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vendredi 15 mai 2015

Sahara Occidental : financement de la fondation Clinton par une société de phosphate marocaine


TSA-Algérie

 Par Tewfik Abdelbari @Tewfikabdelbari ,//
clinton TSA Algérie
La fondation Clinton Global Initiative (CGI) de Bill Clinton et de Chelsea Clinton, la fille du couple présidentiel, est au centre d’une nouvelle affaire de financement controversé, révélée par le site d’information Politico.

L’œuvre caritative aurait reçu jusqu’à 5 millions de dollars de « dons » de la part de l’Office chérifien des phosphates (OCP), une entreprise publique marocaine d’exploitation du phosphate dans les mines du Sahara Occidental, selon le quotidien américain The Washington Post.

Conférence et soutien d’Hilary Clinton au Maroc

La fondation des Clinton a tenu une conférence, entre le 5 et le 7 mai dernier, à Marrakech. L’événement a également été financé en totalité par le même OCP. Hilary Clinton, désormais candidate démocrate à l’élection présidentielle de 2016, avait annoncé en personne la tenue de la réunion annuelle de la CGI en septembre 2014.
La possible future-présidente des États-Unis n’avait, alors, pas tari d’éloge sur le Maroc, qualifiant le royaume de « hub vital pour les échanges économiques et culturels ». Hilary Clinton a également tenu à remercier le pays pour « son hospitalité ». Une hospitalité à 5 millions de dollars, émanant d’une compagnie publique marocaine qui viole le droit international.

Violation du droit international et réaction au Capitole

En effet, diverses résolutions de l’Organisation des Nations unies (ONU) et lois internationales stipulent que l’exploitation de ressources naturelles (notamment minières) dans les territoires occupés (non « autogouvernés ») est strictement illégale, rappelle le site de l’hebdomadaire américain The National Catholic Reporter (NCR).
Les mines de phosphate en République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) sont naturellement concernées, comme en atteste le rapport de l’ancien Sous-secrétaire général des Nations unies pour les Affaires juridiques, Hans Corell, datant de 2002, selon la même source.
Cette affaire a suscité la réaction de certains membres de la Chambre des Représentants (députés américains), à l’image du républicain du New-Jersey, Joe Pitts, toujours selon NCR. Ce dernier établit la comparaison entre les « diamants du sang » (exploités illégalement en Afrique) et le phosphate sahraoui extrait par le royaume chérifien, poursuit l’hebdomadaire américain.
Pitts, dans une lettre adressée à la CGI, demande également « l’arrêt de tout lien avec l’OCP (…) et de remettre toute somme d’argent acceptée provenant de l’entreprise ». Ceci par soucis de « respect des normes des droits de l’Homme internationalement reconnues », toujours selon la même source.
Cette nouvelle affaire de financement d’une des fondations des Clinton, intervient après la polémique suscitée par le don humanitaire de 500 000 dollars de l’État algérien à la Clinton Foundation après le séisme dévastateur en Haïti en 2010. Une seconde affaire impliquant l’Algérie avait éclaté, après la révélation de « dons » de la compagnie General Electrics en échange du lobbying de l’alors Secrétaire d’État Clinton pour l’obtention de contrats d’1,9 milliards de dollars dans le pays.

 Tewfik Abdelbari @Tewfikabdelbari
 

mardi 12 mai 2015

Repère : Pillage et occupation (du S.O)


Mohammed Larbi, El Watan, 12/5/2015
Deux cent quarante-trois (243) Organisations non gouvernementales (ONG) viennent de saisir le secrétaire général de l’ONU, mais autant dire le monde entier, au sujet du pillage des ressources naturelles au Sahara occidental, du Sahara occidental devrait-on dire, car il en est aujourd’hui dépossédé par l’occupant marocain avec la complicité de compagnies étrangères, et même de puissances étrangères comme pour l’accord de pêche que l’Union européenne (UE) a conclu avec le Maroc.
Cela fait presque vingt ans qu’un tel processus est mené, mais c’est la première fois que l’on assiste à une telle mobilisation reposant sur des éléments de droit international, récusant de ce fait toutes les analyses et autres considérations aussi infondées les unes que les autres, sauf qu’elles sont produites par des États et autres sociétés supposées régies par les lois de leurs pays d’origine, qui tentent de contourner les résolutions internationales. Ce sont bien des diplomates européens qui ont attribué au Maroc le statut d’autorité de fait – alors que l’ONU le considère comme la puissance occupante – lors de la conclusion d’un accord de pêche.
Dire que cela incluait les eaux territoriales sahraouies relève de l’évidence. Pour des considérations politiques locales s’agissant d’aider leurs pêcheurs. Et à quel prix ! Il faudrait bien en parler, puisque cela se fait au détriment de tout un peuple. Et ce bradage ne se fait pas sans contrepartie, le Maroc cherchant à faire entériner son occupation. Quelle aberration, alors que le territoire du Sahara occidental est couvert par la résolution 1514 qui traite ce conflit sous le strict angle de la décolonisation.
Et quand les textes venaient à être mal assimilés, voire bafoués comme c’est le cas, l’ONU a rappelé certaines vérités, en fait un rappel à l’ordre sous la forme d’un avis juridique, rendu le 29 janvier 2002, déclarant illégales les opérations de prospection et d’exploitation des ressources de ce territoire, y compris dans ses eaux territoriales. Des pays en ont tenu compte, en intimant à leurs entreprises l’ordre de quitter le territoire du Sahara occidental, ou encore de ne pas inclure ce dernier dans des accords commerciaux, comme celui d’une zone de libre-échange. Cela n’a pas suffi, comme en témoigne l’appel massif de ces ONG qui ont aussi dévoilé certains comportements, comme cette différence manifeste entre le discours et les actes.
L’auteur de cet avis, le diplomate suédois Hans Corell, ne mâche pas ses mots et maintient ses positions. «En ce qui concerne les ressources naturelles du Sahara occidental, le Conseil ne peut tout simplement pas laisser perdurer la situation actuelle. En effet, l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc est une question très grave», a-t-il déclaré récemment. Il n’a pas seulement rappelé la responsabilité du Conseil de sécurité dans la question du Sahara occidental, mais il l’interpelle puissamment pour qu’il soit mis fin à l’immobilisme et donc à l’injustice. C’est bien de cela qu’il s’agit !
Mohammed Larbi

lundi 2 mars 2015

Sahara Occidental: Un anniversaire au goût amer

 Diaspora sahraui, 1/3/2015

Les Sahraouis ont fêté hier le 39e anniversaire de la proclamation par le Front Polisario de la République sahraouie (RASD). Cet évènement vient à nouveau rappeler combien est longue la marche des Sahraouis pour leur autodétermination et combien cet objectif reste, pour la résistance sahraouie, plus que jamais à l’ordre du jour dans un contexte pourtant changeant et déroutant aussi.
Outre les questions politiques et diplomatiques, le Polisario doit aujourd’hui faire face sur le terrain économique et militer pour que les ressources du Sahara occidental ne soient pas exploitées par des tiers au titre du partenariat avec le Maroc, pays considéré comme occupant par les Nations unies. D’où la réaction, hier, de l’ancien sous-secrétaire général adjoint aux Affaires juridiques et Conseiller juridique des Nations unies, le suédois, Hans Corell. Dans un article publié sur le site International Judicial Monitor, M. Corell s’est inquiété du blocage du dossier en raison de la position marocaine et rappelé comme du temps où il était en poste aux Nations unies, il y a plus de dix ans, que s’il y a des activités d’exploration et d’exploitation au Sahara occidental, « elles le seraient en violation des principes du droit international applicables aux activités sur les ressources minérales dans les territoires non autonomes ». S’agissant des ressources naturelles du Sahara occidental, il a estimé que « le Conseil de sécurité ne peut tout simplement pas laisser perdurer la situation actuelle », précisant que « l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc est une question très grave, puisqu’il ne contient pas un mot – en dehors de l’énigmatique ‘’souveraineté ou juridiction» de l’article 2 – sur le fait que «la juridiction» du Maroc dans les eaux du Sahara occidental est limitée par les règles internationales sur l’autodétermination », précisant qu’à la place, « l’accord et ses protocoles sont remplis de références aux zones de pêche marocaines ».
L’auteur fait savoir que ce qui est dit à propos de la pêche s’applique également à d’autres ressources naturelles au Sahara occidental, appelant le Conseil de sécurité à devoir adopter une résolution fixant « clairement » les conditions de l’exploration et l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental « qui respectent les résolutions de l’Assemblée Générale » sur la question. En Algérie, le président de la République Abdelaziz Bouteflika s’est prononcé pour réaffirmer « les liens forts construits entre l’Algérie et le Sahara occidental » dans le combat pour « son autodétermination ». « Il m’est particulièrement agréable au moment où le peuple sahraoui frère célèbre le 39e anniversaire de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), de vous adresser, au nom du peuple et du gouvernement algériens et en mon nom personnel, mes chaleureuses félicitations et mes vœux les meilleurs pour la concrétisation des aspirations légitimes du peuple sahraoui », lit-on dans le message du Chef de l’Etat.
Par ailleurs, le Kenya a également profité de cette célébration pour assurer son engagement auprès du Sahara occidental. Tout cela dans le but de « parvenir à une solution politique qui pourvoie à l’autodétermination du peuple sahraoui conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies», comme l’indique un communiqué conjoint rendu public jeudi à l’issue de la visite d’Etat effectuée en Algérie par le président kenyan, Uhuru Kenyatta.

jeudi 26 février 2015

Corell : La responsabilité du Conseil de Sécurité des Nations Unies dans l'affaire du Sahara Occidental


The Responsibility of the UN Security Council in the Case of Western Sahara
Hans Corell, VO ici. Traduction en Français non officielle.

Par: Hans Corell, ancien sous-secrétaire général adjoint aux affaires juridiques et Conseiller juridique des Nations Unies, 24/2/2015
À la demande du Conseil de sécurité des Nations Unies, j’ai produit le 29 janvier 2002 un avis juridique au Conseil relatif au Sahara Occidental. Je l’ai fait en ma qualité de Conseiller juridique de l'ONU de l'époque. L'avis concerne la légalité dans le contexte du droit international des mesures prises par les autorités marocaines concernant l'offre et la signature de contrats avec des sociétés étrangères pour l'exploration des ressources minérales au Sahara Occidental. Ma conclusion était que, si des activités d'exploration et d'exploitation devaient être entreprises au mépris des intérêts et des souhaits du peuple du Sahara Occidental, elles le seraient en violation des principes du droit international applicables aux activités sur les ressources minérales dans les Territoires non autonomes.
C’était il y a 13 ans. Depuis, j’ai suivi à distance l’évolution au Sahara Occidental, notamment en raison de l’accord de pêche conclu entre l'Union européenne (UE) et le Maroc en 2007 et des protocoles de cet accord. À mon avis cet accord n’est pas conforme au droit international dans la mesure où il concerne le Sahara Occidental.
Début décembre 2014, j’ai été invité à participer à un atelier international sur « L'approche de l'Union européenne envers le Sahara Occidental », organisé par l'Université de Bologne dans le cadre de la présidence italienne de l'Union Européenne. Cela m'a fait à nouveau me pencher de plus près sur la situation dans la région. Je me suis concentré en particulier sur la question de savoir si la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara Occidental (MINURSO), le Secrétaire général et son Envoyé personnel, l'ambassadeur Christopher Ross, avait fait un quelconque progrès vers une solution à la situation au Sahara Occidental. Dans ce contexte j’ai noté le conflit évident entre la dernière résolution du Conseil de Sécurité sur le Sahara Occidental et l'attitude affichée dans un discours à la nation prononcé le 6 novembre 2014 par le roi Mohammed VI du Maroc. Cela m'a fait réaliser que la situation était très préoccupante.
Dans cette résolution (S/RES/2152/2014 du 29 avril 2014) le Conseil de sécurité "demande aux parties de poursuivre les négociations sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et de bonne foi, - - - en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui pourvoie à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, et prend note du rôle et des responsabilités des parties à cet égard".
Dans son discours, le roi dit que la nation «célèbre fièrement le trente-neuvième anniversaire de la Marche verte". [Note de la rédaction: La Marche verte a été "en novembre 1975, une manifestation stratégique de masse coordonnée par le gouvernement marocain, pour forcer l'Espagne à remettre au Maroc la Province contestée du Sahara, province espagnole autonome et semi métropolitaine."]. Le problème est que cet événement était probablement une violation de l'article 49 de la Quatrième Convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de déporter ou transférer des parties de sa propre population civile dans le territoire qu'elle occupe. La citation suivante du discours doit être soulignée en particulier :
« Je dis Non à la tentative visant à modifier la nature de ce conflit régional en le présentant comme une affaire de décolonisation. En effet, le Maroc dans son Sahara, n’a jamais été une puissance d’occupation ou une puissance administrante. Il exerce plutôt les attributs de sa souveraineté sur sa terre »
Il est évident que ce discours est totalement incompatible avec la résolution du Conseil. Il contredit clairement l'avis consultatif de 1975 de la Cour internationale de Justice dans l'affaire du Sahara Occidental (Sahara Occidental, avis consultatif, rapport CIJ 1975, p. 12) dans laquelle la Cour n’a pas constaté l’existence de liens juridiques de nature à modifier l’application de la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale de Nations Unies quant à la décolonisation du Sahara Occidental et en particulier l’application du principe d’autodétermination grâce à l’expression libre et authentique de la volonté des populations du territoire.

vendredi 30 janvier 2015

Hans Corell : les opérations de forage au Sahara Occidental occupé violent le droit international

Londres, 14/1/2015 (SPS)

 L’ex Secrétaire général adjoint de l’ONU, chargé des affaires juridiques et des Nations Unies Conseiller juridique, Hans Corell, a indiqué que l'opération de forage en cours dans les territoires occupés du Sahara Occidental "viole le droit international", exigeant une action urgente du Conseil de sécurité.

Dans une déclaration au Moyen-Orient Business Intelligence (MEED), Corell,  a relevé que les contrats signés entre le Maroc et la société pétrolière américaine Kosmos Energy,  dans le cadre du programme de forage en cours, "sont une violation des principes du droit international en ce qui concernent les  pays en processus de décolonisation".

Qualifiant l'exploration pétrolière en cours au Sahara Occidental occupé d’illégale, l'ancien conseiller juridique de l'ONU a exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à agir pour faire cesser ces activités.
M. Corell a souligné que "si l'ONU ferme les yeux au forage de pétrole qui va à l'encontre du droit international, il pourrait affecter la stabilité régionale ainsi que sa propre autorité" (de l’ONU).

Il a également souligné le défi du royaume de l'organisation des Nations unies dans plusieurs questions, y compris son  refus de recevoir le représentant personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross. (SPS)

020/090/TRD 141913 JAN 015 SPS