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jeudi 18 septembre 2014

SAUVER LE SAHARA OCCIDENTAL DE L'EXPLORATION PÉTROLIÈRE ET GAZIÈRE.

SAVE THE WESTERN SAHARA FROM OIL AND GAS EXPLORATION.
Kosmos Energy disagrees with UN legal office.
http://www.ft.com/intl/cms/s/0/458a9ea6-3cc3-11e4-871d-00144feabdc0.html#axzz3DYpUR9u8 Kosmos Energy est en désaccord avec le Bureau des affaires juridiques des Nations Unies.






http://www.ft.com/intl/CMS/s/0/458a9ea6-3cc3-11e4-871d-00144feabdc0.html#axzz3DYpUR9u8 
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Sahara Occidental : le Financial Times évoque "la bataille pour le pétrole dans la dernière colonie d'Afrique"

Londres, 19 sept 2014 (SPS) 

       Le quotidien britannique "Financial Times" a publié récemment un article intitulé "La bataille pour le pétrole dans la dernière colonie d'Afrique" dans lequel il évoque l'exploitation illégale des ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc.

"Lorsque le navire de forage "Atwood Achiever" commencera, plus tard cette année, à chercher du pétrole au large des côtes du Sahara occidental, il ne s'agira pas seulement de tests  géologiques, mais aussi d'une opération qui plongera dans un conflit vieux de 40 ans", écrit le Financial Time.

L'auteur de l'article, le journaliste Javier Blas évoque les problèmes que pourraient soulever les forages envisagés par les Groupes "Kosmos Energy", "Cairn  Energy" et la compagnie pétrolière  marocaine, au large du territoire du Sahara Occidental.

Pour le  journal, ce forage "permettra de tester la force du droit international",  rappelant, à ce sujet, l'avis juridique de l'ONU de 2002 qui stipule que "le forage sur le territoire serait légal s’il était fait pour le bien des peuples qui y vivent (…) et en violation du droit international s'il est fait au mépris des intérêts et aspirations du peuple du Sahara Occidental".

Le quotidien britannique rappelle également que toutes les compagnies pétrolières internationales qui ont, dans le passé, tenté de forer sur le territoire du Sahara Occidental, y compris le groupe américain "Kerr-McGee", se sont retirées suite notamment aux pressions des militants Droits de l'homme.(SPS)
 
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La jeunesse du PC norvégien exhorte le gouvernement à œuvrer pour la protection des droits de l'homme au Sahara occidental


Oslo, 16/9/2014 (SPS) 

  La Ligue de la jeunesse du Parti conservateur de la Norvège a appelé lundi le gouvernement de son pays à agir en faveur de la protection des droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara occidental, dans une motion adoptée à l'unanimité par le Conseil national de la jeunesse norvégienne sur ​​le Sahara occidental.

La motion demande au gouvernement de la Norvège à adopter une position "claire et franche"  contraire à celle de la France qui s’oppose à la protection des droits de l'homme au Sahara occidental.

"La Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) ferme encore les yeux sur les graves violations des droits de l'homme qui ont lieu dans le territoire occupé par le Maroc depuis 1975", a ajouté la motion, estimant  le manque d’une   composante droits de l'homme au sein de la MINURSO d’"erreur fatale qui doit être corrigée sans plus tarder".

Plus de 100 résolutions réclamant le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, a rappelé  la jeunesse conservatrice norvégienne, citant  le dernier rapport du Secrétaire général de l'ONU sur la question du Sahara occidental. (SPS)

De Casablanca à Marrakech, les rues appartiennent aux enfants


Enfants des rues au Maroc_Laurine JobinAu Maroc, on recense environ 30’000 enfants des rues. Un chiffre effrayant lorsque l’on sait les dommages qu’une telle situation a sur le développement et l’avenir des enfants. Sortis du système scolaire, en situation de pauvreté, en proie aux violences urbaines et cible de tous les trafics – qu’ils soient de drogues ou sexuels -, ces enfants ont un avenir aussi sombre que les rues dans lesquelles ils vivent.

A Casablanca, la plus grande ville du Maroc, on compte environ 7’000 enfants dans cette situation. Les «chamkers» sont ces enfants abandonnés ou ayant décidé de fuir de leur plein gré un environnement familial parfois violent et souvent peu commode. Si certains d’entre eux travaillent la journée dans la rue et rentrent le soir chez eux pour dormir, d’autres font d’un simple carton ou d’une marche d’escalier un matelas peu confortable pour passer la nuit.
Dans les rues de « Casa », poumon économique du pays qui offre un travail à plus de la moitié de tous les habitants du pays, les enfants des rues vendent de petites marchandises et des services aux piétons et aux automobilistes.

Ce phénomène n’est pas unique à Casablanca. À Marrakech, autour du plus grand souk du Maroc, les millions de touristes ne sont pas les seuls à battre le pavé : les enfants des rues y ont également pris leur quartier. Parfois organisés en clans, ils gagnent quelques sous autour du célèbre marché en vendant aux touristes des paquets de mouchoirs, d’autres produits ou des conseils.
Avec quelques Dirhams, ces enfants pourront acheter de la drogue. Pour rendre leur quotidien moins difficile, ils sniffent souvent de la colle, drogue bon marché et facile d’accès, ou d’autres produits hallucinogènes.
Le nombre précis d’enfants des rues, à Casablanca,  Marrakech et ailleurs, est difficile à établir étant donné leur mobilité. Selon le Ministère marocain de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, ce chiffre évoluerait entre dix et trente mille enfants. Par contre, l’origine de ce fléau est plus facilement identifiable : la pauvreté et le chômage qui touchent de nombreuses familles marocaines et le manque de soins et d’affection reçu par certains enfants dans le milieu familial, sont autant de facteurs qui poussent les enfants dans la rue.
Une touche de couleur dans ce sombre tableau : la société civile marocaine, incarnée par des associations et organisations non gouvernementales, tente de venir en aide à ces enfants. Parfois sur l’initiative du gouvernement, des centres d’accueil ont été ouverts et tâchent de réintégrer les enfants des rues dans le système scolaire, dans une famille et plus généralement dans la société. Cependant, le nombre d’enfants à prendre en charge est trop élevé par rapport à celui des infrastructures et du personnel qualifié affectés à cette cause. De plus, la relation de confiance entre les acteurs sociaux-éducatifs et les victimes n’est pas toujours aisée à établir : ces enfants, abandonnés par leur famille et laissés-pour-compte de la société, ont perdu toute confiance envers les adultes et tout espoir dans l’avenir.
Il convient pourtant de leur garantir leurs droits fondamentaux et, notamment, leur droit à l’enfance.


5 raisons pour lesquelles la rentrée sociale risque d’être chaude. Grève 24/9/2014



5 raisons pour lesquelles la rentrée sociale risque d’être chaude
Le gouvernement d'Abdelilah Benkirane ne peut plus reculer face aux réformes prioritaires et urgentes. /DR
Dernière mise à jour le 16/9/2014 
Après un weekend au vert à Ifrane, le gouvernement d’Abdelilah Benkirane se prépare à une rentrée sociale tendue, entre dossiers cruciaux à gérer et menaces des organisations syndicales.

1. La réforme du régime des retraites qui tarde

Promise depuis des années, la réforme du régime des retraites a encore pris du retard malgré la situation alarmante des finances de la Caisse marocaine des retraites.
Les propositions faites par le cabinet Benkirane durant l’été ont réveillé de nombreux opposants au gouvernement, qui critiquent le relèvement de l’âge du départ à la retraite de 2 à 5 ans et l’augmentation du taux de cotisation. Cependant, L’Economiste livre dans son édition de mardi que le gouvernement a décidé ce week-end de débloquer 5 milliards de dirhams pour financer cette réforme.
Abdelilah Benkirane devra également faire face aux parlementaires. /DR
Abdelilah Benkirane devra également faire face aux parlementaires. /DR

2. La réforme de la Caisse de compensation doit être menée à terme

Le sujet est tabou, pourtant le PJD l’avait pris à bras le corps lors de la campagne électorale d’il y a trois ans. Le régime de compensation devait être réformé tant il accablait les caisses de l’Etat.
Un effort a été entrepris puisque les dépenses liées à la Caisse de compensation se sont établies à 6,6 milliards de dirhams à fin mars 2014, contre 16,5 milliards un an auparavant, selon le bulletin de la Trésorerie générale du royaume publié en avril dernier.
Pourtant, la Cour des comptes appelle par l’intermédiaire de son président, Driss Jettou, a poursuivre les efforts, notamment la décompensation totale de l’essence et du fuel industriel.

3. La promotion de l’emploi en berne

Le patronat et les syndicats sont inquiets quant à la politique d’austérité et aux décisions que va prendre le gouvernement Benkirane pour favoriser la relance de l’emploi. Et les chiffres ne se veulent pas rassurants.
En effet, selon le Haut commissariat au plan (HCP), le taux de chômage est passé de 8,8% à 9,3% de la population active lors du deuxième trimestre 2014.
Le taux de chômage national continue de grimper. /DR
Le taux de chômage national continue de grimper. /DR

4. Le risque de grève générale et de menace sur la paix sociale

Face à cette situation sociale, la Confédération Démocratique du Travail (CDT) a appelé, samedi dernier, à l’organisation d’une grève nationale pour « protester contre la politique du gouvernement et sa gestion du dialogue social ». Cette grève serait suivie par un sit-in devant le Parlement.
L’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) n’est pas en reste et se dit déterminée à faire pression sur le gouvernement pour que celui-ci respecte ses engagements de concertation avec les centrales syndicales pour mener ces reformes décisives. L’UGMT reproche ainsi au gouvernement de mener ces questions sociales « de façon unilatérale et injuste », au détriment de la classe ouvrière marocaine. Un appel à la grève a été lancé pour le mercredi 24 septembre.

Les principales centrales syndicales ont appelé à une grève nationale le 24 septembre. /DR
Les principales centrales syndicales ont appelé à une grève nationale le 24 septembre. /DR

5. Le droit de grève remis en cause

Cette volonté assumée des principaux syndicats de rompre le climat d’apaisement social, par des grèves sectorielles et générales, n’est pas surprenant après la décision du gouvernement de systématiser la déduction des jours de grèves des salaires des fonctionnaires grévistes, comme dans le privé.
Cette annonce faite en novembre dernier par Mustapha Ramid, ministre de la Justice et des libertés, avait été suivi par des ordres de prélèvements sur les salaires des fonctionnaires grévistes de la Justice et de la Santé. Les enseignants grévistes ont également été touchés par cette « décision gouvernementale, appliquée dorénavant systématiquement ».
M.C.

26 photos du chemin de l’école à travers le monde à vous laisser sans voix. Incroyable !


 Ces 26 photos du chemin de l’école à travers le monde vont vous laisser sans voix. Incroyable !

Cela va faire quelques jours que les enfants sont de retour à l’école. Pour certains cela se passe bien, pour d’autres… les pleurs, les crises, les soupirs, la mauvaise volonté et tout ce qui va avec.
Pourtant, je crois que chez nous, nos enfants n’ont pas forcément toujours conscience de la chance qu’ils ont de pouvoir se rendre dans une école proche de chez eux, et globalement dans de bonnes conditions. Que ce soit en termes de temps de trajet ou bien de sécurité, les chemins de l’école en France sont bien loin de ce que montrent ces photos.
En effet, à travers le monde, il existe des endroits où les enfants risquent littéralement leur vie pour se rendre à l’école.
Nous vous avons réalisé une petite sélection que, je l’espère, vous apprécierez.
  A montrer absolument à nos enfants !
http://positivr.fr/risquer-sa-vie-pour-se-rendre-a-l-ecole/

Rappel liberté de la presse: Le Maroc stagne à la 136ème position dans le classement de RSF


En matière de liberté de la presse, le Maroc a du mal à évoluer. Le Royaume a été une nouvelle fois classé à la 136èmeposition par l’ONG Reporters sans frontières. L’affaire Anouzla a encore été citée comme l’une des raisons qui expliquent la position stagnante du Maroc. Même si des pays comme la Mauritanie, l’Algérie, l’Afghanistan et la Tunisie font mieux que le royaume, la région MENA reste encore en queue de peloton.

 
La presse marocaine n’est pas vraiment libre selon le  nouveau classement de Reporters Sans Frontières. Le royaume se situe à nouveau à la 136ème position sur un total de 180 pays cette année, contre 179 en 2013. Pour RSF, le Maroc n’a pas vraiment connu d’amélioration par rapport à 2013 puisqu’il reste au même rang. L’organisation, qui publie d’habitude son rapport en automne, a encore pointé du doigt l’affaire Anouzla qui a, une nouvelle fois, plombé le Maroc en matière de liberté d’expression.
Le gouvernement Benkirane a du mal à être crédible aux yeux de RSF. Les promesses du PJD lors des élections de 2011 en matière de liberté d’information et d’expression n’ont pas été tenues. Le résultat se ressent donc dans le nouveau tableau dressé : des pays tels que la Mauritanie (60ème), l’Algérie (121ème), l’Afghanistan (128ème), ou encore la Tunisie (133ème) - affectée par le « Printemps arabe » - sont mieux classés que le royaume. Nul besoin donc de dire tout le chemin qui reste à parcourir.

« L’alibi marocain de la lutte contre le terrorisme »
« Les autorités marocaines, placées sous la houlette des islamistes depuis les élections de 2011, tardent à concrétiser les promesses de réformes annoncées depuis le référendum constitutionnel de 2011 », fustige RSF. L’ONG revient ainsi sur l’affaire Ali Anouzla, rappelant que le directeur de la version arabophone du site d’informations Lakome a été arrêté en septembre pour avoir publié un lien vers un article du quotidien espagnol El Pais, lui-même renvoyant vers une vidéo attribuée au groupe Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI).
RSF évoque les poursuites contre le journaliste - libéré après cinq semaines passées en détention préventive -, pour « assistance matérielle » et « apologie de crimes terroristes ». Des poursuites qui pourraient occasionner dix à trente ans de  réclusion criminelle. « Cette affaire illustre l’inquiétant amalgame que font les autorités marocaines entre travail journalistique et incitation à l’exécution d’actes terroristes », regrette RSF.
« Le classement de certains pays, y compris des démocraties, est largement affecté cette année par une interprétation trop large et abusive du concept de la protection de la sécurité nationale », souligne Lucie Morillon, directrice de la recherche de Reporters sans frontières. La « lutte contre le terrorisme » est également instrumentalisée par des gouvernements prompts à qualifier les journalistes de « menaces à la sécurité nationale », explique l’organisation. Cette dernière dénonce qu’au Maroc, « les autorités confondent volontiers ’’journalisme’’ et ’’terrorisme’’ depuis l’affaire Ali Anouzla.

La zone MENA toujours à la traine
Ce n’est pas seulement le royaume qui est à la traine au Maghreb et au Moyen Orient. L’indice annuel du classement, qui synthétise les atteintes à la liberté de l’information dans 180 pays sur l’année écoulée, démontre une légère aggravation de la situation. Cet indice est passé de 3 395 points à 3 456 points, soit une augmentation générale de 1,8%. La zone Union européenne et Balkans arrive en tête (17,6) devant les Amériques (30,3), l’Afrique (35,6), l’Asie-Pacifique (42,2) et l’Europe de l’Est et l’Asie centrale (45,5). La zone Afrique du Nord et Moyen Orient ferme la marche avec un indice de 48,7.

Maroc : liberté de presse ? Oui, mais pas trop !

ali

Ecrit par Dania Akkad, pour le « Middle-East Eye »
Traduit de l’anglais par Salah Elayoubi

 

Middle-East Eye se penche sur la liberté de la presse au Maroc, au moment même où le code de la profession est dans le pipe-line du parlement, dans une quelconque sous-commission, d’où il ne manquera pas de sortir sans même l’ombre d’un amendement, ou si peu.  On peut légitimement déplorer qu’il n’ait pas, une seule fois, été fait mention dans ce papier du nom de Ali Lmrabet, condamné à dix ans d’interdiction d’exercice de la profession de journaliste. Sans doute le cas le plus emblématique de la répression menée par le régime de Mohammed VI contre la presse. Sans doute aussi, l’un des journalistes  les plus courageux de sa génération.
Dana
Dania Akkad
Au baromètre de la liberté de presse, l’indicateur  pointe désormais, en direction de plus de coercition, après avoir, un temps, oscillé entre liberté relative et répression sévère. Rédacteurs et journalistes sont de fait, confrontés à d’inquiétantes  méthodes, plus ou moins  subtiles, destinées à les museler et qui rappellent cette  période de sinistre mémoire, quelques années après l’intronisation de Mohammed VI,  lorsque certains des meilleurs et des plus brillants journalistes, durent se résoudre à quitter le pays, sous des pressions financières ou privées, afin de continuer à exercer le métier, tandis que d’autres y renoncèrent tout simplement.
Black-out sur l’information
Freedom House, Reporters sans frontières, ont abondamment décrit la lutte de ceux qui sont restés et qui ont osé enfreindre les lignes rouges que sont la vie des sahraouis, le Front Polisario, le Sahara Occidental, la critique du roi ou la remise en question de son budget. Tout comme  Human Rights Watch et Freedom House, qui, de leur côté et avec d’autres,  avaient rappelé comment les tracas n’épargnaient même pas les journalistes étrangers, comme en 2011, lorsque les autorités marocaines firent annuler l’accréditation d’Al-Jazira, à la suite d’articles jugés tendancieux, sur le Sahara occidental, et comme en 2012, lorsque le quotidien espagnol El País, fut interdit, à deux reprises, pour avoir publié une caricature du roi et évoqué un livre critique envers ce dernier.
Autant d’initiatives qui, de l’avis des observateurs et des journalistes, signifient qu’au moment même où le  gouvernement se vante de mener de vastes réformes, dans le cadre de la nouvelle constitution de 2011 (celle-là même qui a permis à la monarchie de se sortir indemne du Printemps arabe), les Marocains ont moins accès à une presse indépendante ou à des enquêtes impartiales, traitant de questions aussi cruciales que la corruption ou les dépenses publiques.
Ministres autant qu’acteurs de la société civile se plaignent également du manque d’informations fiables, mais divergent lorsqu’il s’agit d’en interpréter les raisons :
Mustapha Al-Khalfi, ministre de l’information et ancien journaliste, reconnaît bien un problème de la presse, mais comme ses collègues, il marque sa préférence pour une «troisième voie », plutôt qu’une révolution ou le maintien du statu quo.
 - « Nos médias parlent, malheureusement, très peu de l’action gouvernementale, alors que les réformes en cours, exigent une plus grande vulgarisation. Nos débats méritent meilleure couverture.  », déplore Idriss Azami Al-Idrissi,  ministre du budget.
- « Nous somme incapables de discerner le vrai du faux, en matière d’informations…….Nous nageons en plein doute.», déclare Mohammed Al-Boukili, membre de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), avant d’ajouter :
- « La véritable information demeure inaccessible aux lecteurs en zones rurales. Les journalistes n’ont accès ni aux chiffres ni aux statistiques. Nous non plus !»

Au commencement était « Le Journal »


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Abou Bakr Jamaï
L’affaiblissement des médias « participe de l’exclusion du citoyen de base, de toute vie politique », commente Abou Bakr Jamaï, ex-directeur de la publication francophone de « Lakome ». L’homme faisait partie de ce cercle de journalistes qui s’était fait connaître, à la fin des années 1990. Considérés comme subversifs, explique-t-il, parce qu’ils ne se contentaient pas d’écrire des articles d’opinion, mais faisaient également état d’informations et de points de vue.
- « Nous faisions du journalisme. Nous allions à la rencontre des gens, les interviewions et rendions compte de ce que nous avions appris. »
Alors que les ministres étaient régulièrement taclés dans les médias, donnant l’illusion d’un semblant de presse libre, le monarque était, lui, largement épargné. Jamaï et ses associés voulaient changer ce postulat.  Ce fut « Le Journal », un hebdomadaire au sein duquel de jeunes journalistes se firent les dents en brisant de grands tabous, comme cette interview du chef du Polisario ou encore cet article, sur la présumée implication de l’ancien premier ministre, Abderrahmane Youssoufi, dans le complot, visant à assassiner Hassan II.
A la veille de chaque parution, c’était comme se dire : « Mon Dieu, de quoi vont-ils parler cette semaine? », commente Michael Willis, professeur titulaire de la Chaire Mohammed VI pour les études marocaines et méditerranéennes, à l’Université d’Oxford.
La décennie suivante fut le théâtre d’une série d’escarmouches, sous la forme « édition-répression », qui opposa le journal aux autorités, jusqu’à l’interdiction de 2000, faisant suite à l’entretien avec le chef du Front Polisario. En 2001, les rotatives reprirent du service, sous un nouveau nom, avec une édition arabophone, Assahifa, avant que procès réguliers et boycott des annonceurs, n’aient raison de la santé financière du journal, avec ce coup de grâce administré par le procès en diffamation, intenté en 2006, par Claude Moniquet, directeur de l’Intelligence stratégique européen et Security Center, et l’amende de trois cent soixante mille (360 000) Dollars américains qui en a résulté. Le plaignant avait assigné le « Journal Hebdomadaire » (son nouveau nom) en justice, l’ accusant de l’avoir diffamé en avançant que son rapport sur le Sahara occidental, avait été financé par le Maroc.
Une fois le jugement confirmé par la Cour d’appel de Rabat, Jamai incapable de payer l’amende, démissionna, pour permettre au journal de continuer et quitta le pays.
- « On m’a forcé ! », dira-t-il, plus tard lors d’un entretien téléphonique, depuis la France.
Hormis quelques prestations à distance, comme  sa participation à la version francophone de Lakome, Jamai est désormais persona non grata dans le milieu professionnel. Pourtant, l’idée de reprendre la chefferie d’une rédaction, au Maroc, continue de le hanter. Il dit :
- « En fait, ça me manque à un point tel,  que je me fais violence pour l’oublier ! »

Le cas Taoufik Bouachrine et l’ « Affaire des primes »


bouachrine
Taoufik Bouachrine
  Alors que la liberté de la presse au Maroc a connu des hauts et des bas, depuis l’avènement de Mohammed VI, deux méthodes ont régulièrement cours, afin de contrôler les médias :
- Aux journalistes, les procès infamants, pour entacher leur crédibilité et jeter l’opprobre sur leur nom.
- Aux annonceurs, dont les entreprises dépendent du Makhzen, on impose le boycott des publications enfreignant les lignes rouges, afin de les asphyxier financièrement. Parfois, dit Willis, ce sont les annonceurs eux- mêmes qui s’imposent la mesure inquiets de préserver les contrats sur lesquels le monarque a un droit de regard.
- « Le Makhzen est tellement persuasif que beaucoup n’ont même pas besoin du fameux coup de téléphone pour s’exécuter ! » explique Willis
Un autre procédé, confie Touafik Bouachrine, d’Akhbar Al Youm, consiste à punir les sources.
- «  Sans doute, le procédé le plus redoutable, parce qu’il s’en prend à l’esprit même du journalisme », ajoute le rédacteur en chef, dont le quotidien tire à quarante mille (40.000) exemplaires.
L’homme qui travaille au dix-septième (17°) étage d’un immeuble casablancais, aux vitres opaques, ne peut ni voir à l’extérieur, ni être vu, et ne sait jamais qui frappe à la porte.
En 2012, son journal avait révélé l’affaire des primes que l’ex-ministre des Finances, Salaheddine Mezouar, et le trésorier général, Nourredine Bensouda, s’étaient mutuellement consenties, en se fondant sur des documents provenant d’informateurs,  au sein même du ministère des Finances.
Sitôt le papier publié, qu’une enquête fut diligentée par le ministre de la Justice,  Mustapha Ramid, membre du Parti de la Justice et du Développement (PJD), arrivé au pouvoir,  en 2012, avec pour principale étiquette, la lutte contre la corruption..
Deux ans plus tard, alors que Bouachrine persistait dans son refus de divulguer ses sources, les enquêteurs réussirent à retracer ses appels téléphoniques vers deux employés du ministère des Finances, Abdelmajid Louiz et Mohamed Reda, qui furent livrés à la justice pour « divulgation de secrets professionnels » et perdirent leur emploi. Reda fut acquitté, en mars dernier, Louiz condamné à deux mois avec sursis et une amende de deux cent quarante (240) Dollars.
Salaheddine Mezouar, ne fut jamais inquiété. Il est aujourd’hui ministre des affaires étrangères du Maroc. Nourreddine Bensouda est toujours en poste à la trésorerie.
Pour Akhbar Al Youm, l’affaire eut l’effet dissuasif que l’on devine. Le rédacteur en chef raconte :
- « Beaucoup de ceux avec lesquels nous avions coutume de travailler ne prennent même plus nos appels. Nous craignons de parler aux gens. Le métier est devenu dangereux pour nous, comme pour nos sources. »
Début 2014, Bouachrine a fait, l’objet d’un procès pour fraude fiscale à hauteur de deux cent mille (200.000) Euros,  portant sur l’achat d’une maison, à Rabat en 2007.  Le procès s’est achevé par un non-lieu, mais le mal était fait.
- « Le but est de vous isoler et vous calomnier », explique Maati Monjib, militant des droits de l’homme. « Les gens craignent plus pour leur réputation que pour leur liberté » avant d’ajouter, à propos de Bouachrine :
- «C’est très douloureux pour lui !»

Le cas Maati Mounjib et « Freedom now »


maati moujib
Maati Mounjib
Le temps d’avaler une boisson à la terrasse d’un café à rabat et Mounjib qui est aussi professeur d’histoire à l’université de Rabat, brosse une rétrospective du Maroc de ces trente (30) dernières années, dans une large perspective régionale et  jusqu’aux luttes intestines qui secouent le microcosme politique marocain.
Exilé au Sénégal, après sa participation au mouvement estudiantin marocain, l’homme y avait publié en 1992, La monarchie marocaine et la lutte pour le pouvoir. L’ouvrage est toujours interdit au Maroc. En 1995, profitant d’une amnistie générale,  il rentre au pays où il est arrêté huit jours, à la fin de la période d’amnistie. Il quitte le Maroc à nouveau pour y revenir en 2000. Depuis, il écrit dans les colonnes de Zamane traitant des sujets d’actualité du pays, à travers le prisme de son histoire :
- « C’est moins polémique ! », commente l’homme qui a  contribué à fonder Freedom Now, une organisation dont le but était le soutien au journaliste Ali Anouzla, emprisonné et dont les objectifs furent élargis à la liberté d’expression et de la presse.
Malgré des tentatives répétées Freedom Now n’a toujours pas réussi à obtenir le quitus nécessaire à sa reconnaissance et la plainte déposée en son nom, a été déboutée par la justice en juillet dernier. Interrogé à ce sujet, en Juin, le ministre de l’Information, Al-Khalfi a eu cette réponse :
- « Je ne me permettrais pas d’intervenir dans les affaires de la justice »,
Quant à l’historien qui a subi des pressions de la part d’agents, en juillet dernier, afin qu’il cesse de parler de la situation des libertés au Maroc, il conclut au téléphone :
- « Je vais poursuivre mes activités pour les droits humains et la liberté,  parce que je suis un citoyen et parce que je respecte la loi ! »

Le cas Ali Anouzla et « Lakome »

Ali Anouzla
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Ali Anouzla
Ali Anouzla est probablement l’une des plus grandes figures emblématiques du journalisme marocain. Il a passé quarante (40)  jours, en prison, après avoir publié sur la version arabophone de son journal électronique Lakome – un lien vers le site du quotidien espagnol El País  qui relayait une vidéo d’Al-Qaïda menaçant de s’en prendre au maroc.
Arrêté le 17 Septembre 2013, il est inculpé d’apologie du terrorisme et d’aide et assistance à une entreprise terroriste. Une accusation pour laquelle il risque jusqu’à vingt (20) ans de prison.  Anouzla et ses défenseurs soutiennent que la vidéo n’était qu’un  n’était qu’un prétexte.
- « Il n’a pas été arrêté en raison de Al-Qaïda, mais plutôt en raison de ce qu’il avait écrit quelques mois plus tôt sur le monarque. » soutient Mohamed Al Boukili, le plus ancien membre de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH).
Quelques mois précédant son arrestation, Anouzla avait publié un rapport sur les carrières de sable et la corruption qui entoure ce marché. Ses éditoriaux  s’étaient attaqués à l’enveloppe budgétaire du roi (851 000 Dollars par jour), à la fréquence de ses voyages à l’étranger et au  Danielgate, du nom de ce pédophile, Daniel Fino Galvin, condamné à trente (30)  ans de prison, pour le viol de onze (11) marocains âgés de quatre (4) à quinze (15) ans et que Mohammed VI avait gracié, lors de la visite au Maroc, du roi d’Espagne, Juan Carlos,.
- « J’ai été arrêté pour d’autres raisons que le terrorisme !» dit Anouzla, avant de préciser :
- « Je ne critique pas le roi pour le critiquer !»
Plusieurs mois après sa libération, Anouzla emmène l’équipe de Middle-East Eye (MEE) à travers l’étroit escalier qui mène aux bureaux, à présent déserts, de Lakome.  Quelques chaises à roulettes, trois écrans d’ordinateurs, une forêt de câbles débranchés, et quelques feuilles de papiers détachées d’un conférencier gisent à terre. C’est tout ce qu’il reste du journal.
En liberté sous caution, le journaliste explique qu’il n’est qu’ « à moitié libre ». S’il ne croit pas qu’il sera renvoyé en prison, il ne peut, en revanche, ni voyager hors des frontières du Maroc, ni publier tout ce qu’il se dit prêt à faire, en raison de la fermeture du journal, par les autorités.
- « J’ai eu plusieurs propositions à l’étranger, mais je préfère rester, parce que je pense que ma voix a plus d’écho ici et parce que je pense avoir des devoirs envers mon pays » dit-il. Et de poursuivre :
- « Le principal problème de la presse marocaine, est qu’elle est considérée comme une menace pour le pouvoir. Le gouvernement considère que Lakome est dans l’opposition. Pour eux, toute personne qui critique est dans l’opposition. Le journalisme n’est pas l’opposition. C’est juste un autre pouvoir. »
Entre révolution et statu quo, les réformes impossibles
Fraîchement arrivé de Chine, où il était en visite officielle, Mustapha Al-Khalfi, ministre de l’Information, reçoit ses invités en jeans et bras de chemise, dans un lieu qu’il affectionne tout particulièrement,  le lobby d’un hôtel de la capitale.  Ainsi attablé au milieu de l’équipe du Middle-East Eye, il passerait presque pour un journaliste, parmi les siens, plutôt que pour le politicien de carrière qu’il est.
- « Nous avons une dynamique de réformes qui se situe entre révolution et statu quo. Nous appelons cela,  la réforme dans la stabilité. »  Explique le ministre
Par réformes, Al-Khalfi et d’autres entendent l’ensemble de lois organiques destinées à mettre en application, la Constitution de 2011, contestée par le Mouvement du 20 Février, en raison de ses parrains, choisis par le roi.
Une version préliminaire du code de la presse a été présentée au parlement. Ce dernier devrait, selon le ministre, résoudre à la plupart des problèmes auxquels sont confrontés les journalistes. Mais l’adoption de la loi traîne, en grande partie,  en raison du dialogue entre l’Union des Journalistes et le ministère de tutelle :
- « Je comprends que certains exigent une mise en place rapide du nouveau code de la presse. Mais si nous avions procédé ainsi, ils n’auraient pas manqué de nous reprocher de ne pas les avoir consultées. Dix (10) mois ont été nécessaires, afin d’examiner le projet initial et y intégrer les deux tiers des cents (100) recommandations du syndicat de la presse.  Le code devrait  protéger efficacement les journalistes contre l’emprisonnement et les interdictions seraient  laissées à l’initiative des tribunaux et non du ministère de l’Information. »
A la question de savoir ce qu’il pense du boycott de ceux qui franchissent les lignes rouges, Khalfi déclare que des aides étatiques sont à la disposition de ceux qui éprouvent des difficultés financières, tout en précisant que ces cas étaient rarissimes. Il suggère :
- « Ma réponse est claire : visitez avec moi des kiosques à journaux, et vous pourrez y voir des parutions qui traitent du Sahara  ou des institutions politiques marocaines sans que les annonceurs n’en soient absents »
Ce à quoi Willis rétorque que c’est précisément dans les kiosques que l’on se rend compte du problème :
- « Ils racontent tous la même histoire. Personne ne fait du travail d’avant-garde. En lieu et place du journalisme d’investigation, on a droit à des sujets aussi indigents que des reportages sur le secteur des affaires, alors qu’il est question de changements profonds.  Ce n’est pas tant le fait que ce soit si flagrant, ou que ça relève d’une propagande ridicule, mais écrire ce genre d’articles revient purement et  simplement à enfoncer des portes ouvertes ! »
Ceci expliquant sans doute cela, les ventes de magazines et de journaux ont chuté et le public averti de se tourner plutôt vers Twitter et Facebook à la recherche d’informations fiables.
- « Il est illusoire de penser que Facebook et Twitter puissent remplacer un journal ! », déplore Jamai.
Il est également difficile, dans ces conditions, de trouver des journalistes prêts à remettre en question le statu quo et, par conséquent, perdre leurs annonceurs, et risquer de sous-payer leurs employés,  notent les observateurs.

Le silence, cette petite mort des démocrates 

Hamza Mahfoud
hamza
Hamza Mahfoud
Hamza Mahfoud, 28 ans, a travaillé avec Anouzla, à Lakome. Il parle de « la pire année» de sa courte carrière. Mahfoud a commencé à écrire sur les bancs de l’université avant de devenir correspondant marocain pour une agence de presse russe et d’écrire pour plusieurs journaux marocains dont l’Express hebdomaire, fermé depuis.
Son implication dans le Mouvement du 20 février, et les sujets politiques qu’il traite dans ses billets, constituent un frein à ses aspirations de journaliste. Il raconte :
- « Plusieurs journaux ne peuvent pas travailler avec moi, parce que j’appartiens au Mouvement du 20 Février. Tous ceux qui critiquent la monarchie, la politique au Sahara ou l’islam, se heurteront au même problème. »
Mahfoud cite les noms de ses héros en journalisme. Ils ont quitté le pays ou ont été interdits d’exercer leur profession, ces dernières années, avant d’exprimer sa crainte d’être un jour ou l’autre arrêté. Il conclut :
« Nous avons très peu d’espoir de changer cette situation. Nous n’avons donc pas grand choix, si nous ne voulons pas être définitivement réduits au silence. ».