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vendredi 1 février 2013

Marrakech, le Bangkok de l’Afrique ?






  • Marrakech, le Bangkok de l’Afrique !

    Le tourisme sexuel fait rage au Maroc et principalement à Marrakech, qui est en passe de devenir le Bangkok de l’Afrique et où des pédophiles sans scrupules abusent de petits enfants. C’est ce que montre ce reportage réalisé par des journalistes espagnols s’étant fait passer pour des touristes en quête de plaisirs interdits.












    Pédophilie au Maroc : 
    le scandale de trop !








    Les associations marocaines de protection de l’enfance sont abasourdies. Une enquête sur la pédophilie réalisée à Marrakech par des journalistes espagnols crée la consternation.

    Une vidéo polémique dans laquelle figure le témoignage d’un pédophile au Maroc circule sur le Net. Un témoignage choc rapporté en image par des journalistes espagnols venus enquêter sur la pédophilie au Maroc. Le reportage, diffusé sur une chaîne néerlandaise, est en ligne depuis le 27 janvier sur le réseau Youtube.
    Il est Espagnol, âgé d’une soixantaine d’années et avoue avoir des rapports sexuels avec des enfants marocains. Colère noire au sein des associations marocaines pour la protection des enfants. La présidente de l’association « Touche pas à mon enfant », Najat Anwar, réclame l’ouverture d’une enquête.
     
    Des « klennex » sexuels
    Direction Marrakech, la ville ocre du Maroc. C’est là-bas que les journalistes espagnols ont rencontré le présumé pédophile, originaire de Malaga dans le sud de l’Espagne. Il raconte, d’un ton cru et vulgaire, ses expériences sexuelles avec des petits garçons qu’il compare à des « kleenex » à jeter après utilisation.
    La comparaison fait froid dans le dos. « Nous avons déposé une demande d’ouverture d’enquête auprès du ministre de la Justice et du procureur du roi de Marrakech. Aujourd’hui notre avocat va déposer une plainte », a annoncé Najat Anwar au site d’information Yabiladi. Elle regrette le manque d’investissement du gouvernement pour combattre un phénomène qui semble gagner chaque jour un peu plus de terrain. « Je suis déçue. J’ai l’impression qu’on a rien fait depuis 2004, année de la création de l’association. Ce que nous ne voulons pas est que Marrakech devienne une destination de choix pour les pédophiles et que la ville devienne Bangkok », poursuit-elle.
    Info, intox ?
    L’authenticité de cette enquête reste encore à prouver. Mais qu’elle le soit ou non, il n’en demeure pas moins que plusieurs affaires de pédophilie ont à de nombreuses reprises secoué la ville. Le dernier scandale en date remonte en septembre 2012. Patrick Finet, actuel directeur général du Mandarin Oriental de Milan, en Italie, était recherché par la police pour faits de « débauchage » et de « prostitution de mineurs » à Marrakech.
    Une sombre histoire qui rappelle le pavé lancé par Luc Ferry sur le plateau du Grand Journal de Canal+ en juin 2011. On apprenait alors, pêle-mêle, qu’un ancien ministre français se serait « fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons », qu’un Premier ministre et d’autres ministres seraient au courant, et qu’aucun d’entre eux n’a dénoncé le pédophile présumé.
    Plusieurs associations marocaines étaient consternées par le fait que Luc Ferry, considéré comme étant détenteur d’informations d’un crime, ne soit pas « allé jusqu’au bout et révélé tous les faits et actes dont il a pris connaissance ».
    Toutes ces affaires ont terni la réputation de Marrakech. Depuis quelques années, l’image de capitale sexuelle du royaume lui colle à la peau. A quand l’action du gouvernement ? Arrêtera-t-il de fermer les yeux sur ces actes de pédophilie, dont sont parfois mêlés des politiques et hauts-placés ?









    lire aussi
    Alors que des réseaux de pédophiles viennent d’être démantelés au Maroc, certaines associations du pays notent une hausse des abus sexuels sur enfants depuis le tsunami qui a ravagé...





mardi 23 octobre 2012

Découvrir le tourisme solidaire au Maroc

 Maria Ljuba Russo a partagé la photo de ATES (Association pour le Tourisme Equitable et Solidaire), 23/10/2012

Hier, la caravane solidaire "ouest" faisait étape dans la région d'Essaouira, pour découvrir les chutes de Sidi Embark avec Ecotourisme et randonnées, membre du RMES.
http://www.tourismesolidaire.org/actualites-ates/la-voix-des-partenaires-le-rmes.html

Pendant, ce temps, caravane "est" faisait étape à Taliouine
 
Photo : Hier, la caravane solidaire "ouest" faisait étape dans la région d'Essaouira, pour découvrir les chutes de Sidi Embark avec Ecotourisme et randonnées, membre du RMES.
http://www.tourismesolidaire.org/actualites-ates/la-voix-des-partenaires-le-rmes.html
Pendant, ce temps, caravane "est" faisait étape à Taliouine

La voix des partenaires : le RMES

Le Réseau Marocain d'Ecotourisme Solidaire

Gîteurs, aubergistes, guides, organisateurs de voyage et responsables associatifs, se sont constitués en réseau d’acteurs, vivant et travaillant au Maroc, engagés dans une démarche d’écotourisme solidaire et réunis autour d’une charte.
Originaires de Chefchaouen et son arrière-pays, du Moyen-Atlas, du Haut-Atlas Central et Oriental, d'Essaouira et de son arrière- pays, de Marrakech, de l’Anti-Atlas et du Souss, de la vallée du Drâa et les plateaux de Ouarzazate, de nombreuses régions du Maroc les membres du RMES proposent une large palette d'activités dans une diversité de territoires.
Le Président du RMES est Mahjoub BAJJA. Il a participé aux aventures marocaines de Croq'Nature et Migrations et Développement et pilote désormais Maroc Inédit. Dans le cadre du FITS MAROC 2012, le RMES met en place un répertoire pour voyager autrement au Maroc afin de recencer l'ensemble des acteurs marocains engagés pour faire du tourisme un outil de développement durable au profit des populations locales.

Contact : rmesmaroc@gmail.com

mardi 31 mai 2011

Maroc : « Tourisme solidaire Facteur de Développement Local » .

Synthèse de la journée 09/04/2011 à Khénifra

Le 1er jour de la rencontre a connu une large participation des acteurs intervenant dans le secteur du Tourisme, avec plus de 70 personnes représentant des associations, des coopératives, porteurs de projets, représentants de l’administration locale...et venus de différents territoires : province Khenifra, Midelt, Missour, Boulemane, Agadir, Fès, Mrirt, Kenitra…
Une diversité de participants était présents, hommes et femmes issus d’associations,
coopératives, porteurs de projets, administrations locales, professeurs universitaires, directeur d’entreprises…
Le gouverneur de la province Khenifra, dans son discours d’ouverture a présenté les projets touristiques de la région : projet de réhabilitation des sources Oum Rabie, projet de réhabilitation et de revalorisation des lacs touristiques sur les territoires de « Akalmam Azeka » et « Tikalmamine »,   création d’une maison d’artisanat traditionnel, et la création d’un espace d’accueil touristique (PAT). Il a exprimé son engagement à soutenir cette démarche de tourisme solidaire (TS) dans la région.
Mr Charkaoui, Président du REMESS a présenté les trois formes d’économie qui existent aujourd’hui : publique, privée et l’économie sociale et solidaire (ESS).Il a souligné que l’ESS est considérée  comme une alternative aux deux autres types d’économie répondant aux besoins concrets des populations et ancrée sur le territoire.
Mr Axel Frick, chef de projet de l’association Citoyens de la Terre, a présenté les objectifs du réseau AREMDT et les actions menées pour développer et promouvoir le TS comme outil de développement local en Méditerranée.
Mr Noureddine EL HARRAK, a mis l’accent sur l’importance du TS comme axe de l’ESS et a rappelé les spécificités du TS qui permettent aux populations locales d’être de véritables acteurs de  développement et les premiers bénéficiaires.
Après une pause café composée de produits régionaux, Mr Ait Haddout (Secrétaire général du REMESS) a animé un atelier de formation au cours duquel tous les participants ont pris la parole pour présenter leurs projets et leur conception du tourisme sur leur territoire.
Les débats de l’atelier
A. Les Problèmes relevés dans la région au niveau touristique :
o Absence d’une culture de tourisme dans la région ;
o Marginalisation de la région et manque de sensibilisation sur l’importance et la fragilité des ressources et les potentialités du Moyen Atlas ;
o Absence d’infrastructures d’accueil de base ;
o Un manque de formation des acteurs
o Manque de signalisation des sites touristiques
o Problème de commercialisation des produits locaux artisanaux et agricoles de la région ;
o Complexité des procédures administratives pour la création de coopérative, et l’absence de statut juridique concernant la création de coopérative de service touristique;
B. Les solutions proposées par les participants
o Création d’une Licence professionnelle sur le Tourisme Rurale à la faculté de science de Meknès pour répondre aux besoins du terrain.
o Rôle à jouer par le centre national d’aménagement et d’urbanisme de Rabat, pour développer dans la région son cursus touristique
o Mobiliser le pilier 2 du Plan Maroc Vert financés par le ministère de l’agriculture pour le
développement du TS en valorisant les produits locaux
o Appui à la création des gîtes touristiques solidaires
o Formation des accompagnateurs/animateurs au TS
o La direction Régionale de l’Entraide Nationale s’est montrée prête à financer les projets du Tourisme solidaire dans la région ;
o La direction générale des communes travaille sur un Projet de Système d’information communal (SIC) pour toutes les communes du pays y compris celles de la région. Ce SIC pourra bénéficier au Tourisme de la région vu qu’il contiendra une base d’informations sur les potentialités touristiques de la région ;
C. Les Recommandations :
o Développer la coopération et la concertation entre les associations, coopératives et tout autre acteur
o Mutualiser les efforts entre les différents acteurs pour pouvoir développer le tourisme dans la région ;
o Capitaliser les expériences des différentes régions et les faire partager aux populations
locales ;
o Travailler sur le plaidoyer pour développer le TS;
o Conserver l’originalité architecturale de la région ;
o Multiplier les visites de terrain dans le cadre de l’échange d’expériences ;
o Développer la commercialisation du TS à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du pays
o Organiser des campagnes publicitaires pour faire connaître la richesse naturelle et culturelle de la région ;
o Travailler sur les outils pour commercialiser les offres touristiques
Synthèse de l'atelier de formation et de concertation à Mrirt, le 10 avril 2011
Relevé de décisions lors de l'atelier Ait Ottman Mrirt
− Création d'un comité « Tourisme solidaire » (TS) au sein du pôle régional REMESS
− Le comité comprend 10 personnes représentants différents lieux de la région et différents types
d'acteurs (universitaires, professionnels, porteurs de projet, délégués d'administrations locales);
Ces personnes se sont engagées à définir et à suivre une feuille de route et à animer et coordonner le comité.
− La feuille de route comprend ces axes :
1- Mettre en place et animer une table de concertation permanente entre les acteurs participants au réseau;
2- Organiser des formations sur plusieurs thématiques répondant aux besoins spécifiques du territoire (métier, encadrement, mobilisation et sensibilisation des acteurs, etc)
3- Créer les outils supports du projet : guide sur le patrimoine naturel et culturel de la région, manuel pratique pour les porteurs de projet et les professionnels,
4 Création d'une Maison du tourisme solidaire, lieu de concertation et d'assistance, de promotion et commercialisation des offres du territoire (projet à soumettre à l'INDH pour
financement)
− Ce comité et la maison du TS aura un rôle de « pôle thématique d'excellence de l' ESS » en tant qu'action pilote.
Propositions relevées lors de l'atelier
− Localiser la maison du TS au sein des bureaux du Pays d'Accueil Touristique (PAT) du territoire
− Si cette proposition est acceptée, le comité TS devra rester indépendant des décisions du PAT
− Le comité TS devra pouvoir assurer le suivi et l'évaluation des projets et des offres de TS sur le territoire afin d'assurer une démarche de qualité et de respect des valeurs du TS (démarche de progrès/cahier des charges) en lien avec les exigences d'un Réseau National et international d'acteurs du TS (REMESS et AREMDT)
− Relier les acteurs et les propositions des institutions locales aux actions et projets menées par le comité de TS
− Saisir les opportunités d'offre publique concernant le développement de la région, notamment : le pilier 2 du Plan Maroc Vert sur l'agriculture solidaire dans lequel peut s'intégrer des projets de TS
− Trouver les moyens de faire venir des « experts » pour réaliser le diagnostic des potentialités touristiques de la région.
− Créer des collèges au sein du comité TS : acteurs publics, acteurs associatifs, acteurs entreprises, acteurs porteurs de projet,...
− Assurer une large diffusion de communication afin que tous les acteurs touristiques du territoire puissent participer aux échanges lors des réunions de concertation.

vendredi 19 février 2010

Au Moyen Atlas, vivre solidairement avec les habitants d'Aït Jaber

Par Paula Boyer, La Croix, 18/2/2010
Aït Jaber. C’est un douar (hameau) minuscule au pied des cimes enneigées du Moyen-Atlas. Les amandiers en fleurs ont échappé à l’hiver. Des maison en pisé, basses et blanches, sont éparpillées au milieu des collines couvertes d’oliveraies et de champs de blé ou de fèves. Entre deux averses, des femmes emmitouflées achèvent la cueillette des olives. Chez les Hssissou, l’une des quatre vaches vient de vêler dans la nouvelle maison dont les parpaings grimpent maintenant jusqu’au premier étage. Ici, la vie est rude, les femmes restent au foyer, les salaires sont faibles, le travail rare. Pour s’en sortir, les Hssissou –la grande-mère, un fils et une fille célibataires, un fils divorcé, un fils marié, sa femme et leurs trois enfants- se serrent les coudes sous le même toit. Fatima, vaillante malgré ses 70 ans, régente la maisonnée mais ouvre volontiers sa table aux touristes qui séjournent de l’autre côté du chemin boueux, dans le gîte Tizitounte.
Ce gîte –six chambres- a été construit par l’agence Tizirando (1), un spécialiste marocain du « tourisme solidaire » qui, bien loin du Maroc de carte postale vanté par les spécialistes du « soleil bon marché », s’efforce de faire découvrir à ses clients le mode de vie et la culture des habitants du cru. Et, d’apporter à ces derniers des revenus en échange de repas, nuitées, de location de d’ânes et de mulets, d’accompagnement des randonneurs, etc.
C’est Saïda, la fille de Fatima, qui brique le gîte Tizitounte et cuisine pour les petits groupes emmenés par Tizirando. Parfois, comme aujourd’hui, le repas est carrément pris chez les Hssissou. Au menu, hors d’œuvre variés et tajine au poulet. On mange avec les doigts, à la marocaine. On rit beaucoup, on joue avec le petit Annas, trois ans. Et on se débrouille comme on peut pour échanger sur les réalités de la vie ! Quelques heures plus tard, après une promenade, les randonneurs se retrouveront dans la cour carrée des Hmala où Seltana, la maman, maintenant veuve, offre du thé et un délicieux pain à base de semoule. L’été quand il fait beau, les randonneurs font de longues escapades à pied ou en VTT dans les environs. Parfois, Tizirando les emmène en bus jusqu’au Moyen Atlas pour une journée de marche. Avec le temps frisquet et pluvieux de ce mois de février, il faut se contenter de balades dans les oliveraies voisines et d’une escapade jusqu’au lac Allal El Fassi où Rhazi El Gortat, le directeur de Tizirando rêve d’ouvrir, un jour, une guinguette pour accueillir ses clients.

Eté comme hiver cependant, tourisme solidaire ou pas, la visite de Fès, à vingtaine de kilomètres de là, reste incontournable. Avec l’exode rural, cette cité impériale ne cesse de grandir ! Mais, c’est bien sûr la médina (la vieille ville) et ses céramiques d’un bleu profond qui attirent d’abord : à flanc de colline, des milliers de maisons blanches moutonnent autour des ruelles étroites et tortueuses, serrées autour du minaret de la mosquée El-Qarawiyine et des toits verts du mausolée de Moulay Idriss II ! Fondée en 808 sur la rive droite du fleuve éponyme par un descendant du Prophète, Moulay Idriss, la médina de Fès est la plus vieille du pays et … la plus grande au monde.
Anouar, le fils d’un bazari qui, diplômé de l’université, s’est reconverti en guide touristique, nous fait les honneurs de sa ville, intarissable sur les curiosités–l’horloge hydraulique, la bibliothèque, les medersas-, sur les dynasties successives et aussi… sur ses déboires sentimentaux : sa mère refuse l’élue de son cœur car elle est pauvre et originaire de la campagne ! Si le détour par le quartier des tanneurs –les techniques y restent traditionnelles, les colorants naturels- est de règle, Anouar nous évite d’être assailli, comme tant d’autres, par les marchands des souks. Nous avions demandé une « visite culturelle » et Tizirando y a veillé !
« Nous refusons d’emmener les gens dans les bazars et d’empocher les commissions ! Le tourisme, c’est comme cela que je l’envisage, dans les respect des personnes ! Mais, les principes, ça se paye aussi», insiste Rhazi El Ghortat. Pour le directeur de Tizirando, le rapprochement des peuples, des cultures n’est pas un slogan. Et le partage équitable des revenus du tourisme n’est pas un vain mot. L’aventure de Tizirando a débuté en 1989. Cette agence a été créée par trois amis, dont deux anciens prisonniers politiques, opposants à feu Hassan II. « Nous avons commencé par organiser des randonnées, à pied, à dos de mulets et de dromadaires. A l’époque, c’était vraiment un projet alternatif », se souvient Rhazi El Gortat. Lorsque la randonnée, devenue à la mode, a été proposée par toutes les agences, Tizirando a développé le tourisme solidaire qu’au vrai, elle pratiquait déjà avec le logement chez l’habitant et le financement de projets de développement.
Dès le départ, Tizirando a été conçu comme une « entreprise citoyenne » : « Nous nous sommes toujours efforcés de payer correctement ceux que nous faisions travailler, quitte à perdre des clients parce que nous refusions, pour cette raison, de baisser nos tarifs », assure Rhazi El Gortat. Avec ses bénéfices, Tizirando a financé des projets de développement. Au départ, cela s’est fait en bricolant un peu. Très vite, Tizirando a éprouvé le besoin de clarifier les choses en créant une ONG de développement, la Sodev qu’elle finance tout comme d’autres partenaires, dont le CCFD-Terre solidaire. A son actif, des cours d’alphabétisation, des formations professionnelles, l’aide à la création de coopératives artisanales et aussi la « maison de la jeune fille rurale »: construite à côté du lycée et du collège de Ras Tabouda, cet établissement permet aux filles de manger leur casse-croûte au chaud, à midi, d’écouter des conférences, de prendre des cours d’informatique, de bénéficier d’un soutien scolaire ou tout simplement de se reposer entre deux cours. Jusque là, il n’y avait rien pour les accueillir, ce qui en décourageait beaucoup de poursuivre leurs études dans cette région où leur scolarisation reste limitée. Aujourd’hui, elles restent au lycée plus longtemps et si la plupart se marient tôt, elles sont plus nombreuses que jadis à pousser jusqu’à l’université !
«Ce sont les gains du gîte de Tizitounte qui payent les salaires des deux animatrices », précise Rhazi El Gortat qui ne manque pas une occasion de faire visiter à ses clients-touristes cette réalisation. Tizirando, serait-ce du tourisme pour militant ? Oui et… non ! « Je panache, précise Rhazi el Gortat, je propose, par exemple, un peu de tourisme solidaire avec de la randonnée. Il faut marier les visites et le plaisir, la fête et la découverte, les monuments et les gens ». Partir avec Tizirando, ce n’est pas se condamner au confort simple d’un logement chez l’habitant ou en gîte. Comme les autres agences, Tizirando travaille aussi avec des hôtels et propose des circuits. Mais bien rares sont ses clients qui n’accepteront pas de consacrer au moins une journée à visiter une famille, une coopérative de femmes, une association ou de passer une nuit dans un gîte ou carrément chez l’habitant. « Le tourisme classique, c’est beaucoup plus facile et on gagne plus », soupire Rhazi el Gortat. «Avec le tourisme solidaire, il faut veiller à l’encadrement. C’est très prenant ! Les gens veulent discuter jusqu’à minuit ! ».
(1) www.tizirando.com. A partir de 328 euros la semaine, vol aérien jusqu’au Maroc non compris.

vendredi 20 mars 2009

Une idée de vacances solidaires

découvrir le désert marocain tout en aidant des familles nomades en situation précaire


Moha, Touareg sédentarisé à Merzouga m’avait écrit en novembre 2008 pour me demander de faire connaître le site de son auberge familiale à tous ceux « qui veulent découvrir le désert, sa culture, son patrimoine de sable, ses fossiles et ses gravures rupestres, voir les belles dunes allant jusqu’à 150 mètres de hauteur, admirer le lever et le coucher de soleil, faire des randonnées à dos de dromadaire et bivouaquer dans différents sites magnifiques ».

Il explique que le rôle social de son auberge lui tient à cœur: « nous employons des nomades, des familles très pauvres qui travaillent avec leurs dromadaires en randonnées, en bivouac, et gagnent avec nous un peu d’argent pour mieux vivre » Ne pas avoir de réservations le préoccupe pour eux.

Dans le Guide Globe-Trotters : « Partir …au MAROC autrement », l’auberge familiale de Moha est chaudement recommandée : « Au centre du village de Merzouga (…) une adresse rustique mais chaleureuse comme on les aime. »

Avec quelques amis nous lisons les pages du site www.merzouga-dromadaire.com et les témoignages enthousiastes nous donnent envie d’aller découvrir par nous - mêmes Moha, son auberge et la région de Merzouga.

Nous prenons contact et pour joindre l’utile à l’agréable, nous lui proposons d’aller lui montrer la fabrication et le fonctionnement des fours solaires. C’est en vieux Trafic Renault, chargé de tout le nécessaire pour fabriquer des fours, ainsi que , à la demande de Moha, de vêtements destinés à des familles de nomades, que nous arrivons à Merzouga le 14 janvier 2009.

Nous sommes tout de suite conquis par l’enthousiasme, l’humour, l’intelligence et la gentillesse de cet ancien nomade touareg dynamique, un peu poète, un peu philosophe. Sa préoccupation constante d’aider les plus démunis nous touche beaucoup. Sa connaissance parfaite de la région, son souci de préserver la nature en font un guide très agréable et très compétent. Conteur hors pair, il sait tenir an haleine ses auditeurs avec ses histoires (presque vraies) de fantômes ou ses théories sur la marche du monde.

Nous faisons connaissance avec toute sa famille, surtout son frère Ali et son fils ainé Belkacem, souriant garçon de 10 ans qui ne quitte son père que pour aller à l’école.

C’est avec enthousiasme que Moha s’est lancé dans l’aventure des fours solaires, invitant les voisins à des repas cuits avec le soleil et les persuadant de l’utilité de ce mode de cuisson écologique et économique qui va changer leur vie.

L’auberge, agrandissement de la maison familiale, se trouve en plein centre du village. Grand bâtiment tout en longueur, surmonté d’une grande terrasse d’où on peut admirer les hautes dunes au-delà du village. Elle est bien aménagée, les chambres sont agréables, la grande salle très accueillante. Le tout est simple, rustique, sans clinquant, sans prétention. Le quartier est animé, loin des luxueux centres touristiques à l’écart du village. L’école, le centre médical, la poste, la gendarmerie se trouvent à proximité de l’auberge , où les hommes du village viennent boire le thé, tandis que les femmes vont bavarder à la cuisine. Elles vont se charger de distribuer les vêtements aux familles dans le besoin.

La cuisine, traditionnelle, est excellente : tajines, couscous, omelettes berbères … et, depuis peu les plats cuits dans le four solaire !

Sur le plan découvertes la région immédiate est très riche .
Les dunes où il a fait bon se promener, pour aller passer une nuit dans le campement, adorable petite oasis d’où on n’a plus envie de partir , la visite à la communauté des gnaoua qui nous a offert un concert et du thé, la ville proche de Rissani où l’association des menuisiers est immédiatement gagnée par la fièvre des fours solaires (et en fabrique pour 600 dh), Taouz, ses gravures rupestres et la vieille kasbah, l’usine de polissage des orthocéras, la palmeraie, le lac temporaire devenu immense étendue d’eau bleu turquoise en cet hiver pluvieux… De quoi ne jamais s’ennuyer.

Le prix de la demi-pension est plus que raisonnable : 20 € et réduction pour séjours prolongés. Tous les renseignements pratiques se trouvent sur le site.

Merci de diffuser cette information à vos amis et connaissances, c’est l’occasion de découvrir et faire découvrir une façon de passer les vacances dans un environnement somptueux , tout en apportant une aide aux villageois et aux nomades en situation précaire.
Cet endroit est idéal pour un séjour en famille, et aussi pour tous ceux qui ont envie de découvrir le Maroc authentique. (ce mot galvaudé a ici tout son sens !)
Nous conseillons de choisir le printemps ou l’automne, même si cet hiver exceptionnellement froid et pluvieux n’est pas toujours la règle.

L’équipe : Claudie, Henri, Geneviève, André, Ahmed et Marie-Jo

Contact : Solidarité Maroc 05
17 rue Jean Eymar
05000 Gap
solidmar05@gmail.com