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jeudi 23 février 2017

AFRIQUE / Sahara occidental : comment le Maroc utilise l’immigration comme moyen de pression sur l’UE



Date de publication sur Tlaxcala : 22/02/2017
Traductions disponibles : English 


Leslie Carretero




Depuis vendredi, plusieurs centaines de migrants ont franchi la frontière entre l’Espagne et le Maroc. Ce dernier avait menacé l'UE de relâcher le contrôle exercé sur les migrants, pour mettre l'accent sur la question du Sahara occidental.


Depuis vendredi, plus de 800 migrants ont forcé la frontière entre le Maroc et l'Espagne. Photo Antonio Sempere, AFP

En quatre jours, plus de 850 migrants venus d’Afrique ont réussi à forcer la frontière entre le Maroc et l’Espagne dans l’enclave espagnole de Ceuta, et sont ainsi entrés dans l’Union européenne (UE). La surveillance de la seule frontière terrestre entre le continent africain et l’UE relève de la responsabilité de l’Espagne et du Maroc, mais ce dernier, en froid avec Bruxelles au sujet d’un accord de libre-échange, a récemment menacé à demi-mots de relâcher son contrôle.

 Conflit au Sahara occidental
Le différend qui oppose le Maroc et l’UE porte sur l’interprétation d’un accord de libre-échange signé en 2012 sur les produits de l’agriculture et de la pêche.

Depuis l’annexion du Sahara en 1975 [revendiqué par le Front Polisario dès 1976, NDLR], le royaume chérifien exploite les ressources naturelles de ce territoire : ses nappes phréatiques indispensables pour l’agriculture, mais aussi ses eaux considérées comme les plus poissonneuses du continent africain. Les produits issus de la pêche et de l’agriculture sont ainsi exportés vers l’UE.

jeudi 26 février 2015

L’Espagne réaffirme son soutien au droit à l’autodétermination du peuple sahraoui

H. A.letempsdz, 25/2/2015
Conflit sahraoui

Le ministère des Affaire étrangères espagnol a publié un communiqué sur la visite que le représentant personnel du secrétaire général de l´ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, a effectuée mardi à Madrid, venant de Nouakchott, au terme de son périple maghrébin qui l’a conduit aussi à Rabat, Alger et Tindouf. Le diplomate américain a informé le ministre des Affaires étrangères, José Manuel García-Margallo, des entretiens qu´il a eus au cours de son séjour maghrébin. José Manuel García-Margallo a transmis à Christopher Ross «le soutien de l´Espagne à ses efforts en vue de trouver une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui prévoit la libre autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre des principes et des dispositions de la Charte des Nations unies».
Le chef de la diplomatie espagnole a d´abord tenu à mettre en avant devant son interlocuteur, le cadre dans lequel l´Espagne développe sa position sur son ancienne colonie occupée par le Maroc depuis 1976.
Celui de membre non permanent du Conseil de sécurité de l´ONU pour la période 2015-2016 et du Groupe des Amis du Sahara occidental aux côtés des grandes puissances (Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie).
L´Espagne a été associée à ce groupe composé de pays membres permanents du Conseil de sécurité pour avoir été l´ancienne puissance coloniale du Sahara occidental.
Ces derniers mois, le Front polisario a dénoncé le «double jeu» du  gouvernement du Parti Populaire (PP au pouvoir) au sein du Groupe des Amis du Sahara occidental.
L´Espagne a été accusée, y compris par les associations de soutien à la cause sahraouie, d´avoir bloqué le projet américain sur l´élargissement de la mission de la Minurso, organisme de l´ONU chargé du contrôle du cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario en vigueur depuis 1991, à la surveillance des droits de l´homme au Sahara occidental. 
Le souci de Madrid est de préserver ses bonnes relations de coopération avec Rabat, tant au plan économique et commercial, que sur l´immigration, le terrorisme, le trafic de drogue en provenance du Maroc.
Il s´agit surtout  de calmer le voisin du sud qui remet sur la table la question de Ceuta et Melilla «villes occupées», chaque fois que l´Espagne franchit la «ligne rouge» sur le Sahara occidental.  
                       
http://www.letempsdz.com/

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mercredi 18 septembre 2013

Deux assauts massifs d'immigrants à Ceuta et Melilla

     Par Le Monde.fr avec AFP |









    A Melilla, cette clôture a été franchie par des dizaines d'immigrants le 17 septembre. A l'aube, mardi 17 septembre, près de 200 migrants clandestins venus d'Afrique ont franchi  la frontière entre le Maroc et l'Espagne dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. La charge a fait sept blessés, ont annoncé les deux préfectures.

    "Selon les chiffres disponibles pour le moment, plus d'une centaine [de personnes] seraient parvenues à entrer", a déclaré la préfecture dans un communiqué. Six gardes civils ont été blessés ainsi qu'un immigrant, qui souffre d'une possible fracture de la jambe.

    A Ceuta, environ 350 migrants venant de pays subsahariens ont tenté de rejoindre l'enclave, et 91 personnes, toutes en bonne santé, y sont parvenues, a indiqué la préfecture de la ville autonome. "Il s'agit du plus important assaut à Ceuta depuis 2007", a précisé le porte-parole de la préfecture.

    HAUSSE DE L'IMMIGRATION EN RAISON DES CONFLITS
    Les migrants ont été mis à disposition de la police et devaient ensuite être transférés au centre d'accueil temporaire des immigrants (CETI), qui abrite désormais le double de sa capacité. Melilla et Ceuta sont les deux uniques frontières terrestres entre l'Union européenne et l'Afrique.
    "Cette année, il y a eu une hausse de l'immigration par rapport à l'an passé", principalement en raison de la pauvreté mais également des conflits en Afrique, a-t-il indiqué. Plusieurs tentatives de passage de migrants ont eu lieu ces derniers mois, émaillées de heurts avec la police. Le 11 mars, 25 personnes avaient été blessées à Melilla, dont un Camerounais de 30 ans, mort à la suite de ses blessures.

    Le préfet de Melilla, Abdelmalik El-Barkani, avait souligné en mai la difficulté pour les autorités espagnoles de répondre à la forte pression migratoire. "Différentes circonstances ces derniers mois et ces dernières années, comme la situation au Sahel et dans les pays arabes, de même que la lutte contre l'immigration à travers l'Atlantique vers l'Espagne, ont modifié les flux", avait-il expliqué.

     http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/09/17/deux-assauts-massifs-d-immigrants-a-ceuta-et-melilla_3479463_3224.html

    Maroc: entre deux assauts sur Melilla, des migrants pansent leurs plaies






    logo lacroix Un migrant africain caché dans une forêt à Nador, le 18 septembre 2013

    Dans la forêt surplombant l'enclave espagnole de Melilla, au nord du Maroc, Diamani soigne tant bien que mal ses blessures à vif, occasionnées lors d'une récente tentative de franchissement, au côté de centaines de migrants, de la frontière le séparant de l'Europe.
    Coutumières, ces tentatives pour rejoindre "l'eldorado européen" ont encore gagné en intensité: jeudi matin, 200 migrants africains sont à nouveau partis à l'abordage de la barrière grillagée. Seule une petite dizaine est parvenue à passer.
    Mais le plus spectaculaire de ces assauts a été mené mardi, à l'aube, lorsqu'une centaine de migrants a franchi tour à tour les trois grillages de plusieurs mètres de haut. Des caméras de surveillance ont filmé de véritables grappes humaines s'accrochant aux grilles puis déferlant sur le sol espagnol.
    Sur les hauteurs de l'enclave, près de Nador, la forêt de Gourougou constitue un abri temporaire à ciel ouvert pour ces candidats à l'exil.
    Dans l'attente de la nuit, ils sont nombreux à panser leurs plaies, dues à de précédentes tentatives. Aucun ne semble réticent à l'idée de recommencer.
    "Je me suis coupé au niveau de la jambe alors que j'escaladais la barrière", explique Diamani, un Malien âgé de 27 ans. Originaire de Gao, il arbore un bandage ensanglanté, posé sur une large entaille. "Dès que je vais mieux, j'essaie à nouveau. J'ai peur, mais je dois essayer", clame-t-il.
    Simples éraflures, hématomes et même plâtres de fortune: les blessures sont diverses chez ses hommes pour la plupart jeunes et originaires d'Afrique de l'ouest. Dans ces montagnes, les autorités espagnoles évaluent leur nombre à 700.
    Sekou, 21 ans, raconte avoir traversé le Sahara depuis Tombouctou et être arrivé au Maroc il y a six mois.
    "Nous sommes venus ici à cause de la guerre (...). Nous ne sommes pas venus pour violer ou voler, mais pour trouver une vie meilleure", dit-il.
    "Quand je serai là-bas, tous mes rêves se réaliseront", avance-t-il, les yeux braqués sur Melilla, unique porte d'entrée de l'Europe sur le continent africain, avec Ceuta, l'autre enclave espagnole.
    Plus de 40 morts en deux ans
    Située à 150 km plus à l'ouest, Ceuta a également été le théâtre de tentatives de franchissement cette semaine. Mardi, 91 migrants sont parvenus à passer, avant d'être pris en charge dans des centres d'accueil surpeuplés.
    A Melilla, le spectaculaire assaut de mardi a donné lieu à des incidents avec la sécurité espagnole et plusieurs personnes ont été blessées.
    Selon Chakib al-Khayari, un responsable de l'Association Rif des droits de l'Homme (ARDH), une ONG locale, 41 migrants sont morts ces deux dernières années en tentant de franchir les frontières de Ceuta et Melilla, dont 18 en 2013.
    D'autres se sont noyés en tentant de traverser le détroit de Gibraltar sur des embarcations de fortune.
    Dans un rapport, en mars dernier, Médecins sans frontières (MSF) s'était de son côté alarmé d'une "recrudescence importante" des violences contre les clandestins.
    Dans leurs récits, des migrants continuent de se plaindre des opérations des forces de sécurité et des conditions de leur refoulement.
    "La vie est très dure ici. Imaginez en hiver, avec des sacs plastique pour unique couverture et rien à manger", ajoute Yaya, un Ivoirien de 27 ans.

    Face aux critiques, le Maroc exprime sa volonté de protéger ses frontières et signale que sa "stratégie sécuritaire" est uniquement "dirigée contre les réseaux criminels".
    Le royaume vient en outre d'engager une "nouvelle politique migratoire". Dans un communiqué publié mardi, les ministères de tutelle (Intérieur, Justice, Affaires étrangères, Emploi) ont confirmé la création de commissions pour étudier les dossiers d'un millier de réfugiés et procéder à des régularisations "au cas par cas" de clandestins.
    Dans le cadre de ses démarches, Rabat a aussi rappelé à l'Union européenne (UE) ses responsabilités.
    Dans la forêt de Nador, Erik, 28 ans, assure être prêt à rester au Maroc si les conditions de vie le permettent.
    "J'ai entendu parler de la nouvelle politique du gouvernement marocain. Mais je n'en ai pas encore vu les effets, et tant qu'on sera l'objet de violences, je n'y croirai pas", affirme-t-il.
    AFP