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jeudi 8 décembre 2011

La nationalité française refusée au journaliste Hernando Calvo Ospina : signez la pétition !

Pétition

A M. le Ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration

L’écrivain et journaliste Hernando Calvo Ospina vient de se voir refuser la nationalité française au nom d’arguments incroyables. 
Hernando vit en France depuis vingt-cinq ans, avec le statut de réfugié politique et il a eu deux enfants français avec sa compagne française. Il a publié plusieurs ouvrages au Temps des Cerises, sur Cuba et sur la Colombie, et il collabore régulièrement au Monde Diplomatique. 
Dans une lettre officielle, signée pour le Ministre de l’Intérieur par le sous-directeur de l’accès à la nationalité française, il lui est fait grief d’entretenir « des relations avec la représentation cubaine à Paris ». Nous ne savions pas jusqu’à maintenant que la France était en guerre avec Cuba et nous pensions même que l’État français entretenait des relations diplomatiques avec ce pays. 
Il lui est aussi reproché sa « proximité avec l’idéologie castriste » ; ce qui constitue visiblement aujourd’hui, au pays des Droits de l’Homme et du citoyen, un délit d’opinion. 
Autre grief : avoir rencontré plusieurs membres des FARC, « à l’occasion de vos activités de journaliste », précise même l’homme du Ministère ! 
Enfin, la lettre nous informe qu’Hernando fait partie d’une « liste américaine de personnes interdites de survol de l’espace aérien des États-Unis ». 
Ceux qui s’imaginaient que la France était un pays souverain et pas une colonie des USA sont aujourd’hui renseignés. 
En fait, on s’en doutait déjà… Le 19 avril 2009, un vol d’Air France avait été détourné sur ordre de la CIA pour la seule raison de la présence à son bord d’Hernando, sans que les autorités françaises émettent la moindre protestation. 
Nous appelons les amis du Temps des Cerises, les auteurs, les intellectuels français à réagir contre cette invraisemblable atteinte à la liberté de la presse, à la liberté d’opinion, ainsi qu’à la dignité et à l’indépendance de la France. 

Je m’associe à la protestation des éditions Le Temps des Cerises et demande que le Gouvernement français accorde sans plus de délais la nationalité française à Hernando Calvo Ospina. 

Pour toute question : petitionpourhernando@yahoo.fr 

Copie à Maître William Bourdon, Avocat à la Cour, Paris. 

Les signataires

samedi 1 janvier 2011

Suite de l'affaire Aïcha Mokhtari : son frère veut poursuivre l’Etat français en justice

La France lui a refusé le visa qui lui aurait permis de soigner son cancer

 PAR DJAMEL BELAYACHI, 31/12/2010


Abdelaziz Mokhtari est déterminé à obtenir justice pour sa sœur Aïcha, ressortissante marocaine décédée le 15 août 2009 des suites d’un cancer sans avoir pu obtenir un visa pour aller se faire soigner en France. Et ce à cause d’une erreur des services consulaires français.
Abdelaziz Mokhtari n’a pas encore fait le deuil de sa sœur Aïcha : il souhaite que justice soit faite. Cette citoyenne marocaine est décédée le 15 août 2009 des suites d’un cancer des os faute d’avoir pu obtenir un visa pour se soigner en France, au bout d’un an et demi de vaines procédures. Depuis la disparition de sa sœur, Abdelaziz Mokhtari poursuit un inlassable combat judiciaire pour que les responsables ne restent par impunis : les autorités françaises, qui lui ont refusé le visa à la suite d’une erreur administrative commise par les autorités consulaires de Fès et qu’ils se borneront à ne pas reconnaître malgré plusieurs recours ; l’Etat marocain, coupable de n’avoir pas fait grand-chose pour lui garantir l’accès aux soins. La famille Mokhtari a obtenu une première victoire fin septembre dernier devant le tribunal administratif de la ville d’Oujda (Est du Maroc) qui, grande première, a condamné l’Etat marocain, en la personne du Premier ministre Abbas El Fassi et la ministre de la Santé Yasmina Baddou, à verser une indemnité s’élevant à 45 000 DH aux ayant-droits d’Aïcha Mokhtari pour « négligence » et « non-assistance à personne en danger ». Mais Abdelaziz Mokhtari ne compte en rester là. « Ce n’est pas l’argent qui nous intéresse mais qu’ils reconnaissent leurs erreurs », affirme-t-il. Il envisage de poursuivre les deux ministres déjà incriminés en correctionnelle, mais aussi Lakhdar Haddouche et Omar Hjira, respectivement ancien et actuel maires d’Oujda.

« Un acte de racisme »
En France, où il souhaite également poursuivre l’administration en justice, Abdelaziz Mokhtari s’est attaché les services de Maîtres Léa Leforestier et William Bourdon, spécialisé dans la défense des droits de l’Homme. Ce dernier a adressé mi-novembre un courrier aux ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères leur demandant de faire amende honorable et d’indemniser la famille Mokhtari. Passé le délai légal de deux mois, si aucune suite n’est donnée à cette correspondance, « nous en tirerons les conséquences », prévient M. Mokhtari.
Les mésaventures d’Aïcha Mokhtari avec l’administration française commencent le 25 mars 2008 quand elle demande un visa pour soins médicaux auprès du consulat français de Fès, au Maroc. Pourtant complète, sa demande est rejetée le 2 avril 2008, sans aucun motif. Sollicité sur les raisons de ce refus, le ministère de l’Immigration indique dans un courrier un mois plus tard « qu’aucune demande au nom de Madame Mokhtari n’a été enregistrée (…) depuis la dernière demande de visa de court séjour pour visite familiale qui a fait l’objet d’un refus du consulat général de Fès le 10 avril 2007, l’intéressé ne satisfaisait pas à toutes les conditions requises pour la délivrance du visa sollicité ». A son étonnement, la famille Mokhtari apprend par cette correspondance qu’il s’agit d’une homonyme : l’objet et la date de la demande ne correspondent pas à Aïcha Mokhtari. Avertie, la sénatrice française Alima Boumediene-Thiery mène son enquête auprès de services consulaires d’Oran (Algérie), laquelle confirme la confusion avec une ressortissante algérienne dont la demande avait été rejetée près d’un an avant qu’Aïcha Mokhtari n’introduise la sienne. Il s’avère aussi que sa demande n’a même pas été enregistrée sur le fichier informatique des services consulaires. Résultat : elle a été purement et simplement ignorée. Une erreur que l’administration française n’admet toujours pas en dépit des nombreux recours. Entretemps, Aïcha Mokhtari est décédé sans avoir pu bénéficier de visa pour se soigner convenablement. « Un acte de racisme », dont Abdelaziz Mokhtari promet de ne pas laisser impuni.

http://www.afrik.com/article21611.html

dimanche 3 octobre 2010

Maroc- Affaire Aïcha Mokhtari : Le Premier ministre et la ministre de la Santé condamnés à Oujda

Par LARBI BOUHAMIDA, 25/9/2010
Oujda : Le Tribunal administratif de la ville d’Oujda vient de condamner l’Etat marocain en la personne du Premier Ministre Abbas El Fassi, et le ministère de la Santé, en la personne de Yasmina Baddou à indemniser les ayants droit de Aïcha Mokhtari décédée le 15 août 2009 des suites d’un cancer.
Dans son jugement, le tribunal qui a été convaincu de la responsabilité de l’Etat marocain dans ce drame a condamné les mis en cause à verser la somme de 45.000.000 DH aux héritiers de la défunte. Ces derniers avaient porté plainte pour négligence et non-assistance à personne en danger.
Rappel des faits :
Pour une histoire d’homonymie avec une Algérienne en délicatesse avec les services consulaires français d’Oran, Aïcha Mokhtari s’est vu refuser l’incontournable visa pour aller se faire soigner dans les hôpitaux de l’Hexagone. Et ce en dépit de l’intervention de l’intéressée et de sa famille auprès des autorités françaises dont des ministres et le Président Nicholas Sarkozy lui-même, l’erreur n’a pas été corrigée. Pour ce qui est des autorités marocaines, elles n’avaient rien entrepris pour garantir le droit aux soins à la défunte. Flash-back : 15 août 2009 à Oujda, Aïcha Mokhtari s’est éteinte après plus de deux ans de souffrance, faute de soins médicaux adéquats. La défunte souffrait d’un cancer osseux appelé selon le jargon médical «ostéosarcome du genou gauche avec métastases pulmonaires». La maladie a été dépistée en 2007 par des spécialistes marocains. La patiente suivait son traitement au centre d’oncologie Hassan II à Oujda, sans toutefois que son état de santé ne s’améliore.
Son médecin traitant lui conseille alors d’aller en France pour recevoir des soins adéquats. Aïcha Mokhtari dépose une demande de visa pour soins médicaux auprès du Consulat de France à Fès. Cependant, sa demande a été rejetée. La France refuse de reconnaître l’erreur administrative commise à Fès et de la rectifier.
Abdelaziz Mokhtari décide alors d’attaquer l’Etat marocain en la personne du Premier ministre et du ministère de la Santé en justice pour négligence. En juillet 2008, il saisit la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France dont le siège se trouve à Nantes. Sa revendication : réparation du préjudice subi.
En vain. Il revient à la charge en 2009. Cependant, la maladie a eu raison de Aïcha.
En France également Abdelaziz Mokhtari a intenté un procès au gouvernement de ce pays, au motif de non-assistance à personne en danger.
Son dossier est plaidé par Maîtres William Bourdon et Léa Leforestier. A rappeler que Maître William Bourdon du Barreau de Paris, ex-secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) est spécialisé en particulier dans la défense des droits de l’Homme, des victimes de la mondialisation et des crimes contre l’humanité. Il est également avocat de Transparency International.