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vendredi 18 septembre 2015

Au royaume des lignes rouges, la presse indépendante marocaine et sahraouie étouffe



18/9/2015


A l’occasion de la visite du président François Hollande au Maroc les 19 et 20 septembre, Reporters sans frontières (RSF) s’inquiète de la situation actuelle de la liberté d’information dans le pays, où la critique de sujets tabous tels que la monarchie ou l’intégrité territoriale peut amener à de lourdes condamnations.
mohamed-IV-0006Au Maroc, les journalistes sont toujours confrontés aux mêmes lignes rouges : l’islam, l’intégrité territoriale (Sahara occidental) et la monarchie, sujets hautement sensibles.
Depuis le début de l’année, RSF a recensé de nombreuses exactions envers les journalistes, objets de pressions diverses, souvent accusés de diffamation ou d’allégations mensongères dès lors qu’ils critiquent la politique du palais ou des affaires en lien avec des membres du gouvernement. Certains sont dans le collimateur des autorités depuis des années.

ACAT : À chaque réfugié, le pays de son choix


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À chaque réfugié, le pays de son choix

Bassel a fui l’oppression et la guerre. Il veut vivre libre en Suède. A la frontière entre la Hongrie et l’Allemagne, Bassel regarde ses doigts avec angoisse. Il sait que son destin et celui de toute sa famille va se jouer à peu de choses : l’endroit où il donnera ses empreintes. Si elles sont prises en Suède, le pays où il aspire à s’installer, il sera logé, nourri, et pourra chercher un travail pendant que les autorités suédoises examineront sa demande d’asile. Si en revanche, c’est la police hongroise qui les prélève, son rêve s’arrêtera là : même s’il parvient à gagner la Suède, il ne pourra y rester. Il sera renvoyé en Hongrie où ses chances d’obtenir l’asile sont bien moindres.

Telle est la dure réalité du règlement de « Dublin » : un système kafkaïen qui interdit aux exilés de décider dans quel pays ils vont demander l’asile. Signons pour que les migrants ne soient plus contraints à demander l’asile dans le premier pays européen où ils arrivent.

Le sort de Samir, Syrien soutenu par l’ACAT, est tout aussi kafkaïen. La France et la Suède jouent au ping pong avec lui, et se renvoient la responsabilité de l’accueillir. La France lui a accordé un visa, mais le hasard a fait qu’il a atterri en Suède, où on lui a pris ses empreintes. La Suède a refusé d’examiner sa demande puisque son visa est français. Arrivé en France, la « logique » de Dublin lui imposerait de retourner à Stockholm. Absurde. Inhumain.
L’ACAT dénonce « Dublin », un règlement injuste qui contraint les migrants à déposer leur demande d’asile dans le premier pays européen où ils arrivent, c’est-à-dire, majoritairement en Grèce, en Italie et plus récemment en Hongrie, qui doivent faire face à un afflux massif de migrants. En septembre 2015, sur plus de 350 000 exilés qui ont atteint les rives de l’Union européennes, 244 000 sont arrivées en Grèce.

Nous demandons de mettre fin au Règlement de Dublin, dispositif injuste et inéquitable.

Comme toute réponse sécuritaire au désespoir des migrants, le règlement de Dublin peut s’avérer mortifère : pour contourner ces règles, et passer les frontières, ils sont obligés de prendre des risques énormes.

Mais il n’y a pas que les ONG : aux Nations unies, certaines voix font le constat de l’échec systémique de ce règlement, et appellent les États européens à permettre aux demandeurs d’asile de déposer leur demande dans le pays de leur choix. De son côté, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe s’est exprimé début septembre en faveur de la révision des règles de Dublin.

Synonyme d’errance, de renvois entre différents pays, et de délais d’attente extrêmement longs, Dublin impose des parcours d’exil absurdes pour des personnes déjà fragilisées. Jusqu’à quand l’Europe compte-t-elle pérenniser ce mécanisme injuste et défaillant ? Les demandeurs d’asile ont fui l’oppression pour être libres, libres de choisir leur pays d’accueil.
 

je signe

Les migrants doivent pourvoir demander asile dans le pays de leur choix.


Frans Timmermans
Premier Vice-Président du Parlement européen,
Chargé de l'amélioration de la législation,
des relations interinstitutionnelles,
de l'État de droit et de la Charte des droits fondamentaux
 
Monsieur le Premier Vice-Président,

L’Europe continue d’appliquer le règlement de Dublin, un mécanisme injuste et défaillant qui presse les migrants et les futurs demandeurs d’asile dans les États des frontières extérieures de l’Union européenne, en particulier la Grèce et l’Italie. L’application de ce mécanisme réduit fortement les droits des demandeurs d’asile, la qualité des conditions d’accueil dans ces pays, et sape les droits fondamentaux des demandeurs d’asile. Terre d’accueil, l’Europe et ses États membres doivent montrer davantage de solidarité et prendre acte de l’échec du mécanisme de Dublin. Le Parlement européen s’est engagé à réviser le règlement de Dublin. Il faut aller plus loin, et supprimer ce système injuste.

Nous vous demandons donc la suppression du mécanisme de Dublin pour tous les demandeurs d’asile, quelle que soit leur nationalité, pour que les migrants ne soient plus contraints à demander l’asile dans le premier pays européen où ils arrivent.
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Rappel : La liberté pour le détenu politique Mohamed Ghallout condamné à 15 ans de détention



Nous diffusions la lettre que nous venons de recevoir qui évoque les conditions d'arrestations et de jugement inéquitable de Mohammed Ghallout.
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Le détenu politique: Mohammed GHALLOUT
N de détention: 89477
Clarification essentielle pour l'opinion publique nationale et internationale
Nombreuses sont les questions qui me passaient par la tête. Il y  avait celles auxquelles je trouvais des réponses qui pouvaient m'apaiser la colère et celles qui étaient restées vierges jusqu'à aujourd'hui, et qui m'ont rendu perplexe. Peut-être, elles coïncideraient avec des réponses ultérieurement.
Les événements de 24 avril 2014 ont donné lieu à de multiples interprétations dont le point commun demeure celui que ces événements étaient un complot dont ses fils avaient été subtilement tissés afin de transmettre un message indirect aux intéressés.
C'est à travers cet exposé un peu plus détaillé, que je vais expliciter les circonstances de notre arrestation (Brahim LAHBOUBY, Abderazzak AARAB, Omar TAYBI, Mohammed GHALLOUT) au-dessus des bancs du café "Las Palmas" qui se situe au quartier Narjiss le 24 avril 2014 aux environs des sept heures soir. 
 Aussi c'est une occasion pour mettre en exergue quelques développements pendant l'enquête du juge d'instruction ainsi que les audiences consacrées au jugement jusqu'au dernier verdict injuste prononcé le 18 juin 2015.
Le jeudi 24 avril 2014 aux alentours du sept heure soir. Lieu café " Las Palmas ", quartier Narjiss, l'événement fut l'attente de la demie-finale du championnat européen (Juventus contre benevika portugais). Nous y étions, en train d'échanger des blagues et énigmes lorsqu'un groupe d'agents civils entra au café d'un seul coup et ferma les portes. Un parmi eux se dirigea immédiatement vers nous et traça un sourire sur ses lèvres en disant : "les voilà!!!!". On comprenait bien que c'était un maillon dans une chaine d'intrication qui eut été tissée derrière nos dos et qui allait nous faire oublier le suivi du match. L’emplacement devint soudain entièrement armé d'agents civils qui se pressèrent partout dans le café.
-"GHALLOUT!, lève-toi et accompagne-nous!" Dit quelqu'un d'eux
-Mais ....! Pourquoi ?! Vous êtes qui?! Répondis-je, à la fois souriant et étonné
-C'est la police ; tu auras à poser cette question ultérieurement
Dans une fourgonnette garée à côté du café, on me fit monter après m'avoir menotté. Pendant ce moment-là, j'entendis une voix:
- Et ceux-ci?
- Amène-les, eux aussi
Dans les bancs de derrière et entre deux agents, une cascade de questions passait par ma tête. Que se passe-t-il? Pourquoi nous, les quatre ? Y a-t-il une chose que je ne sais pas? Est-ce le  scénario de Sefrou qui se répète aujourd’hui, sachant que celui -ci était une fausse recherche? Toutes ces questions me poussaient à demander la cause à  un agent qui me répondit: ferme-la !!! Tu vas tout savoir.
Au commissariat, les mains menottées, enfermé dans un cercle de gens en habit civil.
-Qu'est-ce que tu racontes, GHALLOUT ? Se présenta l'un d'eux et me posa cette question
-Rien; répondis-je en posant d'emblée une question : que se passe-t-il?
- Tu vas comprendre: répliqua-t-on
Après quelques minutes, entrèrent les trois autres condamnés dont les visages donnaient une impression qu'ils se posaient les mêmes interrogations que moi.
Nous étions séparés et assis dans les quatre coins de la salle lorsqu'un tas de gens y entra et se mit à nous interroger: que se passe-t-il aujourd’hui dans l'université? Comment? Est-ce que c' était juste contre l'organisation d'un colloque? Pourquoi?....quand...?
D'une manière assez brève, notre réponse fut sous forme d'une question s'interrogeant sur notre rapport avec ce que s'y est passé:
AARAB: je suis étudiant en 3ème année sciences physiques, je n'ai aucune relation ni avec les basistes, ni avec les "tajdid tollabi"
Pour LAHBOUBI: il répondit qu'il n'avait rien avec l'université, car il suivait ses études à l'institut de technologie basé à la route D’immouazzar
Pour TAYBI et moi (GHALLOUT): nous n'étions plus étudiants, car nous avions eu nos licences au titre de l'année universitaire 2012_2013, et nous avions interrompu notre lien organique avec les basistes en juillet 2013; et qu'à ce moment-là nous étions libres et nous ne dépendions ni de basistes ni d'aucune autre organisation politique ou syndicale.

AUJOURD'HUI : sit in de solidarité avec le peuple palestinien

‎ سعيد الخطابي ‎ vous invite à l’évènement de ‎ الجمعية المغربية لحقوق الانسان ‎   sit in de solidarité avec le peuple palestinien vendredi 18 septembre à 18:00 (UTC+01) devant le parlement/rabat   J’y vais     Peut-être     Ne participe pas   الشبكة الديمقراطية المغربية للتضامن مع الشعوب لجنة المتابعة جميعا ضد العدوان الاجرامي للفاشيين الصهاينة ضد المسجد الاقصى بالقدس: لنجعل من يوم الجمعة 18 شتنبر يوما نضاليا وطنيا لتأكيد تضامن الشعب المغر... Samira Kinani et 181 autres font également partie de la liste des invités.             Invitations en attente (4) Bloquer les invitations de ‎سعيد‎ ?    
   
 
   
   
سعيد الخطابي‎ vous invite à l’évènement de ‎الجمعية المغربية لحقوق الانسان
 
sit in de solidarité avec le peuple palestinien
vendredi 18 septembre à 18:00 (UTC+01)
devant le parlement/rabat

Sahara Occidental : "Une occupation coloniale qui dure depuis 40 ans

ProMosaik

  Interview de l'association APSO


par Milena Rampoldi, ProMosaik e.V.

Un entretien très important avec François de l’association APSO, Amis du

Commander le livre:
apsolument@yahoo.fr
15 € (+ frais de port si envoi)



Peuple du Sahara Occidental, une association française qui a pour but de faire connaitre la tragédie de l’occupation marocaine du Sahara Occidental. L’association représente une source d’information essentielle sur ce pays tombé dans l'oubli. ProMosaik e.V. vient de parler avec François pour lui poser de questions sur l’association et ses activités, sur la situation du pays et sur les similarités avec la PALESTINE. Il faut lutter pacifiquement pour permettre la décolonisation du Sahara Occidental et son indépendance. Au nom de l’anti-impérialisme il faut s’opposer à cette occupation et à l’injustice. Et il faut aider les prisonniers politiques sahraouis. 


Milena: ProMosaik voit la question du Sahara Occidental comme une question coloniale. Le peuple du Sahara Occidental a le droit de vivre en liberté et dans son identité culturelle. Que  pensez-vous de cela ?


François : Votre formulation est intéressante, parce que dans la question sahraouie, ce que nous pensons ou considérons personnellement n’est pas très important puisque c’est une question de droit international. Les Nations Unies disent et répètent depuis 1963 que le Sahara Occidental est un territoire à décoloniser et que le peuple sahraoui, qui l’a toujours revendiqué, a le droit d’autodéterminer son avenir et celui des ressources de sa terre, ce qui veut dire aussi le droit de choisir pour l’indépendance. Choisir de parler sa langue, la Hassanya, et de vivre selon sa culture ancestrale nomade… Le Sahara Occidental était depuis 1884 une colonie espagnole. Le mouvement de décolonisation de l’Afrique valait aussi pour ce territoire. La Cour Internationale de Justice l’a réaffirmé en 1975 juste avant l’invasion du territoire par le Maroc et la Mauritanie. L’Assemblée Générale de l’ONU l’a répété en 1979 quand la Mauritanie s’étant retirée et ayant reconnu la République Sahraouie, le Maroc a persisté dans son occupation militaire et a tenté d’envahir tout le territoire, en construisant dans les années 80 un mur de défense qui fait maintenant plus de 2500 km de long.
La charte de l’ONU, et particulièrement le chapitre 73 (chapitre XI) pose précisément les devoirs des colonisateurs, envers le peuple, envers la terre et les ressources qu’ils occupent. Ils « reconnaissent le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires. Ils acceptent comme une mission sacrée l'obligation de favoriser dans toute la mesure possible leur prospérité, dans le cadre du système de paix et de sécurité internationales établi par la présente Charte » … voir http://www.un.org/fr/documents/charter/chap11.shtml
Chaque année, l’ONU répète donc que les Sahraouis ont le droit à s’autodéterminer, et jamais le référendum d’autodétermination n’a encore eu lieu. Le blocage vient du Maroc qui, depuis la signature du cessez le feu en 1991 dont c’était la condition, ne tient pas l’engagement pris. Si l’ONU a pris en compte cette volonté de destin sahraoui, c’est que le peuple l’a manifesté, qu’il s’est organisé. En effet, les mouvements de résistance des Sahraouis - quelques soient leurs formes - contre les envahisseurs ont toujours existé, d’abord contre l’Espagne, puis contre les deux nouveaux occupants. Maroc et Mauritanie.
En 1973, les Sahraouis refondent un mouvement de résistance qu’ils appellent le front Polisario, Front pour la libération de Saguia el Hamra et Rio de Oro. En 1976, au lendemain de l’annonce officielle de son départ par l’Espagne, les Sahraouis proclament en exil leur République, la RASD. 


La Légion d'honneur : Critères d'attribution


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Critères d'attribution

L’attribution de la Légion d’honneur repose sur des principes clairs, des procédures bien établies. Pourtant, elle récompense une notion abstraite,  hautement subjective, multiforme et toujours fédératrice : les « mérites éminents».

Les conditions d’attribution

Pour entrer dans l’ordre de la Légion d’honneur, il faut remplir deux conditions préalables :
  • La nationalité : seuls les citoyens français peuvent être admis dans l’ordre.
    Les étrangers peuvent être distingués dans l’ordre de la Légion d’honneur mais n’en  sont pas membres.
  • L’honorabilité : le futur légionnaire doit avoir un casier judiciaire vierge et une bonne moralité. Une enquête est effectuée pour s’assurer de la recevabilité des dossiers sur ces deux points.

Les  mérites éminents

Selon le code, « la Légion d’honneur est la récompense des mérites éminents acquis au service de la nation soit à titre civil, soit sous les armes ».
Qu’est-ce qu’un « mérite éminent » ? Il n’en existe pas de définition théorique ou de liste exhaustive. C’est la mission du conseil de l’ordre de juger, à partir des éléments de carrière qui lui sont donnés et selon la jurisprudence de l’ordre, s’il y a ou non mérites éminents.
Ces mérites prennent les formes les plus diverses puisqu’il s’agit à chaque fois d’apprécier l’action d’un être humain, la richesse d’un parcours de vie, un acte de courage ou de générosité, une action en faveur des idéaux nationaux.
Chacun est donc évalué à l’intérieur de son champ d’activité.
Néanmoins, une série de critères communément admis sont pris en compte, étayés par une jurisprudence de deux siècles :
  • L’éminence des services : pouvoir justifier de qualité de services, d’actions ou d’engagements à la fois exigeants et mesurables.
  • Le bénéfice commun : avoir œuvré pour le bien de la nation et non en fonction d’un intérêt propre exclusif (création d’emplois, développement de l’éducation, soutien aux personnes défavorisées, innovation technologique, médicale, création artistique, par exemple)
  • La notoriété des mérites : avoir été reconnu pour ses mérites, faire figure de modèle de civisme pour ses concitoyens, participer au rayonnement de la France à l’étranger (qu’il s’agisse d’interventions militaires, de prouesses sportives ou encore d’une influence économique).
  • La durée des services : un minimum de 20 ans d’activité est requis pour entrer dans l’ordre de la Légion d’honneur.
Les promotions à un grade supérieur sont accordées si le légionnaire fait la preuve de nouveaux mérites et selon des délais minimum :
Du grade de chevalier à celui d’officier : huit ans
 Du grade d’officier à celui de commandeur : cinq ans
Du grade de commandeur à la dignité de grand officier : trois ans
De la dignité de grand officier à celle de grand’croix : trois ans

Les propositions exceptionnelles

Chaque année, une vingtaine de remises de Légion d’honneur dérogent à ces règles générales. Ces propositions, dites à titre exceptionnel, interviennent dans des limites très strictes pour récompenser sans attendre la personne concernée.
Il s’agit notamment de personnes ayant exposé leur vie dans l’exercice de leurs fonctions : militaires tués ou blessés en opérations, pompiers et sauveteurs, officiers de police…
Certaines carrières se déroulent sur des durées très courtes et, lorsqu’il y a une action exceptionnelle, peuvent conduire à une dérogation à la règle des 20 années de service. C’est le cas par exemple des médaillés d’or aux Jeux olympiques qui sont récompensés pour avoir fait rayonner la France dans le monde.

Les décorés étrangers

  • Les étrangers peuvent être décorés de la Légion d’honneur s’ils ont rendu des services (culturels, économiques…) à la France ou encouragé des causes qu’elle défend (défense des droits de l’Homme, liberté de la presse, causes humanitaires…).
  • Les visites d’État sont également l’occasion d’attributions de la Légion d’honneur aux personnalités officielles, faites au titre de la réciprocité diplomatique et soutenant ainsi la politique étrangère de la France.

Visite de François Hollande au Maroc : la Légion d’honneur pour un responsable soupçonné de complicité de torture ?


Alors qu’un déplacement du président et du ministre des affaires étrangères français au Maroc est prévu les 19 et 20 septembre, l’ACAT, Euromed Droits – REMDH, la FEMED, la FIDH, la LDH et Survie sont vivement préoccupées par la possibilité qu’Abdellatif Hammouchi, le directeur de la DGST marocaine, soit élevé au grade d’officier de la Légion d’honneur, conformément à une déclaration du ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve [1].
La Légion d’honneur distingue des personnalités ayant « rendu des services (culturels, économiques…) à la France ou encouragé des causes qu’elle défend (défense des droits de l’homme, liberté de la presse, causes humanitaires…) [2]».
Il est inacceptable qu’elle soit remise à une personnalité mise en cause pour complicité dans une affaire de torture. M. Hammouchi, qui dirige les services de sécurité marocains, dont le recours à la torture est notoire, documenté [3] et impuni, est mis en cause pour complicité de torture dans trois plaintes déposées en France.
Le 20 février 2014, un juge d’instruction français chargé d’enquêter sur l'une des plaintes déposées par l’ACAT [4] aux côtés de victimes alléguant avoir été torturées au Maroc avait requis l’audition de M. Hammouchi, mis en cause dans deux affaires et alors présent sur le territoire français.
Une troisième plainte pour faits de torture déposée au pôle crimes contre l’humanité, crimes et délits de guerre du Tribunal de grande instance de Paris a de surcroît donné lieu à la délivrance par le Parquet d’une dénonciation officielle aux autorités marocaines à l’encontre de M. Hammouchi.
A la suite de ces procédures, les autorités marocaines ont interrompu toute coopération judiciaire avec la France, adopté des mesures de rétorsion [5] contre les victimes ayant porté plainte en France, et entamé contre elles des poursuites judiciaires pour diffamation et dénonciation calomnieuse devant la justice marocaine.
Signe de la volonté du gouvernement français de protéger M. Hammouchi, la France et le Maroc ont toutefois rétabli leur coopération judiciaire le 31 janvier 2015 et adopté un amendement à la convention franco-marocaine d'entraide pénale qui prévoit désormais que toute plainte pénale visant un Marocain se trouvant en France soit aussitôt transférée au Maroc.
Bien que vivement dénoncé par les organisations de défense des droits humains [6], par les associations de magistrats et d’avocats ainsi que par la Commission nationale consultative des droits de l’Homme, cet accord est entré en vigueur en juillet 2015.
Pour nos organisations, la remise de la Légion d’honneur à M. Hammouchi serait un symbole désastreux et ne servirait qu'à blanchir les autorités marocaines et à encourager l'usage de la torture dans ce pays.
Ces dernières semaines, plusieurs militants des droits humains au Maroc ont été convoqués, interrogés ou interdits de territoire.
Nous appelons le président François Hollande à affirmer son engagement inconditionnel contre la torture et en faveur des droits humains dans l'ensemble des pays arabes sans distinction, condition sine qua non de la stabilité régionale et internationale.
Contacts :
· ACAT : Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94, pierre.motin@acatfrance.fr
· EuroMed Droits – REMDH : Hayet Zeghiche : +32 488 08 00 41, hze@euromedrights.net
· FEMED : Emmanouil Athanasiou, 01 42 05 06 22, eathanasiou@disparitions-euromed.org
· FIDH : presse@fidh.org
· LDH : Virginie Péron, 01 56 55 51 07, virginie.peron@ldh-france.org
· Survie : Julien Moisan, 01.80.89.58.23, julien.moisan@survie.org

Note aux rédactions :
· [1] Le 14 février 2015, Bernard Cazeneuve avait déclaré : « La France avait déjà eu l’occasion de distinguer M. Hammouchi en 2011 en lui attribuant le titre de chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur. Elle saura prochainement lui témoigner à nouveau son estime en lui remettant cette fois les insignes d’officier »
· [3] « La Justice marocaine en chantier », rapport de la FIDH, novembre 2014 https://www.fidh.org/IMG/pdf/maroc645f2014.pdf
· [4] Récapitulatif des plaintes déposées par l’ACAT : http://www.acatfrance.fr/…/plaintes-pour-torture-et-convoca…
· [5] Voir le communiqué : 10 ONG inquiètes des mesures d’intimidation exercées contre les victimes de torture et une ONG qui les représente : http://www.acatfrance.fr/…/9-ong-inquietes-des-mesures-dint…
· [6] Pour plus d’informations sur la convention d’entraide judiciaire : http://www.acatfrance.fr/…/non-a-l-accord-judiciaire-entre-…

Sahara : Un diplomate américain rencontre Aminatou Haidar à Laâyoune


Le conseiller politique de l’ambassade américaine à Rabat s’est réuni, hier soir, avec Aminatou Haidar à Laâyoune. Les entretiens se sont déroulés à la maison de l’activiste sahraouie en présence de quelques membres du bureau de l’association qu’elle préside, la CODESA. 
 La rencontre a duré presque une heure, indique un communiqué de l'ONG. Les discussions ont porté essentiellement sur la situation des droits de l’homme au Sahara, ajoute la même source.
Les déplacements des diplomates des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne dans la région sont fréquents. Ils servent à préparer des notes à leurs hiérarchies respectivement à Washington et à Londres à l’approche de l’examen du dossier du Sahara occidental par le Conseil de sécurité. Fin octobre, il est prévu que Christopher Ross présente aux Quinze, à huis-clos, ses observations sur les pourparlers entre le Maroc et le Polisario.

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Une organisation sahraouie se réunit avec le conseiller politique de l'ambassade des USA à Rabat

El Aaiun (territoires occupés du Sahara occidental),  15 septembre 2015 (SPS) Des membres du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'homme (CODESA) se sont réunis mardi, avec le conseiller politique auprès de l'ambassade des USA à Rabat, a indiqué le CODESA.

L’entretien a eu trait à la situation des droits de l'homme au Sahara occidental et les violations marocaines des droits humains en cours contre les civils sahraouis dans les territoires sous occupation marocaine, qui se produisent en violation des droits en conventions internationales dont le Maroc est signataire et s’est engagé à respecter devant le CDH de l’ONU et les différentes organisations et agences internationales, selon la même source.

A cet égard, le CODESA a appelé la communauté internationale à garantir le respect du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination et à l'indépendance, libérer tous les prisonniers politiques sahraouis qui croupissent encore dans les prisons marocaines et la levée de l’état de siège imposé sur le territoire du Sahara occidental par le Maroc depuis plus de 40 ans. (SPS)

020/090/TRD 161333 SEPT 015 SPS

jeudi 17 septembre 2015

Une opinion manipulée

Les « sondés » croient, pour la plupart, que la défaite de Daech résoudrait le conflit syrien et mettrait fin à la fois au terrorisme et à l’émigration.

Faut-il intervenir en Syrie ? Faut-il parler avec Bachar Al-Assad ? Convenons que cela fait beaucoup de questions pour un même numéro de Politis. Et on pourrait en ajouter une troisième, murmurée : faut-il – peut-on ? – accueillir tous les réfugiés qui se présentent aux frontières de l’Europe ? La forme interrogative n’est pas pour nous dénuée de sens. Elle signifie d’abord que nous sommes en face de problèmes infiniment complexes, et je trouve admirables, ou suspects, ceux qui savent les trancher à la serpe. Car, comme souvent dans notre monde, nos gouvernants commencent à se poser les questions au moment où il n’existe plus de bonnes réponses. Et, spécialement, lorsqu’ils sont confrontés aux conséquences de leurs propres actes. En l’occurrence, la guerre américaine de 2003 en Irak, puis le refus d’armer les courants démocratiques de la rébellion. Mais aussi, et bien en amont, les pactes avec les dictatures, militaires ou religieuses.
Plus généralement, nous sommes confrontés aux effets d’un système qui creuse monstrueusement les inégalités. Ce qui fait que les migrants, ou réfugiés économiques, sont aussi nos victimes. Bon, mais quand on a dit ça, on n’a rien dit, ou presque. Que faire maintenant ? Paradoxalement, l’affaire des réfugiés devrait être la plus simple. Il existe un principe de notre droit qui fait obligation de porter assistance à une personne en danger. C’est peu dire que les Syriens le sont. Mais les Érythréens aussi. Provisoirement au moins, l’idée d’une répartition équitable de l’accueil par tous les pays de l’Union européenne est sans doute la moins mauvaise. À condition que chacun y prenne sa part. Mais, pour l’heure, chacun est surtout désireux de plaire à son « opinion ». C’est vrai en Hongrie. C’est vrai aussi en France, où des lobbys médiatiques sont entrés en action. En témoigne la débauche de sondages. À lire cet empilement de questions incertaines et de réponses contradictoires, on pense à la phrase de François Ier, amant éconduit et passablement misogyne : « Souvent femme varie, et bien fol est qui s’y fie. » L’opinion, elle aussi, varie, tiraillée par ses émotions et par une idéologie souvent islamophobe. Une photo, même terrible, ne peut contredire durablement un discours politique de plusieurs années. Sans compter que les maires ont commencé à mesurer la contradiction qui existe entre l’appel à la générosité et les restrictions budgétaires. Le fameux « not in my backyard » fait son œuvre. Accueillez tous les réfugiés que vous voulez, mais surtout pas chez moi…
Le sociologue Patrick Champagne a superbement résumé le but des sondages : « Ils permettent de produire des effets politiques en substituant à la réalité ce que les gens sont censés penser de la réalité après une campagne de presse ayant contribué à fabriquer une certaine représentation de cette réalité.  [1] » C’est encore plus manifeste dans l’autre série de sondages qui concerne, cette fois directement, la situation en Syrie. On voudrait nous entraîner dans une guerre en Syrie qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Voilà les Français « pour la guerre », et même pour une offensive terrestre « contre l’État islamique (Daech) »  [2]. Une partie de la droite milite pour cette aberration. Imagine-t-on nos soldats engagés dans un corps-à-corps dans les ruelles de Deïr Ezzor ou de Raqa avec des tueurs fanatisés qui n’ont cure de leur propre vie ? Imagine-t-on le profit que le groupe jihadiste tirerait dans sa propagande de cette guérilla contre cette nouvelle « invasion occidentale » ? Les renforts qu’il recevrait, peut-être même de France, dépasseraient de beaucoup ses pertes. Mesure-t-on enfin les conséquences que cela aurait sur la guerre civile en renforçant Bachar Al-Assad, l’homme aux 250 000 morts, et en éloignant la perspective d’une solution politique (voir notre dossier et l’entretien avec Jean-Pierre Filiu) ?
Rien de tout ça, évidemment, n’est dit à nos « sondés » qui croient, pour la plupart, que la défaite de Daech – à supposer qu’elle soit possible – résoudrait le conflit syrien et mettrait fin à la fois au terrorisme et à l’émigration. Il faut ici citer de nouveau Patrick Champagne, reprenant lui-même Bourdieu. Pour le sociologue, l’enquête d’opinion postule « que tous les individus ont une opinion, et qu’ils se posent tous la question qu’on leur pose ». Le sondeur, pour créer son « opinion publique », s’adresse aussi bien au chercheur qui travaille sur la Syrie depuis trente ans qu’au quidam qui ignore où se situe ce pays sur une carte. Les compétences peuvent évidemment s’inverser dans un autre domaine, mais l’imposture sera la même. D’autres sondages sont plus simples. Interroger les Français sur ce qu’ils pensent de François Hollande ne requiert aucune compétence particulière. Et les conséquences de la réponse sont un peu moins dramatiques, sauf peut-être pour l’intéressé… Évidemment, rien n’indique pour l’instant que François Hollande ait envie de se lancer dans l’aventure d’une « offensive terrestre ». Mais les vols de repérage annoncés ressemblent tout de même à une concession aux sondages. Il faut bien faire « quelque chose »…

Série d’interrogatoires sur des formations « StoryMaker »


Série d’interrogatoires sur des formations « StoryMaker »

La BNPJ a, depuis quelques semaines, multiplié les interrogatoires avec plusieurs militants qui donnent des formations sur l’utilisation de l’application StoryMaker.

La Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) a convoqué pour interrogatoire, lundi 14 septembre, l’historien Maâti Mounjib, président du Centre Ibn Rochd d’études et de communication. Contacté par Telquel.ma, Maâti Mounjib affirme que cette convocation s’est faite sur la base  « d’accusations d’ébranlement de l’allégeance des citoyens à l’État et aux institutions».
Les questions posées lors de l’interrogatoire, qui a duré près de quatre heures, concernaient «des formations données par le centre Ibn Rochd, en partenariat avec l’ONG néerlandaise Free Press Unlimited, sur l’utilisation de l’application StoryMaker». La dernière formation du genre assurée par ce centre devait  se tenir en octobre 2014, selon Samad Iach, coordinateur de projet, qui affirme que l’évènement a été interdit par les autorités.  Deux mois plus tard, le Centre Ibn Rochd a été dissous en raison de son «incapacité (…) à tenir ses engagements envers ses partenaires» et «des interdictions dont souffrent les activités du centre», selon un communiqué de l’organisation.

Déstabilisation du citoyen 

D’autres personnes, liées à ces activités de formation avaient été interrogées par la BNPJ. Parmi elles, la journaliste Maria Moukrim, qui avait participé en tant que formatrice et Samad Iach, coordinateur du projet. Ce dernier s’est vu signifier, a la fin du mois d’août, une interdiction de quitter le territoire. Le coordinateur du projet du Centre Ibn Rochd a également été questionné au sujet d’accusations de  déstabilisation de «la loyauté des citoyens envers les institutions constitutionnelles» et de «tentative de semer la discorde».
Hicham Mansouri  était aussi l’un des organisateurs de la formation assurée  par le Centre Ibn Rochd. Avant sa condamnation devant la justice pour « adultère », il avait également affirmé avoir été interrogé pour les mêmes motifs sur ces formations.
Enfin, vendredi 11 septembre, Mohamed Sber, président de l’association marocaine d’éducation de la jeunesse (AMEJ), a annoncé avoir été interdit à Bab Sebta de quitter le territoire national. Son association avait organisé des sessions de formation sur la même application, Story Maker.
L’application Story Maker permet la réalisation de reportages photo, audio et vidéo à partir d’un Smartphone Android.
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 Ali Lmrabet
Hier, à 15:35 · Modifié ·

Et dire que c'est Hammouchi, soupçonné de complicité de torture, et soutenu par Ramid et Hassad, qui est derrière les persécutions dont est victime le professeur Monjib.