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mercredi 30 décembre 2009

Les intempéries au Maroc



 Pertes humaines et dégâts matériels
Par Maghrebinfo, 30/12/2009

Le mauvais temps persiste au Maroc, vents, fortes pluies, ces intempéries ont à certains endroits des conséquences dramatiques, plusieurs décès ont été enregistrés.
Le nombre de victimes des pluies torrentielles au Maroc s’élève depuis hier à 5 morts, 4 des victimes circulaient en voiture ont été emportées par les eaux. C’est le cas d’un homme, une femme et d’une jeune fille qui ont trouvé la mort dans la région d’Agadir, leur véhicule a été emporté alors qu’ils tentaient de traverser un oued en crue. Une ressortissante espagnole a par ailleurs été tuée dans la région de Chichaoua, son mari et son fils qui étaient à bord du même véhicule ont eu plus de chance qu’elle et ont pu être récupérés vivants. Enfin une cinquième personne – une jeune femme – a, elle, été emportée par les crues boueuses de l’oued Lakhdar dans la province de Taza, elle aussi a été emportée en voulant traverser le cours d’eau grossi par les pluies.
Un bilan auquel il faut ajouter la disparition d’une femme dont on est sans nouvelle depuis mardi, emportée par la mer cette fois dans la région de Safi. Des pluies qui provoquent aussi des effondrements de maisons vétustes au Maroc, 3 personnes ont ainsi été blessées avant-hier à Marrakech, 10 autres l’avaient été dans des conditions similaires à Casablanca.
Les dernières inondations diluviennes au Maroc ont atteint des niveaux très importants notamment dans la région de Chefchaouen avec plus de 200 mm d’eau en 2 jours. Des inondations ont été observées dans de nombreux endroits notamment dans plusieurs quartier de Tétouan et de Tanger au nord du Maroc.

Les victimes des intempéries à la belle étoile
Par Ali Fkir, 29/12/2009
Les dernières pluies ont causé des dégâts importants dans les certains quartiers populaires; Les "élus", les représentants de l'Etat, les "âmes charitables" ont brillé par leur absence.
A Casablanca, plusieurs maisons se sont effondrées, et contrairement à ce que racontent les organes "d'information" officiels (télévisions, radios...), les sinistrés "vivent", affamés dans la rue, à la merci du froid glacial...D'autres ont abandonné leurs logements de fortune de peur de se retrouver sous les décombres...
Des dizaines de victimes se retrouvent presque quotidiennement au siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI pour discuter de leur situation catastrophique...
Le mardi 22 décembre, constitution au siège d'ANNAHJ, du "Comité de suivi du dossier des habitants de Arsat Benslama" de l'ancienne médina.
Le comité est composé de 11 personnes: 7 victimes des intempéries et de la marginalisation administrative, 2 avocats et 2 militants des droits humains.

Le dimanche 27 décembre 2009, a eu lieu une réunion élargie au siège d'ANNAHJ ( plus de 150 personnes y étaient présentes).
Les victimes ont décidé en coordination avec le comité de suivi:
- D'organiser le jeudi 31 décembre 2009 au siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (à Casablanca) une conférence de presse et cela, à partir de 9h du matin. Des victimes seront au rendez-vous pour témoignage.
- d'organiser le dimanche 3 janvier 2010 à partir de 16h un sit in de protestation devant la préfecture.
- D'organiser des visites continues aux victimes hospitalisées
- De publier un communiqué général sur l'état des lieux



Photos prises le dimanche 27 décombres 2009 au cours de l'assemblée générale des victimes au siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la Voie démocratique). L’extrême fatigue se lit sur les visages.


Organisation, le jeudi 31 décembre 2009 au siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (à Casablanca) une conférence de presse et cela, à partir de 9h du matin. Des victimes seront au rendez-vous pour témoignage.

mardi 29 décembre 2009

Khadija Riyadi, personnalité de l'année


Par Larbi,24/12/2009


En cette annus horribilis pour les libertés et les droits au Maroc, Mme Khadija Riyadi, présidente de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), mérite, à mon sens, le titre de la personnalité de l’année 2009.
Dans un pays où les élites ont détourné le regard sur le combat pour les libertés et fermé les yeux sur les exactions commises par le pouvoir, Khadija Riyadi et à travers elle l’AMDH, s’est toujours rangée du côté des victimes et de leurs familles.
Farouchement indépendante et animée d’une réelle conviction, Madame Riyadi appartient à cette espèce rare de femmes et d’hommes politiques qui ont su se tenir à l’écart de la courtisanerie, de la lâcheté et de la prostitution politique. Quand tout ce que compte le Royaume d’élites courraient derrière les privilèges liés la proximité du pouvoir, à commencer par la proximité avec l’ami du roi et son parti, Khadija Riyadi a préféré la fréquentation et le soutien des pauvres, des laissés-pour-compte et de ce qui reste encore de contestation sociale. C’est son monde, c’est sa vie.


La présidente de l’AMDH matraquée par la police lors d’une manifestation

Quand des manifestants ont été malmenés, des journalistes et blogeurs arrêtés et des publications interdites et qu’ils n’ont eu en guise de réponse de l’élite politique et associative qu’un silence assourdissant, Khadija Riyadi a été parmi les premiers à cogner, à grogner, à taper sur la table et à donner la voix pour exiger le respect du droit à la liberté d’expression.
Quand des militants des droits de l’homme, et pas les moindres, ont préféré s’abstenir de défendre les islamistes, parce qu’ils ne partagent pas leurs idées, Khadija Riyadi était parmi ceux qui ont tenu bon et les ont défendus parce que tout homme, tel qu’il soit, mérite d’être défendu.
Quand au nom d’on ne sait quel consensus national, des militants pacifistes sahraouis ont été opprimés et persécutés, l’AMDH de Khadija Riyadi a encore tenu bon parce que pour elle l’idéal des droits de l’homme se situe au dessus de toute considération nationaliste même légitime.
Mme Riyadi à propos de la Justice au Maroc
Quand certains défenseurs de libertés individuelles ont fermé les yeux sur la responsabilité de l’Etat marocain, Khadija Riyadi était parmi les rares qui ont défendu le droit des minorités sexuelles, religieuses et a-religieuses tout en restant crédible. Parce qu’elle agit au nom d’un idéal cohérent : on ne peut parler d’intégrisme religieux quand il s’agit des islamistes et faire preuve d’un formidable intégrisme institutionnel quand il s’agit du roi.
Depuis des années, Khadija Riyadi lutte pour la liberté et la dignité des hommes dans une société plébiscitaire gouvernée par un régime politique plébiscitaire. Avec courage et détermination et sans jamais renier ses idéaux. Telle est sa gloire. Son combat, fait d’abnégation et de dignité, et celui de ses collègues de l'AMDH et d'autres associations, mérite respect et admiration.

Palestine : Marche pour la liberté, liberté pour la marche !

Par  AFPS, Paris,  28/12/2009
Depuis maintenant quarante-huit heures, nous sommes au Caire où, de discussions en discussions, les 1400 participants à la marche pour la liberté pour Gaza – 1400 comme les 1400 victimes gazaouies de l’offensive israélienne d’il y a un an – n’ont toujours pas l’autorisation de se rendre à Gaza.
Deux arguments – irrecevables – sont avancés par les autorités :
Les Marcheurs s’ingéreraient dans les affaires intérieures égyptiennes. C’est doublement faux. D’abord, nous n’avons jamais mis en cause les autorités égyptiennes. Nous avons, au contraire, travaillé avec elles en leur donnant toutes les informations qu’elles souhaitaient - jusqu’à nos numéros de chambres !
Selon nous, la liberté d’aller et venir, de circuler où bon nous semble est une liberté fondamentale de l’être humain. Mais elle ne s’applique pas à la population de Gaza, soumise à un blocus illégal et inhumain. Raison de plus pour qu’elle s’applique aux Marcheurs venus de quarante-deux pays – dont la France – qui doivent bénéficier de ce droit fondamental. En le leur refusant, ce sont les autorités égyptiennes qui s’ingèrent dans la liberté des Marcheurs.
Deuxième argument : si les Marcheurs passaient à Gaza, ce serait nuisible à la sécurité égyptienne. On a beau chercher le sens de ce raisonnement, il ne tient pas. Les 1400 Marcheurs peuvent entrer à Gaza et en sortir sans que cela ne pose le moindre problème. Si le feu vert était donné – lequel procède évidemment d’une décision politique –, nous sommes tous assez responsables pour ne prêter le flanc à aucune manœuvre, d’où qu’elle vienne. Notre interlocuteur à Gaza est le Palestinian Center for Human Rights, dont chacun connaît le sérieux. En quoi l’entrée et la sortie des Marcheurs mettraient-elles en cause la sécurité égyptienne ? Cette objection n’est donc pas fondée.
Nous sommes porteurs d’une double exigence : la levée du blocus illégal qui a transformé Gaza en prison et en mouroir à ciel ouvert depuis deux ans et demi, et la fin de l’impunité dont jouissent les autorités israéliennes. C’est l’objet unique de cette marche et la raison pour laquelle nous venons exprimer notre solidarité aux Gazaouis. Nous sommes porteurs du droit international, des valeurs mêmes qui fondent l’Humanité… Voilà pourquoi nous attendons des autorités égyptiennes qu’elles prennent la décision politique de nous laisser passer à Gaza.
J’ajoute que les autorités françaises ou européennes ont une lourde responsabilité dans cette situation pour n’avoir pas – à notre connaissance – effectué les démarches nécessaires auprès des responsables égyptiens. C’est la première chose à faire : exiger une intervention adaptée de nos pouvoirs publics en direction des autorités du Caire. La seconde remarque à méditer est la suivante : si, par absurde les autorités égyptiennes s’entêtaient, elles se placeraient dans une situation des plus paradoxales. En effet, alors qu’Israël est bien le principal responsable du blocus de Gaza, voilà qu’aux yeux de l’opinion publique, cette responsabilité se déplacerait vers d’autres, qui sont pourtant à la tête d’un pays qui, l’an dernier, a manifesté avec force et massivement sa solidarité avec les Palestiniens. En maintenant leur interdiction, les autorités égyptiennes créeraient elles-mêmes les conditions d’un déplacement du débat dans leur propre société – ce que nous nous sommes toujours refusé à faire. Par ricochet, ce sont elles qui provoqueraient l’immixtion, qu’elles dénoncent.
ll est temps que la raison l’emporte sur un certain aveuglement : qu’on laisse marcher les citoyens venus du monde entier dire, sur place et pacifiquement, leur solidarité avec le peuple de Gaza.

Le 28 décembre Nous apprenons a l'instant des militants de l'afps sur place en Egypte, venus participer a la marche pour la liberté, pour la levée du siège israélien de Gaza et la fin de l'impunité d'Israël qu'une rencontre est prévue avec l'ambassadeur de Palestine en Egypte. Il s'agit de lui transmettre la démarche des marcheurs, et de lui demander de s'en faire l'interprète auprès des Autorités égyptiennes.
Les marcheurs pour la liberté doivent pouvoir se rendre a gaza.
Jean-Claude Lefort, 29/12/12h45

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Et aussi : signer et faire signer info marche : http://www.urgence-gaza.net
La pétition a récolté plus de 2000 signatures en une journée : c'est exceptionnel mais il faut plus.

La filiale marocaine de France Télécom-Orange licencie un ingénieur pour antisionisme

L'ingénieur Benziane a été licencié par SOFRECOM,  la filiale marocaine de France Télécom-Orange, pour s'être opposé à la présence de formateurs israéliens.

Le Noël épineux de Sarkozy

Par Juan,SARKOFRANCE, le blog politique d'un citoyen vigilant, 26/12/2009

Nicolas Sarkozy s'est envolé pour Marrakech avec Carla. Cette dernière semaine, la 138ème depuis son élection, a été agitée. Il fallait gérer la déception de Copenhague, l'incompétence d'Eric Besson, une polémique sur la Burqa et des candidats régionaux UMP démoralisés...
L'échec de Copenhague
Samedi dernier, Nicolas Sarkozy est rentré bredouille à Paris. Le sommet de Copenhague, dans lequel il avait placé tant d'espoirs personnels fut un fiasco. La "mesquinerie des Etats occidentaux" fut manifeste. On attendait un accord contraignant, fixant des objectifs, des engagements, et une aide financière pour les pays les plus pauvres. On hérita d'un accord "politique" minimaliste qui reconnaissait les dangers du réchauffement climatique, mais sans fixer de moyens ni de calendrier d'actions. Pire, les Etats européens furent totalement écartés de sa rédaction dans les dernières heures du sommet. Sarkozy, si aggressif, si offensif, fut grillé par Barack Obama dans la dernière ligne droite.
De l'Elysée à l'UMP, on a essayé de convaincre les médias français que c'était la faute à l'Europe et à l'ONU. Pourtant, la réalité est tout autre. Nicolas Sarkozy a joué sa carte personnelle, court-circuitant l'Union Européenne au profit de la position française. Le monarque a besoin de se placer en permanence au premier rang. Son narcissisme est son problème. Il fait échouer ses initiatives internationales, brusque ses partenaires, ruine les démarches multilatérales. Relisez donc ce commentaire de l'envoyé spécial du Monde à Pékin, qui suivait le déplacement de François Fillon en Chine: "nul doute que pour les Chinois, la personnalité de ce dernier "passe" mieux que celle de M. Sarkozy, dont le caractère imprévisible, prompt à la familiarité, lui a valu la méfiance durable des maîtres de la Chine." Imprévisible et familier, voici l'image que Nicolas Sarkozy traine jusqu'en Chine !
Mardi, Nicolas Sarkozy a tenté de reprendre la main. Il a promis à des ONG environnementales qu'il organiserait fin janvier un sommet sur la déforestation, puis qu'il créerait un "groupe Copenhague" rassemblant les 28 Etats signataires de l'accord, exception faite de la Chine et de l'Arabie Saoudite. Qui l'entendra ?
Les silences français en Chine
Le premier ministre a clos l'année par un déplacement remarqué, mais express, en Chine. Depuis son élection en 2007, Nicolas Sarkozy avait largement œuvré au rapprochement avec la Chine, au risque de passer sous silence les exactions du régime en matière de droits de l'homme. La venue du Daïla Lama en France, fin juillet 2008, avait été l'occasion de frictions avec la Chine, sur fonds de malentendus. Sarkozy fut l'un des rares chefs d'Etat européens à se rendre à l'inauguration honteuse des Jeux Olympiques de Pékin, le 8 août 2008. Mais les dirigeants chinois lui en voulaient toujours d'avoir tenté de ménager la chèvre et le chou. Depuis, la Sarkofrance n'a pas ménagé ses efforts d'apaisement. La Chine est le premier pays du monde, un vaste marché pour les entreprises françaises et, surtout, le premier créancier des États occidentaux sur endettés. En octobre dernier, l'UMP signait un protocole d'accord avec le Parti Communiste Chinois. Xavier Bertrand faisait mine d'oublier quelques instants les droits de l'homme. Fillon est venu cette semaine parachever la réconciliation. En Sarkofrance, le commerce définit l'amitié, et François Fillon a bien "vendu": sur place, il a officialisé la création d'une coentreprise créée par EDF et le chinois CGNPC pour construire et exploiter deux réacteurs nucléaires de technologie EPR à Taishan. Les deux seuls EPR en construction (en France et en Finlande), sont deux gouffres financiers, dont la sécurité a été critiquée par les autorités de sureté nucléaire française et finlandaise. Qu'importe ! Fillon veut aider la Chine à "décarboner son économie".
A peine le premier ministre français était reparti que Liu Xiaobo, un intellectuel chinois et opposant au régime, pouvait être jugé ce mercredi 23 décembre. Il encourt quinze ans de prison pour "subversion du pouvoir de l'Etat". Son crime ? Avoir signé une charte réclamant le respect des droits fondamentaux. Fillon n'a pas abordé son cas, lors de son déplacement. Qu'en pense Xavier Bertrand ?
L'épineux débat identitaire
Après l'environnement, le débat identitaire fut la seconde plaie à panser. Eric Besson avait confié, à demi-mot, ses blessures devant les attaques "ad nominem" dont il a fait l'objet. A force de défier en permanence ses anciens "camarades" et de s'afficher comme le plus sarkozyste des ministres de Sarkofrance, le ministre de l'identité nationale est devenu, en quelques mois, l'icône la plus détestée du régime. Depuis septembre, Eric Besson a multiplié les provocations: salves contre les "mariages gris", expulsions controversées d'Afghans sans-papiers vers leur pays en guerre, déclarations douteuses sur sa "hiérarchie des appartenances", et, last but not least, organisation d'un débat qui tourne au cauchemar pour la majorité présidentielle. Ces derniers jours, les socialistes Cambadélis et Huchon ont tour à tour comparé Besson aux collabos Pierre Laval et Marcel Déat. Qu'il est dur d'être provocateur ! Pire, le Monde révélait cette semaine que le pauvre ministre n'est qu'un "faux dur": plus de 20 000 sans-papiers ont été régularisés cette année. Cruelle déception ! Eric Besson ne serait-il qu'un tartuffe maladroit et inefficace ?
En milieu de semaine, les esprits se sont encore échauffés: une secrétaire d'Etat s'est affrontée à un député UMP, et Jean-François Copé a profité du débat identitaire pour promettre une loi contre la Burqa. Mercredi 23 décembre, Nicolas Sarkozy a voulu, une "nouvelle fois", recadrer le débat. Sa tribune dans le quotidien Le Monde, il y a 15 jours, n'a pas suffit. Mercredi, le président a reçu le Conseil du Culte Musulman, pour rassurer la communauté musulmane, heurtée par un débat qui vire à l'islamophobie. Sarkozy a demandé à son ministre de faire preuve de davantage de "pédagogie".
Diversions contre diversions
A peine de retour à Paris, Nicolas Sarkozy s'est saisi d'un sujet comme il les affectionne : les difficultés techniques de l'Eurostar, dont quelques trains ont été bloqués puis annulés pour cause de "rupture de température". Depuis 15 jours, les franciliens souffrent d'un mouvement de grève du RER A, l'une des lignes les plus fréquentées d'Europe... mais le Monarque préfère convoquer le patron de la SNCF à l'Elysée pour le tancer sur les pannes d'Eurostar... Cette indignation "bling bling" et médiatisée permet au gouvernement de faire oublier l'un de ses premiers échecs: le controversé "service minimum" n'existe qu'à l'Elysée. Sarkozy excelle dans le rôle du maître d'école et donneur de leçon. Il se murmure qu'il a ainsi sur-réagi car son ami Dominique Baudis s'est retrouvé coincé dans l'un des Eurostars en panne dans le tunnel sous la Manche.
Sarkozy a assumé son rôle de monarque "proche du peuple" jusqu'au bout de la semaine : un coup de fil à Clotilde Reiss, une visite, avec Carla, d'un hôpital d'enfants malades, des voeux sur Facebook, une décoration des 4 conducteurs du RER C qui dérailla dimanche soir, et une vaccination médiatisée contre la grippe A. A peine 7% de la population a été (tardivement) vaccinée. Le gouvernement a encore quelques 89 millions de doses à écouler d'ici quelques mois.
Le Monarque souhaitait peut-être oublier la constitution prochaine d'une commission d’enquête parlementaire sur les dépenses de sondages engagées par le gouvernement. Il y a 10 jours déjà, le Parisien relevait qu'en 2009, "plus de 7,5 millions d’euros d’argent public ont été déboursés pour valoriser la seule image de Sarkozy." Pourquoi ces dépenses ont elles été payées sur fonds publics ?
Le moral en berne de l'UMP
Autre confusion des genres, mardi 22 décembre. Nicolas Sarkozy recevait les têtes de liste de l'UMP à l'Elysée, pour un cocktail déjeunatoire aux frais des contribuables. Il leur a demandé d'assumer le bilan national du gouvernement, notamment en matière de lutte contre la crise. Il a aussi élargi les thèmes de campagne à « l'emploi, la sécurité dans les transports, la vidéoprotection, la réforme territoriale ».
Certains candidats UMP aimeraient que le Monarque ne se mêle pas trop de leur campagne. "On ne m'enfermera pas" a-t-il répondu. A l'issue de cette réunion, un ministre-candidat a confié qu'il préférerait que Sarkozy reste discret. Il craint "le mauvais buzz". Il faut dire que le bilan du gouvernement est difficile à défendre. La France serait-elle mieux lotie que ses voisins européens ? Pas vraiment, elle a moins de marges de manoeuvres budgétaires, et davantage endettée, et son chômage dépasse la moyenne de la zone euro. Jeudi, le gouvernement a d'ailleurs discrètement annoncé, à quelques heures du réveillon, que le chômage n'avait que "faiblement" augmenté en novembre. C'est le seizième mois consécutif de hausse pour la catégorie A, celle des demandeurs sans aucun emploi. Surtout, le chômage de longue durée continue de grimper...
En matière de lutte contre l'insécurité, les candidats UMP devront parler de "video-protection", un sujet qui rassurera leur socle électoral. Faute de policiers, Sarko veut déployer des caméras. La réduction - idéologique - du nombre de fonctionnaires frappe aussi les effectifs de police et de gendarmerie. Brice Hortefeux a beau dénoncer les braquages à répétition cette semaine dans le Val de Marne, il a dû mal à masquer la réalité : les fameuses "UTEQ" (Unités Territoriales de Quartier) ne seront que 35, au lieu des 100 annoncées en grande pompe il y a 18 mois à peine.

Pour cette fin d'année, Nicolas et Carla se reposent donc au Maroc, invités par le roi Mohamed VI. Le Monarque français a de la chance. Pour chacune de ses vacances, il se déniche une destination prestigieuse... et gratuite. Les Français se consoleront sans lui. Le SMIC augmentera de 0,5% le 1er janvier prochain, soit 6 euros bruts par mois, "un gain net de pouvoir d'achat de + 1,3 %" précise, sans rire, le ministère du travail.
"Ensemble, tout est possible".

OCP : La lutte continue !


Nouveau programme de lutte établi par l’AG (tenue le 26/12/09) des 850 ouvriers de SMESI licenciés abusivement par l’OCP (Maroc) :
Par Ali Fkir, coordinateur du CSOS,28/12/2009
- Mercredi 30 décembre 2009 : sit in au centre d’exploitation Beni Idir de 11h à 16h30 (près de la ville de Hattane)
- Jeudi 31 décembre 2009 deuxième sit in au même centre de 11h à 16h

- Les 01, 02, 03, 04 janvier 2010, sit in quotidien devant la direction d’exploitation minière de l’OCP à Khouribga, de 11h à 18h30
- Le mardi 5 janvier 2010, sit in devant la direction générale de l’OCP à Casablanca de 10h à 14h30
La solidarité nous interpelle
Ci-joint :
- le communiqué (en arabe) du syndicat des ouvriers de SMESI
- le communiqué de l'union locale de l'UMT - khouribga
لاتحاد المغربي للشغل
نقابة عمال سميسي ريجي

بخريبكة


نقابة عمال سميسي ريجي تخوض سلسلة من التحركات النضالية التصعيدية بالإدارة المحلية والمركزية و بأوراش المجمع الشريف للفوسفاط.

في الوقت الذي حقق فيه قطاع الفوسفاط أرباحا خيالية نتيجة استفادته من الأزمة العالمية، و في الوقت الذي سيحتاج فيه القطاع إلى ألاف العمال في المدى القريب حسب تصريحات مسؤوليه نتيجة مخططاته الإنتاجية الكبرى المبرمجة القائمة على إنشاء وحدات إنتاجية عديدة يستأثر إقليم خريبكة بحصة الأسد منها، تواصل إدارته سياسة صم الأذان اتجاه ملفنا مبقية فتيل الاحتقان الاجتماعي مشتعلا رغم الظرفية الاقتصادية الملائمة لإدماجنا و ترسيمنا.
وفي هذا الصدد نقول إن المراهنة على تجويعنا وتشريد أسرنا بغية التنازل عن حقوقنا مراهنة يائسة و فاشلة بحكم تشبثنا بمطالبنا البسيطة والعادلة والمتمثلة في إرجاعنا جميعا إلى العمل دون قيد أو شرط وإدماجنا في إطار المجمع الشريف للفوسفاط.

و في نفس السياق وقف الجمع العام المنعقد بتاريخ 26 دجنبر 2009 على بعض القضايا و المحطات نذكر منها:
 حصول العمال المتابعين قضائيا على براءتهم وهو ما يؤكد على براءة كل تحركاتنا النضالية من الفوضوية والعبث بالأمن العام الذي تتخذ منه السلطات المحلية حجة لتبريرالقمع والمنع المتكررين اللذين أضحيا قاعدة ثابتة في سلوكها من خلال مشاهد العسكرة الغير المألوفة لدى سكان مدينة خريبكة، وذلك للتغطية على تواطئها وانحيازها السافر لإدارة الفوسفاط في حين أن جميع الصيغ النضالية التي خضناها خارج مدينة خريبكة مرت في أجواء عادية.

- النجاح الكبير الذي عرفته الصيغ النضالية الأخيرة بمدينة الرباط من خلال المشاركة الفعالة للعمال كما و كيفا وكذا الهيئات والفعاليات المساندة لهم، وخاصة الأخوة في الجمعية المغربية لحقوق الإنسان والاتحاد الجهوي بالرباط والأخوة في الأمانة العامة الذين أعادوا طرح الملف بقوة على الحكومة على مستوى الحوار الاجتماعي وفي البرلمان.

كما تداول الجمع العام طويلا في الأفاق المقبلة للمعركة من خلال طرح مجموعة من الصيغ النضالية النوعية كالقيام بمسيرات، واعتصامات داخل أوراش المجمع الشريف للفوسفاط و الدخول في إضرابات انذارية و مفتوحة عن الطعام و ترسيخ الأبعاد الدولية لقضيتنا بإحالتها على الفعاليات المهتمة بحقوق المرأة و الطفل وطنيا و دوليا وطرحها على هيئات و سفارات أجنبية بالمغرب.

و عليه فان الجمع العام سطر البرنامج النضالي التالي:

· خوض اعتصامين بورش ابني ادير التابع للمجمع الشريف للفوسفاط المتواجد بالقرب من مدينة حطان يوم الأربعاء و الخميس 30-31 دجنبر 2009 من الساعة 11:00 صباحا إلى الساعة 16:30 زوالا,

· خوض اعتصام أيام الجمعة والسبت والأحد والاثنين 01-02-03-04 يناير 2010 من الساعة 11:00 صباحا إلى الساعة 18:30 بعد الزوال أمام مديرية الاستغلالات المنجمية بخريبكة.

· خوض اعتصام يوم الثلاثاء 05 يناير 2010 من الساعة 10:00 صباحا إلى الساعة 14:30 بعد الزوال أمام الإدارة العامة للمجمع الشريف للفوسفاط بالدارالبضاء.
وفي الأخير يدعو جميع الهيئات السياسية، الحقوقية، المدنية، المنابر الإعلامية والفعاليات المناضلة لمساندة ودعم نضالات عمال سميسي ريجي في معاركهم النضالية

عن الجمع العام ، خريبكة في 26 دجنبر 2009

عاشت وحدة العمال صامدة و مناضلة
عاش الاتحاد المغربي للشغل
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:Communiqué (en arabe)de l'UMT - Khouribga
الاتحاد المغربي للشغل
لاتحاد المحلي لنقابات

خريبكة

خريبڭة، في: 25 دجنبر 2009

رسالة مفتوحة

إلى السيد الوزير الأول
الموضوع:

إنصاف عمال سميسي ريجي بخريبكة
تحية و احتراما،

وبعد، لقد سبق لنقابة عمال سميسي ريجي بخريبكة التابعة للاتحاد المغربي للشغل أن وضعت ملفا لدى وزارتكم يخص الطرد التعسفي الذي طال 850 عاملا ظلوا يعملون لأزيد من ثماني سنوات مع شركة سميسي التابعة للمجمع الشريف للفوسفاط، و هو يتضمن مجموعة من الوثائق التي تثبت ارتباط العمال بتلك الشركة على عكس ما تدعيه إدارة المجمع من أن العمال لهم ارتباط بشركات الوساطة، وهي شركات صورية يجهل عنها العمال كل شيء من حيت مقراتها و مسؤوليها ولم يسبق لهم أن طلبوا الشغل لديها، و لم يسبق لها أن تحملت مسؤوليتهم في يوم من الأيام، الشيء الوحيد الذي كانت تقوم به تلك "الشركات" المستقدمة من طرف إدارة الفوسفاط هو تأدية أجور العمال لا غير، وحتى السلطات بخريبكة على لسان الخليفة الأول للعامل تسميها "شركات الأشباح"


إن ما قامت به إدارة الفوسفاط يتعارض كليا مع القانون خاصة و أن توقيف العمال جاء نتيجة تأسيسهم لمكتب نقابي للدفاع عن حقهم المشروع في الإدماج و الترسيم داخل للمجمع الشريف للفوسفاط أسوة بحالات مشابهة لهم (عمال سميسي Matricule وعمال معهد الترقية الاجتماعية والتعليمية IPSE))، أكثر من ذلك و نظرا للتأثير السلبي لتوقيف العمال على الإنتاج قامت الإدارة بخرق سافر للقانون وهو تشغيل المتقاعدين مكانهم.
إن العمال الموقوفين ظلوا يزاولون مهام قارة و دائمة و اشتغلوا لسنوات متتالية دون توقف الشيء الذي يخول لهم حق الترسيم والإدماج مند سنوات، و أكثر من ذلك أن أغلبية العمال هم مسؤولون عن أسرهم وأن توقيفهم التعسفي أضر بهم بشكل كبير نذكر من بين ذلك : توقف أبناء العمال عن الدراسة واضطراب الحياة الدراسية للآخرين، اضطرابات أسرية، اضطرار الكثيرين منهم إلى مغادرة منازل الكراء و تحولهم إلى لاجئين لدى أسرهم و أقاربهم، عجز العديد منهم عن تأدية أقساط قروض استلفوها قبل التوقيف، معاناة العمال و أسرهم من سوء التغذية، عدم القدرة على مواجهة الأمراض التي يصابون بها هم و أسرهم...


إننا السيد الوزير الأول، انطلاقا من مسؤوليتكم الحكومية و ترؤسكم للمجس الإداري للمجمع الشريف للفوسفاط ومن اعتبار حكومتكم حكومة اجتماعية، نطالبكم بالتدخل العاجل لوضع حد للتوقيف التعسفي والظالم للعمال و للمعانات الكبيرة لأسرهم، و كذا العمل على إدماجهم و ترسيمهم في إطار المجمع الشريف للفوسفاط، وحث إدارته على احترام الحقوق و الحريات النقابية.

وفي انتظار ذلك، تقبلوا منا السيد الوزير كل التقدير و الاحترام.

والسلام
عن المكتب المحلي

الكاتب العام: عبد الله حسبي

Shlomo Sand ou la nouvelle guerre du Soldat qui rêvait de lys blancs, de Mahmoud Darwich

par Elias  KHOURY, 15/12/2009. Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala

Original : Al Quds Al Arabi- ...الزنابق البيضاء  
A-t-on jamais vu un soldat sortant d’une bataille rêver de lys blancs ? Mahmoud Darwich l’a vu et a écrit sur lui une poésie (qasida1) détaillée. Mais moi, il m’a fallu attendre 40 ans pour rencontrer cet homme, qui, après avoir ôté la tenue du soldat, a revêtu les habits de l’historien. J’ai vu les lys blancs et j’ai vu comment l’ancien soldat combattait pour défendre la vérité. Et comment un sexagénaire est encore capable d’inventer le prodige de l’amitié. C’était à Bruxelles le soir du lundi 7 décembre 2009. L’historien Shlomo Sand était aux  Halles de Schaerbeek pour présenter son livre Comment le peuple juif fut inventé. Et les lys de Darwich étaient là, occupant le lieu.

Il y a deux ans, je parlais  avec Leïla Shahid d’un petit article de Tom Segev dans l’édition anglaise du journal Haaretz à propos  du livre écrit par un historien israélien, Shlomo Sand, sur l’invention du peuple juif. L’ambassadrice de Palestine à Bruxelles a sursauté en entendant ce nom et s’est écriée : « Shlomo ! C’est l’ami de Darwich ! Et le héros du poème Le Soldat qui rêvait de lys blancs ! » Elle m’a raconté la conversation téléphonique entre Darwich et Sand, tenue sur le téléphone portable de Leïla. Celle-ci m’a dit sa surprise en entendant Darwich raconter l’histoire de ce poème écrit en 1967.

À New York, le réalisateur Ilan Ziv m’a raconté qu’il a appelé Sand et a l’intention de le rencontrer pour préparer un film à partir de son livre. J’ai demandé à Ziv d’interroger Sand sur la réalité de sa relation avec Darwich et l’histoire du poème. De retour de New York, le réalisateur m’a offert la version française du livre de Sand. J’ai lu son avant-propos, qui contient des beaux passages autobiographiques d’ une étonnante poésie, l’histoire de son père Cholek, né à Lodz en Pologne, enterré en Israël au son de  L’internationale, ainsi que l’histoire du père de sa femme, Bernardo le Catalan, né à Barcelone, qui a combattu dans les rangs républicains et anarchistes durant la guerre civile, et est mort en Israël, refusant jusqu’au bout de reconnaître sa judéité.

Sand parle aussi de deux amis palestiniens : le premier s’appelle Mahmoud, de Jaffa, et a fini par s’installer en Suède, le second, qui s’appelle aussi Mahmoud, est un jeune poète qui deviendra le poète national palestinien.

Shlomo Sand. Photo RAZI/Telerama

Sand raconte sa contribution, en tant que soldat israélien, à l’occupation de Jérusalem-Est, et comment il a tiré sur des civils et les a humiliés. Il écrit aussi qu’il voulait rencontrer son ami le poète avant de quitter Israël définitivement. Il a rendu visite à Darwich à Haïfa après la libération du poète en juin.

Il décrit ainsi la rencontre : « Ils  passèrent ensemble une nuit blanche : les vapeurs de l’alcool et la fumée des cigarettes embuaient les fenêtres. Le poète chercha à convaincre son jeune admirateur de rester, de résister, de ne pas partir à l’étranger, de ne pas abandonner leur pays commun.  Le soldat exprima son dégout des vociférations de la victoire, son désespoir, son sentiment d’aliénation vis-à-vis de cette terre sur laquelle le sang avait été répandu, et finalement, au bout de la nuit, il vomit de tout son être. Le lendemain vers midi, il fut réveillé par son hôte, qui lui traduisit le poème qu’il avait composé à l’aube sur Le Soldat qui rêvait de lys blancs :
« [… ]Il comprend –m’a-t-il dit – que la patrie
C’est de boire le café de sa mère
Et de rentrer au soir.
Je lui ai demandé : et la terre ?
Il a dit : je ne la connais pas […]»

L’avant-propos  se conclut par l’histoire deux étudiantes : Gisèle, qui a décidé de quitter  la France pour Israël, tout en refusant de devenir juive par conversion, -puisque  sa mère n’était pas juive -, et Larissa, la jeune femme israélienne, qui porte la mention « Russe » sur ses papiers.

Les histoires racontées dans cet avant-propos  ont une capacité magique de transmettre le climat tragique dans lequel a été produit le livre de Shlomo Sand.

Dans ce livre on comprend que la révision radicale du narratif sioniste peut permettre une compréhension nouvelle du conflit sur la terre de Palestine, et dessine un horizon possible pour une paix qui n’élimine pas la justice.

Quand j’ai rencontré Sand, j’avais un désir ardent d’entendre son récit sur la genèse du poème de Darwich. Mais au lieu de cela, il s’est contenté de dire que Mahmoud Darwich se trouvait dans un recoin de son livre, et que « je voulais dire à Darwich que je ne l’ai pas abandonné ».

L’homme a raconté l’histoire au moins deux fois et j’ai vu comment les héros des histoires parlent d’eux-mêmes, comme s’ils imitaient ce qui a été écrit sur eux ou ce qu’ils ont écrit eux-mêmes sur eux-mêmes.
Je voulais lui demander si les mots qu’il avait prononcés durant cette fameuse nuit à Haïfa étaient ceux rapportés par Darwich dans son poème. Mais je n’ai pas osé, pour ne pas tomber dans l’ingénuité provoquée par l’émotion. Et je sais que la mémoire individuelle est façonnée par les cahots et les trous du temps ,ce que Sand a confirmé en racontant sa visite à Darwich à Oued Nasnas durant la fameuse nuit,  ne parvenant plus à se souvenir s’il était en compagnie de sa petite amie, car la nuit du soldat était aussi celle d’une longue tentation.

Sand était debout sur la scène des Halles de Schaerbeek et il a fait une grande plaidoirie pour son livre qui ébranle l’ensemble du narratif fondateur du sionisme et casse l’idée d’un peuple juif en déconstruisant l’idée  de l’exode, dont il démontre qu’elle ne tient pas debout, étant dépourvue de preuves historiques.  Il conclut que les Juifs n’ont jamais quitté la terre de Canaan, où ils sont devenus soit chrétiens soit musulmans , tandis que les communautés juives au Yémen, en Afrique du Nord et en Europe centrale se sont constituées  par conversion de populations locales, comme par exemple les royaumes himyarite ou khazar ou les tribus berbères du Maghreb.

Sand rejoint le courant qu’on appelle en Israël « cananéen », qui considère le sionisme comme une idéologie  nationaliste puisant dans le stock du nationalisme européen, et pour laquelle la Loi du Retour n’a donc aucun fondement historique. Les thèses de Sand démêlent le tabou, et ce faisant, elles déplacent le débat historique israélien – alimenté par les nouveaux historiens qui ont redécouvert la Naqba et la déportation des Palestiniens de 1948 – vers de nouveaux horizons, remettant en cause les axiomes sionistes, soumis à  un jugement historique radical.

L’élève et ami de Pierre Vidal-Naquet, qui a osé critiquer le film Shoah de Claude Lanzmann, considéré comme une icône sioniste intouchable, a dit qu’il reviendrait à Paris et que l’année prochaine, il ira travailler à Montréal.

Il a parlé de l’embargo académique qu’il subit et a dit qu’il est désespéré.

Mais celui qui a rêvé un jour des lys blancs, n’a pas le droit au désespoir,  je l’affirme.

L’homme a souri, il m’a serré dans ses bras pour me dire au revoir, mais j’étais si ému que j’ai oublié de lui demander ce qui était arrivé au soldat durant les 40 années qui ont suivi l’écriture du poème. Mais ceci est une autre histoire.

NdT
1-La qasida est une forme de poésie originaire de l'Arabie pré-islamique. Elle a typiquement une longueur de 50 vers, parfois plus de 100. Cette forme a ensuite été adoptée par les Persans, qui l'ont transformée en poème non versifié de plus de 100 vers en l'utilisant et la développant énormément. La qasida est souvent un panégyrique écrit pour louer un roi ou un noble. Une des qasidas les plus populaires et les plus connus est la Qasida burda (« Poème du manteau ») de Imam al-Bousiri, qui est fondé sur le qasida classique de Kaâb ibn Zouhaïr. Ce qasida classique de Kaab fut composé à l'aube de l'Islam, comme une preuve de sa conversion. En échange de ce poème, le prophète Mohamed lui offrit son manteau. Dans Le Soldat qui rêvait de lys blancs, Mahmoud Darwich parle d’un soldat israélien -son ami Shlomo - qui décide de quitter son pays après la guerre de 1967 :
Je quête un enfant souriant au jour
Non une place dans la machine de guerre
Je suis venu ici vivre le lever des soleils
Non leur coucher

Rédigé à chaud, en 1967, ce poème fait scandale aussi bien en Israël que du côté palestinien. Darwich a parlé des réactions polarisées suscitées par ces vers : « Le secrétaire général du Parti communiste israélien a dit “comment se fait-il qu’il écrive ce genre de poème ? Est-ce qu’il nous demande de quitter le pays pour devenir des amants de la paix ?’’ Et pendant ce temps, les Arabes affirment : “comment ose-t-il humaniser un soldat israélien ?’’ » [NdT]



Lettre ouverte à Mohamed VI

Par Mohamed Hifad,23/11/2009

Louange à Dieu.
Majesté
Avec votre permission, je suis un enseignant ayant servi mon Roi et ma patrie pendant trente et deux années et je continue le même combat dans mon propre village natal, Douar Foulouste, Commune de Sidi Kaouki, Province d’Essaouira, avec le même sérieux, le même dévouement, la même honnêteté et le même sens de l’équité.
Majesté
De prime abord, je saisis cette heureuse opportunité pour vous présenter mes meilleurs vœux à l’occasion du cinquante-quatrième anniversaire de l’indépendance du Maroc.
Majesté

Comme vous le savez, les français ont instauré le domaine forestier au Maroc , ce qu’ils n’ont pas fait dans leur propre pays , et ont ainsi exproprié nos parents de leurs vergers d’arganiers , hérités de leurs ancêtres , soigneusement taillés , espacés , entretenus et bien gardés. Ils étaient clôturés et labourés et les vestiges des fondations des murs et des douars abandonnés, sont encore visibles de nos jours. Les français avaient fait d’une pierre deux coups : nous punir pour leur avoir résisté et organiser des coupes en leur faveur : le bois de l’arganier, qualifié de bois de fer, était de bonne qualité pour leurs trains, leurs usines et le chauffage de leurs écoles et de leurs foyers au détriment des habitants qu’ils avaient condamnés à l’exode à l’émigration et à l’exil.
Majesté
Après cinquante quatre années d’indépendance, nous n’avons pas encore droit à nos agdals alors que chacun d’entre nous connaît ses arganiers auxquels il va donner jusqu’à des noms ainsi que ses parcelles qu’il a hérités, de père en fils, de ses ancêtres. En voulant créer une coopérative agricole , grâce aux encouragements d’un ingénieur chercheur de votre Majesté au Ministère de l’Agriculture et de passage au village, pour qu’on puisse bénéficier de l’aide technique de l’Etat et financière des bayeurs de fonds à l’instar des coopératives de femmes , notre demande a été d’une certaine manière rejetée par le délégué régional de l’Office du Développement des Coopératives à Marrakech sous prétexte que la quasi majorité des inscrits, jusqu’à présent soixante et sept , quarante et un hommes et vingt et six femmes , tous des propriétaires d’agdals ou usufruitiers de l’arganeraie , n’ont pas sur leurs cartes d’identité le métier de fellah comme le stipule l’article 16 de la loi 83/24 portant sur la création d’une coopérative agricole .Il me demande de rectifier et de lui renvoyer la demande en trois exemplaires, ce qui est impossible et une manière subtile de rejeter notre demande .Sur les soixante et sept inscrits à ce jour, effectivement, il y en a trois seulement qui ont sur leurs cartes le métier de fellah car ils ne peuvent plus travailler hors du village à cause de leur âge avancé. Mais tous et toutes continuent à labourer leurs parcelles de terre et à cueillir les noix de leurs arganiers ou de payer d’autres pour qu’ils le fassent à leur place .C’est ce que j’ai toujours fait depuis la mort de mon père en mille neuf cent quatre vingt et deux et à la réception de ma part d’héritage. Monsieur le délégué aurait pu demander aux autorités locales ou aux services des eaux et forêts de vérifier si nous sommes vraiment les propriétaires des agdals ou les usufruitiers de l’arganeraie. Ou bien il faudra changer les lois qui organisent les coopératives ou permettre aux citoyens d’avoir sur leurs cartes d’identités tous les métiers qu’ils exercent durant l’année, selon les saisons .Ce qui est au dessus de lui et de nous-mêmes simultanément. Mais il n’y a, à ma connaissance, aucune loi au Maroc qui interdit à un fonctionnaire, un pêcheur, un maçon , un ouvrier , un banquier, une femme au foyer , pour ne citer que les métiers de ceux qui sont inscrits à ce jour , d’hériter d’un bien agricole de ses parents fellahs et de sauvegarder la même activité pour le bien de tout le monde. Nous voulons contrôler notre produit du reboisement jusqu’au produit fini et sa commercialisation pour une bonne traçabilité. La différence entre nous et les coopératives dites de femmes et derrière lesquelles il y a toujours un ou deux spéculateurs non déclarés , c’est que nous pouvons acheter un supplément de matière brute ou des amandes, aux membres et aux particuliers, au prix du marché et payer ceux ou celles qui travaillent avec nous également de la même manière , mais une fois l’huile et ses dérivés vendus, les bénéfices seront partagés à égalité entre les membres et ceux ou celles qui travaillent avec nous et nous sommes prêts à payer nos impôts si nous dépassons le chiffre d’affaire d’un million de dirhams , à ma connaissance , tel que le stipule la loi. C’est ainsi que la valeur ajoutée restera sur place et bénéficiera au Douar. Nous comptons établir un contrat avec un médecin pour qu’il vienne au moins une fois par trimestre pour donner des consultations aux habitants du douar et au frais de la coopérative et un autre avec un avocat pour qu’il défende les droits de la coopérative et de ses membres .Nous voulons payer des gardiens au moins au moment de l’agdal proprement dit qui dure deux à trois mois en été, sinon toute l’année si c’est possible. Nous souhaitons faire participer des touristes à nos diverses activités pour un supplément de revenu pour les paysans. Nous espérons prendre en charge des cours de rattrapages pour les enfants du village et des cours d’ alphabétisation fonctionnelle pour les adultes .Notre objectif principal est la conservation de l’arganeraie puis toutes les activités liées au reboisement, celles relatives à la cueillette et aux agdals proprement dits, celles qui se rapportent à la production de l’huile d’argan et de ses dérivés et enfin celles qui concernent la commercialisation des produits finis.
Majesté
Veuillez bien vouloir croire à mon indéfectible attachement au Trône Alaouite et agréer l’expression de ma très haute et respectueuse considération.
Foulouste, le lundi 23 novembre 2009
Votre dévoué sujet :
Mohammed Hifad (Enseignant retraité.)

Demain Mustapha Addari et Driss Chahtane à la cour d'appel

Par Samira Kinani,  28/12/2009


Demain mardi 29/12, à partir de 9H notre camarade Addari Mustapha, président de la section Khenifra de l’AMDH, passe à la cour d'appel Casablanca (près de Comanav) lui et Monsieur Driss Chahtane (toujours en prison) pour la fameuse affaire Amahzoune Hafsa
soyons là !
Soyons nombreusEs pour crier notre solidarité


lundi 28 décembre 2009

Gaza : On n'oublie pas !

Par Saïd Yanis, 27/12/2009

27 décembre 2008 débutaient les bombardement israéliens à la sortie des écoles de la bande de Gaza. Un samedi noir pour les 1,5 millions de Palestiniens de Gaza assiégée, un million et demi de femmes, d’enfants, d’hommes qui n’ont pu fuir le déluge de feu israélien qui s’est abattu par air, terre et mer, jour et nuit, sans discontinuer.
Un an après nous voulons marquer la fin de cette année et la nouvelle en montrant notre attachement à la justice, au droit international, à la dignité et à la fraternité, en exigeant la fin du siège inhumain de Gaza qui emprisonne et affame, et maintient dans un état de précarité extrême une population victime de « crimes de guerre voire de crimes contre l’humanité » (rapport du juge Goldstone).

Nos exigences sont celles d’une paix juste et durable fondée sur le droit international (résolutions de l’ONU, Cour internationale de Justice, Convention de Genève)

· Le siège de Gaza est illégal
· Le mur de « séparation » est illégal
· Les colonies israéliennes sont illégales
· Les destructions de maisons palestiniennes sont illégales
· Les 600 barrages militaires en Cisjordanie sont illégaux
· La détention de 11000 prisonniers, dont des centaines d’enfants, est illégale

Nous en exigeons l’abandon.

Nous exigeons l’application des droits nationaux du peuple palestinien.

Immédiatement nous exigeons :
· La réouverture complète de la bande de Gaza , afin notamment d’en permettre la reconstruction
· La mise en place d’un dialogue avec les représentants du Hamas
· La mise en œuvre par le Conseil de Sécurité de l’ONU des recommandations du rapport de la mission du Conseil des Droits de l’Homme menée par le juge Goldstone

UN AN APRÈS
Communiqué de l’Association France Palestine Solidarité, 28/12/2009
Anniversaire meurtrier de l'offensive d'Israël contre Gaza
A qui fera-t-on croire qu'il s'agit d'une coïncidence ? Samedi 26 décembre au matin, à la veille du premier anniversaire de son offensive meurtrière contre Gaza, Israël a tué 6 Palestiniens. Les trois premiers - Basheer Suleiman M ousa Abu Duhail, Mahmoud Jom'a Ibrahim al-Sharat'ha, et Hani Salem Ibrahim Abu Ghazal - sont morts, désarmés, lors d’un tir de missile au nord de la bande de Gaza près de Beit Hanoun, à proximité de la frontière israélienne. Les trois autres - Ghassan Abou Cheikh, Raëd Zorghi et Anan Zorbough, membres des brigades Al-Aqsa pourtant amnistiés - ont été victimes d’une « exécution ciblée »à Naplouse, en Cisjordanie.
Les Etats-Unis ont d’ailleurs demandé des explications au Premier ministre israélien, s’étonnant que les services de sécurité palestiniens n’aient pas été informés de l’incursion israélienne en Cisjordanie, et exprimé leur « préoccupation ».
En réalité, ces assassinats de sang froid, en violation de toutes les règles du droit international, confirment le rapport de la commission d’enquête dirigée par le juge Richard Goldstone : Israël n’hésite pas à commettre des « crimes de guerre, voire contre l’Humanité » pour imposer sa loi aux Palestiniens.
Ce texte, l’Assemblée générale des Nations unies l’a adopté à la majorité ( la France, dans une complicité coupable, n'a pas participé au vote!), mais Israël continue à tuer impunément. De même, le conseil des ministres des Affaires étrangères européens a adopté des conclusions très sévères envers la politique israélienne, mais le gouvernement Netanyahou-Lieberman-Barak n’en tient aucun compte.
Pour que la communauté internationale contraigne enfin Israël à cesser le massacre, comme le blocus de Gaza et la colonisation en Cisjordanie (des centaines de nouveaux logements de colons ont été annoncés ce 27 décembre à Jérusalem-Est!), et à des négociations enfin fondées sur le droit international avec un calendrier contraignant. , il faut que les opinions se mobilisent, comme elles le font avec l’actuelle marche pour Gaza , et sanctionnent, avec les gouvernements, la politique israélienne

Tunisie : Comité de soutien aux Militants de l'UGET



Lourdes peines à l’encontre des militants
de la centrale syndicale estudiantine en Tunisie

Par le Comité de Soutien aux militants de l'UGET, Paris 22/12/2009


Durant trois semaines, des étudiantes de l’Université Mannouba, victimes du népotisme, de la corruption et de la privatisation, ont tenu un sit-in à la résidence universitaire al-Bassatine pour réclamer leur droit au logement universitaire. Des militants de l’Union générale des Etudiants de Tunisie étaient présents pour encadrer le mouvement. Le premier dimanche suivant les élections présidentielles et législatives, le 01 novembre à l’aube, des brigades d’interventions ont investi la résidence pour mettre, à coup de matraques, un terme au mouvement.

Les droits syndicaux étant garantis par la constitution tunisienne, les autorités ont préféré monter de toutes pièces des procès de droit commun à l’encontre des étudiants protestataires et des responsables syndicaux.
Après un calvaire d’arrestations musclées, de torture pendant la détention et de passage à tabac y compris même sur le banc des accusés du Palais de la Justice pendant l’audience, et malgré plusieurs entraves aux droits des « accusés » à se défendre et à être défendus le Tribunal de Première Instance de Mannouba a prononcé des peines lourdes à l’encontre des étudiants et militants de l’UGET :

1- Zouhayir Zouidi : 37 mois de prison ; 6 mois pour entrave à la liberté de travail + 8 mois de prison pour vol simple + une amende de 9,6 dinars pour tapage dans l’affaire n° 6921 et 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922. Sachant que Zouhayir Zouidi a été condamné par le Tribunal Cantonal de Mannouba le 29 octobre à 9 mois de prison pour troubles, état d’ivresse sur la voie publique et agression de fonctionnaire dans l’affaire n° 49957.
2- Abdelkader Hechmi : 28 mois de prison ; 6 mois pour entrave à la liberté de travail + 8 mois de prison pour vol simple + une amende de 9,6 dinars pour tapage dans l’affaire n° 6921 et 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922. Sachant que le même tribunal a condamné Abdelkader Hechmi le 14/12/2009 dans l’affaire n°6920 à 2 mois de prison.
3- Sahbi Ibrahim : 28 mois de prison ; 6 mois pour entrave à la liberté de travail + 8 mois de prison pour vol simple + une amende de 9,6 dinars pour tapage dans l’affaire n° 6921 et 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922. Sachant que le même tribunal a condamné Sahbi Ibrahim le 14/12/2009 dans l’affaire n°6920 à 2 mois de prison.
4- Tarek Zahzah : 26 mois de prison ; 6 mois pour entrave à la liberté de travail + 8 mois de prison pour vol simple + une amende de 9,6 dinars pour tapage dans l’affaire n° 6921 et 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
5- Abdelwaheb Arfaoui : 26 mois de prison; 6 mois pour entrave à la liberté de travail + 8 mois de prison pour vol simple + une amende de 9,6 dinars pour tapage dans l’affaire n° 6921 et 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
6- Dhamir ben Alayya: 12 mois de prison ; Non-lieu dans l’affaire n° 6921 ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
7- Anis Ben fraj : : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
8- Monder Toumi : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
9- Nabil Balti : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
10- Rafik Zghidi : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
11- Omar Ilahi : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
12- Hamza Larbi : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
13- Ridha ben Mansour : 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
14- Asma Ardhaoui : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
15- Amel Aloui : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
16- Amani Rizgallah : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
17- Haneine Dhahri : 12 mois de prison ; 6 mois de prison pour entrave à la liberté de travail + 6 mois pour dégradation du bien d’autrui + 9,6 dinars d’amende pour tapage dans l’affaire n° 6922.
18- Acharaf Mbarki : Non-Lieu
19- Mohsen Bannani : Non-Lieu
20- Nazih Kahri : Non-Lieu
Le Comité de Soutien aux Militants de l’UGET exprime toute sa solidarité avec les étudiants et les militants syndicaux victimes, à la fois de l’injustice sociale et de la répression autoritaire, dénonce cette mascarade judiciaire et renouvelle son appelle pour :

- La libération de tous les militants emprisonnés.
- L’arrêt de toutes les poursuites judiciaires engagées contre les militants de l’UGET.
- La réintégration dans leurs universités de tous les étudiants exclus.
- La satisfaction des revendications syndicales et pédagogiques des étudiants.
- L’arrêt de toute forme de répression contre l’UGET et lui permettre de tenir son congrès en toute liberté et de fonctionner en toute indépendance.

P.S. Signer la pétition internationale de solidarité avec les militants de l’UGET en envoyant vos signatures à uget.petition@gmail.com ou cliquant sur ce lien http://www.jesigne.fr/petitioninternationale

GAZA, MARCHE DE LA LIBERTÉ, LEVÉE DU BLOCUS, FIN DE L'IMPUNITÉ

Par l'Association France-Palestine, Paris 25/12/2009

Plus de mille trois cents citoyens en provenance de quarante-trois pays participent à partir du 27 décembre la Marche vers Gaza pour exiger la levée du siège meurtrier et inhumain que les dirigeants israéliens imposent à un million et demi de Palestiniens en toute impunité. Des centaines de manifestants viennent de France –dont une trentaine de militants de l’AFPS, parmi lesquels son président, Jean-Claude Lefort- et d’autres pays européens, à l’appel d’organisations du Collectif national pour une paix juste entre Européens et Palestiniens et de la Coordination des comités européens pour la Palestine. 

Voici un an, Israël entamait une offensive meurtrière contre la population de la bande de Gaza. Une pluie de bombes contre toute une population. Plus de 1400 morts palestiniens -et 13 morts israéliens- des centaines de maisons, des commerces, des fabriques, des infrastructures notamment médicales et scolaires, détruits, rasés, comme les champs et les cultures ou les réserves d’eau. Des milliers de blessés… Un an plus tard, le Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu -en dépit de la non-participation de la France au vote- et l’Assemblée générale des Nations unies -en dépit de l’abstention française- ont adopté le rapport du juge Goldstone mettant en évidence les crimes de guerre commis et les possibles crimes contre l’Humanité ; ainsi que ses recommandations. Les participants à la marche, soutenus par des centaines de milliers de citoyens de par le monde, réclament la fin de l’impunité et la fin du blocus israélien qui continue de sévir.A cause de ce siège qui dure depuis plusieurs années et n’a fait que se renforcer, 85% des Gazaouis dépendent de l'aide internationale. Israël empêche toute importation de matériaux de reconstruction et ceux dont les maisons ont été détruites continuent à survivre sous des tentes de fortune malgré l’hiver. Seuls 41 camions de matériaux de construction ont pu passer en un an alors qu’il en faudrait des centaines. L’eau, le gaz, l’électricité font défaut. Comme la nourriture et les médicaments. Comme les chaussures des enfants, que les dirigeants israéliens refusent de laisser passer. Comme les vêtements.Seuls les tunnels clandestins permettent aux produits de survie de passer, au prix parfois de la vie des passeurs enterrés vivants par les bombes. Le gouvernement égyptien pourtant n’a pas nié être en train de construire un mur d’acier souterrain pour empêcher le passage des produits par les tunnels. Le même gouvernement vient de signifier son intention de refuser le passage de Gaza aux manifestants internationaux. Il faut qu’il lève cette interdiction. Gaza n’est pas seulement une prison. C’est une prison affamée, assoiffée, mais qui résiste et à qui les citoyens du monde tiennent à apporter leur solidarité.

Il est temps de mettre fin à ce blocus insupportable. L’union européenne vient d’adopter une déclaration, dans laquelle elle demande la levée du blocus. Les mots sont importants, mais ne suffisent plus. Nos gouvernements, et la France en particulier, doivent prendre leurs responsabilités pour faire respecter le droit humanitaire le plus élémentaire. Ils doivent faire pression sur Israël pour obtenir la levée immédiate de ce siège.