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lundi 29 décembre 2014

L’escroquerie qui a permis à la société Tajhiz Riyad de piquer leurs terres aux Ouled Dlim DSC_0133

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Femmes et enfants de la tribu Ouled Dlim après destruction de leurs habitations par les forces de l’ordre. Périphérie de Rabat. Crédit Rida Benotmane.






Depuis une semaine, photos et vidéos sont partagées sur les réseaux sociaux pour dénoncer la situation miséreuse dans laquelle se trouvent actuellement des femmes et des enfants de la commune rurale d’Ouled Dlim à la périphérie de Rabat suite à leur expulsion par les forces de l’ordre sur instruction du ministère de l’Intérieur.

La terre objet du litige enregistrée à la Conservation foncière sous le numéro 22747/R est exploitée par les Ouled Dlim depuis le XVIIème siècle. Pour remercier la tribu de sa loyauté envers le trône alaouite, le défunt roi Mohammed V a promulgué un dahir datant du 19 janvier 1946 permettant à l’administration des Domaines royaux de céder cette terre héritée de pères en fils aux familles des « guich loudaya », une armée loyale et fidèle qui s’est battue et sacrifiée pour l’indépendance du Maroc et le retour du Sultan. Il lui sera alors attribué un titre foncier global portant le numéro 22747/R d’une superficie de 13 000 hectares  s’étendant du quartier Yaacoub El Mansour à Rabat jusqu’au quartier Guich Loudaya à l’entrée de la ville de Témara. De quoi attiser les appétits de toute sorte de prédateurs …

La tutelle prédatrice du ministère de l’Intérieur
Les propriétaires de ces terres et leurs ayants droits s’étonnent aujourd’hui comment, à leur insu et en dehors de toute procédure d’expropriation pour utilité publique, l’administration de la Conservation foncière de la ville de Témara et de Hay Riyad a permis d’enregistrer leur propriété au profit de la Société Tajhiz Riyad aidée en cela par des notaires ayant authentifié des contrats de vente et de cession à des sommes dérisoires.
Ces contrats établis à l’initiative du Ministère de l’Intérieur auquel un dahir du 19 octobre 1937 reconnait la tutelle sur les terres « guich » alors qu’elles en étaient exclues par un précédent dahir datant de 1919. Mais la tutelle sur ces terres signifie-t-elle pour autant une disposition totale au point de les céder à des sommes modiques contre les intérêts de leurs propriétaires historiques ?

Des contrats de vente à des prix dérisoires
Abbas El Fassi (Photo DR)
Abbas El Fassi (Photo DR)
Abbas El Fassi (Photo DR)
Scrib 2.0 a pu obtenir des documents attestant de ce type de transaction foncière.
Un premier contrat de vente datant de 1983 établi entre l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri et l’ancien ministre de l’Habitat et de l’aménagement du territoire national Abbas El Fassi montre que 528 hectares ont été cédés à neuf dirhams le mètre carré pour un total de 47 561 000 dirhams !
Une cession qui ne servira pas à édifier des projets d’utilité publique mais plutôt à nourrir la spéculation immobilière.
Page du contrat de vente établi entre Driss Basri et Abbas El Fassi.
Page du contrat de vente établi entre Driss Basri et Abbas El Fassi.

Un autre document montre que des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur ont bénéficié de lots de terrains sur la base d’une simple réquisition administrative sur le titre 22747/R en dehors de tout consentement de la part des propriétaires.
Liste de fonctionnaires du ministère de l'Intérieur ayant bénéficié de terrains sur le titre foncier objet du litige.  J'ai délibérément  flouté les noms et prénoms des personnes concernées.
Liste de fonctionnaires du ministère de l’Intérieur
ayant bénéficié de terrains sur le titre foncier objet du litige.

J’ai délibérément flouté les noms et prénoms des personnes concernées.

Un troisième document montre comment 96 hectares ont été cédés pour un dirham symbolique dans un contrat établi entre l’ancien ministre de l’Intérieur Mustapha Sahel et la Caisse de dépôt et de gestion (CDG).
Cession à zéro dirhams entre Mustapha Sahel et la CDG.
Cession à zéro dirhams entre Mustapha Sahel et la CDG.

D’autres transactions plus récentes et de même nature continuent d’être réalisés.
Lors des entretiens effectués avec les personnes lésées, on constate que ce type de comportement émanant de personnalités politiques censées protéger les droits des citoyens encourage le développement de sentiments de haine et de subversion vis-à-vis des auteurs de ces crimes restés impunis.
Comment la justice peut-elle laisser des gens se faire dépouiller de tout ce qu’ils ont de plus cher, leur terre, sans pouvoir réagir ?
Les témoignages qui suivent dénotent bien le désespoir  chez ces victimes qui n’ont plus d’autres recours et sont aujourd’hui au bout du rouleau face au silence des médias et à l’impuissance des institutions.
www.demainonline.com/...




URL courte: http://www.demainonline.com/?p=36809

vendredi 6 septembre 2013

11 ans après le scandale de l'arnaque d'Etat : l'affaire Anajat



Par Souad Guennoun,3 septembre 2013
La Société Anajat a promis  en 2002 l’embauche de 30000 jeunes sur des bateaux de croisières.
90000 candidats de toutes les régions du Maroc se sont inscrits auprès de l’ANAPEC, après avoir payé les frais de dossiers et visites médicales.
Aucune personne n’a été embauchée.
7 milliards de dirhams ont été détournés.

Sont impliqués :
le ministre de l’Emploi Abbas El Fassi,
le ministre de l’Intérieur : Driss Basri...
350 jeunes parmi les victimes, venus de plusieurs villes du Maroc  avaient occupé  une école abandonnée à Rabat, manifesté et protesté pour réclamer justice .
Une vidéo a été filmée durant l’occupation en septembre 2003
Une autre durant la manifestation du 1 mai 2004, puis lors de la marche nationale contre le chômage en avril 2005.
11 après l’affaire Anajat, éclatent d’autre affaires, comme l’Affaire Floussy qui révèle arnaque et détournements avec la complicité de l’ANAPEC.
Ou encore les promesses non tenues d’embaucher les diplômés « hauts cadres » en 2011.
La question de l’emploi et du chômage des jeunes diplômés ne cesse de s’amplifier.
Loin de trouver des solutions, l’Etat se désengage et le secteur privé se montre incapable de prendre le relais. Dans le contexte de privatisations, libre échange, la question du chômage est une bombe à retardement.
Depuis, les luttes se poursuivent, les différents gouvernements qui se succèdent n’ont trouvé que la matraque pour réponse et briser encore plus une jeunesse qui réclame le droit au travail, à la dignité. 
11 ans après, il est temps de relancer le débat, de récolter les témoignages, de lancer un procès symbolique pour demander justice, demander des comptes.
Les victimes de l’Affaire Anajat sont dispersées dans plusieurs villes du Maroc, certains ont traversé les frontières. Il est temps de briser le silence autour de cette arnaque d’Etat !

ةاجنلا فلم اياحض تاداهش
روص ضرعم،يقئاثو طيرش ضرع
لااوز ةثلاثلا ةعاسلا ىلع 2013ربنتش 8
ءاضيبلا ريداكأ ةقنز ،دحولما يكارتشلاا بزلحا رقبم
Témoignages, expositions, projection vidéo DIMANCHE 8 septembre 2013 à partir de 15h PSU rue d’Agadir CASABLANCA
                              
»ةاجنلا ةحيضف« ىلع ةنس11
                      AFFAIRE ANAJAT, 11 ANS APRES
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dimanche 3 octobre 2010

Maroc- Affaire Aïcha Mokhtari : Le Premier ministre et la ministre de la Santé condamnés à Oujda

Par LARBI BOUHAMIDA, 25/9/2010
Oujda : Le Tribunal administratif de la ville d’Oujda vient de condamner l’Etat marocain en la personne du Premier Ministre Abbas El Fassi, et le ministère de la Santé, en la personne de Yasmina Baddou à indemniser les ayants droit de Aïcha Mokhtari décédée le 15 août 2009 des suites d’un cancer.
Dans son jugement, le tribunal qui a été convaincu de la responsabilité de l’Etat marocain dans ce drame a condamné les mis en cause à verser la somme de 45.000.000 DH aux héritiers de la défunte. Ces derniers avaient porté plainte pour négligence et non-assistance à personne en danger.
Rappel des faits :
Pour une histoire d’homonymie avec une Algérienne en délicatesse avec les services consulaires français d’Oran, Aïcha Mokhtari s’est vu refuser l’incontournable visa pour aller se faire soigner dans les hôpitaux de l’Hexagone. Et ce en dépit de l’intervention de l’intéressée et de sa famille auprès des autorités françaises dont des ministres et le Président Nicholas Sarkozy lui-même, l’erreur n’a pas été corrigée. Pour ce qui est des autorités marocaines, elles n’avaient rien entrepris pour garantir le droit aux soins à la défunte. Flash-back : 15 août 2009 à Oujda, Aïcha Mokhtari s’est éteinte après plus de deux ans de souffrance, faute de soins médicaux adéquats. La défunte souffrait d’un cancer osseux appelé selon le jargon médical «ostéosarcome du genou gauche avec métastases pulmonaires». La maladie a été dépistée en 2007 par des spécialistes marocains. La patiente suivait son traitement au centre d’oncologie Hassan II à Oujda, sans toutefois que son état de santé ne s’améliore.
Son médecin traitant lui conseille alors d’aller en France pour recevoir des soins adéquats. Aïcha Mokhtari dépose une demande de visa pour soins médicaux auprès du Consulat de France à Fès. Cependant, sa demande a été rejetée. La France refuse de reconnaître l’erreur administrative commise à Fès et de la rectifier.
Abdelaziz Mokhtari décide alors d’attaquer l’Etat marocain en la personne du Premier ministre et du ministère de la Santé en justice pour négligence. En juillet 2008, il saisit la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France dont le siège se trouve à Nantes. Sa revendication : réparation du préjudice subi.
En vain. Il revient à la charge en 2009. Cependant, la maladie a eu raison de Aïcha.
En France également Abdelaziz Mokhtari a intenté un procès au gouvernement de ce pays, au motif de non-assistance à personne en danger.
Son dossier est plaidé par Maîtres William Bourdon et Léa Leforestier. A rappeler que Maître William Bourdon du Barreau de Paris, ex-secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) est spécialisé en particulier dans la défense des droits de l’Homme, des victimes de la mondialisation et des crimes contre l’humanité. Il est également avocat de Transparency International.