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mardi 22 juin 2010

La Flottille de la Liberté: témoignages

Youcef Benderbal: Le devoir d’agir contre le blocus israélien de la bande de Gaza

Entrevue réalisée par Aziz Enhaili pour Tolerance.ca, 21 juin 2010

Youcef Benderbal est responsable depuis 2003 de la communication du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP). Une organisation soupçonnée par ses détracteurs de collecter des fonds pour le Hamas palestinien. Il était le premier des sept humanitaires français à retourner dans l’Hexagone, après l’arraisonnement israélien sanglant de la «Flottille de la liberté», qui se dirigeait vers la bande de Gaza. Comme il se trouvait sur place au moment des événements, nous l’avons interviewé pour récolter son témoignage sur ce qui s’était passé dans les eaux internationales.

Aziz Enhaili: Pouvez-vous nous présenter brièvement le (ou les) organisateur(s) de la «Flottille de la liberté» pour la bande de Gaza?

Youcef Benderbal: La «Flottille de la liberté» a été le fruit d'une âpre et longue préparation qui a nécessité un nombre important de réunions. Ce fut un travail entrepris au nom des valeurs et principes humanitaires quoiqu'en disent nos détracteurs. Les principaux organisateurs qui figurent au centre de la coalition sont: le mouvement «Free Gaza», la «Campagne Européenne pour la fin du blocus de Gaza» (ECESG), l'ONG turque «Insani Yardim Vakfi» (IHH), l'«Organisation Perdana pour une Paix Globale», les ONG grecque et suédoise «Bateau Pour Gaza» et le «Comité International pour la levée du blocus de Gaza». S’y ajoutent de nombreuses organisations (dont la mienne, le «Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens»: CBSP), qui ont apporté un soutien financier. Le CBSP agit, depuis sa création en 1990, au nom de la générosité du peuple français. Contrairement à ce que rapportent nos détracteurs, nous n'entretenons aucune relation avec quelque mouvement palestinien que ce soit. Nous sommes une ONG française qui œuvre dans la légalité et la transparence en toute indépendance. Cela fait 20 ans que nous aidons le peuple palestinien dans son ensemble à travers de nombreux projets civils. Le CBSP agit également au profit des réfugiés palestiniens vivant dans les camps du Liban et de Jordanie. En 2009, notre ONG a récolté plus de 13 millions d'euros de dons dont 4,5 millions consacrés aux Gazaouis durant la même année. C'est au nom des milliers de donateurs qui nous font confiance que nous répondons à la détresse et que nous préservons la dignité des plus vulnérables. Le CBSP est un facteur de paix et non un vecteur de haine. Pour ce qui est de l’IHH, je ne l’ai connu que récemment. Elle a apporté une contribution majeure au sein de la coalition internationale. Dès le départ, ses responsables ont expressément mis en avant le caractère humanitaire de leur mission prenant soin de mettre en garde les autorités israéliennes contre toute attaque. En vain! Ce qui a conduit par la suite aux évènements tragiques qui étaient en soi évitables.

Aziz Enhaili: Quelles ont été les raisons qui vous avaient poussé à lancer cette opération humanitaire?

Youcef Benderbal: Mon organisme, le CBSP, a rejoint cette initiative internationale d’aide à la population de la bande de Gaza. Face à une situation humanitaire plus que désastreuse qui accable cette population, nous avons uni nos efforts pour lui signifier qu'elle n'était pas seule au monde en ces moments pénibles. Notre action commune représente, à plus d'un titre, une solidarité internationale vivante: 10 000 tonnes d'aides humanitaires furent ainsi réunies en faveur des Gazaouis. Le CBSP a quant à lui débloqué un million d'euros pour l'acquisition d'une centaine de maisons préfabriquées dans le cadre d'une campagne solidaire intitulée «Une famille, un toit». Une action qui s’explique par le fait que plus d’un an après la fin de l'opération israélienne de l'hiver 2008/2009, du nom de «Plomb durci», la phase de reconstruction de la bande de Gaza n'a jamais débuté et des familles entières continuent de dormir dans des tentes.

Aziz Enhaili: Quels étaient les objectifs recherchés par le comité organisateur de cette opération?

Youcef Benderbal: En aucun cas, la «Flottille de la liberté» ne s'est constituée en prônant la haine des Juifs ou la violence anti-israélienne. Je le dis et le répète, le caractère de ce convoi maritime exceptionnel était strictement humanitaire. Apporter de l'aide à une population totalement coupée du monde est un acte de solidarité humaniste. En aucun moment, nous nous sommes inscrits dans le registre de la provocation ou celui de la confrontation. Nous avons répondu sans tergiverser à une profonde détresse gazaouie connue de tous. Un haut responsable onusien s'est même prononcé en faveur de l'acheminement de l'aide y compris par voie maritime. L'humanité régresse à coup sûr lorsque des drames insoutenables comme celui de Gaza s'installe dans la banalisation. Aider au plus près et agir contre le blocus étaient, à nos yeux, un devoir à accomplir.

Aziz Enhaili: Comment cette initiative s'est-elle déroulée?

Youcef Benderbal: En constatant combien le blocus israélien de la bande de Gaza a affecté tous les aspects de la vie de la population civile (dont le décès de centaines de patients faute de soins appropriés), nous ne pouvions rester les bras croisés. Il fallait agir sans plus tarder. La «Flottille de la liberté» était composée au final de six bateaux civils. Nous avons assisté personnellement au chargement du cargo grec (le Spendova). L'aide humanitaire comprenait, entre autres, une centaine de maisons préfabriquées, une quarantaine de fauteuils électriques pour personnes handicapées, des stations de dessalement, du matériel médical. Durant quatre jours, il y avait une activité intense et fébrile dans le port d'Athènes. De l'aveu même des organisateurs, un tel succès n'était pas prévisible. Au fil des mois de préparation, le doute a cédé la place à la certitude. On ne s'attendait pas que pareille initiative crée une formidable chaîne de solidarité mondiale. On compte plus d'une quarantaine de nationalités associées à cette initiative. Des centaines de personnes de tous bords épris de paix et de justice et dont le seul dénominateur commun était: Halte au blocus de la bande de Gaza!

Aziz Enhaili: Avez-vous été surpris de l'emballement de la gestion de cette opération?

Youcef Benderbal: Tous les participants internationaux ont été jusqu'au bout de leur engagement. Face aux menaces de Tsahal, notre détermination a été la plus forte. Le droit et la justice sont de notre côté. Nous n'avons rien fait d'illégal pour avoir été agressé avec une violence qui a coûté la vie à neuf personnes, sans compter les nombreux blessés, qui plus est, dans les eaux internationales. Au-delà des sursauts de conscience que nous espérons, les médias du monde entier devraient plus s'attarder sur les violations du droit international par l'armée israélienne qui, de notre point de vue, agit en toute impunité. Il ne faudrait surtout pas oublier les autres atteintes contre la paix: colonies, check-point, mur en Cisjordanie, destruction, menaces et expropriation à Jérusalem-Est...

Aziz Enhaili: Y avait-il à bord du bateau turc des armes?

Youcef Benderbal: En raison d’une démarche humanitaire stricte, le «Mavi Marmara» ne possédait aucune arme à bord. Les témoignages de dizaines d'internationaux présents à bord abondent dans ce sens. D'ailleurs, ce bateau affichait ostensiblement son pacifisme par un message inscrit en gros caractères et en plusieurs langues y compris en hébreu. Plus de deux semaines après l'assaut meurtrier de la «Flottille de la liberté», qu'ont trouvé les Israéliens de si dangereux à bord de nos bateaux? Uniquement de l'aide humanitaire! Aucun des centaines de civils à bord du ferry turc n’était armé! En les assaillant de nuit dans les eaux internationales, les commandos israéliens s'attendaient-ils à un accueil chaleureux. Ils ont sous-estimé la réaction légitime des passagers qui se sont sentis menacés. Il est tout à fait normal de craindre pour sa vie et celle de ses proches. La version de l'agresseur «agressé» ne résiste pas longtemps à l’examen des faits qu’on ne peut occulter.

Aziz Enhaili: Avez-vous atteint vos objectifs?

Youcef Benderbal: L’unique souhait du CBSP et de l'ensemble des membres de la Flottille était d’apporter une aide concrète aux habitants de la bande de Gaza, qui sont assiégés et affaiblis. Par notre présence et notre soutien, nous avons voulu être une source de réconfort pour eux. Il est inconcevable, voire inacceptable, de laisser 1,5 millions d'êtres humains enfermés dans un territoire exsangue et surpeuplé. Parallèlement, nous nous sommes opposés de façon pacifique à cette cruelle punition collective qu'est le blocus israélien. Rappelons-nous que ce dernier est tout à fait illégal au regard du droit international humanitaire. Nous avions tant souhaité que l'aide humanitaire soit acheminée par nos propres soins et non par ceux des Israéliens. Maintenant, de plus en plus de consciences s'insurgent devant autant de souffrances. Il y a un réel consensus de par le monde: le blocus illégal de la bande de Gaza doit cesser au plus vite!

Aziz Enhaili: Quelle est la suite que vous entendez donner à votre opération?

Youcef Benderbal: Il est évident que d'autres «Flottilles de la liberté» se mettront en place tant que le blocus israélien perdure. D'ores et déjà, on ne compte plus le nombre de sympathisants qui expriment leur désir de participer aux prochains convois. Une fois de plus, la mobilisation est mondiale, et la solidarité immense. Nous sommes conscients de la difficulté de notre mission axée autour de l'aide humanitaire au profit de Gaza. Aussi, il est du devoir de la Communauté internationale dans son ensemble de mettre un terme définitif aux agissements israéliens chaque fois qu’ils se révèlent contraires au droit international. Nous avons vu où peut mener l'impunité des uns et l'irresponsabilité des autres...

Aziz Enhaili: Si oui, dans combien de temps prévoyez-vous «récidiver»?

Youcef Benderbal: Les prochains mois seront mis à profit pour mettre en œuvre une flottille humanitaire rassemblant encore plus de bateaux, encore plus de participants. On ne peut que se féliciter de voir qu'il existe dans de nombreux pays une mobilisation qui va dans ce sens. Rappelons que ces actions totalement pacifiques sont la conséquence directe de ladite impuissance de la Communauté internationale. Les paroles aussi sincères soient-elles ne suffisent plus. Place au respect du droit!

samedi 19 juin 2010

Illettrisme, analphabétisme, exclusion… comment l’école fabrique les handicapés

Par Alain Bentolila,l'économiste, 18/6/2010
Les systèmes éducatifs marocains, algériens et subsahariens sont des machines à fabriquer de l’analphabétisme et de l’échec parce qu’ils n’ont jamais voulu (ou su) résoudre la question qui les détruit: celles des choix linguistiques.
Arriver à cinq ou six ans dans une école et y être accueilli dans une langue que sa mère ne lui a pas apprise, est pour un enfant une violence intolérable. Être confronté à des mots écrits qui ne correspondent à rien dans son intelligence est la promesse de ne jamais apprendre à lire.
Bien des réformes, des chartes, des plans se sont succédé; aucun n’a réussi à imposer la nécessité de construire un système éducatif au service d’un développement endogène. Seule une redéfinition de l’éducation sur la base de véritables choix linguistiques et économiques peut constituer un horizon d’espoir pour ces peuples. C’est aussi, à long terme, pour la France la seule réponse sérieuse à une immigration que la désespérance rendra de plus en plus incontrôlable.
Illettrés en deux langues
S’il est une promesse que l’école des pays faussement qualifiés de francophones doit tenir, c’est celle de distribuer de manière équitable les chances de participer utilement à la vie économique et sociale de sa communauté. Cela passe par la maîtrise de la langue maternelle et du français. Sans cela, elle laissera sur le bord du chemin une part de plus en plus importante de sa population et formera des candidats désespérés à l’immigration ou des proies faciles pour le premier prédicateur venu. En insécurité linguistique dans leurs langues maternelles comme en français, ils sont incapables de mettre en mots le monde, incapables de contribuer efficacement au développement de leur pays. Car il ne faut pas croire que, faute de savoir parler, lire et écrire le français, ils maîtriseront leurs langues nationales. Loin de là! Des enquêtes récentes menées au Maroc montrent que parmi 11.000 étudiants des universités de Casablanca, plus de 40% sont quasiment illettrés en français mais aussi en arabe. Incapables de prendre des notes, incapable de lire un article de quelques pages en quelque langue que ce soit.
On a ainsi laissé se creuser au sein même de ces écoles un fossé linguistique et culturel qui prive plus de la moitié des élèves de tout espoir de réussite scolaire et rend incertaine leur destinée sociale.
Plus de la moitié d’une classe d’âge quittent ainsi les cursus scolaires après moins de cinq ans d’une scolarité qui ne leur a pratiquement rien appris.
Ils seront livrés à un monde dangereux dans lequel ils ne sauront pas déjouer les propositions des passeurs cupides et des prédateurs d’âmes qui, les uns comme les autres, les conduiront à la désillusion, à la prison ou à la mort. Echec scolaire, échec professionnel, échec intellectuel, voilà où conduit l’incapacité de mettre en mots sa pensée. La défaite linguistique de l’école de ces pays amis manifeste le renoncement des responsables politiques à former intellectuellement les élèves. Elle dénonce aussi l’échec d’une coopération française inefficace, complaisante et cynique. On prive ainsi la jeunesse algérienne, marocaine, sénégalaise… de tout espoir d’agir utilement et pacifiquement sur son propre monde.
Contentons-nous, pour terminer, de citer le problème qui condamne toute réforme éducative à l’échec: c’est le niveau dramatiquement bas des maîtres…
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L’aide coupable
Si l’on veut donner une chance à ces élèves, il faut d’abord reconnaître leur droit d’être accueillis dans une école qui parle leur langue, celle que leurs mères leur ont apprise. Cette condition n’est pas négociable si l’on veut que ces enfants aient une chance d’apprendre leur métier d’élève. L’accueil en wolof ou en serer au Sénégal, en berbère ou en arabe dialectal au Maroc ou en Algérie, en créole en Haïti constitue un tremplin nécessaire à l’apprentissage des langues nationales et du français d’abord à l’oral puis dans leurs formes écrites. Dans une telle perspective, une urgence s’impose: le développement des écoles maternelles qui font cruellement défaut dans ces pays.
C’est pendant le temps préscolaire que l’école aura la possibilité de familiariser les élèves avec la langue dans laquelle on leur apprendra ensuite à lire et à écrire. Ainsi pendant un an au moins, le petit sénégalais vivra sa vie d’élève de maternelle en wolof ou serer, tout en apprenant à maîtriser le français oral. Ce n’est qu’ensuite qu’il pourra s’engager dans l’apprentissage de la lecture en français. Simple, n’est-ce pas? Oui, mais notre coopération préfère arroser (à tous les sens du terme) de tableaux blancs numériques les écoles africaines plutôt que d’apporter son aide à une éducation préscolaire qui profitera aux enfants et aussi aux mères.
Peu importe que ces technologies ne résistent que quelques mois aux conditions de leur utilisation. Peu importe que l’électricité fasse défaut dans la plupart des écoles rurales. On aura quelque chose à montrer aux media, on pourra toujours faire croire à des responsables complaisants que le numérique peut vaincre à lui tout seul l’analphabétisme.
Les maîtres sont quasiment illettrés? Aucun problème, le tableau numérique les remplacera. Les manuels sont désuets, voire inexistants? Qu’importe, Internet donnera accès à tout le savoir du monde. Incompétence et cynisme sont les deux mamelles de la politique française de coopération.
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Apprendre à lire, c’est quoi?
Un enfant ne peut apprendre à lire et à écrire dans une langue qu’il ne parle pas. Quelle que soit la méthode, quelle que soit la pédagogie, cet enfant a fort peu de chances de lire et d’écrire. Prenons le cas de la plupart des petits sénégalais. Ils arrivent à l’école en parlant wolof ou serer et pratiquement pas un mot de français. Cela signifie qu’ils n’ont aucun dictionnaire mental constitué au moment d’entrer dans l’apprentissage de la lecture. Leur maître d’école va, tant bien que mal, tenter de leur inculquer les mécanismes des relations qui relient les lettres aux sons des mots français. Ces élèves vont parvenir laborieusement à mémoriser ces correspondances et donc être capables de traduire en sons français ce qu’ils découvrent en lettres de notre alphabet. Mais à quoi rime cette nouvelle compétence si chèrement acquise si le bruit du mot ainsi fabriqué n’active rien dans le cerveau de l’enfant tout simplement parce qu’il ne possède pas le moindre vocabulaire français? A rien bien sûr! A rien! Ne l’oublions pas: apprendre à lire ce n’est pas apprendre une langue nouvelle, mais retrouver, sous une autre forme, une langue que l’on connaît déjà.
La tragédie du petit sénégalais est la même que celle du petit haïtien créolophone brutalisé par une école en français; elle est encore pire pour le petit marocain qui, s’il est berbérophone, doit franchir une triple barrière: arabe dialectal puis arabe classique puis français; et s’il est arabophone doit s’accommoder (mais comment le peut-il?) à l’arabe classique puis au français, condition de sa réussite sociale. Pour tous ces enfants, apprendre à lire est une mission impossible. Malgré tous leurs efforts, malgré toute leur volonté, la maîtrise de l’écrit reste inaccessible. L’école de ces pays préserve jalousement les privilèges linguistiques culturels et sociaux d’une élite, d’ailleurs de moins en moins francophone, pour le plus grand malheur de l’immense majorité de leurs populations.
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Comment l’Algérie tissa son malheur
sons maintenant faire l’analyse de l’arabisation de l’école en Algérie et ailleurs. Entreprise délicate, certes! Ouvrant aux pires malentendus; mais analyse nécessaire. N’en doutez point! Si j’avais été ministre de l’Education en Algérie, à l’aube de son indépendance, j’aurais sans la moindre hésitation décidé que l’arabe deviendrait la langue d’enseignement de l’école algérienne. Mais, j’aurais choisi l’arabe dialectal et surtout pas l’arabe classique! Panarabisme et affichage religieux furent les ressorts d’une décision qui signa la faillite de l’école algérienne.
Elle eut deux conséquences désastreuses : la première fut de précipiter des élèves ne parlant que le dialectal ou le berbère dans une école qui leur parlait dans un arabe qu’aucun d’eux ne comprenait. La deuxième conséquence est qu’on a choisi une conception de la lecture qui déniait au lecteur la compréhension et l’interprétation. Lire le Coran et le savoir par cœur sont intimement liées à la foi.
En imposant cette langue à l’école publique algérienne, on dissuada les élèves de se faire leur propre idée de n’importe quel texte n’ayant rien à voir avec le Sacré.
La lecture n’est plus un effort personnel, encore moins l’instrument d’une liberté de pensée, mais le fruit d’une révélation. Se mêlent alors verbe et incantation, lecture et récitation, foi et endoctrinement. Le caractère sacré de l’écrit gêne la compréhension car la quête du sens peut paraître profanatrice et impie.
Le respect dû au texte se change en servilité craintive, au point que la compréhension même devint offense. S’ouvrit le risque de ne donner à ce texte qu’une existence sonore, de se contenter de l’apprendre par cœur, en se gardant d’en découvrir et d’en créer le sens. En bref, le choix de l’arabe classique induisit pour le plus grand malheur de l’école une démarche d’apprentissage qui interdit la juste lecture, la juste écriture en arabe comme en français.
Ce ne fut donc pas le choix d’une langue nationale que l’on offrit au peuple algérien, c’est un nouveau joug qu’on lui imposa: le religieux remplaça le colonisateur avec la même conséquence désastreuse pour la formation intellectuelle du petit Algérien. Telle est le vrai visage de l’arabisation en arabe classique; elle a privé le peuple de sa chance d’apprendre à lire et à écrire dans la langue de sa patrie et elle l’a empêché d’apprendre la langue française. Au lendemain d’une révolution si chèrement payée, on a empêché le peuple algérien d’exprimer librement dans sa langue ce qu’il voulait pour les enfants de son pays. L’analphabétisme qui en résulta engendra une vulnérabilité intellectuelle aux thèses intégristes.
La France a aujourd’hui le devoir de contribuer au combat contre l’analphabétisme au Maroc, en Algérie, au Sénégal et dans toute la «francophonie du sud». C’est là un devoir historique car il nous faut refuser que la langue française, que nous avons jadis imposée dans ces pays, devienne aujourd’hui complice de l’inégalité sociale et de l’échec scolaire.
Nous devons coopérer à la refondation d’une école d’ouverture et de tolérance dans laquelle les élèves auront une chance réelle de parler juste, et de lire juste en français comme dans leurs langues maternelles.
Nous contribuerons ainsi à les inciter à préférer les arguments aux fusils, la rigueur à l’obscurantisme, la tolérance à l’intégrisme. La dérive meurtrière de l’Algérie qui a dévasté nos cœurs et défié nos intelligences doit nous mobiliser ; car c’est bien en détruisant l’école algérienne que l’on a livré ce pays aux massacres gratuits et à la désespérance

vendredi 18 juin 2010

La demande d'asile vue par le préfet du Loiret

Ce matin dans l'édition du Figaro.fr le préfet du Loiret affirmait :
Les réfugiés afghans "invoquent le fait qu’ils viennent d’un pays où il y a des persécutions alors qu’ils viennent d’un pays où en réalité il n’y en a pas". «Ils demandent un statut de réfugié, alors on leur délivre des papiers dans l’immédiat parce que quand on invoque le droit d’asile évidemment on est traité de façon privilégiée», a déclaré le haut-fonctionnaire. «Après, en général, on tombe malade. Alors il y a un médecin qui vient dire que les moyens médicaux du pays d’origine ne permettent pas de traiter cette maladie».
Amnesty International France réagit à ces propos choquants, Paris,17/2/010 
Amnesty International France (AIF) est choquée des déclarations du préfet du Loiret*, représentant de l’Etat, qui déclare, à tort, qu’il n’y a pas de persécutions en Afghanistan. Ces propos insinuent que les réfugiés originaires de ce pays sont des menteurs et sous-entendent qu'ils abusent de la procédure d'asile.
Pourtant, la loi française prévoit que toute personne qui demande l’asile a le droit de voir sa demande examinée pour déterminer si elle doit être reconnue réfugiée ou non. Seul un examen individuel des demandes d’asile par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) peut permettre d’établir si les demandeurs d’asile éprouvent des craintes fondées en cas de retour dans leur pays. Cet examen est souvent assez complexe et nécessite au moins un entretien individualisé. Les préfets n’ont aucune compétence pour apprécier le bien fondé des demandes d’asile et doivent se contenter de les enregistrer.
Les représentants de l’Etat français ne devraient jamais faire ce type de déclaration. Outre leur caractère scandaleux, les propos du préfet du Loiret révèlent une ignorance totale de la situation en Afghanistan et donnent une image très négative des personnes qui, parce qu’elles sont persécutées ou risquent de l’être à cause de leurs opinions politiques, de leur religion, de leur nationalité, de leur origine ethnique ou de leur appartenance à un certain groupe social, sont obligées de fuir leur pays. En 2009, les ressortissants afghans figuraient parmi les 10 premières nationalités protégées par la France.
A l’occasion du 20 juin 2010, AIF lance des actions, à Paris et en région, pour rappeler que les réfugiés ont un visage, une histoire et, aussi, des droits.
Plus d’information
Projet de loi Immigration :
www.amnesty.fr/immigration-2010
L'action sur le projet de loi sur l'immigration : www.amnesty.fr/index.php/amnesty/agir/campagnes/refugies_et_migrants/actions/projet_de_loi_relatif_a_l_immigration
Page spéciale sur la journée du 20 juin : www.amnesty.fr/index.php/agir/campagnes/refugies_et_migrants/actualites/les_refugies_ont_un_visage_une_histoire
* Propos repris dans un article du Figaro.fr jeudi 17 juin 2010 : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/06/17/97001-20100617FILWWW00426-sans-papiers-le-prefet-d-orleans-se-lache.php

Maroc : Oppression - lutte /Répression - résistance,

La logique de la lutte des classes
Par Ali Fkir, 18/6/2010
Les masses populaires marocaines n'ont d'autres choix que de résister à l'oppression, que de lutter pour le changement.()Les décideurs répondent par la terreur.
Une partie du bilan d'un mois:
- Missour: 11 arrestations, des dizaines de blessé-es
- Bouarfa 5 poursuites en "justice"
- Talsint: 2 poursuites en "justice"
- Khouribga: 13 ouvriers et 2 sympathisants condamnés à 4 mois de prison ferme et 500dh d'amende
- Agadir, Marrakech...: des étudiants dans les geôles
- A Casablanca des sans-droit au logement salubre poursuivi-es en "justice"
- Des journalistes poursuivis en "justice" et d'autres condamnés
- Deux radios locales ont été sanctionnées
- L'AMDH (avec ses 10 400 militant-es et ses 88 sections ) est harcelée par des forces réactionnaires, des forces conservatrices et autres forces occultes.
Les mouvements sociaux font peur aux tyrans, aux dignitaires et à tous les gardiens des "valeurs sacrées" et autres traditions ancestrales.
L'AMDH, les marxistes, les démocrates conséquent-es, les journalistes honnêtes, les radicaux islamistes, constituent aujourd'hui le grain de sable qui empêche la machine du makhzen de fonctionner selon les voeux des décideurs.Cela leur fait grincer les dents. Tant mieux!

  sit in des sans-logement à Casablanca (16 juin 2010)
Les habitants du village de Talsint ont passé tout le lundi 14 juin à manifester suite à  l'arrestation arbitraire de deux militants syndicalistes (CDT). Les protestataires ont imposé la libération des deux détenus, qui sont poursuivis en "justice" ( en état de liberté)

France : Le nouvel appel du 18 juin à la résistance !

Le plan Sarkozy Woerth Fillon de pillage de nos retraites est le plus  sévère et le plus injustifié d’Europe :

*Par Gérard Filoche, 18/6/2010
1°) C’est la baisse forcée, organisée du niveau des retraites : dans la
vie réelle, la moyenne d’annuités cotisées aujourd’hui est toujours de
36 à 37 annuités (35 en Allemagne) vouloir les faire passer ici à 41,5
c’est vouloir faire sauter les salariés à la perche sans perche, c’est
un trucage, une escroquerie, seul résultat, baisse des pensions !
2°) le recul de l’âge légal de 60 à 62 ans est un parjure de Sarkozy,
c’est un cadeau aux riches et à la finance, une agression contre les
 travailleurs pauvres, contre tous les salariés en difficulté, contre les
jeunes qui n’ont pas de boulot ou suivent des études longues. En fait 60
% des salariés sont déjà licenciés, inaptes, malades ou chomeurs, à
partir de 54, 55, 56, 57, 58 ans... Il faut être d’un cynisme aveugle,
proche des seuls spéculateurs, financiers et charlatans notateurs, pour
oser proposer une telle manipulation. Le nombre d‘années de cotisation
devrait être le nombre moyen réellement cotisé dans la vie réelle.
3°) l’hypocrisie est totale dans la prétendue prise en compte de l’usure
individuelle “au cas par cas” ! Quesaco ce "carnet de santé individuel"
du salarié ? Un système de flicage à vie, nuisant au droit à l’emploi,
sans médecine du travail, celle ci étant subordonnée au patronat et
affaiblie ? La retraite, ce sera donc quand le salarié sera fichu à 20 %
? Qui en décide : le patron ? Comment : sur quels critères ?
l’invalidité sera égale à retraite ? Pas le droit après 35 années de
boulot usant de profiter vraiment de la vie ? Ou commencera l'usure ? au
genou, au dos, aux poumons pleins de poussiére ? Avec un seul poumon
atteint, au boulot encore ? Avec deux poumons atteints à la retraite
vers le cercueil ? à l’AVC à 62 ans après une journée de 15 h au bureau
? Honte à Sarkozy et Woerth : la retraite quand on est à la veille de la
mort, “fichu”, usé, au cas par cas, quand l'espoir est perdu ! Ils ont
jamais tenu un marteau piqueur en main à 55 ans ni connu le stress à
France Télécoms !
4°) la priorité ne doit pas être aux “seniors” mais aux 24 % de jeunes
au chômage ! Laissez les seniors partir en pré retraite !
5°) la minuscule aumône demandée aux riches ne masque pas le lourd
fardeau imposé aux salariés. Dont la baisse du salaire de>> fonctionnaires
de 2,70 % étalée sur 10 ans.
Le refus d’augmenter les cotisations salariales paonales, de faire
sérieusement payer le capital, en haussant les salres est le trait
caractéristique de cette contre réforme dirigée por et par le Medef, la
finance, les amis du Fouquet’s de Sarkozy, fauteurs de crise, de déttes
et de chômage.
Il faut mobiliser dans l’unité la plus large pour mettre des millions de
salariés, jeunes, retraités, dans la rue, le 24 juin et tout le mois de
septembre pour forcer ce gouvernement scélérat à abandonner cette
violente attaque sans précédent contre les retraites.
On peut, on doit, on va forcer ce gouvernement à reculer : 60 ans a taux
plein pour toutes et tous , pas un an de plus, pas un euro de moins, la
France est riche et les richesses si elles sont partagées peuvent
permettre de garder tous nos droits à retraite !

Consultez notre site : *http://www.democratie-socialisme.org* et abonnez
vous à "Démocratie & socialisme" revue mensuelle papier 17° année "pour
ancrer le PS à gauche" 24 p. à votre domicile : 30 euros = 10 numéros =
1 an. Chèques à l'ordre de "D&S" : à adresser D&S 85 rue Rambuteau 75
001 Paris. Voir aussi le blog *www.filoche.net

L’Association des Amis du Peuple du Sahara Occidental (APSO) à la fête de Givors


Les 19 et 20 juin, APSO , accueillie  par l’association APCA, aura  un stand 
à la fête de la ville de Givors
(proche de Vienne et pas loin de Lyon).
Venez  passer un petit ou grand moment boire le thé, parler du Sahara Occidental, écouter la musique, faire la fête ...  le 19, entre 11h et la nuit, le 20 entre 13h et la nuit
Salah Eddine Amaidan, notre champion sahraoui,  sera présent le 19, peut être le 20.
Vous trouverez sur notre stand :
- une expo des objets et vêtements traditionnels, des ouvrages et dvd, une expo de  photos
- nous mettrons des video sur les  campements ou territoires occupés et de la musique
- nous donnerons des infos sur la situation générale des Sahraouis, des infos sur l'accord de pêche, une info sur l'accueil des enfants réfugiés
- nous installerons un atelier "écrire à un prisonnier politique sahraoui"
Apportez vos chapeaux de soleil !


Paris : Conférences gesticulées à l'Université Populaire Gesticulante


« On pourrait définir la conférence gesticulée comme la rencontre entre des savoirs chauds - savoirs populaires, savoirs de l’expérience…- et des savoirs froids – savoirs universitaires, savoirs légitimes, sur tous les sujets qui nous concernent : le social, l’école, la ville, la politique, les retraites….
La rencontre des deux ne donne pas un savoir tiède, mais un orage !
Une conférence gesticulée c’est un point de passage entre l’expérience individuelle et l’histoire collective qui libère la compréhension de notre monde.
L’énergie que le peuple se donne à lui-même.
C’est une forme volontairement pauvre, pour ne pas être parasitée par des considérations  «culturelles» où l’esthétique prendrait le pas sur le politique.
Voir le programme détaillé des Conférences Gesticulées sur cette page: Grand Parquet
http://www.legrandparquet.net/pdf/conferences_gesticulees.pdf
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informations pratiques
::: Du jeudi 17 Juin à 20h au Dimanche 20 à 15h
Du Jeudi 24 à 20h au Dimanche 27 à 15h
::: Le Théâtre du GRAND PARQUET. 20 bis, rue du département, 75018 Paris
::: Téléphone / Réservation : (0)1 40 05 01 50
::: Tarifs : parfois 9€ et le plus souvent 5€

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jeudi 17 juin 2010

Maroc : « Comment motiver des enseignants à lutter contre le travail des enfants »


Gros Plan sur Abdelaziz Mountassir (SNE-Maroc)
Propos recueills par Samuel Grumiau, ITUC, 11/6/2010

Maintenir les enfants à l’école est la meilleure façon de prévenir leur exploitation par le travail. En cette veille de la Journée mondiale contre le travail des enfants, Abdelaziz Mountassir, vice-président du Syndicat national des enseignants (SNE) du Maroc, explique comment un projet mené dans la région de Fès permet de faire baisser l’abandon scolaire tout en bénéficiant au syndicat.
Pourquoi le SNE a-t-il commencé à s’impliquer dans la lutte contre le travail des enfants ?
Il y a 400.000 enfants qui abandonnent l’école chaque année au Maroc, dont presque 250.000 au niveau primaire. Ca veut dire 250.000 familles ignorantes, analphabètes dans l’avenir. C’est un handicap pour le développement tant économique que démocratique du pays. Nous avons imaginé des actions pour nous attaquer à ce problème dans le cadre de la coopération entre le SNE et le syndicat d’enseignants hollandais AOB. Nous défendons normalement les intérêts des enseignants, mais nous avons réfléchi à la façon de motiver les enseignants à s’engager dans la lutte contre le travail des enfants.
Nous avons organisé des débats avec nos militants de la région de Fès pour définir le rôle que peut jouer l’école dans la lutte contre le travail des enfants. Notre projet s’est engagé dans la prévention de l’abandon scolaire : défendre le droit de l’enfant à l’éducation, inciter les enfants à rester à l’école, car un enfant qui ne va pas à l’école est un enfant exposé au travail précoce. Nous avons choisi de développer un projet dans cinq écoles situées dans les quartiers les plus pauvres de Fès, là où se trouvent des ateliers d’artisanat, de forgerie où travaillent des enfants.
Quelles actions avez-vous développées ?
Nous avons commencé en 2004 par des programmes de formation pour les enseignants : formations sur les droits de l’enfant, les dangers du travail des enfants, les techniques d’écoute des enfants et des adultes, de suivi, sur la pédagogie de soutien scolaire, … Nous avons aussi mené des ateliers pour les parents d’élèves afin de les sensibiliser au droit de leur enfant à l’éducation, aux conséquences du travail des enfants sur leur santé, leur futur, etc. Il y avait également des activités visant les responsables syndicaux afin de renforcer leurs capacités à organiser, planifier les activités, assurer le suivi, négocier avec les directeurs des écoles, l’administration, etc.
Nous menons par ailleurs des activités pour sensibiliser l’opinion publique et faire pression sur les décideurs politiques. Elles se sont concrétisées par des stands dans les rues de Fès où nous parlons du travail des enfants, par d’autres stands lors d’événements comme les foires de l’éducation ou les forums de jeunes enseignants. On présente des photos de toutes nos activités, les peintures réalisées par les enfants, les films vidéo réalisés lors de diverses manifestations. A ce jour, nous n’avons malheureusement pas pu obtenir un passage à la télévision.
Quelles actions menez-vous directement avec les enfants ?
Certaines actions sont menées avec les enfants au sein des écoles : des activités d’expression corporelle, de peinture, de théâtre, de musique, etc. Ca donne aux enfants une autre image de l’établissement scolaire. Deux ONG nous aident dans ces activités, tout comme pour l’organisation de colonies de vacances. Les deux dernières années, nous avons emmené près de 120 élèves des cinq écoles durant deux semaines en colonies de vacances. Ils étaient les enfants les plus démunis, nous voulions éviter qu’ils restent toutes les vacances dans les rues. Le but était aussi de les renforcer leur attachement à l’école et à notre programme.
En même temps, nous avons impliqué les élèves dans de petites activités de recherche, en organisant par exemple des sorties pour des groupes de 15-20 enfants qui visitent un atelier de travail des enfants. Ils voient les enfants travailleurs de leurs propres yeux, les conditions de travail, et ils exposent ces mini-recherches dans leurs classes.
Un autre élément important du projet est que nous offrons des lunettes pour les élèves malvoyants afin qu’ils ne perdent pas leur motivation en classe. Nous avons un accord avec le ministère de la Santé : nous amenons un groupe d’enfants à l’hôpital public, il y est prioritaire pour la mesure de l’acuité visuelle, puis on passe chez un opticien qui fait un prix d’ami car il comprend que nous n’avons pas d’objectif commercial.
Nous avons aussi mis sur pieds des bibliothèques dans les cinq écoles du projet. Et nous avons développé des cours de soutien scolaire pour les enfants qui ont des notes assez faibles, car les mauvais résultats scolaires sont l’une des raisons qui poussent les parents à retirer leur enfant de l’école : comme ces parents sont eux-mêmes ignorants, ils se demandent à quoi bon investir dans l’éducation, ils considèrent qu’il vaut mieux qu’il ou elle apprenne un métier.
Collaborez-vous avec les autorités dans le cadre de ce projet ?
Dès 2004, le ministre de l’Education nous a envoyé une lettre d’accord de principe sur une collaboration avec nous dans le cadre de ce projet, elle a permis de signer un partenariat avec les autorités locales de l’enseignement de Fès. En 2009, nous sommes parvenus à développer un partenariat entre le SNE et le ministère de l’Éducation pour encourager d’autres directions régionales de l’enseignement à collaborer dans la lutte contre le travail des enfants et l’abandon scolaire.
Une bonne entente avec les autorités nationales et locales de l’enseignement est essentielle à la bonne réussite de ce projet. Elle convainc les directeurs d’école de nous laisser développer nos activités, d’y participer, de réserver un local pour la création de bibliothèques, d’autoriser les enseignants à participer aux ateliers de formation, etc.
Que peuvent faire les enseignants quand un élève ne se présente plus à l’école ?
Un reproche adressé à l’école est qu’elle ne fait pas le suivi des enfants qui abandonnent. L’enseignant indique les absences mais ne demande pas pourquoi tel enfant n’est pas venu. L’une des réussites du projet est d’avoir sensibilisé les enseignants à effectuer ce suivi car quand un enfant s’absente de temps en temps, il risque de décrocher totalement d’un jour ou l’autre. L’enseignant doit donc agir, par exemple à travers les amis et voisins de cet enfant, leur demander de le contacter, de lui dire de venir voir l’enseignant. Parfois, le comité établi par le projet dans une école contacte directement les parents d’élèves. Nous utilisons aussi les associations des parents d’élèves, qui sont bien placées pour convaincre des parents de continuer à scolariser leurs enfants.
Les autorités marocaines n’interviennent-elles pas quand un enfant ne vient plus à l’école ?
La Constitution garantit le droit de l’enfant à l’éducation, mais les lois qui doivent mettre ce droit en application sont très faibles. Le gouvernement n’a jamais puni un parent pour n’avoir pas emmené un enfant à l’école. Le gouvernement est surpris qu’il y a plus de 600.000 enfants qui travaillent dans l’économie informelle, l’agriculture, etc., mais il sait très bien que 1,4 millions d’enfants ne vont pas à l’école au Maroc... Sur une population de 30 millions de personnes, c’est grave ! Il n’y a pas de politique, de volonté de sanction, pas même contre les employeurs d’enfants.
Vous avez parlé de changer l’approche pédagogique pour être plus à l’écoute des élèves. Est-ce possible quand un enseignant agit de la même façon depuis 25 ans ?
Dans certains ateliers de réflexion, il a parfois été mentionné qu’une partie de l’échec de l’école est due aux agressions physiques ou morales contre les enfants, par exemple par des coups bâton. Il y a des enfants qui haïssent l’école en raison de ces coups. Nous devrions remettre en question ces agressions d’enseignants, changer les méthodes d’enseignement dans les établissements scolaires. Nous ne sommes pas encore très loin dans la réalisation de cet objectif, mais avec l’expérience que nous avons acquise, on peut y arriver. En parlant aux enseignants des droits de l’enfant, leur attitude change un peu. Au début du projet, quand nous demandions aux enseignants ce que sont les droits de l’enfant, ils n’en savaient rien car ils n’avaient jamais rien appris à ce sujet. Or, tout cela a une influence sur le comportement de l’enseignant. Je connais une enseignante qui a « jeté » son bâton, qui se comporte autrement envers les élèves plus difficiles car elle a participé à nos séances d’apprentissage à l’écoute, par exemple d’un enfant timide. Certains enseignants ont donc changé, mais pas tous.
Tous les membres du SNE étaient-ils enthousiastes envers ce projet dès le début ?
Il a fallu organiser des ateliers de sensibilisation pour expliquer que c’était dans l’intérêt du syndicat et de l’éducation en général de faire ce travail, sans quoi on n’y serait pas arrivé. On a trouvé des militants enthousiastes dès le départ, mais d’autres disaient que ce n’était pas leur problème actuel, qu’ils ont des problèmes financiers, administratifs, qu’il faut d’abord lutter pour améliorer notre situation avant de mener d’autres combats. Nous avons commencé avec trois enseignants bénévoles par école visée par le projet, mais ce nombre n’a cessé de croître dans chaque établissement : les enseignants voient que la direction s’engage, que d’autres enseignants s’impliquent, et que les résultats suivent. A l’école Al Quods par exemple, le nombre d’abandons durant le cycle primaire est passé de 18 en 2003 à 6 en 2009. A l’école du 18 novembre, ce nombre a progressivement chuté de 160 en 2004 à 24 en 2007. Les écoles participantes au projet constatent par ailleurs une augmentation du nombre d’inscriptions.
Quels sont les bénéfices de ce projet pour le SNE ?
En premier lieu, nous avons appris comment diriger un projet au niveau des instances syndicales. Nous avons commencé à utiliser ces techniques de gestion de projets dans notre propre gestion syndicale : mettre en place des structures, comprendre le rôle d’un coordinateur, l’importance de la communication, de la sensibilisation, de la formation, par rapport à la réalisation d’objectifs. Tout ça est très important pour un syndicat.
Le syndicat a aussi bénéficié d’un recrutement de nouveaux membres, car dans les écoles ciblées, la majorité des enseignants sont devenus membres du SNE. Avant, il y avait des enseignants qui n’étaient pas syndiqués, d’autres qui l’étaient dans tel ou tel syndicat. Ils se sont affiliés au SNE car ils sont convaincus que notre travail a une valeur humaine et syndicale nouvelles.
La réussite du projet à Fès a convaincu le syndicat hollandais FNV de nous aider à le développer dans quatre nouvelles régions (Meknès, Marrakech, El Jadida, Larache). Nous allons pouvoir mobiliser plus de 250 membres dans les cinq régions. Ça renforce le militantisme de nos membres.
Nous avons aussi amélioré notre image : notre action contre le travail des enfants est citée en exemple au niveau international et au niveau national, nous sommes le seul syndicat qui frappe aux portes du gouvernement pour parler du travail des enfants. Je pense que cette amélioration du prestige de notre syndicat donnera beaucoup de bénéfices à l’avenir si notre action continue dans le même sens.
Le projet a-t-il un impact sur la société en général, les travailleurs adultes ?
C’est encore trop tôt. Nos activités n’ont commencé qu’en 2004, nous n’avons pas encore eu le temps de mesurer un impact sur le travail des adultes. Cependant, si nous continuons ainsi, si nous parvenons à sensibiliser d’autres éléments de la société (députés parlementaires, élus locaux, inspecteurs du travail, etc.) et à les rassembler dans la mouvance de lutte contre le travail des enfants, il y aura une influence positive aussi pour le travail des adultes. Ceux-ci comprendront que s’ils sont au chômage, c’est parce qu’il y a des enfants privés de leur éducation qui prennent leur place dans le travail. Ca prend du temps, mais nous devons mettre en relief cette comparaison entre travail des enfants et des adultes.

mercredi 16 juin 2010

La résistance non violente en Palestine

Sur invitation de
Monique Cerisier-ben Guiga,
Présidente du groupe d'Information internationale
France-Territoires palestiniens du Sénat,
Jean-Claude Lefort,
Député honoraire,
président de l'Association France Palestine Solidarité (AFPS),
Bernard Ravenel,
Président de la Plateforme des ONG pour la Palestine
Président d'honneur de l'AFPS
Colloque sur
La résistance populaire non violente en Palestine

Le vendredi 25 juin 2010 de 9h30 à 17h00
Palais du Luxembourg Salle CLEMENCEAU
15 ter, rue de Vaugirard - 75006 Paris
Accueil des participants entre 8h45 et 9h15
Participeront à ce colloque (*)
Abou Alaa Mansour, militant palestinien de Bil'In ayant écrit deux livres dédiés à la résistance populaire ("Bil'In ... dans la résistance populaire" et "L'intifada des opprimés")
Mahmoud Zawahra, maire du village d'Al Maassra, membre de coordination des comités populaires
Des militants israéliens actifs dans la résistance aux cotés des palestiniens
Des personnalités françaises et européennes.
Inscription obligatoire avant le lundi 21 Juin 2010
(dans la limite des places disponibles)
palestine.senat25@gmail.com

Bâtir des ponts de solidarité entre les deux rives de la Méditerranée

Le Collectif Maghreb Solidarité
s’engage à contribuer à bâtir des ponts de solidarité entre les deux rives de la Méditerranée

Le jeudi 10 juin, s’est tenue à la Bourse du Travail de Paris (Place de la République), une réunion d’information en solidarité avec les luttes sociales et pour les libertés syndicales au Maghreb, à l’initiative du Collectif Maghreb Solidarité, qui regroupe un ensemble d’associations, syndicats et formations politiques(*)
Ce fut l’occasion de rappeler les circonstances de création de ce réseau de solidarité. C’est à la suite de la répression sauvage et simultanée qui s’est abattue sur les mouvements sociaux qu’ont connu, en juin 2008, le bassin minier de Gafsa, en Tunisie, et la population de Sidi Ifni au Maroc, que diverses organisations ont pris l’initiative de coordonner la solidarité en créant ce réseau associatif.
Les participants ont salué cet élan de solidarité internationale active qui s’est concrétisée par l’envoi d’observateurs, la tenue de différents rassemblements et réunions pour populariser la lutte en question et pour soutenir les victimes et leurs familles.
La soirée a débutée par la projection du film « Redeyef : le combat de la dignité » qui retrace l'histoire de ces deux dernières années à travers les mots de femmes, épouses ou mères, d’ex- prisonniers du Mouvement du Bassin Minier de Gafsa.
Un participant à la délégation intersyndicale française (CFDT, CGT, FSU & Union Syndicale Solidaires) qui s'est rendu récemment sur place a fait le point sur la situation actuelle. Les prisonniers qui ont obtenu une libération conditionnelle en novembre 2009 n'ont pas été pour autant amnistiés. Pour cette raison, ils peuvent retourner à tout moment en prison, ce qui est le cas pour l'un d'entre eux, et aucun n'a retrouvé son emploi. Un inculpé qui était en fuite au moment des premiers procès vient d'être jeté en prison pour quatre ans. Cela risque d'être la même chose pour le journaliste Fahem Boukadous dont le procès en appel est prévu pour le 22 juin. Il en est de même pour notre camarade Mouhieddine Cherbib de la FTCR, condamné par contumace, pour délit de solidarité.
Le témoignage saisissant du syndicaliste Hamza Barakat, ouvrier licencié avec ses 849 collègues de la société SMESI, filiale de l’Office Chérifien de Phosphates (OCP), venu spécialement de Khouribga (Maroc) a illustré le sens de la mission du Collectif Maghreb Solidarité : informer concrètement sur les raisons, les objectifs et les difficultés de cette lutte qui date de plus de 10 mois. La persécution vécue par les licenciés, l’absence de moyens de subsistance génèrent des drames familiaux et humains. Tout ceci, nous interpelle et exige des actes et des gestes de solidarité. D’autant plus que 13 ouvriers de SMESI et 2 militants solidaires, viennent d’être condamnés, lundi 7 juin 2010, à 4 mois de prison ferme et 500 dirhams d'amende.
D’autres témoignages et déclarations ont alimenté et enrichi cette réunion d’information, comme celle de Mme AIT SI RAHAL qui relate l’affaire de son époux, M. Mohamed AIT SI RAHAL. Un immigré marocain qui décède, en 2002, au commissariat de Marrakech suite à la torture infligée par un officier de police. Les autorités marocaines tergiversent à exécuter le jugement rendu (10 ans d’emprisonnement) et le tortionnaire est toujours à son poste de travail.
Une jeune étudiante intervenant au nom du comité de soutien, décrit ce que subissent les militants de l'Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET) qui sont persécutés et torturés, interdits de passer leurs examens, exclus de l'Université, uniquement pour avoir exigé des conditions de logement décentes. Le pouvoir persiste à interdire la tenue du congrès de cette centrale syndicale étudiante dont des militants ont été jugés et sont actuellement emprisonnés.
Un militant sahraoui, confirme que les pratiques de la direction de l’OCP sont les mêmes au Sahara Occidental (discriminations à l’embauche, interdiction de toute activité syndicale…). Une politique qui va de pair avec celle exercée à l’égard des étudiants sahraouis dans les universités marocaines….
Un message commun des syndicats autonomes algériens et du CISA (le comité international qui les soutient) souligne la volonté de l’Etat Algérien à persister à criminaliser les mouvements sociaux et interdire toute activité syndicale indépendante. Les syndicats autonomes subissent harcèlement, suspension, menaces de dissolution et création de clones. Les luttes se diversifient, telle celle des cheminots qui revendiquent des salaires décents avec pour mot d'ordre «ce n'est pas à nous de payer leur crise».
Au cours d'un échange avec la salle, les participants ont exprimé leur soutien, complété les informations données, dénoncé la mondialisation capitaliste, et appelé à l'unité de la classe ouvrière et à amplifier nos luttes et nos combats en faveur des luttes sociales menées par les peuples du Maghreb. L’assassinat ignoble du syndicaliste Farhat Hached, est cité comme exemple pour témoigner de la portée et de l’importance de la solidarité internationale active.
Un camarade de la Plateforme Panafricaine a fait part de son désir de maintenir les contacts avec notre Collectif dans l'esprit d'un travail en commun.
Les organisateurs de cette initiative, se sont engagés à retenir les principales idées émises lors de cette chaleureuse réunion :
- concrétiser la solidarité internationale, en popularisant les différentes luttes qui se mènent au Maghreb,
- mutualiser les forces existantes pour apporter l’aide nécessaire aux victimes de la répression qui s’abat sur les mouvements sociaux au Maghreb,
- dénoncer la complicité des gouvernants français qui cautionnent par leur silence et leurs agissements les politiques répressives constatées dans les pays du Maghreb,
- poursuivre et intensifier l’activité du Collectif, en faisant circuler entre le Maghreb et la France les informations sur les luttes, en impulsant des activités concrètes : communiqués de presse, pétitions, interventions en direction des Etats et des élus, rassemblements, manifestations, solidarité matérielle, etc.
Le Collectif s’engage à contribuer à bâtir des ponts de solidarité entre les deux rives de la Méditerranée
Paris, le 14 juin 2010.
(*)Participent au «Réseau Maghreb-Solidarité» les organisations suivantes:
Associations: AMF, ASDHOM, ATF, ATMF, CEDETIM, CISA, Comité de soutien au Bassin Minier, CORELSO, CRLDHT, FTCR, Groupe de soutien AMDH Paris, MRAP
Syndicats: CNT, Union Syndicale Solidaires
Partis politiques: FASE, NPA, PCF, PCOF, PCOT, PDP, PG, Verts, Voie Démocratique

Paris : pièce de théâtre montée avec les marcheurs de Paris-Nice

Par Anne-Leila Ollivier, 16/6/2010
Invitation à la représentation de la pièce de théâtre 
montée avec les marcheurs sans-papiers
le dimanche 20 juin à la Parole errante de Armand Gatti, 
dans le cadre d'une journée de soutien aux sans-papiers qui commence à 15h. 

Pour ceux qui lisent la presse et donc ne seraient pas au courant, les sans-papiers du Ministère de la Régularisation de tous les sans-papiers (MRTSP) ont entrepris le premier mai une marche de Paris à Nice pour interpeller les chefs d'état africains invités à la sauterie surfliquée de Sarkozy – pardon au sommet France Afrique. L'aventure s'est finie par le sommet les 31 mai et 1er juin. 
J'ai pu me joindre à eux sur une partie du parcours, deux jours au début et dix à la fin. Le site Article11 a publié les deux articles que je leur ai envoyés (http://www.article11.info, en date du 4 mai et du 16 juin). Par ailleurs le mensuel CQFD a consacré une double page à l'événement dans son numéro de juin, cosignée avec Métie Navajo qui était des marcheurs.
Sur le site du MRTSP (http://www.ministere-de-la-regularisation-de-tous-les-sans-papiers.net), vous pouvez voir des vidéos des amis de Télé Liberté et de l'association Combats Ordinaires, qui a réalisé des carnets vidéo de la marche.
Je vous invite à jeter un œil là-dessus, parce ce fut une aventure remarquable, comme remarquable a été le silence médiatique (à part la presse locale des villes et villages traversés) quasi total sur cette marche - et sur la lutte du MRTSP en général...
Nous jouerons vers 17h30 à peu près.
La parole errante; 9, rue François Debergue, Montreuil. Tel 01 48 70 00 76
Dessins : Anne Leila Ollivier..

Mobilisons nous dès aujourd'hui pour Troy Davis

Rassemblements, pétition, blog
Mobilisons nous dès aujourd'hui pour Troy Davis

Chers amis de Troy Davis,

Le 23 juin prochain s'ouvriront des auditions "en recherche de preuve" cruciales, puisque pour la première fois, Troy Davis aura la possibilité de présenter devant un juge les témoins qui pourraient démontrer son innocence. Votre mobilisation a été déterminante pour repousser par trois fois l'exécution d'un possible innocent.

Nous devons continuer de montrer aux autorités américaines que nous restons mobilisés et attentifs à ce que justice soit enfin rendue dans cette affaire, et que le fond doit désormais définitivement prévaloir sur des arguments de procédure légale qui ont trop longtemps empêché la manifestation de la vérité, et continuent de restreindre les possibilités d'appel de nombreux condamnés à mort aux Etats-Unis.

C'est la raison pour laquelle nous avons lancé dans plusieurs pays un appel intitulé "Donnons un visage à la justice", qui en appelle à votre mobilisation dès aujourd'hui et jusqu'à la fin des auditions.


Rassemblements

Amnesty International appelle à une 3ème journée de mobilisation mondiale pour Troy le 22 juin au soir.
Un rassemblement aura lieu à Paris de 18h30 à 20h30 à la fontaine Saint-Michel (métro Saint-Michel).
A Nantes, à Belfort, à Strasbourg et à Vernon, des rassemblements se dérouleront au même moment. Nous vous attendons nombreux !!

Pétition

Si vous ne pouvez être présent, vous pouvez participer à la pétition-photo internationale "Je donne mon visage pour la justice", en y participant directement et en la faisant connaître le plus largement possible.

BLOG en direct des auditions à Savannah

Enfin, exceptionnellement, AI France sera présent sur le lieu même des auditions à Savannah (Etat de Georgie).
Vous pourrez suivre directement leur déroulé ainsi que les nombreuses mobilisations qui se tiendront pendant toute la période, via un blog créé pour l'occasion et alimenté par le délégué de la section française présent sur place.
En effet, AIUSA et la famille de Troy ont jugé important de rendre visible localement la solidarité internationale sur cette affaire, et ont invité les délégués d'AI France et AI Angleterre à être présents du 19 au 26 juin prochain.

Le blog Live à Savannah http://soutenonstroydavis.amnesty.fr/live