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vendredi 3 juin 2011

7 questions à la présidente de l'association marocaine d'aide à l'enfant et à la famille à El Jadida

Par  Driss Lebbat, membre d'Eljadida.ma, 30/5/2011

Quand on passe par la rue pasteur, et juste à côté de Dar Attalib, on retrouve une maison appelée « Dar Al Amal » (maison de l'espoir), qui ne se vide pas à longueur de journée, peu savent que cette maison est le siège d'une association très active à la ville d'El Jadida, dans le domaine de la protection de l'enfance en situation difficile. Nous avons rencontré sa présidente, Bouchra El Ouryaghli, pour nous parler des activités de cette association.

Madame, beaucoup de choses se sont passées depuis la création de l'association en 1999, où en êtes vous actuellement ?
Nous avons débuté avec juste une vingtaine d'enfants en situation difficile, que nous accueillons afin de satisfaire leurs premiers besoins, et pouvoir ainsi les aider à sortir de ce cadre des enfants de la rue, où ils étaient délaissés, maltraités et à la merci de la colle sniffée et des aléas de la vie, sachant que ces petits sont dans la plupart issus de l'exode rurale, familles pauvres, mais aussi, des enfants issus de relations illégitimes, qui vivent sans parents et parfois sans familles. Actuellement, nous avons instauré un programme spécial : « Programme Rue », afin de les approcher et les faire sortir progressivement de la rue, en les insérant au niveau de leurs familles et dans la vie active.

Comment vous arrivez à réaliser tous ces objectifs ?
Sur la base d'études menées par nos éducateurs à travers l'accueil de plusieurs centaines de cas recensés et accueillis, et aussi, des sorties que nous avons effectué dans des zones précaires de la ville d'El Jadida, nous avons réparti notre activité autour de trois axes à savoir : l'accueil et l'assistance des enfants de la rue dans au sein de notre centre d'accueil « Dar Al Amal », ensuite, un programme d'éducation non formelle qui assiste ces mêmes enfants en les intégrant dans des classes mises à notre disposition par la délégation de l'enseignement d'El Jadida, où 80 enfants suivent des cours toute la semaine, à raison d'une demi-journée par jour, répartis sur trois salles de classe, une à Dar Al Mouaten Azemmour et deux à El Jadida, à l'école Mohamed VI et l'école Moutanabi. Aussi, nous avons mis en place un programme de soutien scolaire au profit des enfants démunis, issus des quartier mitoyen notre centre, où 120 jeunes viennent quotidiennement, profiter de cours de français, arabe et mathématique, animés par 30 étudiants bénévoles de l'ENCG d'El Jadida.

A votre avis, quel est le but du programme d'éducation non formelle ?

Tout d'abord, ce projet a été mis en place grâce au partenariat entre l'association marocaine d'aide à l'enfant et à la famille (AMAEF) et la délégation de l'éducation nationale d'El Jadida, ces enfants profitent de cours d'éducation non formelle, dans ce cadre, les enfants qui réussissent leurs années, intègrent directement les classes régulières au sein des écoles de la ville d'El Jadida. En plus, nous essayons d'intégrer les enfants ayant abandonné l'école à un niveau de la sixième année, dans les cours de formation professionnelle de l'OFPPT.

Qu'en est-il des enfants qui n'arrivent pas à atteindre le niveau de la sixième année ?
Le but de ce programme est d'insérer ces enfants dans la vie active et professionnelle après avoir passé plusieurs années livrés à eux mêmes. Nous avons réussi à le faire avec plusieurs enfants dans des programmes de formation de l'entraide nationale (Dar Al Mouaten) où ils apprennent des métiers de coiffure, cuisine, mécanique, électricité ...etc, ou comme apprenti artisan au sein du complexe d'artisanat de la ville d'El Jadida.

Qu'est ce qui pousse les enfants à fréquenter Dar Al Amal ?
Notre petit centre joue la carte de la proximité et liberté, il n'est pas géré dans le modèle d'orphelinat avec des horaires de déjeuner, de dîner ou d'extinction des feux, mais il est ouvert toute la journée aux enfants en situation difficile, où il retrouvent la maison familiale qu'il n'ont pas eu, ils peuvent jouer, étudier, et participer à des activités culturelles organisées le long de l'année en partenariat avec des écoles et acteurs socio-culturels de la ville d'El Jadida ou d'autres villes du Maroc, notamment, l'école Charcot, l'Ange Bleu, l'école Ihssane, Zaytouna et Chiraz pour ne citer que ces écoles là. De cette manière, on s'est retrouvé au fil des années, avec des enfants qui font partie intégrante de cette grande maison, ce qui pousse parfois, d'autres enfants de leurs fréquentations, à venir vers nous et profiter de nos activités ; cela nous créé parfois des problèmes d'espace vu la taille limitée de Dar Al Amal, mais cela ne nous dérange guère puisque nous arrivons à arracher des sourires innocents, ayant quitté leurs petits visages angéliques.

De quels moyens disposez vous pour arriver à vos objectifs ?
Nous avons des charges quotidiennes relatives à la nourriture, déplacements, animations et habillement des enfants, en plus d'un budget de fonctionnement relatif aux indemnités des éducateurs et assistants au sein de notre centre d'accueil, ces frais sont couverts grâce aux contributions irrégulières de la commune d'El Jadida, de Moulay abdellah, ou de l'entraide nationale mais aussi de la part de quelques donateurs ou de financement de projets qu'on arrive à monter au sein de l'association.
Nous ne cessons d'apprendre dans le tas, puisque nos éducateurs ne sont pas spécialisés à accueillir et assister cette catégorie sociale d'enfants qui viennent directement de la rue, affamés, fatigués et déprimés ; pour cela, nos formateurs assistent périodiquement à des formations spécialisées, au niveau de l'association BAYTI ou l'association LIQUAA à Safi.
Aussi, nous manquons de psychologue, et c'est là le plus grand travail qui reste à accomplir, car si nous traitons le côté matériel et éducationnel de l'enfant, le côté psychologique reste primordial pour une insertion réussie.

Le mot de la fin !
Nous essayons de toutes nos forces, d'aider les enfants à sortir du cadre de la rue, et de les insérer dans leur familles ainsi que dans la vie active, notre effort se heurte parfois à un contexte familial et socio-culturel inadapté à notre démarche, causé par une situation précaire de la famille, leur pauvreté ou leur analphabétisme. Notre souhait est de pouvoir assister les enfants dans leur milieu en assistant les mamans, ceci ne peut se faire, qu'en coordinant nos efforts avec toutes les institutions étatiques, et pourquoi pas l'aciquisition visa social qui nous ouvrira encore plus de portes.
Nous avons également un grand souhait, celui d'ouvrir une crèche au profit des mamans démunies, qui exercent des métiers de bonnes à domicile.

 

jeudi 2 juin 2011

Maroc : Kamal Amari, nouveau martyr du mouvement 20 février.

Par Ali Fkir, 2/6/2011
Nom: Amari (c'est comme que ça s'écrit selon sa CNI)
Prénom: Kamal
Né en 1981 à Safi (région)
Célibataire
Travailleur au port de Safi (gardinage)
Militant du mouvement de 20 février
Activité: sans appartenance politique (son frère militant connu d'Al Adl)
Date de décès: le jeudi 2 juin aux environs de 14h20
Cause du décès: il a été tabassé sauvagement par 7 individus des forces de répression le dimanche 29 mai au cours de la marche populaire organisée par le mouvement du 20 février à Safi. Décédé suite aux blessures graves causées par cette lâche agression.
En ce moment (jeudi 2 juin 2011 à 18h51, heure locale):
- La ville de Safi est complètement encerclée
- Les habitants sont groupés en masse devant la morgue (son corps peut se "volatiliser"...)
Kamal repose en paix!
LE COMBAT POUR UN NOUVEAU MAROC CONTINUERA
Nous ne serons jamais des ingrats envers les martyrs du peuple marocain: de Ben Barka, jusqu'à toi, en passant par Cheikh Al Araba, Dahkoune, Zeroual, Saïda, Jbiha, Grina, Tahani, Douraïdi, Belhouari, Chbada, Chaïb (20 février, Sefrou)... 
L'insoutenable agonie de Kamal :
 http://www.youtube.com/watch?v=iTix-az0KRI&feature=player_embedded

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Par Abdelhaq Sedrati s.Au Fait Maroc, 02/6/2011

Kamal Omari est mort
Kamal Omari, militant d’Al adl wal ihsane, et membre du “Mouvement du 20 février”, est mort ce jeudi. Les autorités affirment qu'il serait mort de crise cardiaque et déjà certains médias signalent qu'il aurait aussi une insuffisance rénale. Un proche de la famille de Kamal dit que cela est faux et qu'une plainte sera déposée auprès du tribunal de Safi.La vérité ne tardera pas à être connue. Nous sommes tous attristés par cette disparition et nous présentons nos sincères condoléances à la famille et aux proches de Kamal Omari.

Malgré les démentis des autorités, il n'en reste pas moins que Kamal Omari a fait l'objet d'un passage à tabac en bonne et due forme . C’est le drame que nous redoutions tous. Les témoins sont précis: plusieurs policiers se sont acharnés sur Kamal Omari pendant plusieurs minutes.  Cela s’apparente à un lynchage méthodique exécuté par des policiers qui pendant plusieurs mois n’avaient pas le droit de cogner. Cela les démangeaient. D’après les témoignages que nous avons recueillis, les policiers ont continué tard dans la nuit leur besogne de répression avec sévérité. Environ 18  manifestants ont été arrêtés , transportés loin de Safi et abandonnés à leur sort après avoir été malmenés.

À Casablanca par contre, la police s’était montrée plus civilisée: les manifestants ont été dispersés sans acharnement. Le préfet de police a même essayé d’expliquer à la population la nécessité de son intervention et a communiqué avec tous les badauds présents.

Autant au Maroc certaines autorités, tels que les services scientifiques sont efficaces et bien organisés, autant les services de répression basiques sont restés sous développés pour la plupart.

À l’aube de la livraison de la réforme de la Constitution, ce drame va permettre de tester comment par exemple le CNDH, institution créée pour préserver les droits de l’Homme en toute indépendance, va réagir. Si aucune action n’est entreprise, il ne faudra donc pas s’attendre non plus à ce qu’une quelconque disposition de la prochaine Constitution soit un jour réellement respectée. RIEN ne peut justifier le lynchage de Kamal Omari.

Nous sommes nombreux à avoir écrit que certains manifestants cherchaient l’affrontement. Le sachant, les autorités auraient dû redoubler de précaution. Une enquête doit être menée et des sanctions doivent être prises contre les responsables de cette répression.

D’autre part, vouloir interdire toutes les manifestations est vécu comme une provocation par les diverses tendances du “Mouvement du 20 février”. Aux autorités de négocier avec eux des modèles de manifestations pacifiques afin qu’ils puissent exercer leurs droits sans désordre public, comme cela a été possible durant plusieurs semaines. Sans oublier que dans tous les cas, le maintien de l’ordre doit être assuré par des professionnels qui respectent la vie humaine.

Quelles que soient les raisons des uns et des autres, et si cela se confirme,  personne n’a le droit de tuer.

Abdelhaq Sedrati s.
http://www.aufaitmaroc.com/opinion/chroniques/2011/6/2/kamal-omari-est-mort

mercredi 1 juin 2011

Manifeste des associations démocratiques issues de l’immigration marocaine


Des citoyen-ne-s et non pas des sujets !

L’aspiration du peuple marocain à la dignité, la citoyenneté et à la justice sociale est la nôtre en tant que migrants faisant partie de ce peuple qui a fait et continue à faire beaucoup de sacrifices contre les différentes formes de despotisme, de discriminations et pour un véritable État de droit. Le débat sur la constitution est en réalité un débat sur quel projet de société nous voulons et quels principes doivent être inscrits pour un Maroc démocratique, respectueux des différences culturelles, linguistiques, de croyances religieuses ou laïques ?
Nos aspirations s’inscrivent aussi dans cette dynamique en cours des révolutions des peuples du Maghreb et du Machrek qui sont non seulement en train de balayer certains régimes dictatoriaux et honnis par leurs peuples, mais surtout en train d’effectuer des transformations en profondeur des mentalités, pour l’avènement des droits des citoyens prenant leur destin en main.
Au Maroc, grâce au mouvement du 20 février, qui porte et renouvelle aujourd’hui les aspirations et espoirs du peuple marocain, dont fait partie l’immigration, c’est de nouvelles formes de citoyenneté qui émergent. Ce mouvement est dans le prolongement des luttes du peuple marocain pendant la colonisation, des révoltes du Rif en 1958, du 23 mars 1965, des évènements du 21 juin 1981, janvier 1984 et janvier 1990... Il est en train d’innover dans le contenu et dans les formes des revendications et des mobilisations pour un Etat de Justice, de Droit, de Solidarité et d’Egalité.
Ce mouvement de jeunes a réussi à travers le contenu de ses slogans et de ses revendications démocratiques à regrouper l’ensemble des marocains épris de justice et de liberté quelles que soient leurs origines et histoires.
Ces jeunes qui ont initié le mouvement du 20 février, dans leur diversité sociale, politique et culturelle, ont joué un rôle fédérateur dans la revendication d’une véritable démocratie et dans l’exigence de la mise en place d’un processus de souveraineté populaire à travers des institutions réellement démocratiques.
La politique économique et sociale appliquée au Maroc favorise la concentration des richesses entre les mains d’une minorité et aggrave l’appauvrissement et l’exclusion sociale. Egalement l’opacité de la gestion des affaires publiques, la corruption empêchent les Marocaines et les Marocains d’avoir une vision éclairée de leur environnement politique et d’y mener une action citoyenne active.
Une justice indépendante est le seul moyen de lutter contre l’arbitraire, l’impunité et le mépris social.
Nos associations démocratiques issues de l’immigration ont toujours été impliquées dans les luttes du peuple marocain et continuent d’assumer cette mission pour donner plus d’ampleur et de rayonnement aux justes revendications exprimées par l'ensemble de la société.
L’enjeu actuel est d’effectuer des avancées qualitatives qui doivent reposer sur deux socles
communs et incontournables : le respect de la dignité, et une véritable citoyenneté.
S'agissant du premier socle, il est insupportable dans un Maroc du 21ème siècle de continuer à être régi par des règles et des coutumes moyenâgeuses (la baïa, le baisemain, la prosternation devant le roi…). Ces formes d’assujettissement sont à bannir pour créer les conditions de nouveaux rapports de gouvernance basés sur l’égalité, la dignité et la citoyenneté. La souveraineté du peuple doit être au cœur de tout dispositif de gouvernance. Cette souveraineté doit s’exprimer aussi dans la manière dont la nouvelle Constitution peut être élaborée. La démarche actuelle (une commission choisie, avec les contours de la réforme fixés par le chef de l’Etat) va à l’encontre de l’aspiration fortement affirmée par les manifestants-citoyens qui exigent une véritable refonte de la Constitution, par le biais d’une assemblée constituante démocratiquement élue.
Le second socle est la citoyenneté pour qu’un Etat de droit soit érigé sur des bases saines respectant les droits de l’Homme tels qu’ils sont universellement reconnus. D’où la nécessité d’utiliser comme référentiel exclusif, les pactes internationaux (La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, le Pacte International des droits civils et politiques , le Pacte international des Droits Economiques, Sociaux et Culturels, le Deuxième protocole facultatif visant à abolir la peine de mort, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, la Convention internationale sur la protection des droits des migrants et de leurs familles, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW)…) en les intégrant dans le corps des textes de loi, et leur accordant la primauté sur les lois nationales en cas de contradiction. La citoyenneté repose sur l’engagement de l’Etat à veiller au respect, à la promotion et à la défense des libertés fondamentales dont tout être humain peut se prévaloir (libertés individuelles, liberté d’expression et d’opinion, liberté d’association, liberté de croyance, etc.) en vue de défendre ses droits socio-économiques, politiques, culturels et ses aspirations à vivre dans la dignité.
Le migrant marocain, ne peut être exclu de tous les processus qui peuvent être mis en place au pays. Il doit être pleinement associé, en lui permettant d’exprimer aussi bien ses attentes que ses opinions et en lui facilitant une implication en sa qualité de citoyen acteur devant bénéficier des mêmes droits que ses compatriotes du pays (tels que le droit de vote et d’éligibilité).
Alors que l'immigration représente plus de 10 % de la population marocaine (3 millions), elle reste marginalisée, victime de pratiques anciennes dans les administrations et certains consulats (tracasseries administratives, corruption…).
Des défaillances criantes de l’Etat marocain vis-à-vis des citoyens marocains à l’étranger sont à dénombrer. Le principal rôle d’un Etat est de protéger ses citoyens contre les discriminations, les actes racistes et contre les projets de lois répressifs. Or, l’Etat marocain a toujours brillé par son absence dans la défense des victimes des crimes racistes, ou contre les projets sécuritaires édictés par les gouvernements européens.
Sur le plan politique la représentation de l’immigration est quasi absente. Les immigrés sont de fait des citoyens de seconde zone !
Sur le plan économique et financier, l’instrumentalisation des migrants en tant que pourvoyeurs de fonds et de liquidités, relève d’une politique de courte vue, alors que l’argent des migrants doit contribuer au développement solidaire des régions dont ils sont issus.
Sur le plan culturel et cultuel, la politique migratoire menée tend à renforcer la marginalisation des migrants et de leurs enfants, le repli identitaire et l’enfermement chauvin et nationaliste. Les accords bilatéraux sur l’enseignement des langues et cultures d’origine, et l’envoi d’imams dans les pays européens sont des exemples frappant de cette politique.
Il est urgent de revoir les orientations de la politique migratoire marocaine, notamment dans le sens de :
- La protection des citoyen-e-s marocain-e-s dans l’immigration, en intervenant fermement auprès des Etats européens pour que cessent les politiques de discrimination, et pour soutenir les victimes du racisme.
- L’abrogation des accords de réadmission et d’externalisation signés avec les gouvernements européens, responsables de drames humains touchant aussi bien les migrant-e-s marocain-e-s que les migrant-e-s subsaharien-e-s.
- La reconnaissance du rôle des migrant-e-s et de leurs associations démocratiques dans le développement local et solidaire.
- La constitution d’instances représentatives élues démocratiquement des migrant-e-s.
- La mise en place de conventions bilatérales garantissant la réciprocité de traitement et le respect des droits des migrants dans tous les domaines, notamment la santé, la sécurité sociale, le handicap et les droits à la retraite.
- La non ingérence dans les formes d’organisation des migrants au niveau des cultes, qui doivent être gérés dans le cadre de la législation des pays d’accueil en tant que citoyens des pays de résidence.
En qualité d’associations démocratiques issues de l’immigration marocaine, ayant vécu les différentes discriminations, nous considérons que le Maroc de demain doit être respectueux des droits des migrants qui sont sur son sol, comme l'exige la convention internationale sur la protection des migrants et de leurs familles, signée par le Maroc, sans être respectée. Les migrants subsahariens et d’autres origines vivant au Maroc doivent bénéficier de l’égalité des droits, de la libre circulation et d’installation et être protégés contre toutes les formes de racisme et de discrimination. Il s’agit de construire un autre Maroc basé sur l’amitié entre les peuples, ouvert sur son environnement africain et maghrébin, sur la base de l’égalité, la justice sociale, la dignité, la démocratie et la citoyenneté.

Paris, le 1er juin 2011

Premiers signataires:
- Association des Marocains en France (AMF)
Souad Chaouih amffederation@wanadoo.fr
- Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
Driss Elkherchi national@atmf.org
- Association de Défense des Droits de l'Homme au Maroc (ASDHOM)
Abid El Khattabi asdhom@asdhom.org
- Immigration Développement Démocratie (IDD)
Abdallah Zniber coordination@idd-reseau.org
- Forum Marocain Vérité et Justice (FMVJ-France)
Abdelhaq El Kass

Maroc : video : Police partout, résistance toujours !

Par Abdelkhalak Mahfoudi , 31/5/2011, حركة 20 فبراير _تنسيقية العرائش_.,  

http://www.facebook.com/l/5fc33ZKvwyilVvqfsRkCqFBm6eA/video.ak.fbcdn.net/cfs-ak-snc6/232047/923/2007324





Du Maroc à la Belgique : Petit manuel à la poursuite du mouvement du 20 février.


Par Nordine Saïd, Militant anticolonialiste, 26/5/2011

Au moment même où le peuple marocain se soulève à l’image de la Tunisie et de l’Egypte contre le régime du « commandeur des croyants », la Commune de Molenbeek Saint-Jean et son Cadi ont invité à une conférence qui s’est tenue le 21 mai des envoyés du Royaume du Maroc, qui sont venus présenter sous le meilleur jour la réforme constitutionnelle globale.Le communiqué de presse parlait de cette dernière comme d’un tournant historique dont l‘approbation par voie référendaire est de nature à renforcer le caractère démocratique de ce pays, jugé également comme exemplaire au sein de ce monde arabe en pleine mutation. A voir les orateurs, la journée du 21 laissa peu/pas de place à l’expression des oppositions.

Pourtant le lendemain au Maroc, le « mouvement du 20 février » qui appelle à des réformes politiques radicales dans le royaume, manifestait dans l’ensemble du pays sous le mot d’ordre « Mennouni Dégage ! ». Notez que Monsieur Abdelatif Mennouni n’est rien de moins que l’homme du roi à la tête de la Commission consultative de révision de la constitution (CCRC) dont les membres sont nommés par… le roi seul !

En effet, aucun représentant du « Mouvement du 20 Février », de l’association nationale des diplômés chômeurs (ANDCM), de l’UNEM (Union Nationale des Étudiants Marocains), ATTAC Maroc, ou de l’Association marocaine des Droits de l’Homme (AMDH) dont il aurait été facile de trouver un représentant… ici même à Bruxelles.

Les revendications du « mouvement du 20 février » sont nombreuses, qu’elles soient politiques, sociales, économiques, elles parlent essentiellement de pain, de liberté et de dignité.
Voici quelques revendications retrouvées dans les différentes manifestations depuis la date du 20 Février :
• Dissolution du Gouvernement actuel ;
• Dissolution du Parlement ;
• Organisation d’élections équitables et transparentes ;
• Amendement de la Constitution visant à réduire les pouvoirs du roi, et à donner plus de prérogatives au Parlement. Les Marocains sont égaux devant la Loi. Personne n’est au-dessus de la loi, y compris la personne du roi et de la famille royale ;
• Vote au suffrage universel d’un Premier Ministre ayant toutes les prérogatives pour choisir les membres du gouvernement ;
• Démolition des bidonvilles dans tout le territoire national, relogement des familles, et habitat digne pour les Marocains lésés ;
• Garantie du droit au Travail pour tous, création d’une caisse d’indemnisation des chômeurs ;
• Réforme profonde de l’éducation et lutte contre l’abandon scolaire. Éradication définitive du fléau de l’analphabétisme ;
• Réforme profonde de la Justice. Poursuite de tous ceux qui sont impliqués dans le détournement des deniers publics ;
• Liberté des prisonniers politiques et condamnation des tortionnaires ;
• Réforme en profondeur du secteur de la Santé, sous le slogan : « Santé pour tous » ;
• Investissements dans la construction de logements, d’hôpitaux, d’écoles et d’universités, octroi de prêts aux jeunes porteurs de projets à des taux de 0%
• Reconnaissance officielle de la langue Amazigh, …

Aussi, celui qui est présenté comme le « Roi des pauvres » n’échappe-t-il pas à la contestation.

Le régime marocain est une monarchie constitutionnelle. Le principe de séparation des pouvoirs n’est pas reconnu. Il suffit de lire la Constitution pour se rendre compte que le Maroc n’est pas une démocratie.

Le roi doit régner et non pas gouverner, est le mot d’ordre minimal admis par tous.

Le problème c’est que le roi concentre tous les pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire, économique et religieux), il est une des plus grosses fortunes du monde alors que la population dans sa majorité vit dans la pauvreté et que la jeunesse choisit l’exil, certains au risque de leur vie, pour survivre.

Aucun changement n’aura lieu sans une réforme radicale de la constitution, c’est-à-dire, sans réformer les articles suivants :

• L’article 23 qui stipule que « La personne du roi est inviolable et sacrée ». Non seulement la personne du roi est inviolable et sacrée, mais tous les pouvoirs se trouvent concentrés entre ses mains.

• L’article 24 : « Le roi nomme le 1er ministre. Sur proposition du 1er ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement. Il peut mettre fin à leurs fonctions. Il met fin aux fonctions du gouvernement, soit à son initiative, soit du fait de la démission du gouvernement ».

• L’article 19 illustre quant à lui l’imposture de la monarchie au Maroc : « Le roi, Amir Al Mouminine. Représentant Suprême de la Nation, Symbole de son unité, Garant de la pérennité et de la continuité de l’Etat, veille au respect de l’Islam et de la Constitution. Il est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités. Il garantit l’indépendance de la Nation et l’intégrité territoriale du Royaume dans ses frontières authentiques ».

Les rapports accablants d’Amnesty International et de Human Rights Watch ont-ils été révélés au public venu s’informer de la situation au Maroc ?

Le Maroc dégringole au 126ème rang du palmarès établi par le Rapport mondial sur le développement humain, une publication annuelle du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Dans ce rapport, l'ONU classe 175 pays du monde selon divers paramètres sociaux et économiques tels que l’alphabétisation, le revenu par habitant et l'espérance de vie. Le rapport signale un phénomène inquiétant pour le Maroc : il a accusé un recul de sa situation au cours des 3 dernières années (rang 112 en 2001, 123 en 2002 et 126 en 2003).

Le sort du citoyen molenbeekois Ali AARRASS détenu arbitrairement au Maroc a-t-il été évoqué en présence de l’Ambassadeur ? Le public a t il été informé que celui-ci se fait actuellement torturer dans les geôles marocaines ? Il est clair que non, car jamais la commune n’a pris d’initiative pour faire connaitre le cas d’un de ses propres concitoyens.

A l'heure où le peuple marocain dans son ensemble paie chaque jour un lourd tribut pour recouvrir sa dignité et sa liberté spoliées par un régime criminel, la commune de Molenbeek se solidarise avec leur oppresseur !
Les dernières annonces du Roi montrant une volonté de soutenir les réformes constitutionnelles, libérations de prisonniers politiques,… auraient pu laisser paraître une lueur d’espoir, mais la répression, les agressions, les violences, les arrestations envers les manifestants montrent plutôt que le Makhzen compte durcir la répression envers le mouvement protestataire.
Dans le journal télévisé d’RTL-TVI du 24 Mai 2011, l’ambassadeur du Maroc Samir Addahre, méprise et justifie la répression policière : « Le mouvement de contestation … de revendication au Maroc, qui était légitime, qui était spontané au départ, ne l’est plus malheureusement aujourd’hui »… Le mouvement du 20 février n'est plus légitime selon l'ambassadeur ! Samir Addahre DEGAGE !, c'est toi qui es illégitime.
La Commission Mennouni doit remettre ses conclusions dans un mois, soyez certains que celles-ci seront en-deçà des attentes du peuple marocain et soyez certains que la rue marocaine sera dans la rue.
Le « Mouvement du 20 février » est devenu aujourd’hui un acteur incontournable de la réalité marocaine et tous ces éléments nous démontrent à quel point son action révolutionnaire est légitime et salutaire. 

Notre rôle consiste à soutenir les revendications légitimes des peuples qui luttent.
Toutes proportions gardées, les conditions de la révolte sont aussi présentes chez nous, à « Bruxelles est caractérisée par une importante concentration de la pauvreté dans les quartiers fortement peuplés du “croissant pauvre” au centre de la ville, notamment le bas de Saint-Gilles, Cureghem, les Marolles et le sud du pentagone, le bas de Molenbeek, Laeken, le bas de Schaerbeek et Saint-Josse-ten-Noode. Cette zone est habitée par de nombreuses familles avec des jeunes enfants. Le taux de chômage y atteint plus de 25% et même plus de 40% chez les jeunes. La proportion de ménages qui vivent d’une allocation du CPAS y est jusqu’à 5 fois plus élevée que dans le reste de la région. Dans certains quartiers, jusqu’à un enfant sur deux vit dans un ménage sans revenu du travail ».

Que ceux qui soutiennent le peuple marocain demandent aux autorités belges, aux élus d’origine marocaine ou pas de prendre position et de s’exprimer publiquement sur la répression en cours au Maroc. Leur silence vaudrait complicité voire approbation, et chacun devra s’en souvenir !


mardi 31 mai 2011

Au Maroc, la presse indépendante renaît sur le Net

Par Ali Amar, Slate, 31/5/2011

Le foisonnement de la presse libre a marqué le «printemps marocain» des années 2000. Dix ans plus tard, la Toile lui redonne une seconde vie grâce au souffle libérateur des révolutions arabes.

Les médias publics marocains demandent de plus grandes libertés, by Magharebia/Siham Ali via Flickr CC

Si au Maroc le vent du changement souffle moins fort que les bourrasques qui ont balayé les dictatures tunisienne et égyptienne, il n’en demeure pas moins que la soif de liberté et de démocratie est bien réelle. Elle se manifeste depuis longtemps par le foisonnement de la vie associative —souvent réprimée d’ailleurs—, par une libération de la parole dans de nouvelles agoras dont Internet, par une nouvelle scène artistique qui en dix ans est sortie de la confidentialité, mais aussi et surtout par la vigueur d’une presse indépendante qui a brisé bien des tabous.

Cette presse, malmenée par la censure, a retrouvé une nouvelle vigueur sur le Net, comme le souligne le New York Times.

La presse indépendante des années 2000
La fermeture brutale le 27 janvier 2010 par les autorités marocaines du Journal Hebdomadaire, titre phare de la presse indépendante du royaume, avait marqué la fin d’une époque pour la liberté d’expression au Maroc. Sa mise en faillite judiciaire, masquant en réalité une mise à mort politique, avait suscité un vif émoi dans l’opinion publique.

La presse indépendante des années 2000 est née à une charnière historique que les médias occidentaux ont vite qualifiée de «printemps marocain». Au crépuscule d’un règne à la longévité exceptionnelle, Hassan II avait été contraint à cette époque de desserrer l’étau. Le contexte international de l’après-guerre froide avait fortement réduit l’indulgence du monde à son égard. A l’intérieur du pays, la contestation politique et sociale l’avait obligé à entamer des réformes, notamment en matière de droits de l’homme.

C’est dans ce contexte particulier d’interrègne que la société civile appelant à un nouveau pacte social avec la monarchie a pu être audible, sans que la répression aveugle ne s’abatte sur les contradicteurs du régime —comme par le passé.

La liberté d’expression était loin d’être acquise, mais l’espoir d’un changement était palpable. La nouvelle presse avait alors abordé des sujets encore tabous avec un ton qui tranchait radicalement avec la majorité des titres existants. Le nouveau règne de Mohammed VI devait conforter cette expérience, et la jeune presse indépendante avait parié sur une accélération de la dynamique qu’elle croyait assurée avec un pouvoir rénové. L’opinion internationale a voulu croire que la stabilité du pays s’accompagnerait d’une tempérance du régime et d’une transition démocratique en douceur.

Ce ne fut pas le cas: la liberté de la presse —marqueur essentiel d’une telle promesse— a été bien souvent malmenée, la censure ayant rapidement repris le dessus. Ainsi, des titres comme Le Journal et plus tard TelQuel, considérés comme les étendards de ce nouveau Maroc, se sont transformés au fil des ans en publications de combat avant de disparaître ou de mettre de l’eau dans leur vin pour assurer leur survie —les autorités n’ayant jamais été disposées à accepter leur liberté de ton.

Les rares défricheurs de cette période ont payé le prix cher par des interdictions à répétition et une asphyxie financière orchestrée par l’Etat. Leurs prises de position éditoriales avant-gardistes, leurs investigations au cœur du système politique, leurs révélations sur les scandales économiques, sur le retour aux pratiques liberticides des caciques du régime, sur le maintien de la "nature féodale" du pouvoir royal, leur ont valu d’être considérés comme les seuls réceptacles des voix dissonantes, au moment où la plupart des acteurs politiques et de nombreuses figures de la société civile avaient cédé aux sirènes de la cooptation.

Les germes de ce journalisme d’un genre nouveau au Maroc ont favorisé l’éclosion d’autres titres, notamment arabophones comme Al Jarida Al Oula ou Akhbar Al Yaoum, qui subiront à leur tour les foudres du Palais.

Le règne de la complaisance et du non-dit
Aujourd’hui, ces rares bastions de la presse d’investigation ont pratiquement tous disparu. La sanction économique et judiciaire est devenue le bras armé de la censure politique, ce qui rend toute entreprise de presse périlleuse. Le code de la presse est un outil de terreur, la justice se transforme volontiers en institution de représailles et l’Etat, qui a toujours recours à l’emprisonnement des journalistes, utilise des armes encore plus dissuasives pour bâillonner les médias. Des amendes colossales, l’interdiction d’exercer et un boycott publicitaire qui fait réfléchir à deux fois les patrons de presse, devenus du coup plus rétifs à enquêter.

A quelques rares exceptions, c’est le règne de la complaisance et du non-dit qui prévaut, celui aussi des petits arrangements entre hommes de pouvoir et journalistes. La moindre critique de la monarchie, de ses symboles ou de ses représentants aboutit souvent à des procès kafkaïens intentés à l’encontre des journalistes, à la mise en faillite de leurs journaux pour les faire taire ou les forcer à l’exil.

Aussi, pour assurer leur survie, la plupart des publications se gardent bien de toute liberté de ton, adoptant comme charte éditoriale l’horizon tracé par le Palais.

Le cas du quotidien Al Massae prouve qu’il ne sert à rien de jouer sur la corde raide du populisme pour s’attirer les bonnes grâces de l’Etat. Ce quotidien arabophone, le plus diffusé au Maroc et considéré à ses débuts comme le nouveau poil à gratter des gouvernants en raison du ton racoleur de son éditorialiste, a rapidement viré sa cuti pour servir de porte-voix à la frange la plus conservatrice du pouvoir.

Il s’est systématiquement attaqué aux réformateurs et à ceux qui défendent un projet de société ouvert sur les valeurs universalistes. Homosexuels, artistes, activistes, féministes; tous ont goûté à sa plume dénonciatrice. Il est assurément le contre-exemple de ce que peut apporter la prise de parole dans un environnement politique et social prompt à enterrer le renouveau.

Enfin, conséquence d’une offensive menée par l’entourage du roi, la télévision et la radio sont plus que jamais sous le contrôle direct de l’Etat, de groupes d’intérêts liés au pouvoir, ou sommairement confinés à un rôle de divertissement. Internet est lui aussi sous haute surveillance; de nombreux blogueurs ont d’ailleurs été récemment embastillés. Résultat de cette prise en étau des médias: le royaume dégringole depuis dix ans dans les classements internationaux de la liberté de la presse.

Mohammed VI a une vision particulière de la liberté de la presse qu’il a quelques fois exprimée sans détours. Lui qui n’a jamais donné d’interview ou de conférence de presse aux médias marocains —à l’exception de reportages photos à des magazines féminins de mode— met en avant la «responsabilité» face aux «dérives». Désavouer la politique du monarque ou de son cabinet, mettre en lumière la prédation économique d'une partie de la classe dirigeante, dénoncer la pratique de la torture par les sécuritaires, fustiger la justice d’abattage, sont interprétés comme des actions subversives pour justifier les châtiments infligés à la presse.

Dans les faits, les journalistes ne doivent en aucun cas remettre en question ce que le Palais et son gouvernement définissent comme les «constantes de la nation», c’est-à-dire le caractère sacré du trône —y compris ses choix de gouvernance—, l’islam en tant que religion d’Etat, la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental et la sanctuarisation de l’appareil sécuritaire.

Quant à la sphère privée du roi, elle demeure inviolable même lorsqu’elle interfère avec la politique de l’Etat, comme l’a illustrée l’affaire tragicocasse du rotavirus royal. Pourtant, ce sont là les thèmes sur lesquels la presse a le plus à débattre. Comment dans cette situation peut-on valablement envisager qu’un journaliste qui est considéré comme un sujet de Sa Majesté puisse s’exprimer en toute liberté?

Ceux qui s’y risquent s’exposent à la "vendetta". Le plus souvent, la presse use de circonvolutions sémantiques pour faire passer ses messages. Elle se transforme alors en alibi pour l’Etat, faisant accepter l’idée qu’au Maroc les choses peuvent être exprimées malgré tout. Des sujets de société sont plus facilement abordables, participant ainsi à une perception dénaturée de ce qui peut être relaté, mais sur la nature du régime et ses affaires, les plumes se sont asséchées, faisant triompher l’autocensure.

C’est tout le paradoxe d’une société qui aspire à plus de liberté malgré le poids des conservatismes et d’un pouvoir qui ne supporte pas la remise en cause de ses archaïsmes.

La renaissance par le vent contestataire
Mais avec les révolutions arabes, la presse libre a retrouvé une nouvelle vigueur sur Internet. C’est le cas par exemple de lakome.com, souvent décrit comme «un petit WikiLeaks marocain», de Goud.ma qui réunit de jeunes journalistes ayant acquis une première expérience dans les journaux censurés, mais aussi et surtout de Demain, au ton rafraîchissant du journaliste Ali Lmrabet —interdit d’exercer sa profession pour dix ans depuis 2005. Sujets dits «sensibles», caricatures —notamment celles de Khalid Gueddar— qui croquent à pleines dents une actualité politique riche en rebondissements, reportages et infos croustillantes font la joie des lecteurs.

Comme en 2000 pour les rares hebdos qui avaient à l’époque arraché leur liberté d’informer, le succès est au rendez-vous. Les commentaires sur Facebook attirent d’innombrables visiteurs; c’est un véritable phénomène de migration de l’info auquel nous assistons.

La Toile marocaine riche de blogueurs talentueux comme Larbi ou Ibn Kafka a aussi vu la naissance d’un journalisme citoyen et dissident prometteur, dont l’emblème est sans conteste le média citoyen Mamfakinch dont le mode opératoire s’inspire des fameux Anonymous —dont le rôle a été déterminant dans la chute du régime tunisien de Ben Ali.

La pérennité de telles expériences propulsées aussi par la puissance des sites de partage et des réseaux sociaux est pourtant précaire. Comme ailleurs, il n’existe pas au Maroc de modèle économique qui puisse assurer leur viabilité et, par conséquent, leur indépendance.

Réunis à Alicante fin avril à l’initiative de Casa Mediterraneo, une brochette de blogueurs et de cyberdissidents du pourtour méditerranéen —particulièrement ceux d’Afrique du Nord— ont échangé la même expérience, celle de voix étouffées qui parient sur Internet pour que le journalisme regagne ses lettres de noblesse.
http://www.slateafrique.com/2055/maroc-presse-libre-internet-censure-mohammed-vi

Maroc : « Tourisme solidaire Facteur de Développement Local » .

Synthèse de la journée 09/04/2011 à Khénifra

Le 1er jour de la rencontre a connu une large participation des acteurs intervenant dans le secteur du Tourisme, avec plus de 70 personnes représentant des associations, des coopératives, porteurs de projets, représentants de l’administration locale...et venus de différents territoires : province Khenifra, Midelt, Missour, Boulemane, Agadir, Fès, Mrirt, Kenitra…
Une diversité de participants était présents, hommes et femmes issus d’associations,
coopératives, porteurs de projets, administrations locales, professeurs universitaires, directeur d’entreprises…
Le gouverneur de la province Khenifra, dans son discours d’ouverture a présenté les projets touristiques de la région : projet de réhabilitation des sources Oum Rabie, projet de réhabilitation et de revalorisation des lacs touristiques sur les territoires de « Akalmam Azeka » et « Tikalmamine »,   création d’une maison d’artisanat traditionnel, et la création d’un espace d’accueil touristique (PAT). Il a exprimé son engagement à soutenir cette démarche de tourisme solidaire (TS) dans la région.
Mr Charkaoui, Président du REMESS a présenté les trois formes d’économie qui existent aujourd’hui : publique, privée et l’économie sociale et solidaire (ESS).Il a souligné que l’ESS est considérée  comme une alternative aux deux autres types d’économie répondant aux besoins concrets des populations et ancrée sur le territoire.
Mr Axel Frick, chef de projet de l’association Citoyens de la Terre, a présenté les objectifs du réseau AREMDT et les actions menées pour développer et promouvoir le TS comme outil de développement local en Méditerranée.
Mr Noureddine EL HARRAK, a mis l’accent sur l’importance du TS comme axe de l’ESS et a rappelé les spécificités du TS qui permettent aux populations locales d’être de véritables acteurs de  développement et les premiers bénéficiaires.
Après une pause café composée de produits régionaux, Mr Ait Haddout (Secrétaire général du REMESS) a animé un atelier de formation au cours duquel tous les participants ont pris la parole pour présenter leurs projets et leur conception du tourisme sur leur territoire.
Les débats de l’atelier
A. Les Problèmes relevés dans la région au niveau touristique :
o Absence d’une culture de tourisme dans la région ;
o Marginalisation de la région et manque de sensibilisation sur l’importance et la fragilité des ressources et les potentialités du Moyen Atlas ;
o Absence d’infrastructures d’accueil de base ;
o Un manque de formation des acteurs
o Manque de signalisation des sites touristiques
o Problème de commercialisation des produits locaux artisanaux et agricoles de la région ;
o Complexité des procédures administratives pour la création de coopérative, et l’absence de statut juridique concernant la création de coopérative de service touristique;
B. Les solutions proposées par les participants
o Création d’une Licence professionnelle sur le Tourisme Rurale à la faculté de science de Meknès pour répondre aux besoins du terrain.
o Rôle à jouer par le centre national d’aménagement et d’urbanisme de Rabat, pour développer dans la région son cursus touristique
o Mobiliser le pilier 2 du Plan Maroc Vert financés par le ministère de l’agriculture pour le
développement du TS en valorisant les produits locaux
o Appui à la création des gîtes touristiques solidaires
o Formation des accompagnateurs/animateurs au TS
o La direction Régionale de l’Entraide Nationale s’est montrée prête à financer les projets du Tourisme solidaire dans la région ;
o La direction générale des communes travaille sur un Projet de Système d’information communal (SIC) pour toutes les communes du pays y compris celles de la région. Ce SIC pourra bénéficier au Tourisme de la région vu qu’il contiendra une base d’informations sur les potentialités touristiques de la région ;
C. Les Recommandations :
o Développer la coopération et la concertation entre les associations, coopératives et tout autre acteur
o Mutualiser les efforts entre les différents acteurs pour pouvoir développer le tourisme dans la région ;
o Capitaliser les expériences des différentes régions et les faire partager aux populations
locales ;
o Travailler sur le plaidoyer pour développer le TS;
o Conserver l’originalité architecturale de la région ;
o Multiplier les visites de terrain dans le cadre de l’échange d’expériences ;
o Développer la commercialisation du TS à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays
o Organiser des campagnes publicitaires pour faire connaître la richesse naturelle et culturelle de la région ;
o Travailler sur les outils pour commercialiser les offres touristiques
Synthèse de l'atelier de formation et de concertation à Mrirt, le 10 avril 2011
Relevé de décisions lors de l'atelier Ait Ottman Mrirt
− Création d'un comité « Tourisme solidaire » (TS) au sein du pôle régional REMESS
− Le comité comprend 10 personnes représentants différents lieux de la région et différents types
d'acteurs (universitaires, professionnels, porteurs de projet, délégués d'administrations locales);
Ces personnes se sont engagées à définir et à suivre une feuille de route et à animer et coordonner le comité.
La feuille de route comprend ces axes :
1- Mettre en place et animer une table de concertation permanente entre les acteurs participants au réseau;
2- Organiser des formations sur plusieurs thématiques répondant aux besoins spécifiques du territoire (métier, encadrement, mobilisation et sensibilisation des acteurs, etc)
3- Créer les outils supports du projet : guide sur le patrimoine naturel et culturel de la région, manuel pratique pour les porteurs de projet et les professionnels,
4 Création d'une Maison du tourisme solidaire, lieu de concertation et d'assistance, de promotion et commercialisation des offres du territoire (projet à soumettre à l'INDH pour
financement)
− Ce comité et la maison du TS aura un rôle de « pôle thématique d'excellence de l' ESS » en tant qu'action pilote.
Propositions relevées lors de l'atelier
− Localiser la maison du TS au sein des bureaux du Pays d'Accueil Touristique (PAT) du territoire
− Si cette proposition est acceptée, le comité TS devra rester indépendant des décisions du PAT
− Le comité TS devra pouvoir assurer le suivi et l'évaluation des projets et des offres de TS sur le territoire afin d'assurer une démarche de qualité et de respect des valeurs du TS (démarche de progrès/cahier des charges) en lien avec les exigences d'un Réseau National et international d'acteurs du TS (REMESS et AREMDT)
− Relier les acteurs et les propositions des institutions locales aux actions et projets menées par le comité de TS
− Saisir les opportunités d'offre publique concernant le développement de la région, notamment : le pilier 2 du Plan Maroc Vert sur l'agriculture solidaire dans lequel peut s'intégrer des projets de TS
− Trouver les moyens de faire venir des « experts » pour réaliser le diagnostic des potentialités touristiques de la région.
− Créer des collèges au sein du comité TS : acteurs publics, acteurs associatifs, acteurs entreprises, acteurs porteurs de projet,...
− Assurer une large diffusion de communication afin que tous les acteurs touristiques du territoire puissent participer aux échanges lors des réunions de concertation.

Scolarité des enfants d'immigrés: Guéant a tout faux !

Par Lucie Delaporte, rédaction de Mediapart , 25/5/2011

« Les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés », la phrase de Claude Guéant lancée dimanche au micro d'Europe-1 a, sans surprise, provoqué l'indignation de la communauté éducative. « Ignoble », « fantaisiste »... Syndicats d'enseignants et associations de parents d'élèves ont immédiatement réagi aux propos du ministre en s'interrogeant sur l'origine d'une telle statistique. D'où le ministre de l'intérieur tient-il pareil chiffre? Contacté le lendemain, un porte-parole du ministère assurait que Guéant reprenait simplement les données du rapport du Haut Conseil à l'intégration intitulé «Les défis de l'intégration à l'école».

Pourtant, si le rapport pointe bien les difficultés scolaires des enfants issus de l'immigration, aucune trace d'une tel chiffre dans le rapport. « Il a sans doute été lu dans la presse par le ministre », estime une représentante du HCI… Rue de Grenelle, la gêne était tout aussi palpable: « Nous n'avons pas eu connaissance de ce chiffre », nous précise un porte-parole. Interrogé mardi par l'AFP, Claude Guéant a cette fois dit qu'il s'agissait de données de l'Insee et de l'OCDE… Sans plus de précision. Et pour cause.

Contrairement à ce qu'ont pu affirmer les associations de parents d'élèves, qui ont rappelé que les statistiques ethniques étaient interdites en France, les chiffres sur la scolarité des enfants d'immigrés existent bien, et depuis longtemps. Mais aucun n'aboutit à un tel résultat. Le rapport du HCI auquel s'est d'abord référé le ministère de l'intérieur met effectivement en évidence les difficultés scolaires des enfants d'immigrés : « Les enfants de famille immigrée sortent aussi presque deux fois plus souvent du système éducatif sans qualification (11% contre 6% pour les non-immigrés). » Le redoublement les touche plus souvent que les autres élèves : plus d'un sur quatre a redoublé à l'école élémentaire contre un sur cinq quand aucun ou un seul parent est immigré. En 2002, sept ans après leur entrée au collège, seul un enfant d'immigré sur quatre prépare un baccalauréat général (27% contre 40% des non-immigrés). Ils sont plus souvent dans les voies professionnelles (35% contre 25% des non-immigrés), et technologiques (20% contre 18% des non-immigrés) et ont moins recours à l'apprentissage (6% contre 9%).

Mais pour les chercheurs spécialistes de la question, pour accablants qu'ils paraissent, ces chiffres n'ont en réalité que peu de sens s'ils ne sont pas mis en perspective. Réalisé à la demande du premier ministre, le rapport du Haut Conseil à l'intégration a semble-t-il eu à cœur de coller à la demande, très politique, qui lui était faite. Il a ainsi mis en valeur les médiocres performances des élèves issus de l'immigration en omettant les spécificités sociologiques de cette population qui rendent l'opposition entre performances scolaires des enfants d'origine française ou immigrée totalement absurde.

« Affirmer qu'il y a sur-représentation des “enfants d'immigrés” qui – pour prendre un indicateur d'“échec” – sortent du système scolaire sans diplôme relève d'une confusion et d'un mauvais usage des statistiques puisque on ne peut pas raisonner en chiffres bruts sans prendre en compte, au moins, la dimension sociale. Or, l'échec scolaire est d'abord l'échec des enfants des milieux populaires, plus que celui des enfants d'immigrés », affirme ainsi Séverine Chauvel, sociologue et co-auteur d'Orientation scolaire et discrimination, qui vient de paraître à la Documentation française. Pour elle, « cette affirmation relève de l'idéologie : attribuer la cause de l'échec aux familles qui ont migré en France permet surtout de ne pas remettre en cause les politiques éducatives actuelles ».

Inégalité de traitement Tradition républicaine oblige, la recherche sur les performances scolaires en fonction de l'origine a longtemps été difficile. Pour obtenir des résultats sur le comportement scolaire des enfants d'immigrés, les chercheurs s'en sont souvent tenus à des pratiques de contournement: recherches à partir des patronymes, de la nationalité, etc. Or, le panel 1995, qui suit les parcours de tous les élèves entrés en sixième cette année-là, offre pour la première fois des statistiques sur la nationalité des parents. Il permet d'obtenir des données très précises sur la scolarité de cette population. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elles ne vont pas du tout dans le sens du « chiffre » avancé par Claude Guéant.

« Leurs résultats sont globalement moins bons. Mais à classe sociale équivalente ce n’est plus vrai. A caractéristiques sociales comparables des parents, on observe au contraire un avantage des enfants d'immigrés essentiellement dû à l'investissement très forts des parents », explique Annick Kieffer, auteur avec Yaël Brinbaum de l'étude La scolarité des enfants d'immigrés de la sixième au baccalauréat (2009, lire sous l'onglet Prolonger). « C'est vrai à l'entrée en sixième et c'est vrai également au niveau du BEPC. »

Selon cette étude, parmi les élèves dont les parents sont ouvriers et employés, 46% ont le bac chez les enfants d'immigrés, contre 40% chez les Français d’origine. Ce chiffre monte à 88% chez les enfants d'immigrés cadres. Ils sont aussi plus nombreux à aller vers une seconde générale. « Le problème, c'est qu'on ne s'intéresse plus à l'origine sociale, déplore Annick Kieffer. On compare deux populations (enfants issus de l'immigration et français d'origine) dont les caractéristiques socioprofessionnelles n'ont absolument rien à voir. » Et de rappeler que dans le cas des enfants d'immigrés, les ségrégations urbaines et scolaires se superposent. Les élèves d’origines maghrébines, par exemple, sont cinq fois plus inscrits en ZEP que les autres.

A l'opposé du Haut Conseil à l'intégration, qui fait mine de pouvoir isoler le critère de l'origine en faisant fi des autres paramètres, la recherche sur la scolarité des enfants d'immigrés tente plutôt aujourd'hui d'ouvrir un champ jusque-là laissé en friche: celui d'une inégalité de traitement selon l'origine. « L'idée d'une légère sur-réussite des enfants d'immigrés, à niveau social égal, ne doit pas faire oublier le sentiment d'injustice criant et la souffrance de beaucoup de ces élèves », souligne ainsi Fabrice Dhume qui a coordonné l'ouvrage Orientation scolaire et discrimination (La Documentation française, 2011, en partenariat avec la Halde). Les élèves de parents immigrés ont-ils les mêmes chances que les autres dans l'école de la République? Sont-ils notés, orientés de la même façon? Le panel 95 révèle que 39% des élèves d’origine maghrébine se sont vu refuser leur vœu d'orientation contre 23% pour les élèves français d’origine. Pour ce chercheur de l'ISCRA, il est temps que les pouvoirs publics « sortent du déni sur ces questions ». Pas sûr que, dans le climat actuel, il soit entendu.

12FranceClaude Inégalité de traitement Tradition républicaine oblige, la recherche sur les performances scolaires en fonction de l'origine a longtemps été difficile. Pour obtenir des résultats sur le comportement scolaire des enfants d'immigrés, les chercheurs s'en sont souvent tenus à des pratiques de contournement: recherches à partir des patronymes, de la nationalité, etc. Or, le panel 1995, qui suit les parcours de tous les élèves entrés en sixième cette année-là, offre pour la première fois des statistiques sur la nationalité des parents. Il permet d'obtenir des données très précises sur la scolarité de cette population. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elles ne vont pas du tout dans le sens du « chiffre » avancé par Claude Guéant.

« Leurs résultats sont globalement moins bons. Mais à classe sociale équivalente ce n’est plus vrai. A caractéristiques sociales comparables des parents, on observe au contraire un avantage des enfants d'immigrés essentiellement dû à l'investissement très forts des parents », explique Annick Kieffer, auteur avec Yaël Brinbaum de l'étude La scolarité des enfants d'immigrés de la sixième au baccalauréat (2009, lire sous l'onglet Prolonger). « C'est vrai à l'entrée en sixième et c'est vrai également au niveau du BEPC. »

Selon cette étude, parmi les élèves dont les parents sont ouvriers et employés, 46% ont le bac chez les enfants d'immigrés, contre 40% chez les Français d’origine. Ce chiffre monte à 88% chez les enfants d'immigrés cadres. Ils sont aussi plus nombreux à aller vers une seconde générale. « Le problème, c'est qu'on ne s'intéresse plus à l'origine sociale, déplore Annick Kieffer. On compare deux populations (enfants issus de l'immigration et français d'origine) dont les caractéristiques socioprofessionnelles n'ont absolument rien à voir. » Et de rappeler que dans le cas des enfants d'immigrés, les ségrégations urbaines et scolaires se superposent. Les élèves d’origines maghrébines, par exemple, sont cinq fois plus inscrits en ZEP que les autres.

A l'opposé du Haut Conseil à l'intégration, qui fait mine de pouvoir isoler le critère de l'origine en faisant fi des autres paramètres, la recherche sur la scolarité des enfants d'immigrés tente plutôt aujourd'hui d'ouvrir un champ jusque-là laissé en friche: celui d'une inégalité de traitement selon l'origine. « L'idée d'une légère sur-réussite des enfants d'immigrés, à niveau social égal, ne doit pas faire oublier le sentiment d'injustice criant et la souffrance de beaucoup de ces élèves », souligne ainsi Fabrice Dhume qui a coordonné l'ouvrage Orientation scolaire et discrimination (La Documentation française, 2011, en partenariat avec la Halde). Les élèves de parents immigrés ont-ils les mêmes chances que les autres dans l'école de la République? Sont-ils notés, orientés de la même façon? Le panel 95 révèle que 39% des élèves d’origine maghrébine se sont vu refuser leur vœu d'orientation contre 23% pour les élèves français d’origine. Pour ce chercheur de l'ISCRA, il est temps que les pouvoirs publics « sortent du déni sur ces questions ». Pas sûr que, dans le climat actuel, il soit entendu.

Une délégation de Marocains a participé à une visite en Tunisie filmée par M2


Par Mouhieddine Cherbib, 28/5/2011
Émission sur la visite du 19 au 24 Avril, en Tunisie, d’une délégation du Forum Social Maghreb – Machrek (Marocains – Algériens – Libyens – Mauritaniens – Saharaouis – Palestiniens, Syriens – Egyptiens –Jordaniens - Soudanais..) accompagnée d’amis-es solidaires de France – de Belgique – d’Italie – du Canada – d’USA et du Brésil)

Cette délégation qui a rendu visite aux populations de Thala – Kasserine – Fériana – Gafsa – Redeyef et Sidi Bouzid – a accompagné Mouhieddine Cherbib lors de sa comparution devant le Tribunal de Gafsa le 21 avril 2011 qui a prononcé son acquittement dans le Procès du Bassin Minier.

La délégation a aussi participé au Comité de Suivi Elargi du FSMaghreb/Machrek à Hammamet.

La Télévision Marocaine M2 a filmé cet événement et elle l’a diffusé le 26 Mai 2011 dans son émission Grand Angle .