Cavelot, Marc Denis, Jean Pierre Laspougeas
(militant associatif), Philippe Laville (Enseignant, Ligue des Droits de
l'Homme).

Aminatou Haidar : Pays de résidence ? Sahara Occidental !

Par A. Hamid, Le Temps d'Alger, 25/1/2010

Les policiers de service à l´aéroport de Las Palmas, ce lundi, ont ouvert grands les yeux en voyant débarquer, parmi le faible nombre de passagers arrivés d´Al Ayoune, par le petit avion qui assure la liaison régulière entre la capitale du Sahara occidental et les Canaries, une dame dont le visage leur disait quelque chose. Aminatou Haider comprend la surprise qui se lisait sur le visage du flic.
A l’aéroport de Las Palmas
Un léger sourire aux lèvres, elle lui tend seulement sa carte de résidence, en observant sa réaction. Cette carte qui lui a été délivrée pour «raisons humanitaires» par l’Espagne, en janvier 2006, parviendra à expiration le jour suivant son arrivée. Le policier est rejoint par d’autres camarades, souriant de surprise, qui ne veulent rien rater de la scène, laissant les passagers patienter un peu.
Ils ont vu ce visage qui a fait la une de tous les journaux, des chaînes de radio et de télévisions à la fin de l’année dernière. C’est bien cette femme. Une vraie femme assise sur sa chaise roulante ou depuis son matelas, épuisée par plus d’un mois de grève de la faim qui a mis à genoux le régime marocain et qui n’a rien cédé de ses principes au gouvernement espagnol.
Haider, toujours souriante, plaisante avec le policier auquel elle ne tend que sa seule carte de résidence espagnole, avant de lui présenter le fameux document de voyage. Le passeport que les autorités marocaines lui avaient enlevé avant de l’expulser vers les Canaries, munie de sa seule carte de résidence. «Vous m’avez bien laissé entrer, la dernière fois, avec ma seule carte de séjour», dit-elle aux jeunes policiers qui apprécient son humour, avec un éclat de rire.
A l’aéroport d’Al Ayoune
A sa sortie d’Al Ayoune, une heure plus tôt, elle avait remis les deux documents au policier marocain qui se demandait pourquoi ses supérieurs l’ont choisi lui pour assurer la permanence ce jour-là. Lui tremble. Elle est visiblement détendue, mais ne plaisante pas. Parmi les documents, la fameuse fiche de police, lisiblement remplie avec cette indication de tous les malheurs pour le Maroc :
Devant «pays de résidence», elle appose la réponse suivante : «Sahara occidental». Le passeport marocain n’est rien de plus pour elle qu’un document de voyage, faute d’un autre qui porterait République sahraouie. Têtue à ce point, Mme Haider. Non, résolue dans ses convictions.
Voilà donc l’origine des déboires de la diplomatie marocaine, de son gouvernement et du roi Mohammed VI lui-même. Pays de résidence : Sahara occidental. Le policier fait mine de n’avoir rien lu, sous le regard de ses chefs, postés à quelques pas de là qui avaient reçu des consignes strictes de leur nouveau ministre de l’Intérieur de faire «comme si...».
L’ancien premier flic marocain, Chafik Benmoussa, un proche du roi Mohammed VI, a payé de sa place la manière dont il avait géré l’«affaire Haider». Pour sauver la face, le roi avait trouvé la formule douce de cette éviction à travers un petit remaniement ministériel intervenu début janvier.
Séquestrée chez elle depuis son retour
Aminatou Haider a gagné. Elle est de nouveau en Espagne, où elle est venue renouveler son titre de séjour et effectuer des examens médicaux pour l’épreuve qu’elle a subie durant ses 33 jours jours de grève de la faim. Son état de santé est apparemment meilleur, mais elle souffre de multiples lésions au niveau de l’appareil digestif, notamment, à cause de la grève de la faim faute de soins à Al Ayoune. Depuis son retour chez elle, elle avait été placée sous stricte surveillance policière.
Pendant que son état de santé continuait de se dégrader, ses visiteurs sont bastonnés dans les commissariats de police. «Sa maison est sous état de siège permanent et le nombre de policiers dans les alentours a plus que doublé», écrivait un journaliste espagnol depuis Al Ayoune. Amnesty International proteste : «Mme Haider est séquestrée chez elle.
Elle ne peut ni sortir, ni aller à son travail, ni exercer ses activités de défense des droits de l’homme, ni même se soigner. Le gouvernement marocain prend peur. Son porte-parole jure que l’indépendantiste sahraouie «est libre de tous ses mouvements». Mme Haider le prend au mot et débarque à l’aéroport d’Al Ayoune où elle avait déjà sa réservation pour le vol sur Las Palmas. A Rabat on fait les «gorges chaudes» devant cette nouvelle humiliation.
Le «combat continuera»
Affaiblie, Mme Haider l’était à son arrivée à Madrid, mercredi soir. Les journalistes sont là et les membres du personnel hospitalier des autres services faisaient, toujours, un petit crochet par là pour la voir de plus près. Toujours un petit sourire timide accompagné d’un fort sentiment d’admiration pour ce symbole de la cause sahraouie. Malade et très affaiblie, elle annoncera dès son arrivée en territoire espagnol qu’elle poursuivra son combat pour l’indépendance et les droits de l’homme au Sahara occidental. Son combat a permis de remettre d’actualité la question du Sahara occidental.
Parfaitement conscient des dégâts subis par son image au plan extérieur, le Maroc a décidé d’anticiper la réaction des Nations unies, dont le représentant pour le Sahara occidental a convoqué Rabat et le Front Polisario pour une nouvelle rencontre informelle à New York, en février prochain. Le roi Mohammed VI annonce «une régionalisation avancée» qui veut dire exactement annexion définitive du Sahara occidental. Un véritable coup d’épée dans l’eau. Une manœuvre de plus qui n’a aucune chance d’aboutir.
Rabat sous haute vigilance De Bruxelles, les voix se multiplient pour exiger de Rabat le respect des droits de l’homme, y compris le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. La menace à peine voilée des membres des nouvelles institutions dirigeantes, nées du Traité de Lisbonne, des eurodéputés l’ont explicitement expliqué au président espagnol qui préside l’Union européenne pour le semestre en cours : pas question de statut avancé avec Rabat ni la tenue du sommet UE-Maroc de mars prochain dans ces conditions.
Le gouvernement espagnol n’ira pas, bien sûr, jusque-là, mais il est bien embarrassé d’être mis en situation difficile par son allié marocain. Il est attendu au tournant par le parlement espagnol et le parlement de Strasbourg dans les prochaines semaines. L’ombre d’Aminatou Haider plane toujours sur Madrid.

dimanche 24 janvier 2010

Tunisie : Taoufik Ben Brik doit être libéré !


 Azza Zarad Ben Brik:
« Pour des raisons de santé, Taoufik doit être libéré en urgence »
Par Nadjia Bouzeghrane, 23/1/2010
Azza Zarad craint pour la vie de son époux, le journaliste tunisien Taoufik Ben brik, dont le procès en appel pour une affaire de droit commun se tient aujourd’hui à Tunis. Elle a repris hier l’avion pour Tunis après un déplacement de trois jours à Paris et à Strasbourg, où elle a eu de nombreux contacts avec des responsables politiques, des médias français et des parlementaires européens.
Une soirée pour les libertés en Tunisie et pour la libération immédiate des journalistes, Taoufik Ben Brik, gravement malade, emprisonné depuis le 26 novembre, et Zouheir Makhlouf, toujours détenu, bien qu’il ait épuisé sa peine de trois mois, a été organisée, mercredi soir, à la mairie du 2e arrondissement de Paris, à l’initiative d’organisations de défense des droits de l’homme tunisiennes, de la FIDH, de la LDH, de RSF et des amis(es) de Taoufik Ben brik. Azza Zarad a bien voulu répondre à nos questions.
- Avez-vous bon espoir quant à l’issue du procès en appel de Taoufik qui sera rendu aujourd’hui ?
Vu l’état de santé de Taoufik, j’espère qu’il sera libéré sur la base de son dossier médical.
- Vous êtes depuis mardi à Paris, après un déplacement à Strasbourg, quels soutiens avez-vous reçus ?
J’ai rencontré tout le bouclier cher à Taoufik, les médias qui lui ont manifesté leur soutien.
- Des médias français ?
Essentiellement des médias français, puisque Taoufik écrit pour des médias français. C’est pour cela que je me suis adressée à la France en premier lieu. Mais si je n’obtiens pas le résultat que j’attends de la France, j’irai vers d’autres pays où j’espère réaliser le but pour lequel je suis venue, la libération de Taoufik. J’ai rencontré aussi des personnalités politiques, la première secrétaire du parti socialiste, Martine Aubry, qui m’a chaleureusement accueillie et qui a été très sensible au cas de Taoufik, un cas humain urgent et qu’il faut régler dans l’urgence. J’ai aussi rencontré Marie-George Buffet, secrétaire nationale du parti communiste qui a exprimé beaucoup de compassion et de soutien ; j’ai aussi rencontré le président du groupe d’amitié franco-tunisien au sénat, Jean-Pierre Sueur qui a été lui aussi sensible à la question humaine, j’ai eu un contact avec Daniel Cohn Bendit et José Bové, des parlementaires européens à Strasbourg en charge du Maghreb.
Au parlement européen, la délégation qui m’accompagnait (lire ci-joint, ndlr) et moi-même, nous avons témoigné de la situation de la Tunisie au quotidien, nous avons exposé le cas des étudiantes qui sont en prison pour avoir demandé leur droit au logement en cité universitaire, nous avons parlé de l’autre journaliste, Zouheir Makhlouf, qui est encore en prison bien qu’il ait purgé sa peine en totalité. Nous avons aussi évoqué le cas des prisonniers du bassin minier de R’daïf, sans parti pris. Il est question de la dignité et des libertés des Tunisiens.
- Et du côté des médias arabes ?
Les confrères algériens de Taoufik, dont Omar Belhouchet, que Taoufik aime beaucoup, et les journalistes du quotidien El Watan, nous ont exprimé une solidarité inconditionnelle. Nous avons reçu aussi des marques de soutien du Maroc, du Liban et d’Egypte. Avec mon internet qui est souvent coupé, je n’ai pas accès à toutes les informations. En Allemagne aussi on a un soutien important. Depuis que Taoufik est en prison, la Tunisie est dans les journaux du monde entier, j’ai vu des articles dans des langues que je ne connais même pas. on a parlé de Taoufik en Palestine et même dans des pays africains.
- Et les Tunisiens, comment réagissent-ils ?
Un comité indépendant de journalistes s’est constitué et soutient Taoufik et Zouheir Makhlouf, il a même organisé une journée de grève de la faim, des féministes ont publié un appel dans lequel elles disent que « ce n’est pas parce que Taoufik Ben brik est féministe que nous le soutenons, mais parce que nous savons qu’il n’est pas capable d’actes de violence envers une femme », et elles ont manifesté leur indignation face à l’instrumentalisation de la femme.
- Qu’attendez-vous de la communauté internationale ?
J’ai constaté que les personnalités politiques avec lesquelles je me suis entretenues sont sensibles à la question des droits humains en Tunisie. Elles sont conscientes des dépassements et qu’il y a une différence entre la théorie, les conventions, les chartes signées et le quotidien vécu par les Tunisiens. Certaines démocraties européennes jouent le jeu de la complaisance, on finira par les convaincre d’arrêter de jouer ce jeu parce qu’elles sont complices d’un crime à l’encontre d’un peuple qui aspire à la dignité et à la liberté.
- Comment expliquez-vous l’acharnement des autorités tunisiennes contre Taoufik Ben Brik et les journalistes qui se battent pour la liberté d’expression et l’Etat de droit ?
C’est tout un état d’esprit, toute personne qui écrit dans un sens contraire touche à l’interdit. Le pouvoir en Tunisie est devenu en quelque sorte sacré, on n’y touche pas. Depuis 1988, on a muselé les journalistes, ce n’est pas nouveau. Le 11 septembre a été fatal aux journalistes. Un nouveau cap a été franchi par le régime tunisien, celui de monter des procès de droit commun aux journalistes pour éviter les procès d’opinion et les procès d’ordre politique.
- Est-ce que vous ressentez l’impact et l’influence du combat de Taoufik Ben brik et de ses camarades sur la société tunisienne ? Les choses bougent-elles ?
La société étouffe, les gens sont étouffés et comme le dit si bien notre poète Abou El Qassim Echabbi : « sous les cendres, il y a , on parle à voix basse chez soi lorsqu’on parle du régime, c’est pour vous dire à quel point on a peur, on n’a confiance en personne, on est assiégé. Moi, je ne peux pas rendre visite à qui je veux, mes amis ne peuvent pas venir chez moi, malgré cela, les Tunisiens sont solidaires, les gens en ont marre. Quand cela va-t-il réellement bouger ? on ne le sait pas, c’est un système tellement pernicieux, tellement cynique qu’il ne laisse pas beaucoup d’espoir. La ville de R’daïf a été assiégée pendant six mois, aucune personne ne pouvait en sortir ni y entrer.
- Est-ce que vous arrivez, malgré tout, à communiquer ?
Il m’est très difficile de communiquer avec les gens. L’Algérie est inaccessible par téléphone, ainsi que Reporters sans frontières. Mon téléphone ne sonne jamais, sauf à certains moments, pour la famille, ou quand ils se fâchent ou qu’ils estiment que je suis allée trop loin, comme lorsque j’ai publié un démenti pour répondre au Quai d’Orsay, ce jour-là ni ma mère ni mes enfants ne pouvaient me joindre.
- Et vos enfants, dans quel état d’esprit sont-ils ?
Mes enfants sont terrorisés. Quand il voit la police, mon fils me dit : « maman, vite, vite on monte dans la voiture, ou vite on rentre à la maison avant qu’ils nous fassent quelque chose. » La police l’a même escorté jusqu’à l’école. En 2000, mon fils a eu un choc et j’ai dû le faire soigner, il était devenu un autiste social, il ne communiquait plus, il ne jouait plus avec les enfants. Et maintenant, ça reprend.
- Vous continuez de travailler ?
La liberté et la dignité passent avant tout. Je suis prête à mourir. Aux policiers qui stationnent devant ma maison, moi et mes deux enfants, nous disons : « Messieurs, avancez et tuez-nous », nous n’avons plus rien à perdre. Rien. Nous préférons mourir que vivre sous la persécution de la police qui ne nous lâche pas.
- Vous avez vous-même ainsi que la famille de Taoufik observé pendant trois semaines une grève de la faim que vous avez arrêtée à la demande publique de vos soutiens, mercredi soir. Pourquoi cette grève ?
Nous n’avions plus d’autres moyens, on nous avait muselés, nous ne pouvions plus faire passer notre message. Il fallait donc faire une nouvelle action pour sensibiliser les gens sur la gravité de la situation et à l’urgence de la libération de Taoufik parce qu’il risque de mourir à chaque instant, même chez lui. Taoufik souffre d’une maladie très rare, le syndrome de cushing, soit un dysfonctionnement des glandes surrénales qui régulent le métabolisme. Cette maladie engendre un manque d’immunité, des allergies et un état d’extrême fatigue. Les glandes surrénales défaillantes sont remplacées par un médicament dont le dosage est minutieux et variable et qui doit être pris à des heures fixes. Récemment, un prisonnier est mort parce qu’il n’a pas eu les soins nécessaires au moment voulu. Taoufik est dans une prison de Siliana, à 130 km de Tunis, où il n’y a pas d’infrastructures hospitalières et la route jusqu’à Tunis est très mauvaise. D’où l’urgence de le libérer. On a droit à cinq minutes de visite une fois par semaine, on n’a le droit de parler de rien, seulement des enfants. C’est une véritable punition, parler à Taoufik de la solidarité internationale lui donnerait un bon moral, c’est ce qu’ils ne veulent pas.


Source : http://www.elwatan.com


Mahi Binebine raconte " les Étoiles de Sidi Moumen"

coup de cœur: 
Les étoiles de Sidi Moumen : pourquoi on devient bombe humaine
Par José Garçon, rue89, 23/01/2010
De quelle manière parler d'un livre dont le thème -comment peut-on en arriver à se transformer en bombe humaine- vous inspire une appréhension après avoir été rabâché par la littérature et les médias ?
Comment, de plus, en parler quand la litanie de tant de vies brisées par trop d'attentats aveugles à Bagdad, Kaboul, Casablanca ou Peshawar, vous rebute au point que, refusant une complaisance coupable, on ne veut soudain plus expliquer ni même « comprendre » ce qu'on sait hélas tellement bien : trop de dénuement, de frustrations, d'injustice et de mépris -on appelle ça la hogra du côté d'Alger- finit par générer une violence si absolue que sacrifier sa vie peut sembler moins difficile que la survie dans la boue nauséabonde d'un bidonville.
Le talent de l'écrivain maricain Mahi Binebine, c'est d'anéantir ces préventions dès les premières pages de son dernier roman, « Les Etoiles de Sidi Moumen ». Sidi Moumen, c'est ce bidonville aux portes de Casablanca, la capitale économique du Maroc. Avec une décharge de 100 hectares pour horizon, c'est ce lieu dont l'odeur de pourriture vous poursuit quand une seule fois vous y avez pénétré.
Le royaume en a si honte qu'il a cru pouvoir l'oublier en l'isolant derrière un immense mur en pisé :
« Dans ce mur, on avait creusé des fentes semblables à des meurtrières d'où l'on pouvait contempler à loisir l'autre monde. »

Ainsi s'exprime Yachine, le héros du roman de Binebine, qui a poussé ici comme il a pu au milieu de dix frères et de parents éreintés par le travail.
Le tournant de mai 2003
L'indifférence face à la vie de ces parias reliés par les télévisions à « l'autre monde », à sa consommation indécente et à ses femmes belles et inaccessibles, aurait pu se poursuivre sans le coup de tonnerre d'un 16 mai 2003 à Casablanca. Plusieurs attentats sanglants ont brutalement rappelé à des Marocains sous le choc que leur paisible royaume n'était pas immunisé contre le terrorisme islamiste. Pire peut-être : les kamikazes venaient tous « de l'intérieur », tous de Sidi Moumen.
Le livre auquel Mahi Binebine a alors pensé va maturer cinq ans : le temps de tout lire sur ces évènements, d'aller à Sidi Moumen, d'y retourner, de comprendre comment, quand on n'a plus rien à perdre, on devient une proie évidente pour des marchands de rêves et de paradis dans l'au-delà, maîtres dans l'art de manier les sermons et de manipuler le Coran pour mieux préparer au martyr.
Le résultat ? Un récit magnifique qu'on ne lâche qu'une fois terminé. Il conte -par la voix d'un Yachine-bombe humaine- des vies où la mort, la défonce à l'alcool à brûler et la violence sont aussi présentes que la fraternité, les rires, les enfants qui jouent au foot, crevant la faim, désespérés et parfois heureux. Yachine raconte :
« Je n'ai pas honte de vous dire qu'il m'est arrivé d'être heureux dans ces décombres hideux, sur les ordures de ce cloaque maudit, oui, j'ai été heureux à Sidi Moumen, mon pays. »
Mais si ce texte tragique, drolatique, poétique et sans complaisance bouleverse, c'est avant tout grâce à une écriture lumineuse qui dégage du soleil et de l'ombre avec la violence, la dureté et les solidarités des pays du sud. De roman en roman, cette écriture est devenue la marque de Binebine, ce bon vivant qui, obstinément, ausculte sa société et interroge l'Humain avec une tendresse et une émotion aussi infinies que son humour et sa férocité sont grinçants.

Aux antipodes d'une littérature militante, son style précis, sans fioritures bannit tout pathos en effleurant à peine le pire et en courant à autre chose alors que le lecteur, lui, est encore sous le choc…
Une « patte » qui confirme que Mahi Binebine, qui est aussi un peintre parmi les plus doués et assurément le plus couru de sa génération, est un écrivain à lire de toute urgence.
« Les Etoiles de Sidi Moumen », Mahi Binebine, Flammarion, 18€.

Mahi Binebine
 
Né en 1959 à Marrakech, Mahi Binebine s'installe à Paris en 1980 pour y poursuivre ses études de mathématiques qu'il enseigne pendant huit ans.

Puis se consacre à l'écriture et à la peinture. Plusieurs romans traduits en une dizaine de langues. Il émigre à New York de 1994 à 1999.

Ses peintures font partie de la collection permanente du musée Guggenheim de New York.  Il revient à Marrakech en 2002.


Israël-OCDE - La colonisation récompensée avec le soutien de la France

Par AFPS, Paris, 22/1/2010

Israël en passe d’entrer dans le club fermé des États les plus riches ? En dépit de l’occupation illégale, de la colonisation illégale de la Cisjordanie, du siège illégal imposé à la population palestinienne de la bande de Gaza, l’intégration d’Israël à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, 60% de la richesse mondiale) est aujourd’hui à l’ordre du jour. Tel-Aviv assiège, affame, confisque les terres, détourne les ressources d’eau palestiniennes, détruit les maisons palestiniennes au profit des colonies construit un réseau de murs illégal qui enclave les villes, villages et camps palestiniens et coupe la population sous occupation de ses champs, des routes, des écoles, des universités, des lieux de travail, entrave toute circulation des personnes et des marchandises en Palestine occupée, empêche toute économie palestinienne de se constituer… et en serait récompensé ?
Le rapport de la mission du juge Goldstone sur les crimes de guerre et possibles crimes contre l’Humanité commis dans la bande de Gaza pendant l’offensive israélienne de l’hiver dernier vient d’être adopté par le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu (malgré le refus de participation au vote de la France) et par l’assemblée générale des Nations unies (malgré l’abstention de Paris) et, au lieu de prendre les mesures qui en découlent et de mettre un terme à l’impunité, les puissances décideraient de sacrer le viol du droit international ?

En mai 2007, Israël avait entamé des démarches pour devenir membre de l'OCDE, soutenu alors par le Chili, l'Estonie, la Russie et la Slovénie. Le 22 octobre 2009, c’est la France qui a tourné le dos à ses obligations morales et à sa tradition diplomatique, la secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, allant jusqu’à affirmer à Jérusalem, alors même que la colonisation de la ville s’intensifie au détriment de tout processus de paix et de toute perspective d’Etat palestinien indépendant, que Paris soutiendrait la candidature d'Israël à l’OCDE.
Comment, d'un strict point de vue économique, accepter la présence dans cette enceinte d'un Etat dont le PIB est pour partie le résultat d'une occupation illégale et du vol des terres et de l'eau d'un autre pays et de l'exploitation forcenée d'une main d'oeuvre colonisée ?
Tel-Aviv en sait l’enjeu : « Il est important pour nous de rejoindre l'OCDE, l'organisation économique la plus prestigieuse au monde, d'un point de vue économique, mais aussi pour notre statut international », commente ainsi le ministre israélien des Finances, Youval Steinitz. C’est bien pour cette raison que cette perspective est non seulement totalement immorale mais aussi le pire des messages à adresser à la fois aux dirigeants israéliens, comme un gage pour poursuivre impunément le pillage des ressources palestiniennes, et au peuple palestinien, lui signifiant que l’occupation de ses terres permet à l’occupant de recevoir un prix. Et donc qu’il n’y aurait aucune raison d’y mettre un terme.
Autant de cynisme, c’est trop. Pour redonner une chance à la paix, il est au contraire urgentissime de mettre un terme à l’impunité israélienne. Et de faire du droit international, et non du pillage, la vraie perspective.

Discrimination : Mohamed, dit Laurent

La justice, et si on en débattait face à face? »
Par Pascale Robert-Diard, 22/1/ 2010

Lorsqu’il est entré en 2000 comme employé dans une maison pour personnes âgées, à Marseille, Mohamed A. a accepté de mettre un badge sur sa blouse au prénom de Laurent. C’était son employeur qui le lui avait demandé. Mieux valait adopter un prénom qui puisse convenir “au type de clientèle fréquentant l’établissement, en occurrence la bourgeoisie marseillaise”, lui avait-on dit. Et puis, il y avait déjà quatre Mohamed employés dans la maison de retraite, avait-on ajouté.
Après deux ans de service, “Laurent” a écrit une lettre pour solliciter le droit de reprendre son véritable prénom ce que la direction a aussitôt accepté.

                                                            registres état-civil.

Quelques mois plus tard, suite à divers incidents et difficultés, Mohamed A. a été licencié pour faute grave.
Devant le conseil des prud’hommes de Marseille, il a contesté ce licenciement, mais il a été débouté. En 2007, nouvel échec devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence qui confirme le jugement.
Mohamed A., qui s’estime victime d’une discrimination, dépose alors un recours devant la cour de cassation.
Dans un arrêt rendu le 10 novembre 2009 - qui donne lieu à un long commentaire dans la Gazette du palais des 6 et 7 janvier, la chambre sociale de la cour de cassation casse l’arrêt de la cour d’appel. ”Le fait de demander au salarié de changer son prénom de Mohamed pour celui de Laurent est de nature à constituer une discrimination à raison de son origine”, constate-t-elle en précisant que “la circonstance que plusieurs salariés portaient le prénom de Mohamed n’était pas de nature à caractériser l’existence d’un élément objectif susceptible de la justifier”.
Elle considère que “la seule constatation de la demande d’un changement de prénom par l’employeur lorsque ce prénom traduit une origine ethnique ou géographique ou l’appartenance à une religion” est une violation de l’article L 1132-1 du code du travail et du préambule de la Constitution du 4 octobre 1958.
Précision après lecture de certains commentaires : la cour de cassation n’est pas le tribunal des prud’hommes, elle n’a donc pas à juger au fond - elle n’est pas saisie de la question de savoir si la faute grave était ou non constituée - mais sur les moyens de droit soulevés. Elle considère en l’espèce que, parmi ceux-ci, la discrimination doit être retenue, contrairement à la cour d’appel qui l’avait écarté. Mais sur le fond, l’affaire de ce licenciement va être de nouveau jugée par une cour d’appel.
Publié Boulevard du Palais