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dimanche 15 mai 2011

Tunisie, le coup d'envoi de la campagne électorale sera donné le 2 juillet

Publié le Samedi 14 /5/2011

Le décret-loi du 10 mai 2011 relatif à l’élection de l’assemblée nationale constituante vient d’être publié dans la dernière édition du journal officiel. Il fixe l'ensemble les dispositions relatives au déroulement du scrutin, à l’élaboration des listes électorales, à la campagne électorale, aux sources de son financement, etc.

Cette loi électorale a été élaborée, souligne son préambule, dans le but rompre avec l’ancien régime fondé sur le despotisme, l’absence de la volonté du peuple et la falsification des élections, et en fidélité aux principes de la révolution tunisienne visant à instaurer une légitimité fondée sur la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice sociale, la dignité, le pluralisme, les droites de l’Homme et l’alternance au pouvoir. Son article un stipule que les membres de l’assemblée constituante sont élus dans un scrutin public, libre, direct et secret, conformément aux principes de la démocratie, de l’égalité, du pluralisme et de la transparence.

Le vote est un droit de l’ensemble des Tunisiens et Tunisiennes âgés de 18 ans accomplis, jouissant de leurs droits civils et politiques. L’électeur exerce sont droit de vote par le biais de sa carte d’identité nationale. L’instance supérieure indépendante des élections définira les procédures d’inscription pour exercer ce droit. Les militaires et les civils n’exercent pas leur droit au vote pendant l’accomplissement de leur devoir militaire, tout autant que les forces de la sécurité intérieure.

Les personnes condamnées pour un crime ou un délit attentant à l’honneur pour une peine dépassant les six mois de prison ferme et qui n’ont pas recouvert leurs droits civils et politiques, les personnes sous tutelle, et les personnes dont les biens et fonds sont confisqués après le 14 janvier, n'ont pas le droit de glisser un bulletin dans l'urne.

Les listes électorales sont établies sous la supervision de l’instance supérieure indépendante des élections à partir de la base de données nationales des cartes d’identité nationale. Les missions diplomatiques et consulaires tunisiennes à l’étranger élaborent et révisent les listes électorales, pour les Tunisiens résidant à l’étranger. Les listes électorales sont déposées au siège des instances régionales des élections, des sièges des municipalités, des délégations, des omdas, et des missions diplomatiques et consulaires. Chaque électeur a le droit de les consulter 30 jours au moins avant le jour du scrutin. Les listes électorales seront publiées sur le site électronique de l’instance supérieure des élections.

Les instances régionales des élections se chargent de rayer des listes électorales, le nom de l’électeur décédé, les noms des civils qui accomplissent leur devoir militaire, et ceux des personnes ayant perdu la faculté de vote…

Qui a le droit de porter candidat ?

Par ailleurs, tout candidat âgé d’au moins 23 ans accomplis le jour où il présente sa candidature pourrait présenter sa candidature à l’assemblée nationale constituante.

Ne peut être candidat toute personne ayant assumé une responsabilité sous l’ancien régime, à l’exception de ceux n’ayant pas appartenu au RCD. Sont aussi empêchés d'être candidats, ceux qui ont occupé des responsabilités dans les structures du RCD sous l’ancien régime, les responsabilités seront définies par décret sur proposition de la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution. Sont, également, interdits de se porter candidats, les personnes ayant appelé à la candidature de Ben Ali à un autre mandat présidentiel en 2014. La liste de ces personnes sera établie par la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution.

Les candidatures seront présentées selon le principe de parité Hommes/Femmes, et les candidats seront présentés sur la liste d’une manière alternée Homme/Femme. La liste respectant ce principe est admise dans la limite du nombre des sièges défini pour chaque circonscription électorale.

Les chefs de mission diplomatique et consulaires, les gouverneurs, les magistrats, les premiers délégués, les secrétaires généraux des gouvernorats, les délégués et les omdas, ne peuvent se présenter sauf s’ils démissionnent de leurs fonctions.

Il est interdit de cumuler le statut de membre de la constituante et des fonctions publiques non électorales, rémunérées par l’Etat, les collectivités locales, les entreprises et les établissements publics, et des sociétés à participation publique directe et indirecte.

Il est proscrit pour chaque membre de l’assemblée constituante d’utiliser sa qualité pour toute publicité relative à des projets financiers, industriels, commerciaux ou professionnels.

En cas de vacance d’un siège à l’assemblée constituante, le membre en question sera remplacé par le candidat suivant sur la même liste.

Un député pour 60 mille habitants

Les listes des candidats doivent être déposées aux instances régionales territorialement compétentes avant 45 jours du scrutin. Le récépissé final sera livré quatre jours avant le dépôt des listes.

Par ailleurs, le nombre de candidats sur chaque liste doit être équivalent au nombre de sièges consacrés à chaque circonscription, il est interdit de se présenter dans plus d’une liste électorale ou dans plus d’une circonscription électorale. Le recours en cas d’invalidation de liste, se fait auprès du tribunal de première instance dans un délai ne dépassant pas quatre jours de la date d’invalidation.

L’appel des électeurs se fait par décret publié au moins deux mois avant le jour du scrutin, celui-ci se déroule une seule journée, le dimanche.

Le nombre des membres de l’assemblée nationale constituante et le nombre de sièges consacrés à chaque circonscription électorale seront fixés sur la base d’un député pour 60 mille habitants. Un siège supplémentaire est attribué à chaque circonscription, à chaque fois qu’il s’avère, après avoir fixé le nombre de sièges qui lui sont dédiés, que la détermination du nombre des membres débouche sur des restes dépassant les 30 mille habitants. L’assemblée constituante comprend des membres représentant les Tunisiens à l’étranger dont la méthode de représentativité est fixée par décret. L’élection de l’assemblée constituante se fera selon un scrutin de liste en un seul tour, et la répartition des sièges au niveau des circonscriptions se fait sur la base de la représentativité proportionnelle à forts restes.

Le vote se fait selon les circonscriptions électorales, tout gouvernorat formera une seule circonscription ou sera réparti en plusieurs circonscriptions, à condition que le nombre de sièges par circonscription ne dépasse pas les dix. Deux sièges supplémentaires seront accordés aux gouvernorats dont le nombre des habitants est inférieur à 270 mille habitants. Un siège supplémentaire est accordé aux gouvernorats dont le nombre d’habitants oscille entre 270 mille et 500 mille habitants. Toute liste doit faire en sorte que ses candidats soient issus de délégations différentes, et que l’âge de l’un d’eux au moins soit inférieur à 30 ans.

L’électeur choisit l’une des listes, sans effacer ou toucher le classement des candidats. Si une seule liste se présente aux élections, elle sera déclarée gagnante quel que soit le nombre de voix obtenues.

Financement étranger ou privé de la campagne interdit

La campagne électorale obéit aux principes suivants : l’impartialité de l’administration, des lieux de culte et des médias nationaux, la transparence de cette campagne quant aux sources de son financement et les méthodes d’affectation des fonds qui lui sont alloués, l’égalité entre l’ensemble des candidats, le respect de l’intégrité physique et de la réputation des candidats et des électeurs. La campagne électorale est interdite dans les lieux de culte, les lieux de travail et les établissements éducatifs et universitaires. Par ailleurs, toute publicité électorale appelant à la haine, au fanatisme, et à la discrimination sur des bases religieuses, régionales, tribales, est proscrite.

Les candidats sont autorisés dans le cadre de leur campagne électorale d’utiliser uniquement les médias nationaux. L’instance indépendante des élections veille à l’organisation de l’utilisation des médias. Le coup d’envoi de la campagne électorale sera donné 22 jours avant la date du scrutin, elle prendra fin 24 heures avant le jour du scrutin.

Tout parti ou liste de candidat doit ouvrir un seul compte bancaire consacré à la campagne électorale, soumis au contrôle de la cour des comptes, les rapports de la cour des comptes relatifs au financement de la campagne électorale seront publiés au JORT. Le financement de la campagne électorale par des sources étrangères, quelque qu’en soit la nature, est interdit. Il est tout autant proscrit tout financement de la campagne électorale par les privés.

Une subvention est consacrée à chaque liste, au titre des subventions publiques au financement de la campagne électorale, et ce sur la base d’une somme d’argent pour chaque mille électeurs au niveau de la circonscription électorale. 50 % des aides seront distribués à égalité entre l’ensemble des listes candidates avant le début de la campagne électorale, les 50 % restants seront distribués lors de la campagne électorale. Toute liste qui n’obtient pas 3 % au moins des voix déclarées au niveau de la circonscription, doit restituer la moitié de la somme de la subvention. Le plafond des dépenses électorales et des subventions publiques seront fixés par décret.
http://www.gnet.tn/temps-fort/tunisie-le-coup-d-envoi-de-la-campagne-electorale-sera-donne-le-2-juillet/id-menu-325.html?utm_source=GlobalNet&utm_medium=twitter&utm_campaign=GnetTunisie&utm_content=GnetTunisie&utm_term=GnetTunisie

Tunisie, le coup d'envoi de la campagne électorale sera donné le 2 juillet
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CHERBIB Mouhieddine

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Maroc : Prévoir vaut mieux que guérir !

Réflexions d'un observateur marocain...
Par Mohamed Hifad, 15/5/2011

Le dernier attentat de Marrakech , comme au moment de la guerre de l’Irak, vient rappeler de nouveau aux villes touristiques comme Marrakech , Agadir et Essaouira , que le tourisme est une industrie du vent, volatile, dangereuse et peu fiable. Les unités hôtelières commencent à donner des congés pour leur personnel puis viendra le tour des salaires divisés par deux , ce qui sera suivi par cinq ou six mois d’arriérés et finalement de nouveaux conflits sociaux portés devant les tribunaux . 

Hassan II , poursuivant la politique des Français du temps du protectorat, s’est contenté de développer les villes côtières. Si les colons se contentaient de la côte, c’est par stratégie militaire car ils ne pouvaient pénétrer sans danger vers l’intérieur du pays. Et si Hassan II adopte la même stratégie, c’est pour d’autres raisons : il a réservé tous les grands projets durables pour les zones arabophones et le tourisme pour les zones amazighophones. Son but est clair : ces amazighs resteront toujours pauvres, analphabètes, croyants fanatiques par ses soins et toujours aveuglément soumis. S’ils veulent jouir d’infrastructures, d’instruction et de quelques droits élémentaires, ils doivent aller dans les bidonvilles des grandes villes qui garantissent leur arabisation rapide et forcée.

Il aura suffi d’un simple attentat pour plonger de nouveau ces villes dans les soucis, les faillites et l’enfer pour le personnel hôtelier, les bazaristes , les petits artisans enfin toute une chaine de services liés au tourisme. Nous verrons bientôt de nouveau nos pauvres artisans vendre leur matériel au marché aux puces. 

Vous me direz qu’il y a une agriculture moderne dans le Souss. Oui , mais une agriculture de la tomate, de l’orange et le tourisme qui consomment énormément d’eau au point où la nappe aujourd’hui est quasi épuisée et c’est une agriculture qui ne peut pas faire vivre le paysan en cas de conflits, de troubles. Il ne va pas manger la tomate et l’orange tous les jours. Souss était un grand exportateur de blé au début du siècle dernier. On nous casse les oreilles avec ce concept d’agriculture solidaire où chaque région doit produire quelque chose de particulier et être complémentaire avec d’autres régions. Oui pour la solidarité , mais chaque région doit assurer pour elle-même un minimum vital au cas où elle serait coupée du reste du pays pour une raison ou l’autre. Quand je vois qu’on réserve pour Doukkala , zone arabophone actuellement, la production du blé et de la viande et la tomate , l’orange et le tourisme pour le Souss , cela me donne froid au dos. Nos concitoyens agissent envers nous exactement comme la France et l’Europe le font avec le Maroc. On réserve la production du blé pour la France et l’Europe et on donne des crédits pour les paysans marocains de Souss et d'ailleurs à condition de produire de la tomate et de l’orange donc à épuiser leur nappe phréatique , assécher leur pays et les mettre en état d’assistés en ce qui concerne leur aliment de base à savoir le blé ou le pain .Nos responsables aujourd’hui, sous prétexte de l’unité, entendre par là l’unité forcée et artificielle , ont fait dépendre dangereusement une région de l’autre. Oui pour l’unité du pays mais chaque région doit conserver un espace vital au sein de son territoire qui lui assure son autonomie alimentaire et réserver le surplus pour la production solidaire.

Compter uniquement sur le tourisme c’est être réduit à la mendicité perpétuelle. Je pense qu’à l’avenir celui qui veut obtenir l’autorisation d’ouvrir un restaurant ou un hôtel doit avoir obligatoirement d’autres sources de revenus , d’autres projets rentables dans des domaines autres que le tourisme pour qu’il puisse payer son personnel durant les périodes creuses et résister le temps qu’il faut jusqu’à ce que la situation redevienne normale ou payer une assurance pour palier cette malheureuse lacune ou situation. 

Également un festival qui permettait à une unité touristique de trouver son équilibre ne peut fonctionner dans des circonstances comme celles que nous sommes en train de vivre en ce moment. Que cela soit celui de Mawazine, de Gnawa ou autre, l’organiser en ce moment en plein milieu de la contestation populaire et révolutionnaire , constitue une provocation , une insulte pour la misère des gens et une déclaration de guerre. Je ne serai pas étonné si on faisait exploser une scène à Rabat , à Essaouira ou à Fès. Ces festivals ne profitent qu’à une petite minorité d’étrangers dans toutes les villes pré-citées ,à l’Etat( qui a une politique anti-populaire) et aux grandes villes qui profitent de ces rentrées en devises. Pour les villes concernées , c'est loin d'être le cas , en particulier Essaouira qui a fait gagner à l’Etat des milliards d’euros et de dollars et qui n’a nullement profité de ces rentrées. Un petit moussem avec les troupes locales sera moins couteux , spécifiquement marocain , moins agressif et à la limite acceptable en ce moment crucial de l’histoire du pays et de la région. Je ne veux pas voir à Essaouira des voitures de luxe à un million de dirhams venues d’autres villes du Maroc insulter ma misère de propriétaire d’une bicyclette .

La révolution est dans l’air du temps et les responsables marocains ne veulent pas voir la réalité en face ou en sont incapables , aveuglés par leur vie de palais ! Ils le comprendront une fois que cela sera trop tard et ne servira plus à rien comme d’habitude ! On les aura avertis à temps et qu'ils ne viennent pas organiser des manifestations contre le terrorisme qu'ils créent de leurs propres mains sans le savoir. Qu'ils en prennent donc leur entière responsabilité!


URGENT : Pétition pour demander la libération du champion du monde Zakaria Moumni

Par Ayad Ahram, "Comité Libérez Zakaria Moumni"14/5/2011
Le comité « Libérez Zakaria Moumni » a organisé hier, 13 mai 2011, un rassemblement devant l’ambassade du Maroc à Paris pour protester contre la condamnation injuste dont fait l’objet le champion du monde de Light Contact Zakaria Moumni.
L’ambassade n’a même pas daigné répondre à la demande d’audience adressée par le comité.
Notre rassemblement  s’inscrit dans le cadre du soutien apporté par le comité « Libérez Zakaria Moumni » à la famille Moumni, représentée ici par Mme Taline Moumni, dans son combat contre l’injustice dont a été frappé le champion du monde de Light Contact Zakaria Moumni.

 Texte lu à cette occasion :

Zakaria Moumni a décroché le titre de champion du monde en 1999 à Malte. A ce titre et comme le prévoit le décret du 9 mars 1967, il avait droit à un poste de conseiller sportif au sein de la Fédération marocaine. Lui, il n’en a pas bénéficié et quand il a osé réclamer ce droit, il s’est vu condamner à 3 ans de prison ferme, le 4 octobre 2010, dans un procès monté de toutes pièces. Il a été enlevé le 27 septembre 2010 à l’aéroport de Rabat à sa descente de l’avion en provenance de Paris où il vit depuis plusieurs années avec sa femme Taline Moumni. Il a été conduit discrètement, les yeux bandés, au centre de torture de Témara où il a subi les pires sévices. Sous la torture et les yeux toujours bandés, Zakaria a signé des documents qui vont le faire condamner dans un procès expéditif, tenu le jeudi 30 septembre 2010 sans avocat, ni témoins, dans une salle quasi vide. Son épouse, Madame Taline Moumni, n’avait aucune nouvelle de lui jusqu’à ce que Maître Abderrahim Jamai ait pris en charge le dossier. Elle a enfin découvert que Zakaria a été condamné pour « escroquerie » suite à une soi-disant plainte déposée par deux personnes de nationalité marocaine à qui il aurait promis un contrat de travail en Europe. Personne n’a vu ces « plaignants » qui ne se sont jamais présentés aux différentes audiences du procès. Les recherches effectuées par Maître Jamai et les demandes formulées pour une confrontation avec ces « plaignants » sont restées infructueuses.

Le comité « Libérez Zakaria Moumni » a demandé, par tous les moyens de communication possible (Mail, Lettre A/R, Téléphone), une audience à l’Ambassadeur du Maroc en France pour l’interpeller, à l’occasion de ce rassemblement, sur le dossier de Zakaria. L’Ambassade n’a même pas daigné répondre au comité.
Comment peut-on interpréter ce refus de recevoir le comité ?
Notre Ambassade serait-elle soumise aux ordres comme l’est la justice au Maroc ?
Cette justice qui a condamné lourdement Zakaria par ce qu’il a osé dénoncer la corruption au sein de la Fédération de boxe au Maroc et réclamer ses droits.

Nous n’acceptons pas cette injustice qui caractérise l’Etat de non droit qui prévaut au Maroc.
Nous ne lâcherons pas et nous ne laissons pas tomber la famille Moumni dans sa quête de liberté et de dignité pour Zakaria.

Comité « Libérez Zakaria Moumni »
Ce comité de soutien est composé de :
La famille Moumni L’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) Les Amis de l’AMDH-Paris Le Forum Marocain Vérité et Justice-Section de France (FMVJ-France) L’Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) L’Association des Marocains en France (AMF) La Voie Démocratique (VD) Le Parti de l’Avant-garde Démocratique et Socialiste (PADS)
Le Forum pour la Solidarité et la Citoyenneté des Marocains à l’Etranger (FSCME)
Le Parti Socialiste Unifié (PSU)

Ce comité reste ouvert à tous les soutiens et entend mener des actions de solidarité avec Zakaria Moumni en interpellant les autorités marocaines. Et c’est dans cette dynamique que s’inscrit notre premier rassemblement d’aujourd’hui devant l’Ambassade du Maroc à Paris.

Je vous informe également que le comité de soutien a mis en place un site Internet grâce à l’implication de jeunes informaticiens du mouvement du 20 février.
Ce site est dédié à la solidarité avec Zakaria et sa famille dans leur combat pour sa libération.
Vous y trouverez notamment une pétition à signer et à faire signer et tous les éléments d’information sur cette affaire.
http://www.liberez-zakaria-moumni.org/

Je prie les journalistes et les photographes qui sont venus couvrir le rassemblement d’hier de nous envoyer leurs productions pour les publier sur le site.

Répression à Khouribga

Par Ali Fkir, 13/5/2011
Les ouvriers, victimes des sociétés d'intérim, donc de la précarité du travail légalisée par la moudouana/code du travail depuis 2004, les diplômés enchômagés victimes des politique de l’Etat makhzanien, les victimes des politiques officielles de l’habitat (essentiellement des femmes), sont descendus dans les rues de Khouribga (capitale minière du Maroc), ils auraient empêché les trains de circuler…les forces de répression sont intervenues sauvagement.
Les affrontements, surtout dans les cités ouvrières, se poursuivent toujours (il est exactement, 22 h du 13 mai 2011).
Les ambulances transportent des gens aux hôpitaux et peut-être ailleurs. Nous n’avons pas pu déterminer jusqu’à présent le nombre des victimes.

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Dernières nouvelles, 15/5/2011, 13h
A Khouribga, la capitale minière du Maroc:
Suite aux affrontements qu'a connue la ville toute la nuit du 13/14 mai 2011, on peut signaler:
- Le nombre de blessés serait d'environ 260
- Le nombre de détenus officiellement( jusqu'à 12h du 15 mai): 14 dont 11 ouvriers.
- Les habitant-es auraient arrêté (le samedi après-midi) la circulation des trains transportant le phosphate (la 1ère richesse du pays qui ne profite en aucun cas au peuple marocain en général ni aux masses populaires khouribgaises en particulier).
- Des centaines de citoyen-nes, épaulé-es par les militant-es de l'AMDH, section de Khouribga, ont gardé le samedi soir (jusqu'à 23 du soir) un sit in devant le commissariat de Khouribga exigeant la libération des détenus
           Mobilisons-nous pour :
 - Imposer la libération des détenus
- Exiger que soient satisfaites les revendications légitimes des protestataires qu'on peut résumer ainsi:
      * Titularisation pour les mineurs, victimes de la précarité du travail instituée par la nouvelle moudwana/code de travail depuis 2004
      * Travail pour les jeunes, victimes des politiques de l'Etat et de la faillite de l'économie capitaliste dépendante et makhzenienne
       * Logement décent pour les victimes des politiques antisociales de l'Etat
 LA SOLIDARITE AVEC LES VICTIMES DU MAKHZEN NOUS INTERPELLE
                                        

Maroc : Policiers cambrioleurs, pourquoi ?


Ali Lmrabet
Deux affaires qui interpellent le CNDH
Par Ali Lmrabet, 

Farah Abdelmoumni
Quel danger constitue pour le Makhzen la jeune Farah Abdelmoumni pour que des policiers prennent la peine de la cambrioler à l’intérieur de la zone internationale d’un aéroport ? Quel crime a-t-elle commis pour qu’elle se fasse voler par des membres des forces de l’ordre, ou plutôt du désordre, son passeport et sa carte de séjour ? Qui a planifié et ordonné cet acte de brigandage, dont le but, vicieux et évident, est de priver cette jeune femme de sa scolarité en France pour la punir de son militantisme dans un mouvement qui demande pacifiquement la démocratisation du Maroc ?

Ces questions, tous les vrais démocrates marocains doivent se les poser après la mésaventure de cette jeune étudiante qui s’est fait soustraire ses documents d’identité non pas par des pickpockets professionnels, mais par des délinquants en uniforme dont le rôle est pourtant de protéger et de servir le citoyen.

Après l’incarcération pour des faits de presse du directeur d’Al Massae, quoi qu’on pense du personnage et de ses articles, l’affaire Farah Abdelmoumni, qui en cache sûrement des milliers d’autres, sonne comme un rappel. Comme pour nous aviser qu’au Maroc règne encore et toujours le fait du prince et que toutes ces promotions publicitaires vantant « l’imparable démocratisation du Maroc », une « réelle ouverture du régime », « l’avénement d’un véritable Etat de droit », et j’en passe, ne sont en fait que de la poudre aux yeux pour attirer la bienveillance et la protection, indispensables en ces moments de grands périls pour les dictateurs arabes, des Occidentaux.

Driss El Yazami
Mais ces deux affaires, Al Massae et Abdelmoumni, ont au moins le mérite d’interpeller le Centre national des droits de l’homme (CNDH) dirigé par Driss El Yazami et Mohamed Sebbar, dont le rôle, selon ses statuts, est la «protection des droits de l’homme ».

Si c’est le cas, alors, plus que jamais, nous avons besoin que ces deux vieux briscards des droits de l’homme parlent. Qu’ils partagent avec nous leur opinion sur ces deux affaires. Nous ne demandons pas qu’ils interviennent discrètement pour « arranger les choses », mais qu’ils disent ce qu’ils pensent de ces méthodes qui vont à l’encontre de tout ce qu’ils défendent publiquement.
http://www.demainonline.com/?p=3645

samedi 14 mai 2011

Association Tifawt : Pour une solidarité avec les Inknafn Ihahane

Par Taieb Amgroud,activiste associatif et politique,membre de la Commune rurale de Imi-n-Tlit-Inknafn-Ihahan.12/5/2011

Essaouira vit , il y a quelques jours , au rythme du sit-in illimité des habitants de la Commune de Sidi Al Jazouli.Ces citoyens sont venus de Neknafa après l'arrestation par la gendarmerie de Smimou de cinq de leurs fils suite aux manifestations continues qu’ils organisent depuis des années en protestation contre l’expropriation de leurs terres et biens pour des indemnisations dérisoires en vue de la construction du barrage Zrar à Talînt-n-Inknafn.
Il faut rappeler que les manifestations ne se sont pas arrêtées sur le site de la construction du barrage depuis des semaines , ce que l’Etat a combattu avec le style habituel de la violence et de la menace de la part de diverses forces publiques : gendarmes, forces auxiliaires, forces d’intervention rapides en présence continue sur place , sans que l’Etat ouvre un dialogue avec les habitants pour connaître leurs revendications et essayer de mettre un terme à leurs souffrances continues depuis des années à cause des travaux de ce barrage qui ont tout détruit mêmes leurs modestes maisons . Il faut ajouter à cela d’autres infractions dangereuses et diverses comme le comportement du président de la commune de Sidi Al Jazouli ,complice de la direction de la société de construction du barrage et des autorités locales au lieu d’être du côté des habitants qui lui ont fait confiance . Il a réagi par l’indifférence et l’irresponsabilité, ce qui a failli lui couter la vie le samedi 16 avril 2011 lorsqu’un grand nombre d’habitants ont envahi son bureau.
Suite à tout ceci et dans le but de mettre un terme à ces agissements et pratiques contraires aux conventions internatonales des droits de l’homme et dont la région est la scène en général et la commune de Sidi Al Jazouli en particulier , depuis des années, en vue d’arrêter cette situation d’ asphyxie pour toute la région et en solidarité avec les habitants impuissants qui manifestent sur la grande avenue à Essaouira sans que leurs cris continus depuis des décennies n’attirent l’attention des responsables qui ont bouché leurs oreilles et ont toujours fait valoir leur souci sécuritaire au détriment des divers services et droits des habitants .
Pour tout cela , nous faisons appel aux consciences vives des originaires , des cadres, des organisations associatives amazighs et des organisations des droits de l’homme pour une solidarité avec les habitants de la Commune marginalisée de Sidi Al Jazouli en vue d’arrêter l’injustice dont ils font l’objet , les aider pour la libération de leurs fils arrêtés à cause de cette affaire et leur apporter un soutien pour l’obtention de leurs droits légitimes pour lesquels ils ont milité depuis des années avant de perdre patience et de faire recours à ces manifestations de protestation actuelles auxquelles participent toutes les catégories sociales .Au moment où les hommes , qui ont souffert à cause du comportement de la direction de la société de construction du barrage qui leur refuse même le droit de travailler, continuent à manifester dans les rues d’Essaouira, leurs femmes manifestent sur le site de la construction du barrage à Sidi Al Jazouli.
Les habitants de Nknafa vous font appel pour que vous soyez solidaires avec eux dans leur douloureuse lutte contre le Makhzen. Leurs enfants sont arrêtés injustement, leurs pères dorment à même le sol et à ciel ouvert à Essaouira dans l’avenue principale et leurs mères continuent à manifester sur le site du barrage contre le mépris , l’injustice et la tyrannie.

Association Tifawt
(traduction: mohammed hifad)

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Affaire des Inknafn et le barrage Zrar , Commune de Sidi Al Jazouli Inknafn,Haha,Province d'Essaouira
Par Mohamed Hifad, 14/5/2011

Je viens d'apprendre de source sûre et avec un grand soulagement ,que les Inknafn, à bout de force et de patience , ont arrêté leur sit-in le jeudi matin 12 mai 2011 vers dix heures suite à la visite que leur a rendue le gouverneur de la Province en personne,monsieur Nabil Kharroub, en leur assurant qu'il prend en charge lui-même leur dossier , qu'il viendra sur le site pour régler leur différend avec la société qui construit le barrage et les a renvoyés à ses frais chez eux.
Ceux parmi eux qui sont envoyés à Safi pour le même problème ne sont pas encore rentrés .Seule l'AMDH et quelques associations les ont aidés durant leur long sit-in sous le soleil et dans le froid chargé d'humidité d'Essaouira.On constate l'absence totale des partis politiques qu'on ne verra bien sûr qu'au moment des élections. 
Selon ma source d'information , le geste du gouverneur est humainement louable et très apprécié par les habitants mais ils savent très bien qu'il ne peut malheureusement rien contre le puissant lobby de la dépradation qui est derrière cette sale affaire d'abus de pouvoir, de corruption et du détournement des lois en vigueur en toute impunité!

Sahara Occidental : Rabat épinglé par Amnesty International


Par La Rédaction de Donne ton avis, le 14/5/ 2011

L’ONG a relevé dans son rapport annuel de 2011 de graves atteintes aux droits de l’homme au Sahara occidental.
«Les autorités marocaines ont continué à réprimer la liberté d’expression et d’association pour les Sahraouis prônant l’autodétermination», lit-on dans le rapport, qui souligne le harcèlement, la surveillance par des agents de sécurité, de la population sahraouie, dont les organisations qui militent en faveur des droits de l’homme sont continuellement bloquées, souligne cette organisation.
Amnesty International mentionne dans son rapport la détention de nombreux militants, comme Ahmed Alansari, Brahim Dahane et Ali Salem Tamek ( graciés depuis peu - ndlr) qui restent enfermés dans les geôles marocaines.
Le rapport signale également de nombreux cas de torture et autres mauvais traitements subis par les Sahraouis.
«Il y a eu de nouveaux rapports sur la torture et les mauvais traitements, notamment par la Direction de la surveillance du territoire (DST), et, dans certains cas, la Brigade nationale de la police judiciaire, apparemment commis dans la plupart des cas, en toute impunité», souligne Amnesty International, qui mentionne des méthodes comme «les chocs électriques et les menaces de viol».
Plusieurs militants pour la cause sahraouie ont été détenus et torturés par la police marocaine et des femmes violées au cours de leur arrestation. Amnesty rapporte aussi la mort de Fodaïl Aberkane survenue le 18 septembre dernier à la suite d’une hémorragie interne provoquée lorsqu’il a été battu par un groupe de sept ou huit policiers au poste de police de Salé. Devant tous ces dépassements, la plateforme pour la solidarité au Sahara Occidental demande au gouvernement et aux autorités européennes d’exercer des pressions sur le Maroc, «pouvant aller si nécessaire, jusqu’à des sanctions», pour qu’il applique le droit international et respecte les droits de l’homme au Sahara occidental.
La plateforme, considère que le gouvernement français «s’est fait une nouvelle fois le porte-parole des autorités marocaines en refusant l’extension du mandat de la Minurso et en soutenant ouvertement le projet marocain d’autonomie bien qu’il bafoue le droit international fondé sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes».
La plateforme relève également que «malgré l’aggravation de la répression» contre la population sahraouie, notamment pendant et depuis le démantèlement du camp de Gdeim Izik, en novembre dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU, «a refusé, sous la pression de la France», d’inclure la surveillance des droits de l’homme dans les compétences de la Minurso qui reste la seule mission de paix des Nations unies «dépourvue d’un mandat de surveillance des droits de l’homme».
Réaffirmant sa «solidarité» avec la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance, la plateforme fait part de sa «détermination» à poursuivre son action contre les violations des droits de l’homme au Sahara occidental, «pour un mécanisme onusien de surveillance des droits de l’homme et pour la mise en œuvre rapide du référendum d’autodétermination qui permettrait enfin au peuple sahraoui de décider librement de son avenir».

Mots clés : Amnesty International, Droits de l'homme, Ong, Rabat, sahara occidental

http://www.donnetonavis.fr/actu/news/sahara-occidental-rabat-epingle-par-amnesty-international.html

Clichy-sous-bois :La deuxième mort de Zyed et Bouna.-

De Jacqueline Charretier (atp) - Uzès.9/5/2011


27 avril 2011. Le verdict est tombé à la fin du procès des policiers accusés de n'avoir pas porté secours aux trois enfants qui, le 27 octobre 2005, avaient pénétré dans les locaux d'un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois :
NON LIEU.
Pourtant, ce 27 octobre 2005, pas moins de onze policiers avaient pouchassé ces trois enfants qui rentraient vite chez eux, après une partie de foot, pour la rupture du jeûne un soir de ramadan. Pourtant, l'un de ces policiers avait annoncé l'entrée de ces jeunes dans l'enceinte du transformateur en pronostiquant leur mort.

Zyed et Bouna sont morts. Leur copain qui a survécu était gravement brûlé. Bien fait pour eux ! Dans la foulée, le ministre de l'Intérieur, sans un mot de compassion pour ces enfants et leurs familles et avant tout début d'enquête, avait repris, mot à mot, le rapport des policiers et condamné les jeunes sacrifiés. Plus que toute autre raison, c'est l'étincelle qui a allumé la révolte des banlieues. Et il semble bien que tous ceux qui, deux ans après, ont élu avec enthousiasme ce pourfendeur de la racaille à la présidence de la République aient totalement oublié cet événement prémonitoire de sa politique... ou, au contraire, en aient fait un argument de leur choix.

Et voilà, six ans après la mort de Zyed et Bouna, "Non lieu" pour ces "gardiens de la paix" qui avaient frénétiquement et aveuglément provoqué leur mort et, en tout cas, ne l'avaient pas prévenue, comme c'est le rôle de tout adulte responsable.

C'est révoltant - et désespérant. Et je ne peux m'empêcher de repenser à la plaidoierie si pertinente, humaine et juste d'Henri Leclerc dans sa défense de la famille du jeune -et innocent- lycéen de St. Ex, mort dans les locaux du commissariat de Mantes-la-Jolie, et qui, après onze ans d'attente d'un procès, a obtenu la condamnation, même si minimisée, de deux policiers responsables des coups et du médecin qui n'avait pas cherché à éviter l'issue fatale.

Mais aujourd'hui, le pouvoir suprême utilise le Parquet pour empêcher la justice de se faire et permettre au président de la République de resollliciter tranquillement un deuxième mandat qui lui permette de poursuivre son travail de sape des valeurs de la République, des fondements de la constitution et de l'indépendance des pouvoirs, tout en camouflant les turpitudes de sa politique.

Zyed et Bouna sont morts en 2005. C'est vraiment de leur faute. En 2011, la justice française nous dit : Circulez, il n'y a rien à voir. L'affaire est enterrée.

Maroc : Mawazine, le festival de monsieur le secrétaire particulier de Sa Majesté mettra-t-il le feu aux poudres ?

Par Abdelhak Serhane 13/5/2011

Alors que s'ouvre à Rabat, vendredi 20 mai, le festival musical Mawazine, l'écrivain marocain Abdelhak Serhane dénonce dans cette «Lettre à Marda» l'indécence d'une manifestation destinée à faire illusion dans un pays où sévissent une répression violente et une pauvreté diffuse.

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«Il n'y a point d'honneur dans les persécutions. Il n'y reste point la plus petite parcelle de l'esprit chevaleresque, mais plutôt un délire de lâcheté (...). L'homme est plus cruel que l'animal (...), l'imagination invente des supplices parce qu'elle veut tuer quelque chose en l'autre, quelque chose qui fait honte au bourreau. » Alain, Esquisses de l'homme

A l'agent de sécurité marocain qui a levé son gourdin 
sur moi 
Monsieur l'agent,

Le langage officiel t'a baptisé Gardien de la paix, agent des Forces auxiliaires, du Corps mobile d'intervention, du Groupe d'intervention rapide... Les gens du peuple t'ont affublé de ce sobriquet Marda, devenu ton patronyme de fonction. A tous ces surnoms, je préfère Bouzriwita, car ton identité et ton existence te sont conférées par ton instrument de travail, ce gourdin dont le destin s'est confondu avec le tien. Tu es le bras de la répression, il en est l'outil.

Je t'écris cette lettre (que tu ne liras sans doute jamais) pour te rappeler ce jour sous le soleil de la nouvelle ère où tu as levé ton gourdin sur moi. C'était l'année où le Seigneur des panneaux, avec la baraka et l'appui de son roi, a détourné des hectares de terre à son profit, à des prix modiques, dont ceux des habous, puis le terrain du FUS (Fath Union Sport) en plein centre de Rabat, phagocytant l'économie du pays par de nouveaux mécanismes d'exploitation, institutionnalisant l'ère des quadras-M6-au-dessus-des-lois-accumulateurs-de-richesses-et-de-pouvoir. Ou peut-être cette autre année où Himma, lui aussi fort du soutien de son ami le roi, a créé son PAM (Parti des Attentistes Marocains) pour prendre en otage le cirque politique national, comme le RNI (Rassemblement des nationalistes indépendants) sous Hassan II ou l'UC (Union constitutionnelle). A moins que ce soit le jour où chaque petit pion de la famille El Fassi a occupé une case confortable dans l'échiquier de l'Etat, faisant échec et mat au jeu de l'égalité des chances.

Qu'importe! Le Palais reprend les mêmes pour nous réchauffer leur soupe insipide. De toutes les manières, la scène dont j'ai été témoin se répète tellement souvent qu'elle doit être devenue banale pour toi. Les années se suivent et sont plus amères les unes que les autres. Pessimiste dis-tu? Plutôt lucide. Car, je me souviens de ce jour néfaste où tu as levé ta matraque sur moi devant le Parlement. De jeunes diplômés-chômeurs étaient assis à même l'asphalte, scandant pacifiquement des slogans pour revendiquer du travail. Du travail pour vivre, entends-tu? A part le bruit des voix, tout se passait dans le calme. Puis, tout à coup, l'assaut a été donné. Et vous avez chargé, comme des forcenés, gourdin levé. Vous avez tapé dans le tas sans distinction d'âge ou de sexe sur des corps sans défense. Les cris de douleur se sont élevés. Le sang a giclé. Des corps ensanglantés ou inanimés jonchaient le sol. Les coups pleuvaient. Des insultes ordurières fusaient de vos bouches. Les rideaux des magasins furent baissés. J'assistais, éberlué et impuissant, à une scène barbare qui se déroule au XXIe siècle, dans mon pays, sous un régime monarchique constitutionnel qui crie sur tous les toits qu'il incarne démocratie, modernité et Etat de droit.
Scandalisés, des touristes étrangers ont pris des photos en souvenir de ce fameux tabassage dans le plus beau pays du monde. Et j'ai eu soudain honte d'appartenir à ce Maroc dont le régime tabasse en plein jour sa jeunesse sur le plus grand boulevard de la capitale. Pourquoi? Parce que ces diplômés-chômeurs veulent travailler. Et ils le revendiquent avant de s'immoler par le feu sous le regard indifférent des décideurs.
Je me trouvais, ce jour-là, dans l'un des lieux du déshonneur national. Dans mon désarroi, je ne t'ai pas vu venir dans ma direction. Ton gourdin s'est levé et a failli s'abattre sur moi. Je ne sais par quel miracle ton bras a suspendu son geste. Devant mes cheveux blancs, tu as peut-être pensé que je n'avais rien à voir avec ces quémandeurs d'emploi. Je n'ai vu que tes yeux, et une haine excessive dans ton regard. Haine féroce, inexplicable, cruelle, meurtrière. J'ai crié: Pourquoi tu les tapes? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait pour t'acharner sur eux? Tu aurais pu être à leur place... Tu m'as regardé avec cette même haine insoutenable et tu m'as répondu: Que veux-tu que je fasse? C'est mon travail! Puis tu es retourné frapper aveuglément ces corps sans défense, meurtris, brisés, abattus, au milieu des cris, des larmes et du sang.
Mon cher Bouzriwita, souviens-toi de ce jour damné, mais aussi de tous ces instants où ta matraque assomme les enfants de ton pays, tes compatriotes, peut-être tes voisins, les jeunes de ton quartier, tes amis, tes cousins ou tes frères et sœurs... Et le soir, quand tu vas te coucher après une journée bien remplie de coups de matraque et de brodequin, souviens-toi des cris de détresse de ces victimes dont tu viens de briser les os et lacérer les chairs. Souviens-toi du sang, des larmes des jeunes filles, des appels au secours. Quant à moi, je me souviendrai toute ma vie de ton regard rempli d'animosité et de ta réponse malheureuse. Mon travail! as-tu dit. Travail de désolation! Le plus ignoble, le plus indigne des métiers. Quand ton gourdin s'abat sur un être humain, sache que c'est sur la liberté que tu cognes, c'est la citoyenneté que tu massacres et le droit à une vie digne. Tu matraques l'espoir à la démocratie et tu prêtes ton bras à la tyrannie contre un salaire de misère afin que la loi de la jungle continue à semer la terreur dans le cœur des gens. Tu assassines l'espoir de ceux qui se battent pour toi et pour ta dignité...
Ceux que tu tabasses sont ceux-là mêmes qui te donnent ta bouchée de pain. Les bras que tu brises chaque jour, sont ces bras-là qui te nourrissent. Car les impôts c'est nous, la TVA c'est nous, le dur labeur qui enrichit nos détracteurs c'est nous. Ton salaire et l'argent qui te procure ta matraque c'est encore nous. Tous ces gens que tu pourchasses et bastonnes, chaque jour que Dieu fait, dans les rues, sur les places publiques, les avenues, devant le parlement et les ministères... ce sont eux qui te permettent de vivre et te procurent l'illusion sinistre d'une autorité que tu penses avoir.

Mais la vraie raison de cette lettre, monsieur Bouzriwita est la suivante. Du 20 au 28
mai, tu seras mobilisé pour assurer l'ordre et la sécurité pendant la Xe édition du festival Mawazine. Entre deux bastonnades, tu verras défiler des dizaines d'artistes venus du monde entier pour distraire le peuple élu qui vit dans le plus beau pays du monde dont tu fais partie. Ton fantasme s'accrochera sans doute à l'anatomie de Shakira. Tu as raison. La frustration dans laquelle on nous enferme fait de nous un peuple aux désirs refoulés. Shakira va chanter et danser pour toi et devant tes semblables. Majidi pense à vous, atténue vos malheurs une fois l'an avec cet événement éphémère. Et l'éphémère a un prix. Celui de Mawazine coûte cher, très cher.
Alors, quand tu te rinceras l'œil sur les contours sublimes de ce physique d'albâtre, demande-toi, mon cher Bouzriwita, combien Shakira est rémunérée pour venir inspirer ton inhibition? Pose-toi la question parce qu'elle en vaut la peine. C'est, pour toi, la seule question qui mérite d'être posée. Pour ce beau pays qui est le tien, la voix de Shakira va nous coûter combien à ton avis? A l'aide de ton gourdin, tu peux procéder à un calcul rapide en traçant des chiffres dans la poussière. Tu arriveras fatalement à ce résultat: il te faudra tabasser tes compatriotes pendant des siècles pour arriver à aligner la somme correspondant au cachet de Shakira pendant Mawazine. N'oublie pas d'ajouter le prix des billets d'avion, les hôtels de luxe, les réceptions, le champagne et le feu d'artifice pour la cérémonie de clôture! Shakira n'est qu'un exemple. Chaque année, ce sont plusieurs centaines de millions en devises qui partent en fumée pour que Majidi te fasse admirer ce que la planète a engendré de célébrités.
Tu vois mon petit Bouzriwita, aucune folie n'arrête ceux qui arment ton bras qui sème la terreur, tue la dignité et la liberté de tes concitoyens. Mais ils n'ont aucun scrupule à vous laisser patauger dans la pauvreté, l'ignorance et la boue des bidonvilles. Tu as fait ta grève, la rue a fait pression. L'approche de Mawazine a fait le reste. Tu es content de toi, ils ont revu ton traitement à la hausse. Le festival de monsieur le secrétaire particulier de Sa Majesté peut se dérouler dans de bonnes conditions grâce à la dextérité de tes frappes. Et pendant que tu défends les intérêts de ces gens à coups de matraque, au risque de tuer et de te faire tuer, ils continuent eux à détourner les richesses de ce malheureux pays en toute impunité et à se vautrer dans le luxe insultant des parvenus de la nouvelle ère. Ce système que tu sers aveuglement porte un nom peu glorieux. C'est un despotisme absolu où le clan tribal impose la loi du silence à la majorité.
Détrompe-toi mon petit Bouzriwita, je suis pour tous les Mawazine qu'ils veulent. Mais pas au détriment de la démocratie et de la liberté du peuple. Pas avant le bien être des populations. J'aurais honte de cautionner ce leurre pseudo-culturel qui n'a aucun sens dans un pays où plus de la moitié de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté. Mawazine n'a jamais été pour moi et ne le sera jamais tant que les chances ne sont pas les mêmes pour tous, que la corruption du makhzen et l'exclusion sévissent, que l'université ne produit plus que des promotions de jeunes diplômés-chômeurs, que la justice dépend de la volonté des puissants, les hôpitaux sont des mouroirs, que l'islam est instrumentalisé à des fins politiques ou mercantiles, que les enfants dorment dans les rues, que les petites bonnes sont exploitées dans des familles aisées, que la dignité des Marocains est piétinée, qu'une poignée de familles use du pays comme de son héritage.
Tu ne connais pas Franz Fanon. Ce n'est pas grave. «L'homme est aussi un non, a dit ce penseur. Non au mépris de l'homme. Non à l'indignité de l'homme. A l'exploitation de l'homme. Au meurtre de ce qu'il y a de plus humain dans l'homme: sa liberté.» Si ce festival est maintenu ce sera, à mon sens, l'expression de ce grand mépris que le système manifeste pour tous les malheurs du peuple. Des voix s'élèvent pour dire non à Mawazine. Céder parfois n'est pas une faiblesse, mais le signe d'une grande sagesse. Majidi cédera, ne cédera pas! Il est chez lui dans ce Maroc riche de ses millions de pauvres. L'obstination du Palais dans le contexte actuel risque d'être fatale. Une question capitale, décisive, inéluctable se pose: avec Mawazine, Majidi va-t-il fournir à la révolution marocaine l'étincelle qui lui manque pour mettre le feu aux poudres? La pression exercée sur Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, Ali Abdallah Saleh, Bachar el Assad... par leur entourage pour l'emploi de la force et l'intransigeance a fini par les acculer tous, plongeant leurs pays dans l'horreur. A l'instar de tous les pays de la région, les hommes du roi sont-ils en train de conduire le Maroc vers une situation irréversible? Albert Memmi, un autre que tu dois ignorer, a dit: «Quand un peuple n'a d'autre ressource que de choisir son genre de mort, quand il n'a reçu de ses oppresseurs qu'un seul cadeau, le désespoir, qu'est-ce qui lui reste à perdre ? C'est son malheur qui deviendra courage.»

Avant de te quitter, mon petit Bouzriwita, j'ai plusieurs questions à te poser: Tu touches combien? Tu habites où? Es-tu marié? Tes enfants vont-ils à l'école? Tes parents sont-ils en vie, vieux ou malades? Ils sont comment tes fins de mois? Le bakchich que tu touches des gens humbles ne te fait-il pas honte? Tes rêves sont-ils peuplés des cris de ceux que tu saignes? Je sais. Ton pain et ton sommeil sont amers car ceux que tu démolis sont des innocents. Ton salaire aussi est amer. Ton niveau d'études et de vie! Ta famille, tes espoirs, tes projets? De ta naissance à ta mort, ton existence est à plaindre face au cachet en devises que Shakira va encaisser pour une heure ou deux sur la scène du festival Mawazine!

Ne te fie pas trop à ta force, mon petit Bouzriwita, ni à cette prétendue supériorité que tu exerces sur tes semblables. Sans ta matraque tu ne vaux pas un oignon, et avec elle, tu es trois fois rien. Car, ton lot est l'oppression. Tu vis pour opprimer tes concitoyens. Et tu vis pour être opprimé par tes maîtres. Misère est ta misère et grande est notre souffrance! Ton bras se trompe d'ennemi et d'époque. Ceux que tu tabasses sont tes doubles, tes frères jumeaux. J'espère que la prochaine fois, tu sauras utiliser ton instrument de travail à bon escient. Autrement, continue à bastonner tes compatriotes pendant les siècles à venir afin d'économiser le cachet offert par Si Mounir Majidi à l'un de ces artistes étrangers pour une performance de quelques heures. Et dans plusieurs siècles In châa Allah, quand tu auras épargné cette somme folle, alors tu pourras sortir de ton bidonville et habiter une maison confortable dans un quartier convenable, t'acheter une voiture pour emmener ta famille en vacances à Moulay Bousselham, envoyer tes enfants dans une bonne école et tes parents à la Mecque... Tu finiras ta vie très vieux et très heureux dans le plus beau pays du monde et, dans tes prières, tu béniras le système marocain qui t'a permis t'avoir ce travail, a armé ton bras d'un gourdin et a fait de toi ce cogneur et ce casseur irréductible que tu es, à la solde des tyrans.

Adieu mon petit bourreau. Je sais. Tu me l'as déjà dit. Ton travail est de cogner. Nos oppresseurs sont aussi les tiens. Ne l'oublie jamais! Tu maintiens la stabilité de leur domination sur nous et sur toi, ainsi que l'étendue de leur arbitraire! Ils ont augmenté ta solde pour que tu cognes sans ménagement sur le peuple. Alors, exprime ta gratitude à Mounir Majidi, et cogne de toutes tes forces dans le tas. Mawazine doit être une fête sans contestation ni controverse. Tu es là pour veiller au grain avec ton gourdin. Majidi a tous les droits. Majidi a tous les pouvoirs. On doit respecter de force un homme de l'importance de l'administrateur de la fortune de Sa Majesté. Nanti parmi les nantis, puissant parmi les puissants, coté parmi les cotés par la baraka de Sidna, Mounir Majidi (1) mérite bien un jubilé qui sied à son rang. Les autres aussi d'ailleurs. Le mouvement du 20 février 2011 en a enclenché les préparatifs.

(1) Mounir Majidi est secrétaire particulier et principal conseiller de Mohammed VI (NDLR).

Maroc : L’élaboration d’une constitution par une élite partisane est-elle la tâche fondamentale actuelle ?

Par Youssef Imam, 13/5/2011

L’Alliance de la Gauche Démocratique pense que l’élaboration d’une constitution par elle, se basant sur la monarchie parlementaire, est la tâche fondamentale actuelle qui mobilisera les masses populaires et permettra ainsi une avancée démocratique.
Je ne suis pas d’accord avec cette approche pour les raisons suivantes :

1) La constitution est le reflet du rapport de force et nous ne pouvons espérer un progrès réel sur ce plan sans démanteler l’appareil du makhzen, en commençant par ses éléments les plus honnis : les responsables des crimes politiques et économiques. Donc la tâche fondamentale est celle-là. Et même à supposer, par miracle, que cette avancée constitutionnelle ait lieu sans démantèlement du makhzen, celui-ci la combattra et la mettra en échec.
2) Nous contestons avec force, en boycottant pour certains d’entre nous la commission de la révision de la constitution, le pouvoir que s’est arrogé le régime de superviser la révision de la constitution, comment alors les 3 partis de l’Alliance pourront –ils justifier qu’ils se soient autoproclamés pouvoir constituant ? Est-ce que le peuple les a mandatés pour cela ? Cette approche ne traduit-elle pas l’attitude hautaine et méprisante du peuple de la majorité des élites ?
3) Cette approche, en excluant les forces radicales qu’elles soient de gauche ou non qui ne sont pas d’accord avec elle, affaiblit le mouvement de lutte et nuit à son propre objectif.
4) La tâche d’affaiblir le makhzen vise, entre autres, à préparer les conditions d’une assemblée constituante représentant réellement le peuple marocain et seule habilitée à élaborer la constitution. Cette alternative à l’élaboration de la constitution par une élite, qu’elle soit du makhzen ou d’une partie de la gauche, est réalisable si le mouvement de masse se développe : l’expérience tunisienne le montre.
5) Les 3 partis de l’alliance parlent de monarchie parlementaire, mais sont prêts à accepter que certains domaines de « souveraineté » (armée, appareils de sécurité, relations extérieures…) restent l’apanage du roi. Or, nous savons que ces domaines sont décisifs et constituent le vrai pouvoir. Les contre-révolutions se sont, d’ailleurs, toujours appuyées sur ces appareils.
La monarchie parlementaire n’est donc qu’un slogan dont l’objectif est de se parer d’une certaine radicalité, mais qui conduit, en fait et quelles que soient les intentions de ceux qui la défendent, à renforcer la légitimité d’une monarchie relookée dans la mesure où les conditions de la réalisation de la monarchie parlementaire sont, pour le moment, absentes : le mouvement de lutte n’ayant pas atteint la force suffisante et la monarchie ne montrant pas de disposition à se réformer en profondeur comme en atteste son approche de la révision constitutionnelle.
6) Ceci est d’autant plus vrai que cette alliance veut créer une coalition plus large, regroupant en particulier les syndicats et surtout l’UMT et la CDT , pour élaborer ensemble un projet de constitution. Or, il est clair que les directions de ces centrales ne sont nullement prêtes à lutter pour une monarchie parlementaire( voir leurs propositions de révision de la constitution), et ont mis sous le boisseau, surtout après l’accord du 26 avril, l’arme qui aurait pu, le moment venu, être décisive, à savoir la grève générale nationale : la CDT reportant aux calendes grecques ce mot d’ordre, pourtant décidé démocratiquement par son conseil national, l’UMT, quant à elle, l’escamotant purement et simplement dans le communiqué de sa commission administrative qui l’avait adopté. Il est évident que ce ne sont pas les discussions d’une mounadara qui feront changer de position à ces directions, mais, peut-être, la pression de la rue. Et c’est à cela que doivent s’attacher les vrais démocrates, qu’ils soient pour une monarchie parlementaire ou pour un régime démocratique.
7) Ainsi donc, l’insistance de ces 3 partis à poser la monarchie parlementaire comme préalable à toute action commune avec les autres forces et à élaborer sur cette base un projet de constitution est une tentative de ces partis de contrôler le mouvement du 20 février, au lieu de le laisser s’épanouir, s’élargir, et élaborer, dans la dynamique, les mots d’ordre adéquats à chaque conjoncture. Cette insistance ne peut que semer la division en son sein, freiner ses initiatives, la dévier de ses objectifs et, en définitive, l’affaiblir.
Youssef Imam

« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche,
ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. » Aimé Césaire

وضع دستور من طرف نخب حزبية

هل هي المهمة الأساسية في المرحلة ؟

يعتقد تحالف اليسار الديمقراطي أن إعداد دستور من طرفه مبني على الملكية البرلمانية ، هي المهمة الأساسية حاليا التي ستعبئ الجماهير الشعبية وستمكن من تحقيق تقدم ديمقراطي.

إنني لا أتفق مع هذه المقاربة نظرا لما يلي:

1ـ إن الدستور يعد انعكاسا لميزان القوة. لذلك لا يمكن حصول تقدم حقيقي على هذا المستوى من دون تفكيك جهاز المخزن بدءا بالعناصر الموصومة بالعار والأكثر فسادا: المسئولين عن الجرائم السياسية والاقتصادية. ويشكل هذا التفكيك، المهمة الأساسية الحالية.

وحتى إذا ما افترضنا حدوث هذا التقدم الدستوري ـ بقدرة قادر ـ من دون تفكيك المخزن، فسوف يقاومه هذا الأخير و يفشله.

2ـ إننا نعترض بقوة، من خلال مقاطعة البعض منا للجنة مراجعة الدستور، على السلطة التي استأثر بها النظام لمراقبة تعديل الدستور. وبناء عليه كيف يمكن لأحزاب التحالف الثلاثة تبرير اعتبار نفسها سلطة تأسيسية؟ وهل انتدبها الشعب لأجل ذلك؟ ثم ألا تعكس هذه المقاربة سلوك أغلبية النخب المتعالي والمحتقر للشعب؟

3ـ إن هذه المقاربة، بإقصائها للقوى الجذرية اليسارية أو غيرها التي لا تتفق معها، تضعف حركة النضال و تضر بأهداف أصحابها.

4ـ إن من بين أهداف مهمة إضعاف المخزن ، هو تهيئ الشروط لمجلس تأسيسي يمثل الشعب المغربي بشكل فعلي، ويمتلك دون غيره صلاحية وضع الدستور. إن هذا البديل لبلورة الدستور من طرف نخبة، أكانت مخزنية أو من جزء من اليسار، ممكن التحقيق إذا نمت حركة الجماهير, والتجربة التونسية تبين ذلك.

5ـ تطرح أحزاب التحالف الثلاثة الملكية البرلمانية، غير أنها مستعدة بقبول بقاء بعض مجالات "السيادة" محتكرة في يد الملك ( الجيش، الأجهزة الأمنية، العلاقات الخارجية...). غير أننا نعرف أن هذه المجالات حاسمة و تشكل السلطة الفعلية. وقد اعتمدت الثورات المضادة دائما على هذه الأجهزة.

إن الملكية البرلمانية ليست سوى شعار هدفه إظهار نوع من الجذرية، بينما يؤدي بالفعل ومهما كانت نوايا المدافعين عنه، إلى تقوية شرعية ملكية شاخت وخفت بريقها. باعتبار شروط تحقيق الملكية البرلمانية في الوقت الراهن غائبة: فالحركة النضالية لم تبلغ بعد القوة الكافية و الملكية لا تظهر أي استعداد للإصلاح العميق كما تبين ذلك مقاربتها لمراجعة الدستور.

6ـ ويتأكد هذا من خلال رغبة هذا التحالف خلق تكتل أوسع يضم بالخصوص نقابتي الإتحاد المغربي للشغل و الكنفدرالية الديمقراطية للشغل، لتعد بشكل جماعي مشروع دستور. بينما يتضح أن قيادات هذه المركزيات غير مستعدة بالمطلق للنضال من أجل ملكية برلمانية ( أنظر اقتراحاتهما لمراجعة الدستور). كما أنها أقبرت، وخاصة بعد اتفاق 26 أبريل، السلاح الذي كان يمكن في حينه أن يكون حاسما. ويتعلق الأمر بالإضراب العام الوطني: فالكنفدرالية الديمقراطية للشغل عملت على تأجيله إلى تاريخ غير مسمى، بالرغم من إقراره بشكل ديمقراطي من طرف المجلس الوطني. أما الإتحاد المغربي للشغل فقد أسقطه عن بيان اللجنة الإدارية التي تبنت قرار خوضه. ويتضح جليا كون النقاشات التي قد تعرفها المناظرة المزمع عقدها، لن تغير من مواقف هذه القيادات، وإنما، ربما، قد يتأتى ذلك من خلال ضغط الشارع فقط. وهو ما يجب أن يركز عليه الديمقراطيون الحقيقيون سواء كانوا مؤيدين للملكية البرلمانية أو مناضلون من أجل نظام ديمقراطي.

7ـ من هنا، فإن تأكيد هذه الأحزاب الثلاث على وضع الملكية البرلمانية كشرط لأي عمل مشترك مع القوى الأخرى و التهيئ على هذا الأساس لمشروع الدستور، ليس سوى محاولة من طرف هذه الأحزاب للتحكم في حركة 20 فبراير، عوضا من تركها تنمو و تتسع وتصوغ في صيرورتها النضالية الشعارات المناسبة لكل مرحلة. ولا يمكن لهذا الإلحاح (على الملكية البرلمانية) سوى زرع التفرقة في صفوف الحركة، وخنق مبادراتها و تحريف مسارها عن أهدافها، وفي واقع الأمر وآخر المطاف، إضعافها.
يوسف إمام
" سوف يكون فمي فما للمظلومين، الذين لا فم لهم. وصوتي، حرية من يذبلون في زنازين اليأس" (إيمي سيزير)

Caravane des victimes de la politique de l'habitat vers Rabat

Par Ali Fkir, 13/5/2011

Le "comité de suivi du dossier de l'habitat à Casablanca" composé des représentant-es des quartiers populaires et de l'AMDH, section de Casablanca, a décidé au cours d'une réunion élargie tenue au siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VOIE DEMOCRATIQUE):
- D'organiser une conférence de presse au local du syndicat national de la presse ( avenue Rehhal Meskini  Benjdia Casablanca) et ce, le lundi 16 mai 2011 à 9 heures du matin
- D'organiser vers Rabat la caravane des victimes de la politique de l'habitat et ce, le mercredi 18 mai 2011.
Un sit in sera observé devant le parlement à midi le même jour