L’Envoyé personnel du
Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies dans le conflit
du Sahara, Christopher Ross, a l’intention de présenter sa démission de
son poste en raison de ce qu’il considère comme les conditions du Maroc
sur la nature de sa médiation et à cause de son incapacité jusqu’ici à
réunir un nouveau cycle de négociations entre le Maroc et le Front
Polisario.
Durant les deux derniers mois,
Rabat a refusé de fixer une date pour une visite de Christopher Ross au
Maroc en vue de la reprise des négociations sur la solution finale,
objet de sa médiation avec le Front Polisario, tant que sa mission
n’était pas clairement définie.
L'Envoyé personnel pour le conflit du Sahara, Christopher Ross Alifpost-Analyse - 16 يوليو، 2014 |
Le ministre marocain des
Affaires étrangères Salaheddine Mezouar a révélé jeudi dernier, lors
d’une réunion avec la Commission des affaires étrangères de la Chambre
des Représentants de celle des Conseillers que l’année 2015 sera
importante dans l’histoire du conflit du Sahara, appelant tout le monde à
se préparer à la confrontation diplomatique.
Il a également révélé les
trois conditions exigées par le Maroc à l’Organisation des Nations
Unies, pour reprendre les négociations. D’abord, il faut préciser la
nature de la mission de Christopher Ross, ensuite le refus catégorique
du Maroc que le dossier du Sahara soit traité dans le cadre du chapitre
VII au lieu du chapitre VI, et enfin la nécessité de continuer à
rechercher une solution tout en refusant tout changement dans les
missions de forces de la MINURSO (en référence à l’absence à l’avenir de
tout mandat pour surveiller les droits de l’homme au Sahara).
En exigeant de redéfinir les
fonctions de Christopher Ross, ce qui signifie qu’il ne sera pas
autorisé à prendre des initiatives de nature à rompre l’équilibre, selon
la diplomatie marocaine, le Maroc signifie implicitement son refus de
la continuation de la mission de ce dernier en tant qu’Envoyé personnel
du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies dans le
conflit du Sahara.
Déjà au cours de l’été 2012,
le Maroc s’était opposé à Ross à cause de ce qu’il considérait comme un
manque de respect des usages de la médiation, mais il est revenu plus
tard en promettant d’assouplir ses positions, et aussi parce qu’il a
obtenu le soutien de grandes capitales et de l’Organisation des Nations
Unies, à tel point que toutes les résolutions ultérieures du Conseil de
sécurité soulignent l’appui et le soutien de Christopher Ross.
Alifpost a appris de sources
européennes proches de la Haut-Commissaire Européenne aux affaires
étrangères que Christopher Ross avait informé l’Union européenne de son
intention de quitter sa fonction après le dépôt de son rapport en
Octobre prochain. Il est probable qu’il ait informé aussi les autres
capitales de sa future démission, puisque sa mission devient impossible
avec l’objection Maroc.
Si cette démission se
confirme, elle sera la troisième d’un Envoyé personnel. Le premier
envoyé est l’ancien secrétaire d’Etat James Baker qui a démissionné en
2004 après l’échec de la mise en œuvre du «Projet James Baker,” qui
prévoyait une autonomie de quatre ans suivie d’un référendum
d’autodétermination. Ensuite, c’est son successeur le Hollandais Peter
Van Walsum qui a démissionné en 2008 en raison des objections du
Polisario et de l’Algérie. Maintenant c’est au tour de Christopher
Ross.de jeter le tablier.
Cette probable démission de
Ross coïnciderait avec la décision de l’ONU de modifier les mécanismes
de recherche de la solution finale au conflit du Sahara, à partir de
l’année prochaine. On ignore si l’ONU va encore adopter le mécanisme des
envoyés spéciaux qui a démontré son échec ou bien une nouvelle formule
plus proche de l’esprit du chapitre VII, qui prévoit l’imposition d’une
solution.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire