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jeudi 5 novembre 2009

Le CRA de Lyon, toujours cra-do ?


Par Blanchard Lucie, 03/11/2009


 Le centre de rétention administrative (CRA) de Lyon, à 1,5 kilomètres de la zone de fret de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry, où sont enfermés les étrangers en situation irrégulière arrêtés dans la région.
Comme chaque année depuis huit ans, l'association La Cimade prête ses yeux aux Lyonnais pour pénétrer derrière les barbelés du centre de rétention de Lyon (CRA). Ce lieu d'enfermement situé à 1,5 kilomètres de l'aéroport Saint-Exupéry “n'est pas une prison, mais en a tout l'air“. Il abrite en moyenne 2000 étrangers sans papiers chaque année, 2 369 précisément en 2008 selon le rapport de la Cimade qui vient de paraître.


Un coup de peinture, du lierre et du gazon
Cette année le rapport de la Cimade pointe quelques améliorations au centre de rétention de Lyon. La cour de promenade d'abord a été entièrement refaite. Elle dispose maintenant d'espaces verts, du gazon et du lierre rampant ont été introduits dans la cour du centre de rétention administrative (CRA) qui dissimulent un peu les grillages, austères aux yeux des étrangers, des policiers et des associations présentes sur place.

Autre amélioration, les salles communes ont été repeintes. Mais elles sont toujours aussi peu utilisées par les retenus selon la Cimade, car “il y fait trop chaud l'été et trop froid l'hiver“. Les étrangers préfèrent utiliser la salle d'attente de la Cimade car “il y fait bien chaud l'hiver“.
Le fonctionnement du centre reste le même. L'espace est divisé en trois zones de hauts grillages, une aile réservée aux hommes plutôt originaires des pays de l'Est, une aile réservée aux femmes et aux familles, et une dernière aile réservée aux hommes originaires d'Afrique. La division de ces trois zones par de hautes grilles “contribue en grande partie à la sensation d'enfermement qu'éprouvent les retenus et les intervenants“, écrit la Cimade.

Des chambres insalubres
En dehors de ces quelques améliorations, à l'intérieur du centre, de nombreux subsistent. Des problèmes d'infiltration d'eau notamment dans les chambres, jugées “insalubres“ par la Cimade. “Les toilettes à la turque sont toujours la règle“ au CRA, poursuit par ailleurs l'association, “malgré les recommandations des services d'hygiène et les problèmes d'accès pour les personnes à mobilité réduite“.
Les travaux de plomberie nécessaires relèveraient du bon vouloir du Secrétariat général pour l'administration de la police (SGAP), mais rien n'est fait malgré plusieurs demandes du responsable du centre. Dans les toilettes et les chambres, les mauvaises odeurs persistent dues aux problèmes d'évacuation.


Derrière les barbelés, 104 enfants en 2008
Huit places sont toujours réservées aux femmes et trois chambres aux familles au centre de rétention de Lyon, ainsi qu'une cour pour les enfants avec des jeux aménagés. Mais cette cour est tellement “étroite et oppressante“ selon la Cimade, “que les familles préfèrent l'éviter et rejoignent systématiquement la cour centrale“, où la présence d'enfants au milieu des retenus “inquiète fortement“ l'association.
Les enfants “pourraient être témoins d'événements violents et leur sécurité serait alors mis en danger“. Par ailleurs, “il est particulièrement choquant pour tous, retenus, policiers et intervenants de voir des enfants au milieu de la cour grillagée. Les retenus (…) nous interpellent systématiquement sur leur présence en rétention. Enfin, on peut sérieusement craindre que des enfants qui subissent une privation de liberté pouvant aller jusqu'à trente deux jours, après avoir été coupés brutalement de leur environnement quotidien (école et amis), en gardent des traces au plan psychologique“, écrit la Cimade dans son rapport paru le 2 novembre. Le CRA de Lyon est l'un des onze centres de rétention en France habilités à recevoir des enfants sur vingt trois. Ajouter à cela que la préfecture du Rhône est celle qui place le plus d'enfants en rétention selon la Cimade. L'année dernière, le CRA de Lyon a accueilli trente cinq familles, dont cent quatre enfants. La Cimade milite pour interdire l'enfermement des enfants.


Mensonges et violences policières
Selon la Cimade, les étrangers arrivent de plus en plus au centre de rétention après un contrôle “au faciès“ dans la rue (13% des retenus en 2008). L'association rappelle que ce type de contrôle est illégal. A posteriori, “les policiers le justifient toujours par une infraction telle que “vocifération/crachat sur la voie publique“ ou “pieds sur la banquette“. Selon la Cimade, la violence viendrait plutôt des policiers “ces derniers temps, beaucoup de retenus nous ont relaté une arrestation musclée et font état d'injures et de violences de la part des policiers, lors de l'interpellation ou de la garde à vue“ écrit l'association chargée de la défense du droit des étrangers.
A l'embarquement dans l'avion, les retenus témoignent également de violences. “Les personnes nous ont relaté qu'en cas de résistance, ils étaient attachés pieds et poings liés et qu'on les portaient comme un colis“ jusqu'à l'avion. Mais là, difficile de prouver quoique ce soit une fois les retenus renvoyés dans leur pays d'origine. Cela dit, selon La Cimade, les étrangers auraient de bonnes raison de résister à l'embarquement.

En effet, lorsque les policiers viennent les arrêter chez eux pour les conduire au centre de rétention (12% des placements en 2008), ils font souvent usage de la ruse. Selon la Cimade, "les policiers racontent aux sans papiers qu'ils vont simplement aller faire un contrôle de routine au commissariat. Mais ils les placent en garde à vue et les transfèrent dans la foulée au centre de rétention. Généralement, un avion les embarque le lendemain ou le surlendemain“, s'indigne Clémentine, en poste au CRA de Lyon depuis deux ans pour la Cimade.
A Lyon en 2008, les étrangers sans papiers placés au centre de rétention ont majoritairement été renvoyés vers l'Algérie et la Turquie, suivi de près par la Tunisie et le Maroc,et enfin le Kosovo. Souvent , ils n'étaient vêtus que d'un tee-shirt, voire de leur tenue de travail (80% des étrangers retenus en 2008 avaient un emploi rappelle la Cimade). Comme ce Marocain renvoyé au Maroc en salopette à l'effigie de son entreprise de nettoyage l'année dernière, avec un balai brosse et une serpillère pour tout bagage ... Des pratiques "incompatibles avec la dignité humaine", selon la Cimade.

En 2008, 52 % des retenus du CRA de Lyon soit 1 230 personnes étrangères sans papiers ont été reconduites dans leur pays d'origine par avion sur 2 369.




Crédit photo : MAXPPP

Tunisie: Le pays du jasmin, le miroir déformé de l’Occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées


L’arrestation du journaliste Taoufik Ben Brik, le 29 octobre, cinq jours après la réélection du président Zine El Abidine Ben Ali a retenti comme un camouflet à l’égard de ses protecteurs occidentaux et des pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.

Paris, 2 novembre 2009. La Tunisie célèbre, le 7 novembre 2009, le 22ème anniversaire du coup d’État médical du général Zine El Abidine Ben Ali, contre le père de l’indépendance tunisienne, le "Combattant suprême" Habib Bourguiba, dans une ambiance de résignation de la population découragée par la perspective d’une présidence à vie de son «général président» du fait de ses jongleries constitutionnelles visant à assurer sa longévité politique avec la complicité silencieuse de ses protecteurs occidentaux.
Régime décrié pour son usage abusif du népotisme, de la répression, de l’intimidation et de la corruption, la Tunisie continue de bénéficier néanmoins d’une étonnante mansuétude de la part des pays occidentaux, plus prompts à dénoncer les violations des droits de l’homme en Iran ou en Syrie que dans l’arrière-cour de la France (Tunisie, Maroc, Gabon, Tchad), plus prompts à s’enflammer pour le Darfour que pour Gaza, pour le Tibet que pour le Yémen. Plus prompts à fustiger la fraude électorale en Iran à grands renforts de campagnes médiatiques que le trucage massif en Afghanistan, ou la parodie de démocratie à la tunisienne ou encore la vénalité de la féodalité politique du bloc parlementaire du milliardaire libano-saoudien Saad Hariri au Liban. Plus prompts enfin à carboniser un chef d’État coupable d’avoir prolongé son mandat de trois ans, rien que trois ans, le Libanais Emile Lahoud, que leurs clients arabes multirécidivistes de la reconduction, l’Égyptien Hosni Moubarak (28 ans de pouvoir) ou le Tunisien Ben Ali (22 ans de pouvoir) ou encore les dinosaures de la Françafrique.


Doté d’une coterie familiale agglomérant des trafiquants de drogue, des écumeurs des mers et des prédateurs de banques, le roitelet tunisien trône en partage avec son envahissante épouse Leïla sur le pays du jasmin, devenu au fil des ans le royaume putride de la corruption, une parodie de démocratie, l’alibi occidental à la lutte contre le fondamentalisme religieux, le miroir déformé de l’Occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées.
En vue de la reconduction de son mandat, le petit génie de Carthage s’est surpassé lors de la dernière consultation électorale, dimanche 25 octobre, faisant preuve d’imagination et d’innovation au point que la plupart des observateurs s‘accordent à penser que le scrutin présidentiel aura été un chef d’œuvre de mascarade et d’arbitraire. Si Zine El Abidine Ben Ali a été officiellement réélu, sans surprise, pour un cinquième mandat avec 89,62 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs du ministère de l’intérieur, le président sortant n’a toutefois pas réussi à dépasser les 90 % réalisés lors des deux précédents scrutins, en 1999 et 2004.
L’homme n’avait pourtant pas ménagé ses efforts. Il a ainsi veillé à donner l’apparence d’une compétition pluraliste en s’assurant la présence de trois autres concurrents, dont deux figurants, représentants des partis proches du pouvoir, Mohamed Bouchiha, du Parti de l’Unité populaire et Ahmed Inoubli de l’Union démocratique unioniste, ainsi que M. Ahmed Brahim, dirigeant du parti Ettajdid (Renouveau, ex-communiste), seul véritable contestataire dans cette compétition.
Préconisant une transparence qui fera date dans les annales des scrutins électoraux à l’effet d’inspirer plus d’un dirigeant aspirant à l’éternité, le président Ben Ali a retourné l’équation, aménageant une transparence non pas du scrutin mais des votants par le biais des enveloppes à déposer dans les urnes, coloriées en fonction des candidats.

Le motif officiel avancé pour justifier le coloriage était de faciliter l’identification des candidats dans les zones à fort taux d’analphabétisme et le décompte des voix. Mais le vote technicolor pouvait masquer une opération de tri entre les «bons votants» et les autres, plus rares, les «mauvais votants», les abstentionnistes et autres opposants. Sans surprise, le carton présidentiel était de couleur rouge vif, très visible de loin, facilement repérable à distance et son porteur tout aussi facilement identifiable. Malheur à celui qui se serait hasardé à sortir de l’isoloir avec l’enveloppe rouge à la main. La trappe aurait été son destin. Pas difficile de présumer en effet qu’il s’inscrivait potentiellement sur la liste des candidats aux tracas.


L’arbitraire est incrusté à toutes les strates de l’état. Le ministre de la Communication a ainsi payé de son poste le fait de n’avoir su aménager un tirage au sort favorable au président Ben Ali pour la présentation de son programme à la télévision alors qu’il avait déjà accaparé 97,22 % de l’espace consacré à la campagne présidentielle par la presse écrite, contre 0,22 % pour son principal rival, Ahmed Brahim, et 1,27 et 1,28 % pour les deux autres candidats, selon une étude commune de l’Association des femmes démocrates, de la Ligue de défense des droits de l’homme et de Reporters sans Frontières (LeMonde.fr  23.10.2009 ).
Sacrifions à l’usage et souhaitons donc longue vie au président réélu Ben Ali (73 ans) et à ses protecteurs français, l’homme de la rupture affichée mais de la continuité pratiquée, le Président Nicolas Sarkozy, le Président gaulliste de la Cour des comptes, Philippe Seguin, le vacancier de Bizerte, Bertrand Delanoë, maire socialiste de Paris, le résident de Sidi Bou Saïd, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, et la cohorte des intellectuels médiatiques, pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires, qui assurent sa promotion et celle de son paradis d’enfer, notamment l’équipe de Télé-matin de France 2, William Leymergie, Sophie Davant, Françoise Laborde, ainsi que les natifs de Tunisie, le producteur Richard Moatti et la présentatrice Daniella Lombroso.
Leur silence sur l’arrestation du journaliste Taoufik Ben Brik, le 29 octobre, cinq jours après la réélection de M. Ben Ali retentit comme un camouflet à leur égard. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.

Et plutôt que de se gargariser des vertus de la démocratie à la tunisienne, plutôt que nous gargariser avec les sempiternelles ritournelles sur le rempart contre l’islamisme que représente cette «dictature éclairée», que ces grands défenseurs autoproclamés de la démocratie se plongent donc dans la lecture salutaire de deux ouvrages qui constituent de véritables radioscopies des turpitudes du régime, un exposé des dérives de cet État policier, chouchou de l’Occident.


Notes:
  • La régente de Carthage, main basse sur la Tunisie de Nicolas Beau, directeur du site satirique bakchich.info et de Catherine Graciet, journaliste, Editions La Découverte. Un livre enquête sur régime tunisien, dont les bonnes feuilles sont consultables sur ce lien: http://www.bakchich.info/La-regente-de-Carthage-main-basse,08817.html

  • Sur la connivence médiatique entre France et la Tunisie, cf. Ben Ali, Françoise le borde http://www.bakchich.info/article539.html

  • Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté, ouvrage de M. Mohamed El Boussaïri Bouebdelli, préface de Me Patrick Baudouin, Président d’Honneur de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de L’homme (FIDH). Téléchargement gratuit sur internet en version arabe et française sur son site http://www.bouebdelli.org/


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Chronologie de la Tunisie,
depuis la proclamation de son indépendance en 1956


20 mars 1956
La France reconnaît l’indépendance de la Tunisie 18 jours après avoir reconnu celle du Maroc. Le traité du Bardo signé en 1881 qui établissait le protectorat français dans le pays est abrogé, mettant fin à 75 ans de protectorat. Habib Bourguiba, de retour d’exil et vainqueur des élections d’avril 1956, devient chef du gouvernement et fait adopter le code du statut personnel instaurant l’égalité juridique entre hommes et femmes.

Juillet 1957
Habib Bourguiba proclame la République, devenant le premier président, entraînant la destitution du dernier bey.

1961 – Crise de Bizerte
Un conflit diplomatique et militaire opposera, l’été 1961, la France et la Tunisie, cinq ans après l’indépendance tunisienne, sur le statut de la base navale militaire de Bizerte restée sous contrôle français.
Bizerte, de par sa position stratégique, commande le canal de Sicile sur la route reliant Gibraltar à Suez. Au même titre que Brest, Toulon, et Mers el Kébir, la base représente un maillon de la chaîne des bases nécessaires à la défense française et à son dispositif atomique. Mais surtout, Bizerte constituait du point de vue de l’OTAN un point d’écoute radar absolument irremplaçable, puisqu’un câble coaxial reliait directement Bizerte à la base aérienne du Stratégic Air Command de l’aéroport Mohammed V de Casablanca (Maroc). Un dispositif qui permettait à l’Otan d’être averti de toute attaque du bloc soviétique. Des affrontements autour de la base feront plusieurs centaines de mort. La France évacue finalement la base navale en octobre 1963.

1975
Habib Bourguiba fait modifier la constitution et devient président à vie.

26 janvier 1978
Jeudi noir à Tunis: les forces paramilitaires du Parti socialiste destourien tirent sur des ouvriers grévistes rassemblés au centre de Tunis. Plusieurs centaines de morts.

1983-1984
« Emeutes du pain » dans le sud du pays et à Tunis.

1987
Coup d’etat médical du Premier ministre, le général (de police) Zine El Abidine Ben Ali contre Habib Bourguiba, déposé pour « sénilité ».

1989
Zine El Abidine Ben Ali est élu président avec 99,27% des voix.

1991
Répression du parti islamiste Ennahda (La Renaissance), exclu du Pacte national.

1994
Le président Ben Ali est réélu avec 99,9% des voix.

1999
Troisième réélection de Ben Ali avec 99,4% des suffrages.

Avril 2000
Décès de Habib Bourguiba.

Avril 2002
19 personnes sont tuées dans un attentat contre la synagogue de Djerba, revendiqué par Al Qaïda.

Mai 2002
un référendum constitutionnel adopté par 99,52% des électeurs autorise le renouvellement sans limite des candidatures à la présidence de la République.

Septembre 2002
Libération du dirigeant du Parti communiste ouvrier Hamma Hammami, qui a purgé une peine de onze années d’emprisonnement pour « appartenance à organisation illégale « .

Octobre 2004
Ben Ali réélu pour la quatrième fois avec 94,49 % des voix.

Octobre 2006
Tunis rompt ses relations avec le Qatar pour protester contre la diffusion, par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira, d’interviews de l’opposant tunisien Moncef Marzouki.

Juin 2008
Affrontements entre police anti-émeutes et manifestants durant le mouvement social de masse dans la région minière de Gafsa en effervescence depuis plusieurs mois. Plusieurs morts. Les leaders du mouvement social seront condamnés à dix ans de prison.

Octobre 2009
Ben Ali réélu pour la cinquième fois avec 89,62 % des voix.

Communiqué du groupe de soutien à l’Association marocaine des droits humains (Paris)


 Par le groupe de soutien AMDH, Paris le29/10/2009

Les membres du groupe de soutien de l'AMDH ont participé au rassemblement qui s'est tenu le jeudi 29 octobre en face de la Brasserie Lipp pour la commémoration du 44ème anniversaire de la disparition de Mehdi Ben Barka. Une réunion des membres du groupe s'est tenue par la suite avec pour thème " Toute la vérité sur les disparitions forcées au Maroc". Après la discussion de plusieurs dossiers nous informons l'opinion publique nationale et internationale de ce qui suit:

1- Nous condamnons le jugement du président de la section Khénifra de l'AMDH et du directeur de la publication d'Al Michâal et nous considérons le jugement arbitraire prononcé comme un moyen par lequel l'Etat cherche à légitimer les atteintes commises par Hafsa Amehzoune tante du Roi à l’encontre de certains habitants de la région de Khénifra. Nous condamnons également les atteintes à la liberté de la presse notamment les jugements de plusieurs journalistes et publications marocaines (Akhbar Al yaoum, Al jarida Al Oula, etc.).
2- Nous dénonçons le retour, au Maroc, de certaines pratiques abjectes telles que les disparitions forcées et la torture à l'encontre de militants syndicalistes ou de simples citoyens comme à Taza.
3- Nous demandons aux autorités marocaines, d’un côté, de dévoiler toute la vérité sur les dossiers de disparition des opposants marocains (Ben Barka, Al Ouassouli, Al Manouzi) et, d’un autre côté, de libérer les étudiants incarcérés (entre autres le groupe de l'étudiante Zahra Boudkour) ou de leur garantir un procès équitable.
4- Nous annonçons notre soutien inconditionnel aux 850 ouvriers de Smesi-Régie, filiale de l'Office Chérifienne du Phosphate, qui ont été licenciés. Nous soutenons également leur lutte jusqu'à ce que leurs revendications légitimes soient satisfaites.

الجمعية المغربية لحقوق الإنسان


مجموعة الدعم


باريس


بيـــــــان

تحت شعار " الحقيقة وكل الحقيقة في ملفات الاختطاف بالمغرب "


عقدت مجموعة الدعم للجمعية المغربية لحقوق الإنسان بباريس اجتماعا عاديا يوم الخميس 29 اكتوبر2009 ، مباشرة بعد مساهمة أعضائها في الوقفة الرمزية التي نظمتها العديد من التنظيمات السياسية والحقوقية والجمعوية ، في يوم ومكان اختطاف المناضل الاممي المهدي بن بركة. بعد تدارس العديد من القضايا الحقوقية (محاكمة الرفيق مصطفى أداري رئيس الجمعية المغربية لحقوق الإنسان بخنيفرة ، محاكمة واعتقال العديد من الصحفيين ،المناضلين النقابيين ،الطلبة ، بعض المواطنين ....) تعلن للرأي العام الوطني والدولي ما يلي:


1* تدين محاكمة رئيس فرع AMDH بخنيفرة ورئيس جريدة المشعل وباقي الصحفيين والجرائد المستقلة( المشعل،الجريدة الاولى...) ، وتعتبر الحكم الصادر في حقهما حكما جائرا تسعى الدولة من خلاله التستر على كل الجرائم التي ترتكبها المسماة "حفصة " بمنطقة خنيفرة.


2* تندد بعودة المغرب إلى أسلوب الاختطاف والتعذيب في حق المناضلين النقابيين ... وتعتبر ذلك تضييقا عن العمل النقابي ،كما تندد باختطاف العديد من المواطنين في العديد من مناطق المغرب( تازة ...)


3* تطالب الدولة المغربية بإجلاء الحقيقة وكل الحقيقة في ملفات الاختطاف ( بن بركة المانوزي، الواسولي...) وبإطلاق جميع الطلبة المعتقلين أو بضمان محاكمتهم محاكمة عادلة.


4* تعلن عن تضامنها المطلق واللامشروط مع عمال شركة سميسي ريجي التابعة لمجموعة المكتب الشريف للفوسفاط الذين تم طردهم من العمل ،كما تعرب عن مساندتها لكل نضالاتهم حتى تحقيق مطالبهم المشروعة.

Une grève au Maroc entraîne la fermeture des écoles publiques

Pointant du doigt la surcharge des classes et d'autres problèmes dans les écoles publiques, plusieurs syndicats d'enseignants marocains ont organisé une grève le 29 octobre. 

Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 03/11/09

[Abdelhak Senna/AFP/Getty Images]
Le mouvement des enseignants a entraîné la fermeture des écoles dans tout le Maroc jeudi.
Quatre syndicats d'enseignants du Maroc ont paralysé l'ensemble des écoles publiques du pays, jeudi 29 octobre, en organisant un débrayage pour protester contre plusieurs problèmes, parmi lesquels la pénurie d'enseignants et la surcharge des classes.
Les syndicats protestent également contre les faibles infrastructures et les modifications introduites dans les critères de promotion.
La décision de débrayer a été prise "après l’échec de la relance du dialogue avec le ministère de l’Education nationale en septembre dernier", a expliqué Abdelmajid El Gharss, représentant de la Fédération nationale de l'enseignement, qui a organisé cette grève avec la Fédération nationale des fonctionnaires de l'enseignement, le Syndicat national de l'enseignement et la Fédération autonome de l'enseignement.
"Nous n’excluons pas la possibilité d’intensifier le mouvement de grève si le département de tutelle ne réagit pas", a ajouté Gharss, tout en faisant porter la responsabilité au gouvernement pour ce qui concerne les répercussions du débrayage sur les élèves.
Selon les syndicats, 90 pour cent des professeurs ont respecté les consignes de débrayage. Mais un communiqué du ministère de l'Education indique, lui, un chiffre de seulement 59,7 pour cent. Ce communiqué accuse également les syndicats d'être "plutôt politiques et de ne pas répondre à la logique des doléances sectorielles".
La question des promotions se fonde sur ce que les syndicats considèrent comme le manquement de la part du gouvernement à respecter un accord datant d'août 2007 qui permettrait d'augmenter les promotions et de réduire le nombre d'années d'enseignement de six à quatre avant de pouvoir passer les examens professionnels.
Le 28 octobre au parlement, les députés ont également fait part de leur mécontentement sur l'état du système scolaire. Nombre d'entre eux s'en sont pris au ministre de l'Education Ahmed Akhchichine pour ne pas avoir amélioré le statut des enseignants et les infrastructures dans les écoles publiques. Ils ont également fait part de leurs préoccupations sur les surcharges des classes et les salaires des enseignants.
Le ministre a rejeté ces critiques, affirmant que "personne ne conteste la plus haute importance d’améliorer les conditions matérielles des enseignants". Il a expliqué que leur situation est liée à celle de la fonction publique et ne concerne pas uniquement le département de l’Education nationale.

Tunisie : bonne nouvelle

Par Adel Thabet, 4/11/2009
Nous venons d'apprendre la libération des prisonniers du bassin minier.
l'information est confirmée par les familles et les avocats.
En ce moment même toute la ville de Redeyef est en train de fêter cet évènement

mercredi 4 novembre 2009

Intervention de la famille Ben Barka au rassemblement à Paris

Intervention de la famille de Mehdi Ben Barka
au rassemblement du 29 octobre 2009 à Paris

Par Saad Ben Barka, 29/10/2009

Remerciements à toutes celles et à tous ceux, nombreux, d’être fidèles à ce rendez-vous pour la vérité, la justice et la mémoire.
Si, année après année, nous nous retrouvons ici à Paris, et aussi à Rabat, au Maroc, dans le cadre de la « journée du disparu », c’est pour exprimer avec force :
- notre exigence que toute la lumière soit faite sur l’enlèvement et l’assassinat de Mehdi Ben Barka, il y a 44 ans, après qu’il ait été interpelé ici-même par deux policiers.
- notre dénonciation de la complicité des deux états marocain et français à continuer à protéger les auteurs et les complices de ce crime odieux, à empêcher certains témoins de s’exprimer devant la justice, usant et abusant de la raison d’Etats pour faire obstacle à l’action de la justice et pour bafouer le droit de ma famille à toute la vérité.
- notre détermination aux côtés des familles de victimes de la disparition forcée au Maroc et du mouvement des droits humains pour faire toute la lumière sur les violations passées et présentes, déterminer les responsabilités et combattre l’impunité.
- notre résolution à continuer de rendre hommage à Mehdi Ben Barka, à son action militante et à sa contribution à la lutte des peuples pour leur bien-être et leur progrès.
Aujourd’hui, plus que jamais, notre mobilisation doit être toujours plus forte pour répondre à toutes les attaques portées à la vérité, à la justice et à la mémoire.
Il y a quelques semaines, nous avons assisté à cette lamentable mascarade des mandats d’arrêts à l’encontre de responsables sécuritaires et d’anciens agents marocains. Ces mandats lancés par le juge Ramaël depuis déjà deux ans, ont été débloqués puis à nouveau bloqués par la même autorité en l’espace de 48 heures. Ce fut la manifestation la plus brutale et la plus cynique de la raison d’Etats que nous subissons depuis 44 ans.
Cette fois-ci, la décision du blocage a été française et, ne nous leurrons pas, elle n’a pu provenir que des plus hautes autorités de l’Etat.
En d’autres occasions, le blocage venait des autorités judiciaires et sécuritaires marocaines. Ainsi, les Commissions Rogatoires Internationales du juge d’instruction français pour pouvoir enquêter au Maroc sont toujours sans effet depuis 2005.
Il y a un évident partage des rôles entre les 2 Etats pour empêcher que toute la lumière soit faite et que toutes les responsabilités soient établies dans ce crime d’Etats dans lequel leurs services policiers et de renseignement sont largement impliqués, dans lequel un ministre de l’intérieur a été condamné.
Jusqu’à quand les raisons d’Etats et les complicités des 2 États continueront-elles à entraver l’action de la justice ?
Jusqu’à quand les raisons d’Etas et les complicités des 2 États continueront-elles d’ignorer et de bafouer notre légitime exigence de vérité ?
Combien de temps faudra-t-il encore attendre pour que la France et le Maroc s’honorent en lavant ce que Maurice Clavel appelait « la tache au front » ?
Nous sommes en droit d’avoir des inquiétudes quand à la réalité de la volonté politique des deux Etats à aider à la manifestation de la vérité dans une affaire d’une haute signification symbolique des relations entre la France et le Maroc.
Le blocage des mandats d’arrêt par le Parquet de Paris, appliquant une décision politique prise au plus haut niveau de l’Etat ne préfigure-t-elle pas ce qui pourrait arriver lorsqu’auront disparu les juges d’instruction du paysage judiciaire français ?
Au Maroc, le CCDH est loin d’avoir rempli tous ses engagements envers les familles de victimes de disparition forcée, conformément aux conclusions de l’IER qu’il est chargé d’appliquer. A titre d’exemple, le sort des 66 disparus dont les dossiers étaient en suspens (parmi lesquels Hocine El Manouzi) n’est toujours pas connu, certains tests ADN mettent des mois pour être réalisés, laissant des familles dans l’incertitude et dans l’impossibilité de donner une sépulture digne à leurs disparus, les excuses officielles et publiques de l’Etat marocain se font attendre, etc .... Dans le dossier de « l’Affaire Ben Barka », le président du CCDH ne souhaite qu’une chose : se dégager totalement des obligations qu’il s’est lui-même fixées.
De plus, les dernières atteintes graves à la liberté d’expression, notamment par les procès à répétition contre la presse indépendante pour l’étouffer, sont autant de signaux très alarmants sur la dégradation de l’état des droits humains dénoncée par les ONG marocaines et internationales. Je voudrais ici exprimer toute ma solidarité avec les journalistes et militants associatifs et syndicaux poursuivis et condamnés dans le cadre de procès iniques.
Que dire de ce qui nous est présenté régulièrement comme des « révélations » allant élucider le mystère de l’Affaire Ben Barka ?
Les dernières déclarations publiées juste une semaine après le scandale des mandats d’arrêt bloqués ne peuvent que nous laisser très dubitatifs sur les véritables motivations de leurs auteurs.
Ainsi, après 25 années, cette personne se rappelle soudain posséder des documents estampillés « secret » et « confidentiel » qui seraient censés résoudre l’énigme de la disparition de mon père. Les premières vérifications ont vite remis les choses à leur place : ce n’est qu’une nouvelle version parmi tant d’autres.
Par contre, ce que nous apprennent ces documents relève également de la raison d’Etats qui sévit sur tous les aspects de l’Affaire : la gendarmerie avait mené des enquêtes parallèles à celles du juge d’instruction de l’époque (M. Zollinger), à son insu et sans l’informer des résultats.
On peut poser la question : Y aurait-il ailleurs d’autres documents qui, eux, nous apporteraient vraiment du nouveau ?
Au-delà de l’aspect « dissimulation », on peut s’interroger également sur ce que peut induire ce genre d’information, qui nous rappelle l’épisode Boukhari et sa cuve d’acide.
La conclusion qu’on est censé en tirer est la suivante : puisque le corps a disparu (dissout dans de l’acide ou incinéré) il n’y a donc plus rien à chercher.
Il est temps que cela cesse !
Il est temps que le juge d’instruction puisse accéder à tous les documents relatifs à ce crime qui seraient encore dans tous les services français, sans attendre que tel ou tel témoin les rende publics, au hasard des prises de conscience ou des opportunités médiatiques.
Ce qui est troublant est que ces informations interviennent chaque fois au moment où la justice s’approche d’éléments sensibles qui pourraient vraiment nous rapprocher de la vérité : Boukhari s’était manifesté quand la présence des truands français au Maroc était confirmée et que le juge d’instruction français demandait des fouilles dans le PF3, lieu de détention secret des services spéciaux marocains. Les dernières pseudo-révélations sont rendues publiques lorsque s’est posé de manière pressante le problème du témoignage-clé de personnes détenant réellement des éléments de vérité.
Ce combat pour la vérité s’accompagne en permanence d’un combat pour la préservation de la mémoire.
Aussi bien l’image de Mehdi Ben Barka que sa pensée et son action politique ont été constamment la cible de ses adversaires et ennemis politiques.
Parce que la raison des états impliqués dans le crime n’a pas pu empêcher la poursuite du combat judiciaire pour la vérité, on s’attaque directement à la victime, essayant de salir sa mémoire, l’accusant créant la confusion dans l’esprit du public.
C’est pourquoi le combat pour la vérité, la justice et la mémoire continue. Nous le menons avec ma famille, notre avocat Me Maurice Buttin et avec vous, associations, syndicats, partis et aussi citoyens dont le soutien est aussi précieux pour nous qu’il est dérangeant pour ceux qui voudraient bien enterrer définitivement ce dossier.

Report du procès des quatre ouvriers de SMESI

Par Ali Fkir, coordinateur, 3/11/2009

Comité de solidaritéavec les ouvriers de SMESI (CSOS)-Maroc
Communiqué

Le procès des quatre ouvriers de SMESI poursuivis en "justice", qui devrait avoir lieu aujourd'hui mardi 3 novembre 2009 est reporté au mardi 10 novembre 2009
Ces quatre prolétaires font partie des 850 ouvriers licenciés abusivement par SMESI, filiale à 100% de l'OCP, géant économique étatique.
Ci-dessous la liste des 4 victimes persécutées par les appareils de l'Etat marocain.
- Abderrahmane BOUKDIR (membre du bureau syndical)
- Omar FAKHOURI
- Rachid BELOUAFI
- Jilali OUASSIF
Ils ont trimé pendant des années. Ils ont tout donné à l'OCP/l'Etat. Aujourd'hui ils se retrouvent jetés à la rue avec 846 autres compagnons de travail, et poursuivis comme de simples vauriens.
C'est le summum de l'ingratitude!
Nous exigeons l'annulation des poursuites judiciaires dont ils sont victimes.
La solidarité nous interpelle!

mardi 3 novembre 2009

Rendez nous «Houcine EL MANOUZI»


Par Hadj Ali EL MANOUZI,29/10/2009


Père de Houcine El Manouzi disparu depuis le 29 octobre 1972, et "hôte" du tristement célèbre centre PF3à Rabat ;
Oncle de Moujahid Kacem, disparu et mort sous la torture au Derb Moulay Chérif;
Frère du Commandant Brahim El Manouzi, victime le 13 juillet 1971 d’une exécution sommaire,son corps n’a jamais été remis a la famille
Oncle du Docteur Omar El Manouzi, victime à ce jour de la politique du tout répressif;
Témoin de la mort de disparus durant leur détention
Agé actuellement de 96 ans.
Mon épouse, Khadija Chaou, mère de Houcine est âgée de 87 ans.
Que peut on attendre, et espérer de plus?

Je lance un appel solennel aux autorités du pays pour mettre fin a notre calvaire
Malgré toutes les démarches faites depuis 37 ans, l'Etat marocain refuse toujours de libérer Houcine EL MANOUZI, militant syndicaliste et membre du parti de l’union des forces populaires, enlevé de Tunis le 29 octobre 1972 (7 ans, jour pour jour, après l’enlèvement de mon camarade Mehdi Benbarka)
Un déni de droit et une violation flagrante des lois du pays et des conventions internationales sur le droit à la vie et le respect de la dignité humaine. Un revers pour tous les discours officiels et officieux sur la volonté de l’état de tourner la page des graves violations des droits humains.
Pourtant, le gouvernement a reconnu le 15 octobre 1998 la détention de Houcine EL MANOUZI et il a fourni à la famille le 21 Aôut 2001 un «bulletin de décès», qui s’est avéré être un faux certificat médico-légal.

Cette reconnaissance du bout des lèvres n’apportait aucun élément de réponse à la question des parents et amis de Houcine:
«OU EST – IL?».
Pour répondre, il suffit de le vouloir. Les services impliqués dans son enlèvement de Tunis le 29 Octobre 1972 et sa nouvelle arrestation le 19 Juillet 1975 à Ain Aouda sont connus. Les personnes physiques, responsables et agents de ces services, en poste ou en retraite, sont identifiés et peuvent répondre de leurs actes. Les témoins sont encore vivants et on peut les interpeller dans le cadre d'un débat contradictoire et d' une vraie enquête indépendante et impartiale. C’est le sens de notre message au ministre de la justice et à la présidence du CCDH lors des audiences qu’ils ont accordés à la famille.

La vérité, la justice et la réconciliation constituent nos priorités, et on ne peut indéfiniment leur opposer un choix d’impunité dans le temps et dans l’espace.
Le règlement du dossier de la disparition, qui continue à être une plaie non cicatrisée au Maroc, exige:
* La clarification du sort de tous les disparus, en procèdent à la libération des disparus encore en vie ou à la remise des dépouilles aux familles.
* la détermination des conditions de détention et de décès, l’identification des auteurs des actes dégradants et inhumains de disparition forcée, la délimitation des responsabilités individuelles et collectives et la réactivation de l’application de la loi contre les crimes d’enlèvement et de séquestration.
* bannir les pratiques de la disparition forcée, notamment par la mise en place de mécanismes préventifs et l’élaboration d’une politique éducative fondée sur la sacralité du droit à la vie.
La lutte contre le phénomène de la disparition forcée concerne tous les hommes libres sans exception et tous doivent y souscrire. Pour y mettre un terme, nous devons user du droit d’irrévérence vis à vis de ceux qui se terrent et qui prônent la politique de l’oubli.

Liberté pour Houcine et droit  la vie pour tous les détenus-disparus.

Email: famille_elmanouzi@hotmail.com

LE FORUM DE MARRAKECH EXAMINE LA SITUATION AU PROCHE-ORIENT

Hillary Clinton s’offre une tribune au Maroc 

El Watan, 1 /11/2009

 La situation au Proche et Moyen-Orient ainsi qu’en Afrique du Nord
 sera au cœur des sujets abordés demain et après-demain à Marrakech dans le cadre de la 6e édition du « Forum pour l’avenir », organisé  conjointement par le Maroc et l’Italie.
 Le Forum pour l’avenir est une initiative commune des Etats membres du  G8 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni
 et Russie) et d’une vingtaine de pays de la région du Moyen-Orient et
 d’Afrique du Nord, ainsi que de la Commission européenne et de la
Ligue arabe. L’idée de ce rendez-vous annuel avait été lancée lors du
 sommet du G8 de Sea Island, qui s’était tenu en Géorgie en 2004, aux
 Etats-Unis. Lors de ce sommet, les pays du G8 s’étaient engagés à
 favoriser les réformes au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et à
 contribuer à l’établissement d’un cadre propice à un dialogue
 informel, ouvert et global. La première édition de cette réunion
 s’était tenue à Rabat en 2004, sous la coprésidence du Maroc et des
 Etats-Unis. L’Italie copréside le forum cette année en sa qualité de
 président du G8 pour l’année en cours. Selon les organisateurs,
 plusieurs ministres des Affaires étrangères sont attendus à cette 6e
 édition, dont le ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb
 Fassi Fihri, la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, ainsi que le
 secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, des représentants
 d’organisations internationales, de la société civile et des acteurs
 du secteur privé.
 Géopolitique du Maghreb
 Mme Clinton devrait profiter du Forum de Marrakech pour s’entretenir
 avec ses homologues arabes. « Toute occasion qui permet un dialogue
 franc et ouvert pour discuter de notre région avec les pays du G8 est
 un plus », a-t-on souligné de source marocaine autorisée. Comme les
 précédentes éditions, le Forum pour l’avenir sera marqué cette année
 par de nombreux entretiens bilatéraux. La situation au Moyen-Orient et
 le dialogue Occident-Islam seront les deux principaux thèmes abordés
 lors d’un dîner-débat lundi soir, a-t-on précisé de même source. « Cet
 important forum est une excellente occasion de discuter des questions
 d’importance pour la région du Moyen-Orient élargi et de l’Afrique du
 Nord, ainsi que des autres pays du G8 », a pour sa part indiqué dans
 un communiqué le ministre canadien des Affaires étrangères Lawrence
> Cannon, qui a annoncé sa participation. Une ONG marocaine,
 l’Association marocaine des droits humains (AMDH/proche de la gauche
 radicale), a condamné la tenue au Maroc du Forum de l’avenir. Dans un
 communiqué, l’AMDH a appelé « toutes les forces vives au Maroc et dans
 la région à s’opposer au Forum de l’avenir, afin d’instaurer la
 démocratie et les droits de l’homme ». Selon l’AMDH, ce forum
 constitue « une variante de l’impérialisme américain dans la région ».





Au titre de la réparation nous demandons la régularisation pour les 19 afghans de Nîmes !

Par La Cimade Languedoc, 2/11/2009
 

Dix-neuf demandeurs d’asile afghans, « évacués » de la "jungle" de Calais le 22 septembre dernier ont été placés en centre de rétention à Nîmes puis libérés par le juge des libertés et de la détention le 28 septembre à minuit.Depuis, avec l'aide d'associations et de citoyens, ils multiplient les démarches pour pouvoir déposer leur demande d'asile.
Renvoyés de la préfecture du Gard à celle de l'Hérault, après être passés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), ils attendent toujours de pouvoir accéder à une procédure d'asile normale. La préfecture de l'Hérault exprime son acharnement en voulant les placer délibérément dans une procédure expéditive dans laquelle ces afghans ne pourront pas faire valoir leurs droits.
Le ministre de l'Immigration, Eric Besson a été aussi sollicité, par diverses associations, en vain...
Nous signataires de la présente pétition, dénonçons vivement le non-respect du droit d'asile et des droits fondamentaux de ces migrants.
Empêcher ces Afghans de demander l'asile dans des conditions normales :
- C'est, les priver des conditions d’accueil décentes qui devraient leur être garanties et les mettre en situation d'échec.
- C’est, les renvoyer vers les passeurs de la « jungle »,
- C'est, préparer leur expulsion vers un pays en guerre et en pleine insécurité.
Nous signataires de la présente pétition demandons, en réparation des nombreux manquements aux droits de la part de l'État, la régularisation inconditionnelle des 19 Afghans de Nîmes afin qu'ils puissent bénéficier de l'asile en France.
Signez la pétition ICI


La Presse en parle :
Montpellier-Journal : Le gouvernement veut-il vraiment aider les Afghans de Calais ?
Midi Libre : Nîmes : Le bel élan solidaire autour des Afghans réfugiés
L'humanité : Afghans : Dans le Gard, un peu de chaleur après la « jungle »


Urgent!!
Ecrivez au Préfet de l'Hérault
Préfet de l'Hérault (adresse - fax - mail )
Monsieur Claude Baland
Préfet de l'Hérault
Place des Martyrs de la Résistance
34 062 Montpellier Cedex 2
Fax : 04 67 66 36 30
Préfet : claude.balland@herault.pref.gouv.fr
Voici un exemple de texte que vous pouvez envoyer au préfet. Vous pouvez l'adapter à votre convenance tout en restant courtois...
Monsieur le Préfet,
Par la présente, j'interviens concernant les 19 afghans de Nîmes libérés du centre de rétention depuis le 29 septembre...
Il s’avère que ces afghans souhaitent déposer d’une demande d’asile dans le cadre de la procédure « normale ». Ceci leur permettrait, et c’est essentiel, de bénéficier pendant l’examen de cette demande des droits administratifs et sociaux afférents. C'est cette solution qui a été choisi par le Préfet du Rhône pour les afghans qui sont dans la ville de Lyon.
Quelque soit la procédure en cours, aucun obstacle ne vous empêche de revenir sur telle ou telle mesure d’éloignement ou de réadmission qui concerne ces afghans.
L’alternative me semble relativement simple. Soit nous tentons d’aider ces personnes à se « fixer » durant la procédure d’asile – or la procédure prioritaire que vous voulez leur appliquer ne le permet pas - soit elles reviendront inévitablement dans le Calaisis en s’en remettant à nouveau aux filières.
En effet ,empêcher ces Afghans de demander l'asile dans des conditions normales :
- C'est, les priver des conditions d’accueil décentes qui devraient leur être garanties et les mettre en situation d'échec.
- C’est, les renvoyer vers les passeurs de la « jungle »,
- C'est, préparer leur expulsion vers un pays en guerre et en pleine insécurité.
Je vous demande donc d'admettre au séjour l'ensemble de ces afghans afin qu'ils puissent accéder à une procédure d'asile normale.
En vous remerciant de la réponse rapide que vous pourrez m’apporter, je vous adresse, Cher Monsieur, l’assurance de mes meilleures salutations ".
Contact : afghansnimes@placeauxdroits.net

L’élection présidentielle en Mauritanie - Rapport d’observation


par Violette DAGUERRE فيوليت داغر
Version originale arabe: تقرير موريتانيا ورئاسيات 2009
Violette DAGUERRE, née en 1955 au Liban, vit en France depuis 1976; elle est docteur en psychologie et l'a enseignée. Militante des droits de l’homme depuis un quart de siècle, elle préside la Commission arabe des droits humains, qu’elle a contribué à fonder. Elle a écrit des livres, et rédigé des rapports et des articles sur des thèmes différents dont l'immigration, le confessionnalisme, la démocratie et les droits de l'homme, les groupes vulnérables, le crime d'agression et le droit à la santé.

Introduction  
Suite à sa victoire à l’élection, remportée dès le premier tour, avec plus de la moitié des suffrages exprimés, le Général Mohamed Ould Abdelaziz a été investi aujourd’hui Président de la Mauritanie, dans une cérémonie marquée par une présence arabe, africaine et européenne et un boycott des pôles de l’opposition. La question qui se pose dès lors : est-ce que la République islamique de Mauritanie, qui paraît être à la croisée des chemins, se dirige vers une transition démocratique effective et un processus qui mérite de lui accorder attention et même de l’imiter, ou bien connaîtra-t-elle, après avoir été isolée sur le plan international, une aggravation de sa situation et peut-être aussi de nouveaux coups d’Etat ?
En effet, la crise politique de longue durée d’ avant l’ élection présidentielle, n’a pas pris fin après l’annonce des résultats et la proclamation de la victoire de Mohamed Ould Abdelaziz devant huit autres candidats. Ces derniers, pour plus de la moitié d’entre eux, étaient entrés dans la compétition pour la première fois et représentaient différentes tendances politiques, ethniques, régionales et idéologiques. Les malheureux candidats ont contesté les résultats de ce qu’ils ont appelé une fraude électorale pendant le déroulement de l’opération et dès sa préparation, et ils ont déclaré que la rumeur du taux des 52 % qu’a obtenu le Général Abdelaziz circulait déjà pendant la campagne électorale. Ils ont également affirmé que la fraude et la manipulation ont eu lieu même si le Conseil constitutionnel a rejeté, comme on s’y attendait, les recours présentés 48 heures seulement après l’annonce des résultats par le Ministère de l’intérieur. Des composantes de l’opposition ont affirmé avoir présenté des preuves irréfutables sur des violations inacceptables, alors que d’autres ont signalé qu’elles ne s’adresseraient pas au Conseil, puisqu’elles ne le considèrent pas comme une autorité impartiale. Car ses prises de positions ont démontré qu’il ne s’est pas conformé à la neutralité dont il devait faire preuve, en refusant le report des élections à une date ultérieure au 18 juillet. Parmi les recours qui ont été présentés, une demande pour procéder à un nouveau dépouillement des voix, et aussi pour procéder à l’examen des bulletins de vote préparés par une société installée à Londres, société proposant des services de « production de feuilles sensibles et susceptibles de s’acclimater et de fondre ».
La campagne électorale s’est déroulée donc dans une sorte de consensus basé sur l’accord de Dakar, conclu à la faveur d’interventions étrangères. Il a servi comme cadre de règlement des différends entre les différents courants et forces politiques du pays, ayant connu des fractionnements et de fortes tensions pendant une dizaine de mois après le renversement par Ould Abdelaziz de son prédécesseur. Cet accord a été parrainé par un groupe international représenté, principalement, par le Président Abdoulaye Wade, l’Union Africaine, la Ligue arabe, l’Union Européenne et les Nations Unies. Or mis à part l’intérêt que portent à la Mauritanie ses pays voisins, en particulier la Libye, le Maroc, l’Algérie et le Sénégal, le pétrole découvert il y a quelques années, ainsi que les dossiers de l’émigration et du terrorisme, ont préoccupé au plus haut niveau les États occidentaux. Surtout la France qui s’efforce de restaurer une situation qui garantisse ses intérêts, sans laisser entrer dans la scène des acteurs qui pourraient représenter une quelconque menace. D’ailleurs, certains font le lien entre la série des coups d’État survenus en Mauritanie, le nouvel intérêt international pour ce pays, et la découverte depuis 2000 d’importants gisements de pétrole à l’intérieur de ses frontières.
La France était en fait dans les coulisses de la politique mauritanienne et ne le nie pas. Elle se vante même de remettre de l’ordre. MM. Balkany et Bourgi, des proches du Président Sarkozy et de la cellule France-Afrique de l’Élysée, œuvraient, plus particulièrement, pour éviter l’isolement international d’Ould Abdelaziz, préparer sa réception à Paris, et exercer des pressions sur l’opposition afin qu’elle participe aux élections, et ce en dépit de leur préparation hâtive et de l’impact de cette précipitation sur les résultats. Bref, la légitimation du coup d’État contre l’ancien président. L’Union Européenne a pour sa part pris une position différente, en insistant sur une enquête portant sur ces rumeurs de fraude, et sur la nécessité pour les autorités mauritaniennes de reconnaître ces faits, conformément aux lois nationales et aux usages internationaux.
Quant à la commission électorale indépendante, qui a représenté à parts égales les partis proches du gouvernement et l’opposition dans une toute première expérience électorale, elle a vu son président démissionner après l’annonce des résultats et les allégations de fraude. Ces élections ont connu en fait une rude concurrence entre des candidats n’ayant pas de véritables programmes ni de références idéologiques et politiques. Et en l’absence de consensus entre les forces de l’opposition même au niveau intellectuel et idéologique, ainsi que la contribution de certaines d’entre elles à son effritement malgré un accord autour de quelques personnalités. Tout comme les sables du désert, la scène politique mauritanienne semble être en mouvement, se caractérisant par le nomadisme, sur un fond de système tribal relativement flexible et qui ne s’impose pas comme un acteur politique. Et ce, malgré un fort alignement tribal des forces soutenant les candidats sur la tribu des Ould Bessbaa d’un côté, et celles des Samassid et Id Ouali, de l’autre. En dépit de la crise politique qui a secoué le pays depuis le coup d’État de Mohamed Ould Abdelaziz contre Sidi Ould Cheikh Abdallah, la société mauritanienne paraît, globalement, conciliante. Ce qui pourrait expliquer l’absence d’affrontements sanglants, à l’image de ceux survenus en Iran, par exemple, lors d’élections dont l’impartialité a été remise en cause.
La société mauritanienne va-t-elle pour autant accepter des résultats déjà contestés et une victoire au premier tour, qui a constitué une surprise pour beaucoup, et qui laissera des interrogations en suspension ? Ou bien les attraits du pouvoir et l’intérêt pour des postes bien placés et les privilèges afférents sauront, une fois proposés, disperser les alliances et affaiblir les oppositions dans un pays dont 64 % de la population sont analphabètes et les deux tiers vivent en dessous du seuil de pauvreté ?
Sous le titre : « Est-ce que le 16ème coup d’État est en gestation ? », nous lisons dans le quotidien « Assaraj » du 14 juillet 2009, que parmi les raisons de s’inquiéter pour la stabilité du pays, « l’élection de Ould Abdelaziz est un problème et son échec est un autre, et entre les deux il y a bien d’autres problèmes.. ».
Durant ces dernières années, la Mauritanie a su donner d’elle une image d’un pays capable d’assurer la transition démocratique, à tel point que beaucoup d’intellectuels arabes n’ont pas tari d’éloges pour le pays des poètes. Image qui n’est pas forcément celle que connaissent ses ressortissants, surtout ceux qui suivent de près l’évolution de leur pays et s’interrogent sur l’avenir de leur progéniture. Les désirs et les projections font nécessairement partie de la construction imaginaire et des rêves de ceux qui vivent dans des pays connaissant des régimes qui les enferment dans une chape de plomb, avec son lot de problèmes politiques et crises successives, états d’urgence et lois d’exception.. Sinon comment expliquer que l’ancien président Ely Ould Mohamed Val, en qui beaucoup ont vu la concrétisation de la possibilité d’une transition démocratique dans un pays du Tiers monde, soit arrivé au premier tour, bien loin (avec 3 % seulement) derrière Ould Abdel Aziz, auquel personne ne prédisait une telle popularité en si peu de temps passé au pouvoir - même en restant en arrière-plan et en tant que faiseur des présidents comme on en laissait courir le bruit- ou après Massoud Ould Belkheir (16 %) ou Ahmed Ould Daddah (13 %) ?

Rapide tour d’horizon
Pour clarifier quelque peu les contours de l’image de ce pays qui parait assez vague chez la plupart de ceux qui s’y intéressent, il nous faut brosser un rapide tour d’horizon de sa constitution (en nous appuyant sur les écrits de Mohamed Lemine Ould El Kettab, qu’il en soit remercié). La capitale Nouakchott, qui paraît aujourd’hui encombrée d’immeubles et de véhicules, n’était il y a un demi-siècle qu’un endroit parsemé d’une poignée de constructions sur le long de la route transafricaine principale n° 1 qui reliait Dakar à Alger. L’édifice principal était à cette époque-là un garage de réparation des camions qui assuraient le transport de marchandises sur cet axe routier. Et ce jusqu’au jour de 1959 où fut décidé le transfert de la capitale de la Mauritanie de Saint-Louis du Sénégal vers ce village devenu le Nouakchott d’aujourd’hui. Quelques bâtiments devaient être construits rapidement pour abriter la présidence de la République, l’Assemblée nationale et quelques ministères, avant la proclamation de la naissance de la République islamique de Mauritanie le 28 novembre 1960. Faute de locaux appropriés, les premières séances du conseil des ministres ont dû se tenir sous des tentes ; et pour relier ce pays au monde un petit aéroport devait voir le jour.
La Mauritanie, qui compte 2.8 millions d’habitants, sur une superficie de 1.030.700 km² dont 750 km de côtes, est riche en pétrole découvert récemment, de quelques minerais comme le fer ou le phosphate et des plus précieux comme l’or ou le diamant. Sa population vit des produits agricoles comme les céréales et les produits maraîchers, ainsi que de l’élevage d’animaux et de la pêche fluviale et maritime, où des centaines de milliers de tonnes de poissons sont vendus et exportés annuellement. Nouadhibou est tout particulièrement connue par sa grande variété de poissons, menacés pourtant d’épuisement du fait de l’usage de méthodes non appropriées et d’une pêche intensive. Cette wilaya est aussi connue des touristes pour ses belles plages et ses sites naturels ainsi que ses îles. Mais elle doit en même temps faire face à la rareté de l’eau potable et à l’impressionnante hausse du coût de la vie, tout comme d’autres wilayas qui doivent lutter contre la sécheresse, les invasions de criquets ou l’avancée galopante du désert.
Beaucoup reste à faire pour un pays assez étendu et très pauvre. Et ce, en dépit des transferts d’argent effectués par les Mauritaniens de l’étranger, et des fonds servant à la construction de routes, écoles, mosquées et dispensaires ; et malgré la présence de coopératives agricoles et artisanales et les projets des mécènes ou les actions des pays étrangers et des organisations humanitaires qui s’emploient dans des projets de forage de puits, d’électrification des centres urbains, de mise sur pied de projets à caractère social, d’aide au développement, d’alphabétisation et d’amélioration de la vie de la population. La Mauritanie connaît une situation très contraignante pour la majorité de sa population, et à laquelle échappe une petite minorité qui détient de grosses fortunes et parfois le pouvoir en même temps, et dilapide des devises dans des vacances à l’étranger au lieu de les faire fructifier dans le développement du pays. En dépit des grandes réformes économiques entreprises depuis 1986 et des dettes épongées, beaucoup reste à entreprendre pour faire décoller ce pays dont le revenu annuel moyen par tête d’habitant n’a pas atteint les 500 dollars US. Combativité, compétitivité, assiduité et persévérance sont des qualités qui demandent à être cultivées pour contrer la pauvreté et l’analphabétisme, construire les infrastructures et sédentariser les communautés. Pour stabiliser des populations portées au nomadisme et à la vie d’errance surtout dans les villages souffrant de conditions de vie déplorables, avec un taux de chômage dépassant, selon les chiffres officiels, les 22 %. Mais aussi les risques d’une émigration clandestine, encouragée par la faiblesse des contrôles aux frontières et les lois sur la migration et la nationalité dans lesquelles certains voient une menace pour l’équilibre démographique mauritanien.
En outre, malgré son interdiction légale, l’esclavage subsiste sous certaines formes dans la Mauritanie d’aujourd’hui, tandis que survivent les incitations au mariage précoce des filles et leur gavage forcé pour hâter leur croissance, la polygamie, les pratiques d’excision et tout ce qui compromet leur scolarisation et expose leur maternité aux dangers et leur vie maritale au divorce. Ceci malgré le fait que cette société semble donner plus de poids et d’autorité à la femme, dépassant le seuil de sa maison.
L’élection présidentielle
Alors que la plupart des observateurs parlaient d’élections déroulées dans la transparence et l'équité, peu nombreux sont ceux qui ont évoqué un ensemble d'irrégularités dans le déroulement du processus électoral. Par exemple la partialité de certains fonctionnaires impliqués dans les opérations électorales, la non-autorisation à des inscrits sur les listes électorales établies après les accords de Dakar de participer aux élections, la faiblesse de l'appareil administratif chargé des élections, les irrégularités dans les listes électorales, l'ignorance par de nombreux présidents de bureaux de vote de la réglementation et de la procédure électorales, etc. Ceux qui ont prétendu que ces manquements ne sauraient motiver la remise en question des élections, ont prétexté qu'elles ont été plus transparentes que les élections libanaises qui les ont précédées par exemple, que la corruption n'a pas été aussi flagrante, ou que les deux parties en lice ont autant participé au déroulement du processus électoral.
En revanche, des voix de l'intérieur de la Mauritanie ont regretté ”les espoirs déçus du peuple et la violation du climat qui a régné après l'accord de Dakar”, ou ”la corruption et l'achat des voix et le trafic des résultats”, de même que ”les irrégularités dans les listes établies, où la moitié seulement des inscrits lors de l'accord de Dakar l'ont été de fait”. Evoqués aussi ”les résultats à pourcentage presque égal dans les différentes wilayas qui ont voté pour Abdelaziz” ou ”les bulletins conçus de façon telle que le signe « B » devant être apposé par le votant était inscrit de la même manière hors du bureau du vote”, ou encore ”d’un taux de vote pour Abdelaziz exagérément gonflé même là où il n’y a pas eu de votes pour lui”.
De son côté, un enregistrement vidéo diffusé par le parti d'Ahmed Ould Daddah sur son site montre une opération de trafic énorme des cartes d'identité et des listes électorales. Des témoins nous ont parlé de faux électeurs ayant voté à la place des vrais lorsque ceux-ci se sont rendus aux bureaux pour élire leur candidat.
Nous avons, quant à nous, noté le 18/07/09 la présence massive de militaires à l'intérieur même des bureaux de vote, au prétexte de garantir l'ordre public. Ils étaient parfois trop proches non seulement des électeurs, mais aussi des observateurs. Certains ont voté avec leur uniforme et sans carte de vote, alors que cette carte était exigée des votants civils. Ceux qui ne l’avaient pas devaient revenir en sa possession après l’avoir extrait des listes affichées sur l’internet, ceci afin de permettre l’identification des numéros affichés sur la carte d’identité et la carte électorale. Et alors que certains bureaux étaient fort exigeants d’autres ont été plus permissifs, jusqu’à ne pas exiger de certaines personnes de signer les listes d’émargement après leur vote, ou ne pas veiller à la bonne correspondance des chiffres affichés sur les deux cartes du votant. Cela dépendait apparemment des humeurs et des appartenances politiques des présidents de bureaux, des colorations politiques des quartiers où se trouvaient les bureaux de vote, ou aussi des moments de la journée et de l’affluence des votants.
S'il est admis que cet échantillon ne saurait valoir pour le reste (sur un total de 2400 bureaux de vote qui ont géré 60% des 1 183 447 inscrits) il est sûr par contre qu'une observation de quelques minutes par bureau ne peut représenter qu'une simple photographie du moment, ne permettant pas de prétendre confirmer ou d’infirmer à coup sûr les résultats des élections. C’est sans prendre en considération tout ce qui les a précédées depuis des mois ou ce qui les a accompagnées dans la rue ou dans les coulisses. Il faut reconnaître aussi que la présence d'observateurs pousse à une certaine modification du comportement, le faussant, tout comme la personnalité de l’observateur, sa culture et ses choix politiques marquent de leur sceau l'observation. Outre le fait que l'observateur ne peut tout saisir et ne s’arrête généralement que sur certains faits parfois de forme plus que de fond et sur leur répétition.
Pour toutes ces raisons, nous sommes appelés à relativiser nos conclusions sur un prétendu processus électoral véritablement ”démocratique”, et ce même dans les pays avancés et où il y a indépendance, multipartisme, programmes électoraux ou transition démocratique. Les électeurs sont susceptibles là aussi d’être manipulés par la mobilisation des sommes d’argent mises à la disposition des candidats, interférant ainsi sur les résultats par le biais de la propagande et du tapage médiatique ou de l’usage d’autres cartes maîtresses capables de les influencer dans un sens ou un autre. Des spécialistes dans le domaine opèrent à différents niveaux notamment psychologique pour orienter les résultats. Et c’est généralement au détriment de l’électeur qui peut déchanter tôt ou tard en constatant que son vote n’a pas servi à sanctionner les moins bons et à donner leur chance à ceux qu'il croyait défendre le mieux ses intérêts. Surtout lorsque la bascule opère en défaveur de celui qui aurait du être le gagnant au vu de son bilan.
Notre but n’est pas de critiquer ou d’encenser l’un quelconque des candidats, mais de dire qu’il nous a semblé que la préparation des élections en Mauritanie s’est déroulée au pas de charge et en imposant le fait accompli. En plus, durant la période écoulée, les acteurs politiques ont témoigné de peu d'attachement et de conscience de l'État de droit et de la légalité électorale. Un certain nombre des partis et de membres de l'élite politique ont démontré un relatif égoïsme et une courte vue en ce qui concerne l'éviction du Président Ould Al Cheikh Abdallah par l'occupation du Palais présidentiel. Cet épisode a sans doute laissé des conséquences dans l'esprit des gens qui ont constaté le silence de personnalités politiques d'envergure sur un acte illégal à tout point de vue constitutionnel. Ce qui a fait que les partis politiques ont abordé la campagne électorale en rangs dispersés et en position de faiblesse, sans un candidat fédérateur et capable de contrecarrer la propagande officielle à la gloire du Général, qui était candidat à l’élection depuis son accession au pouvoir.
Conclusion
Nous concluons en confirmant que l'élection ne s'est pas déroulée dans des conditions normales de transparence et de légalité, malgré tout ce qui a été dit et ce qui peut être dit, et que les urnes n'ont pas exprimé la volonté du peuple. Ce qui risque d’être interprété comme pouvant mettre de l'huile sur le feu et rouvrir des blessures appelées à se refermer afin de préserver l'avenir. C’est un point de vue qui doit être examiné au même titre que les autres et trouver sa légitimité dans le cadre de la liberté d'expression et de la discussion démocratique critique, pacifique et constructive. Il n'est absolument pas question de jouer le rôle d'un observateur « qui n'a rien vu » et de légitimer la politique de l'autruche. Ce qui ne pourrait déboucher à long terme que sur des conflits et des tensions qui engendreraient à leur tour des violences étouffées par la répression sanglante.
Se résoudre à tourner la page avant de clarifier les choses et d’aller au fond des choses ne serait pas la bonne méthode pour celui qui entreprendrait de construire l'avenir sur des bases saines et solides. La peur de ramer à contre-courant ou la volonté de privilégier les intérêts propres ou collectifs du moment ne saurait empêcher la construction d'une opinion alternative au discours dominant. La vérité est toujours révolutionnaire, et l'on ne pourrait pas faire abstraction d’une partie du paysage. Surtout à une époque dominée par un ordre mondial barbare et des intérêts économiques transnationaux qui travaillent parfois dans l'ombre en vue de disloquer les sociétés et de multiplier les divisions, afin de faire main basse sur les potentialités des peuples et de ravir leurs volontés.
Ce qui est véritablement de première nécessité pour la construction de la démocratie, du pluralisme et des droits de l'homme en Mauritanie, c'est de dire toute la vérité au-delà de toute motivation partisane. Et si la démocratie débouche sur le progrès dont ce pays a le plus besoin pour vaincre l'ignorance, la pauvreté et le sous-développement, il ne saurait être question de progrès sans démocratie dans une société dominée encore par des valeurs tribales, souffrant de faiblesse dans la conscience civique; et ce, malgré la présence de nombreux courants politiques et de partis qui ont fleuri durant les dernières années.
Si nous espérions la formation d'un gouvernement d'unité nationale et la constitution d'un accord national général pouvant éviter les conflits et les tensions, il serait à craindre à bon droit que l'opposition ne fasse valoir ses conditions et ne se contente pas de certains portefeuilles ministériels. De même le Président proclamé refuse lui aussi cette option unitaire, se fondant sur une victoire électorale majoritaire obtenue auprès du peuple mauritanien. N'allons-nous pas dans ces conditions vers le renouvellement du spectacle qui a vu l'affrontement avec la police, les manifestations de rue et la revendication de réexamen des résultats électoraux avec toutes les tensions que cela crée? Ou bien le Président élu va-t-il tenter de calmer des esprits au lieu de mener la guerre à ses adversaires pour se concentrer sur le développement du pays, la lutte contre la corruption et le terrorisme comme il l'a affirmé, ainsi que la mise en oeuvre de son programme de restriction budgétaire, d'amélioration du revenu des couches pauvres, de lutte contre le chômage, pour affronter de nombreux défis dans un contexte régional et international particulièrement difficile?
Bien des promesses peuvent s'évanouir une fois que l'on est bien établi au pouvoir, mais gardons une note d'espoir et ne jouons pas les oiseaux de malheur prématurément.