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dimanche 12 mars 2017

Mépris à Rabat, mépris à Alger


opinion

  11/3/2017, Par IGNACIO CEMBRERO | Actualité 

Le nouveau ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, avait effectué une visite à Rabat le 13 février. Durant la préparation de son voyage, les diplomates espagnols avaient demandé qu’il puisse s’entretenir avec Abdelilah Bekirane vainqueur des élections d’octobre dernier et chargé par le roi Mohamed VI de former un gouvernement, une tâche dont il n’arrive pas à s’acquitter à cause des entraves que lui met Aziz Akhnnouch, un homme d’affaires, très proche du monarque, récemment propulsé à la tête d’un petit parti politique.
L’audience avec celui qui est en théorie le chef l’exécutif fait d’habitude partie de l’agenda du patron de la diplomatie espagnole lorsqu’il se déplace à Rabat. Mais les fonctionnaires marocains des Affaires étrangères, un ministère de souveraineté, donc sous l’autorité du palais royal exercée à travers Nasser Bourita, ont répondu à leurs collègues espagnols qu’il n’était pas nécessaire de fixer un rendez-vous avec Benkirane. Cet islamiste modéré était en quelque sorte politiquement fini aux yeux du palais.
Le chef de la diplomatie espagnole était en visite à Alger le 8 mars et, lors de la préparation de son déplacement, une audience avec le président Abdelaziz Bouteflika était prévue pour le lendemain. Le chef de l’État algérien a pour habitude de recevoir les ministres espagnols des Affaires étrangères lorsqu’ils se déplacent à Alger.  Le rendez-vous a cependant été annulé à la dernière minute sans aucune explication. Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères, est allé jusqu’à nier le fait que la rencontre ait figuré dans l’agenda de son hôte espagnol.
La présidence de la République algérienne avait déjà annulé, le 20 février, la visite de la chancelière allemande Angela Merkel à cause d’une « bronchite aiguë ». Le 6 mars c’est la présidence iranienne qui a pris l’initiative de renoncer, sans donner d’explications, à ce que le président Hassan Rohani se rende à Alger le 12 mars dans le cadre d’une tournée africaine.

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lundi 14 novembre 2016

Le prisonnier politique sahraoui Merkhi entame une grève de la faim dénonçant la situation dans les prisons marocaines


Goulimim (Maroc), 12 nov 2016 (SPS) 

Le prisonnier politique sahraoui Abdulkhalek Merkhi a entamé une grève de la faim ouverte pour protester contre les mauvais traitements infligés par l'administration de la prison marocaine, a indiqué une source sahraouie de droits de l'homme.
Selon la même source,  "Abdulkhalek a été condamné injustement pour une peine de prison de quatre ans après son arrestation à Goulimim - au sud du Maroc, en raison de ses positions politiques et de ses activités en matière de droits de l'homme."

L'activiste portugaise, Isabel Lourenço, a affirmé jeudi que la situation des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines est "insoutenable" et constitue "une violation grave" du droit international, dénonçant l'attitude de la communauté internationale qui "s’est rendue complice" en maintenant le silence sur cette occupation.

samedi 17 septembre 2016

La guerre anti- pauvres aura bien lieu

Alors que la pauvreté s'accroît dans notre pays, que de plus en plus de citoyens retardent leurs soins ou y renoncent faute d'argent, des leaders politiques, à la proximité des échéances électorales, surfent non seulement sur la xénophobie et le racisme tout court, mais aussi sur le racisme social. En bégayant sans cesse leur aversion à l'encontre des "assistés".

Nicolas Sarkozy vient de publier Tout pour la France, titre qu'il emprunte à son mentor, Charles Pasqua, qui avait écrit jadis Tous pour la France et auquel il avait déjà piqué… la mairie de Neuilly en profitant d'une hospitalisation du parrain du gaullisme. Je suis allé voir comment il abordait certains sujets que je traite sur ce blog. Tout d'abord, ses chapitres listent plusieurs défis, dont celui de l'autorité. Ce qui est cocasse quand on sait que l'homme politique qui a le plus porté atteinte à l'autorité dans ce pays, c'est bien lui, qui n'a cessé de défier Jacques Chirac, comme jamais un ministre ne l'avait fait jusqu'alors avec un président de la République. J'ai la faiblesse de penser que ce comportement irresponsable a laissé des traces dans le pays.

samedi 11 mai 2013

ACAT : Peuple sahraoui : France-Maroc, L'amitié de la honte, écrire pour protestyer

L’appel du mois est une lettre d’intervention qui concerne une situation générale, propre à un pays, une région, une communauté, une catégorie de personnes, un régime politique, etc. Sa vocation plus générale en fait un outil de sensibilisation très fort à tous les manquements aux droits de l’homme dans le monde entier.
Signez l'appel de ce mois !
Lettre à François Hollande


France-Maroc, L'amitié de la honte
DATE LIMITE LE 10 juin 2013
> Situation > Agir

Situation

Le Maroc intensifie sa politique de colonisation et de discrimination à l’égard du peuple sahraoui, initiée il y a 38 ans.
Sa méthode : la violence.
Sa caution : le silence complice de la France.

 

Répression violente de manifestations, tortures, procès inéquitables sont autant de violations des droits de l’homme fréquemment infligées aux Sahraouis qui militent depuis plusieurs décennies pour le respect de leur droit à l’autodétermination et contre les discriminations dont ils sont l’objet de la part des autorités du royaume. La France, principal allié diplomatique et partenaire économique du royaume, fait la sourde oreille aux demandes d’intercession formulées par les ONG de défense des droits de l’homme.

Une violence ordinaire

La politique répressive du gouvernement marocain a atteint son paroxysme en novembre 2010. A la suite du démantèlement du camp sahraoui de Gdeim Izik au cours duquel neuf agents de sécurité marocains ont été tués, les forces de l’ordre se sont livrées à une vague de répression d’une extrême brutalité, arrêtant, torturant et emprisonnant des dizaines de personnes.
Malgré les nombreuses protestations d’une partie de la communauté internationale, la violence reste de mise. Les militants sahraouis et les simples manifestants continuent d’être régulièrement passés à tabac par les membres des forces de sécurité, au cours de rassemblements pacifiques considérés comme illégaux. Ceux qui sont arrêtés sont toujours humiliés et maltraités, voire torturés, puis relâchés ou placés en détention provisoire et poursuivis en justice.


Un mépris décomplexé pour les droits de l’homme

Le 16 février 2013, 24 militants sahraouis arrêtés dans le cadre de l’affaire de Gdeim Izik ont été condamnés par le tribunal militaire de rabat à de lourdes peines d’emprisonnement, allant jusqu’à la perpétuité pour neuf d’entre eux. Ils ont été jugés coupables d’association de malfaiteurs, outrage et violences à fonctionnaires et homicides volontaires, en référence aux neuf agents de sécurité marocains tués au cours du démantèlement du camp.
Une parodie de justice ! un tribunal militaire a jugé des civils. Les juges n’ont pas tenu compte des allégations de torture formulées par les accusés et ont refusé toute expertise médicale capable de les étayer. Enfin, aucune preuve n’a pu être apportée concernant l’implication personnelle des accusés dans la mort des neufs agents. C’est bien leur engagement en faveur des droits des Sahraouis qui a valu à ces 24 militants d’être poursuivis et condamnés.
Avec cette condamnation, les autorités marocaines ont témoigné, sans complexe, de leur disposition à faire fi des droits de l’homme pour tout ce qui a trait au Sahara occidental. une insolence que la France n’a pas dénoncée pour ne pas entacher la relation amicale et lucrative qui la lie à la monarchie.
 

Pour aller plus loin

> Écouter. Voix de l'Amérique - Emission spéciale sur le Sahara occidental avec Hélène Legeay
 

Agir

Après avoir signé cette lettre, il vous suffit de la renvoyer à l'adresse indiquée
À la fin de la lettre, retrouvez le fichier de la lettre d'action, ainsi que tous les documents de l'appel du mois (affiche, appel du mois complet, pétition).
 
>> Écrivez au Président de la République François Hollande
 
Monsieur François Hollande
Président de la République
Palais de l’Elysée
55 rue du faubourg Saint-Honoré
75008 paris
 

Monsieur le Président,

Sur la base d’informations communiquées par l’acat, je vous exprime ma vive réprobation face à la complaisance dont fait preuve la France vis-à-vis du Maroc, malgré les graves atteintes aux droits de l’homme perpétrées par les autorités du royaume à l’encontre de la population sahraouie. Les militants et simples manifestants sahraouis sont fréquemment passés à tabac par les forces de sécurité au cours de rassemblements pacifiques considérés comme illégaux. Ceux qui sont arrêtés sont maltraités, voire torturés, et parfois  poursuivis en justice sur la base de fausses accusations.
Face à l’illégalité flagrante d’un tel comportement, la France fait preuve d’un silence complice qui n’est pas digne de notre démocratie.
L’absence de réaction significative de votre part, à la suite de la condamnation de 24 militants sahraouis à de très lourdes peines à l’issue d’un procès inéquitable, en février dernier, est emblématique de cette indulgence répréhensible.
 

Dans ces circonstances, je vous demande, Monsieur le président, de bien vouloir :

• intercéder auprès des autorités marocaines en faveur de la libération immédiate des 24 militants ;
• condamner fermement et systématiquement les graves atteintes aux droits fondamentaux des sahraouis ;
• conditionner la coopération économique bilatérale et européenne avec le Maroc au respect, par le royaume, de ses engagements internationaux en matière de droits de l’homme.
 
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma plus haute considération.
Signature
Nom
Adresse

 
Téléchargez :
L'appel du mois complet
L'affiche
La lettre d'intervention
La pétition

 
NAAMA ASFARI, un Symbole de la résistance sahraouie
Co-président du comité pour le respect des droits de l'homme au Sahara occidental (corelso), Naama Asfari a déjà payé son militantisme par de nombreuses arrestations et condamnations basées sur des accusations fabriquées. 
En avril 2008 par exemple, il est arrêté à Marrakech et torturé pendant trois jours avant d’être condamné à deux mois de prison, officiellement pour conduite en état d’ivresse et agression d’une femme.
Le 14 août 2009, nouvelle arrestation et passage à tabac quand, lors un contrôle d’identité, il refuse d’ôter le drapeau sahraoui de son porte-clés. Il est condamné à deux mois de prison avec sursis pour outrage à agent.
Sa dernière arrestation remonte au 7 novembre 2010, la veille du démantèlement du camp de Gdeim Izik. Maltraité lors de son arrestation et à plusieurs
reprises pendant ses deux ans de détention préventive, il a été condamné à 30 ans d’emprisonnement par le tribunal militaire, le 17 février 2013, bien qu’il n’ait pas été présent lors du démantèlement.

dimanche 23 septembre 2012

Ex-détenus militaires de Tindouf: Sit-in ouvert à Rabat depuis 176 jours

Dernière mise à jour :

Un nouveau décor s’est ajouté à celui des diplômés chômeurs et des retraités, que l’on a l’habitude de voir face au Parlement à Rabat. En sit-in depuis 176 jours, les ex-détenus de Tindouf essaient vainement de faire entendre leurs revendications. Et jusque là, aucune intervention concrète de la part des parties concernées.

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Les ex-prisonniers déterminés
Plusieurs centaines de militaires marocains, ex-prisonniers de guerre à Tindouf, sont en sit-in ouvert depuis 176 jours devant le Parlement à Rabat. Chaque jour, dès le matin et jusqu’à 17h00, ils réclament des indemnités en compensation de leurs longues années de détention.
La nuit, ils établissent leur quartier général derrière le siège de la BMCI, à côté de la gare Rabat-ville, en attendant une nouvelle journée de protestation.

Ce n’est pas une première. Plusieurs manifestations de ce genre se sont tenues depuis 2006, l'avant-dernière ayant eu lieu l’an passé, pendant laquelle les ex-détenus étaient restés 67 jours en sit-in au même endroit, avec les mêmes revendications.
...Mais aussi, le même résultat: aucune action concrète de la part des autorités. “Les responsables sont intervenus, ils nous ont promis des indemnités et des compensations, mais nous revoilà toujours dans la même situation. Un an s’est écoulé, sans qu’aucune promesse ne soit tenue”, lance Rachid, un des protestataires, avant d’ajouter:
“Cette fois nous sommes déterminés à rester devant le siège du Parlement jusqu’à ce que justice nous soit enfin rendue. Peu importe le temps que ça prendra”.

En compensation pour plus d’un quart de leur vie sacrifié pour la patrie, ces ex-prisonniers de guerre revendiquent la réhabilitation et le recouvrement de leur dignité, ainsi que l’amélioration de leur situation matérielle et sociale. Les responsables ne font que leur faire des promesses qui restent “de l'encre sur papier”.
Réhabilitation morale
“Des promesses non tenues, nous en avons assez. Nous voulons du concret, désormais. Et nous insistons surtout sur la reconnaissance et la reconsidération morale. Qu’on arrête de nous traiter comme des criminels", s’indigne Rachid, sous les acclamations de ses collègues.
Pour eux, la réhabilitation est une obligation morale envers les militaires marocains qui ont été cloîtrés et traumatisés pendant plus de 25 années.
Outre ces réclamations, les manifestants cherchent à avoir des explications  claires sur les véritables causes du blocage de leur dossier, qui semble “avoir trop traîné”.
À peine 1.000 DH (environ 100€ ndlr)

Par ailleurs, ces ex-prisonniers se soucient de l’avenir de leurs enfants. Ils redoutent que ces derniers ne payent, eux aussi, le prix de leur calvaire. Appréhension tout à fait justifiée. Ces derniers ont été privés de leur présence et de leur assistance matérielle et morale. Et même aujourd’hui, alors qu’ils sont de retour, ils sont incapables de répondre à leurs besoins. “Notre retraite ne dépasse pas les 1.000 DH. Même les choses basiques, nous ne pouvons pas nous les procurer. Nous n’avons pas de quoi compenser nos enfants pour toutes ces années d’absence”, nous confient-ils.
Il faut signaler que beaucoup parmi ces ex-détenus souffrent de maladies chroniques ou vivent dans le besoin. Sans oublier les séquelles physiques et psychologiques de la captivité qu’ils ont endurées pendant des décennies.
Démantèlement du sit-in des anciens prisonniers
Face à l'entêtement des ex-détenus qui campent devant le Parlement, les autorités ont finalement réagi dimanche dernier dans la nuit, au grand dam des protestataires, et procédé au démantèlement de leur campement.
Cette intervention particulièrement musclée de la police qui avait fait quelques blessés, coïncidait avec la visite du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, en visite de travail à Rabat, ce même jour.
Était-ce une intervention calculée de la part des autorités afin de cacher à ce visiteur la réalité des faits? Quoiqu'il il en soit, ce dernier présentera un rapport à la fin de sa visite.
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NDLR : "militaires" a été ajouté au titre afin qu'il n'y ait pas d'amalgame : il s'agit bien de prisonniers de guerre marocains.
 Le gouvernement marocain a coutume d'appeler "prisonniers" les Sahraouis réfugiés à Tindouf, ce qui pourrait créer la confusion.

vendredi 29 octobre 2010

Et si nous suivions l'exemple des Sahraouis ?

Par APSO, 29/10/2010
Face au roi du Maroc, grand ami de Sarkozy, ils sont sortis par milliers des villes du Sahara Occidental occupé et se sont installés dans le désert pour protester contre la colonisation qui depuis 35 ans les spolie, les opprime et les méprise.
Et si nous plantions la tente dans la rue ? Sur les places publiques ? Sur et sous la tour Eiffel ? Partout ?
Possible que la police nous encerclerait, possible qu’elle empêcherait par la force que l’on nous apporte de l’eau du ravitaillement et des médicaments, peut être que des policiers nous infiltreraient, peut être que l’armée construirait des murs autour de nous, et que des hélicoptères nous survoleraient nuit et jour pour nous maintenir dans un inconfortable qui vive ?
Peut-être que la France copierait le tortionnaire royal dont elle est l’allié…
Mais ce qui s’est passé à Lyon ou ailleurs contre des jeunes manifestants est-ce si différent de ça ?
Alors il ne manque que les tentes, qui marqueraient une innovation, en plus de notre rejet de ce gouvernement qui nous méprise aussi, nous et notre démocratie.
Et ces campements partout en France marqueraient aussi notre soutien solidaire aux Sahraouis, que par notre ignorance complice nous avons oubliés depuis plus de 30 ans, et laissé aux mains hypocrites d’intérêts commerciaux, oubliant nos valeurs de solidarité et notre fier attachement aux droits de l’homme.
Espérons qu’il n’y aurait pas néanmoins, comme au Sahara Occidental, à déplorer la mort d’un enfant, assassiné par les militaires marocains, et scandaleusement enterré en cachette, sans la famille…