Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

Affichage des articles dont le libellé est Dieudonné. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Dieudonné. Afficher tous les articles

vendredi 24 janvier 2014

Dieudonné, la censure et la quenelle. Le soutien et le rejet.

Depuis plus de 10 ans, un des humoristes les plus populaires de France, Dieudonné M’Bala M’Bala, fait l’objet d’attaques répétées. En cause ? Les prises de positions et les provocations répétées de l’humoriste qui ont pris un contenu de plus en plus politique et controversé. Ces trois dernières semaines, la répression qu’il subit a pris un caractère extrêmement grave du point de e démocratique.

  Le président de la République française, le socialiste François Hollande, et son ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sont prêts à tout pour interdire ses spectacles. Y compris bafouer leurs propres lois. Un avocat renommé et ardent partisan de la politique israélienne, Me Klarsfeld, appelle à créer des troubles à l’ordre public pour justifier leur interdiction. On menace d’utiliser des alertes à la bombe. Des patrons de grands groupes de presse appellent explicitement à « censurer internet » et faire pression sur les directeurs de salle pour qu’ils décident de ne plus mettre l’humoriste à l’affiche. Il existe aujourd’hui un consensus politique en France parmi les partis politiques traditionnels pour lutter contre Dieudonné au travers de la censure, des peines judiciaires ou d’interdictions administratives.
 
Censure inacceptable
Ces attaques et appels à la censure sont à combattre avec la plus grande fermeté pour deux raisons essentielles.
Tout d’abord, il ne fait aucun doute que de telles mesures constitueront un dangereux précédent pour justifier la censure de toute idée considérée comme dérangeante par l’establishment. Le capitalisme (où une petite minorité continue à s’enrichir pendant que la majorité est en train de se serrer la ceinture) ne peut donner lieu qu’à des critiques et des réactions de plus en plus virulentes. Est-ce que ces critiques seront elles aussi interdites, réprimées ou censurées ?
Ensuite, l’affaire Dieudonné n’est plus l’affaire d’une personne. « La quenelle », geste inventé par Dieudonné, est reprise par des milliers de jeunes pour exprimer un espèce de « fuck » moderne, un geste « anti » pour faire part d’un ras-le-bol général. Aujourd’hui, par des attaques disproportionnées contre Dieudonné et contre la quenelle, ces jeunes sont traités comme des parias mais aussi comme des « antisémites ». Un député français annonce le dépôt d’une proposition de loi en vue d’interdire ce geste. Des groupes ultra radicaux n’ont aucun problème en France à s’attaquer physiquement à ceux qui ont fait le signe de la quenelle. Sans susciter beaucoup d’indignation.
Considérer tous ceux qui font une quenelle comme des gens dangereux ou des antisémites, c’est ne rien comprendre à la diversité d’expression que ce geste symbolise pour ces auteurs. Il y a de toute évidence une série de personnes qui y ont mis un contenu antisémite et raciste (des photos circulant sur internet sont explicites) mais généraliser et stigmatiser l’ensemble des auteurs de quenelles, c’est ne rien comprendre à ce que cela exprime vraiment : un dégout extrêmement divers vis-à-vis d’un système ou d’une élite politique, médiatique et économique qui veut imposer sa pensée unique. « C’est même très contreproductif, rajoute Michel Staszewski de l’UPJB (Union Progressiste des Juifs de Belgique). Que celles et ceux qui veulent réellement combattre l’antisémitisme, se concentrent sur ses véritables manifestations sans voir de l’antisémitisme partout. »
L’acharnement contre Dieudonné et la stigmatisation de cette jeunesse qui fait la quenelle a un message précis : « vous n’avez pas le droit de penser différemment. »
En réalité, l’acharnement contre Dieudonné et la stigmatisation de cette jeunesse qui fait la quenelle a un message précis : « vous n’avez pas le droit de penser différemment. » Et ceux qui dévient seront considérés comme des parias, des gens à faire taire, même violemment.
Quenelle, pour aller vers où ? 
La quenelle est donc l’expression d’une rupture de la jeunesse avec la pensée unique. Il y a un sens positif à cela. Le système du tout au profit qu’est le capitalisme, les profondes inégalités sociales qu’il crée, le racisme et les discriminations quotidiennes qu’il génère mérite bien un geste de rejet. Mais est-ce le sens que ses deux propagateurs actuels, Dieudonné et Alain Soral (cet ancien cadre du FN français), veulent réellement lui donner ? Certainement pas. L’évolution politique de Dieudonné le démontre.
Dieudonné n’est plus un simple humoriste attaqué par le système, qui cible les événements de l’actualité, qui mène un combat pour le droit de rire de tout, y compris des juifs. Le point de départ des attaques fut un sketch réalisé en direct sur France 3, où Dieudonné s’était déguisé en colon extrémiste israélien et avait mimé un salut hitlérien. Une hystérie totalement injustifiée s’en est suivie : interdiction de télé, de promotions, annulations de spectacles, menaces de mort, procès. Il s’est défendu à l’époque comme il pouvait, en refusant à raison de présenter ses excuses.
Force est de constater que trop peu de personnalités ont eu le courage de prendre sa défense alors qu’il le méritait sans aucun doute. L’affaire Dieudonné a mis en évidence l’existence d’un lobby qui défend de manière acharnée les intérêts de l’État d’Israël et l’extrême complaisance des autorités françaises à son égard. Pour beaucoup, il est alors devenu le symbole du combat pour la liberté d’expression, un héros anti-système qui montre l’hypocrisie du pouvoir et le deux poids-deux mesures des autorités françaises.
On pourrait trouver cela positif. Mais les choses ont largement dérapé depuis. De provocation en provocation, le Dieudonné d’aujourd’hui fait objectivement de la politique et, hélas, dans une perspective très précise : semer la confusion parmi la jeunesse qui ne croit plus au système, légitimer l’extrême-droite et communautariser les contradictions de la société en propageant l’idée complètement fausse qu’un complot judéo-maçonnique domine le monde.
La confusion au service de l’extrême-droite
Dieudonné se profile comme un rebelle anti-système. Mais quel système ? Il n’a aucune critique du capitalisme. Et être rebelle pour Dieudonné revient à provoquer, faire des quenelles et faire du politiquement incorrect. Dieudonné partage en fait avec Alain Soral, cet ancien cadre du Front National avec lequel il est en alliance de fait, la même doctrine de résistance : « Le politiquement incorrect n’est en rien un inutile jeu de provocations. C’est même la doctrine de résistance au mondialisme. […] nous pouvons, nous nationaux, en tant que seuls critiques efficients, devenir les maîtres à penser de demain et incarner, nous et nous seuls, le renouveau du Génie français ! ».
En pratique, cette doctrine du politiquement incorrect amène Dieudonné à légitimer l’extrême-droite et ne légitimer que celle-ci. En s’affichant auprès du négationniste Robert Faurisson, en faisant de Jean-Marie Le Pen le parrain de sa fille, en serrant la main de Serge Ayoub, dirigeant d’une milice d’extrême-droite responsable du décès d’un militant anti-fasciste… Dieudonné réussit l’exploit de légitimer les fascistes aux yeux de beaucoup de jeunes de milieu populaire, y compris les enfants issus de l’immigration, qui n’auraient jamais pu se rapprocher de l’extrême-droite autrement.
Le confusionnisme de Dieudonné l’amène à soutenir en Belgique le parlementaire ex-PP, ex-MLD, ex-Islam, Laurent Louis. Dans une réunion publique, devant des centaines de jeunes surchauffés, Dieudonné affirme : « Je te soutiens. Je suis 100 % derrière toi. Tu vas être élu. » Dans sa dernière vidéo 2014, année de la quenelle, il en fait encore la promotion. Laurent Louis en profite bien, lui qui a décidé d’adopter le même style (la provocation et la victimisation comme action politique), et qui est passé d’un discours ouvertement raciste et d’extrême-droite « classique » quand il était au PP à un discours plus Soralien sur le « complot des élites perverses soumises au lobby juif ».
L’antisémitisme et le « complot des élites soumises au lobby sioniste »
Dieudonné s’est toujours défendu d’être antisémite et beaucoup de ses sketchs ont été accusés à tort d’antisémitisme, car ils n’exprimaient en réalité qu’une critique du sionisme et de la politique d’Israël. Mais ce n’est clairement plus le cas aujourd’hui. Dans ses vœux de 2014, il affirme : « je ne suis pas antisémite. Aujourd’hui, je ne le suis pas. Mais je ne dis pas que je ne pourrais pas le devenir un jour. »
Quand Dieudonné prend des positions politiques, elles ne concernent plus que la communauté juive. L’humoriste minimise le génocide juif et se mêle à des personnalités qui estiment que le génocide est exagéré ou n’a pas eu lieu (comme le négationniste Robert Faurisson). En 2009, il crée sa liste « Anti-sioniste » avec des personnalités comme Alain Soral, qui venait juste de quitter le FN. Depuis, ils sont deux compagnons de route, unis sur une seule obsession : faire du sionisme la cause fondamentale de toutes les injustices qui minent la société et l’idée que les élites françaises sont complètement soumises au lobby sioniste. Les divisions dans notre société ne seraient alors plus des contradictions entre classes sociales ayant des intérêts opposés, le clivage devient communautaire « sionistes-establishment » contre « musulmans anti-système ». Et le déchaînement médiatique, la répression de Dieudonné et le manque de réaction de la gauche ne fait que renforcer l’extrême droite.
Aujourd’hui, on ne peut plus être contre la répression que subit Dieudonné sans également prendre ses distances avec ses idées. Et on ne peut plus lutter contre ses idées sans s’opposer fermement à la répression qu’il subit. Il ne faut céder ni sur l’un ni sur l’autre terrain.
Pour aller plus loin :

« La pensée d’Alain Soral » par Maxence Staquet dans Études marxistes n° 97.
« Au-delà des quenelles, il faut remettre du politique », interview de Julien Salingue, membre de l’observatoire des médias, Acrimed, et docteur en sciences politique à l’Université de Paris 8.
« La Chronique du blédard : De la quenelle, de Dieudonné et de la liberté d’expression » par Akram Belkaïd.
  http://www.michelcollon.info/Dieudonne-la-censure-et-la.html

Source : solidaire.org

vendredi 10 janvier 2014

Contre Dieudonné, mais sans Valls

Dès 2008, Mediapart alertait sur l’antisémitisme de Dieudonné. Six ans après, nous nous sentons d’autant plus libres de refuser le piège tendu par le ministre de l’intérieur : se saisir du prétexte Dieudonné pour porter atteinte à nos libertés.

Un crime se prépare, et nous n’en serons pas les complices. Oui, un crime, c’est-à-dire un attentat contre les libertés. En République, du moins en République authentiquement démocratique, la liberté d’expression est un droit fondamental, tout comme la liberté d’information. Ce qui signifie qu’on ne saurait censurer au préalable l’une ou l’autre de ces libertés essentielles. On est en droit de leur demander des comptes de ce qu’elles disent, de leurs opinions ou de leurs informations. De les poursuivre en justice, de les faire condamner par des tribunaux. Mais seulement a posteriori, sans porter atteinte a priori aux droits fondamentaux qui font la force, et non pas la faiblesse, des démocraties : le droit de dire, le droit de savoir.

C’est avec cette tradition républicaine qu’entend rompre, pour la première fois depuis la guerre d’Algérie, un gouvernement élu à gauche, essentiellement socialiste, à l’initiative de son ministre de l’intérieur, Manuel Valls. Dans la longue marche des libertés, où la gauche militante fut souvent aux premiers rangs, il fut acquis depuis un bon siècle que la loi ne pouvait interdire a priori un spectacle, quel qu’il soit. S’il créait des désordres, s’il portait atteinte à des personnes, s’il insultait et diffamait, l’arme démocratique ne pouvait être celle de l’interdiction administrative, où l’État s’érigeait en gardien des bonnes mœurs et des idées conformes. Seule la justice, jugeant publiquement et contradictoirement des faits après qu’ils eurent été commis, au grand jour et non pas dans le soupçon d’un procès en sorcellerie, peut les sanctionner.
Or c’est cet héritage démocratique que la circulaire adressée le 6 janvier aux préfets par le ministre de l’intérieur entend remettre en cause (la télécharger ici en format PDF). Les « spectacles de M. Dieudonné M’Bala M’Bala » en sont le prétexte. Oui, le prétexte. Car la réalité délictuelle des spectacles de Dieudonné, militant antiraciste devenu propagandiste antisémite, n’a rien de nouveau. Nous nous en étions émus, ici même, fin 2008, après qu’il eut fait monter sur la scène du Zénith le négationniste Robert Faurisson pour lui décerner le « prix de l’insolence » dans une mise en scène clairement antisémite, assumant sans fard la diffusion d’une idéologie criminelle. Cinq ans après, Manuel Valls fait semblant de découvrir la perdition dieudonnesque et son abjection, au point de la transformer en sujet numéro un d’ordre public, loin devant les misères économiques, sociales, urbaines, qui minent et divisent le pays.
À deux reprises, la circulaire Valls utilise l’adjectif « exceptionnel » pour qualifier ce qu’elle entend légitimer : une intervention de l’autorité administrative, de l’État, de ses préfets et de sa police, pour interdire les supposés spectacles de Dieudonné, devenus de fait meetings antisémites. Ce n’est pas un hasard, car il s’agit bien d’introduire un État d’exception au nom du combat, évidemment légitime, contre le racisme et l’antisémitisme. Mais c’est ici que s’ouvre le piège tendu à tous les démocrates et à tous les républicains, ce chemin où la liberté s’égare dans l’interdiction préalable de ceux qu’elle estime être ses ennemis, les ennemis de la liberté. S’égare et se perd durablement car, demain, après-demain, d’autres viendront qui énonceront leurs propres critères des libertés bienséantes et, du coup, se sentiront libres d’interdire sans frais ce qui les dérange ou leur déplaît.
Seul le droit, et donc le juge, avec ses jurisprudences, ses instances, ses recours, ses débats contradictoires, ses héritages procéduraux, les lois, la Constitution française et les traités européens, peut protéger nos libertés. Laisser l’État en devenir le maître, de façon « exceptionnelle », c’est ouvrir la porte à l’arbitraire. « Quand une démocratie est attaquée dans ses fondements, elle se montre forte quand elle applique ses principes. Elle est faible si, face aux extrémismes, elle les abdique » : dans un communiqué lumineux, dont ce sont les deux premières phrases, la Ligue des droits de l’homme a, dès le 6 janvier, critiqué la voie empruntée par le ministre de l’intérieur, ces « interdictions préalables au fondement juridique précaire et au résultat politique incertain, voire contreproductif » (lire le communiqué intégral sous l’onglet « Prolonger »).
La Ligue des droits de l’homme parle d’expérience. Née des combats fondateurs de l’affaire Dreyfus, contre l’antisémitisme français, la Ligue des droits de l’homme fut aussi marquée, à ses débuts, par le refus des « lois scélérates » par lesquelles la jeune Troisième République avait cru se défendre des attentats anarchistes en portant atteinte à la liberté d’expression des intellectuels de l’anarchie, de leurs idées et de leur propagande. L’un des jeunes juristes, auditeur au Conseil d’État, qui lui fournit alors l’argumentaire en droit pour refuser ce piège où la démocratie prétendait se défendre en se reniant n’était autre que Léon Blum, par la suite figure du socialisme français des origines et président du conseil du Front populaire.

La politique de la peur des néo-conservateurs

Avec Manuel Valls, mais aussi François Hollande qui l’a soutenu depuis un pays pourtant peu connu pour son attachement aux droits de l’homme, l’Arabie saoudite, ou Aurélie Filippetti qui, à cette occasion, transforme son poste en ministère de l’ordre culturel, avec Valls donc, nous sommes bien loin de cette tradition démocratique de la gauche française.
En revanche, nous sommes bien plus proches de la nouveauté politique incarnée, outre-Atlantique, par les divers courants néo-conservateurs qui, à droite comme à gauche, se saisissent des désordres apparents des nations et du monde pour restaurer des dominations ébranlées et fragilisées. Intellectuellement, l’argument invoqué pour interdire sans procès Dieudonné est le même qui, aux États-Unis, a légitimé le Patriot Act mettant en cause les libertés fondamentales américaines au prétexte des attentats du 11 Septembre. Et, en pratique, le résultat sera aussi désastreux, produisant de nouveaux désordres plutôt que d’instaurer de durables apaisements.
C’est bien pourquoi les défenseurs des libertés s’alarment tout comme nous, sans pour autant faire l’once d’une concession à la posture victimaire prise par l’agresseur antisémite Dieudonné. Dans un entretien fort pédagogique au Monde, l’universitaire Danièle Lochak explique pourquoi « l’on doit se méfier de toute interdiction préventive prononcée par une autorité administrative », précisant : « C’est le prix à payer dans une démocratie qui entend veiller à la défense des libertés » (lire ici). Et, sur son célèbre blog « Journal d’un avocat », Maître Eolas s’en prend avec autant de rigueur juridique que d’humour dévastateur aussi bien à Dieudonné qu’à Manuel Valls, expliquant « pourquoi il ne faut pas faire taire Dieudonné mais ne pas l’écouter non plus » (lire là).
Enfin, à sa manière sobre au point de paraître abrupte, un ancien ministre de l’intérieur socialiste peu suspect de laxisme, Pierre Joxe, a laissé entendre, dès le 2 janvier, tout le mal qu’il pensait du chemin régressif emprunté par son successeur : « Peut-être que j’avais de meilleurs conseillers juridiques que lui… » (c’est à écouter, sous l’onglet « Prolonger », à 8 min 40 sec de la vidéo, avec, auparavant, une brillante illustration de ce que serait une authentique politique de gauche en matière de justice et de sécurité).

Imposant son duel avec Dieudonné comme le feuilleton médiatique du moment, Manuel Valls fait tout bêtement, et sinistrement, du Nicolas Sarkozy. Il exacerbe, hystérise, divise, dramatise, pour mieux s’imposer en protagoniste solitaire d’une République réduite à l’ordre établi, immobilisée dans une politique de la peur, obsédée par la désignation d’ennemis à combattre, tournant le dos à toute espérance transformatrice, authentiquement démocratique et sociale. Avec cette politique avilie, réduite aux émotions sans pensées, aux réflexes sans débats, aux urgences sans discussions, nous voulions en finir en 2012, et hélas nous y sommes toujours.
Sous Nicolas Sarkozy, dès 2009, nous nous étions retrouvés dans cette chanson de Rodolphe Burger qui proposait d’être, de nouveau, rassemblés « ensemble »« mais sans toi », ajoutait le refrain pour désigner celui-là même qui dressait la France contre elle-même.
Et c’est en repensant à cette chanson-manifeste que nous nous dressons, aujourd’hui, contre Dieudonné, mais sans Valls.
Prolonger :
Voici d'abord la vidéo de l'entretien accordé par Pierre Joxe à France Inter, le jeudi 2 janvier (la question Dieudonné-Valls est abordée à 8 min 40 sec), suivie du communiqué de la Ligue des droits de l'homme, en date du lundi 6 janvier.

 Communiqué LDH, Paris, le 6 janvier 2014
Contre l’antisémitisme, les principes républicains doivent triompher
Quand une démocratie est attaquée dans ses fondements, elle se montre forte quand elle applique ses principes. Elle est faible si, face aux extrémismes, elle les abdique.
Dieudonné a réussi ce tour de force : le Front national défend la liberté d’expression, alors que le ministre de l’Intérieur a déclaré vouloir interdire a priori son spectacle et lui sera en tournée dans de très nombreuses salles, notamment les Zéniths qui sont sous contrat avec l’Etat.
Or, en France, depuis le début du XXe siècle, la loi, et c’est heureux, ne permet plus l’interdiction a priori des spectacles. Dieudonné et ses zélateurs s’indignent donc de ce que l’Etat s’apprête à violer une liberté fondamentale, la liberté d’expression.
Tour de force, donc, que de se faire passer pour une victime quand on est celui qui a fait son fonds de commerce de l’agression systématique d’un groupe de personnes à raison de leur origine ethnique, de leur religion, et des horreurs qu’elles ont subies.
Dieudonné a pourtant tort de se revendiquer de la liberté de création pour justifier, dans ses spectacles, ses insultes antisémites, son apologie du révisionnisme, ce pour quoi la LDH s’honore de l’avoir fait condamner. Reste qu’il a toujours transformé ses procès en tribunes, organisant son insolvabilité de façon à échapper aux condamnations financières, qu’elles soient des amendes pour l’Etat ou des dommages et intérêts pour les associations qui, comme la LDH, l’ont poursuivi avec un succès qui reste théorique.
Le ministre de l’Intérieur, en cherchant à obtenir des préfets qu’ils interdisent ses spectacles, prend un risque d’une autre dimension, celui de fédérer autour de Dieudonné une sympathie réactionnelle de ceux qui se considèrent, pour des raisons qui peuvent par ailleurs parfaitement se comprendre, opprimés, socialement ou politiquement. Et auprès de ce public, le jeu ambigu, voire pervers, entre humour et haine, agression et victimisation, politique et show-business, peut marquer les esprits dans un sens particulièrement dangereux.
Dieudonné, dont les sympathies avec les thèses les plus extrêmes de la droite antisémite ne sont plus un mystère pour personne, met donc en défaut la démocratie, lorsqu’elle répond à la haine par une menace de restriction de la liberté d’expression.
La LDH rappelle donc que la règle qui doit prévaloir est la liberté, et que tout abus de celle-ci doit être condamné de façon ferme et efficace. La LDH et ses militants seront très vigilants et attentifs à ce que les propos de Dieudonné qui méritent une sanction pénale soient poursuivis, comme elle l’a fait par le passé, et elle engage vivement les pouvoirs publics à poursuivre les atteintes à la loi une fois qu’elles sont commises, plutôt qu’à se lancer dans des interdictions préalables au fondement juridique précaire et au résultat politique incertain, voire contreproductif.
Il est scandaleux que les associations parties civiles dans les procès qui ont été fait contre cet individu n’aient aucun moyen de le forcer à exécuter les condamnations, que les magistrats n’aient pas à ce sujet de plus amples pouvoir d’investigation, et prononcent donc des peines dont ils savent par avance qu’elle ne seront pas exécutées.
Puisque Dieudonné a fait son fonds de commerce de la haine, il faut qu’il soit condamné à chaque fois qu’il l’exprime, et que les peines prononcées soient effectives et décourageantes.
Communiqué LDH, Paris, le 6 janvier 2014

Lire aussi

  • Dieudonné, ce pitre qui ne fait pas rire

  • Dieudonné ou la haine antisémite toujours recommencée

  • Dieudonné: sous le vacarme, un hold-up

  • Ce reniement dont Valls est le nom

    Par Edwy Plenel
    -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


    Ce petit bonhomme, veut-il entamer une carrière de dictateur? En tous les cas, il n'a rien compris à l'esprit français. C'est la première fois dans l'histoire de la France que nous avons un gouvernement communautariste... bourré de tout un panel de philosophes et d'intello sionistes appelés à la rescousse...  Aucun président français d'avant ne l'avait fait... Tant bien que mal, ils ont tous essayé de maintenir un certain équilibre pour garder à la France son histoire et sa fierté d'être la terre des droits de l'homme... Pov' parti socialiste!!!

Ce mec va mettre la France dessus dessous! Et que l'on ne s'étonne pas si demain, on l'acculera à démissionner. Sa carrière est foutue!! C'est par ce mec que le malheur arrive, on dira de lui très bientôt!!


    Par Salah Elayoubi
     
    Veut-il entamer une carrière de dictateur? 
    En tous les cas, il n'a rien compris à l'esprit français. C'est la première fois dans l'histoire de la France que nous avons un gouvernement communautariste... bourré de tout un panel de philosophes et d'intello sionistes appelés à la rescousse... Aucun président français d'avant ne l'avait fait... Tant bien que mal, ils ont tous essayé de maintenir un certain équilibre pour garder à la France son histoire et sa fierté d'être la terre des droits de l'homme... Pov' parti socialiste!!! Ce mec va mettre la France dessus dessous! Et que l'on ne s'étonne pas si demain, on l'acculera à démissionner. Sa carrière est foutue!! C'est par ce mec que le malheur arrive, on dira de lui très bientôt!!

Coup d’Etat juridique en France ?

 Manuel Valls dans un état second (Photo AFP)
Manuel Valls dans un état second (Photo AFP)


« C’est scandaleux ! (…) C’est parfaitement anormal dans notre démocratie », s’est écrié, à 15h30, l’avocat de Dieudonné. Et pour cause. Après avoir gagné la bataille devant le tribunal administratif de Nantes, il était convoqué devant le Conseil d’Etat à 17h00… à Paris. 

 Explications. 
Comme cela avait été dit et redit par quasiment tous les experts en droit administratif français ou autre, le tribunal administratif de Nantes, qui a examiné aujourd’hui le référé-liberté de l’humoriste français Dieudonné M’bala M’bala, dit Dieudonné, contre l’incroyable interdiction de son spectacle, « Le Mur », ordonnée par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et qui doit commencer aujourd’hui à 20h30 à Nantes, a résolu que l’arrêté d’interdiction était annulé.
Ce qui signifiait une grosse défaite politique non seulement pour Manuel Valls, qui s’y est engagé personnellement, mais pour également tout le gouvernement français qui s’était lancé tête baissée dans cette aventure. Car en France, faire condamner quelqu’un pour des propos racistes ou antisémites est une chose, interdire un spectacle en est une autre.

Comme le signalait aujourd’hui la Ligue des Droits de l’homme, après la décision du tribunal administratif favorable à l’humoriste, en se lançant dans la bataille du contrôle préalable de la liberté d’expression, Manuel Valls avait mis le gouvernement «dans une situation délicate» en demandant aux préfets d’interdire le spectacle de Dieudonné.
Mais c’était mal connaître le caractère vindicatif et quelque peu déséquilibré de Valls. Réponse du berger à la bergère, dans un communiqué le ministre de l’Intérieur, qui joue sa carrière politique dans cette histoire, a annoncé son intention de saisir le Conseil d’Etat.
Normal, pourrait-on dire. Ben non ! Car normalement, alors que le Conseil d’Etat a 48 heures pour juger, il a exceptionnellement décidé de se réunir aujourd’hui même…. à 17h00, alors que l’avocat de Dieudonné, Me Jacques Verdier, se trouve encore à Nantes. Et que le spectacle de Dieudonné, autorisé par le juge de Nantes, doit commencer à 20h30… 
Le régime marocain qui, comme tout le monde sait, contrôle avec une main de fer la justice du royaume, n’aurait pas fait mieux…
Contacté par le quotidien français LibérationAnne Baux, la présidente de l’Union syndicale des magistrats administratifs, est abasourdie. Elle s’est montrée très surprise de cet empressement du Conseil d’Etat.

«Je n’ai jamais vu ça, ça ne s’est jamais fait car pour qu’il y ait procédure contradictoire devant le Conseil d’Etat la requête du ministre doit être communiquée au défendeur» pour qu’il puisse préparer l’audience. «Même en droit électoral on ne juge pas aussi vite.»
Et Libération, qui se trouve à l’avant-garde de la campagne de harcèlement médiatique contre le controversé humoriste, de reconnaître que « d’autant que les avocats sont à Nantes et que le Conseil d’Etat se réunit à Paris ».
En fait, il s’agit d’un véritable coup d’Etat juridique. Une ultime tentative de Manuel Valls et du gouvernement français de gagner cette bataille contre Dieudonné, alors que, comme l’a signalé l’ancien ministre de l’Intérieur sous François Mitterrand, Pierre Joxe, il y a d’autres moyens juridiques pour s’en prendre à Dieudonné.
Suspense donc !

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=29087

 ------------------------------------------------------

Interdire Dieudonné ? Et pourquoi pas interdire le spectacle de Hollande à Ryad ?

Par Bahar Kimyongür, 8/1/2014
Faut-il rire ou pleurer devant le lynchage médiatique, judiciaire et financier mené par les élites françaises envers un humoriste au moment même où le président de la République François Hollande drague la dynastie des Saoud à savoir l'une des familles royales les plus obscurantistes, les plus violentes et les plus racistes de la planète.
Dans ce pays qui porte le nom de la famille régnante, un cas unique au monde, les plus hautes autorités religieuses affirment que la terre est plate comme un tapis de prière et accusent de blasphème ceux qui contestent leurs thèses.
Selon les estimations, il y aurait  entre 10.000 et 30.000 prisonniers politiques en Arabie saoudite.
La discrimination y est érigée en système: envers les chiites, les femmes, les travailleurs immigrés, les laïcs...
Selon l'index mondial de persécution des chrétiens publié par l'ONG Portes ouvertes, l'Arabie saoudite est le 2e pays au monde où les chrétiens sont le plus persécutés.
Les non-musulmans ne peuvent se rendre à La Mecque ni à Médine.
Tortures, châtiments corporels, exécutions, censure viennent compléter le sombre tableau de chasse de la famille régnante.
En août dernier, le blogueur saoudien Raif Badawi a été condamné à sept ans de prison et à 600 coups de fouet pour avoir clamé l'égalité entre "musulmans, chrétiens, juifs et athées".
Aujourd'hui, Raif Badawi est menacé de décapitation pour avoir proposé de lancer un débat sur la religion. Il est accusé d'apostasie, un crime passible de la peine capitale.
La politique étrangère des Saoud n'est guère plus réjouissante.
Plusieurs groupes terroristes ont en effet été mis sur pied par les services secrets saoudiens en Syrie, en Irak, au Liban, au Sahel, au Yémen, dans le Caucase ou au Pakistan.
Inspirées par le discours des autorités religieuses saoudiennes, ces armées de la haine assassinent chaque jour des dizaines d'innocents, juste pour le plaisir, à la manière des SS.
Est-il vraiment nécessaire de rappeler que, contrairement aux prêches wahhabites, les sketches de Dieudonné n'ont jamais tué personne?

Des millions de citoyens français ont du mal à comprendre que leurs dirigeants puissent à la fois jeter l'opprobre sur un comique et encenser des régimes tyranniques comme celui des Saoud.
Si la "démocratie française" tient absolument à se couvrir de ridicule et de honte en interdisant la tournée d'un Dieudonné, par souci d'équité, elle devrait également interdire le spectacle de son président  à Ryad où il a loué la "sagesse précieuse" du roi Abdallah.
L'humour de Monsieur Hollande aura peut-être amusé la Cour mais il ne fera sans doute pas rire les Syriens victimes des missiles français MILAN livrés par l'Arabie saoudite à Al Qaïda.

mercredi 1 janvier 2014

Dieudonné, l’imposteur raciste, n’est pas l’ami du peuple palestinien

AFPS, Le Bureau national, 3/1/2014
Der­niè­rement Dieu­donné a déclaré au sujet de Patrick Cohen, jour­na­liste à France Inter : « Moi, tu vois, quand je l’entends parler, Patrick Cohen, j’me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. » Il ne s’agit ni d’une « erreur » ni d’un dérapage. Mais de posi­tions anti­sé­mites clai­rement et déli­bé­rément assumées depuis une bonne dizaine d’années. Les exemples en sont innom­brables.
Dieu­donné n’est pas un simple humo­riste, c’est avant tout un militant poli­tique d’extrême-droite. Et il y a une spé­ci­ficité. Avec une forme d’expression par­ti­cu­lière (humour), un voca­bu­laire pseudo-​​révolutionnaire (anti­système), et une cible du style fas­ciste des années 30 (le complot du "pouvoir juif mondial", de la finance mon­diale, de l’axe Israël-​​USA …), Dieu­donné attire cer­taines caté­gories, par­ti­cu­liè­rement dans la jeu­nesse, que le Front national serait inca­pable de mobi­liser.
C’est le cas par exemple quand il fait applaudir le néga­tion­niste Robert Fau­risson par 5.000 per­sonnes au Zenith en 2008. C’est le cas aussi quand il inter­viewe Serge Ayoub, alias Batskin, le chef de l’organisation d’extrême-droite JNR, Jeu­nesses natio­na­listes révo­lu­tion­naires, dis­soute après la mort de Clément Méric. La vidéo se conclut par une poignée de main entre ces deux hommes et une décla­ration « On repré­sente la France d’en bas … on a le même ennemi, c’est une évidence ».
C’est le cas aussi quand il prétend défendre les Pales­ti­niens en déve­loppant des thèses racistes et anti­sé­mites sous le couvert de l’antisionisme. Il détourne ainsi au profit de l’extrême-droite le juste sen­timent d’exaspération face à l’amalgame fait par les sou­tiens de la poli­tique israé­lienne entre anti­sio­nisme et anti­sé­mi­tisme. Il donne prise à tous ceux qui se com­plaisent dans une dénon­ciation sélective des diverses formes de racisme. Il fait le jeu d’Israël et de tous ses sou­tiens qui cherchent à dis­cré­diter voire cri­mi­na­liser toute forme de contes­tation de la poli­tique israé­lienne..
L’AFPS condamne et rejette ces amal­games qui amènent à traîner devant les tri­bunaux en toute igno­minie les mili­tants du boycott citoyen qui dénoncent la poli­tique colo­niale et raciste de l’Etat d’Israël.
L’AFPS condamne et rejette toute ins­tru­men­ta­li­sation de la cause pales­ti­nienne au service de délires com­plo­tistes racistes qui font le jeu de ses adversaires.
Le peuple pales­tinien n’a aucun besoin de tels faux amis. Notre combat pour les droits nationaux du peuple pales­tinien se fonde sur les prin­cipes uni­versels du droit des peuples. Il suppose le rejet déterminé de toute forme de racisme, d’antisémitisme et d’islamophobie, poisons dan­gereux que nous com­bat­trons sans faiblesse.
---------------------------------------------------------------------
 Ebranler les hommes.


Taubira Dieudonne
Il est triste, infiniment triste, d'achever une année sur les pitreries obscènes d'un antisémite multirécidiviste
 Faut-il que son talent soit stérile pour qu'il n'ait d'autres motifs pour faire s'esclaffer des esprits irresponsables ou incultes ou pervers, qu'une tragédie, un génocide, un indicible drame, de ceux dont on sait qu'on ne guérira pas, car rien ne nous consolera jamais des enfants dont la destinée s'est interrompue, brusquement ; et avant même cette violence de la mort industrielle, qui ne distingue pas, frappe sans rien connaître de ses victimes, la violence de l'arrachement, de la malnutrition, de la maladie, du désarroi, de cet inconnu irrationnellement hostile, la violence de la révélation de parents démunis qui ne peuvent protéger que par l'amour. 
Faut-il frayer avec les monstres pour trouver quelque plaisir à se faire complice, après coup, de ce crime contre l'humanité ? 
Faut-il avoir rompu avec les hommes pour ne pas être saisi d'effroi à l'évocation de la machination démente qui a organisé le discrédit, la cabale, les rafles, le transport surencombré, la promiscuité, le tri à l'arrivée, l'entassement dans les camps, le rituel macabre de la procession jusqu'aux chambres à gaz ? Faut-il avoir le cœur sec comme une branche tombée depuis des millénaires et pétrifiée, pour ne pas voir un semblable dans l'autre, homme, femme, enfant, celle, celui qui nous manque d'avoir été exterminé par cette froide folie ? "Au nombre des choses capables d'ébranler les hommes, il y a le souci des autres". Albert O. Hirshman.

Agir. Réfléchir et agir. Relire attentivement la circulaire du 27 juin 2012 pour voir si nous aurions oublié une ligne, une virgule dont dépendrait l'efficacité des poursuites. Examiner note par note ce qui aurait pu être traité différemment, plus sévèrement. Comment faire face à cette nouvelle épreuve pour la démocratie ?
La démocratie s'enorgueillit d'avoir conscience que la justice des hommes est faillible. Pour en limiter les risques, elle a prévu des garanties, l'audience publique, le débat contradictoire, les droits de la défense, l'appel, et même le doute qui doit profiter à l'accusé. Elle a prévu des procédures et convient de leur nullité en cas de non-respect des règles.
C'est sa grandeur, sa supériorité sur les régimes totalitaires ou même simplement autoritaires. C'est aussi sa servitude. Sa vulnérabilité. Mais elle doit être capable de se défendre. La liberté d'expression doit demeurer le principe. Ce principe ne peut servir de paravent à des ignominies. Ce qui relève du débat public doit être débattu. Ce qui relève de la Justice doit être sanctionné. Ces ignominies sont des délits. Elles sont matière pour la Justice. La Justice n'a pas failli. Les procureurs ont poursuivi, les juges ont jugé. Les condamnations sont multiples. Il appartient aux magistrats d'apprécier le degré de gravité qu'induit la multirécidive. Mais il revient aussi à la Justice de veiller à l'exécution de ses décisions. C'est une condition de sa crédibilité et de sa justesse. L'organisation frauduleuse d'insolvabilité est punie par la loi, aux termes de l'article 314-7 du code pénal ; et si elle est avérée, elle doit faire l'objet des diligences nécessaires. Au titre de l'unité de l'Etat, le Trésor public doit être en mesure de procéder, par tous moyens de droit, au recouvrement des sommes dues au regard des décisions de justice.
Sanctionner avec efficacité est indispensable mais ne suffira pas. Pas lorsqu'un pitoyable bouffon spécule davantage sur les dividendes d'un scandale que sur les risques judiciaires.
Ces provocations putrides testent la société, sa santé mentale, sa solidité éthique, sa vigilance. Il nous faut y répondre, car la démocratie ne peut se découvrir impuissante face à des périls qui la menacent intrinsèquement. Il faut donc descendre dans l'arène, disputer pied à pied, pouce par pouce l'espace de vie commune, faire reculer cette barbarie ricanante, la refouler, occuper le terrain par l'exigence et la convivialité.
Car il est hors de question de commencer l'année en "livrant le monde aux assassins d'aubes" (Aimé Césaire).

http://www.huffingtonpost.fr/christiane-taubira/christiane-taubira-dieudonne_b_4534918.html?utm_hp_ref=christiane-taubirahttp://www.huffingtonpost.fr/christiane-taubira/christiane-taubira-dieudonne_b_4534918.html?utm_hp_ref=christiane-taubira