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jeudi 1 août 2013

Maroc : Sit-in demain à Rabat contre la libération d'un Espagnol, violeur de onze enfants [Video]

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Sit-in demain à Rabat contre la libération d'un Espagnol, violeur de onze enfants 
 
Le roi Juan Carlos a demandé, lors de sa visite au Maroc mi-juillet, du roi Mohammed VI de gracier des détenus espagnols. Mardi, une quarantaine d’entre-eux ont été libérés. Parmi eux un violeur de onze enfants marocains ?




















Parmi les quarante- huit détenus espagnols graciés, à l’occasion de la fête du trône, figurerait un violeur de onze enfants marocains, filles et garçons âgés entre quatre et quinze ans. Condamné en 2011 à trente ans de prison par la cour d’appel de Kénitra, dix-huit mois plus tard, le voilà qui retrouve la pleine liberté de ses mouvements, comme l'a révélé le site andaluspress.com. La société civile monte rapidement au créneau.

Elle se mobilise et compte organiser un sit-in de contestation, demain à 22 heures à Rabat devant le siège du parlement. Un  rendez-vous placé sous le thème : 
« le peuple demande l’indépendance de la justice ». 

Depuis hier, une page facebook, a été lancée. Elle recueille un franc succès auprès des Marocains, totalisant, déjà, presque 3000 participants sur environ 25 000 invités. Les commentaires postés y sont dans l’ensemble hostiles à la libération de l’Espagnol. Parallèlement, à la campagne sur les réseaux sociaux, une pétition sous le thème « Non à la grâce de violeurs d’enfants » est visible sur le site avaaz.org. Vers neuf heures d’aujourd’hui, elle comptait 213 signatures.

Une guerre sur le net entre mouvement « Tamaroud » et « jeunes royalistes »
Ce ressortissant ibérique, 60 ans originaire d'Irak, réside dans la ville depuis 2006, il possède également une exploitation agricole. Au moment de son arrestation, la société civile tant au niveau de Kénitra que dans le reste du Maroc a organisé plusieurs manifestations, avec la participation d’acteurs et sportifs, dénonçant le crime. Seront-ils de la partie demain ? Rien n'est moins sûr. Déjà, Najat Anouar, la présidente de "Touche pas à mon enfant", une association de la défense des enfants victimes d’abus sexuels, a refusé de commenter la grâce royale accordée à l’Espagnol violeur de mineurs, estimant, dans des déclarations au site hespress.com, que seul le roi a le droit de considérer qui mérite ou non la grâce. L'article 58 de la Constitution du 1er juillet 2011 stipule que "le Roi exerce le droit de grâce".

Compte tenu de l’importance du sujet, la version marocaine du mouvement « Tamaroud » (Morocco Rebellion Movement) a saisi cette opportunité pour faire entendre ses revendications politiques. Une entrée qui, apparemment, n’est pas la bienvenue. Sur la page facebook, certains appellent à ne pas politiser le sit-in de vendredi à Rabat et demandent l’extradition de l’Espagnol Daniel. 
Cette affaire de libération d'un violeur devient le nouveau terrain de bataille entre les partisans de « Tamaroud » et « les jeunes royalistes ». Le sit-in de demain devant le parlement sera une occasion pour les deux factions de montrer leurs forces de mobilisation.

Reportage de Medi1 TV sur l'affaire du violeur espagnol


http://youtu.be/o3TWdYrSXWA

Comment fonctionne la procédure de grâce royale ?
Les sollicitudes de détenus de droit commun de grâces royales sont examinées, au début, par la Direction des Affaires pénales et des Grâces, relevant du ministère de la Justice et des Libertés. C’est la première étape où se fait l’opération de tri des dossiers. Cette commission se réunit sept fois par an, à l’occasion des fêtes religieuses et des fêtes nationales (11 janvier, 30 juillet, 20 et 21 août, 6 novembre et le 18 novembre) durant lesquelles, le souverain accorde des grâces. Une fois ce travail accompli, les demandes arrivent au cabinet royal pour établir la liste finale.
Lors de grâce royales spéciales, comme c’est le cas pour des détenus salafistes accusés de terrorisme, libérés le 14 avril 2011, outre la contribution du cabinet royal et du ministère de la Justice, le CNDH y avait également participé.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/18776/maroc-sit-in-demain-rabat-contre.html

vendredi 1 février 2013

Marrakech, le Bangkok de l’Afrique ?






  • Marrakech, le Bangkok de l’Afrique !

    Le tourisme sexuel fait rage au Maroc et principalement à Marrakech, qui est en passe de devenir le Bangkok de l’Afrique et où des pédophiles sans scrupules abusent de petits enfants. C’est ce que montre ce reportage réalisé par des journalistes espagnols s’étant fait passer pour des touristes en quête de plaisirs interdits.












    Pédophilie au Maroc : 
    le scandale de trop !








    Les associations marocaines de protection de l’enfance sont abasourdies. Une enquête sur la pédophilie réalisée à Marrakech par des journalistes espagnols crée la consternation.

    Une vidéo polémique dans laquelle figure le témoignage d’un pédophile au Maroc circule sur le Net. Un témoignage choc rapporté en image par des journalistes espagnols venus enquêter sur la pédophilie au Maroc. Le reportage, diffusé sur une chaîne néerlandaise, est en ligne depuis le 27 janvier sur le réseau Youtube.
    Il est Espagnol, âgé d’une soixantaine d’années et avoue avoir des rapports sexuels avec des enfants marocains. Colère noire au sein des associations marocaines pour la protection des enfants. La présidente de l’association « Touche pas à mon enfant », Najat Anwar, réclame l’ouverture d’une enquête.
     
    Des « klennex » sexuels
    Direction Marrakech, la ville ocre du Maroc. C’est là-bas que les journalistes espagnols ont rencontré le présumé pédophile, originaire de Malaga dans le sud de l’Espagne. Il raconte, d’un ton cru et vulgaire, ses expériences sexuelles avec des petits garçons qu’il compare à des « kleenex » à jeter après utilisation.
    La comparaison fait froid dans le dos. « Nous avons déposé une demande d’ouverture d’enquête auprès du ministre de la Justice et du procureur du roi de Marrakech. Aujourd’hui notre avocat va déposer une plainte », a annoncé Najat Anwar au site d’information Yabiladi. Elle regrette le manque d’investissement du gouvernement pour combattre un phénomène qui semble gagner chaque jour un peu plus de terrain. « Je suis déçue. J’ai l’impression qu’on a rien fait depuis 2004, année de la création de l’association. Ce que nous ne voulons pas est que Marrakech devienne une destination de choix pour les pédophiles et que la ville devienne Bangkok », poursuit-elle.
    Info, intox ?
    L’authenticité de cette enquête reste encore à prouver. Mais qu’elle le soit ou non, il n’en demeure pas moins que plusieurs affaires de pédophilie ont à de nombreuses reprises secoué la ville. Le dernier scandale en date remonte en septembre 2012. Patrick Finet, actuel directeur général du Mandarin Oriental de Milan, en Italie, était recherché par la police pour faits de « débauchage » et de « prostitution de mineurs » à Marrakech.
    Une sombre histoire qui rappelle le pavé lancé par Luc Ferry sur le plateau du Grand Journal de Canal+ en juin 2011. On apprenait alors, pêle-mêle, qu’un ancien ministre français se serait « fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons », qu’un Premier ministre et d’autres ministres seraient au courant, et qu’aucun d’entre eux n’a dénoncé le pédophile présumé.
    Plusieurs associations marocaines étaient consternées par le fait que Luc Ferry, considéré comme étant détenteur d’informations d’un crime, ne soit pas « allé jusqu’au bout et révélé tous les faits et actes dont il a pris connaissance ».
    Toutes ces affaires ont terni la réputation de Marrakech. Depuis quelques années, l’image de capitale sexuelle du royaume lui colle à la peau. A quand l’action du gouvernement ? Arrêtera-t-il de fermer les yeux sur ces actes de pédophilie, dont sont parfois mêlés des politiques et hauts-placés ?









    lire aussi
    Alors que des réseaux de pédophiles viennent d’être démantelés au Maroc, certaines associations du pays notent une hausse des abus sexuels sur enfants depuis le tsunami qui a ravagé...





lundi 5 novembre 2012

Orphelins. Au royaume (marocain) des enfants perdus

    • Par : Soufiane Chakkouche, 2/11/2012

    • Interdire la Kafala aux étrangers, voici la dernière trouvaille du ministre de la Justice, Mustafa Ramid. Cette décision, qui condamne l’avenir de milliers de yatama marocains, est décriée à l’unanimité par le milieu associatif.

    Orphelins. Au royaume des enfants perdus


    Le 1er octobre 2012, Ramid le ministre pjdiste de la Justice et des Libertés signe une circulaire qui est tout sauf ordinaire. Son objet : limiter l’adoption des orphelins marocains aux seuls Marocains résidant sur le territoire national. Exit donc les Kafils étrangers, même musulmans, et ce, “afin de protéger l’intérêt supérieur de l’enfant abandonné”, selon les termes de la circulaire. 
     Dans le milieu des associations de protection des enfants, cette décision révolte. Le collectif “Kafala au Maroc”, qui compte six associations, fait déjà circuler une pétition contre la circulaire ministérielle. Habiba Alaoui, dirigeante de l’association Al Ihsane (présidée par la princesse Lalla Hasna) qualifie la décision d’absurde : “D’après mon expérience, ces musulmans de l’étranger qui prennent en charge un orphelin marocain s’en occupent très bien. Ils font d’excellents parents adoptifs. Contrairement à quelques nationaux, ils ne choisissent pas l’enfant d’après des critères de santé ou physiques et ne nous le rendent pas après quelques jours de prise en charge, sous prétexte qu’il ne correspondait pas à leur attente”, s’indigne la militante. Ramid, lui, ne veut rien savoir. Pour lui, interdire la Kafala aux étrangers, c’est garantir que les enfants abandonnés soient élevés dans les préceptes de l’islam. L’argument est religieux. Mais est inacceptable d’un point de vue humain. Il n’y a qu’à voir le quotidien de ces yatama pour le comprendre.

    Pupilles de la nation
    Depuis novembre 2006, date à laquelle la loi 14-05 relative aux conditions d’ouverture et de gestion des établissements de protection sociale est entrée en vigueur, on ne parle plus d’orphelinats mais d’EPS (Établissement de protection sociale) englobant tous les centres sociaux. A ce jour, le royaume en compte 1486, dont 45 pour enfants en situation difficile, 58 “Dar Atfal” (maison de l’enfant) et 49 pour enfants abandonnés. Mais seuls 648 de ces établissements sont conformes au cahier des charges exigé par la loi 14-05, qui définit les normes techniques et humaines des centres sociaux. Selon l’Entraide nationale, ces centres bénéficient à 120 000 personnes dont 10% d’orphelins et 9% d’enfants issus de divorces, de père ou de mère inconnu(e) ou en prison. Quant au volet subvention, l’Etat, à travers l’Entraide nationale, consacre un coût moyen de 5,5 dirhams par bénéficiaire et par jour. Plus qu’insuffisant d’après les responsables de ces orphelinats pour qui, sans les dons privés, leurs centres n’existeraient plus. Pour comprendre leur fonctionnement, il faut savoir que ces orphelinats sont généralement scindés en deux. D’un côté, les centres pour enfants en bas âge, c’est-à-dire de 0 à 6 ans, et de l’autre, les centres pour enfants de 6 à 18 ans, voire plus. Selon les responsables de l’Entraide nationale, “ces institutions connaissent des difficultés au niveau de l’organisation, de la gestion, de la qualité des services, de l’encadrement, de la communication, de suivi, d’évaluation et de la définition des responsabilités”.

    Innocence of yatama
    En règle générale, les “0-6 ans” est la tranche d’âge qui présente le moins de difficultés. Les enfants qui sont admis dans ces orphelinats sont souvent déposés par leur mère ou simplement abandonnés dans la rue, récupérés par la police et ensuite remis à ces établissements. Le principal défi à relever par les associations est celui de la santé car, comme nous le confie Kaouchi Samira, responsable et psychologue au sein de Dar Atfal Lalla Hasna, “la plupart des enfants qui arrivent chez nous sont très fragilisés physiquement et mentalement. Figurez-vous qu’on les retrouve parfois dans des sacs poubelles ou étranglés volontairement par leur propre cordon ombilical. Ceci explique, par exemple, le nombre élevé d’autistes dans les orphelinats”. Côté chiffres, si l’on se réfère aux statistiques des principaux orphelinats du pays, 60% des enfants sont confiés à des parents adoptifs, sous le régime de la Kafala, 10% sont repris, un jour ou l’autre, par leurs parents biologiques, et plus de 6,5% décèdent durant leur séjour, soit deux fois plus que la moyenne nationale. Par ailleurs, les orphelins n’ont pas tous la chance d’être confiés à des Kafils (parents adoptifs). Plus un enfant est âgé, plus la probabilité qu’il se fasse adopter diminue, car la plupart des Kafils nationaux préfèrent les enfants de 3 mois à 2 ans. Mais attention, l’âge n’est pas le seul critère important aux yeux des parents adoptifs. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la couleur de peau est un élément clé. Ainsi, un enfant blanc a bien plus de chance qu’un bébé basané ou noir d’être adopté. Pire, dans certains établissements, un enfant sur cinq adoptés par des Kafils marocains est rendu à l’orphelinat après quelques jours. Ce comportement n’est toutefois pas observé chez les Kafils étrangers.

    Triste jeunesse
    A 6 ans, les petits orphelins sont transférés aux centres pour grands enfants. Le cordon qui les lie à leur petite enfance est donc coupé net, aucun suivi de la part de leur orphelinat d’origine n’est effectué, et c’est là où les ennuis commencent.
     Maltraitance, sévices sexuels, délinquance…beaucoup d’entre eux fuguent pour vivre dans la rue ou deviennent candidats à l’immigration illégale (lire encadré). En juin dernier, le corps de Ihsane Nassif, un orphelin de 17 ans qui a fui l’orphelinat de Hay Hassani, est repêché suite à une tentative de “hrig”. Pour ceux qui restent, la scolarisation s’avère difficile, car d’après la loi 14-05, ces enfants fréquentent des écoles en dehors de leur orphelinat, d’où une difficulté d’adaptation. Comme nous l’avoue Adil, orphelin de 12 ans, “on a du mal à s’intégrer avec les enfants ‘normaux’, on nous traite de bâtards ou d’enfants de la décharge. Quand on est entre nous, on est tous égaux”. Par ailleurs, dans la plupart des centres, les enfants qui ont atteint 18 ans sont priés de quitter les lieux sans diplôme, sans formation et sans famille où atterrir, pour une grande majorité d’entre eux. D’où le refus de beaucoup de quitter leur refuge.
     A l’orphelinat de Aïn Chock, et suite au long bras de fer qui a opposé les pensionnaires à l’administration, on a fini par leur proposer 30 000 DH chacun pour déguerpir. 30 000 dirhams pour se construire une vie. Quant à la carrière qui les attend, ils ne vont pas chercher loin : ils préfèrent intégrer les Forces auxiliaires, la gendarmerie ou la fonction publique (le plus souvent moqaddems). Pourquoi ? D’après Hakim, un orphelin âgé aujourd’hui de 37 ans : “Ce n’est pas bon de mettre l’adresse de l’orphelinat sur un CV s’il est adressé à une société privée, à coup sûr on ne sera pas pris”.

    Abus sexuels. Enfance violée
    Dans le plus beau pays du monde, les sévices sexuels contre les orphelins sont monnaie courante. Le dernier cas en date, dont le procès est en cours, fait état de 4 enfants à l’orphelinat musulman de Meknès. “Il s’agit d’un responsable et de 4 femmes qui emmenaient 4 petits orphelins à un salon d’esthétique qui appartenait au mari de l’une d’entre elles. Ensuite, ils les obligeaient à se prostituer avec de riches citoyens moyennant des sommes d’argent”, révèle Me Mohamed Kabous Adib, en charge du dossier. “Les orphelins n’ont pas de famille ou de parents pour les défendre, il est donc plus facile d’abuser d’eux”, explique Najia Adib, directrice de l’association “Touche pas à mon enfant”. Des violences qui ne sont pas près de cesser, tant que la justice marocaine reste clémente envers les criminels sexuels et les coupables d’abus sur les enfants, comme le souligne le dernier rapport de l’Unesco sur la situation de l’enfance au Maroc.
    http://telquel-online.com/Actualite/Maroc/Orphelins-Au-royaume-des-enfants-perdus/542#.UJKpPwqFvql.facebook
     wikipedia : La kafala est une procédure d'adoption spécifique au droit musulman, qui interdit l'adoption plénière, et s'oppose en général à la procédure d'adoption au nom de la famille, considérée comme pilier de la société. Un enfant, en particulier naturel (né hors mariage, etc.), peut donc être recueilli par une famille adoptive, mais n'aura jamais les mêmes droits d'héritage qu'un enfant légitime: il s'agit d'une tutelle sans filiation, l'adopté gardant son patronyme d'origine.

    jeudi 9 février 2012

    Maroc - L'enfer des enfants des rues de Casablanca

    Par Slate Afrique,  09/02/2012,

    Véritable problème de société au Maroc, les enfants des rues sont au cœur du dernier dossier réalisé par l’hebdomadaire marocain Actuel.
    Les journalistes de cette publication sont allés à la rencontre des «chamkers», les abandonnés, qui errent sur les trottoirs de Casablanca.

    «Alors que les "mieux lotis" vendent des chewing-gums aux feux rouges, certains mendient ou fouillent dans les poubelles pour trouver de quoi manger, et d’autres acceptent de monter dans la première voiture qui passe pour une poignée de dirhams et un aller simple en enfer», peut-on lire dans le magazine.

    Dans la capitale économique du Maroc, «Rédouane, 13 ans, drogué, prostitué», traîne la nuit. Sans se poser de questions, il grimpe dans la première voiture qui passe. Pourtant, «il n’est pas orphelin, ses parents vivent à Lalla Meriem et son grand frère est marié. Il rentre chez lui quelquefois, se lave, mange, se repose un peu puis retourne à la nuit et ses vapeurs de colle.»

    Comme tant d’autres gamins, il est sous l’emprise de Hamid, le chef de bande.

    «Cet homme a une trentaine d’années et, comme dans Oliver Twist de Charles Dickens, règne sur un petit groupe d’enfants perdus qui ont eu le malheur de croiser sa route.»

    Beaucoup de ces garçons et filles de la rue en sont réduits à vendre leur corps.

    «Les réseaux de prostitution enfantine n’existent donc pas qu’à Marrakech, pour une clientèle étrangère aisée en quête d’interdit, mais aussi ici, pour une clientèle locale, qui ne nage pas dans l’opulence», explique Actuel.

    Pour tenter d’aider ces jeunes, «peut-être un millier, dont 300 qui passent chaque nuit dans la rue», le Samu social fait le tour chaque nuit de Casablanca.

    «En véritable service d’aide d’urgence, les trios qui composent les Equipes mobiles d’aide (EMA) du Samu social vont quotidiennement à la rencontre des enfants des rues, leur apporter une écoute, du réconfort, des conseils pas toujours suivis, du café chaud, des sandwichs au fromage et des soins de premiers secours», explique le journaliste.

    Cette structure accueille aussi au quotidien des jeunes dans son centre où «des éducateurs sociaux, des psychologues, des médecins et des médiateurs essaieront, dès le lendemain matin, de recréer le lien familial brisé ou de trouver une solution concrète pour le bénéficiaire.»

    Les travailleurs sociaux se battent sans relâche pour que ces enfants ne tombent pas dans l’oubli. Mais comme le souligne, Actuel, le problème réside surtout dans l’indifférence de la population et des autorités.

    «Ils ne sont que quelques centaines dans cette ville. Est-il vraiment impossible de les aider? Le Samu social manque cruellement de moyens. Et nous manquons tous de volonté pour oser nous attaquer à ce fléau. Nous vivons dans une société qui ignore ces enfants et c’est une honte collective que nous partageons tous, du gouvernement aux passants.»