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lundi 30 novembre 2015

10 000 personnes manifestent contre le gouvernement à Casablanca


10 000 personnes manifestent contre le gouvernement à Casablanca
Crédit: Y.Toumi

marche des syndicats moukharik et el amaoui © Yassine Toumi

Quatre syndicats ont dénoncé la politique sociale et économique du gouvernement dans une marche organisé à Casablanca.

Plus de 10000 participants ont protesté dans la matinée du 29 novembre aux côtés de  quatre formations syndicales : la CDT (Confédération démocratique du travail), l’UMT (Union marocaine du travail), l’UGTM (Union générale des travailleurs du Maroc, proche de l’Istiqlal) et  la FDT (Fédération démocratique du travail, proche de l’USFP), lors d’une marche qui a démarré Place la victoire et s’est conclue sur la Place Mohamed V. Les quatre centrales syndicales réclamaient notamment  une augmentation générale des salaires, une baisse de l’impôt sur le revenu ainsi que le respect des libertés syndicales. Elles ont également exprimé leur rejet du projet de réforme des retraites proposé par le gouvernement

Crédit: Y.Toumi

Les blouses blanches défilent

Anti benkirane marche des syndicats © Yassine Toumi
Crédit: Y.Toumi
secondaire et du secondaire qualifiant délivrés par les centres régionaux à passer des concours. Le second réduit le montant des bourses mensuelles accordées aux enseignants stagiaires qui passe de 2 450 à 1 200 dirhams.
marche des syndicats © Yassine Toumi 3« Nous sommes ici  car nous considérons que notre militantisme rejoint celui des syndicats » affirme Mohammed El Yahyaoui membre de la commission nationale des enseignants stagiaires. Avant de renchérir : « les professeurs continueront à faire grève et protester face à l’attitude irresponsable de Rachid Belmokhtar ».


Trois leaders de la fédération de gauche démocratique, Nabila Mounib, Abderahim Benamrou, et Abdeslam Laaziz, étaient également présents à cet évènement. Une participation qui a  pour but de  « dénoncer les politiques néolibérales du gouvernement Benkirane » selon Abdeslam Laaziz.
À noter que plusieurs journalistes n’ont pas eu le droit de  s’approcher des  leaders syndicalistes. Des confrères ainsi que des membres de notre rédaction  ont été violemment poussés et insultés par les organisateurs.

vendredi 30 avril 2010

Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l'Education nationale du Maroc

Par Ayad Ahram, secrétaire général de l'ASDHOM, Nanterre, et Driss El Kherchi, président de l'ATMF, Paris, 30/4/2010



Monsieur Ahmed Akhchichine
Ministre de l’Education Nationale
Bab Rouah Rabat Maroc
Objet : Demande d’intervention en faveur des grévistes de la faim

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,
Le président de l’Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) et le secrétaire général de l’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) ont rendu visite, le vendredi 2 avril 2010, aux instituteurs en grève de la faim depuis le 15 mars pour s’enquérir de leur situation.
Le groupe est constitué de vingt-deux institutrices et d’un instituteur. Il a élu domicile au local de la Fédération Autonome de l’Enseignement (UGTM) à Rabat.
Les deux représentants associatifs ont pu prendre la mesure du danger qui guette tout le groupe. Le porte parole des grévistes de la faim, l’instituteur Younes Erraoui, leur a exposé, dossier à l’appui, toutes les étapes et les motivations de cette action.
La santé des grévistes s’est considérablement détériorée. Plusieurs cas de vomissement, d’évanouissement et de perte de poids (jusqu’à 22 kg) sont à signaler parmi le groupe. Plus grave et plus préoccupant encore, le cas des plus fragiles d’entre elles et notamment les institutrices enceintes qui risquent à tout moment une fausse couche. Nous venons d’apprendre d’ailleurs que l’une d’entre elles a été transportée d’urgence dans une clinique où elle a subi une césarienne. Le groupe est au bord de la catastrophe si rien n’est fait par le ministère de l’Education nationale.
Que réclament ces grévistes de la faim ? Un droit pourtant garanti par les textes. Celui du rapprochement du conjoint et de la famille.
Les témoignages des institutrices grévistes de la faim sont poignants et accablants. Elles ont toutes été affectées à des écoles qui se trouvent dans des endroits reculés et difficiles d’accès à des centaines, voire un millier de kilomètres loin de leurs conjoints. Les conditions d’accueil et de vie ne favorisent en rien l’acquisition et la transmission du savoir. Elles ont pour la plupart un, deux ou trois enfants en bas âge qu’elles ne voient que rarement dans l’année. Tout le groupe a participé plusieurs années successives au mouvement de mutation inter-académique organisé par le ministère de l’Education nationale. En vain. Les grévistes de la faim estiment que leurs situations familiales et leurs barèmes (nombre de points) doivent leur permettre d’obtenir une mutation. Et pourtant, ce ne sont pas eux qui en bénéficient. Le plus révoltant est que d’autres enseignants, nouvellement nommés, arrivent à obtenir leur mutation. Le favoritisme et le clientélisme battent leur plein. Cette situation est d’autant plus condamnable qu’elle encourage d’autres, à l’aube de la retraite, à mettre leur poste en « vente » au plus offrant pour l’échanger contre un poste lointain. D’autres, surtout les femmes, n’ayant pas le choix, se voient condamnées à abandonner leurs postes.
Ces enseignants aiment bien leur métier. Ils veulent juste l’exercer dans de bonnes conditions. Les exclure du mouvement de mutation montre combien le ministère de l’Education nationale se désintéresse de leurs conditions de travail. Il les condamne de fait à faire le choix d’actions revendicatives extrêmes telles que la grève de la faim et menacer même d’enchainer avec une grève de la soif. La situation devient très préoccupante et risque de déboucher sur un drame national.
Vingt-trois enseignants grévistes de la faim. Cela veut dire au moins vingt-trois classes d’élèves dans la nature sans cours depuis le 15 mars. Cela veut dire également vingt-trois familles qui souffrent de cette situation traumatisante.
Monsieur le Ministre,
L’ASDHOM et l’ATMF vous interpellent pour intervenir et mettre fin à ce calvaire. Il est de votre devoir de réagir avant qu’un drame ne secoue notre société.
Dans l’attente de votre intervention, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos sentiments sincères.

ASDHOM, 79, rue des Suisses, 92000 Nanterre                                                                    ATMF
79, rue des Suisses                                                  10, rue Affre

92000 Nanterre                                                                 75018 Paris

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jeudi 5 novembre 2009

Une grève au Maroc entraîne la fermeture des écoles publiques

Pointant du doigt la surcharge des classes et d'autres problèmes dans les écoles publiques, plusieurs syndicats d'enseignants marocains ont organisé une grève le 29 octobre. 

Par Siham Ali pour Magharebia à Rabat – 03/11/09

[Abdelhak Senna/AFP/Getty Images]
Le mouvement des enseignants a entraîné la fermeture des écoles dans tout le Maroc jeudi.
Quatre syndicats d'enseignants du Maroc ont paralysé l'ensemble des écoles publiques du pays, jeudi 29 octobre, en organisant un débrayage pour protester contre plusieurs problèmes, parmi lesquels la pénurie d'enseignants et la surcharge des classes.
Les syndicats protestent également contre les faibles infrastructures et les modifications introduites dans les critères de promotion.
La décision de débrayer a été prise "après l’échec de la relance du dialogue avec le ministère de l’Education nationale en septembre dernier", a expliqué Abdelmajid El Gharss, représentant de la Fédération nationale de l'enseignement, qui a organisé cette grève avec la Fédération nationale des fonctionnaires de l'enseignement, le Syndicat national de l'enseignement et la Fédération autonome de l'enseignement.
"Nous n’excluons pas la possibilité d’intensifier le mouvement de grève si le département de tutelle ne réagit pas", a ajouté Gharss, tout en faisant porter la responsabilité au gouvernement pour ce qui concerne les répercussions du débrayage sur les élèves.
Selon les syndicats, 90 pour cent des professeurs ont respecté les consignes de débrayage. Mais un communiqué du ministère de l'Education indique, lui, un chiffre de seulement 59,7 pour cent. Ce communiqué accuse également les syndicats d'être "plutôt politiques et de ne pas répondre à la logique des doléances sectorielles".
La question des promotions se fonde sur ce que les syndicats considèrent comme le manquement de la part du gouvernement à respecter un accord datant d'août 2007 qui permettrait d'augmenter les promotions et de réduire le nombre d'années d'enseignement de six à quatre avant de pouvoir passer les examens professionnels.
Le 28 octobre au parlement, les députés ont également fait part de leur mécontentement sur l'état du système scolaire. Nombre d'entre eux s'en sont pris au ministre de l'Education Ahmed Akhchichine pour ne pas avoir amélioré le statut des enseignants et les infrastructures dans les écoles publiques. Ils ont également fait part de leurs préoccupations sur les surcharges des classes et les salaires des enseignants.
Le ministre a rejeté ces critiques, affirmant que "personne ne conteste la plus haute importance d’améliorer les conditions matérielles des enseignants". Il a expliqué que leur situation est liée à celle de la fonction publique et ne concerne pas uniquement le département de l’Education nationale.