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vendredi 28 octobre 2016

A l’approche de son procès, le Maroc tente d’isoler le détenu politique sahraoui Naâma Asfari (ACAT-France)


Paris, 25 oct 2016 (SPS)

 Le Maroc tente d’isoler le militant sahraoui des droits de l’Homme, Naâma Asfari, condamné par un tribunal militaire marocain, à l’approche de son procès, a estimé la section française de l’ACAT dans une lettre au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.
“Cela fait des années que Claude Mangin, ressortissante française, se rend au Maroc plusieurs fois par an pour visiter son mari emprisonné depuis 2010. C’est la première fois qu’elle est ainsi refoulée. Elle rejoint la longue liste des militants, avocats, personnalités politiques et journalistes renvoyés par le Maroc en raison de leur intérêt pour la question sahraouie”, a rappelé l’ACAT-France relevant que les autorités marocaines “tentent ainsi d’isoler Naâma Asfari et de le réduire au silence à l’approche de la réouverture de son procès”.

mercredi 13 juillet 2016

A LIRE : Qui sont les Sahraouis?

Les Sahraouis sont les habitants de l’ancienne colonie espagnole du Sahara, l’actuelle Sahara Occidental, descendants des tribus nomades maures qui vivaient dans ce territoire depuis des siècles.
Aujourd’hui 150'000 Sahraouis vivent dans des camps de réfugiés au sud de la ville de Tindouf dans le désert du sud-ouest algérien.

Car durant l’hiver 1975/76 les armées du Maroc et de la Mauritanie ont commencé à occuper le Sahara Occidental. La population sahraouie a alors fui les bombardements au napalm et au phosphore par l’armée de l’air marocaine, d’abord vers l’intérieur du pays, puis en traversant la frontière vers l’Algérie.
La population sahraouie a le droit à l’autodétermination comme tous les habitants d’anciennes colonies. C’est ce que l’ONU certifie dans des résolutions depuis 1963 et jusqu’à aujourd’hui.
Faisant confiance à ce droit à l’autodétermination, les Sahraouis ont toujours considéré la vie dans les camps de réfugiés comme une situation transitoire.
Ainsi, le 27 février 1976, ils ont proclamé la RASD/ République Arabe Sahraouie Démocratique. Sous des conditions climatiques les plus rudes et malgré une situation de grands manques, ils ont mis en place leur État en exil avec une administration et des services publics (ministères, parlement, communes politiques, système scolaire, services de santé, système juridique, institutions culturelles). Depuis 40 ans ils espèrent pouvoir retourner enfin dans leur pays.
Dans la partie du Sahara Occidental occupée par le Royaume du Maroc des dizaines de milliers de Sahraouis vivent dans des conditions extrêmement difficiles. La répression policière contre la population sahraouie est encore renforcée par une politique qui a installé 200'000 colons marocains au Sahara Occidental mettant ainsi les Sahraouis dans une situation de minorité dans leur propre pays.

mercredi 9 décembre 2015

M'Barek Daoudi, 5 ans de prison ferme ! Quelle justice au Maroc ?



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M'Barek Daoudi, 5 ans de prison ferme ! Quelle justice au Maroc ?

M'Barek Daoudi est en prison depuis deux ans ! Arrêté chez lui à Guelmin le 23 septembre 2013, avec ses trois fils, il attend depuis cette arrestation arbitraire, d'être jugé ! Ses trois fils sont passés devant un tribunal et ont été condamnés à des peines de un et deux ans de prison. Amar et Taha ont été libérés en 2014, au terme de leur peine, Brahim quant à lui doit être patient !

Les jeunes étaient-ils considérés comme moins dangereux que leur père ? Cette famille sahraouie qui réside à Guelmin, a subi comme beaucoup d'autres le cadeau fait par l'Espagne en 1956 au moment de l'indépendance du Maroc : la bande de Tarfaya, « un morceau » du Sahara espagnol, cédée au voisin du Nord pour en garder l'essentiel riche en phosphates ! En 1956, comme en 1975, les Sahraouis n'ont rien eu à dire !

Mais depuis de nombreuses années les Sahraouis, habitants du Sud Maroc depuis 1956, n'acceptent plus l'arbitraire du Makhzen et revendiquent publiquement leur sympathie pour le Front Polisario.
Insupportable pour le pouvoir marocain ! Avec M'Barek Daoudi, ce pouvoir comme la justice ont hésité… Tribunal militaire ? N'a-t-il pas été enrôlé dans les FAR (Forces armées royales) dans les années 1970. Trop risqué pour l'extérieur et l'image que le Maroc souhaite donner de son régime. Alors M'Barek Daoudi a attendu, à Salé 2 d'abord puis à Aït Melloul, il a fait une longue grève de la faim pour passer en procès et être blanchi de toute condamnation. C'était trop demander à une justice au service d'un pouvoir tout entier obsédé par l'occupation de « son Sahara ».

Novembre 2015, c'est désormais le bon moment pour condamner à 5 ans ce courageux militant. Mohamed VI a fêté la Marche verte à El Aïoun à grand renfort de propagande, il engage un bras de fer avec Christopher Ross et le Secrétaire général de l'ONU et peut croire à la complaisance du Conseil de sécurité et de la France qui regardent ailleurs.

Mais avec ce procès, M'Barek Daoudi et tous ses soutiens, avocats, militants des droits de l'homme, journalistes sahraouis ont pu, en dépit des risques, témoigner de leur soutien et de leur mobilisation autour du tribunal. Le procès se transformant comme à chaque fois en tribune politique.

Une cinquantaine de prisonniers politiques sahraouis croupissent encore dans les prisons marocaines ! Ne les laissons pas tomber ! Écrivons leur, soutenons financièrement leurs familles.
Dès réception de ce message ne manquez pas d'aller sur le site qui leur est dédié et de prendre contact avec nous !

Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com

lundi 27 octobre 2014

Conflit au Sahara Occidental : L’ONU face au blocage marocain


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Mohammed Larbi,El Watan,  27/10/2014

Le Conseil de sécurité des Nations unies examinera aujourd’hui la mise en œuvre du plan de paix au Sahara occidental, rendez-vous ayant été pris lors de sa réunion d’avril dernier lors de laquelle a été décidée une profonde révision du processus en question tel que mené depuis septembre 1991.


Tel qu’envisagée, l’approche en question, devant mettre fin au statu quo actuel, devra être dévoilée au mois d’avril 2015. Quant au rendez-vous d’aujourd’hui, qualifié de «cruciale» par le secrétaire général de l’ONU dans son rapport d’avril dernier, il a bénéficié du soutien du Conseil de sécurité, tout en annonçant que Christopher Ross (envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental) «fera la première évaluation de sa nouvelle approche basée sur des consultations bilatérales et une navette diplomatique». Qu’en sera-t-il au juste, d’autant plus que l’instance onusienne a maintenu sa position et une solution passant pas l’exercice par le peuple du Sahara occidental de son droit à l’autodétermination.
Sauf que l’envoyé personnel de Ban Ki-moon n’a pu se rendre dans la région comme cela devait se faire, le Maroc, arguant des questions d’agenda, s’oppose à sa venue annoncée pourtant depuis le mois de mai. C’est aussi le cas de Mme Kim Bolduc, nommée représentante spéciale du secrétaire général pour le Sahara occidental, qui n’a pu prendre ses fonctions en raison de l’obstruction du Maroc dont les dirigeants tiennent un tout autre langage, laissant penser à des «relations constructives» avec le secrétaire général. Aussi, finit-on par se demander, comment, alors même qu’il y a blocage systématique ?
Faut-il penser toutefois, comme le font certains, que l’ONU n’aura rien à débattre ou encore «à se mettre sous la dent» ? En d’autres termes, cela empêchera-t-il l’instance onusienne de dire son appréciation d’une telle situation qui ne saurait être qualifiée de surprenante, le Maroc ayant multiplié les entraves, s’opposant même au travail accompli par M. Ross en demandant qu’il en soit démis ? On connaît la réponse de M. Ban, mais aussi celle de pays réputés proches de Rabat, mais pas de ses thèses puisqu’aucun d’entre eux n’a reconnu l’occupation marocaine du Sahara occidental, comme en attestent les différents votes dans les enceintes internationales. Un véritable rappel à l’ordre et Rabat s’y est soumis en renonçant à son exigence.
C’était déjà le signe d’un certain agacement, et ce, d’autant que la question du Sahara occidental a gagné en audience avec une mobilisation internationale fortement remarquée. De très nombreuses organisations internationales se sont emparées de cette question, toutes soutenant le droit du peuple sahraoui à l’indépendance. Il devient alors de plus en plus difficile de maintenir le statu quo, celui-ci devenant même dangereux. C’est bien Christopher Ross qui soulignait, en février 2012, que «l’absence de solution augmente les risques et le coût pour les parties prenantes et pour la communauté internationale» et qu’un règlement de ce conflit «se fait attendre».
C’est sur cette base que des personnalités de renom ont décidé de s’engager et c’est pour contester le blocage marocain qu’elles s’en sont retirées. Beaucoup pensent qu’aujourd’hui, les urgences, comme elles sont considérées au plan international, même si de telles appréciations sont autant d’aberrations conduisant aux pires injustices, sont partout. Il devient certain que le Conseil de sécurité aura à prendre acte d’un blocage délibéré, alors même que sa mission s’inscrit dans le cadre d’un accord auquel étaient parvenues les parties en conflit, Front Polisario et Maroc, avant que ce dernier se rétracte, mais sans jamais être suivi par un quelconque membre de l’ONU. 


samedi 21 décembre 2013

La question du Sahara occidental: une épine dans le pied marocain?


ENTRETIEN AVEC RÉGINE VILLEMONT

Quarante ans après la création du mouvement indépendantiste du Sahara occidental, le Polisario, la question de cette région située au sud du Maroc a occupé, cette année et particulièrement ces dernières semaines, une place importante dans l’actualité diplomatique et géopolitique. Visite de l’envoyé spécial de l’ONU, escalade des tensions avec Alger, rencontre du roi Mohammed VI avec Barack Obama... JOL Press fait le bilan avec Régine Villemont, présidente de l’association des amis de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD).

Portrait du roi Mohammed VI dans la ville de Dakhla, au sud du Sahara occidental. Photo: YoTuT / flickr-cc



Fin octobre-début novembre, quelques jours après la visite de Christopher Ross – l’envoyé spécial de l’ONU dans la région – la tension au sujet du Sahara occidental est montée d’un cran entre Alger et Rabat.
JOL Press : Pouvez-vous nous rappeler les intérêts de l’Algérie au Sahara occidental ?
Régine Villemont : La lecture du conflit dans le Sahara occidental ne passe pas forcément par les intérêts de l’Algérie dans la région. L’Algérie a un territoire très vaste, elle a énormément de ressources en gaz et en pétrole, elle n’a pas tellement « besoin » du Sahara occidental.
Le problème entre le Maroc et l’Algérie, c’est que la question non résolue du Sahara bloque le développement de l’Union du Maghreb arabe (UMA), qui serait peut-être plus susceptible d’améliorer les relations économiques entre les différents pays du Maghreb. Cette absence d’évolution de l’UMA freine certaines potentialités de développement des intérêts algériens.
Au niveau politique, c’est vrai que l’Algérie, dans les années 70, s’est toujours positionnée en faveur des luttes pour l’autodétermination, que ce soit en Afrique ou en Amérique latine. Elle a continué en soutenant le peuple du Sahara occidental qui demandait aussi son autodétermination et luttait contre l’occupation marocaine. La position algérienne sur cette question-là est restée constante.

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a par ailleurs déclaré en novembre qu’il était nécessaire de mettre en place « un mécanisme de suivi et de surveillance des droits de l’Homme au Sahara », accusant le Maroc de « violations massives et systématiques » des droits de l’Homme dans ces « territoires occupés ».
JOL Press : Dans quelle mesure les droits des Sahraouis sont-ils en effet bafoués ?  
Régine Villemont : Il faut rappeler que les Sahraouis ont été chassés de chez eux. En occupant le territoire [à partir de 1975, ndlr], le Maroc a brisé leur unité : certains sont restés, d’autres sont partis et ceux qui sont partis n’ont pratiquement jamais pu revenir. S’ils revenaient, ils devaient faire allégeance au roi, ce qui était pour eux inenvisageable. Ceux qui sont restés ne pouvaient même pas dire qu’ils étaient Sahraouis pendant le règne d’Hassan II [le père de Mohammed VI, ndlr], et le territoire était entièrement sous contrôle.
Après la mort du roi Hassan II, les choses se sont un peu apaisées en direction des Sahraouis. Le business s’est développé dans la région, les Marocains viennent en plus grand nombre mais ils continuent de contrôler l’essentiel du fonctionnement économique et administratif du Sahara occidental.
Aujourd’hui, les Sahraouis sont devenus pratiquement minoritaires chez eux, ils ne contrôlent pas grand-chose, ils sont complètement dépendants de la tutelle marocaine. Et tous ceux qui proclament publiquement qu’ils sont pour l’autodétermination voire l’indépendance du Sahara occidental, ou qui disent qu’ils sont Sahraouis et non Marocains, risquent de perdre leur emploi ou de ne pas pouvoir faire d’études. Et quand ils se rassemblent et manifestent dans la rue, ils risquent de se faire tabasser et d’aller en prison. Nous avons souvent des échos de Sahraouis qui se retrouvent à l’hôpital après avoir été tabassés, y compris des femmes.
Beaucoup de quartiers de Laâyoune [ville la plus importante du Sahara occidental, ndlr] sont encombrés de casernes et d’installations de police. C’est une ville sous contrôle. Par ailleurs, à Dakhla [au sud de la région, ndlr], zone très riche pour la pêche, les Sahraouis sont vraiment minoritaires. Il y a beaucoup d’industriels ou de pêcheurs marocains qui viennent exploiter les ressources de pêche.
[Un accord de pêche entre le Maroc et l’UE, adopté à une large majorité par le parlement européen le 10 décembre, a notamment été contesté par le Polisario et par certains manifestants Sahraouis qui accusent le Maroc d'exploiter à son profit les ressources du Sahara occidental, ndlr.]
Une rue de Laâyoune, la ville la plus importante du Sahara occidental. Photo: David Stanley / flickr-cc
Le 7 novembre, Mohammed VI a prononcé un discours pour célébrer le 38ème anniversaire de la « Marche verte » [qui marquait la fin de l’occupation espagnole au Sahara occidental, ndlr]. Il a notamment donné une vision d’un Sahara occidental qui serait le « prolongement africain » du royaume marocain.
JOL Press : La position du roi sur cette question s’inscrit-elle dans la droite lignée de celle de son père, Hassan II ?  
Régine Villemont : Le père de Mohammed VI a conduit son pays de manière autoritaire voire tyrannique, avec des moyens à la fois archaïques et modernes, pour mettre au pas les syndicats, les militaires et les Sahraouis, et créer une unité nationale un peu factice pour sauver son trône en occupant le Sahara occidental.
La vision de son fils n’a pas vraiment bougé : il reste toujours campé sur sa position de garder le Sahara occidental et de considérer que cette région fait partie intégrante du Maroc, en dépit des résolutions de l’ONU et des batailles menées par les Sahraouis. Son discours renouvelle toujours cette volonté, même s’ils ont commencé à parler d’autonomie ou mis en place une Instance Éthique et Réconciliation (IER) pour essayer d’en finir avec ce qui s’est passé dans les « années de plomb » [période allant des années 60 à 80, sous le règne d’Hassan II, marquées par la violence et la répression contre les opposants, ndlr].
Dans le même temps, le roi a rappelé dans son discours sa volonté de développer le Sahara occidental. Le Conseil économique, social et environnemental marocain (CESE) a notamment publié en novembre son « Nouveau modèle de développement pour les provinces du Sud », un projet commandé par le roi il y a un an.
JOL Press : Que faut-il retenir de ce projet ?
Régine Villemont : J’ai pu en discuter avec une des responsables d’une association de Sahraouis qui habite Laâyoune. Ce qu’elle observe, c’est que ce projet-là suit strictement la thèse de la marocanité du Sahara. L’administration marocaine ne prend pas la peine d’interroger les opposants à ce projet : c’est un développement qui est pensé de manière tout à fait unilatérale. Pour eux, c’est encore une manière de se maintenir et de prolonger le statu quo. La plupart des Sahraouis considèrent ce projet-là comme une manœuvre, plutôt qu’un projet qui pourrait développer le Sahara occidental. Et le Maroc a-t-il réellement les moyens de soutenir ce projet ? La question reste posée.


Le roi Mohammed VI a rencontré le président Barack Obama à Washington, le 22 novembre 2013. Photo: capture d'écran / YouTube-RTM
Fin novembre, Mohammed VI a rencontré Barack Obama lors d’une visite à Washington. Le président américain a profité de cette entrevue pour aborder la question du Sahara occidental. Beaucoup de médias ont déclaré à cette occasion que le président américain « soufflait le chaud et le froid » à ce sujet, soutenant d’un côté le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, et rappelant de l’autre côté les devoirs du Maroc en matière de droits humains.
JOL Press : Quels ont été les principaux points abordés lors de cette rencontre, et comment a-t-elle été perçue par les Sahraouis ?  
Régine Villemont : Les réactions des Sahraouis ont été plutôt positives suite à cette rencontre, notamment parce qu’ils estiment que Barack Obama, dans ses discussions avec Mohammed VI, a consacré une place significative à la question du Sahara occidental. C’est un point positif dans le cadre des échanges bilatéraux avec le Maroc, car cette question a en effet été « mise sous le tapis » pendant des années. Je me souviens des relations bilatérales entre la France et Hassan II par exemple, et jamais la question du Sahara occidental n’était abordée.
Les déclarations relatives aux droits de l’Homme sont aussi positives. Barack Obama a notamment conseillé aux Marocains de ne plus utiliser de tribunaux militaires contre les civils. Le président américain est par ailleurs resté fidèle à la position américaine développée en avril dernier, concernant l’élargissement de la Minurso [la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental, ndlr], les préoccupations de la Fondation Kennedy, celles du secrétaire général de l’ONU, du Conseil des droits de l’Homme de Genève etc. Cela fait partie d’un processus qui va aboutir à la prochaine réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, en avril 2014.
JOL Press : Que faut-il penser du soutien américain au plan d’autonomie prévu par le Maroc ?  
Régine Villemont : Concernant le plan d’autonomie marocain prévu pour le Sahara occidental, je ne suis pas sûre que Barack Obama ait exprimé un vrai soutien à ce plan, qui a plutôt été relevé comme une des solutions possibles. Je pense que c’est comme cela qu’il faut interpréter la position de Barack Obama, qui doit être assez proche de la position exprimée par la France.
Ce qui est important aussi pour les Sahraouis, c’est que plusieurs journaux américains ont traité le sujet de manière plutôt favorable aux Sahraouis. Le Washington Times, par exemple, a fait référence dans un article à la propre indépendance des États-Unis, disant que si les Anglais avaient proposé de donner aux Américains, au XVIIIème siècle, leur autonomie – et non leur indépendance – ils ne l’auraient pas acceptée...
JOL Press : La solution de l’autodétermination est-elle alors vouée à l’échec ?  
Régine Villemont : Tant que le sujet du Sahara occidental est dans les mains de l’ONU, l’ONU ne peut pas contredire 50 ans de résolutions qui demandent l’autodétermination. Depuis 2004 et le lancement par Mohammed VI du projet d’autonomie, le Maroc essaie que l’ONU se dégage du sujet et que la question soit réglée de manière interne, mais cela n’a pas marché.
Ce que j’observe aussi, c’est que les Sahraouis s’appuient davantage sur l’Union africaine (UA). Cela fait quand même très longtemps que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est le 51ème État appartenant à l’Union africaine [l’UA reconnaît la RASD depuis 1982, alors que ni l’ONU ni la Ligue arabe ne l’ont reconnue], et l’on peut espérer après tout que l’Afrique ait un peu plus de poids au niveau diplomatique et que les Sahraouis, davantage présents au sein de l’Union africaine, bénéficient de l’appui d’États importants comme l’Afrique du Sud et le Nigeria, et d’une partie de l’Afrique lusophone et anglophone [la question devrait être abordée lors du sommet de l’Union africaine fin janvier 2014].


Des femmes sahraouies manifestent contre l'occupation marocaine, mai 2005. Photo: Saharauiak / flickr-cc
 
 
 
 
JOL Press : Les Sahraouis continuent-ils toutefois leur combat ?  
Régine Villemont : Oui, et la présence d’une expression publique d’opposition au Maroc au Sahara occidental change d’ailleurs la donne. Les autorités marocaines ont été surprises de l’importance qu’ont pris certains rassemblements de Sahraouis, comme en mai dernier lorsque des milliers de Sahraouis sont descendus dans la rue.
Régulièrement, les gens s’organisent et font des sit-in. Une maturité associative et politique se construit au Sahara occidental. Ils se dotent d’outils associatifs, de revendications. Il faudra bien un jour que le Maroc en tienne compte. Après, que cela passe par une solution politique ou par une solution d’autodétermination comme l’ONU l’avait prévue en 1991, le règlement sera celui que les parties et leurs alliés choisiront à ce moment-là.
À moins qu’il y ait une reprise de la guerre, ce que personne ne souhaite dans la région, il faudra qu’ils arrivent à un règlement politique, que le dossier ne soit plus seulement tenu par le roi et ses affidés, mais que la société civile et les parlementaires s’en emparent, et que la question du Sahara occidental fasse partie de la progression du débat démocratique marocain. Cela prend beaucoup de temps, parce que le rapport de force est inégal, mais les Sahraouis n’ont pas lâché pendant quarante ans, et je crois qu’ils ne sont pas prêts à lâcher.
JOL Press : Quelles sont les prochaines étapes concernant le Sahara occidental en 2014 ?  
Régine Villemont : L’étape importante, c’est le Conseil de sécurité, en avril prochain, que l’on suivra de près, même si Christopher Ross a annoncé qu’il envisageait plutôt des négociations discrètes.
Ce qui est également important et nouveau dans le dossier, c’est que les Sahraouis ont retrouvé en juin dernier des charniers, dans la zone qu’ils contrôlent, au pied du mur marocain. Dans ces fosses, une équipe espagnole de médecins légistes et d’archéologues, qui a travaillé pendant une dizaine de jours, a identifié huit personnes dont deux enfants, après avoir mené des fouilles et des analyses ADN. Ils ont également retrouvé des douilles, montrant qu’il s’agissait bien d’un fait de l’armée marocaine.
Ils ont reconstitué la scène : c’étaient des bergers qui avaient là un puits et qui ont été tués par un régiment marocain en février 1976, dans une région du Nord du Sahara occidental, à la limite de la zone contrôlée par le Maroc et de la zone contrôlée par le Polisario. Les dépouilles ont récemment été inhumées dans de vraies tombes, en présence des descendants de ces huit personnes et en présence de la Minurso. Cette affaire a été transmise au secrétaire général de l’ONU et à Christopher Ross en charge du dossier.
Ce sont des informations qui vont prendre de l’importance dans le suivi du dossier concernant le Sahara occidental et qui pourraient pousser le Conseil de sécurité à donner plus de poids à la Minurso. Son mandat, qui était au départ simplement consacré au référendum, devrait être élargi et la Minurso pourrait, entre autres, être chargée d’aller chercher dans les zones aussi bien contrôlées par le Maroc que par le Polisario, d’autres traces de charniers et de combats.
Propos recueillis par Anaïs Lefébure pour JOL Press

Régine Villemont est la présidente de l’association des amis de la République arabe sahraouie et démocratique (RASD) en France. Elle est également l’auteure d’Avec les Sahraouis, une histoire solidaire de 1975 à nos jours, L’Harmattan, 2009.

 http://www.jolpress.com/sahara-occidental-maroc-algerie-polisario-minurso-independance-article-823576.html
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 Par Barbara Weingartner-Western Sahara

Quiere poder jugar y correr ... en LIBERTAD !
He wants to play and run ... in FREEDOM !
Il souhaite jouer et courir...en LIBERTÉ !
 
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Foto: Josep Pons i Busquet | Campamentos Refugiados Saharaui — 
Foto: Josep Pons i Busquet | Campamentos Refugiados Saharaui —

samedi 29 juin 2013

Gouvernement sahraoui : Amener le Maroc à respecter la légalité internationale


Par Algérie Presse Service, BIR LAHLOU (territoires sahraouis libérés) 31/7/2013 - 

Le gouvernement sahraoui a lancé un appel à la communauté internationale en vue d’amener le Maroc à se conformer à la légalité internationale et à respecter les décisions de celle-ci, suite au discours prononcé par le roi du Maroc, à l’occasion de la fête du trône, a indiqué mercredi l’Agence de presse sahraouie (SPS).
Le discours prononcé par le roi Mohamed VI à l’occasion de la fête du trône "fait ressortir une obstination et un entêtement à consacrer l’occupation illégale du Sahara Occidental à tout prix", selon la même source qui cite un communiqué du ministère sahraoui de l’Information, soulignant que le discours "ne comporte aucune volonté politique en vue de soutenir les démarches de l’ONU pour trouver une solution juste et permanente à ce conflit".
Le recours dans ce discours "à l’interprétation de la dernière décision du Conseil de sécurité tout en ignorant l’appel franc de ce dernier aux deux parties au conflit (Maroc et front Polisario) à coopérer en vue de trouver une solution concertée, garantissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, traduit l’absence d’une volonté politique chez le Maroc de soutenir les démarches de l’ONU et du conseil de sécurité et les efforts du secrétaire général et de son envoyé spécial", souligne le communiqué.
Le roi du Maroc a "ignoré" dans son discours les rapports des organisations internationales et régionales des droits de l’Homme qui "ont mis à nu l’atrocité des violations des droits de l’Homme dans les régions occupés du Sahara Occidental, et qui ont annoncé leur soutien à la création d’un mécanisme onusien de contrôle des droits de l’Homme et la rédaction de rapports sur ces violations", poursuit la même source.
Cette position reflète "la volonté du Maroc de maintenir le siège imposé aux régions occupées du Sahara Occidental et de poursuivre les violations des droits de l’Homme", a souligne le communiqué. Face "à la volonté de consacrer l’occupation par la force du Sahara Occidental", les Sahraouis poursuivent leur résistance et leur lutte, tout en refusant catégoriquement l’occupation marocaine, selon la même source, qui affirme que les Sahraouis "ne reculeront pas devant les intimidations du Maroc".
Le communiqué a appelé le Maroc à revoir sa politique avant qu’il ne soit trop tard, car l’occupation du Sahara Occidental "du fait de sa logique d’extension, représente une menace aussi bien pour la souveraineté des Etats voisins que pour les peuples de ces Etats, à travers les drogues, ainsi que pour les économies et pour la sécurité de ces peuples à travers la contrebande et le soutien des réseaux du crime organisé, d’immigration clandestine et de terrorisme, tout en constituant une entrave devant l’unité des peuples aspirant à l’édification d’une union maghrébine".
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Philippe Leclercq, militant de la paix , 31/7/2013

Nouvelle règle au Sahara Occidental ?

Plusieurs contributeurs du newsring ont récemment trouvé un nouvel argument pour renoncer au référendum sur le droit à l'autodétermination prévu par le "Droit International"
Ainsi, selon eux, des Sahraouis des territoires occupés ayant voté lors de la consultation sur la constitution en 2011 sont donc d'accord avec le plan d'autonomie que voudrait mettre en place le royaume !
Autrement dit, lorsque vous allez voter sur une question posée, votre vote vaut également pour des questions qui ne sont pas posées ! Cette "nouvelle règle" 'est bien plus pratique pour faire avancer son "parti pris" ... mais ce n'est pas du tout démocratique. De plus, ces partisans de l'autonomie font fi de l'avis des milliers de Sahraouis des camps de réfugiés, autour de Rabouni ...
Le royaume se targuant du développement de cette démocratie, on ne croira donc pas à cette argumentation développée par quelques contributeurs au sujet proposé par Newsring.
D'ailleurs, si tel était le cas, la question "le Sahara Occidental a-t-il doit à l'indépendance" ne se poserait même plus !
Soyons tous raisonnables et continuons à travailler ensemble à la préparation du référendum. La question est d'une simplicité enfantine ; il suffit de demander aux Sahraouis : voulez vous du plan d'autonomie proposé par le roi du Maroc ? OUI ou NON ?
Et, dans les mois qui viennent, nous pourrons tous ensemble commenter les résultats !