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samedi 13 décembre 2014

Non à la violation des libertés fondamentales





Par Abdelaziz Bennani, Militant des droits humains, 
Casablanca, le 10 /12/2014 

A la faveur de la lutte menée durant les trois dernières décennies par le Mouvement marocain des droits de l’homme, des manifestations du Mouvement du 20 février et de la pression internationale, notre pays a engrangé dans ce domaine des acquis importants. Or et à l’occasion de l’anniversaire de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme force est de constater que, depuis sept mois des pratiques plus graves que celles qui étaient courantes dans le passé, ont foulé aux pieds et sans vergogne le droit régissant deux libertés publiques fondamentales.
C’est ainsi que, fait sans précédent, la Wilaya de Rabat-Salé a refusé de réceptionner le dossier de la fondation de l’association « Al-houria l‘ane » (La Liberté maintenant, comité pour la protection de la liberté de la presse et la liberté d’expression). Cela équivaut, le comble de l’arbitraire, à l’interdiction de fait de la fondation de l’association!
Pendant le mois de septembre dernier, l’Association Marocaine des Droits de l’Homme a projeté d’organiser dans une salle de la Bibliothèque nationale, un séminaire sur l’Information et la Démocratie. Cependant, les services de la Wilaya lui ont notifié l’interdiction de la dite activité.
On est loin de la mise en œuvre du « nouveau concept de l’autorité ».
Même, l’ancien ministre de l’intérieur, Driss Basri, n’est jamais allé aussi loin ! Ironie du sort, le Conseil national des droits de l’homme n’a pas réagi, là même où l’ancien Conseil consultatif aurait été peut-être plus efficient ! Ces pratiques interpellent l’ensemble du gouvernement, dès lors que le ministre des libertés a adopté, à juste titre, une position opposée à celle du ministre de l’intérieur. Elles interpellent également le parlement.
Les recours judiciaires exercés dans les deux affaires n’ont pas encore été jugés définitivement au fond. Néanmoins, une note d’espoir réside dans le jugement rendu par le tribunal administratif de Rabat le 21 novembre. Se fondant formellement sur la constitution, le pacte international relatif aux droits civils et politiques et, naturellement, sur la législation en vigueur, ce jugement a annulé l’interdiction de l’activité organisé par l’AMDH. Ce jugement, sans précédent, honore la justice marocaine. Qu’en sera-t-il alors au niveau de l’appel ?
En tout cas, toute violation des libertés fondamentales doit cesser. Il y va du respect de la constitution, de l’impératif de la consolidation de l’Etat de droit, et des obligations contractées par le Royaume sur le plan international.


vendredi 13 juin 2014

Abderrahmane Boujeldli et le « groupe de Fès » : bientôt 20 ans dans le couloir de la mort à la prison de Kenitra


Abderrahmane Boujeldli et le « groupe de Fès » : bientôt 20 ans dans le couloir de la mort à la prison de Kenitra


par Luk Vervaet, 5/6/2014

Première partie : le procès.
Les événements datent d'il y a vingt ans. Avec en filigrane : les années de plomb du Roi Hassan II ; la guerre américaineTempête du désert, « Desert Storm », en 1991 contre l'Irak ; la guerre civile en Algérie qui débute en 1991, suite au coup d'état de l'armée algérienne et l'annulation des résultats des élections gagnées par le FIS.
C'est dans ce climat politique que trois attaques à main armée ont été commises au Maroc. Une en novembre 1993 à Oujda et Casablanca, qui a fait deux blessés. Deux autres attaques, en août 1994 à Casablanca et à un hôtel à Marrakech, faisant deux morts et un blessé. Le ministre de l'intérieur marocain de l’époque, Driss Basri, parle d'une opération téléguidée par « les services algériens », puis « d'une organisation marocaine islamique proche du FIS algérien », puis l'acte d'accusation se contente d'évoquer «un réseau islamiste commandité de l'étranger».
Dans la presse, on parle d'une « d'une filière islamiste franco-maghrébine ayant lancé ses militants à l'assaut du Maroc, après les avoir entraînés au Pakistan, avant de confier à certains d'entre eux des missions en Bosnie et en Algérie. L'histoire d'un réseau vraisemblablement infiltré par certains services marocains » (Libération, 18 janvier 1995).
Six jeunes venus des banlieues françaises..
Sur le bancs des accusés au tribunal de Fès, six jeunes venus des banlieues françaises : Stéphane 23 ans, Redouane, 24 ans, Kamel, 26 ans, Abdeslam, 25 ans, Abderrahmane, 24 ans, et Hamel, 28 ans.
Avec eux, onze autres personnes, jugées en tant que leurs complices marocains.
Encore deux autres personnes : Tarek Falah, considéré comme le tireur dans l'hôtel de Marrakech, et Abdelilah Ziyad (alias Rachid), considéré comme le commanditaire de l'opération, ont été arrêté en Allemagne puis extradé vers la France pour y être jugé.
En France, toujours dans la même affaire, le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière a inculpé et mis en prison une vingtaine de personnes, complices présumés des accusés de Fès.
Un procès inique.

Il ne s'agit pas ici de refaire le procès sur la culpabilité ou non des inculpés. Mais force est de constater que pour tout observateur impartial, leur procès au Maroc a été un déni de l'état de droit et un refus du respect élémentaire des droits des inculpés. Tous les inculpés, pourtant accusés d'appartenir à différents « groupes », ont été mis dans le même sac dans ce procès spectacle. Alors que selon Françoise Germain-Robin dans L'Humanité : « Plusieurs journaux, comme « Al Ittihad Al Ichtiraki », organe de l’Union socialiste des forces populaires (USFP - opposition de gauche), et « l’Opinion », sont convaincus qu’il n’y a pas de lien entre les « groupes » de Fès et de Marrakech ».
Dès le début du procès, les avocats de la défense ont dénoncé les conditions de l'instruction : ils n'ont pas d'accès aux dossiers ni aux expertises. Il y a des témoignages retenus par la police et la justice marocaine. Ils demandent dès lors que le procès soit reporté. Refusé.
Puis, ils demandent de pouvoir entendre les témoignages des deux inculpés, détenus en Allemagne. Témoignages indispensables à la défense pour ce procès : un d'eux aurait participé à la fusillade, l'autre serait la personne ayant préparé l'ensemble des attentats prévus au Maroc, et le seul à être accusé de faire partie d'une organisation «Le Mouvement de la jeunesse islamique marocaine», et d'être en même temps « un agent de la sécurité militaire algérienne ». Refusé.
La défense veut entendre les ministres de l'intérieur marocains et algériens. Refusé. Ils dénoncent le fait que les gardes à vue des inculpés ont dépassé le temps légal. Rejeté.
Ils avancent les plaintes sur la torture. Rejetées.
Ils dénoncent les procès-verbaux rédigés en arabe et signés par des détenus, qui ne comprenaient pas l'arabe.. Toutes ces demandes de la défense seront rejetées par la Cour.
Le verdict impitoyable et décidé d'avance.
Voici le verdict relaté par Maroc-chronique intérieure, annuaire de l'Afrique du nord ( l'année magrébine page 662). Les peines à l'américaine y sont résumées ainsi : « Après un délibéré de sept heures et quinze minutes qui a pris fin à 4 h 30 du matin, les cinq magistrats de la Cour d'appel condamnent à mort le Franco-Algérien Stéphane Ait Idir et le Franco-Marocain Redouane Hammadi , originaires de la banlieue parisienne et membres du commando de Marrakech qui a tué deux touristes espagnols à l'hôtel Atlas-Asni le 24 août dernier. La même peine a été prononcée contre Hamel Marzoug, Algérien, membre du commando de Casablanca. Le Franco-Algérien Kamel Benakcha et les Marocains Abdeslam Guerouaz et Abderrahmane Boujedli qui constituaient le groupe de Fès ont de leur côté été condamnés à la prison à perpétuité. Le septième principal accusé, le Marocain Mustapha Meziane qui n'a participé à aucune des actions armées - a été condamné à trois ans fermes. Enfin, pour les onze complices , les peines vont de 10 ans fermes à six mois avec sursis ».  
En comparaison, les deux inculpés dans cette affaire qui étaient en prison en Allemagne, puis extradés en France, ont été condamnés par la justice française à cinq ans de prison pour Tarek et à huit ans de prison (et dix ans d'interdiction de territoire) pour « Rachid », considéré comme le « chef » du réseau..
La grâce royale pour certains...
En janvier 2004, 33 détenus (dont 7 détenus, condamnés en 1998 à des peines de 10 à 20 ans pour des chefs d’accusation identiques au groupe de Fès), sont libérés à l’occasion d’une grâce royale, avec laquelle, je cite, « le Roi, souhaite épurer les dossiers des victimes des condamnations arbitraires et des atteintes en matière de droits de l’Homme pour que les Marocains se réconcilient avec eux-mêmes et avec leur histoire ».
L'enfer sans fin pour d'autres..
En avril 2005, Ahmed Chadid, à ce moment-là le plus ancien prisonnier du monde arabe (il avait été arrêté le 13 août 1983 à la ville de Mohammedia au Maroc, condamné à mort pour avoir participé, avec des jeunes du groupe Islamiste 71 à la distribution de tracts qui dénonçaient le régime marocain, et sa politique de trahison à la cause palestinienne) lance un appel de la Prison de Oukacha – Casablanca pour la libération de tous les prisonniers politiques au Maroc. Il écrit : ..Aux associations internationales de défense des Droits de l’Homme, à l’ensemble des forces démocratiques dans le monde, à tous ceux et celles qui œuvrent pour le respect des droits humains au Maroc, nous leur demandons d’être nos ambassadeurs pour demander notre libération et celle de l’ensemble des prisonniers politiques au Maroc, aidez-nous à sortir de cette prison pour enfin vivre libres auprès de nos familles. » Dans sa liste de détenus politiques à mettre en liberté il cite le groupe de Fès , condamné en 1995 : « Abdeslam Guerouaz , Abderrahmane Boujedli et Kamel Benakcha ».Et il ajoute : »L’ensemble des détenus sus-cités souffrent de différentes maladies et sont privés des soins nécessaires ».

En août 2008, les prisonniers d'opinion Ahmed Chahid et Ahmed Chaïb sont libérés après 25 ans de détention.
Six ans plus tard, le « groupe de Fès » se trouve toujours dans le couloir de la mort à la prison de Kenitra. Avec 79 autres (sur un total de 115 condamnés à mort au Maroc ( statistique fin 2012).
Fin mai 2014, on apprend que deux Français, faisant partie des détenus du procès d'il y a vingt ans, ont commencé une grève de la faim pour pouvoir sortir du couloir de la mort. « Stéphane Aït Idir et Rédouane Hamadi, les Français auteurs principaux de l’attentat terroriste contre l’hôtel Atlas Asni à Marrakech en août 1994, sont en grève de la faim, pour revendiquer en premier lieu le droit de sortir du couloir de la mort. Les deux hommes détenus dans la prison de Kénitra, veulent bénéficier des mêmes droits que les 22 Français incarcérés dans des prisons marocaines, ayant entamé récemment une grève de la faim, pour revendiquer le rétablissement des accords de coopération judiciaire suspendus entre le Maroc et la France...Stéphane Aït Idir, Français d’origine algérienne, 41 ans et le franco-marocain Rédouane Hamadi, 42 ans, qui avaient grandi dans la cité des 4000 à La Courneuve, avant de basculer dans le terrorisme, appellent le Roi Mohammed VI à les sortir de l’isolement du couloir de la mort et à étudier leur cas, disent-ils, exceptionnel, et remontant aux "années de plomb", selon leurs propres dires. » (bladi.net 29 mai 2014)
Prochain article : Abderrahmane Boujeldli, une vie dans le couloir de la mort à la prison de Kenitra.
vervaetluk@gmail.com tel: 0032 478 653 378).






vendredi 6 septembre 2013

11 ans après le scandale de l'arnaque d'Etat : l'affaire Anajat



Par Souad Guennoun,3 septembre 2013
La Société Anajat a promis  en 2002 l’embauche de 30000 jeunes sur des bateaux de croisières.
90000 candidats de toutes les régions du Maroc se sont inscrits auprès de l’ANAPEC, après avoir payé les frais de dossiers et visites médicales.
Aucune personne n’a été embauchée.
7 milliards de dirhams ont été détournés.

Sont impliqués :
le ministre de l’Emploi Abbas El Fassi,
le ministre de l’Intérieur : Driss Basri...
350 jeunes parmi les victimes, venus de plusieurs villes du Maroc  avaient occupé  une école abandonnée à Rabat, manifesté et protesté pour réclamer justice .
Une vidéo a été filmée durant l’occupation en septembre 2003
Une autre durant la manifestation du 1 mai 2004, puis lors de la marche nationale contre le chômage en avril 2005.
11 après l’affaire Anajat, éclatent d’autre affaires, comme l’Affaire Floussy qui révèle arnaque et détournements avec la complicité de l’ANAPEC.
Ou encore les promesses non tenues d’embaucher les diplômés « hauts cadres » en 2011.
La question de l’emploi et du chômage des jeunes diplômés ne cesse de s’amplifier.
Loin de trouver des solutions, l’Etat se désengage et le secteur privé se montre incapable de prendre le relais. Dans le contexte de privatisations, libre échange, la question du chômage est une bombe à retardement.
Depuis, les luttes se poursuivent, les différents gouvernements qui se succèdent n’ont trouvé que la matraque pour réponse et briser encore plus une jeunesse qui réclame le droit au travail, à la dignité. 
11 ans après, il est temps de relancer le débat, de récolter les témoignages, de lancer un procès symbolique pour demander justice, demander des comptes.
Les victimes de l’Affaire Anajat sont dispersées dans plusieurs villes du Maroc, certains ont traversé les frontières. Il est temps de briser le silence autour de cette arnaque d’Etat !

ةاجنلا فلم اياحض تاداهش
روص ضرعم،يقئاثو طيرش ضرع
لااوز ةثلاثلا ةعاسلا ىلع 2013ربنتش 8
ءاضيبلا ريداكأ ةقنز ،دحولما يكارتشلاا بزلحا رقبم
Témoignages, expositions, projection vidéo DIMANCHE 8 septembre 2013 à partir de 15h PSU rue d’Agadir CASABLANCA
                              
»ةاجنلا ةحيضف« ىلع ةنس11
                      AFFAIRE ANAJAT, 11 ANS APRES
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mercredi 28 septembre 2011

Le Sahara: osons débatte sur l'argent des contribuables marocains englouti...

Par Ali Fkir, 28/9/2011

Il y a une année (8 novembre 2010), le quotidien arabophone "ASSABAH" (l'officieux du premier groupe économique marocaine l'ONA dont le 1er actionnaire n'est autre que la famille royale) avait jeté une pierre dans la mare politique, et personne, à part le journal d'ANNAHJ ADDIMOCRATI, n'a osé en tirer des conclusions.
Qu'avait dit le journal? les " camps de l'unité" crées en 1991 par le puissant ministre de l'intérieur d'alors, Driss Basri, engloutit annuellement 84 milliards de dirhams..
Remarques personnelles:
- Ces camps créés sous le règne de Hassan II, peuplés des marocains 'importés" des provinces non sahariennes,souvent sous de fausses identités dans le but de participer à un éventuel référendum au Sahara occidental (toujours les mêmes pratiques du ministère de l'intérieur quand il s'agit des référendums et autres élections).
- Ces milliers de non Sahraouis (qui se retrouvent en dehors de la sphère de la production de la richesse nationale) sont à la charge des finances publiques , c'est à dire à la charge du contribuable, à la charge du peuple marocain. C'est une véritable couche sociale parasite, économiquement parlant.
- Ce montant est approximatif. Il dépasse certainement de loin les 84 milliards, montant déjà colossal
- Rappelons que ce montant est équivalent à 4 fois les subventions de la caisse de compensation en temps normal. En 2011, ces subventions arriveront exceptionnellement à 45 milliards car, dans sa lutte contre le mouvement du 20 février, l'Etat est prêt à débourser des milliards pour acheter le silence de certaines couches sociales. Les émirs pétrodollars et les bourgeoisies occidentales sont prêtes à payer une partie de la facture. La survie de la monarchie marocaine est une des priorités de ces milieux.
- Ces " camps de l'unité" sont la source de nombreuses explosions sociales au Sahara Occidental dont les conséquences humaines sont dramatiques.
- Quand est-ce que les acteurs politiques du Maroc oseront ouvrir les yeux et reconnaîtront l’absurdité de la situation? Peut-on continuer à fermer les yeux sur les coûts du conflit du Sahara?
- Les discussions directes (sans intermédiaire aucun) entre l’État marocain et le Front Polisario ont commencé. C'est une bonne initiative. La solution résidera certainement dans le choix démocratique des Saharaouis. En dehors de ce choix, on perd du temps, on perd l'argent, on rend plus chère la vie au peuple marocain. L'argent du développement étant gaspillé par ailleurs.
A travers l'Histoire, le chauvinisme a toujours causé des drames.Les innocents en sont toujours les premières victimes. Les "bonnes consciences" ne s'en aperçoivent qu'après.
Ali Fkir (28 septembre 2011)

jeudi 7 juillet 2011

Le Makhzen débordé par ses voyous à Casablanca

Badr Soundouss, demainonline, 7/7/2011

Casablanca.- Les activistes du Mouvement du 20 février à Casablanca l’ont échappé belle la nuit dernière. Alors qu’ils tenaient leur assemblée générale au siège du Parti socialiste unifié (PSU) de Casablanca, un groupe de « Baltagias de Sidna », des voyous recrutés par la DST pour casser le mouvement, les ont violemment attaqués.

Armés d’armes blanches de toutes sortes, ces auxiliaires temporaires du Makhzen ont essayé de pénétrer de force dans le siège du PSU, et faute d’y avoir réussi, se sont adonnés allègrement au saccage des portes et fenêtres du local où étaient réunis les jeunes.

La police, qui n’était pas loin selon un témoin, n’a pas réagi.

Cette action, parfaitement coordonnée et qui bénéficie de complicités dans l’appareil sécuritaire de l’Etat, puisque les forces de l’ordre étaient absentes, risque d’un jour à l’autre de déraper et de terminer très mal. C’est ce que pensent plusieurs politiciens marocains qui ne sont pourtant pas anti-régime.

Le ministre de l’intérieur, Taieb Cherqaoui, aurait diligenté une enquête, mais gageons que comme pour les agressions contre les journalistes Niny, Sakhir et El Hattach, les fins limiers de la PJ n’arriveront pas à identifier les coupables.

Driss Basri est mort, mais ses successeurs le surpassent. Au moins le défunt homme fort du régime de Hassan II ne se cachait pas derrière des voyous pour casser du dissident. Il le faisait faire par sa police, en uniforme ou en civil.


URL courte: http://www.demainonline.com/?p=6186
 http://www.demainonline.com/2011/07/07/le-makhzen-deborde-par-ses-voyous-a-casablanca/

mercredi 17 novembre 2010

Le Maroc est la dernière colonie française

Par A. H.Les Débats, 17/11/2010
«Le Maroc est la dernière colonie française» est un constat que fait l’ancien ministre marocain de l’Intérieur Driss Basri à Nicolas Beau, journaliste au Canard Enchaîné. Venant d’un aussi haut responsable marocain, l’un des plus avancés dans la hiérarchie du Makhzen et bien au-dessus de toute la hiérarchie de façade qui masque son vrai pouvoir, ces propos ne peuvent qu’exprimer une réalité dont l’auteur a vécu tous les aspects. L’acharnement de la France officielle, à renforcer l’isolement de la cause d’un peuple et à entraver toutes les initiatives internationales qui vont dans le sens d’un dénouement légale et de droit, ne peut obéir à la seule logique diplomatique. 
 Et si c’était le régime français qui pousserait le Makhzen dans l’aventure coloniale ? La question est d’une pertinence que ne démentent ni les faits, ni l’arrogance de Nicolas Sarkozy, de son ministre des affaires étrangères, de son gouvernement et d’une grande partie de la classe politique française, dans le dossier du Sahara Occidental. La dernière scélératesse est rapportée par le journal Le Monde, qui nous informe que c’est la France qui a bloqué «le dossier des droits de l’homme» et qui a refusé que «le Conseil de sécurité de l’ONU élargisse le mandat des casques bleus» de la MINURSO.
Faisant d’elle la seule mission au monde qui ne soit pas investie des prérogatives de protection des populations civiles. Bien avant cela, c’est encore la France officielle qui s’est mise à remettre en cause, dans l’enceinte onusienne, les résolutions votées pour l’autodétermination du peuple sahraoui, au profit de sa mise sous tutelle de l’un des derniers systèmes féodaux, à travers la cynique proposition du «plan d’autonomie élargie».
Ces derniers jours, les casques bleus chargés de la surveillance de l’application du cessez-le-feu ont assisté impassibles à une violente répression de l’armée alaouite contre des milliers de civils sahraouis sans défense à Lâayoune. La mission des nations unies n’a même pas pu considérer ce crime comme une violation de ce cessez-le-feu qu’elle est censée garantir. Epinglé, le régime français a osé cet argument que la résolution 1920 a introduit «un appel aux parties à appliquer leurs engagements internationaux s’agissant de la dimension humaine de ce conflit». Plus cynique, on peut rarement trouver mieux.
Dans le domaine, on peut faire confiance aux sbires de sa «majesté». l’AFP rapporte qu’un ancien officier supérieur de l’armée marocaine a été condamné à 12 ans de prison au Maroc pour “atteinte à la sécurité extérieure de l’État”, après un procès arbitraire en novembre 2008, pour avoir simplement adressé une lettre “respectueuse” à son roi afin d’obtenir une amélioration du sort des pilotes marocains libérés après avoir été captifs du Front Polisario lors du conflit armé du Sahara occidental. Il louait “l’héroïsme des pilotes concernés, soulignant notamment que les avions de combat marocains de l’époque (les F5) n’étaient pas équipés de dispositifs anti-missiles, ce qui est notoire. Le régime français est bien au courant de cette affaire, mais il ferme les yeux, il fait «confiance» à son protégé. Le Makhzen a reçu le message en clair. Il pouvait y aller, le parrain veille sur son impunité dans le saint des saints de la décision mondiale, l’autre partie est désarmée pour partie et ligotée par la légalité pour l’autre. Le ministère de Bernard Kouchner appuie le premier argument par le fait que le rapport annuel du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara Occidental «ne comporte pas d’appel spécifique à un mécanisme international» en matière de droits de l’Homme.
A son tour, François Fillon, le premier ministre français, est sans équivoque quand il parle du royaume chérifien. Il est lapidaire et éloquent, comme le veut l’attitude ouvertement la politique marocaine de son chef : «le Maroc est aussi stratégique pour la France que la France est stratégique pour le Maroc. Nous ne pouvons pas vivre l’un sans l’autre et nous ne le voulons pas». Et encore, la relation entre les deux pays si «elle était à son meilleur niveau», « n’avait pas atteint son pic». On doit s’attendre à une montée en cadence.
Un cuisant échec a été enregistré avec l’impossibilité de faire inscrire le Maroc dans un processus d’intégration à l’Europe, quand ce «privilège» est refusé à la Turquie. A l’intérieur du royaume, les voix qui peuvent s’exprimer, les moins hostiles à la monarchie, s’inquiètent : «Cela fait 35 ans que le Maroc est saigné à blanc par le problème du Sahara. Des budgets énormes, qu’on pourrait utiliser ailleurs, sont alloués au soutien de cette région. Les denrées alimentaires essentielles y sont gratuites, ou presque, à tel point qu’elles remontent vers le nord pour y être vendues dans les villes du “Dakhil”».
Ou encore : «Cette politique du bâton et de la carotte instaurée par H2 ne marche plus. En fait, elle n’a jamais marché. Elle ne sert qu’à enrichir les notables sahraouis et les cadres du Polisario qui s’allient au Maroc… les Sahraouis du Maroc et ceux des camps (comme tous les autres marocains d’ailleurs) ont surtout besoin de démocratie et de libertés (individuelles, d’expression, etc.)». C’est ce qu’on peut lire en dehors d’une presse sous contrôle. Sur le plan économique, les investissements français représentent près de 50% des investissements directs étrangers à destination du Maroc qui est la première destination de ces investissements en Afrique et au Moyen-Orient. Comble de l’hypocrisie, l’Union Pour la Méditerranée (UPM), projet perclus de tares à sa naissance et initié par Sarkozy, a pour ambition de «transformer l’espace méditerranéen en région de «paix et de prospérité», sur les cadavres des Palestiniens, des Libanais et, on le sait mieux depuis peu, des Sahraouis. Sur l’autel d’une ambition qui veut que s’aménage une profondeur stratégique en Afrique et un espace méditerranéen assujetti aux appétits du capital français et de ses alliés.
Avec cette cécité politique qui empêche de voir, donc de comprendre, qu’aucun pouvoir du sud de la Méditerranée, hormis sûrement Israël et le Maroc, ne peut oser s’engager dans une telle ignominie et sous le patronage d’une personnalité aussi inepte.
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mercredi 24 juin 2009

Procès de Driss Basri : suite et fin

par Mohamed El Battiui
La plainte s'est éteinte suite au dècès de Driss Basri.Il n'yaura donc pas de poursuite contre un mort. Cependant, le Tribunal s'est déclaré compétent et l'accusation de "crime contre l'humanité "a été retenue. C'est une main tendue par la justice belge à toutes les victimes des hommes de main de Hassan II. Toutes les dérives autoritaires produites sous le règne de Hassan II sont, bel et bien, qualifiées par la justice belge de "crime contre l'humanité".

jeudi 18 juin 2009

Bruxelles, 23 juin : un procès pour l'histoire

par Mohamed El Battiui, 17/6/2009
Après dix ans d'instruction par la justice belge, le procès Basri s'ouvre àBruxelles le 23 juin 2009. C'est dans le cadre de la loi sur la compétenceuniverselle que j'ai déposé, il y a dix ans, une plainte contre l'ancien ministre de l'intérieur du régime de Hassan II.
Ce procès s’ouvrira sans l'accusé, Driss Basri, et sans le Président du Comité de soutien feu camarade Mohamed El Baroudi décédé le 21 juin 2007. "C'est aussi mon procès"me disait-il à chaque fois que j'essayais de le remercier pour le formidable travail qu'il effectuait, malgré la maladie, pour mettre sur pied un comité de soutien à la plainte contre Driss Basri.
Ce procès s'ouvre, aussi, dansl'indifférence la plus totale des anciens refuzniks et des mercantiles de la mémoire, devenus "les nouveaux courtisans" du sérail récupérés les uns après les autres. C'est un procès contre l'oubli, contre l'amnésie et pour la mémoire puisqu'il ne peut y avoir de poursuite pénale contre lescriminels morts.
C'est un procès pour l'histoire.