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mercredi 9 décembre 2015

M'Barek Daoudi, 5 ans de prison ferme ! Quelle justice au Maroc ?



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M'Barek Daoudi, 5 ans de prison ferme ! Quelle justice au Maroc ?

M'Barek Daoudi est en prison depuis deux ans ! Arrêté chez lui à Guelmin le 23 septembre 2013, avec ses trois fils, il attend depuis cette arrestation arbitraire, d'être jugé ! Ses trois fils sont passés devant un tribunal et ont été condamnés à des peines de un et deux ans de prison. Amar et Taha ont été libérés en 2014, au terme de leur peine, Brahim quant à lui doit être patient !

Les jeunes étaient-ils considérés comme moins dangereux que leur père ? Cette famille sahraouie qui réside à Guelmin, a subi comme beaucoup d'autres le cadeau fait par l'Espagne en 1956 au moment de l'indépendance du Maroc : la bande de Tarfaya, « un morceau » du Sahara espagnol, cédée au voisin du Nord pour en garder l'essentiel riche en phosphates ! En 1956, comme en 1975, les Sahraouis n'ont rien eu à dire !

Mais depuis de nombreuses années les Sahraouis, habitants du Sud Maroc depuis 1956, n'acceptent plus l'arbitraire du Makhzen et revendiquent publiquement leur sympathie pour le Front Polisario.
Insupportable pour le pouvoir marocain ! Avec M'Barek Daoudi, ce pouvoir comme la justice ont hésité… Tribunal militaire ? N'a-t-il pas été enrôlé dans les FAR (Forces armées royales) dans les années 1970. Trop risqué pour l'extérieur et l'image que le Maroc souhaite donner de son régime. Alors M'Barek Daoudi a attendu, à Salé 2 d'abord puis à Aït Melloul, il a fait une longue grève de la faim pour passer en procès et être blanchi de toute condamnation. C'était trop demander à une justice au service d'un pouvoir tout entier obsédé par l'occupation de « son Sahara ».

Novembre 2015, c'est désormais le bon moment pour condamner à 5 ans ce courageux militant. Mohamed VI a fêté la Marche verte à El Aïoun à grand renfort de propagande, il engage un bras de fer avec Christopher Ross et le Secrétaire général de l'ONU et peut croire à la complaisance du Conseil de sécurité et de la France qui regardent ailleurs.

Mais avec ce procès, M'Barek Daoudi et tous ses soutiens, avocats, militants des droits de l'homme, journalistes sahraouis ont pu, en dépit des risques, témoigner de leur soutien et de leur mobilisation autour du tribunal. Le procès se transformant comme à chaque fois en tribune politique.

Une cinquantaine de prisonniers politiques sahraouis croupissent encore dans les prisons marocaines ! Ne les laissons pas tomber ! Écrivons leur, soutenons financièrement leurs familles.
Dès réception de ce message ne manquez pas d'aller sur le site qui leur est dédié et de prendre contact avec nous !

Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

lundi 13 avril 2015

La famille de Mbarek Daudi appelle le SG de l'ONU à intervenir d’urgence afin de sauver sa vie


Guelmim (sud du Maroc), 12 avr 2015 (SPS) 

La famille du prisonnier politique sahraoui Mbarek Daudi, a appelé le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à intervenir d’urgence afin de sauver la vie de son père qui souffre des maladies en raison de la torture infligée à son encontre par les autorités pénitentiaires marocaines.

Dans une lettre adressée à Ban Ki-moon, la famille a demandé à l’ONU d’assumer ses responsabilités pour le respect et la surveillance des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental.

La lettre a insisté sur la nécessité d’exercer des pressions sur le Royaume du Maroc afin de l’amener à se conformer aux lois et normes internationales appelant au respect des droits de l’homme et du droit à un procès équitable.

Mbarek Daudi a été arrêté le 29 septembre 2013 depuis son domicile à Gulmim, sud du Maroc, dans le cadre d'une campagne d'arrestations contre les citoyens sahraouis qui réclamant le droit du peuple sahraoui à la liberté et à l’indépendance.

Il a mené plusieurs grèves de la faim en prison. Le 9 mars 2015 il a été  condamné à trois mois d'emprisonnement avec une amende de 1000 dirham et condamné un appel à six (06) mois de prison ferme, la semaine dernière, rappelle-t-on. (SPS)
093/090/TRD 12 12 41 AVR 015 SPS

samedi 11 avril 2015

Lourdes peines d'emprisonnement contre le prisonnier politique sahraoui M'barek Daoudi

Le tribunal colonial marocain a condamné le prisonnier politique sahraoui M'barek Daoudi par six (06) mois de prison ferme, a rapporté une source de bureau Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'homme (CODESA).
Selon la même source le prisonnier politique sahraoui Mbarek Daoudi a passé plus de 17 mois en prison.
Pour rappel , le prisonnier sahraoui a été arrêté en raison de ses positions politiques, revendiquant le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui ,ainsi qu'il a mené des grèves de la faim dont celle entamée depuis le 01 novembre 2014 et qui a duré près de 50 jours.


samedi 11 janvier 2014

Khadija Ryadi, militante des droits de l'homme honorée par l'ONU


Par Association des Amis de la RASD

Ce 10 décembre, Khadija Ryadi, ancienne Présidente de l'AMDH, association marocaine des droits de l'homme et actuelle Présidente d'un important collectif d'associations défendant les droits humains, a reçu à New York, le Prix des droits de l'homme, décerné par l'Assemblée générale des Nations unies.
Avec cinq autres personnes également honorées, elle a reçu cette distinction prestigieuse créée en 1966 et décernée pour la première fois le 10 décembre 1968, jour anniversaire des 20 ans de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Cette distinction qui honore une femme de courage et de conviction, honore en même temps tous les militants de l'AMDH et tous ceux et celles pour lesquels elle lutte depuis tant d'années !
Nous pensons en particulier aux prisonniers sahraouis qu'elle a tôt soutenus, prenant tous les risques dans un Maroc ou la tabou de la marocanité du Sahara interdit toute position contraire.
Nous pensons aussi au peuple sahraoui pour lequel l'AMDH a milité en faveur de l'élargissement du mandat de la MINURSO.

Pourtant sur le terrain, rien ne change !
M'Barek Daoudi, en détention provisoire à Salé n'a pu rencontrer ce 10 décembre le groupe de travail sur la détention arbitraire qui fait enquête au Maroc et Sahara occidental et les rassemblements pacifiques réunis à El Aïoun pour commémorer le 10 décembre ont été très violemment réprimés avec police et armée, avec comme résultat des dizaines de blessés.

Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com


samedi 16 novembre 2013

Non à l'entrée du Maroc au Conseil des Droits de l'homme des Nations unies ! Et pourtant...


 Par Sahara Info n°57- novembre 2013

Deux arrestations récentes, au Maroc, celle du journaliste Ali Anouzla, arrêté le 17 septembre 2013 et libéré en attente de jugement le 23 octobre et celle de M'Barek Daoudi, Sahraoui habitant de Guelmin au Sud du Maroc, ont provoqué un grand trouble, même chez les plus fervents amis du Maroc, familiers de la construction de l' image flatteuse d'un pays qui progresse vers la démocratie et le respect des droits humains.
La situation du journaliste, directeur du site arabophone Lakome, Ali Anouzla, est depuis son arrestation bien connue. Elle a suscité une immense protestation tant au Maroc qu'au niveau international. Inculpé le 24 septembre pour incitation, apologie et aide matérielle au terrorisme mais personne ne s'y est trompé ! Un compte enfin réglé pour un journaliste trop indépendant !
La situation de M. M'Barek Daoudi, Sahraoui de Guelmin dans le sud Maroc est moins connue. Il est également en prison depuis le 28 septembre et risque un jugement devant une Cour militaire.
Pourquoi cette arrestation et en quoi est-elle douteuse ? M.M'Barek Daoudi, bien qu'ancien militaire marocain, en retraite depuis 2008, est suspect à double titre. Son origine, il est sahraoui et a été enrôlé comme beaucoup d'autres dans les FAR (Forces armées royales), par ignorance et pressions. Depuis sa retraite, comme beaucoup de marocains habitant le Sud Maroc, il revendique son identité sahraouie et ne cache plus ses contacts avec le Front Polisario. Plus grave encore, il aurait été le témoin de l'assassinat en février 1976, d'un groupe de nomades sahraouis, dont des chercheurs espagnols viennent de retrouver les restes dans deux fosses communes, récemment exhumées. Sahraoui et témoin ! Un vieux fusil du grand-père retrouvé dans son jardin a suffi pour l'arrêter !
Deux exemples qui ne sont pas singuliers mais significatifs de la situation politique au Maroc. Une justice soumise, un pouvoir qui ne tolère une presse que strictement aux ordres. Un pouvoir qui interdit toute liberté d'expression à un peuple au nom de la défense de son intégrité territoriale, alors qu'il négocie dans le même temps avec ses représentants, le Front Polisario, sur la base des résolutions de l'ONU qui recommandent l'application de l'autodétermination du peuple sahraoui.
Aussi est-il raisonnable de la part de la Communauté internationale de recommander l'entrée du Maroc au Conseil des droits de l'homme et n'est-il pas urgent et indispensable de plaider contre cette entrée ?
Le Conseil des droits de l'homme est un organe intergouvernemental composé de 47 états, organe subsidiaire de l'Assemblée générale des Nations unies, il a comme vocation d'éliminer les violations flagrantes des droits de l'homme et d'en promouvoir la coordination efficace et la prise en compte dans l'ensemble du système des Nations unies.
En accueillant en son sein un Etat comme le Maroc, le Conseil ne risque-t-il de faire tourner à vide un système avec la participation d'Etats qui souhaitent en faire partie, non pour défendre les droits humains mais pour donner d'eux-mêmes une image flatteuse, vite contredite par la pratique des procès inéquitables, par l'utilisation de la torture pour obtenir des aveux et l'impunité laissée à ceux qui la pratiquent et ce malgré les recommandations renouvelées lors des différents examens du Maroc par le Conseil des droits de l'homme.
L'arrestation de M'Barek Daoudi va sans doute déboucher sur un procès, comme en ont connu depuis 38 ans les militants sahraouis arrêtés pour simple délit d'opinion, au regard du droit international, mais pour atteinte à «  l'intégrité territoriale » au regard du droit marocain. Comment élire dans le prochain Conseil, un Etat dont le droit, à nouveau inscrit dans sa Constitution, contredit les résolutions et recommandations de la Communauté internationale concernant le statut du territoire du Sahara occidental ?
La France suivant la déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay recommandait en avril 2013 « le respect du droit à manifester pacifiquement » pour les Marocains comme pour les Sahraouis. En juin 2012, dans le rapport de l'examen périodique du Maroc, la Norvège recommandait de faire en sorte que les procédures d'accréditation de la société civile, notamment les organisations de défense du droit du Peuple sahraoui à l'autodétermination soient conformes aux normes internationales. Pourtant, à cette heure, les associations sahraouies des droits de l'homme n'ont toujours pas été légalisées.
En cohérence avec leurs déclarations ces deux pays comme d'autres qui interviennent pour le respect des droits de l'homme au Sahara Occidental peuvent-ils voter en faveur de l'entrée du Maroc dans le Conseil des droits de l'homme ce 12 novembre ?
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
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Mais la MAP annonce triomphalement...

Le Maroc élu au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU pour la période 2014-2016. 

Le Maroc a été élu au premier tour, mardi, nouveau membre du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU (CDH) pour un mandat de trois ans à compter du 1er janvier 2014, à l'issue d'un vote des 193 Etats membres de l'Assemblée générale de l'ONU. Le Maroc, qui se présente parmi les candidats du Groupe africain, a obtenu 163 voix, la majorité requise étant 97, lors de ce scrutin à bulletin secret pour le renouvellement de 14 sièges au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. Les membres sont élus directement et individuellement par les 193 Etats membres de l'Assemblée générale des Nations Unies. Il s'agit du 2ème mandat du Maroc, au sein de ce Conseil, basé à Genève. En effet, le Maroc y avait siégé en 2006 en tant que membre fondateur occupant la vice-présidence du CDH au nom des Etats africains. L'Assemblée générale a procédé à l'élection de 14 nouveaux membres dont 4 pour le groupe Afrique, 4 pour les Etats d'Asie-Pacifique, 2 pour les Etats d'Europe orientale, 2 pour les Etats d'Amérique latine et des Caraïbes et 2 pour les Etats d'Europe occidentale et autres Etats. MAP
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Par APS, 17/11/2013

ALGER- Le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme, Me Farouk Ksentini, a qualifié dimanche d’"injustifiée" et d’"inopportune" l’élection du Maroc au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu.
"L’élection du Maroc au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu est tout à fait injustifiée et totalement inopportune", a indiqué Me Ksentini qui était l’invité de la rédaction de la chaîne III de la Radio algérienne.
Il a regretté qu’"un narco-Etat comme le Maroc, qui fait une guerre expansionniste et colonialiste à l’encontre du peuple du Sahara occidental", ait pu être élu à cette instance onusienne. L’Assemblée générale de l’ONU a procédé mardi à l’élection de 14 nouveaux membres au Conseil des droits de l’Homme, dont l’Algérie, pour la période 2014-2016.
Créé en 2006, le Conseil des droits de l’Homme se compose de 47 membres dont les sièges sont répartis entre 5 groupes régionaux (Afrique, Asie, Europe orientale, Amérique latine et Caraïbes et Europe occidentale avec Amérique du nord).
 http://www.aps.dz/L-election-du-Maroc-au-Conseil-des,131241.html

vendredi 11 octobre 2013

Derrière l’arrestation d’un militant sahraoui, le récit d’une vie




 M’Barek Daoudi, chez lui à Guelmim en juillet 2013, montrant une photo de lui en uniforme de l’armée marocaine.Guelmim en juillet 2013, montrant une photo de lui en uniforme de l’armée marocaine.

Dans un article du 27 août, je racontais l’arrestation de trois fils du militant sahraoui M’Barek Daoudi, rencontré en juillet dernier chez lui à Guelmim et à Lakhsabi, deux communes du sud du Maroc. Un mois plus tard, le 28 septembre, c’est au tour de ce militant d’être arrêté par la police marocaine. Il serait susceptible de jugement devant le tribunal militaire de Rabat.
Dans l’article mis en ligne le 27 août, je m’interrogeais sur les possibles représailles que représentait l’arrestation de trois fils de M’Barek Daoudi et la condamnation de deux d’entre eux à dix mois de prison à Agadir (selon certaines sources, la peine serait passée à un an en appel le 26 septembre). En effet, mi-juillet dernier, ce militant de la cause sahraouie, retraité de l’armée marocaine depuis 2008, recevait chez lui un groupe d’étrangers pour raconter son histoire et son combat pour l’auto-détermination du Sahara occidental. Les forces de l’ordre semblent avoir pris ce qui ne serait qu’un prétexte (une bagarre entre une équipe de Sahraouis et une équipe de Marocains lors d’un match de foot organisé à Guelmim pour marquer la fin du Ramadan) pour toucher une famille et faire pression sur le père.
Force est de constater que la « punition » n’a finalement pas été jugée comme assez forte. Ces deux fils emprisonnés à la prison d’Ait El Melloul ont pourtant aussi été maltraités pendant leur garde à vue à Guelmim.
A cette heure, les raisons de l’arrestation de M’Barek Daoudi reste à préciser. Selon un communiqué de l’Equipe Media en date du 7 octobre, on pourrait lui reprocher la détention d’une arme ancienne, un fusil qui appartenait au grand-père de M’Barek Daoudi et qui aurait été déterrée dans le jardin de la maison familiale de Lakhsabi, un village proche de Guelmim.
M'Barek Daoudi montrant son livret militaire
M’Barek Daoudi montrant son livret militaire
Une chose est certaine en revanche : cet homme ne fait pas mystère de son combat. Le pouvoir du Maroc considérant que les Sahraouis qui ne font pas acte d’allégeance au roi et revendiquent leur indépendance sont des traîtres, le fait d’avoir été militaire dans l’armée marocaine pendant plus de 30 ans et de lutter aujourd’hui avec ses frères n’arrangent pas son cas.


Toujours selon le communiqué de l’Equipe Media, la récente découverte de restes humains de Sahraouis par une équipe de chercheurs espagnols pourrait être la source des derniers ennuis de M’Barek Daoudi.
Cet homme d’une soixantaine d’années aurait été présent lors de l’assassinat de la famille de nomades. L’Equipe Media rapporte que le militant aurait déclaré dernièrement que d’autres personnes auraient été exécutées ce même jour.

A-t-on voulu faire taire ce témoin gênant ?
On peut se poser la question de l’intérêt du pouvoir marocain et de ses représentants locaux de la police dans cette arrestation, alors que l’activisme de M’Barek Daoudi n’est pas un fait nouveau. Jusqu’à présent, son statut d’ancien militaire de l’armée marocaine l’aurait protégé. Cela ne serait plus le cas aujourd’hui ?
M’Barek Daoudi a fait partie des Sahraouis qui se sont engagés dans l’armée marocaine, pas de force comme le laisse entendre l’Equipe Media. Rencontré en juillet, ce père de famille m’a raconté comment, au début des années 70, le Maroc parvenait à enrôler les jeunes Sahraouis.
« Avec beaucoup d’autres Sahraouis de la région du sud Maroc, notamment le père de l’actuel président sahraoui Mohamed Abdelaziz qui était adjudant-chef, je me suis engagé car on nous expliquait que les Maliens, les Mauritaniens, les Cubains, s’apprêtaient à envahir le Sahara occidental dès que les Espagnols allaient partir« , a-t-il expliqué.

« Mais, où sont les Maliens ? »
« En mai 1975 (NDLR : soit cinq mois avant le déclenchement de la fameuse « Marche verte » pacifique), j’ai participé à une attaque contre le Polisario dans la zone de Jdiriya. On a pris Smara, Amgala (NDLR : secteur où ont été trouvés les corps exhumés cités plus haut), Bir Lelou. Au terme d’une bataille difficile, qui a duré cinq jours en octobre 1976 à Guelta Zemour, nous sommes entrés dans la ville. Là, tous les Sahraouis ont vu les tentes et les chameaux. Nous nous sommes fait la remarque : mais où sont les Maliens, les Mauritaniens… ? »
« C’est à ce moment-là que nous commençons à prendre conscience que la réalité est différente de celle que l’on nous raconte. Ceux que nous attaquons, ce sont nos frères ! C’est à ce moment-là que les Marocains commencent à se méfier des Sahraouis engagés avec eux. Ils nous ont envoyés sur Sidi Ifni et au nord du Sahara occidental. »
M'Barek Daoudi montre du doigt où il est sur la photo... Le souvenir d'une époque.
M’Barek Daoudi montre du doigt où il est sur la photo…
 Le souvenir d’une époque.
« Un jour de 1981, je conduisais un camion qui transportait des munitions. Avec un ami, on décide de nous enfuir avec le stock de cartouches et de rejoindre le Front Polisario. Mais, étant donné la stratégie de harcèlement et d’attaques brèves menées par les troupes du Polisario, nous n’arrivons pas à les localiser. Après trois jours sans boire ni manger, nous avons été attrapés par un commando marocain. J’ai été torturé, entre autres avec du courant électrique, parce qu’ils voulaient que je leur donne des renseignements sur le Polisario, sauf que je ne connaissais rien d’eux ! »


M’Barek Daoudi est alors emprisonné pendant deux ans à Agadir puis réintégré dans l’armée. « Les années suivantes, j’ai toujours été en poste au nord du Sahara occidental. J’étais en permanence sous surveillance. »
Le 16 août 2008, l’homme est mis à la retraite. Et, en 2010, il participe à son premier voyage dans les camps de réfugiés d’Algérie. Il y reste plusieurs mois pour passer du temps avec les membres de sa famille qui y vivent. Depuis, il s’est rendu à cinq reprises dans la région de Tindouf. Mais, il n’a jamais été arrêté, alors que ce voyage est véritablement perçu comme un sacrilège par les autorités marocaines.
Au moment du soulèvement populaire dit de Gdeim Izik, en octobre et novembre 2010, M’Barek Daoudi va démarcher des familles de sa région d’origine pour les inciter à rejoindre le camp de protestation qui a compté près de 7000 tentes traditionnelles (chiffre ONU).
C’est dire si son activisme est repéré. Quel est donc l’élément qui explique son arrestation, comme celle de ses deux fils à l’issue du match de football en août, et de celle de Brahim (21 ans) et de Hassan (17 ans)  le même jour, ainsi que l’arrestation de Mohamed (24 ans), un enfant dont personne aurait des nouvelles ?
On peut ajouter que des manifestations sahraouies ont été organisées dans cette région du sud du Maroc. Près de Assa, dans un lieu isolé appelé Tezymi, un camp de tentes a été dressé autour de la mi-septembre et a réuni plusieurs dizaines de familles. Ce type d’expression est symbolique puisqu’il s’agit de reproduire le mouvement de Gdeim Izik et, ainsi, de manifester pacifiquement pour réclamer davantage de droits et de liberté.
Ce campement a été démantelé le 23 septembre. En réaction, des habitants de la ville d’Assa sont sortis dans les rues pour dénoncer ce déni du droit de manifester et le fait qu’aucune attention n’est portée aux revendications exprimées. Comme en témoignent de nombreuses photos, des bombes lacrymogènes et des balles en caoutchouc ont été utilisées contre les manifestants. Et, en début d’après-midi, selon plusieurs témoignages, un jeune Sahraoui de 20 ans,  Rachid Chine, a été tué par le tir d’une balle dans le dos.
M'Barek Daoudi posant dans le jardin de la maison familiale de Lakhsabi, un  village près de Guelmim, que son père avait fait bâtir quand il était encore nomade pour élever des chameaux, avec l'aide du jeune M'Barek. Tout près de lui, un canon, vestige des batailles passées. C'est ici que la police marocaine aurait déterré le vieux fusil du grand-père.Le lendemain, le 24 septembre, des habitants de Guelmim ont à leur tour exprimé leur colère suite à ces événements.

M’Barek Daoudi posant dans le jardin de la maison familiale de Lakhsabi, un village près de Guelmim, que son père avait fait bâtir quand il était encore nomade pour élever des chameaux, avec l’aide du jeune M’Barek. Tout près de lui, un canon, vestige des batailles passées. C’est ici que la police marocaine aurait déterré le vieux fusil du grand-père.

Ces faits ont-ils un rapport avec l’arrestation de M’Barek Daoudi et de ses fils ? Des dizaines de rencontres cet été ont confirmé la stratégie des autorités marocaines qui utilisent tout événement pour tenter d’éradiquer le noyau des militants actifs d’une ville. La concordance des dates peut laisser penser que les potentats locaux ont voulu faire taire M’Barek Daoudi en lui faisant porter la responsabilité des récentes manifestations.
M’Barek Daoudi a été transféré à la prison militaire de Salé, près de Rabat, et devrait comparaître devant le tribunal militaire, sans qu’aucune date n’ait été communiquée à la famille. Personne n’a pu avoir de contact direct avec le militant depuis son arrestation.

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