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samedi 29 octobre 2016

Internet comme outil journalistique au Maroc : entre opportunité et contrainte




Octobre 2016 - Hicham Mansouri et Abdessamad Ait Aicha (Samad Iach)
Abdessamad Ait Aicha (Samad Iach) et Hicham Mansouri le 26 octobre 2016 à Paris, CC-BY Berlin Sur Seine

Ce mercredi, deux journalistes en ligne manquent à l’appel devant le tribunal de Rabat au Maroc. Hicham Mansouri et Abdessamad Ait Aicha (Samad Iach) sont à Paris et témoignent de leurs conditions de travail en tant que journalistes d’investigation au Maroc.
Pour nombre de journalistes marocains, internet est une mine d’or en termes d’informations. Accessible et rapide, il donne accès à un nombre incalculable d’informations. « Presque tous les citoyens marocains sont en ligne et publient des informations rapidement qu’il est facile de relayer » explique Hicham Mansouri. Source d’information à laquelle il font confiance, internet est le média le plus utilisé par les jeunes (entre 18 et 24 ans).

vendredi 4 avril 2014

Mhamid: un jeune détenu baasiste retrouvé mort dans sa cellule


Par Z.C., h24info.ma, 1/4/2014 Z.C. 

Le corps sans vie d'Abdelwahab Nourredine a été retrouvé ce mardi matin dans une cellule du pénitentier de Ouarzazate.   Le corps sans vie d'Abdelwahab Nourredine a été retrouvé ce mardi matin dans une cellule du pénitentier de Ouarzazate © DR

 Abdelwahab Nourredine, 28 ans, s'est donné la mort ce mardi matin, selon la Délégation générale de l'administration pénitentiaire. Il était en prison pour "outrage au drapeau" et "destruction de biens". 
Selon la version officielle, Abdelwahab Nourredine s'est pendu ce mardi matin entre 6h30 et 7h. Il aurait utilisé un morceau de tissu qui servait de rideau, qu'il a accroché au support de la cellule qu'il occupait. Il se serait suicidé pendant le sommeil de son compagnon de cellule à la prison de Ouarzazate.

Le défunt a été condamné en juillet 2012, avec trois autres activistes, à deux ans de prison et à 10.000 dirhams d'amende pour "outrage au drapeau national" et "destruction de biens publics", selon Yabiladi. Il devait quitter le pénitencier le 25 novembre 2014.

Contacté par H24info, Brahim Rizkou, vice-président de la section de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) à Zagora estime que les circonstances de ce décès restent "obscures". "Nous avons envoyé une lettre au procureur pour qu'une enquête soit ouverte sur les circonstances du décès. Abdelwahab Nourredine souffrait de problèmes de santé mais les soins nécessaires ne lui ont pas été prodigués comme il le faut", déclare Brahim Rizkou.

Coupures d'électricité, d'eau et d'internet
Abdelwahab Nourredine était membre du courant estudiantin de la gauche baasiste. Il manifestait à M'hamid El Ghizlane contre les coupures répétées d'électricité, d'eau et d'internet que connait la province de Zagora. Une situation qui n'a pas beaucoup évolué depuis, toujours selon l'AMDH.
"Aucune solution n'a été trouvée. L'eau est toujours rare et de mauvaise qualité dans la province de Zagora. Cet été, les coupures d'électricité seront sûrement de retour. La température monte à 50 degrés. Je vous laisse imaginer la situation des ménages qui n'ont plus de frigo en plus du problème d'eau potable", s'inquiète le responsable à l'AMDH.

vendredi 25 octobre 2013

Les points à retenir de la première grosse censure d'internet au Maroc [Edito]

En cette fête du sacrifice, les autorités marocaines ont mis un coup de canif à ce qui paraissait être une politique de laisser-faire sur internet. Des sites pornographiques au site du Polisario, toute la toile était accessible au Maroc. Le virage opéré ce mercredi avec la censure du site Lakome.com dans des conditions assez floues laisse planer une menace sur ce nouvel -le dernier diront certains- espace de liberté.
Après l'incarcération de Ali Anouzla, directeur du site Lakome.com, à la prison Salé 2 pour "apologie du terrorisme", les autorités marocaines viennent d'asséner un nouveau coup de massue au secteur de la presse électronique. Par la censure du site Lakome.com, inaccessible depuis la connexion internet d'un des opérateurs marocains, un avertissement est envoyé à tous les acteurs de l'information en ligne. Les règles du jeu viennent de changer, la fin de la récréation est sifflée. 
Censure par Anouzla interposé
Cette censure, même si elle se cache derrière une décision de Ali Anouzla, est directement pilotée par les autorités. Il est bien sûr légitime pour le propriétaire de Lakome de faire valoir son droit et récupérer son site. Néanmoins, une restriction de l'accès depuis le Maroc ne résout pas son problème de départ. En réalité n'importe quel spécialiste du secteur, ou juriste du droit sur internet vous expliquera la procédure. La solution est simple : faire une demande (directement ou par voie judiciaire) à son registrar (organisme gérant le nom de domaine) ou à son hébergeur (société qui loue l'espace ou le serveur où est hébergé le site) pour reprendre le contrôle du site web et ainsi le suspendre provisoirement comme annoncé par Ali Anouzla. 
Mais cela se complique si ce dernier n'est pas le propriétaire officiel du site Lakome.com et n'a pas loué en son nom l'espace d'hébergement. C'est très certainement pour cette raison que la voie choisie a été celle de la censure par une décision autoritaire. Or s’il n'est pas le propriétaire du nom de domaine, le procureur ou l'ANRT ne peuvent que rejeter la demande d'Anouzla. Sa fonction de directeur de publication ne suffit pas à légitimer sa propriété sur le site. Sa responsabilité au sein de Lakome aurait pu être dégagée par une simple lettre de démission.
Une censure non assumée
L'équipe de rédaction de Lakome.com a tenté très rapidement de contourner le filtrage au Maroc en activant de nuveaux noms de domaine : lakome.info et lako.me. Rebelote, la censure a de nouveau frappé. Si la justification de la première censure se cachait derrière la préservation de la propriété d'Ali Anouzla, les nouvelles extensions aurait dû échapper aux ciseaux de l'ANRT. Il est d'ailleurs peu probable que la première demande faite à l'autorité de régulation des télécoms ait inclus toutes les extensions lakome.xxx. La célérité de cette nouvelle censure démontre la volonté des autorités de réduire au silence le site coûte que coûte, quitte à improviser et plomber le scénario de départ. 
Le Makhzen face à son reflet
La fuite en avant du pouvoir marocain ne s'arrêtera pas au site Lakome. En plus de ne pas vouloir assumer cette censure, il n'a pas apprécié qu'un site français explique en détails les méthodes ainsi que le matériel utilisé pour mener à bien ce black-out extra-judiciaire d'un site d'information au Maroc. Le site Reflets.info a donc été également bloqué par l'opérateur national dans la soirée de vendredi, quelques heures après la publication de l'article qui dérange. 
L'évidence pousse à conclure que cette série de censure n'est pas seulement un coup de pouce donné à Ali Anouzla dans son différend avec Aboubakr Jamaï. Elle constitue une volonté manifeste d'user de la force sans en assumer les conséquences. En l'espace de 3 jours le royaume Chérifien a ainsi anéanti toute la crédibilité qu'il avait réussi à se forger dans le respect de la liberté d'expression sur internet ces 15 dernières années. 

 http://www.yabiladi.com/articles/details/20336/points-retenir-premiere-grosse-censure.html

jeudi 17 octobre 2013

Free Ali Anouzla, trente-deuxième jour - ALI ANOUZLA, ou le règne d'Ubu Roi

Par Jacob Cohen, Dé-Manipulation, 18/10/2013











Ali Anouzla ou le règne d’Ubu-Roi
L'autocratie marocaine n'a jamais abandonné ses vieux démons et sa propension à tout contrôler, tout dominer, par l'arbitraire et l'humiliation. D'ailleurs elle ne doit son pouvoir absolu post-colonisation qu'à l'aide militaire des occupants français et espagnols qui ont écrasé les forces démocratiques qui auraient pu lui porter ombrage. En en payant un prix élevé : Abandon d'une partie du territoire national, soumission à l'impérialisme économique et financier, collaboration avec le sionisme. Ainsi ce régime peut se perpétuer avec la bénédiction de ses parrains étrangers. Ne se maintenant que grâce à la corruption et à l'injustice. Et la soumission de tous les partis politiques institutionnels, plus intéressés par les prébendes que par l'intérêt du peuple. Et une élite moderniste séduite par les sirènes d’un progrès illusoire et strictement encadré.
 
On a beaucoup glosé sur cette monarchie capable de se transcender et de se mettre au diapason des aspirations démocratiques universelles. Comme si le jeune âge et les virées sportives étaient synonymes de modernité démocratique. Chassez le naturel, il revient au triple galop. On a affaire à une monarchie de droit divin devant laquelle tout droit ou toute liberté doivent s’incliner. On comprend alors pourquoi la « lettre de cachet » emprisonnant Ali Anouzla a été acceptée avec servilité par la classe politique.
Les médias n'ont obtenu qu'une liberté de façade. Une liberté surveillée, muselée, avec une petite carotte et surtout un gros bâton. Des titres ont disparu. Des journalistes ont connu la prison. La peur et l'autocensure fonctionnent déjà comme armes dissuasives. Les médias savent ce que les recettes publicitaires leur rapportent et la main qui pourrait leur fermer ce robinet financier devenu indispensable.
L’existence d’un média sur internet, libre et indépendant, dirigé par des hommes intègres et courageux, même s’il ne représentait qu’une goutte face à la vague monstrueuse du pouvoir et de ses obligés, devenait intolérable. Comme un petit caillou dans les mocassins des dirigeants repus. Non pas tant par le contenu des informations et des éditoriaux que par l’exemple qu’il imposait et l’espoir qu’il suscitait, et la mauvaise conscience qu’il donnait aux médias serviles ou qui font semblant de faire leur métier.
Que vive LAKOME !
Que vivent ses journalistes !
Et que la graine qu’il a semée porte ses fruits !
Jacob Cohen. Paris. 18 octobre 2013.