Par les salariés du Journal Hebdomadaire,Casablanca, 3/2/2010
Nous, salariés de la société Trimedia, société éditrice du Journal hebdomadaire,
tenons à préciser quelques points concernant la décision de justice prise à l’encontre de Trimedia, dont la conséquence a été la perte de nos emplois.Nous protestons contre la mise sous scellés de nos locaux, alors que la mise en liquidation de Trimedia vient seulement d’être prononcée.
Nous protestons contre la brutalité de cette décision, qui s’est faite sans aucune explication.
Nous considérons que cette mise sous scellés nous prive abusivement de nos emplois et constitue une interdiction de fait du Journal hebdomadaire.

Curieuse façon en effet de défendre les droits des salariés que de les priver du jour au lendemain de leur outil de travail et donc de leurs emplois.
Nous ne sommes pas dupes, car nous ne doutons pas de la bonne volonté de nos employeurs. Nous sommes convaincus que, s’ils n’ont pas payé les cotisations dues à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et au fisc, c’est parce qu’ils n’étaient pas en mesure de le faire, et non parce qu’ils ne souhaitaient pas le faire.
Nous n’entendons pas être présentés comme des victimes que cette décision de justice viendrait délivrer.
Dans ce pays, où 40% de l’économie est totalement informelle, des centaines de milliers de personnes travaillent dans des conditions difficiles, sans aucune protection sociale et sans aucun droit. Ils sont livrés à la plus grande précarité.
Ce sont eux, dont les conditions de travail sont sans aucune commune mesure avec les nôtres, qui devraient intéresser la justice, et, avant la justice, l’Etat.
Nous ne nous étonnons pas de la condamnation qui frappe, à travers Trimedia, l’ensemble du personnel du Journal hebdomadaire.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire