Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

mercredi 11 septembre 2013

PROCES EN APPEL DE Amina Mourad et Benasser Ismaini (coordinateurs des victimes du microcrédit) encore reporté. au 22 octobre 2013.

Par Souad Guennoun, Attac Maroc, 10/9/2013 
Le procès est reporté au 22 octobre 2013.
Premier compte rendu du procès en appel de Amina Mourad et Benasser Ismaini qui s'est tenu ce mardi 10 septembre à Ouarzazate

Amina Mourad et Benasser Ismaini, les deux coordinateurs du mouvement des victimes des microcrédits de  la région de Ouarzazate,  se sont présentés au tribunal de Ouarzazate ce mardi 10 septembre 2013 .
Des femmes victimes des organismes de microcrédits sont venues  des régions avoisinantes notamment de Taznakht, El Kalaa, pour les soutenir et dénoncer devant le tribunal les abus des organismes de microcrédits et la Justice complice. Les slogans ont été clamés  pour dénoncer la corruption, les organismes des microcrédits et  la Justice complice : «  microcrédits escrocs de citoyens pauvres et ruinés »,« Voici le nouveau Maroc , c’est le Maroc de la répression et de l’exclusion », « Stop corruption »,  « L’argent du peuple, va dans les poches des voleurs, ils se construisent villas et immeubles ! »  

Le  procès est donc encore reporté au 22 octobre 2013.
La solidarité est importante pour soutenir Amina Morad et Nasser Ismaini , pour dénoncer les abus des organismes de microcrédits qui se nourrissent sur le dos de la pauvreté, de l’ignorance, de la peur des femmes.
La crise économique avec ses retombées sur les flambées des prix des produits de base,  les politiques d’austérité qui démantèlent les services sociaux, la montée du chômage et l’absence de toute volonté politique de justice sociale, tout cela ne fait que nourrir davantage ces organismes censés réduire la pauvreté.

Rappel : Alors que leur procès avait été gagné en Première Instance le 25 avril 2013, le Procureur général a fait appel pour désaccord avec le jugement prononcé en Première instance le 25 février en faveur de Amina Morad et Nasser Ismaini et que les 4 associations avaient retiré leur plainte. Mais une nouvelle association Inma a rejeté le jugement. Cette association a été présentée de manière illégale par le procureur général et  le juge avait rejeté sa demande.
Le procureur général et l'association avaient fait appel, Amina Morad et Nasser Ismaini seront présentés avec les mêmes chefs d'inculpation pour un nouveau procès le 10 septembre  2013.



Vidéo publiée le 10 sept. 2013

Début des protestations de la part des victimes de micro-crédit pour la saison 2013/2014

Al Adl Wal Ihssane met en garde contre une explosion sociale et appelle à un front de lutte contre le makhzen




Au moment ou les tractations pour la formation d’une nouvelle coalition gouvernementale peinent à aboutir, l’organisation islamiste Justice et Spiritualité (Al Adl Wal Ihssane) tire les sonnettes d’alarmes concernant une situation économique qui ne cesse de se « détériorer » et appelle à la formation d’un large front contre l’emprise du système makhzanéen corrompu et autoritariste. »


Le communiqué publié sur le site Internet de l’organisation, dénonce la hausse du prix de certaines denrées alimentaires et « l’indifférence de l’Etat marocain face à la souffrance du citoyen marocain ». « Un Etat qui a toujours fui ses responsabilités pour assurer les conditions d’une vie digne à ses citoyens » poursuit le communiqué.  

Dans ce communiqué, Al Adl dénonce vigoureusement une corruption continue qui s’érige en système par l’octroi de budgets faramineux à des institutions publiques dont l’unique objectif est de dilapider les ressources disponibles. Par ailleurs, Al Adl condamne l’augmentation injustifiée du coût de la vie. Une situation qui risque de générer un climat explosif dont le Makhzen et ses affidés seraient les seuls responsables.

Les anciens prisonniers politiques victimes de la répression estiment que la réponse du CNDH n'est pas satisfaisante

  1. Par  Abderrahman Naim.
     En réponse à la lettre ouverte  au  président du gouvernement, exigeant la mise en application des résolutions de l'IER, concernant des problèmes sociaux,  administratifs et financiers des anciens détenus politiques (relire Lettre ouverte  au  président du gouvernement par le Comité national des victimes  de la répression   politique au Maroc),  le communiqué du  C.N.D.H   déclare  que la plupart   des dossiers sont résolus, et qu' il en reste  d' autres qui  seront réglés dans les mois qui viennent. 
     Photo
    Le dossier du Comité national des victimes de la répression politique au Maroc a été adopté  par le tissu des organisations des droits de l'Homme au Maroc (18 à 21 associations). 
    Le sit in  a continué : chaque jours des personnes viennent  manifester devant  le C.N.D.H
    Déclaration d'Ahmed Chahid : 
    http://youtu.be/SkN-deoxOR4http://youtu.be/SkN-deoxOR4

Religion : 30 mois de prison pour le jeune marocain accusé de prosélytisme chrétien


 
  
Le lundi nous avions consacré un article à l’arrestation d’un jeune Marocain, accusé de diffuser la foi chrétienne. Il vient d'écoper, hier, de trente mois de prison. Devant la cour, le prévenu a avoué sa conversion au christianisme. Deux Américains figurent parmi ses contacts.

Sur certains dossiers, la justice marocaine opère avec une grande vitesse. Dans l’après-midi du mardi, le tribunal de première instance de Taounate a condamné un jeune de la région, mis en cause dans une affaire de prosélytisme chrétien visant à ébranler la foi d’un musulman, à deux ans et demi d’emprisonnement et 1500 dh d’amende. Et pourtant, le dossier est encore très récent, voire même trop.

L’arrestation du prévenu s’est produite, comme nous l'avions annoncé dans un précédent papier, le mercredi 28 août, deux jours plus tard, il est remis au parquet pour un complément d’interrogatoire et le mardi le verdict tombe. Un record.

Devant la cour, le jeune n’a pas nié les faits
Une sentence, plutôt, conforme à l’article 220 du code pénal qui prévoit des peines entre « six mois à trois ans et d'une amende de 100 à 500 dirhams » pour  quiconque emploie « des moyens de séduction dans le but de convertir » un musulman «  à une autre religion, soit en exploitant sa faiblesse ou ses besoins, soit en utilisant à ces fins des établissements d'enseignement, de santé, des asiles ou des orphelinats ».
Selon le site taounatenews.com, le marchand ambulant n’a pas nié, devant la cour, sa conversion au christianisme. Il s’est dit complètement convaincu des idées qu’il était en train de diffuser auprès des jeunes de la région. Pour mémoire, le mis en cause a adopté la même attitude lors de l’interrogatoire avec les gendarmes de la commune de Aïn Aicha ou chez le juge d’instruction.
  
Deux Américains parmi les contacts du prévenu
Cette affaire de prosélytisme à Taounate n’a pas encore révélée tous ses secrets. Le prévenu a avoué, lors des différentes phases de l’enquête, être en contact avec deux ressortissants américains qui l’équipaient en livres et CD louant la foi chrétienne.
A quelques heures de l’annonce du verdict, est-il prématuré d’avancer que le parquet de Taounate lancera un avis de recherche et d’arrestation des deux étrangers ? Sachant que depuis l’éclatement de l’affaire de l’orphelinat d’Aïn Leuh, en 2010, les autorités marocaines privilégiaient l’expulsion en catimini des Américains et des Européens pris en flagrant délit de prosélytisme chrétien, notamment auprès de la population des montagnes de l’Atlas. A moins que la justice marocaine ne se contente des seuls Marocains qui ont eu des contacts avec le jeune de Aïn Aicha ?
Maroc : La justice conteste la décision d'expulsion des étrangers pour prosélytisme chrétien

 http://www.yabiladi.com/articles/details/19359/religion-mois-prison-pour-jeune.html 
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Religion : Les chiites marocains solidaires avec le chrétien de Taounate, condamné à 30 mois de prison 

 




La condamnation, mardi par le tribunal de première instance de Taounate, d’un jeune pour avoir embrassé la foi chrétienne a remis en selle le débat sur la liberté de conscience, éclipsé de l’actualité voilà plus de deux ans. Si les laïcs nationaux ne se sont pas mobilisés pour défendre l’habitant de Aïn Aïcha, les chiites marocains ont saisi cette occasion pour plaider le respect de ce principe et demander l’abrogation de l’article 220 du code pénal.


Les  chiites marocains se solidarisent avec le jeune de Taounate, condamné à trente mois de prison, pour être converti au christianisme. Mieux encore, ils défendent le droit à la liberté de conscience. Une position exprimée, d'ailleurs, sur le site de La ligne Rissali. Les rivaux des sunnites craignent, en effet, de subir à leur tour les conséquences de l’article 220 du code pénal, notamment le passage où il est mentionné clairement la condamnation de toute tentative dans « le but d'ébranler la foi d'un musulman ». Ils se sentent, également, dans le viseur.

Les chiites veulent l’abrogation de l’article 220 du code pénal
Les chiites considèrent que la peine de 30 mois infligée au marchand ambulant de Taounate est « une violation d’une part de la Constitution, laquelle a banni la discrimination en raison de la confession, et d’autre part des pactes internationaux liés aux droits de l’Homme ».  Ils se réfèrent à l’article 18 de la Déclaration universelle de l’ONU des droits de l’Homme de 1948 : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites ».
Les chiites soulignent, par ailleurs, que ce verdict est « une interprétation arbitraire de l’article 220 du code pénal ». Et du coup, ils demandent son abrogation.

Le prosélytisme de l’islam malékite sunnite est autorisé, le reste non
Bien que la loi fondamentale du 1er juillet 2011 dans son préambule et les articles 3 et 41 insistent sur la garantie accordée à « tous » de la « libre exercice du culte », la pratique a montré que des obstacles se dressent contre un tel droit. Dans son rapport 2013 sur les libertés religieuses dans le monde, le département d'Etat américain a relevé que la loi marocaine « autorise la prédication de l’islam sunnite selon le rite malékite mais elle prohibe toute tentative de convertir les sunnites malékites à d’autres religions » ou rites.
En 2010, lors de l’expulsion de chrétiens étrangers dans le sillage de l’affaire de l’orphelinat de Aïn Leuh, les chiites marocains ont souffert, également, des conséquences de cette main ferme des autorités contre les minorités religieuses. Pour mémoire, à l’époque le MUR (Mouvement unité et réforme, bras prédicateur du PJD) et le ministère des Affaires islamiques avaient fait campagne, tambour battant, contre les courants qui menacent « la sécurité confessionnelle des Marocains ». Une allusion aux chrétiens et aux chiites.

Passeurs d'entre deux rives. De l'Anti-Atlas aux Hautes Alpes

Par Karine Moreau, MAPEmonde (Mission d'accueil des personnes étrangères)


Samedi 28 septembre 2013, à 18h au Foyer culturel de l'Argentière la Bessée projection du film "Entre deux rives ", film réalisé en 2000 qui présente des Marocains (notamment de l'Argentière la Bessée  dans les Hautes Alpes) qui se sont organisés pour mettre en place des projets en vue d'améliorer leurs villages d'origine en créant  Migration &Développement.

 Des régions montagneuses de l’Anti-Atlas marocain aux grandes métropoles françaises, le film de Najib Dhoum et Allan Wisniewski retrace l’itinéraire d’hommes et de femmes qui, dépassant la déchirure toujours vive de l’exil, et la question lancinante du retour au pays, s’inventent, chaque jour, une autre manière de vivre l’immigration en développant leurs villages d’origine. Une histoire remarquable qui brise les clichés habituels dans lesquels sont enfermés bien trop souvent, hélas, ceux que l’on appelle les « travailleurs émigrés ».
Entrée gratuite


MJC-centre social du Briançonnais
35 rue Pasteur
05 100 Briançon
06 50 25 89 24

Graciée par le Roi, Consuelo Valle Andújar est toujours en prison au Maroc



Bladi, 6/9/2013 Graciée par le Roi, Consuelo Valle Andújar est toujours en prison au Maroc

Graciée par le Roi Mohammed VI à l’occasion de la fête du trône, le 30 juillet dernier, l’Espagnole Consuelo Valle Andújar est toujours dans la prison de Tétouan, dans le nord du Maroc.

Pourtant, le 30 juillet dernier, l’Espagnole a reçu la visite d’une surveillante de la prison, pour lui signifier que son nom figurait bien dans la liste des graciés et qu’elle devait préparer sa sortie le lendemain.
"J’ai eu la grâce d’un Roi, pourquoi suis-je toujours en prison, clame-t-elle dans un entretien téléphonique au journal "El Pais". L’Espagnole ne comprend pas pourquoi elle est encore en prison, alors que le Roi l’a graciée. Pour les autorités marocaines, et surtout pour les services douaniers, Consuelo Valle Andújar, doit d’abord s’acquitter de l’amende douanière de 13.000 euros, pour espérer sortir. Et elle n’est pas la seule, d’autres graciés doivent également payer les amendes avant de pouvoir rejoindre le sol espagnol.
L’état de santé de Consuello inquiète son frère. D’après lui, sa sœur a perdu plus de 30 kilos (de 90 kilos à 59 kilos) depuis son entrée en prison il y a 15 mois. Une infection à l’estomac et une baisse de moral en seraient la cause, surtout depuis la grâce royale.
Valle est détenue au Maroc depuis février 2012, date à laquelle elle a été arrêtée à Tanger par la douane marocaine, suite à la découverte de 21 kilos de haschisch dans la voiture de son amie. Même si elle a été dédouanée par cette dernière, la justice l’a condamnée pour complicité de trafic de drogue.


mardi 10 septembre 2013

Syrie - Pierre Charasse : la lettre de l'ancien ambassadeur de France à François Hollande


A déguster lentement et délicatement pour en savourer  les effluves de mordant, de causticité, d'ironie, de dérision... et surtout de lucidité.


 Sur "les invités de mediapart", 7/9/2013
Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur [1], notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d’adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne.
Mexico, le 2 septembre 2013


Monsieur le Président de la République
Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux États-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une intervention militaire chirurgicale en Syrie.
Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger » s’inscrit dans une démarche très règlementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux États concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.
De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Étrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu’ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidés ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.
Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.
Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les États-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.
Quant aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre, et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.
Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi n'ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas  mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.
Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront la bonté de laisser aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des États forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.
Après cette victoire pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donnée la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.
Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, « ensemble gazeux et incertain » comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.
Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le « Charles de Gaulle » rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses. Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.
On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Khadafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur, serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction des moyens du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.
Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.
« O tempora ! O mores ! » comme a dit Ciceron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».
Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Pétersbourg de changer de cap pour mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.
Une telle cohérence dans l’application de « l’obligation de protéger » honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.
Pierre Charasse, Français de l’étranger, contribuable et électeur.


* Les invités de Mediapart
URL de cet article 22296
http://www.legrandsoir.info/syrie-la-lettre-d-un-ancien-ambassadeur-de-france-a-francois-hollande.html
Posté par Jocegaly à - - Commentaires [3] - Permalien [#
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Syrie, la danse du scalp


Ali Fkir espère se tromper, mais dit qu' il ne faut jamais se désespérer, ni baisser les bras.

J'espère me tromper.

Les matheux parlent de pifomètre. J'espère que ce n'est pas vrai dans mon cas.

De quoi s'agit-il?

La plupart des peuples du monde arabe se sont soulevés contre leurs régimes. Certains ont réussi des changements au niveau du sommet de l'Etat (des changements qui n'ont pas dépassé jusqu'à présent le cadre politique). Nous sommes loin de la révolution qui chamboule toute la société, du fond au comble.

Mais c'est le début d'une dynamique à perspective révolutionnaire (à moyen et à long terme). Ceux qui parlent d'un processus révolutionnaire n'ont pas tort ( السيرورات الثورية).

Le peuple tunisien, grâce à la dynamique de ses forces progressistes en général et au combat des ses FEMMES en particulier, radicalise de plus en plus sa lutte, conquit des espaces.D'autres ont connu des reculs tel le peuple libyen. D'autres, et après un démarrage encourageant, ont vu leurs mouvement prendre une autre direction, totalement opposée à leurs intérêt. C'est le cas du peuple syrien.

En l'absence de directions révolutionnaires, au lieu d'affaiblir l'influence de l'impérialisme, de la réaction arabe et du sionisme, cette dynamique a plutôt renforcé l'influence de ce trio, l'influence de l'ennemi principal des peuples de la région.

Dans le monde arabe et jusqu’en 2010, seuls les régimes algériens, libyen et syrien n'ont pas de relations "publiques" avec Israël. La Libye a basculé dans le camp adverse, la Syrie a d'autres chats à fouetter. L'Algérie, fidèle a sa ligne politique classique,  ne se mêle pas directement des affaires intérieures "des frères arabes". Le peuple algérien, après l’expérience douloureuse des obscurantistes du FIS, préfère "cultiver" son jardin.

Mon cauchemar? Les rapports de force se radicalisent conjoncturellement en faveur des ennemis des peuples, en faveur de la triple-alliance: impérialisme-sionisme-monarchies arabes. La tournure des événements en Syrie va dans ce sens. Ce dont j'ai peur , mon cauchemar, c'est que tout cette dynamique régionale ne débouche sur la NORMALISATION OFFICIELLE ET DÉFINITIVE des relations entre "arabes et Israël". Le grand perdant ne sera que le peuple palestinien, surtout que ses principales directions politiques, FATH et HAMAS, sont inféodées aux composantes de de la triple-alliance. HAMAS ET FATH auront chacun un minuscule lopin de terre, les millions de "réfugies" palestiniens connaîtront une nouvelle descente aux enfers.

Qu'Assad parte ou reste, ça ne changera rien à ce scénario cauchemardesque. L'entente entre américains et russes prendra le dessus. Les intérêts obligent. Tout le monde ou presque veut la prospérité d’Israël, sa sécurité, sa force de gendarme régional. Tout le monde (sauf les peuples de la région) aura sa part du gâteau ( gaz, pétrole, bases militaires...) et ce, proportionnellement à la force de chacun.

J'espère me tromper, mais mon pifomètre me dit que ce processus prometteur(au départ) engagé par les peuples de la région, débouchera sur la NORMALISATION GÉNÉRALE AVEC L’ENTITÉ SIONISTE. Les trouble-fêtes de la région "disparaîtront". Il reste les cas de Hizbo Allah et d'Iran. Comme le régime de Damas a accepté la "proposition" russe, le réalisme politique prendra le dessus aussi en Iran et au Liban. J'espère me tromper.Certains peuples attendront des meilleurs jours. La fête, la vraie fête n'est que reportée. Mais la dynamique révolutionnaire est ainsi faite. Des avancées, des reculs. Des hauts et des bas, mais il ne faut jamais se désespérer, ni baisser les bras.


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Ceci n'est pas la voix d'Ali !

Révoltez vous ! 

http://youtu.be/QvHiHfMAjuw

Publiée le 17 avril 2012
Face au système totalitaire marchand aucun bulletin de vote ne nous sauvera.
La résistance passe par l'organisation d'assemblées populaires dans le but de rassembler toutes les forces révolutionnaires. Le pouvoir n'est pas a prendre il est a détruire !
L'autonomie alimentaire et énergétique, l'abolition de la propriété et la redéfinition du bien commun nous garantiront la Liberté et l'Égalité !
"La révolution sera la floraison de l'Humanité comme l'Amour et la floraison du cœur" Louise Michel

Retrouvez l'info révolutionnaire sur :

François Hollande plus va-t’en-guerre que Barack Obama

  le 11/9/ 2013
Barack Obama et François Hollande lors du sommet du G8 à Lough Erne, près d'Enniskillen en Irlande du Nord, le 18 juin dernier.

Analyse. Alors que l’opinion publique internationale et singulièrement française se réjouit des nouveaux développements diplomatiques concernant la crise syrienne permettant d’éviter une intervention militaire, les dernières déclarations du gouvernement français ne manquent pas d’alarmer.
Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour déjouer un isolement de la France, a dû prendre acte des propositions formulées par la Russie, aptes à créer un apaisement sans lequel aucune solution en phase avec les aspirations réelles du peuple syrien ne saurait être possible. Malheureusement – et contrairement à ses déclarations –, Paris ne semble pas vouloir trouver une issue politique, restant le doigt cramponné à la gâchette. Fabius a ainsi annoncé que la France déposerait une résolution devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Celle-ci évoquerait un système de contrôle et d’éradication de l’arme chimique syrienne. Très bien ! Mais pourquoi alors vouloir continuer à accuser le régime syrien du massacre du 21 août alors qu’aucune commission d’enquête digne de ce nom n’a encore rendu un rapport, une telle mention ne pouvant que provoquer un blocage au Conseil de sécurité et remettre en question la voie diplomatique ?
Il n’existe qu’une explication : la France reste arc-boutée sur une politique mise en place sous Sarkozy, et poursuivie par Hollande, qui vise à faire tomber le régime, coûte que coûte. Une politique aventureuse qui, dès le départ, ne s’est pas appuyée sur les éléments démocratiques et laïcs de l’opposition syrienne mais sur les Frères musulmans, à l’ombre desquels grandissaient les djihadistes. Sarkozy avait réactivé la cellule de l’Élysée, mise en place par Chirac après l’assassinat de Rafic Hariri au Liban, visant à organiser et à financer certains opposants. Hollande s’y tient. La politique moyen-orientale – et même internationale – de la France n’a pas changé. Le président français a fait sienne, semble-t-il, la devise de son prédécesseur, d’être aux côtés des États-Unis dans toute politique guerrière. N’est-il pas étonnant de voir un François Hollande plus va-t-en-guerre qu’un Barack Obama ?
« Tout doit être entrepris, sous l’égide de l’ONU, pour que se tienne, dans les plus brefs délais, la conférence de Genève 2 afin d’aboutir à un accord politique entre toutes les parties, de stopper les violences et d’ouvrir un processus de transition démocratique en Syrie », souligne le PCF. Dans l’Humanité, Aram Karabet, qui a passé treize ans dans les geôles syriennes, expliquait que « la révolution syrienne a échappé aux Syriens ». La France se grandirait à permettre que se tienne cette conférence, sans préalable, en y incluant tous les acteurs régionaux de la crise, y compris l’Iran. Et qu’enfin le peuple syrien reprenne les rênes de sa révolution. Et pendant qu’on y est, supprimons, partout dans le monde, les armes de destruction massive, y compris nucléaires. Faut-il que François Hollande soit peu sûr de sa politique pour qu’il n’ait même pas daigné la soumettre à l’approbation des élus du peuple ?