Archives 2009-2017 du blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental et d'ailleurs(RSPMSOA), créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala. Rejoignez-nous!
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Chers amis lecteurs de solidmar,
Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeausolidmar !
Décidément, l’étau n’en finit plus de se resserrer sur le Maroc à
mesure que se multiplient les initiatives de l'ONU pour mettre fin au
statu quo qui règne au Sahara Occidental depuis plus de 20 ans.
Le premier indice révélateur du malaise marocain était fort palpable
dans la révision de Rabat de retirer sa confiance de l’envoyé personnel
du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara Occidental, Christopher
Ross. Une décision qui enseigne sur une crise réelle avec tout le
système des Nations unies. Autrement dit, une crise avec la légalité
internationale.
La crise a atteint son summum le 22 avril 2013,
lorsque la délégation américaine a levé le voile sur son intention de
présenter sa proposition d'extension du mandat de la MINURSO à la
surveillance et au respect des droits de l'homme au Sahara Occidental.
Le lendemain de l'adoption par le Conseil de Sécurité de la résolution
2099 la pression, cette fois, viendra de l'intérieur du territoire
sahraoui. L'explosion des manifestations dans les principales villes du
Sahara Occidental et la répression marocaine qui s'en est suivi ont
dévoilé le véritable visage de l'occupation marocaine au point de
soulever la réaction de la France, jusque-là allié inconditionnel du
Maroc.
Le Maroc n’a pas digéré encore la décision des
Etats-Unis de dévoiler à la lumière du jour sa position sur le conflit
du Sahara Occiental. Une position que le Maroc s'applique à camoufler
depuis l’élection de Barack Obama.
La résistance pacifique
sahraouie a gagné le bras de fer contre la brutalité de l'occupant
marocain. Rabat, qui subit le très douloureux retour de flamme lié à sa
politique d'entêtement et de répression, est prise d'une crise de délire
sans précédent. Pour justifier devant le peuple marocain l'échec de sa
politique au Sahara, Rabat charge l'Algérie de tous ses maux.
Alors que dans ses discours devant la communauté internationale, le
Maroc revendique la construction du Maghreb Arabe et l'ouverture des
frontières avec l'Algérie, l'on se trouve devant des responsables
marocains qui parlent de faire la guerre au pays voisin. C'est le signal
d'une forte détresse déclenchée par le goût amer de la défaite.
Les sorties inattendues des agents du Makhzen interviennent dans un
contexte particulier, marqué par des échecs en série de la diplomatie
marocaine dans le dossier sahraoui et dans une conjoncture économique
désastreuse qui pousse les autorités marocaines à s’endetter
dangereusement, pour éviter un glissement périlleux vers la violence et
le déclenchement d’émeutes à grande échelle qui pourraient aboutir
jusqu’à la destitution d’une monarchie chancelante.
Officiellement, le taux de chômage au Maroc est de 9,1%. Un chiffre très contesté par les milieux de l'opposition.
La dure réalité de la crise économique durable qui a déjà provoqué
trois nouvelles immolations a prouvé que les fausses réformes n'ont
servi à rien. Sentant la forte secousse qui touche le trône de Mohamed
VI, le Makhzen tente de vendre au peuple marocain des victoires
imaginaires.
Par Ali Fkir,(Ancien Prisonnier d'opinion au Maroc)
(Membre de La Commission Nationale de La Voie Démocratique) 15/5/2013
Ce qui se passe au Sahara Occidental et au sud du Maroc nous
interpelle. Je tiens à redire ce que j'avais dit en 1983. Ce qui m'avait
coûté 12 mois de prison ferme sans compter les 13 jours passés
commissariat central de Rabat. Du 23 janvier 1984 au 5 février 1985
Accompagné d'un officier de la DST, un grand bonnet du ministère de
l'intérieur, m'avait posé, entre autres, deux questions et ce, devant
l'immeuble où j'habitais. Plusieurs personnes, dont ma compagne et sa
mère, assistaient à la discussion "amicale", avant que celle-ci ne se
transforme en orage.
- Pourquoi je parlais du bagne de Tazmamart, alors qu"il n'existe pas"
- Quelle étais ma position relative à la "cause nationale", c'est à dire relative au conflit du Sahara Occidental
J'avais répondu ( le grand bonnet et son acolyte vont lire ce que je
dis. Je n'invente rien messieurs !): Je maintiens ce que j'avais dit du
bagne de Tazmamart. Je le dis publiquement, quant au conflit du Sahara
Occidental, ce qui m'intéresse ce n'est pas la "libération" du sable,
mais la libération de l'Homme. Or seuls les sahraouis savent ce qui leur
convient. C'est pourquoi je défends la position d'ILAL AMAM qui défend
le principe de l'autodétermination des sahraouis.
Ces réponses ont
mis hors de lui le grand bonnet. Mais il n'avait ni insulté, ni menacé.
Il fallait attendre 7 mois pour que la police profite du soulèvement de
janvier 1984 pour me faire payer cette déclaration.
- Des années
après, l'Etat, au plus haut sommet, reconnait l'existence du bagne de
Tazmarat et décide "d'indemniser" les victimes du crime.
-
Aujourd'hui, les événements qui se passent au Sahara Occidental et au
sud du Maroc, donnent raison à ILAL AMAM (aujourd'hui ANNAHJ ADDIMOCRATI).
L'entêtement ne mène à rien. Le peuple marocain paie trop, trop cher
l'entêtement des décideurs. Le conflit est devenu un gouffre. Des
milliards sont ainsi jetés bêtement. Seuls les grands bonnets et les
fournisseurs d'armes en profitent.
la décision raisonnable ne peut
venir que du palais et de son entourage. C'est la constitution qui leur
donne ce pouvoir. Ceux qui ont dit "OUI" en juillet 2011, n'ont rien à
dire. De toute façon, ils sont incapables de dire non. Ils sont inféodés
au régime. Les autres opposants chauvins monarchistes, se limiteront à
des communiqués de pleurnichons.
Nous, opposition marxiste, nous
avons dit NON à la constitution makhzenienne qui légitime la tyrannie,
nous luttons pour que le peuple marocain puisse librement
s'autodéterminer (choisir son régime politique, son modèle économique,
son organisation sociale...).
Jusqu'à la fin des années 60, l'Etat
considérait la Mauritanie, partie intégrante du pays. Un ministère de la
Mauritanie Existait. L'entêtemnt n'avait mené à rien. Le palais avait
choisi la voie de la raison. L'Etat reconnut alors la souverainté de la
Mauritanie. Hassan II avait prétendu que c'était un héritage malheureux
de l'époque de son père.
Les chauvins n'avaient pas bougé le petit doigt.
Devant l'impasse de la politique de l'entêtement, le palais et son
entourage peuvent prendre aujourd'hui la même décision que Hassan II des
années 60. Le conflit du Sahara Occidental étant un cadeau empoisonné
qu'il a laissé en héritage à plus d'un.
Qui a intérêt à ce que ce
conflit n'ait pas de solution? Les grands bonnets des forces de
répression (ceux des FAR en tête), les notables et autres riches
sahraouis, des couches algériennes (aux militants algériens d'en parler
avec plus de données), les politicards et autres capitulards
syndicalistes... qui se cachent derrière ce conflit pour justifier leur
inféodation au régime pour les uns, et leurs stérilité/passivité face à l'arrogance/virilité du patronat pour d'autres.
Depuis 1976, le Sahara occidental est en proie à un conflit opposant
les indépendantistes sahraouis du Front Polisario au Maroc, qui
revendique sa souveraineté sur l'ensemble du territoire. L'Algérie, qui
soutient et arme le Front Polisario, cherche de longue date une
ouverture sur l'océan Atlantique. Pendant que tous les regards étaient
braqués sur le Mali ou sur les répliques que connaissent la Tunisie, la
Libye ou l'Égypte après leurs "printemps" s'est joué en coulisses un
discret bras de fer sur le statut juridique de ce territoire de plus de
260 000 kilomètres carrés.
La représentante américaine au Groupe des amis du Sahara avait
proposé aux autres membres (Grande-Bretagne, Espagne, Russie et France)
une résolution qui tendait à inclure des questions liées aux droits de
l'homme dans le mandat de la Minurso, la Mission des Nations unies pour
l'organisation d'un référendum au Sahara occidental. Rabat, qui n'avait
pas été mis au courant, a immédiatement dénoncé cette volte-face qui
visait directement le royaume chérifien. Fait rare au Maroc, le roi
Mohamed VI s'est personnellement saisi du dossier et a manifesté son
mécontentement en annulant le mois dernier des manoeuvres militaires
conjointes entre son pays et les États-Unis. Il a obtenu l'appui de
toutes les tendances politiques du royaume, y compris celles qui
réclament plus de pouvoirs diplomatiques pour les partis sortis
vainqueurs des élections.
Efforts "sérieux et crédibles" pour trouver un règlement
Les autres membres du Groupe des amis du Sahara n'ont finalement pas
tardé à prendre leur distance avec l'initiative américaine. S'appuyant
sur une déclaration de Tiéman Coulibaly, ministre des Affaires
étrangères du Mali, qui affirmait début février que des combattants issus des rangs du Polisario avaient été repérés au Nord-Mali, les puissances occidentales ne voulaient pas déstabiliser un peu plus encore une région fragile
et dans laquelle le Maroc fait figure d'îlot de stabilité. Même si,
depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu de 1991, le statut final du
Sahara occidental reste à déterminer, les "grandes puissances" puis le
Conseil de sécurité de l'ONU, dans une résolution votée à l'unanimité le
25 avril 2013, ont réaffirmé la prééminence de l'initiative d'autonomie
présentée par le Maroc. Le texte onusien réaffirme que le statu quo
actuel est inacceptable et qu'il faut trouver une solution au différend
qui oppose le royaume chérifien à l'Algérie. Mohamed VI peut même se
prévaloir des efforts "sérieux et crédibles" consentis par son pays pour
trouver un règlement à la question du Sahara occidental.
Non moins importants furent les propos tenus par François Hollande
lors de sa visite à Tanger et Rabat début avril dernier. Le chef de
l'État a réaffirmé sa position "ferme et sans équivoque" en faveur du
plan marocain d'autonomie au Sahara. Il a également ajouté : "Le Maroc
accomplit chaque jour des pas décisifs vers la démocratie, conduit de
façon cohérente son développement, assure son unité fondée sur la
reconnaissance des diversités." Mieux, il a remis à l'honneur le plan présenté en 2007 par le Maroc qui
préconise une large autonomie dans le cadre de la souveraineté du
royaume alaouite. "Je le redis ici, c'est une base et sérieuse et
crédible en vue d'une solution négociée." Ce projet, désormais soutenu
par la France, l'Espagne ainsi que la majeure partie des pays de la
Ligue arabe, semble être le seul.
Un pas a donc été franchi dans le règlement de ce conflit oublié qui,
à intervalles réguliers, menace de se réveiller. La balle est désormais
dans le camp des Sahraouis et de leur allié algérien. Pourront-ils
longtemps continuer de faire la sourde oreille aux diplomates qui
prônent le réalisme, refusent d'exercer la moindre pression sur Rabat et
rappellent les propos tenus par Peter van Walsum, l'envoyé spécial du
secrétaire général de l'ONU dans la région, qui avait affirmé qu'un
"Sahara occidental indépendant n'était pas une proposition réaliste" ? http://www.lepoint.fr/monde/sahara-occidental-le-maroc-garde-la-main-15-05-2013-1666739_24.php
Dernièrement, de violentes émeutes ont éclaté à El Aiun,
chef-lieu du Sahara occidental. Ces évènements d’une violence encore
jamais vue, ont fait remonter à la surface de l’actualité l’histoire
d’un vieux conflit oublié de tout le monde et ensablé dans les dunes du
désert.
Ces évènements, de par leur ampleur et leurs
conséquences, constituent une première dans cette région du nord de
l’Afrique. L’analyse de la situation sur place, nous met dans la
nécessité de procéder à un court flashback afin de pouvoir dresser un
historique de ce conflit vieux de 40 ans.
La virulente guerre médiatique à laquelle se livrent le Maroc et le
front Polisario témoigne des enjeux géopolitiques de taille auxquels la
région devrait faire face. Enfin une analyse raisonnable de ce qui vient
de se passer à El Aiun, ne saurait se faire sans comprendre au
préalable, les motifs réels qui animent ce conflit tragique datent de la
guerre froide.
Des accords rejetés par les Sahraouis
Les récents affrontements entre population civile et
forces marocaines de l’occupation (officiellement pour l’ONU le Maroc
occupe toujours illégalement le Sahara occidental) ont fait la une des
médias internationaux et ont suscité de vives réactions partout dans le
monde. Pourtant, le conflit au Sahara occidental, est loin d’être
récent. En effet, cette ex-colonie de l’Espagne, connue autrefois sous
le nom du Sahara espagnol, figurait déjà en 1963 sur la liste des
territoires n’ayant pas encore accédé à leur autodétermination. En 1975,
alors que Franco agonise, l’Espagne signe à la hâte, un accord
tripartite avec le Maroc et l’ensemble mauritanien. L’accord en question
prévoit notamment la répartition dudit territoire d’une superficie de
266 000 km² entre le Maroc (les deux tiers au nord) et la Mauritanie (le
tiers situé au sud).
En contrepartie, l’Espagne était assurée du maintien de
ses intérêts économiques dans la province. Ces accords, signés en
l’absence de toute forme de consultation avec les populations locales,
ou avec le front Polisario [1], sont immédiatement rejetés par les Sahraouis déjà en guerre contre les espagnols.
Le Polisario mènera par la suite, durant plusieurs
années une violente insurrection contre les nouveaux occupants. La
guérilla sahraouie accumule triomphes et succès militaires et inflige de
sévères défaites aussi bien aux Marocains qu’aux Mauritaniens : de
lourdes pertes sont à déplorer dans les rangs des deux armées. Affaiblie
par le coût de la guerre et en proie à de fortes perturbations
internes, la Mauritanie se retire du conflit en 1979 et reconnaît la
RASD (République arabe sahraouie démocratique) autoproclamée par le
Polisario en février 1976.
Elle abandonne également la partie du territoire qui lui
a été allouée par les accords de Madrid de 1975, que le Maroc annexe
aussitôt. La guerre au Sahara occidental prend fin en 1991, après la
signature d’un accord de cessez-le-feu entre les deux partis en guerre,
en attendant l’organisation par l’ONU d’un référendum
d’autodétermination sous quelques mois.
L’afflux incessant de Marocains venus s’installer au
Sahara, et la politique de forte colonisation qu’entreprend le Maroc,
finit par faire capoter le référendum en question. La région entre alors
dans une situation de blocage total où tous les partis campent sur
leurs positions respectives. Plusieurs envoyés spéciaux du secrétaire
général de l’ONU tentent en vain de débloquer la situation, sans grand
succès.
Invasion militaire et blocus
Depuis l’invasion militaire du Sahara occidental par le
Maroc, le régime autocratique de Rabat y impose une sévère politique de
blocus sécuritaire et médiatique. Presse internationale, ONG, de même
que les organismes de défense des droits de l’homme sont interdits de se
rendre dans les territoires occupés. Nombreuses sont les résolutions
onusiennes qui condamnent et exigent le retrait immédiat du Maroc de ce
territoire non-autonome.
Nombreuses sont également celles qui réaffirment le
droit indivisible du peuple sahraoui à l’autodétermination et à
l’indépendance, en conformité avec le droit et la légalité
internationale, comme le stipule la résolution 1514 de 1960. Le Maroc
accepte dans un premier temps l’organisation d’un référendum lors du
sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) tenu à Nairobi en
1982. Depuis, la position marocaine oscille entre acceptation
conditionnelle et refus catégorique. En 2006 Rabat annonce une
proposition unilatérale d’autonomie élargie au Sahara. L’initiative
marocaine, refusée par le Polisario, est considérée comme une tentative
de contourner la légalité internationale. Sans pour autant adopter la
proposition marocaine, les Nations unies appellent les deux partis à
entamer des pourparlers directs afin d’arriver à une solution pacifique
et durable de ce conflit, l’un des plus vieux d’Afrique, sinon du monde.
Une politique de colonisation
Dans la situation de blocage qui règne au Sahara, le
Maroc poursuit sa politique enfiévrée de répression, de colonisation et
du fait accompli. Le pays est entré, depuis son invasion militaire de ce
territoire en 1975, dans une véritable course contre la montre pour
provoquer un profond déséquilibre démographique, dans la province
revendiquée par le front Polisario. Le régime autoritaire monarchique
marocain met en place un large système de privilèges économiques et
d’exonération fiscale, en vue d’inciter les citoyens marocains à s’y
installer massivement.
Dans son différend qui l’oppose au peuple sahraoui,
désarmé et pacifiste, le régime monarchique marocain est épaulé des
grandes puissances impériales et coloniales occidentales, tout comme il
bénéficie également de l’inconditionnel soutien financier en masse des
États réactionnaires du pétrodollar. S’il n’est tellement pas difficile
de comprendre l’alignement systématique des États arabes sur les
positions marocaines -s’agissant surtout et avant tout de rassemblement
solidaires d’États non démocratiques et de régimes corrompus qui se
ressemblent tous ou presque- on a en revanche, toutes les peines du
monde à comprendre les secrets du scandaleux silence des pays
démocratiques et de leur désintérêt total vis-à-vis de ce qui se passe
au Sahara occidentale.
Par leur soutien incessant au Maroc, qui est en vérité
plus une complicité qu’un soutien, les pays européens se rendent aussi
d’une manière ou d’une autre, responsables de l’injustice qui s’éternise
au Sahara occidental.
Le rôle trouble de la France
Le 17 novembre 2010 la France empêche, en menaçant d’y
opposer son veto, l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’un
projet de résolution, qui prévoit l’envoi sur place d’une commission
internationale d’enquête, sur les sanglants évènements du campement de
Gdim Izik à El Aiun, la capitale du Sahara occidental. Sur 15 pays
membres du Conseil de sécurité, seule la France a voté contre. Le veto
français, en même temps qu’il anéantit l’aspiration des sahraouis à la
justice et à la vérité, détruit le peu de confiance dont le pays jouit
parmi la communauté internationale, et constitue un feu vert pour le
Maroc, dans sa politique d’oppression et de répression, qui perdure
depuis bientôt quatre décennies. Il faut dire que la position de la
France est essentiellement dictée par des intérêts d’ordre économiques.
Les Sahraouis assistent aujourd’hui impuissants, aux
exactions les plus graves, commises en toute impunité, à leur encontre
par le Maroc. L’amertume et la désolation remplissent leurs cœurs en
voyant le désintérêt international total auquel ils sont délaissés.
Abandonnés dans leur combat inégal contre un régime répressif, les
Sahraouis ont voulu faire part au monde du calvaire dans lequel ils
vivent, en se regroupant dans un campement aux alentours de la ville
d’El Aiun.
Le campement d’El Aiun
L’idée du campement est bien évidemment pleine de
significations et fait allusion à la situation inhumaine dans laquelle
vivent, depuis 1975 des dizaines de milliers de réfugiés sahraouis dans
les camps de Tindouf en Algérie.
Le camp installé à l’improviste en guise de protestation
contre les violations graves des droits politiques, socioéconomiques et
des droits de l’homme commises par l’État marocain, s’est vite
transformé en un gigantesque rassemblement populaire regroupant plus de
25000 sahraouis. Le politique et le social se chevauchent et
s’entremêlent dans un climat de censure, de blocus et d’embargo total.
L’État marocain, dont l’appareil répressif est connu
sous le nom du Makhzen (appareil vieux de plusieurs siècles et réputé
pour être une école de choix dans la torture et les enlèvements), ne
ménage pas ses efforts pour dissoudre le mouvement de protestation qui
gagne jour après jour en ampleur et en soutiens internationaux. Le
ministre marocain de l’Intérieur rencontre le 4 novembre 2010 un comité
qui représente les habitants du campement et leur promet une solution
rapide : des logements et des emplois allaient leur être accordés
affirmait-il.
Le 8 novembre2010, un mois jour pour jour après la mise
en place dudit campement, les forces d’occupation (armée, police,
gendarmes, forces auxiliaires, services secrets, etc.) donnent l’assaut
sur les civils sahraouis installés dans plus de 8 000 tentes. Les forces
marocaines, mettent le feu au campement et entrent en confrontation
directe avec les jeunes, les femmes et enfants, la répression est
sauvage et le constat est alarmant. L’attaque sanglante des forces
d’occupation fait plusieurs morts [2],
des centaines de blessés graves dont la majorité ne peut accéder aux
soins médicaux de peur d’être arrêtés et des centaines de disparus – 65
arrestations selon la version officielle marocaine, plus de 2000
disparus selon le Front Polisario, environ 800 d’après les services de
renseignements espagnols.
Des violences sans précédent
Quelques minutes plus tard, éclatent dans les rues d’El
Aiun de violentes émeutes opposant les forces marocaines aux jeunes
Sahraouis en colère. Les affrontements sont d’une violence encore jamais
vue auparavant dans la ville occupée. Plusieurs dizaines
d’établissements publics et privés, de véhicules et de magasins sont
incendiés. El Aiun devient une ville fantôme. Une fiévreuse chasse à
l’homme est lancée juste après : les arrestations se chiffrent par
centaines, le couvre-feu est annoncé, les coups de la répression se
déchaînent avec rage.
Les évènements sanglants qui ont secoué la capitale
occupée du Sahara occidental, représentent l’éclatement d’une situation
politique et sociale grave et tendue, qui menaçait d’exploser à tout
moment à cause de la répression marocaine qui sévit dans cette région
depuis son annexion par la force, en 1975. Ces évènements violents sont
aussi le résultat de la politique prônée par le régime tyrannique de la
monarchie : politique de favoritisme, de discrimination et de
marginalisation.
Les Sahraouis, simples citoyens comme chefs militaires
et décideurs politiques se trouvent aujourd’hui confrontés à des choix
difficiles : faire abstraction des crimes que commet l’occupant marocain
au jour le jour, ou s’engager dans la lutte armée, devenue une
revendication des masses populaires sahraouies. Le risque est de voir de
nouveau s’engouffrer la région dans le collimateur de la violence.
Aujourd’hui, le rôle des militants révolutionnaires,
marocains comme sahraouis, est de lutter contre la fièvre raciste que
les deux forces antagonistes (pouvoir marocain et indépendantistes)
nourrissent et de soutenir un projet démocratique et pacifiste.
Des militants communistes libertaires marocains et sahraouis
Le nombre exact est encore inconnu à cause de la censure
médiatique imposée par le régime monarchique de Rabat qui parle de deux
civils tués et de 11 morts dans les rangs des forces de l’ordre,
chiffres à prendre avec modération.
Des militants communistes libertaires marocains et sahraouis
[1] Mouvement de libération armée dans l’ex-colonie espagnole, fondé en 1973 par El Ouali Mostapha Sayed
[2]
Le nombre exact est encore inconnu à cause de la censure médiatique
imposée par le régime monarchique de Rabat qui parle de deux civils tués
et de 11 morts dans les rangs des forces de l’ordre, chiffres à prendre
avec modération.
Ce 11 mai 2013, la ville de Gonfreville-l'Orcher s'était mise aux
couleurs de la RASD, encore plus que d'habitude, pour accueillir dignement et
joyeusement – il y avait une fanfare – les « marcheurs » solidaires qui
venaient, depuis une semaine, de parcourir Sarthe et Normandie, de long en
large, à vélo, à pied et en moto pour dire leur solidarité avec le peuple
sahraoui et manifester très concrètement leur soutien.
Partis du Mans le 5 mai, Sahraouis et Français citoyens, jeunes et moins
jeunes, syndicalistes, militants associatifs, tous et toutes portaient un
tee-shirt proclamant sur fond noir ou bleu que le Sahara occidental n'était pas
marocain et que l'autodétermination devait être mise en place par l'ONU ! Dans
ce « costume témoignage » ils ont parcouru routes et chemins normands pour s'
arrêter en opérations « coups de poing » au Mémorial de Caen, sur les planches
de Deauville, dans le port d'Harfleur et à la mairie de Honfleur.
Les deux jours
fériés de cette semaine et un beau soleil offrant un public varié et nombreux,
intrigué mais souvent attentif à leur présence bruyante, forte des drapeaux de
la RASD et porteuse d'un message mal connu !
C'était pour tous, la meilleure façon de fêter les 40 ans du Front
Polisario, en faisant connaître la détermination, sans cesse renouvelée, des
Sahraouis présents, manifestant pour leur indépendance.
Cette caravane reliait les deux villes jumelées françaises, Le Mans et
Gonfreville, expression citoyenne du soutien aux Sahraouis, elle a été voulue et
portée par le Comité d'établissement des Cheminots de Normandie, qui déjà
anciens dans la solidarité, ont souhaité avec l'association des Amis de la RASD,
inventer des formes inédites de popularisation !
Quel succès ! Quelle réussite ! A la fois dans l'engagement de chaque
acteur de la caravane, devenue lieu de débat et d'échanges et dans l'adresse
vigoureuse à un public en vacances, qui a pu, sans doute pour la première fois,
prendre connaissance de l'existence et de la lutte d'un peuple.
C'est effectivement urgent de s'adresser ainsi à l'opinion. La position
française reste frileuse, notre pays engagé dans des liens multiples,
économiques, politiques aux côtés du Maroc, se révèle incapable d'adopter une
position équilibrée permettant de peser sur l'intransigeance marocaine et
déboucher sur de réelles négociations respectueuses du droit international.
En même temps les manifestations se multiplient dans les principales villes
du Sahara occidental pour refuser la présence marocaine. Cette liberté
d'expression revendiquée légitimement depuis l'occupation du territoire
sahraoui, s'impose aujourd'hui en dépit du retard pris par l'ONU pour s'engager
dans une protection assumée et organisée des Sahraouis au Sahara occidental
occupé. L'histoire est en train de s'écrire au Sahara occidental, comme elle
s'est écrite entre 1976 et 1991, quand l'armée et la diplomatie sahraouie
combattaient pour libérer le Sahara occidental.
A leurs côtés, la solidarité tout azimuth, doit en France et en
Europe aider à la victoire trop longtemps espérée du Peuple sahraoui, dire que
le droit ne se partage pas et que la lutte des peuples pour leur indépendance
est toujours victorieuse.
ANNAHJ
ADDIMOCRATI (la VOIE DEMOCRATIQUE) organise un meeting de solidarité
avec les prisonniers politiques au Maroc sous le thème: pour la
libération de tous les détenus politiques et la défense des libertés
démocratiques Le mercredi 22 mai à 18h, au club des avocats à Rabat
Depuis près de deux mois pour certains, des détenus politiques sont
en grève de la faim dans des prisons marocaines, à Taza, à Fès, à
Meknès.
Selon l'Association marocaine des droits de l'Homme, plusieurs
centaines de détenus politiques croupiraient dans les cellules du
Makhzen, l'appareil au service de la monarchie et de la bourgeoisie
marocaine. Il s'agit de militants d'extrême gauche, notamment syndiqués à
l'Union nationale des étudiants marocains, de militants du M20F, le
mouvement de jeunes contestant le régime et constitué à la
suite des manifestations du 20 février 2011, de manifestants arrêtés
lors d'un rassemblement interdit, de militants sahraouis. Pendant un an,
un jeune ouvrier connu comme rappeur a même été enfermé
pour avoir diffusé une chanson appréciée... sauf de la police qui y
était stigmatisée.
Les grévistes de la faim exigent une amélioration des conditions
matérielles et morales de leur détention, le droit aux soins médicaux,
une garantie de la révision de leur procès, quand ils n'ont
pas été emprisonnés arbitrairement. Ils exigent aussi qu'il soit enquêté
sur les tortures exercées sur les détenus dans les postes de police et
les prisons.
Les grèves de la faim sont, depuis 2011, fréquentes dans les prisons
du royaume. Elles seraient selon l'Observatoire national des prisons
« le seul moyen de réaliser des acquis à tous les niveaux,
surtout chez les détenus politiques, et ce depuis les années 1970 ».
Certains des grévistes de la faim ont perdu plus de 20 kilos et leur
santé est gravement en danger.
Les traitements inhumains dans les prisons doivent cesser, comme doit
cesser l'arbitraire d'un régime dictatorial qui tente ainsi, malgré ses
prétentions de « modernité », de faire taire les
opposants. On peut parier que, lors de sa visite début avril à Mohamed
VI, Hollande aura préféré « oublier » ces « détails ».
the political prisoners"students" in Morroco ! left:university of Fes city 22 comrades right:university of Taza:2 comrades university of Meknes 5 comrades university of Marrekech 10 comrades
Manifestation de soutien à Hamid Majdi devant le tribunal de Marrakech - Mercredi 8 mai 2013
Accusé de possession de drogue, le syndicaliste et conseiller
municipal de Ouarzazate dénonce «un coup monté». Hamid Majdi s'attaque
depuis plusieurs années aux pratiques anti-sociales de certaines
entreprises de la région, notamment de la filiale minière du holding
royal SNI.
Hamid Majdi, secrétaire général adjoint à l'Union locale de la
Confédération Démocratique du Travail (CDT) Ouarzazate, et conseiller
municipal de la ville (PSU), est poursuivi en état de liberté pour
possession de drogue. Il risque de 5 à 10 ans de prison ferme. Les
Douanes réclament également une amende de 800 000 DH.
La dernière audience du procès a eu lieu mercredi dernier au tribunal
de première instance de Marrakech, où le groupe de soutien à Hamid
Majdi ainsi que les mouvements démocratique de la région (CDT, PSU,
PADS, Annajh Addimocrati, AMDH) ont organisé un sit-in de solidarité.
Lors de son réquisitoire, le procureur a affirmé que Hamid Majdi
n'était pas poursuivi pour ses activités syndicales et politiques mais
pour un délit de droit commun, et que tous les indices concordaient pour
déterminer sa culpabilité. Ses avocats qualifient au contraire ce
procès de politique. Ils soulignent les incohérences du dossier et
dénoncent un coup monté pour faire taire leur client.
Hamid Majdi, un syndicaliste qui dérange
Hamid Majdi
Hamid
Majdi, père de famille de 48 ans, est originaire de Demnate, à 100 km
de Marrakech. Il est engagé dans l'action syndicale de la région depuis
plus de vingt ans, au sein de la Confédération démocratique du travail
(CDT). Employé à la préfecture de la province de Ouarzazate, où il a
crée en 1999 une section de la CDT, il est également conseiller
municipal de la ville sous l'étiquette PSU.
C'est d'ailleurs avec sa casquette de conseiller municipal qu'il
dépose une plainte en 2011 contre l'ancienne équipe de la mairie de
Ouarzazate. «J'ai découvert que des millions de dirhams manquaient
dans les caisses de la ville. Où est parti cet argent ? J'ai des
documents qui prouvent ce que j'avance mais malgré ma plainte il ne se
passe rien», affirme t-il à Lakome.
Dans cette région marquée par l'exclusion et la misère sociale, Hamid Majdi est de tous les combats, malgré «les pressions qui ne s'arrêtent jamais».
La CDT Ouarzazate comprend plusieurs sections qui couvrent les secteurs
minier et hôtelier, les deux principales activités économiques de la
région. «A Ouarzazate, nous nous sommes battus contre certains
propriétaires hôteliers qui ne déclarent pas leurs employés à la CNSS ou
qui les ont licenciés lorsque ceux-ci ont entamé une grève. Il y a eu
des décisions de justice en notre faveur : elles ne sont pas
appliquées !», explique-t-il.
Manifestation à Ouarzazate à l'appel de la CDT (janvier 2012) :
Mais le grand conflit social auquel participe Hamdi Majdi depuis plus
d'un an concerne les mineurs de Bou Azzer, localité qui abrite une mine
de cobalt exploitée par SMI (Managem, filiale du holding royal SNI). «C'est
une bataille pour faire appliquer le code du travail. Dès que nous
avons crée un bureau de la CDT à la mine, la direction l'a fermé et a
licencié les syndicalistes. Grèves, arrestations de mineurs, marches
pacifiques ont suivi», affirme Hamid Majdi. Il dénonce les
sous-déclarations à la CNSS et le fait que certains ouvriers sont
engagés par des sociétés de sous-traitance avec des contrats à durée
déterminée de trois mois, renouvelables à l'infini, bien qu'ils
travaillent depuis plus de dix ans à la mine. Il explique par ailleurs
que les conditions de travail sont particulièrement difficiles et que la
sécurité des mineurs n'est pas respectée : 9 mineurs sont morts depuis
2011. «J'ai des documents qui prouvent tout ce que j'avance. On ne
réclame pas des augmentations de salaire, simplement le respect du code
du travail !», lance-t-il.
Marche de solidarité avec les mineurs de Bou Azzer (octobre 2012) :
Novembre 2012 : l'arrestation
Début novembre 2012, alors qu'il participe à une marche de solidarité
avec les mineurs d'Imider, une autre mine de la région exploitée par
Managem, Hamid Majdi reçoit un coup de téléphone. «Il s'agissait
d'une femme, une certaine Nawal, qui se présentait comme une
syndicaliste vivant en France et qui souhaitait vivement me rencontrer.
Elle m'a dit qu'elle était en ce moment au Maroc et m'a demandé de venir
la voir à Skhirat. J'ai eu des doutes et j'ai refusé, bien qu'elle
m'ait rappelé plusieurs fois pour insister», explique-t-il à Lakome.
Mi-novembre, après la fête de l'Aïd, Hamid Majdi décide de se rendre à
Marrakech pour visiter sa famille. Il reçoit alors un nouveau coup de
téléphone de la dénommée Nawal, qui lui apprend qu'elle compte elle
aussi venir à Marrakech ce jour-là pour voir sa mère. «Elle m'a
demandé de venir la chercher devant la gare de Marrakech le lendemain
matin, ce que j'ai fait. Elle devait repartir le soir-même par avion».
La mystérieuse "Nawal"
Lorsque Hamid Majdi arrive devant la gare, «Nawal» est accompagnée
d'une vieille femme, qu'elle présente comme étant une domestique de sa
mère qu'il faut déposer au domicile familial. Le syndicaliste s'exécute
puis se rend dans un café avec Nawal devant l'hypermarché de la ville. «Je sentais que quelque chose ne tournait pas rond mais tant qu'on était en public, je ne craignais rien»,
affirme-t-il. Hamid Majdi prend alors congé de Nawal et se rend chez sa
famille. Une heure plus tard, nouveau coup de fil de la mystérieuse
femme, qui lui demande de passer la chercher en fin d'après-midi pour
l'amener à l'aéroport. Elle lui donne rendez-vous dans un café.
Problème : Hamid Majdi s'y rend mais n'y trouve personne. Le téléphone
de Nawal est désormais éteint. Après avoir attendu près d'une heure, il
décide de partir.
C'est en sortant de ce café, alors qu'il s'apprêtait à entrer dans sa voiture, que des policiers en civil surgissent. «Ils
étaient huit et ont encerclé mon véhicule. Ils ont pris la clé, m'ont
mis derrière la voiture et ont commencé à fouiller. Je n'ai pas vu ce
qu'ils faisaient. Un des policiers est alors revenu vers moi en
brandissant des sachets de drogue, de la chira et de la cocaïne, en
disant qu'ils l'ont trouvé dans ma voiture, sous mon siège et côté
passager !», explique le syndicaliste.
Les incohérences du dossier
Il est alors arrêté et amené au commissariat. La maison de sa famille
est également fouillée mais les policiers ne trouvent rien. «Ils m'ont amené avec eux, j'étais menotté devant ma mère, comme un vulgaire trafiquant, c'était dur... ». Après être passé devant un juge d'instruction, il est relâché et poursuivi en état de liberté pour possession de drogue.
Lors de son interrogatoire, Hamid Majdi raconte aux policiers
l'histoire de la mystérieuse Nawal, qu'il pense être au moins complice
de ce qu'il appelle «un coup monté». Les policiers se rendent à la gare
de Marrakech pour examiner les caméras de surveillance. Et là surprise :
ils se rendent compte que la dénommée Nawal n'est pas arrivée en train à
Marrakech, elle était déjà sur place ! Les caméras l'identifient
clairement : elle est entrée dans la gare puis en est ressortie dès que
le syndicaliste est arrivé devant le bâtiment. Les caméras la montrent
aussi entrer dans la voiture de Majdi, côté passager.
La suite est alors invraisemblable : les enquêteurs n'ont pas cherché à
retrouver cette femme ! Ils n'ont pas non plus relevé ses empreintes
sur la voiture de Majdi (qui a été saisie par la police). Les avocats du
syndicaliste ont également demandé à prélever les empreintes sur les
sachets de drogue, afin de les comparer avec celles de l'accusé. Demande
rejetée...
Le dossier précise que la police a été informée ce jour-là par un
coup de fil anonyme. Lors du procès, qui s'est ouvert en décembre
dernier, le mystérieux témoin ne s'est pas présenté, le procureur
invoquant la protection des témoins. Les avocats de Majdi ont demandé à
ce que le juge le rencontre quand même en privé. En vain...
«Le dossier est complètement vide, le procureur dit simplement
que je suis coupable car la police aurait trouvé la drogue dans ma
voiture. Pourquoi refusent-ils d'examiner les indices, la voiture, les
empreintes, les téléphones, les vidéos ? Lorsque mes avocats ont demandé
ça, le procureur n'a rien répondu !», lance Hamid Majdi.
Selon lui, il est impossible de savoir ce que va décider le juge, alors que le verdict est prévu pour le 22 mai prochain. «Normalement
je ne devrai pas être inquiet, ils savent très bien que je suis
innocent. Mais au Maroc la justice n'est pas indépendante, c'est un
procès politique. Tout peut arriver et ça fait peur...».
Hamid Majdi demande deux choses : que son innocence soit reconnue et que la vérité soit faite pour trouver «qui se cache derrière ce complot».
Manifestation de soutien à l'ouverture du procès Majdi (décembre 2012) :
L'affaire Majdi fait bien sûr penser à celle du jeune blogueur Mohamed Sokrate,
ancien militant du 20 février, condamné en appel en octobre dernier à
un an et demi de prison ferme pour "possession et trafic de drogue". Il
avait été arrêté il y a un an, en mai 2012, à la sortie d'un cybercafé à
Marrakech. Les policiers affirmaient avoir trouvé sur lui 400 grammes
de haschich. Son père et son frère avaient également été interpellés,
«enlevés» selon eux, et relâchés après que Sokrate ait signé le
procès-verbal de la police. Le jeune blogueur, dont la condamnation a
provoqué l'indignation de la société civile marocaine et des ONG internationales, est toujours incarcéré.
Il fait d'ailleurs partie des 206 détenus politiques recensés par
l'AMDH et le collectif Mamfakinch dans leur base de données récemment
mise en ligne, freekoulchi.org.
Solidarité Maroc, Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental et d'ailleurs(RSPMSOA) solidmar05[at]gmail.com 17 rue Jean Eymar 05000 Gap France
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