SPS RADS, 21/3/2013
Cette nouvelle visite de M. Ross dans la région intervient après celle effectuée en octobre dernier à la suite de laquelle il avait présenté un rapport devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies.
L’Envoyé personnel de Ban Ki-moon avait alors exprimé sa "forte préoccupation" du statu quo de la situation en prévenant que s’il perdurait, "ce conflit pourrait nourrir une frustration croissante et déclencherait de nouvelles violences et hostilités qui seraient tragiques pour les peuples de la région".
Il avait soutenu que la question du Sahara occidental, qui dure depuis bien trop longtemps, ’’doit être résolue et elle peut être résolue s’il y a une volonté de s’engager dans un véritable dialogue".
A la fin janvier dernier, M. Ross avait entrepris, dans ce cadre, des consultations afin d’établir un soutien international supplémentaire pour les négociations en effectuant une visite, tout d’abord, à Washington où il s’était entretenu avec de hauts responsables du Département d’Etat américain.
Après les Etats-Unis, il s’était rendu successivement en Russie, en France, en Espagne, au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse.
Hier mardi, l’émissaire onusien était à Madrid où il avait eu un entretien avec le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires étrangères, Gonzalo de Benito, a-t-on indiqué de sources officielles espagnoles.
Après Rabat, M. Ross se rendra à compter de vendredi, et pour la deuxième fois depuis sa nomination en 2009 au Sahara occidental occupé.
La visite, qui entre dans le cadre du mandat de M. Ross et des différentes résolutions du Conseil de sécurité, vise à préparer la prochaine étape dans le processus des négociations et une éventuelle reprise des pourparlers directs en vue de parvenir à ’’une solution politique mutuellement acceptable, qui devra assurer l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental’’, a insisté le porte-parole de l’ONU.
Plusieurs membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) et l’Espagne ont salué mardi l’annonce de la visite de l’Envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, M. Christopher Ross, prévue du 20 mars au 3 avril dans la région, en émettant l’espoir de ’’la fin de l’impasse actuelle’’.
Le prochain rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la question du Sahara occidental sera soumis au Conseil de sécurité en avril prochain.
Le Sahara Occidental est la dernière colonie en Afrique. Elle est sous occupation marocaine depuis 1975, rappelle-t-on. (SPS)
010/090/700/000 211149 MARS 2013 SPS
URL Source : http://www.spsrasd.info/fr/content/sahara-occidental-l%E2%80%99%C3%A9missaire-onusien-christopher-ross-au-maroc
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Par Brahim Ghali, Ambassadeur de la RASD à Alger, 20/3/2013
« La France doit exercer des pressions sur le Maroc »
Propos recueillis par Amine Goutali
L’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara
occidental entame, dès demain, une nouvelle tournée dans la région, notamment
dans les territoires occupés, dans l’espoir d’une reprise rapide des
négociations entre le Front Polisario et le Maroc. Dans quelle mesure cette
éventualité est-elle possible ?
Effectivement, M. Christopher Ross entame une seconde tournée dans la région
(la première a eu lieu en octobre dernier) après la vaine tentative de retrait
de confiance dont il a été l’objet de la part du royaume marocain. Une
conspiration qui a lamentablement échoué au profit la légalité internationale.
Cette visite, qui va conduire, une nouvelle fois, l’émissaire international dans
les territoires aussi bien occupés que libérés, intervient quelques jours après
sa tournée dans les capitales européennes. Nous espérons que M. Ross ait obtenu
un soutien, fut-il moral, de la part des pays détenteurs de sièges permanents au
Conseil de sécurité et du groupe d’Amis du SG de l’ONU pour le Sahara occidental
qui ont rendu public un communiqué dans lequel ils réaffirment leur soutien aux
efforts du médiateur international. Cela dit, la réussite de cette mission
dépend des pressions que le Conseil de sécurité exercera sur le Maroc, dans
l’espoir de le pousser à collaborer, tant avec nous qu’avec M. Ross, et à
entamer des négociations sérieuses et concrètes, et non des discussions
stériles, comme celles qui ont été menées jusque-là. Je crois qu’il est urgent
d’entamer une nouvelle ère de discussions. Je crois aussi que la France doit
exercer des pressions sur son allié marocain.
Qu’attendez-vous de cette nouvelle visite de M. Ross ?
Lors de sa dernière tournée en 2012, M. Ross a fait savoir son intention
d’accroître ses efforts politiques, notamment, à travers les visites des pays de
la région, ceux siégeant au sein de l’instance suprême de l’ONU et ceux qui
forment le groupe des Amis du Sahara occidental. Nous pensons que cette nouvelle
sortie devrait apporter quelque chose de nouveau dans le sens où l’émissaire
international redouble de pressions sur la partie marocaine pour infléchir sa
position et la mettre au diapason de la légalité internationale et du processus
de décolonisation.
Est-ce qu’il y a des signes de fléchissement dans la position
marocaine ?
Hélas, non. Le Maroc continue dans sa politique de fuite en, avant, de
blocage et, surtout, de provocation. Preuve en est, les dernières condamnations,
contre toute légalité, des militants sahraouis par un tribunal militaire, ou le
renvoi de parlementaires de l’Union européenne qui s’apprêtaient à se rendre
dans les territoires occupés.
Quelle sera la réaction ou la position du Front Polisario en cas
d’échec des efforts menés par le diplomate américain ?
Je crois qu’il faudrait, d’abord, s’interroger sur la réaction de la
communauté internationale, si échec il y aura bien sûr. Quelle sera également la
réaction de M. Ross, et du SG de l’ONU ? Le porte-parole de M. Ross a,
récemment, mis l’accent sur le besoin urgent de reprise du dialogue dans le but
du règlement de la question sahraouie en vertu des résolutions du Conseil de
sécurité et de la légalité internationale. Il a mis en garde contre les risques
et les menaces du statu quo sur la stabilité et la sécurité d’une région déjà
instable en raison de ce qui se passe au Mali. Je crois que le SG et son
représentant spécial sont parfaitement conscients de cette situation. Et c’est
dans ce souci qu’ils espèrent que cette nouvelle tournée portera ses fruits en
poussant le Maroc à reprendre un dialogue fructueux, et non pas un simulacre de
dialogue. Nous croyons qu’en plus d’un dialogue sérieux, les responsables
onusiens devraient veiller à l’encadrement des futurs pourparlers et ce, pour ne
pas laisser la partie marocaine noyer les questions essentielles.
Quelles retombées ont les événements qui secouent les pays du Sahel,
et la guerre du Mali, sur la cause sahraouie ?
Jusqu’ici, les retombées ne sont pas positives. Toute intervention étrangère
dans la région ne peut être perçue que dans ce sens parce que cela influe
négativement sur la stabilité de la région, sur les pays voisins et, notamment,
sur les aides humanitaires en faveur des réfugiés. La situation au Mali est très
complexe. Notre vision de ce conflit est la même que celle de l’Algérie. Nous
avons publiquement et officiellement condamné le terrorisme et le crime
organisé, non sans plaider pour un dialogue franc et responsable avec toutes les
composantes de la société malienne dans le cadre de l’unité territoriale et
sociétale du Mali. Un processus qui devrait accompagner les opérations
militaires françaises et africaines conduites dans le pays.
Dans un mois, le SG de l’ONU rendra public le rapport annuel sur le
Sahara occidental. Du nouveau en perspective ?
Contrairement aux rapports antécédents, marqués par une description assez
floue, voire tendancieuse, du conflit, les deux derniers documents (2011, 2012),
ont été, de notre point de vue, assez objectifs, notamment dans la définition de
la nature du conflit (décolonisation), les voies de règlement (les résolutions
du Conseil de sécurité,…). En gros, ces deux rapports ont été d’une clarté sans
faille pour ce qui est du droit inaliénable du peuple sahraoui à
l’autodétermination. Et toute action qui va à l’encontre de ce principe est de
facto vouée à l’échec. Ils ont, également, alerté la communauté internationale
sur la dégradation de la situation des droits de l’Homme. C’est pourquoi, nous
appelons le Conseil de sécurité à mettre en place un mécanisme de contrôle et de
protection des droits de l’Homme dans les territoires occupés de façon à
protéger le peuple sahraoui des exactions commises par le colonisateur. Nous
pensons, nous sommes convaincus que le prochain rapport sera plus objectif et
concret.
A. G.
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