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lundi 5 décembre 2016

«Le Maroc doit comprendre que les Africains ne sont pas des sujets du Roi»


1/12/2016
 

Le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, a affirmé, hier à Boujdour (camp des réfugiés sahraouis), que «le Royaume du Maroc doit comprendre enfin que les Africains ne sont pas des sujets du Roi et l'Union africaine n'est pas une organisation relevant du makhzen». L'Union africaine (UA) «est une organisation continentale digne de respect, que le Maroc, à l'instar des pays d'Afrique, doit se conformer à son règlement sans espérer la soumettre ni a son contrôle ni a ses désirs», a indiqué M. Taleb Omar à l'ouverture des travaux du 8e congrès de l'Union des travailleurs sahraouis au nom du président de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd), secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali.

Dans son allocution lors des travaux du congrès ouvert ce matin avec la participation de plus de 600 délégués, il a estimé que «la seule solution est que le Maroc respecte les principes, lois et décisions de l'UA en abandonnant ses méthodes expansionnistes hostiles autrement, il deviendra un Etat hérétique qui viole la Charte de l'Union». 
 

mardi 26 mai 2015

Sahara occidental : le Premier ministre dans le désert



En tant que Premier ministre de la République arabe sahraouie démocratique, Abdelkader Taleb Omar est, dans les faits, le Premier ministre d’un camp de réfugiés

TINDOUF, Algérie – Abdelkader Taleb Omar est à la tête d’un gouvernement on ne peut plus singulier. En tant que Premier ministre de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), il est, dans les faits, le Premier ministre d’un camp de réfugiés.

La RASD est le gouvernement en exil du Sahara occidental, un immense territoire au nord-ouest de l’Afrique qui est occupé par le Maroc depuis près de quarante ans.


Il mène ses activités depuis Rabouni, le centre administratif d’un groupe de camps de réfugiés situés dans le Sahara algérien, où vit une part importante de la population autochtone du Sahara occidental depuis l’invasion marocaine du territoire en 1975.


J’ai rencontré Abdelkader Taleb Omar dans un petit bâtiment semi-officiel et presque désert en bordure du camp de réfugiés sahraouis le plus isolé. Le bâtiment en lui-même ne compte guère plus que deux rangées de pièces blanches séparées par un couloir en plein air. Pour notre entrevue, Abdelkader Taleb Omar s’était installé dans la première pièce sur la droite.

Abdelkader Taleb Omar a fui l’invasion marocaine, comme près de la moitié de son peuple, lorsqu’il avait une vingtaine d’années. Il a ensuite gravi les échelons de la politique, exerçant les fonctions de président du parlement sahraoui, puis gouverneur de l’un des camps de réfugiés, avant d’être nommé Premier ministre en 2003. Il était timide, peu charismatique et prudent, mais je pense que cela tenait davantage à un état de fatigue général qu’à la crainte de mal s’exprimer.

samedi 28 février 2015

Abdelkader Taleb Omar, premier ministre sahraoui «Le feuilleton doit avoir une fin !»

   
 «Nous disons au monde que les Sahraouis sont plus que jamais unis», a indiqué hier le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar
Par Rabah Beldjenna,El Watan, 28/2/2015 
 
«Nous disons au monde que les Sahraouis sont plus que jamais unis», a indiqué hier le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar
 

Le conflit du Sahara occidental traverse l’une des phases des plus complexe de son histoire. Cela fait 24 ans que les Sahraouis attendent un référendum (qui leur a été promis par l’ONU en 1991) pour leur autodétermination, en vain.

Ni les différentes résolutions des Nations unies — pourtant toutes en faveur d’une telle option — ni les négociations, entamées en 2007 sous l’égide de l’ONU, n’ont débouché sur une solution du conflit. Le Maroc, qui a jusque-là bloqué tous les efforts de l’ONU, a mené le processus de décolonisation du Sahara occidental à une nouvelle impasse. Ce qui fait que la prochaine résolution des Nations unies est décisive pour l’avenir de la dernière colonie d’Afrique.
C’est dans ce contexte qu’a été célébré, hier, dans le camp des réfugiés sahraouis de Smara, le 39e anniversaire de la RASD, proclamée en février 1976. Et s’il est vrai qu’en raison de ce statu quo les Sahraouis, frustrés, commencent à s’impatienter, il n’en demeure pas moins qu’ils restent déterminés à arracher leur liberté. «Nous disons au monde que les Sahraouis sont plus que jamais unis et que leur volonté de libérer leur pays est inébranlable», a indiqué hier le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, lors d’une rencontre avec la presse.

Éviter un autre conflit
Pour ce faire, le Front Polisario préfère encore encourager les efforts des Nations unies pour la simple raison que, comme le note ce haut responsable sahraoui, «la région n’a pas besoin d’un autre conflit armé». C’est pourquoi la prochaine réunion du Conseil de sécurité sur la question s’annonce cruciale. «La rencontre d’avril est importante, le feuilleton doit avoir une fin pour mettre un terme à cette double impasse», selon le Premier ministre sahraoui.
C’est dans ce cadre que l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Christopher Ross, et Kim Bolduc, chef de la Minurso, ont effectué, il y a quelques jours, une visite dans la région. Une visite au cours de laquelle les deux responsables onusiens ont rencontré dans les camps des réfugiés la délégation aux négociations et des cadres politiques sahraouis. «L’espoir du Front Polisario est que la visite de Christopher Ross permette d’accélérer ses efforts en faveur du parachèvement du processus de décolonisation du Sahara Occidental et mette fin aux atermoiements du Royaume du Maroc qui cherche à gagner du temps et imposer le fait accompli colonial», soutient Abdelkader Taleb Omar.

Dépasser le blocage
Mais Christopher Ross est-il capable de redynamiser ce processus ? «Christopher Ross a la volonté de chercher des solutions concrètes. Nous avons constaté cela durant notre rencontre dans les camps», a estimé notre interlocuteur, cela même si, à ses yeux, «cela reste insuffisant». «Il faut une solution juste et fixer une date, cela a trop duré. Il est temps de prendre des décisions pour que Rabat accepte un référendum», a-t-il insisté.
Abdelkader Taleb Omar rappelle que «le dernier rapport de l’ONU a dit que si le blocage persiste, elle va revoir la procédure». «L’ONU est responsable, il faut accélérer les négociations », a-t-il encore estimé. Reste à savoir quelle sera la nouvelle stratégie de l’ONU pour résoudre ce conflit.
Mais avant cela, le Premier ministre sahraoui a invité le principal pays qui soutient le Maroc dans sa politique expansionniste, la France, à revoir sa position vis-à-vis du conflit.  «Les Sahraouis attendent depuis 40 ans et la France joue un rôle négatif dans le conflit. Paris, qui se trouve sur tous les fronts, en Libye, en Syrie et au Sahara, joue un rôle contradictoire avec ses principes de défenseurs des droits de l’homme. Elle doit revoir sa position dans le bons sens», a-t-il insisté.
Abdelkader Taleb Omar, qui estime que la question sahraouie ne cesse de marquer des points a enfin salué l’Union africaine qui vient de réaffirmer son opposition à la  tenue du Forum Crans-Montana, du 12 au 16 mars à Dakhka. Comme il n’a pas manqué de saluer la position de l’Union européenne, réaffirmant le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination.

samedi 23 août 2014

«Le Maroc utilise la drogue pour déstabiliser la région du Maghreb»


Par Amar Ouali, Le Temps d'Algérie, 22/8/2014 
Abdelkader Taleb Omar, Premier ministre sahraoui, à partir de Boumerdès :

«La sécurité et la stabilité du Maghreb sont tributaires des comportements des autorités marocaines qui tentent de déstabiliser la région par la drogue», a déclaré, jeudi, le Premier ministre sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, lors de la clôture de la 5e édition de l'université d'été de la RASD et des cadres du front Polisario.
«La drogue est une arme aux mains des Marocains pour détruire la stabilité des pays voisins, afin de dissimuler leur politique expansionniste dans cette région», a-t-il précisé avant d'enchaîner : «D'immenses champs de drogue sont cultivés à travers plusieurs localités au Maroc et ce, dans le but d'embourber le Maghreb par cette substance bannie par la loi.»
Selon Taleb Omar, il est impossible de construire un Maghreb tant que la politique expansionniste du Maroc est toujours de mise. Le Maroc a quitté l'Union africaine, suite à la reconnaissance, par cette institution, du Sahara occidental. «Tous les pays du Maghreb reconnaissent le Sahara occidental et c'est pour cette raison qu'il tente (le Maroc NDLR) de ne pas mettre les roues sur les rails pour construire le Maghreb», a-t-il fait remarqué. 
Des chercheurs ont affirmé que l'organisation terroriste du Mujao, était une fabrication marocaine pour déstabiliser les pays voisins, notamment l'Algérie, et le soutien de certains pays occidentaux au régime marocain n'a aucune base que celle de préserver les intérêts au détriment des souffrances du peuple sahraoui, à qui on continue à piller ses richesses naturelles. Le professeur Mohand Berkouk a, lors d'une conférence animée durant la tenue de l'université d'été, estimé que la politique expansionniste n'est pas dans l'intérêt de la région.
Par ailleurs, le  Premier ministre sahraoui a profité de l'occasion pour appeler les autorités marocaines à relâcher les prisonniers politiques sahraouis et les militants des droits de l'Homme. «Le Maroc refuse, depuis plusieurs années, l'installation d'un mécanisme de contrôle des droits de l'Homme, car il sait bien qu'il ne respecte pas la volonté du peuple sahraoui et les droits de l'Homme. Preuve en est, la découverte d'un charnier collectif, l'année écoulée, et qui a été visité par des représentants d'institutions internationales», a-t-il affirmé. 
En outre , le Maroc empêche la venue d'experts internationaux et de militants des droits de l'Homme et de représentants d'ONG et ce, dans l'optique de  dissimuler ses exactions commises à l'encontre des civils sahraouis, a évoqué pour sa part Pierre Galand, président de l'Eucoco. «Il y a un grand travail qui se fait pour montrer au monde les atteintes aux droits de l'Homme commises par le Maroc.
Nous avons présenté des dossiers aux instances internationales et à Mme Pillay, du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme pour faire avancer le dossier d'établissement d'un mécanisme de protection des droits de l'Homme en territoires occupés», a affirmé en outre Galand qui n'a pas caché sa colère contre la France, pays des droits de l'Homme, qui refuse toujours l'établissement d'un mécanisme des droits de l'Homme au Sahara occidental.

 http://www.letempsdz.com/content/view/129726/1/



dimanche 16 décembre 2012

La politique du régime marocain est fondée sur la convoitise des richesses sahraouies

diasporasaharaui 

ALGER- Le premier ministre sahraoui, M. Abdelkader Taleb Omar, a affirmé samedi à Alger que l’occupation des territoires sahraouis par le Maroc n’était pas motivée par des "droits historiques ou politiques" mais plutôt par "une politique expansionniste basée sur la convoitise des richesses sahraouies".
Intervenant lors d’une conférence sur "le droit des peuples à la résistance : cas du peuple sahraoui", le premier ministre sahraoui a indiqué que cette convoitise devrait inciter la communauté internationale à interdire la conclusion de conventions sur les territoires sahraouis occupés et à boycotter les produits en provenance de ces territoires pour ne pas encourager le Maroc à prolonger son occupation".
Rappelant que le conflit du Sahara Occidental était l’un "des plus anciens au monde en raison des entraves du Maroc aux solutions trouvées en dépit de la présence de la Minurso dans la région, M. Taleb Omar, a souligné que "les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés se poursuivaient de manière à interdire et réprimer les manifestations de liberté d’expression".
Conséquence de cette situation, des centaines de disparus et de détenus politiques et le "recours à l’intimidation et au blocus socio-économique", a-t-il ajouté, soulignant dans ce contexte la nécessité pour les Nations unies à mettre en place des mécanismes de contrôle et de protection des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés et renforcer les prérogatives de la Minurso afin de lui permettre d’accomplir au mieux son rôle sur le terrain.
Concernant le processus de paix et les négociations, le responsable sahraoui a affirmé que le régime marocain voulait "imposer des solutions unilatérales ignorant que le cas sahraoui relève d’un cas de décolonisation qui doit être réglé par un référendum libre et démocratique sur l’autodétermination du peuple sahraoui.
Il a rappelé à ce propos que la communauté internationale ne reconnaissait pas définitivement la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, sous la responsabilité des Nations unies, en attendant le parachèvement du processus de décolonisation.
Le premier ministre a affirmé que l’Etat sahraoui poursuivra sa coopération avec le médiateur international, Christopher Ross, pour aboutir à une solution permettant au peuple sahraoui l’autodétermination.
Il a dénoncé les tergiversations du régime marocain appelant la communauté internationale à "exercer des pressions sur le Maroc pour l’amener à se conformer aux décisions de la légalité internationale".
Il a également appelé la France "qui défend le régime marocain et sa politique" à "prendre une position qui respecte la légalité internationale et les droits de l’homme", ainsi que le gouvernement marocain à prendre des positions claires en faveur de l’application des résolutions des Nations unies pour l’autodétermination du peuple sahraoui".
M.Taleb Omar a en outre estimé que l’occupation du Sahara occidental par le Maroc "compromet l’édification de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) et la coopération entre ses pays et encourage le crime organisé".
Dans ce contexte, le premier ministre sahraoui a condamné toutes formes de violence et de crime organisé dans le Sahel exprimant son appui à l’unité et à l’intégrité territoriale du Mali".

lundi 27 septembre 2010

Conférence internationale sur la résistance sahraouie

Que fait l’ONU pour faire appliquer ses décisions ?
Par : Hafida Ameyar,liberté-Algérie, 26/9/2010
“Pas d’alternative au référendum d’autodétermination”, “Le Polisario est l’unique représentant du peuple sahraoui”… La conférence internationale sur la résistance sahraouie a été ponctuée hier, à Alger, par de nombreux slogans et des chants patriotiques, qui en disent long sur le combat du peuple du Sahara occidental, mais surtout sur les enjeux actuels entourant le vieux dossier de l’ex-colonie espagnole.
Organisée conjointement par le Comité national de soutien au peuple sahraoui (Cnasps) et l’Union des juristes sahraouis (UJS), à la veille de la session de la 4e Commission de l’ONU chargée des affaires de décolonisation, cette rencontre a réuni durant 2 jours, plus de 300 participants venus des 4 continents et représentant 33 pays.
Elle a été qualifiée d’“événement important” par le Chef du gouvernement sahraoui, Abdelkader Taleb Omar. Dans son discours de clôture, ce dernier s’est félicité de cette tribune algérienne pour véhiculer “le témoignage vivant” de ce qu’endure la population sahraouie des territoires occupés du Sahara occidental. Le ministre de la RASD a également dénoncé “la persistance aveugle du Maroc”, faisant référence au plan d’autonomie marocain, une “proposition inacceptable d’une solution non conforme au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité”.
Il a, en outre, salué la décision de participants d’autres pays à accompagner les 70 résistants sahraouis des territoires occupés, lors de leur retour.
Selon lui, le rendez-vous d’Alger, appuyé par la 36e Conférence européenne des comités de soutien au peuple sahraoui (Eucoco), qui se tiendra fin octobre en France, insufflera un nouvel élan à la résistance, parce que “le combat se poursuivra” jusqu’au recouvrement des droits nationaux du peuple sahraoui.
Avant lui, les activistes sahraouis, venus des territoires sous occupation marocaine, se sont succédé pour raconter leur calvaire quotidien face à l’occupation, voire au “régime sioniste marocain”.
D’aucuns ont interpellé l’assistance ainsi que les instances régionales et internationales sur le sort des civils, des prisonniers politiques et des disparus sahraouis, en appelant à la mise en place de mécanismes onusiens de protection des droits de l’Homme et en prévenant que “les jeunes prendront leurs responsabilités” ; d’autres ont tenu à réitérer leur serment vis-à-vis des martyrs et des invalides de la guerre d’Indépendance, non sans insister sur le caractère colonial du conflit.
D’autres encore ont interpellé la direction du Polisario sur les perspectives d’avenir, face à l’impuissance de l’ONU, au double langage de l’Europe et à l’impunité dont joui le régime de Rabat. “Toute la population sahraouie, des territoires occupés et des camps de réfugiés, en particulier les jeunes, appelle la direction à changer la donne”, a déclaré Naâma Asfari, co-président du Comité pour le respect des droits de l’Homme au Sahara occidental (Corelso) à la presse, rappelant aussi la responsabilité de l’ONU, de la Minurso et même du Maroc.
D’après lui, après 20 ans de guerre et 20 ans de ni guerre ni paix, la nouvelle génération de Sahraouis est consciente qu’elle résiste “pour son existence et pour l’indépendance”, mais elle aspire à avancer plus vite dans la réalisation du “projet national”.
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Clôture de la Conférence internationale sur la résistance sahraouie
Par Hassan Moali, El Watan,  27/9/2010
Les participants découvrent l’horreur de la colonisation
Les témoignages des participants reflètent clairement ce qui se passe dans les territoires occupés et la répression qui s’abat sur les Sahraouis : «Nous avons constaté qu’au-delà de la verve militante des participants, il y a une volonté claire pour consentir d’autres sacrifices dans cette résistance pacifique à la colonisation marocaine.»
Abdelkader Taleb Omar, Premier ministre de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), ne pouvait résumer mieux le sens des témoignages faits hier par les militants sahraouis devant les participants à la Conférence internationale sur la résistance qui a clôturé ses travaux à Alger.Cette messe de deux jours a servi de cadre à un «show» émouvant sur les souffrances endurées par les militants sahraouis face à la machine répressive marocaine. Les délégués, d’une trentaine de pays, écoutaient, médusés, les mésaventures aussi terrifiantes les unes après les autres racontées par des activistes sahraouis dans les territoires occupés. C’est un coup de grâce à la propagande du makhzen qui tente maladroitement de coller à l’Algérie les violations des droits de l’homme dont sont victimes les Sahraouis.
Signe de cette prise de conscience, certains participants ont même proposé l’organisation d’une flottille pour casser l’embargo imposé par le Maroc sur les territoires sahraouis occupés, dans un clin d’œil à la politique israélienne contre Ghaza.
D’autres se sont carrément portés volontaires pour accompagner les militants sahraouis sur le chemin du retour chez eux, où les forces marocaines risquent de les attendre de pied ferme. La conférence a été en tout cas un succès retentissant aussi bien par le nombre de participants (304), que par la diversité de leurs nationalités (une trentaine). Cela ressort clairement dans la déclaration finale qui a réaffirmé «la légitimité de la résistance populaire pacifique du peuple sahraoui dans les territoires occupés».
Lettre à Sarkozy et flottille pour Laâyoune
Les participants ont réclamé aussi des Nations unies l’application «immédiate» des résolutions du Conseil de sécurité qui recommandent l’organisation d’un référendum d’autodétermination «transparent et loyal, droit inaliénable reconnu au peuple sahraoui par toute la communauté internationale».Les conférenciers n’ont pas manqué de dénoncer «les violations répétées» des droits de l’homme par l’occupation marocaine au Sahara occidental et ont appelé l’ONU, l’Union européenne, l’Union africaine, les ONG internationales et tous les militants des droits de l’homme «à garantir rapidement, par tous les moyens possibles, le respect des droits de l’homme par le Maroc et aussi mettre fin aux souffrances des militants sahraouis emprisonnés».
La France, l’un des plus importants «sponsors» de l’occupation marocaine, a été interpellée par la conférence internationale via son président, auquel elle demande d’adopter une «position digne de la France, patrie des droits de l’homme, afin de permettre l’élargissement du mandat de la Minurso à la protection des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental».
La Déclaration d’Alger s’élève en outre contre «la prédation systématique des ressources naturelles du Sahara occidental par le Maroc, avec la complicité, directe ou indirecte, de pays tiers, essentiellement européens qui, pourtant, ont inscrit dans leur charte d’association la conditionnalité du respect des droits de l’homme et le respect du droit international».
Dans le même ordre d’idées, l’ONU est mise en demeure d’assurer aux réfugiés une aide humanitaire «suffisante» et «multiforme» qui puisse apporter aux Sahraouis le «minimum nécessaire» pour bénéficier de soins, d’alimentation, d’éducation, de formation, d’activités culturelles et de bien-être social. Enfin, la conférence a chargé les organisateurs de saisir les souverains et présidents des États du monde, les organisations multilatérales et les ONG internationales «pour user de leur pouvoir afin que cesse le calvaire du peuple sahraoui et qu’il lui soit permis de choisir librement son destin».