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vendredi 1 novembre 2013

«Jamais la cause sahraouie n’a été aussi bien placée»

Par Hassan Moali, El Watan, 2/11/2013

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Oubi Bouchraya. Ambassadeur de la RASD au Nigeria

- Quel premier bilan pouvez-vous tirer de cette Conférence africaine de soutien à la cause sahraouie ?

Comme vous le savez, cette Conférence est la première du genre sur le continent africain. Il y a d’abord la symbolique du lieu de sa tenue en ce sens qu’Abuja est l’une des capitales de l’Union africaine et que le Nigeria est un pays influent au niveau de notre continent, mais aussi au niveau international. Il va sans dire que le Nigeria s’apprête à occuper un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour un mandat de deux années. Il y a aussi le contexte de sa tenue qui coïncide avec de nouvelles données s’agissant de la cause sahraouie, notamment la demande des dirigeants africains lors du sommet extraordinaire de mai dernier à l’Union africaine et au Haut-Commissariat à la paix de redoubler d’efforts pour organiser un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui. Le contexte international est également propice, avec ce retour en grâce de la cause sahraouie dans les médias du monde, dans le sillage des violations des droits de l’homme dans les territoires occupés, notamment l’avis du Parlement européen qui a condamné expressément la politique répressive de l’Etat marocain et a appelé au respect du droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même. Il faut souligner par ailleurs le rapport du département d’Etat américain qui a pointé les violations des droits de l’homme et la pratique de la torture et d’autres décisions encore, à l’image de celles de la quatrième commission onusienne de décolonisation. Il y a donc un consensus international sur la nécessité d’organiser ce référendum d’autodétermination pour ouvrir une nouvelle page dans les relations intermaghrébines, basées sur la coopération et le bon voisinage.

- Quid de la Conférence elle-même ?

J’estime qu’elle a eu un bon retentissement au double plan officiel et populaire. Avec cette première rencontre, la cause sahraouie est sortie du cadre officiel de l’Union africaine et des organisations régionales. Cette Conférence a donc donné un coup de fouet à la cause en ce sens qu’elle a montré au monde que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est non seulement soutenu par les pays africains, mais aussi par les peuples africains, les sociétés civiles et les ONG des droits de l’homme. Je vous fais remarquer que le thème de la conférence – «Libération du Sahara occidental : la fin du colonialisme en Afrique» – est déjà un positionnement clair des participants.



- Le Maroc exerce un grand lobbying en Afrique pour s’attirer des soutiens à son occupation du Sahara occidental. Cette Conférence vise-t-elle à casser l’influence du Maroc ?

Evidemment. Le Maroc n’a ni argument ni discours. L’histoire ne lui est pas favorable, pas plus que ne le lui est la loi. Le problème de la cause sahraouie au niveau africain et même mondial, c’est le manque d’intérêt de l’opinion publique internationale et des médias. Et à chaque fois que nous nous sommes rapprochés des opinions publiques et des médias, le Maroc a perdu automatiquement ses arguments. Ceci parce qu’il ne dispose pas de substrat juridique, encore moins  historique à sa colonisation. C’est vous dire que le point fort du Maroc est moins la justesse de son occupation que la méconnaissance de la cause sahraouie par les opinions publiques et les médias.
Cette Conférence vise, de ce point de vue, à éclairer le monde pour sortir notre cause de l’isolement. Forcément, les recommandations de cette rencontre vont susciter l’intérêt des peuples africains et corrélativement réduira l’impact de la propagande marocaine, y compris parmi les pays francophones qui gravitent autour de l’espace français. Cette conférence d’Abuja constitue indéniablement un tournant dans notre volonté de briser l’embargo et de populariser notre cause en Afrique.


- S’agit-il d’une rencontre conjoncturelle ou d’une conférence pérenne, qui va se tenir régulièrement dans un pays d’Afrique ?

Cette conférence d’Abuja est effectivement le point de départ d’un sorte d’«Eucoco» africain. Le Bénin vient d’ailleurs d’être choisi à l’unanimité pour accueillir la deuxième conférence qui se tiendra en octobre 2014. C’est vous dire que cette initiative va s’inscrire dans la durée. Vous me donnez l’occasion de noter que l’absence de Pierre Galland est dictée par ses engagements en Europe, puisqu’il prépare les travaux de la 38e édition de la réunion de coordination des comités de soutien européen (Eucoco) qui se tiendra du 15 au 17 de ce mois à Rome (Italie).


- Christopher Ross a effectué il y a quelques jours une nouvelle tournée dans la région. Quelles sont les premières conclusions que vous en tirez ?

M. Ross a été une nouvelle fois confronté à l’absence de volonté politique du Maroc d’aller vers le règlement du conflit du Sahara occidental. L’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU a tenté une nouvelle formule de négociation à travers des entretiens bilatéraux avec les deux parties en conflit, en plus des pays influents du voisinage. Il poursuit son travail sur cette voie, mais n’a rien ramené de nouveau. Ce qui mérite d’être signalé cette fois encore c’est la répression musclée contre les militants sahraouis sortis dans les territoires occupés au moment même où M. Ross y était en tournée. M. Ross a donc pu voir ces manifestations populaires pacifiques dans toutes nos villes occupées, que les autorités marocaines ont réprimées dans le sang.


- Pensez-vous que toutes ces réunions et ces mobilisations soient prometteuses pour votre cause ?  

Oui, je pense que depuis le cessez-le-feu de 1991, jamais la cause sahraouie n’a été aussi bien placée sur la voie du règlement. Il y a de plus en plus d’intérêt des médias du monde aux souffrances du peuple sahraoui, mais aussi des ONG des droits de l’homme et même des gouvernements. Les missions d’observation et les séjours de militants des droits de l’homme, de parlementaires et de journalistes dans les camps des réfugiés ont été pour beaucoup dans cette prise de conscience.
La proposition des Etats-Unis, en avril dernier, d’élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme est à cet égard significative. En tout état de cause, ces dénonciations des violations des droits de l’homme, l’activisme accru des ONG, le regain d’intérêt des médias du monde nous poussent à dire que le règlement de ce conflit est désormais une question de temps.
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Une affaire que je ne comprends pas du tout, c'est l'affaire du Sahara Occidental. Une affaire entourée de vautours et de perroquets, une vache laitière pour les uns et une histoire de patriotisme imaginaire pour d'autres. Des sommes colossales sont détournées au nom du Sahara, des gueules cassées, des prisonniers politiques, des vies sacrifiées, des droits bafoués, des libertés enchaînées, des orphelins et des veuves, le tout au nom du Sahara.

Et il vient nous dire que l'affaire est dans une phase décisive. Ah ouais! Et quesque ça veut dire cher patron de la nation, roi de le terre, du ciel, de la mer, de la business, de la fortune, de l'air, et maître absolu sur les sujets?

Est-ce que vous avez foutu le bordel ou quoi? Vous savez que votre système éducatif ne nous nous permet pas de comprendre entre les lignes...

" Prisonniers politiques sahraouis : de nouvelles arrestations mais aussi des libérations provisoires et toujours des luttes ! "

Sahara Info n°56 – " Prisonniers politiques sahraouis : de nouvelles arrestations mais aussi des libérations provisoires et toujours des luttes !  " – Octobre 2013



Prisonniers politiques sahraouis : de nouvelles arrestations mais aussi des libérations provisoires et toujours des luttes !

Les informations reçues du Sahara occidental, sont toujours très contrastées !
Nouvelles arrestations de 19 personnes dont 5 mineurs à Assa, Zag et Guelmin à la fin d'août 2013 suite aux rassemblements organisés dans le Sud du Maroc par des citoyens marocains d'origine sahraouie qui ne cachent plus leur identité et leurs contacts avec le Front Polisario. Ces 19 personnes sont en prison sans possibilité de contacts à ce jour. 
Des libérations provisoires, les 23 et 25 octobre 2013, 11 personnes ont été mises en liberté provisoire et ont ainsi pu sortir de cette prison noire d'El Aïoun et retrouver jusqu'à leur procès, leurs familles. Mahjoub Oulad Cheikh et Kamal Trayeh condamnés à 3 ans ont commencé ce 31 octobre une grève de la faim de 48h pour protester contre les mauvaises conditions, les humiliations subies du personnel de la prison noire. Leurs familles appellent de leur côté à se rassembler devant la Cour d'Appel d'El Aïoun pour marquer leur solidarité avec les deux grévistes de la faim.
Ces situations, les 15 européens qui sont allés de prison en prison porteurs de courriers « ecrirepourlesliberer », en juillet dernier, ont pu les connaître de très près !
Plusieurs d'entre eux ont reçu réponse à leurs courriers, de la part de quelques prisonniers ou de leurs proches. Toutes disent l'importance de notre attention car toutes disent la peur d'être oubliés, toutes disent la dureté de l'arrestation et de la prison. Parmi la dizaine de réponses, deux sont celles des prisonniers qui viennent d'être libérés en octobre ! 

Victoire du courage et de la solidarité ?
Notre engagement à parrainer un prisonnier ne doit pas fléchir ! Répression des rassemblements, arrestations, justice aux ordres du pouvoir qui s'efforce d'entraver le foisonnement contestataire et démocratique qui nourrit en profondeur la société marocaine comme la « société sahraouie » du Sud-Maroc et du Sahara occidental.
Aussi nous renouvelons notre proposition à participer à une « nouvelle campagne parrainage » que nous souhaitons plus large !
Cette nouvelle newsletter pour engager de suite deux démarches !
- consultez le site www.ecrirepourlesiberer pour reprendre contact avec les infos concernant la situation des prisonniers, celle du Sahara occidental avec les rapports des observations du procès de février dernier à Rabat et ceux de la mission de juillet de 14 personnes qui ont voyagé pendant 15 jours au Sahara occidental.
- Prenez l'engagement d'écrire à l'un de ces prisonniers, en vous inscrivant en direct sur le site ou en envoyant votre inscription à mjl.dom@free.fr, l'adresse mail de la nouvelle responsable des parrainages, Michèle Joly.
- Vous recevrez alors des cartes postales préparées (arabe et français) qu'il vous suffira d'imprimer, de compléter et d'envoyer à l' un des prisonniers que l'on vous indiquera
- Si vous préférez les recevoir déjà imprimées il vous suffira de vous inscrire en donnant votre adresse postale
Pour aller plus loin :
- proposer votre engagement à participer à une collecte solidaire, telle que nous l'avions organisée en 2011/2012 pour venir en aide matériellement aux prisonniers et à leurs familles
- vous recevrez alors un formulaire de prélèvement automatique (de 5 à 20 euros mensuels)
Le parrainage reprendra en force sur cette base à partir de la mi-novembre pour coïncider avec nos engagements et la visite de plusieurs militants sahraouis du Sahara occidental, au moment de la tenue des Semaines de la Solidarité Internationale (SSI) du 15 au 24 novembre.
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

Les États membres vont décider du sort de l’accord de pêche UE-Maroc

30/10/2013
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Demain 30 octobre, les ambassadeurs des États membres de l'UE devront examiner si une majorité qualifiée en faveur du nouveau protocole pour l’accord de pêche UE- Maroc peut être atteinte.


Si la réunion de demain démontre qu'une nette majorité d'États membres votera pour le projet de protocole, la décision de signer le protocole de pêche UE-Maroc sera officialisée lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres de l'UE à la pêche, probablement mi-novembre.

Plusieurs pays ont déjà annoncé qu'ils ne seraient pas en faveur du protocole proposé par la Commission, puisque l'accord ouvre à la pêche dans les eaux du Sahara Occidental - un territoire non autonome qui est en grande partie occupé par le Maroc en violation flagrante du droit international.

La Suède et le Danemark ne font pas mystère de leur opposition, et plusieurs autres pays sont dits  abstentionnistes.

Mais les observateurs disent que c'est encore une fois l'Allemagne qui va déterminer le résultat.

En 2011, lorsque la Commission européenne a proposé une prolongation d'un an du précédent protocole de pêche UE- Maroc, l'Allemagne a fini par voter pour à la toute dernière minute, après avoir exprimé ses préoccupations sur l'accord dans les mois qui ont précédé le vote. Le changement soudain d’état d'esprit de l'Allemagne a conduit à une majorité qualifiée au Conseil pour l'extension proposée, qui a ensuite été rejetée par le Parlement européen.
http://www.wsrw.org/a111x2692

Signez la pétition: Stop à la pêche européenne au Sahara Occidental occupé!
L'UE projette de conclure en 2013 un accord de pêche avec le Maroc contraire à toute éthique. L’UE a l'intention de pêcher dans les eaux au large du Sahara Occidental occupé, en violation du droit international.
Protestez en signant cette pétition!

SOLIDARITE AVEC LES QUATRE MILITANT-E-S POURSUIVI-E-S A PARIS DANS LE CADRE D’UNE ACTION BDS EXIGEONS LEUR RELAXE !


SOLIDARITE AVEC LES QUATRE MILITANT-E-S POURSUIVI-E-S A PARIS DANS LE CADRE D’UNE ACTION BDS EXIGEONS LEUR RELAXE !

Quatre militant-e-s de la région parisienne comparaitront à nouveau le mercredi 30 Octobre devant le tribunal de Paris, pour avoir appelé au boycott des produits israéliens dans une grande surface.
Maha, Mohamed, Olivia et Ulrich avaient déja été relaxés en première instance par le tribunal de grande instance de Bobigny. Comme pour les autres procès BDS c’est le parquet qui est directement à l’origine de cet appel.

Malgré les tentatives d’intimidation des officines sionistes, le mouvement BDS n’a cessé de remporter des succès, qu’il s’agisse des boycotts économique, sportif, académique ou culturel. L’Etat d’Israël poursuit sans relâche et avec cynisme ses exactions contre le peuple palestinien mais il est de plus en isolé dans l’opinion publique internationale, qui n’est plus dupe des chantages à l’antisémitisme destinés à légitimer cette politique.
Des militants de plus en plus nombreux impliqués dans plusieurs affaires similaires ont été relaxés.
Ainsi le 14 août dernier le Tribunal de Perpignan a précisé que l’appel à BDS tel que pratiqué par la Campagne BDS n’est pas une incitation à la haine raciale ou une entrave à la liberté du commerce mais relève de la liberté d’expression.
Mais la circulaire de Michèle Alliot Marie, ancienne ministre de la justice de Nicolas Sarkozy invitant les parquets à poursuivre les militants de BDS n’a pas été abrogée.
Cette situation scandaleuse encourage certains parquets à continuer à faire appels des relaxes, c’est ce qui s’est produit concernant le procès de Perpignan.
Il est donc important d’exiger l’abrogation de cette circulaire de Michèle Alliot Marie.
A l’image du mouvement qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, la campagne BDS contre la politique de colonisation, d’apartheid et d’épuration ethnique de l’Etat israélien continuera contre vents et marées de progresser !
Nous exigeons la relaxe des quatre militant-e-s de la région parisienne et vous donnons rendez-vous le mercredi 30 Octobre devant le palais de justice de Paris, à partir de 12h pour les soutenir.
La Campagne BDS France 

www.bdsfrance.org
SOLIDARITE INTERNATIONALE AVEC LES MILITANT-E-S POURSUIVIS ! : #SOLIDARITEPROCESBDS

Des vérités d'Alger pour Christopher Ross

IL A ACHEVÉ SA TOURNÉE DANS LA RÉGION

Par

Christopher Ross en quête d'une solution rapide et définitive à la question sahraouie 
Christopher Ross en quête d'une solution rapide et définitive à la question sahraouie
Le chef de la diplomatie algérienne a assuré l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental du soutien de l'Algérie pour trouver une solution au conflit qui oppose le Maroc au Front Polisario.
Alger: dernière étape du périple de Christopher Ross au Maghreb. Le séjour algérois du diplomate américain en quête d'une solution rapide et définitive à la question sahraouie s'est achevé par une déclaration du ministère des Affaires étrangères qui confirme la position constante de l'Algérie par rapport à ce conflit. L'Algérie a renouvelé son soutien aux efforts de l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross, «pour trouver une solution politique négociée au conflit qui pourvoit aux droits d'autodétermination du peuple sahraoui» indique le communiqué qui a sanctionné l'entretien entre Ramtane Lamamra et M.Ross, auquel a pris part le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Affaires maghrébines et africaines, Madjid Bouguerra. L'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, qui s'est entretenu le 24 octobre avec le ministre de la Communication, Abdelkader Messahel, a été reçu le même jour par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal. L'audience, qui a eu lieu en présence du ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Madjid Bouguerra, a «permis d'aborder la situation dans la région et les questions d'intérêt commun», a indiqué un communiqué du cabinet du chef de l'Exécutif. «Le périple (de M.Ross) entre dans le cadre des efforts qu'il déploie au nom du secrétaire général de l'ONU pour aider les deux parties en conflit à trouver une solution politique mutuellement acceptable qui garantisse le droit à l'autodétermination au peuple sahraoui», a déclaré, mardi dernier Madjid Bouguerra aux journalistes lors de l'arrivée de l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental à Alger après un périple qui l'a successivement conduit au Maroc, aux camps de réfugiés sahraouis, aux territoires sahraouis occupés, puis en Mauritanie en tant que pays voisin et observateur. L'envoyé spécial de l'ONU avait quitté le 21 octobre les territoires occupés alors que des manifestations en faveur de l'indépendance qui ont éclaté à Smara et à El Ayoun, hauts lieux de la résistance sahraouie, ont été violemment réprimées par les forces d'occupation marocaines (Voir L'Expression du 22 octobre 2013).

Mohamed Abdelaziz écrit à l'ONU
Le président de la République sahraouie a une énième fois plaidé pour la mise en oeuvre d'un mécanisme de surveillance des droits de l'homme dans les territoires occupés pour protéger les populations sahraouies de la répression chronique des forces d'occupation marocaines. Le président sahraoui a appelé l'Organisation des Nations unies «à protéger les civils sahraouis dans les territoires occupés à travers la création d'un mécanisme onusien pour la protection et la surveillance des droits de l'homme» dans une lettre adressée le 22 octobre 2013 au Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon indique une dépêche de l'agence de presse sahraouie SPS datée de jeudi dernier. La requête du SG du Front Polisario intervient dans la foulée de la répression des manifestations pacifiques El Ayoun et Smara qui coïncidaient avec la visite dans la région de l'envoyé personnel du SG de l'ONU pour le Sahara occidental. «Les autorités marocaines ont inondé la zone occupée du Sahara occidental avec des milliers de forces de sécurité qui ont assiégé les rues et les quartiers (des deux villes sahraouies occupées) et qui ont commis des pratiques dangereuses immorales, illégales et sans faire de distinction entre les citoyens sahraouis», souligne dans sa missive le leader sahraoui qui atteste que «les vidéos, les photos et les rapports des organisations des droits de l'homme affirment que les autorités marocaines ont utilisé des manifestants marocains venant de l'intérieur du Maroc» pour réprimer les citoyens sahraouis.

Le PE soutient le peuple sahraoui
Le Parlement européen (PE) qui a adopté mardi dernier le rapport Tannock sur la situation des droits de l'homme au Sahara occidental, affirmant que «l'autodétermination (du peuple sahraoui), au même titre que les droits de l'homme, est au centre du débat pour trouver une solution au conflit du Sahara occidental» y a inscrit un amendement qui prévoit l'envoi d'une Commission conjointe Minurso-Cicr à Fadret Leguiaa, dans la région de Smara dans les territoires sahraouis occupés, où des charniers de civils sahraouis ont été récemment découverts. Dans une demande adressée aux autorités marocaines, le PE souligne «soutenir la création d'une mission Minurso-Cicr (Comité international de la Croix-Rouge) officielle dans la zone de Fadret Leguiaa afin de procéder à l'exhumation et à la restitution des dépouilles aux familles, à la suite de la découverte de fosses communes par l'équipe d'investigation de l'Université du Pays basque».
Un «coup diplomatique» pour le Polisario qui s'est félicité que le PE «n'ait pas suivi le Maroc dans sa tentative de faire évacuer la question sahraouie» de ce rapport qui marque «l'isolement de la thèse marocaine d'occupation de notre territoire et de répression de sa population» a fait remarquer Mohamed Sidati, le ministre sahraoui délégué pour l'Europe. «Le Maroc est ainsi placé sous les feux de la critique du Parlement (européen, Ndlr), au moment même où l'Union européenne concocte un nouvel accord illégal de pêche avec lui: ce rapport questionne le partenariat euro-marocain, il interpelle l'Europe» relève le responsable sahraoui qui souligne que le Parlement européen «tranche» ainsi la question des droits de l'homme, en faveur du respect des droits des Sahraouis.

Maroc/Algérie : Alger maintient son ambassadeur à Rabat

 Par Mohammed Jaabouk, yabiladi, 31.10.2013 
 Alger souhaite un dénouement rapide à la crise diplomatique avec Rabat. Elle vient juste de répondre à la décision du royaume de rappeler son ambassadeur en maintenant le sien.

Après des heures d’attentes, enfin une réaction officielle algérienne au rappel de Rabat de son ambassadeur à Alger. Vers quatorze heures, GMT, l’APS publie un communiqué du ministère des Affaires étrangères. « Cette décision injustifiée constitue une escalade malencontreuse qui s’appuie sur des motifs fallacieux et attentatoires à la souveraineté de l’Algérie, dont les positions de principe sur les questions régionales et internationales ne sont susceptibles d’aucune remise en cause sous l’effet d’interférences étrangères », indique la même source.

Le département de Ramtane Lamamra estime que la teneur du message du président Abdelaziz Bouteflika à la réunion des partisans du Polisario ne constitue guère une nouveauté. Le texte explique qu’il s’agit là d’une « position de principe de l’Algérie sur le nécessaire parachèvement de la décolonisation du Sahara occidental (qui) n’a jamais varié et le discours prononcé à Abuja par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, ne fait que rappeler la constance de cette position qui est non seulement connue mais largement soutenue par l’Union africaine, le Parlement européen, ainsi que par de nombreux autres acteurs internationaux ».

Alger maintient son ambassadeur à Rabat
Bien entendu le communiqué a évité d’aborder la demande de Bouteflika à l’ONU d’élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental.
Mais si le royaume a décidé, hier, de rappeler son ambassadeur au voisin de l’Est, « l’Algérie, en ce qui la concerne, maintient en place l’ensemble de ses missions diplomatiques et consulaires dans le royaume du Maroc, ainsi que les chefs desdites missions qui poursuivent normalement leurs activités », annonce le ministère des Affaire étrangères. Un signe d’apaisement à l’adresse des autorités marocaines.
Alger, conclut le texte, « forme le ferme espoir que cet épisode malheureux dans le cours des relations algéro-marocaines pourra être contenu dans sa juste dimension et être rapidement dépassé ». Les voies pour la reprise du dialogue ne sont donc pas totalement rompues. 
Réunion au ministère des Affaires étrangères
Suite au rappel de l’ambassadeur du Maroc à Alger, les dirigeants des partis politiques marocains ont été convoqués à une réunion, aujourd'hui, au ministère des Affaires étrangères, révèle EFE. Le secrétaire général du parti de l’Istiqlal, Hamid Chabat, a indiqué que cette réunion aurait lieu ce jeudi. Celui-ci a tenu à préciser que les critiques étaient dirigées vers le régime algérien et non le peuple algérien.

Les deux associations de parrainage de prisonniers politique



1 – L’Association des Amis de la RASD 
356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com
propose des parrainages de prisonniers politiques sahraouis. 

Une lettre par mois. Ex : 
Sahara Infon°56 – " Prisonniers politiques sahraouis : de nouvelles arrestations maisaussi des libérations provisoires et toujours des luttes !  " –Octobre 2013
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2 - L'  Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc
 79, rue des Suisses  92000 Nanterre
asdhom@asdhom.org    www.asdhom.org


propose des parrainages de prisonniers politiques et prisonniers d'opinion marocains et sahraouis 

Un point d'information par semaine.  Ex :
Point hebdomadaire n°39 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc, 26/10/2013




jeudi 31 octobre 2013

Point hebdomadaire n°40 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc

Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc
ASDHOM 79, rue des Suisses  92000 Nanterre

Point hebdomadaire n°40 sur la campagne de parrainage des prisonniers d’opinion au Maroc, 2/11/2013

Nous sommes à deux semaines de la soirée du 16 novembre qui sera entièrement consacrée à la campagne internationale de parrainage que l’ASDHOM a lancée l’année dernière en faveur des prisonniers politiques et d’opinion se trouvant derrière les barreaux des prisons marocaines, victimes de violations des droits.
Nous devons ensemble faire de cette rencontre un moment fort de la vie de cette action solidaire qui est, malheureusement, condamnée à se poursuivre tant les exactions et les atteintes aux droits élémentaires au Maroc sont nombreuses et ne cessent de jeter des victimes en prison.
Cette soirée sera aussi l’occasion pour nos parrains et marraines de nous faire part de leurs expériences, de leurs échanges avec leurs filleuls et de nous dire le soutien et le réconfort nécessaires que cela procure à quelqu’un qui se trouve privé de sa liberté.
D’ici à là, nous continuons de faire le suivi de cette campagne comme nous l’avons toujours fait chaque semaine. Voici quelques informations que nous avons reçues cette semaine relatives aux groupes de nos listes publiées sur notre site www.asdhom.org

Groupe Ifni-Prison d’Aït Melloul : Le prisonnier politique Mohamed Amzouz observe une grève de la faim depuis lundi 28 octobre 2013 pour dénoncer les conditions inhumaines de sa détention et ce, malgré les promesses faites par l’administration pénitentiaire de la prison d’Aït Melloul. Rappelons que Mohamed Amzouz, militant de l’AMDH, de l’ANDCM, du PSU et membre du secrétariat local d’ATTAC, a été arrêté en juin dernier (voir points précédents) à Tiznit pour sa participation active aux mouvements de protestation qu’a connus la ville d’Ifni. Il a été condamné à 8 mois de prison ferme par le tribunal de première instance de Tiznit. Dans une lettre adressée, le 23 octobre 2013, au ministre de la Justice et des Libertés ainsi qu’à l’Administration des prisons au Maroc et au Procureur général près du tribunal d’appel à Agadir, Mohamed Amzouz fait porter la responsabilité de la dégradation de sa santé aux responsables de la prison d’Aït Melloul.

Groupe Liberté d’expression-Journalistes-Syndicalistes :
- Le 30 octobre 2013, le juge d’instruction chargé des affaires de terrorisme près la Cour d’appel à Salé a reporté l’examen de l’affaire du journaliste Ali Anouzla au 23 décembre 2013. Rappelons qu’Ali Anouzla avait bénéficié, le vendredi 25 octobre, d’une liberté provisoire à la demande de son avocat (voir point n°39). Il continue d’être poursuivi pour les mêmes chefs d’accusation qui tombent sous la loi antiterroriste de 2003. Les deux sites d’information électronique Lakome-arabophone et francophone- qu’il codirigeait avec son collègue Aboubakr Jamaï ont été bloqués aux internautes marocains et cela, sans aucune décision judiciaire. La volonté de bâillonner la presse indépendante était manifeste dans cette affaire.
- Le mardi 29 octobre 2013 et dans une autre affaire que nous suivons, le journaliste d’Assabile Mustapha El-Hasnaoui, a vu sa condamnation passer de 4 ans à 3 ans de prison ferme par la Cour d’appel de Salé chargée des affaires de terrorisme. Il est, lui aussi, poursuivi sous le coup de la loi antiterroriste pour « constitution de bande criminelle et non dénonciation de crimes terroristes ». Il a été arrêté le 27 mai 2013 après un voyage effectué en Turquie pour un reportage sur les exilés syriens et condamné le 12 juillet à 4 ans de prison ferme par le tribunal de première instance (voir points précédents).

Groupe Sahraouis :
- La Cour d’appel d’Agadir qui examinait le 28 octobre 2013 l’appel du prisonnier politique sahraoui Sidi Bouâmoud a reporté pour la deuxième fois le procès au 11 novembre 2013. Rappelons que Sidi Bouâmoud purge à la prison locale d’Aït Melloul (voir listes) une peine de 4 ans après son transfert de la prison d’Inzgane. Son frère qui a pu lui rendre visite dernièrement s’inquiète de la détérioration de sa santé physique et mentale après l’agression dont il a fait l’objet le 26 octobre de la part de quelques fonctionnaires de la prison, suivie de sa mise au cachot dépassant les 24 heures.
- Nous nous sommes inquiétés au point n° 39 du sort réservé au jeune prisonnier politique sahraoui Hamza Jmiï lorsque ses quatre camarades du même groupe avaient été libérés provisoirement le 25 octobre 2013. Nous apprenons qu’il vient à son tour de quitter provisoirement la prison Lakhal de Laâyoune le 30 octobre 2013. Le procès des cinq (Sidi Mohamed Mallah, Mohamed Sallouh, Mahmoud Hanoun, Ajouad Farah, Hamza Jmiï) n’a pas encore été fixé.
- S’agissant d’un autre groupe de six prisonniers politiques sahraouis (Mohamed Ali Saâdi, Youssef Bouzid, Mohamed Garnit, Yassine Sidati, Aziz Hramech, Lhoucine Abah) qui se trouvaient à la même prison de Laâyoune et libérés provisoirement le 23 octobre, le tribunal qui examinait leur dossier le 30 octobre 2013 a reporté l’affaire au 27 novembre 2013 (voir point n°39).

Groupe 20-Février de Casablanca : Les trois jeunes militants du 20-Février et de l’AMDH (Rabie Homazin, Hamza Haddi et Mouad Khalloufi) ont été présentés en état d’arrestation devant le tribunal d’Ain Sebaâ à Casablanca le vendredi 1er novembre 2013 pour « violences et agressions sur agents de police » (voir point 39). Fatiha Haloui, la mère de Hamza Haddi et elle-même militante du 20-Février à Casablanca, est poursuivie également mais en liberté provisoire. Tout le groupe est défendu par Me Mohamed El-Massaoudi, qui est lui-même poursuivi dans une autre affaire (Voir points précédents).  Rappelons que les trois jeunes prisonniers politiques du groupe, séparés dans des quartiers de droit commun, observent une grève de la faim de trois jours à compter du 29 octobre pour réclamer leur regroupement, la séparation des prisonniers de droit commun et l’amélioration de leurs conditions, notamment l’accès aux études et aux soins.

Groupe « Baiser de Nador » : La plainte contre Ibtissame Lachgar, a été déposée auprès du Procureur du roi de Rabat non par « l’Organisation Unie pour les droits de l’Homme et les libertés publiques » de Nador, comme on l’a annoncée au point n°39, mais par une autre association de Rabat qui s’appelle « Association des jeunes marocains pour la citoyenneté et le développement durable ». Cette plainte pour « atteinte à la pudeur publique, etc. » concerne aussi son ami Soufiane Farès et d’autres participants au Kiss-in du 12 octobre devant le Parlement marocain en soutien aux trois jeunes (Mouhsin, Raja et Oussama) de Nador qui seront présenté-e-s devant un tribunal le 22 novembre 2013 pour avoir posté sur Facebook les photos d’un baiser échangé à la sortie d’un lycée (point n°38).

Groupe UNEM-Fès et Meknès :
- Les dix prisonniers politiques de l’UNEM-Fès (Omar Taybi, Oussama Zantar, Abdennabi Chaoul, Mohamed Réda Derkaoui, Jaber Rouijel, Mohamed Ghalout, Mohamed Boujnah, Salah Eddine Chafik, Mimoun Benzizi et  Moussa Sammouni) ont arrêté le 12 octobre 2013 leur grève de la faim de 25 jours qu’ils avaient entamée le 17 septembre pour réclamer leur libération et l’amélioration des conditions de détention. Mohamed Ghalout a vu pendant ce temps-là son procès reporté au 12 novembre 2013 ce qui l’a empêché de passer les concours qu’il avait préparés pour pouvoir poursuivre ses études. Mohamed Boujnah a été présenté devant le juge par deux fois, le 9 septembre et le 8 octobre, qui lui a notifié sa traduction devant un tribunal sans lui fixer de date. Les huit autres ainsi que Boubker Haddari et Abdelhaq Bouti, poursuivis en liberté, ont été présentés le 9 octobre 2013 devant le tribunal d’appel de Fès qui a décidé le report de la séance au 20 novembre 2013 prétextant l’absence des « témoins » qui ne sont en fait que les membres des forces de l’ordre. Inutile de dire que les grévistes de la faim ont souffert et trainent des séquelles notamment la perte du poids. 
- Les quatre prisonniers politiques de l’UNEM, Tarek Jaïbi, Younes Erroufi, Hicham Boughlad et Khaled Idnasser, qui avaient été libérés sous caution le 30 avril 2013 (voir points précédents) ont été présentés de nouveau le 29 octobre 2013 devant la Cour d’appel de Fès. Rappelons qu’ils avaient écopé en première instance d’une peine de 6 mois de prison ferme.
- L’ancien prisonnier politique Mohamed Aït Raïs a été enlevé à Fès et il est resté au secret  entre les mains de la police pendant 4 jours avant qu’il soit traduit devant le tribunal de première instance de Fès qui a décidé de le poursuivre en état d’arrestation à la prison Ain Kadous.
- Dans un communiqué sorti de la prison Toulal 2 de Meknès, Hassan Koukou (n° d’écrou 6815), l’un des cinq prisonniers politiques de l’UNEM qui y croupissent sans jugement depuis le 17 décembre 2012, décrit leurs conditions effroyables. Il nous apprend qu’il a été convoqué le 15 octobre par la direction de la prison pour le conduire ensuite à la gendarmerie royale pour une enquête concernant un rapport que le groupe avait établi sur la prison Toulal 2. Il apprend alors qu’il est accusé d’ « outrage à la justice et d’incitation à la violence au sein des étudiants » sur la base d’un rapport établi par le directeur de la prison. Le groupe qui attend toujours d’être jugé craint que les autorités marocaines ne cherchent par-là à lui coller d’autres chefs d’accusation pour l’enfoncer encore plus.

Notre détermination à défendre et à soutenir ces victimes de l’injustice et toutes les autres ne doit pas fléchir. Nous continuons inlassablement notre campagne de parrainage pour sensibiliser et faire gagner, jour après jour, des parrains et marraines à leur cause.

Bureau exécutif de l’ASDHOM
Paris, le samedi 2 novembre 2013

Maroc : El Hasnaoui, journaliste détenu pour terrorisme, condamné à 3 ans de prison

 Par

Voilà une affaire presque oubliée par les ONG des droits de l’homme et les médias. Mustapha El Hasnaoui, journaliste, dans une publication salafiste, a été condamné, hier en appel à trois ans de prison. Il est poursuivi par la loi 03/03, dite antiterrorisme.
Trois jours après la liberté provisoire accordée à Ali Anouzla, une juridiction marocaine condamne le journaliste Mustapha El Hasnaoui à trois ans de prison. Il demeure, jusqu’à présent le seul reporter en détention pour terrorisme. Le verdict a été prononcé, dans l’après-midi de lundi, par la Chambre criminelle de Cour d’appel de Salé. Une peine réduite d’une année par rapport à celle prononcée en première instance.
Force est de constater que l’affaire El Hasnaoui n’a pas bénéficié d’un élan de solidarité, tant au Maroc qu’à l’étranger, similaire à celle du directeur du site Lakome. Preuve en est la constitution tardive d’un comité de soutien au journaliste qui n'a vu le jour que le 2 septembre dernier, soit sept semaines après le verdict en première instance prononcé le 11 juillet.
Qui est responsable de cet oubli ? « C’est une question qui nous interpelle tous, associations des droits de l’homme et médias », nous confie Mohamed Zhari, le président de la Ligue de défense des droits de l’homme et coordinateur du comité El Hasnaoui.
Le fait qu’il travaillait dans la première publication salafiste au Maroc, Assabile, proche de surcroît du chef de l’association Prédication pour le coran et la sunna, Mihamed El Maghraoui, en serait peut-être la cause ? Une revue lancée le 15 juillet 2005 par des disciples du cheikh. El Hasnaoui n’a rejoint l’équipe de rédaction qu’une fois ses études universitaires terminées.

Une affaire qui remonte au 16 mai dernier
De retour d’un voyage en Turquie, le journaliste a été arrêté. Le comble, c’est qu’il n’a même pas été autorisé à entrer dans ce pays. Ce refoulement a-t-il servi d'alibi aux autorités pour l’arrêter ? Les zones d’ombres dans l’affaire El Hasnaoui sont multiples et n’ont pas encore été révélées au grand public.
Après les douze jours de garde à vue autorisés dans les affaires de terrorisme, il a été déféré devant un juge d’instruction pour « constitution de bande criminelle en vue de commettre des actes terroristes dans le cadre d'une entreprise collective visant l'atteinte grave à l'ordre public par l'intimidation, la terreur ou la violence » et « non-dénonciation d’actes de terrorisme ».
Zhari avance, dans des déclarations faites à Yabiladi, que les deux accusations seraient « sans fondements ». « Concernant la constitution de bande criminelle, nous nous interrogeons où en sont les membres et quels actes ont-ils commis ? ». L’avocat du journaliste compte soumettre le dossier à la cour de cassation.

http://www.yabiladi.com/articles/details/20551/maroc-hasnaoui-journaliste-detenu-pour.html

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Dans sa lâcheté sans limites, le Makhzen n'ayant pu "pendre" haut et court Ali, compte tenu de la mobilisation sans précédent dont il a fait l'objet, s'en est pris à notre confrère Mustapha El Hasnaoui. Subrepticement au lendemain de la libération de Ali.
 Une condamnation révoltante passée sous silence, comme le fut en son temps celle de cet autre innocent Rida Benotmane, qui a payé de quatre années de sa vie, une nouvelle sacralité, la lutte contre un terrorisme le plus souvent imaginaire !
Tout l'argent du monde ne suffirait pas. Qui peut prétendre sortir indemne d'une telle monstruosité ?????
Pendant ce temps, "ils" dissertent sur les couleurs d'une chemise !

Ali Anouzla ou la victoire du Makhzen

Par Jacob Cohen, demainonline, 27/10/2013

Jacob Cohen (Photo DR)
Jacob Cohen (Photo DR)
Opinion. Après les satisfecit d’usage – qui n’éprouverait pas un soulagement extraordinaire de voir un homme intègre, un journaliste engagé, un novateur médiatique, sortir des geôles infâmes d’un régime autoritairement ubuesque ? – vient le temps des questions.
Il serait indécent de critiquer l’homme pour avoir éventuellement cherché un arrangement avec ses persécuteurs. La prison, et en particulier celle où il a été enfermé, doit être une expérience terrifiante surtout lorsqu’on se sait innocent. Et nul doute que ses geôliers ont dû recevoir des instructions pour la lui faire goûter. Et rien que la perspective d’y passer plusieurs années aurait donné des cauchemars à plus d’un.
Ayant fait un geste magnanime – comme seule la monarchie alaouite en a le secret – en libérant le journaliste, le Makhzen a atteint ses objectifs.
Il n’est pas inopportun d’apparaître comme l’autorité suprême qui, en dernier recours, et suite aux sollicitations venant de toutes parts, fait un geste d’apaisement alors qu’il en a été l’instigateur. Il y a là un renversement de situation qui frise le machiavélisme. L’autocrate se mue en bon père du peuple au-dessus de tous. Applaudissez bonnes gens ! On lui donnerait presque la médaille du juste. Faisons confiance aux médias serviles (un quasi-pléonasme au Maroc) pour nous servir cette belle fable.
L’autre objectif atteint par le Makhzen, qui n’a eu de cesse depuis 1956 de concentrer entre ses mains la réalité du pouvoir, de tous les pouvoirs, est de contrôler toute forme d’opposition, par tous les moyens. Seules les méthodes se sont « adoucies » vu le contexte international. Avec l’arrestation et la mise en examen de Ali Anouzla, il a réussi à museler l’un des rares sites d’informations qui se croyait en état de droit véritable et non en démocratie illusoire et dévoyée. Qu’adviendra-t-il de ce site ? Il se sait sous surveillance et ses journalistes sont à la merci d’une convocation de justice initiée par le Palais. Drôle d’ambiance pour faire son métier d’informer.
Le dernier objectif recherché par le Makhzen est de caractère dissuasif. Terroriser à l’avance tous ceux qui auraient la prétention de critiquer le régime et ses dérives autoritaires. Avis aux « têtes brûlées » du 20 février et autres groupuscules contestataires. Seule une « opposition » médiatique soft, respectueuse, limitée, encadrée, sera tolérée. Et encore ! Une petite saisie de temps en temps, ou une amende, rappellent à bon escient qui est le Maître. C’est la politique de la carotte et du bâton dont Hassan 2 avait déjà montré toutes les subtilités, nous laissant une classe politique dans l’ensemble servile, timorée, corrompue, avec comme seul idéal de se faire sa place au soleil à n’importe quel prix.
Au-delà du destin personnel de Ali Anouzla, pour qui j’ai un profond respect et à qui je souhaite un avenir digne de ses qualités, les perspectives d’une démocratie réelle au Maroc paraissent bien dérisoires. La faute aussi et surtout à une élite, prise au sens large, qui a sombré dans le conformisme et la lâcheté.


 Hypocrisie sans frontières

responsables PJD

Après le communiqué du SNPM (Syndicat national de la presse makhzenienne) se félicitant de la libération du journaliste Ali Anouzla, alors qu’il l’avait enfoncé lors de son arrestation, voici venu le tour du ministre de l’injustice et du peu de libertés, El Mostafa Ramid, pour tenter de s’amender.
Ramid, qui avait également enfoncé Anouzla en défendant la décision du parquet de le poursuivre sur la base de la loi antiterroriste (une loi que le PJD avait combattu quand il était dans l’opposition…), a tenu, en catimini, à féliciter le directeur de Lakome après sa mise en liberté.
Un journaliste, qui s’était présenté à la porte de la prison de Salé pour accueillir Anouzla, a été utilisé par le ministre de l’injustice pour faire passer ses « félicitations ». Hors des caméras et des regards indiscrets, ce journaliste, dont certains pensent qu’il s’agit de Taoufik Bouachrine, le directeur du quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum, a reçu, tout à fait par hasard bien entendu, sur son portable un coup de fil de Ramid. Entreprenant, il a passé le portable à Anouzla qui, selon le site Goud, « a été piégé » puisqu’il ne s’y attendait pas.
Le bon Ramid a alors félicité Anouzla pour sa mise en liberté. B’la hchouma !
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=27590
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 Par Ali Lmrabet : Ali Anouzla a été libéré 
 Un journaliste est libre mais la liberté d’expression est toujours emprisonnée. 
 URL courte: http://www.demainonline.com/?p=27502http://www.demainonline.com/?p=27502

Je ne comprends pas les réactions de certainEs amiEs qui boudent leur plaisir ...

 
Je ne comprends pas les réactions de certainEs amiEs qui boudent leur plaisir face à la libération d'Anouzla ! On lutte pour sa libération, et quand il est enfin libéré, on crie que c'est le Makhzen qui a gagné !! 
 Ainsi donc, voilà un pouvoir qui est obligé de se dédire, après avoir porté les accusations les plus lourdes, mobilisé ses sous-fifres de journalistes, ses partis croupions, sa police et son parquet, après avoir juré ses grands Dieux que l'affaire est extrêmement grave, après avoir essayé de faire la sourde oreille aux condamnations unanimes venues de toutes parts, quand ce pouvoir est à genoux et qu'il décide d'abandonner la partie, il cherche à brouiller les pistes en obtenant des concessions mineures du concerné (suspension du site jusqu'au 22 octobre et inclusion d'un avocat additionnel dans le collectif de défense), on commence à crier à la trahison, à la manipulation et à l'échec !! 
Je crois qu'il n'y a rien de mieux pour brouiller les pistes et permettre que cette bataille ne contribue pas à nos avancées démocratiques.

Pour moi, la question est claire comme de l'eau de roche :
- Le régime a embastillé et accusé injustement Anouzla de terrorisme, et a fourbi toutes ses armes dans ce sens, allant jusqu'à y impliquer PPS, USFP et SNPM, et les petites frappes de la presse aux ordres,
- Une merveilleuse campagne de dénonciation s'est immédiatement mise en place à l'intérieur et à l'international
- Le régime a été obligé à se dédire et à libérer Anouzla, et a perdu un peu plus de sa crédibilité dans ses tentatives de terroriser les citoyenNEs.
- La bataille pour les libertés continue, pour que la relaxe de Anouzla soit prononcée, et pour que la répression terroriste ne menace plus nos journalistes.
UN POINT C'EST TOUT !
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Mohammed Belmaïzi
Absolument Fouad Abdelmoumni.  Le Makhzen a été ridiculisé et plié par une "opinion publique" vivante et décidée, qu'il a toujours ignorée !

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 Ali Anouzla a toujours été un journaliste indépendant ! »

res publicaOpinion. L’affaire Ali Anouzla est riche en enseignements. Que le pouvoir ait cherché à faire taire un journaliste connu pour sa liberté de ton et sa ligne éditoriale critique des politiques publiques et des membres de l’élite politique et économique de son pays, cela ne doit étonner personne, vu le caractère autoritaire du régime en place.
Que des  »mercenaires de la plume » n’aient pas hésité à passer à l’offensive pour discréditer, calomnier et même mettre en doute l’attachement à son pays et le professionnalisme du journaliste marocain ne sont pas non plus pour surprendre. D’ailleurs, ils n’avaient pas hésité à le faire dans le passé à l’endroit d’autres journalistes. Pourquoi auraient-ils cette fois boudé leur plaisir ?
Ces deux parties, pouvoir et  »mercenaires de la plume », ont donc été cohérents avec leur démarche dans cette affaire.
L’arrestation et la détention provisoire du journaliste Anouzla a suscité également une forte mobilisation au Maroc et à l’étranger. La cinquantaine d’organisations internationales professionnelles et de défense des droits humains n’avaient pas ménagé leurs efforts pour qu’il soit libéré et, pour ce faire, mis dans la confidence des dirigeants américains et européens. Amplifiant la pression internationale sur Rabat et donnant espoir aux soutiens marocains de la cause du journaliste.
Jusque-là, tout ou presque allait bien pour  »Freeanouzla ».
Mais voilà, il a suffi que l’on apprenne l’arrivée sur la scène d’un nouveau joueur, un proche, il est vrai, du sérail et que l’on se retrouve donc plus dans la nouvelle stratégie de défense du premier concerné, pour que le doute fasse son chemin dans l’esprit de plusieurs personnes qui, il est vrai, affichaient jusque-là leur soutien au journaliste. Le jour de la libération conditionnelle de ce dernier, certains d’entre eux sont allés jusqu’à parler de  »trahison » de sa part. Là, on a assisté, sans la moindre gène, au recyclage par ces gens-là d’une des accusations infamantes de ses adversaires.
Cette attitude suscite nombre de questions.
Trahison, s’il en est une, de qui, de quoi?
Avait-il promis quelque chose dans le passé à ces nouveaux détracteurs, avant de se dédire et donc de les trahir ? Ceux qui l’auraient par hasard oublié devraient se rappeler que M. Anouzla a toujours été un journaliste et n’a jamais été un chef politique ou un révolutionnaire. On ne devait donc pas s’attendre de sa part à ce qu’il fasse autre chose que ce qu’il est, d’un point de vue professionnel, c’est-à-dire un journaliste. Si ses nouveaux détracteurs avaient quelqu’un à blâmer dans cette affaire, cela devrait être eux-mêmes puisqu’ils l’imaginaient dans un rôle qui n’avait jamais été le sien propre. Ali Anouzla n’est ni un révolutionnaire ni un héros en quête d’une cause sacrificielle, mais un journaliste talentueux. Tout simplement!
Ensuite, à ce que l’on sache,  »Freeanouzla » n’a jamais signifié autre chose que  »liberté pour Ali Anouzla ». On est donc loin de toute confusion avec  »Freelakome » ou  »FreeMaroc » ou encore  »FreeKoulshi ». Le fait qu’il ait bénéficié d’une libération conditionnelle ne pourrait servir à le discréditer, sous prétexte que nombre de jeunes marocains continuent eux de croupir en prison pour des délits d’opinion ou de conscience. D’ailleurs, ce n’est pas lui qui les a embastillés et avait consacré plusieurs de ses articles à cette situation. Alors ne confondons pas les choses.
Aussi, ceux qui lui demandent aujourd’hui de s’expliquer et même de rendre des comptes oublient deux petits détails. D’abord, comme tout un chacun, M. Anouzla devrait être libre de faire ce qu’il estime approprié pour lui-même, peu importe ce que pourraient en penser les uns et les autres. Autrement dit: il n’a de comptes à rendre à personne. La décence veut qu’on respecte sa décision. En fin de compte, c’est de sa vie qu’il s’agit et non de celle de quiconque d’autre. Ces gens qui, jusqu’à sa libération conditionnelle, défendaient son droit à la liberté, ne se contrediraient-ils pas s’ils veulent lui tordre le bras et l’obliger à faire ce qu’il refuserait de faire?
Encore, M. Anouzla est loin d’être sorti de l’auberge… Il passera, dans quelques jours, devant le juge en lien avec les trois lourds chefs d’accusation de terrorisme que lui reproche le Procureur du Roi.
Enfin, en se retournant maintenant contre celui qu’ils défendaient jusqu’à hier, ses détracteurs ne donnent-ils pas un coup de Jarnac à la campagne »Freeanouzla » et ne servent-ils donc pas, de la sorte et à leur corps défendant, l’intérêt de ceux-là même qui avaient mis le journaliste derrière les barreaux et qu’ils disent combattre? Pourquoi ce déchirement précipité avant même que les charges criminelles retenues contre le journaliste ne soient abandonnées? En quoi un tel retournement contre Ali Anouzla servirait-il la cause dont ils se proclament les défenseurs: celle de la liberté au Maroc?
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res publica« Ali Anouzla a toujours été un journaliste indépendant ! »

Par Aziz Enhaili, 28/10/2013

Opinion. L’affaire Ali Anouzla est riche en enseignements. Que le pouvoir ait cherché à faire taire un journaliste connu pour sa liberté de ton et sa ligne éditoriale critique des politiques publiques et des membres de l’élite politique et économique de son pays, cela ne doit étonner personne, vu le caractère autoritaire du régime en place.
Que des  »mercenaires de la plume » n’aient pas hésité à passer à l’offensive pour discréditer, calomnier et même mettre en doute l’attachement à son pays et le professionnalisme du journaliste marocain ne sont pas non plus pour surprendre. D’ailleurs, ils n’avaient pas hésité à le faire dans le passé à l’endroit d’autres journalistes. Pourquoi auraient-ils cette fois boudé leur plaisir ?
Ces deux parties, pouvoir et « mercenaires de la plume », ont donc été cohérents avec leur démarche dans cette affaire.
L’arrestation et la détention provisoire du journaliste Anouzla a suscité également une forte mobilisation au Maroc et à l’étranger. La cinquantaine d’organisations internationales professionnelles et de défense des droits humains n’avaient pas ménagé leurs efforts pour qu’il soit libéré et, pour ce faire, mis dans la confidence des dirigeants américains et européens. Amplifiant la pression internationale sur Rabat et donnant espoir aux soutiens marocains de la cause du journaliste.
Jusque-là, tout ou presque allait bien pour  « Freeanouzla ».
Mais voilà, il a suffi que l’on apprenne l’arrivée sur la scène d’un nouveau joueur, un proche, il est vrai, du sérail et que l’on se retrouve donc plus dans la nouvelle stratégie de défense du premier concerné, pour que le doute fasse son chemin dans l’esprit de plusieurs personnes qui, il est vrai, affichaient jusque-là leur soutien au journaliste. Le jour de la libération conditionnelle de ce dernier, certains d’entre eux sont allés jusqu’à parler de « trahison » de sa part. Là, on a assisté, sans la moindre gêne, au recyclage par ces gens-là d’une des accusations infamantes de ses adversaires.

Cette attitude suscite nombre de questions.
Trahison, s’il en est une, de qui, de quoi?
Avait-il promis quelque chose dans le passé à ces nouveaux détracteurs, avant de se dédire et donc de les trahir ? Ceux qui l’auraient par hasard oublié devraient se rappeler que M. Anouzla a toujours été un journaliste et n’a jamais été un chef politique ou un révolutionnaire. On ne devait donc pas s’attendre de sa part à ce qu’il fasse autre chose que ce qu’il est, d’un point de vue professionnel, c’est-à-dire un journaliste. Si ses nouveaux détracteurs avaient quelqu’un à blâmer dans cette affaire, cela devrait être eux-mêmes puisqu’ils l’imaginaient dans un rôle qui n’avait jamais été le sien propre. Ali Anouzla n’est ni un révolutionnaire ni un héros en quête d’une cause sacrificielle, mais un journaliste talentueux. Tout simplement!
Ensuite, à ce que l’on sache,  »Freeanouzla » n’a jamais signifié autre chose que  »liberté pour Ali Anouzla ». On est donc loin de toute confusion avec  »Freelakome » ou  »FreeMaroc » ou encore  »FreeKoulshi ». Le fait qu’il ait bénéficié d’une libération conditionnelle ne pourrait servir à le discréditer, sous prétexte que nombre de jeunes marocains continuent eux de croupir en prison pour des délits d’opinion ou de conscience. D’ailleurs, ce n’est pas lui qui les a embastillés et avait consacré plusieurs de ses articles à cette situation. Alors ne confondons pas les choses.
Aussi, ceux qui lui demandent aujourd’hui de s’expliquer et même de rendre des comptes oublient deux petits détails. D’abord, comme tout un chacun, M. Anouzla devrait être libre de faire ce qu’il estime approprié pour lui-même, peu importe ce que pourraient en penser les uns et les autres. Autrement dit: il n’a de comptes à rendre à personne. La décence veut qu’on respecte sa décision. En fin de compte, c’est de sa vie qu’il s’agit et non de celle de quiconque d’autre. Ces gens qui, jusqu’à sa libération conditionnelle, défendaient son droit à la liberté, ne se contrediraient-ils pas s’ils veulent lui tordre le bras et l’obliger à faire ce qu’il refuserait de faire?
Encore, M. Anouzla est loin d’être sorti de l’auberge… Il passera, dans quelques jours, devant le juge en lien avec les trois lourds chefs d’accusation de terrorisme que lui reproche le Procureur du Roi.
Enfin, en se retournant maintenant contre celui qu’ils défendaient jusqu’à hier, ses détracteurs ne donnent-ils pas un coup de Jarnac à la campagne »Freeanouzla » et ne servent-ils donc pas, de la sorte et à leur corps défendant, l’intérêt de ceux-là même qui avaient mis le journaliste derrière les barreaux et qu’ils disent combattre? Pourquoi ce déchirement précipité avant même que les charges criminelles retenues contre le journaliste ne soient abandonnées? En quoi un tel retournement contre Ali Anouzla servirait-il la cause dont ils se proclament les défenseurs: celle de la liberté au Maroc?