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jeudi 6 mars 2014

Le Maroc se mobilise au Conseil des droits de l'homme "à propos du dossier du sahara marocain et du plan de large autonomie"


Par Mohamed Alaoui, Le 360, 4/3/2014 

La diplomatie marocaine officielle et parallèle met les bouches doubles dans le cadre de la 25e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève. 
M'barka Bouaida, ministre déléguée aux Affaires étrangères.
M'barka Bouaida, ministre déléguée aux Affaires étrangères.
© Copyright : DR (MAP)
Un panel fort 
intéressant, organisé ce mardi à Genève, dans le cadre de la 25e session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU verra la participation de M'barka Bouaida, a appris Le360 auprès de son entourage. La ministre déléguée aux Affaires étrangères a eu lundi, à son arrivée à Genève, une série de rencontres bilatérales en marge de la réunion du CDH. Bouaida s'est entretenue avec le chef de la diplomatie argentine, Hector Timerman, à propos du dossier du sahara marocain et du plan de large autonomie, ainsi qu'avec le ministre d'Etat britannique chargé du Commonwealth, Hugo Swire, sur la coopération en matière des droits de l'homme. Concernant le sahara, Bouaida a affirmé que "l'Argentine a toujours soutenu la position marocaine et se propose en porte-parole de notre cause en Amérique Latine".

La délégation marocaine à Genève est composée, outre de M'barka Bouaida, du ministre de la Justice, Mustapha Ramid, ainsi que des représentants des ministères de l'Intérieur, de la Solidarité, des Marocains résidant à l'étranger ainsi que d'ONG. Le Maroc avait été élu, en novembre 2013, membre du CDH au nom des pays africains pour un mandat de trois ans à compter du 1er janvier 2014, à l'issue d'un vote des 193 Etats membres de l'Assemblée générale de l'ONU. Il s'agit du deuxième mandat du royaume au sein du Conseil des droits de l'homme, après y avoir siégé en 2006 en tant que membre fondateur occupant la vice-présidence du conseil au nom du groupe africain.

samedi 16 novembre 2013

Non à l'entrée du Maroc au Conseil des Droits de l'homme des Nations unies ! Et pourtant...


 Par Sahara Info n°57- novembre 2013

Deux arrestations récentes, au Maroc, celle du journaliste Ali Anouzla, arrêté le 17 septembre 2013 et libéré en attente de jugement le 23 octobre et celle de M'Barek Daoudi, Sahraoui habitant de Guelmin au Sud du Maroc, ont provoqué un grand trouble, même chez les plus fervents amis du Maroc, familiers de la construction de l' image flatteuse d'un pays qui progresse vers la démocratie et le respect des droits humains.
La situation du journaliste, directeur du site arabophone Lakome, Ali Anouzla, est depuis son arrestation bien connue. Elle a suscité une immense protestation tant au Maroc qu'au niveau international. Inculpé le 24 septembre pour incitation, apologie et aide matérielle au terrorisme mais personne ne s'y est trompé ! Un compte enfin réglé pour un journaliste trop indépendant !
La situation de M. M'Barek Daoudi, Sahraoui de Guelmin dans le sud Maroc est moins connue. Il est également en prison depuis le 28 septembre et risque un jugement devant une Cour militaire.
Pourquoi cette arrestation et en quoi est-elle douteuse ? M.M'Barek Daoudi, bien qu'ancien militaire marocain, en retraite depuis 2008, est suspect à double titre. Son origine, il est sahraoui et a été enrôlé comme beaucoup d'autres dans les FAR (Forces armées royales), par ignorance et pressions. Depuis sa retraite, comme beaucoup de marocains habitant le Sud Maroc, il revendique son identité sahraouie et ne cache plus ses contacts avec le Front Polisario. Plus grave encore, il aurait été le témoin de l'assassinat en février 1976, d'un groupe de nomades sahraouis, dont des chercheurs espagnols viennent de retrouver les restes dans deux fosses communes, récemment exhumées. Sahraoui et témoin ! Un vieux fusil du grand-père retrouvé dans son jardin a suffi pour l'arrêter !
Deux exemples qui ne sont pas singuliers mais significatifs de la situation politique au Maroc. Une justice soumise, un pouvoir qui ne tolère une presse que strictement aux ordres. Un pouvoir qui interdit toute liberté d'expression à un peuple au nom de la défense de son intégrité territoriale, alors qu'il négocie dans le même temps avec ses représentants, le Front Polisario, sur la base des résolutions de l'ONU qui recommandent l'application de l'autodétermination du peuple sahraoui.
Aussi est-il raisonnable de la part de la Communauté internationale de recommander l'entrée du Maroc au Conseil des droits de l'homme et n'est-il pas urgent et indispensable de plaider contre cette entrée ?
Le Conseil des droits de l'homme est un organe intergouvernemental composé de 47 états, organe subsidiaire de l'Assemblée générale des Nations unies, il a comme vocation d'éliminer les violations flagrantes des droits de l'homme et d'en promouvoir la coordination efficace et la prise en compte dans l'ensemble du système des Nations unies.
En accueillant en son sein un Etat comme le Maroc, le Conseil ne risque-t-il de faire tourner à vide un système avec la participation d'Etats qui souhaitent en faire partie, non pour défendre les droits humains mais pour donner d'eux-mêmes une image flatteuse, vite contredite par la pratique des procès inéquitables, par l'utilisation de la torture pour obtenir des aveux et l'impunité laissée à ceux qui la pratiquent et ce malgré les recommandations renouvelées lors des différents examens du Maroc par le Conseil des droits de l'homme.
L'arrestation de M'Barek Daoudi va sans doute déboucher sur un procès, comme en ont connu depuis 38 ans les militants sahraouis arrêtés pour simple délit d'opinion, au regard du droit international, mais pour atteinte à «  l'intégrité territoriale » au regard du droit marocain. Comment élire dans le prochain Conseil, un Etat dont le droit, à nouveau inscrit dans sa Constitution, contredit les résolutions et recommandations de la Communauté internationale concernant le statut du territoire du Sahara occidental ?
La France suivant la déclaration du porte-parole du Quai d'Orsay recommandait en avril 2013 « le respect du droit à manifester pacifiquement » pour les Marocains comme pour les Sahraouis. En juin 2012, dans le rapport de l'examen périodique du Maroc, la Norvège recommandait de faire en sorte que les procédures d'accréditation de la société civile, notamment les organisations de défense du droit du Peuple sahraoui à l'autodétermination soient conformes aux normes internationales. Pourtant, à cette heure, les associations sahraouies des droits de l'homme n'ont toujours pas été légalisées.
En cohérence avec leurs déclarations ces deux pays comme d'autres qui interviennent pour le respect des droits de l'homme au Sahara Occidental peuvent-ils voter en faveur de l'entrée du Maroc dans le Conseil des droits de l'homme ce 12 novembre ?
Association des Amis de la RASD 356 rue de Vaugirard 75015 Paris
www.sahara-info.org / www.ecrirepourlesliberer.com


Mais la MAP annonce triomphalement...

Le Maroc élu au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU pour la période 2014-2016. 

Le Maroc a été élu au premier tour, mardi, nouveau membre du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU (CDH) pour un mandat de trois ans à compter du 1er janvier 2014, à l'issue d'un vote des 193 Etats membres de l'Assemblée générale de l'ONU. Le Maroc, qui se présente parmi les candidats du Groupe africain, a obtenu 163 voix, la majorité requise étant 97, lors de ce scrutin à bulletin secret pour le renouvellement de 14 sièges au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. Les membres sont élus directement et individuellement par les 193 Etats membres de l'Assemblée générale des Nations Unies. Il s'agit du 2ème mandat du Maroc, au sein de ce Conseil, basé à Genève. En effet, le Maroc y avait siégé en 2006 en tant que membre fondateur occupant la vice-présidence du CDH au nom des Etats africains. L'Assemblée générale a procédé à l'élection de 14 nouveaux membres dont 4 pour le groupe Afrique, 4 pour les Etats d'Asie-Pacifique, 2 pour les Etats d'Europe orientale, 2 pour les Etats d'Amérique latine et des Caraïbes et 2 pour les Etats d'Europe occidentale et autres Etats. MAP
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Par APS, 17/11/2013

ALGER- Le président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’Homme, Me Farouk Ksentini, a qualifié dimanche d’"injustifiée" et d’"inopportune" l’élection du Maroc au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu.
"L’élection du Maroc au Conseil des droits de l’Homme de l’Onu est tout à fait injustifiée et totalement inopportune", a indiqué Me Ksentini qui était l’invité de la rédaction de la chaîne III de la Radio algérienne.
Il a regretté qu’"un narco-Etat comme le Maroc, qui fait une guerre expansionniste et colonialiste à l’encontre du peuple du Sahara occidental", ait pu être élu à cette instance onusienne. L’Assemblée générale de l’ONU a procédé mardi à l’élection de 14 nouveaux membres au Conseil des droits de l’Homme, dont l’Algérie, pour la période 2014-2016.
Créé en 2006, le Conseil des droits de l’Homme se compose de 47 membres dont les sièges sont répartis entre 5 groupes régionaux (Afrique, Asie, Europe orientale, Amérique latine et Caraïbes et Europe occidentale avec Amérique du nord).
 http://www.aps.dz/L-election-du-Maroc-au-Conseil-des,131241.html

jeudi 14 mars 2013

ONU : Un Marocain témoigne des persécutions dont sont victimes les apostats



 Par
 
Kacem El Ghazzali, 22 ans, est le premier bloggeur marocain qui déclare ouvertement son athéisme. Devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève, il a plaidé en faveur des tous ceux qui comme lui, réclament la liberté au Maroc.Conseil
« Je suis un athée. Pour avoir déclaré publiquement mon athéisme, j’ai dû fuir mon pays natal le Maroc pour me réfugier en Suisse ». C’est ainsi que Kacem El Ghazzali de 22 ans a introduit sa déclaration au Conseil des droits de l’Homme aux Nations Unies à Genève.
Devant un parterre d’agents de l’ONU et d’associations de défense des droits de l’Homme, le jeune homme a fait état des raisons qui l’ont poussé à quitter son pays pour se réfugier dans une culture occidentale. Il raconte qu’en 2010, il a été victime de menaces de mort, de violences physiques et de discriminations de la part des agents de l’Etat, suite à des articles postés sur son blog, dans lesquels Kacem faisait état de son athéisme. A l’école, « les enseignants montraient mes vidéos et mon blog aux élèves, leur faisant comprendre que je devrais être punis conformément aux lois de l’islam, en d’autres mots, je devais être tué », confie-t-il.
Lorsqu’il a tenté de porter plainte, la police l’a rejeté, lui conseillant de fermer son blog et de présenter ses excuses. Dans le cas contraire, une association islamique pourrait récupérer l’affaire contre lui. « Ils ont ajouté que déclarer ouvertement mon athéisme était comme critiquer ou insulter le roi. Et conformément la constitution, cela pouvait être considéré comme un blasphème », indique le jeune homme.

Pourquoi on ne peut pas être athée au Maroc ?
Le blogueur marocain appelle le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à réclamer au gouvernement marocain des explications concernant les raisons pour lesquelles « la constitution marocaine ne considère pas les athées comme des citoyens à part entière ».
Kacem El Ghazzali s’est également exprimé au Sommet des droits de l’Homme de Genève en février dernier, réclamant le droit d’être un Marocain et athée, ainsi que la liberté d'expression.
Très connu des médias internationaux, le jeune bloggeur fait sa première sortie médiatique sur France 24 en 2010. Par la suite, il a multiplié les unes de journaux en Suisse. Il est l'auteur de l'un des blogs les plus controversés dans le monde arabe (bahmut.blogspot.com). En mars 2012, il a lancé une pétition dans laquelle « des athées et agnostiques arabes appellent l'ONU à bannir la charia ».
« Je ne rentrerai que si le Maroc devient un état laïc »
Aujourd’hui, Kacem voudrait bien voyager « et même retourner vivre » au Maroc. Mais cela n’est possible que « si mon pays m’accepte et ne souhaite pas me priver de mon droit de vivre comme athée, [et] si le Maroc respecte les droits humains universels et devient un état laïc », a-t-il déclaré dans une interview.
La déclaration de Kacem El Ghazzali devant le Conseil des droits de l'homme
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Source: Kacem El Ghazzali, président de l’Association des ex-musulmans de Suisse, est un réfugié de la charia. Il a fui le Maroc en raison des menaces reçues après avoir ouvertement proclamé son athéisme sur son blogue Atheistica. Il est le promoteur de la pétition des athées et agnostiques arabes demandant à l’ONU de bannir la charia, qui les condamne à mort (je vous encourage à la signer en cliquant ICI).
Ci-dessous, une interview de Kacem par le magazine allemand Die Welt.
Kacem-el-ghazzali
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Il y a deux ans, en février 2011, Kacem el-Ghazzali s’est réfugié en Suisse. Il a dû quitter son pays natal, le Maroc, parce qu’il ne croyait plus en l’islam et avait publiquement professé son athéisme. Il continue toujours à recevoir des menaces de mort. L’exilé de 22 ans est l’auteur de deux blogues ayant un lectorat mondial, l’un sur  l’islam politique et l’autre sur les droits humains.
Ses textes suscitent énormément d’intérêt. Plus de 13.000 utilisateurs de Facebook le suivent. Au Sommet de Genève sur les droits humains et la démocratie cette année, il a livré une allocution sur son expérience comme athée au Maroc. Dans cette interview, Kacem el-Ghazzali parle de la vie dans un pays occidental, de sa critique de l’islam et de l’abandon de sa patrie pour des raisons politiques. 

DW: Peu de Marocains professent leur athéisme avec autant d’assurance que vous. Quand avez-vous décidé de renier votre religion ?
Kacem : Pour l’essentiel, ce fut un processus plutôt qu’un moment précis. La croyance est souvent le résultat d’une culture particulière. La religion est au centre de nos pays, en termes clairs, elle est au cœur de cette culture. Je me suis détourné de l’islam quand j’ai commencé à remettre en question cette culture. C’est une culture qui contrôle toutes nos relations personnelles, nos pensées, et même notre imagination et nos rêves. Une culture qui ne nous permet pas d’être différent ou de penser différemment. Une culture qui met son nez partout.  

DW : Qu’est-ce que ces pensées signifient pour vous ?
Kacem : Quand j’ai pris conscience de ce problème, j’ai conclu que la religion – et pas seulement l’islam – est l’un des plus grands obstacles sur la voie de la modernité. Autrement dit, cela n’a aucun sens d’appeler au respect des droits humains tout en ayant des textes religieux qui appellent au meurtre des infidèles, à l’intimidation des femmes et à l’oppression des minorités.

DW : Quelle a été la réaction de votre famille ?
Kacem : Ce fut un choc pour ma famille. Ils étaient tous inquiets. Ils ne comprenaient pas vraiment ce qui se passait. Ils étaient tous du même avis et personne ne m’a défendu. Pas même quand des manifestations de protestation contre moi ont été organisées en face de ma maison. J’ai dû quitter ma maison et ma ville et me cacher jusqu’à ce que j’obtienne l’autorisation d’entrer en Suisse.
DW : Êtes-vous toujours en contact avec votre famille ?
Kacem : Oui, nous sommes en contact. Les contacts sont-ils positifs ? Hélas non. Les seules conversations positives sont celles que j’ai avec ma mère quand je lui demande des recettes.

DW: Vous vivez en Suisse depuis deux ans.  Avez-vous trouvé un emploi ? Avez-vous des amis ?
Kacem : Je ne suis pas un réfugié économique. Trouver un emploi n’est pas une priorité. Je veux faire des études. Je reçois un peu d’argent de l’Etat suisse et c’est assez pour payer les livres, la nourriture et une connexion Internet. Oui, travailler et gagner mon propre argent me rendraient autonome. Mais je veux d’abord étudier. Je suis économe. Je n’envisage pas d’acheter une voiture, de louer un grand appartement ou d’envoyer de grosses sommes d’argent dans mon pays d’origine, comme le font beaucoup de réfugiés.

DW : Pourriez-vous, ou aimeriez-vous, faire un voyage au Maroc ?
Kacem :  Je vais certainement voyager au Maroc si ce pays s’est guéri du cancer de l’islamisme dont les partisans veulent me tuer. Et si mon pays m’accepte et ne souhaite pas me priver de mon droit de vivre comme athée. Si le Maroc respecte les droits humains universels et devient un état laïque,  j’envisagerai de faire un voyage là-bas et même de retourner y vivre.

DW: Avez-vous un estimé du nombre de personnes dans les pays arabes qui partagent vos vues sur la religion ?
Kacem :  Comme l’athéisme est un grand tabou dans les pays arabes, il est difficile d’évaluer le nombre d’athées. Parfois, les athées ne se connaissent même pas entre eux. Tout le monde pense d’abord à sa vie et sa sécurité avant d’admettre ouvertement son athéisme. Pourtant, récemment, des voix ont été entendues. La plupart d’entre elles utilisent les réseaux sociaux pour échanger des idées et parler ouvertement de leur absence de foi et de leurs vues sur l’islam et les religions en général. Cela envoie un signal positif à l’Occident, qui a cru pendant des années que dans les pays arabes tout le monde se ressemble et est satisfait. Les athées demeurent toutefois une société parallèle qui doit rester dans la clandestinité à cause de la peur.

DW : Que pensez-vous du soi-disant «printemps arabe» ? Pouvez-vous discerner des changements positifs ?
Kacem : La beauté du printemps vient de ses différentes couleurs. Les partisans du printemps arabe ne connaissent malheureusement pas ces distinctions. Ils veulent que tout le monde pense la même chose, s’habille de la même manière et prie en même temps. La plupart des partisans du printemps arabe ne croient pas aux droits humains tels qu’ils sont compris par l’Occident. Pour eux, la démocratie est juste une échelle qui permet de grimper vers le pouvoir. Puis ils attachent des couteaux aux barreaux pour empêcher tout autre parti politique de gravir les échelons. Ce qui se passe aujourd’hui dans le monde arabe est comparable à ce que l’Europe a connu aux 17e et 18esiècles. La différence est que cette époque a donné naissance à des philosophes et des penseurs éclairés. Au Proche-Orient, en revanche, les partisans des lois divines et les adeptes de l’islam ont pris le pouvoir.

DW: Est-ce que l’islam ne pourrait pas se réformer, comme cela s’est produit avec le christianisme ?
Kacem : À mon avis, il ne peut y avoir de réforme ni de Lumières dans l’islam sunnite ou chiite car il n’y a pas d’Église à réformer. Dans l’islam, nous sommes soumis au pouvoir d’un livre sacré et aux instructions qu’il donne. Notre identité et notre compréhension de nous-mêmes viennent du coran. Si les musulmans pouvaient utiliser leur raison, sans les instructions d’un livre qui est reconnu comme étant la Parole de Dieu, alors nous pourrions parler des Lumières. Mais aujourd’hui, la plupart des musulmans sont contre les idées du siècle des Lumières. Et ils ne savent pas que les musulmans pourraient acquérir les mêmes droits que les personnes vivant dans les pays occidentaux. Historiquement, il y a eu plusieurs tentatives de réforme de l’islam, mais elles n’ont pas été bien reçues. Tout musulman modéré qui voudrait réformer l’islam doit d’abord reconnaître que le coran est la source de la terreur et de la violence. L’horreur absolue. Mais aucun musulman ne peut admettre que le coran est un livre politiquement et historiquement déterminé et non pas la parole d’Allah.

DW : Quels sont vos projets pour l’avenir ?
Kacem :  J’espère et je rêve du jour où les pays arabes connaîtront la liberté de religion et les droits humains. Je travaille pour cela. J’ai consacré ma vie à cela. En attendant, je vais boire une ou deux bières par semaine avec ma copine.
Source : « Wir Atheisten bilden eine Parallelgesellschaft », Die Welt, 25 février 2013. Version anglaise: Gates of Vienna. Traduction par Poste de veille de la version anglaise.

mercredi 5 décembre 2012

La claque !!! Le Maroc indésirable! au CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME DE L'ONU

Par
Le vrai visage d'un royaume aux aboisLe vrai visage d'un royaume aux abois
Epinglé à plusieurs reprises sur la question du respect des droits de l'homme, pris en flagrant délit en ce qui concerne la pratique de la torture, le Makhzen vient d'être sanctionné de façon retentissante.
Les portes du Conseil des droits de l'homme de l'Organisation des Nations unies sont restées fermées pour le Royaume alaouite. Sa demande d'admission a été rejetée. Plus qu'un échec pour la diplomatie marocaine: une claque! Les rapports du Centre Robert Kennedy pour la justice et les droits de l'homme (RFK Center) dont une délégation a séjourné au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés sahraouis du 25 au 31 août et du rapporteur spécial de l'ONU sur la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, qui s'est rendu au Maroc et au Sahara occidental entre les 15 et 22 septembre 2012, qui ont fait état de la pratique de la torture, ne sont pas restés lettre morte. Comme des témoins à charge dont les dépositions ne souffrent aucune contestation, ils ont joué un rôle de premier plan dans la décision de l'institution internationale.

Le document du RFK Center avait recensé des cas de disparition, de torture, de détention arbitraire, de menaces, d'exécutions extrajudiciaires... par les forces d'occupation marocaines. Le rapporteur spécial de l'ONU avait, quant à lui, évoqué des «témoignages crédibles faisant état de pressions physiques et mentales excessives sur des détenus au cours d'interrogatoires». «Il ne devrait pas être surprenant que des actes équivalant à la torture soient commis à l'occasion d'événements particulièrement intenses, tels que des grandes manifestations...», avait ajouté Juan Mendez, lors de la conférence de presse qu'il avait tenue à Rabat à la fin de sa mission.

 La sentence est tombée: mis au banc des accusés, le Maroc vient d'être définitivement condamné. Son intrusion au sein du Conseil des droits de l'homme aurait décrédibilisé l'Organisation des Nations unies et terni son image. «Des États ont cherché à se faire élire à la Commission non pas pour défendre les droits de l'homme mais pour se soustraire aux critiques, ou pour critiquer les autres» avait déjà fait remarquer dans un rapport de mars 2005 Kofi Annan, alors Secrétaire général des Nations unies. Le Maroc en est l'exemple type. Il a tiré à boulets rouges sur l'Algérie pour sa position sur le Sahara occidental. Il a fait de l'ouverture des frontières une condition à la tenue du Sommet de l'UMA qui aurait dû se tenir en octobre à Tunis...et a tenté de diaboliser le Front Polisario qu'il a accusé d'avoir des accointances avec le terrorisme islamiste au Sahel. 

Plus de prérogatives pour la Minurso? C'est en tous les cas ce qu'espèrent les responsables sahraouis. Le rejet de l'admission du Maroc au Conseil des droits de l'homme de l'ONU «devrait ouvrir la voie à l'élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme dans les territoires occupés que nous revendiquons», a déclaré lundi à Londres Limam Mohamed Ali, le représentant du Front Polisario au Royaume-Uni. «Nous nous réjouissons de cette décision qui conforte le bien-fondé des rapports établis par l'ONU sur les violations des droits de l'homme au Sahara occidental» a-t-il ajouté.

Le Front Polisario qui s'est battu bec et ongles pour l'instauration d'un mécanisme de surveillance du respect des droits de l'homme, pense que l'heure est venue pour la concrétisation d'un tel dispositif. «La Minurso devrait rapporter de façon périodique au Conseil de sécurité de l'ONU les exactions commises par les autorités marocaines dans nos territoires et les violations des droits de l'homme perpétrées à l'encontre des Sahraouis comme les enlèvements, la torture et les violences physiques subies par la population», a souligné le diplomate sahraoui.

Le rejet de l'admission du Maroc au Conseil des droits de l'homme de l'ONU aura, par ailleurs, pour effet de décrédibiliser le retrait de confiance dont a fait l'objet l'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental au mois de mai dernier. Le représentant personnel du SG de l'ONU avait remis un rapport, sur la situation qui prévaut au Sahara occidental, présenté par Ban Ki-moon au Conseil de sécurité. Le document faisait état de l'extraction d'aveux aux Sahraouis, sous la torture, par les forces marocaines et mettait en exergue les difficultés rencontrées par la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso)... Christopher Ross, qui compte rassembler Marocains et Sahraouis autour de la table des négociations, bénéficie d'une autre corde à son arc pour trouver une solution juste et durable au conflit du Sahara occidental qui permette l'autodétermination du peuple sahraoui...