

Si au départ, l’AMDH avait centré ses activités sur les violations politiques (il ne faut pas oublier que le mouvement des familles des détenus politique avait joué le rôle principal dans la création de l’AMDH), celle-ci a élargi par la suite ses préoccupations aux autres droits de citoyenneté: droits sociaux, droits économiques, droits culturels…
Aujourd’hui, les militant-es de l’AMDH, se retrouvent sur tous les fronts de résistance face aux violations des droits des citoyen-nes, violations dont les auteurs ne sont autres que l’Etat marocain, les patrons, les grands propriétaires terriens…
Des « amis » lui reprochent de fourrer son nez partout, de prendre des positions politiques, d’être inféodée politiquement…comme si la défense de la laïcité, de la langue et de la culture amazighe, la revendication d’une constitution démocratique garantissant la liberté d’expression, le droit de culte, le droit d’organisation, le droit de grève, tous les droits de la femme…constituent un champs réservé uniquement aux politiciens. C’est un dénigrement de droite, c’est le dénigrement de ceux qui sont à la recherche des compromis honteux avec les auteurs et autres commanditaires des violations des droits humains. Ces « amis » se trompent lamentablement. Le politicien, et au nom de la « tactique », peut faire des concession, mais pas le militant conséquent des droits humains.
D’autres dénigreurs de « gauche » reprochent à l’AMDH d’être réformiste, de ne pas s’engager dans la lutte « révolutionnaire »…et que la lutte pour les droits humains est une invention de la bourgeoisie.

Je tiens à rappeler à ces messieurs que la lutte économique (le syndicalisme), n’a pas pour but de supprimer l’exploitation de l’Homme par l’Homme, mais de la rendre « plus humaine ». La suppression du capitalisme, et l’édification d’un nouveau mode de production (le socialisme sur la voie du communisme) est essentiellement l’affaire du parti de la classe ouvrière.
Le mouvement des droits humains, le mouvement syndical, le mouvement culturel…renforcent la résistance contre l’arbitraire, contre l’exploitation, contre la ségrégation…contribuent à la création des conditions propice pour une prise de conscience des masses populaires, pour bâtir un large front des classes populaires, face au bloc des classes réactionnaires dominantes, pour radicaliser les luttes de masses, pour isoler l’ennemi principal, pour renverser les rapports de force et chambouler l’ordre établi. La lutte ferme de masses conscientes et organisées est la seule voie du salut, cette lutte doit revêtir toutes les formes possibles.
Pour illustrer ce que je viens de dire, je vais me limiter à citer 5 exemples :


- Depuis six mois, l’AMDH, section de Khouribga, n’a pas cessé d’exprimer (en parole et par les faits) sa solidarité avec les 850 mineurs licenciés abusivement par l’OCP.

- Ces dernières années, l’AMDH, section de Khénifra (au cœur du fief des « féodaux »), mène une résistance exemplaire contre l’arbitraire, contre les violations de toutes natures…Des paysans pauvres ont rejoint les rangs de l’AMDH. Des paysans pauvres et autres travailleurs rejoignent la résistance contre les violations des droits, contre le pillage des ressources naturelles de la région par des mafieux…
Le combat pour la sauvegarde de la cédraie de la région de Khénifra est un combat de droits humains, combat qui prendra certainement des dimensions politiques si toutefois des forces politiques prennent leur responsabilité.
L’AMDH, section de Khénifra, est aujourd’hui dans le collimateur des divers services de l’Etat : la dénonciation des pratiques féodales de la tante du roi, la condamnation de la déforestation de la région, l’ouverture de l’AMDH sur des couches sociales « sensibles » (paysans pauvres, ouvriers…), toute cette « nouvelle orientation » ne peut que dévoiler le vrai visage de l’Etat, en tant qu’appareil de répression, le grincement des dents de tous ceux qui misent sur « la nouvelle » ère, et le dénigrement de ceux qui ne croient qu’en lutte politique pure et dure.
Aziz Akkaoui, Addari, Aït Aziz Saïd Ouhaddou… à Khénifra, Ahansal, Abbassi, Bougrine… à Beni Mellal, Abounasr, Saïd Chihab, Khadija Abnaou… à Casablanca, Assal Hajjaj, Housbi… à Khouribga…ils, elles sont des milliers comme eux à se ranger à travers le Maroc du côté des victimes de l’arbitraire. C’est la fierté du peuple marocain. C’est notre fierté nous autres forces progressistes. La lutte pour les droits humains fait partie du mouvement pour un monde meilleur. Ce mouvement ne peut être que progressiste. Il est progressiste et doit le rester. Face à ce choix, il ne peut y avoir que la récupération makhzanienne.
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