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samedi 26 avril 2014

La fondation Kennedy interpelle le Conseil de sécurité de l’ONU


A la une International
 
 Surveillance des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés
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Par Aniss Z., El Watan, 26/4/2014
 
 Mme Kerry Kennedy, présidente de l’ONG américaine Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’homme.
zoom | © D. R.
Mme Kerry Kennedy, présidente de l’ONG américaine...

Durant la période allant de l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité, le 25 avril 2013, et le 18 mars 2014, la répression par le Maroc des manifestations pacifiques a touché 912 personnes dans les territoires sahraouis occupés.

La présidente de l’ONG américaine Robert F. Kennedy pour la justice et les droits de l’homme (RFKennedy Center), Mme Kerry Kennedy, a exhorté une nouvelle fois le Conseil de sécurité de l’ONU à recommander, dans sa prochaine résolution sur le Sahara occidental, l’introduction du mécanisme de surveillance des droits de l’homme au sein de la Minurso.
 Dans une nouvelle lettre adressée jeudi à l’ensemble des membres du Conseil de sécurité, Mme Kennedy a affirmé que les rapports périodiques sur le Sahara occidental établis par l’ONG qu’elle préside indiquent que le Maroc «continue, jusqu’à ce jour, à violer systématiquement les droits fondamentaux du peuple sahraoui, alors que seul un mécanisme de surveillance permanent et indépendant pourrait garantir la responsabilisation pour ces violations».
Cette lettre de Mme Kennedy a été adressée au Conseil de sécurité qui se réunira le 29 avril en cours pour voter un projet de résolution sur le Sahara occidental dont le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum (Minurso) devra être prorogé jusqu’au 30 avril 2015. Regrettant que ce projet de résolution ne prévoit pas de mécanisme de surveillance des droits de l’homme du peuple sahraoui, Mme Kennedy a, alors, demandé à cet organe de décision de l’ONU de modifier ce projet de document en y incluant un tel mécanisme, rappelant que la Minurso est la seule mission onusienne de maintien de la paix qui demeure privée de la prérogative de surveillance des droits de l’homme.

Déficit de soutien du Conseil de sécurité
En effet, a-t-elle expliqué dans sa lettre, la mise en place du mécanisme de surveillance des droits de l’homme «est la meilleure façon de s’assurer que les droits du peuple sahraoui soient protégés tandis que les deux parties au conflit continueront de chercher une solution politique» à la question sahraouie. Par ailleurs, Mme Kennedy a avancé que s’il n’y a pas suffisamment de soutien par certains membres du Conseil de sécurité à un mandat de surveillance des droits de l’homme au sein de la Minurso, il est impératif toutefois que la résolution contienne des termes qui reflètent l’inquiétude croissante de la communauté internationale concernant les violations de ces droits au Sahara occidental, et qu’elle prévoie, en outre, un mécanisme de suivi et d’établissement de rapports sur les droits de l’homme d’une manière continue.
Pas loin que ce jeudi, le Conseil des ministres sahraoui a une nouvelle fois condamné la recrudescence de la répression à l’encontre des civils à Al Ayoun, Smara, Dakhla, Boujdour et autres villes. Il a, en outre, condamné, lors d’une réunion présidée par le président sahraoui, secrétaire général du Front Polisario, Mohamed Abdelaziz, la campagne d’«expulsion systématique» menée par les autorités marocaines contre de nombreux observateurs internationaux indépendants en leur interdisant l’accès aux territoires occupés, a rapporté l’agence de presse sahraouie SPS.
Saluant la «persévérance des femmes à organiser la conférence internationale de solidarité dans la capitale d’El Ayoun occupée en dépit du blocus», le Conseil des ministres a mis en garde contre les «politiques d’escalade dangereuses» adoptées par «l’occupant marocain et cautionnées par le souverain marocain qui s’est rendu à la ville occupée de Dakhla au moment où le Conseil de sécurité examinait le rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental».  Rappelant la situation «dramatique» des détenus politiques sahraouis dans les prisons marocaines, le Conseil des ministres a évoqué la campagne nationale et internationale pour leur libération.

Le droit international bafoué
Malgré la résolution adoptée par le Conseil de sécurité en avril 2013 qui a appelé à l’amélioration de la situation des droits de l’homme des Sahraouis et à la mise en place des «mesures indépendantes et crédibles» garantissant le plein respect de ces droits, le Maroc a, rappelle-t-on, continué de violer massivement les droits de l’homme. Rien que durant la période allant entre l’adoption de la résolution du Conseil de sécurité, le 25 avril 2013, jusqu’au 18 mars 2014, la répression des manifestations pacifiques a touché 912 personnes (458 femmes, 399 hommes, 28 enfants et 27 handicapés). Cette période a recensé également 52 enlèvements dont des femmes et des enfants, qui ont été tabassés et/ou torturés avant d’être relâchés, tandis que des attaques et agressions ont été commises contre les défenseurs sahraouis des droits de l’homme et des blogueurs sahraouis alors que 197 maisons ont été saccagées. Quant aux poursuites judiciaires, elles ont concerné 108 prisonniers politiques sahraouis durant cette même période.
A ce propos, des responsables d’ONG sahraouies préviennent que l’aggravation de la précarité des conditions de vie et la situation alarmante des droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental «vont nourrir l’émergence, chez les civils sahraouis, d’un sentiment non seulement de perte de confiance mais aussi de désespoir pouvant être, à l’avenir, un catalyseur d’une riposte violente de leur part pouvant déstabiliser la paix dans le nord-ouest africain».
Il est à rappeler que dans son rapport adressé au Conseil de sécurité il y a une quinzaine de jours, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a tenu lui aussi à relever la nécessité d’une «surveillance durable, indépendante et impartiale des droits de l’homme» du peuple sahraoui. C’est bien la première fois qu’un responsable de l’ONU s’implique autant dans le dossier sahraoui. M. Ban a également affirmé que le dossier du Sahara occidental est un problème de décolonisation en figurant dans la liste des territoires non autonomes depuis 1963 et que les efforts entrepris par l’ONU grâce à son envoyé personnel pour le Sahara occidental, à son représentant spécial et à la Minurso resteront «extrêmement utiles jusqu’à l’instauration du statut définitif» des territoires sahraouis occupés par le Maroc.

Les membres du Conseil de sécurité, à leur tête la France et les Etats-Unis, s’opposeront-ils encore cette fois à une avancée du dossier allant dans les sens du respect du droit international ? 
Dans tous les cas, la composante du Conseil de sécurité porte l’entière responsabilité des malheurs et des souffrances du peuple sahraoui.
 

ONU, Conseil de sécurité : Tant d'espoir pour un résultat tellement incertain ! Report du vote.

Barbara Sahara Weingartner-Ouest

(Reuters) - Une résolution américano-rédigée afin de renouveler la mission de maintien de la paix de l'ONU au Sahara occidental, contestée elle exhorte toutes les parties à respecter les droits de l'homme, mais ne demande pas aux Nations Unies de contrôler les abus, selon un texte obtenu par Reuters mercredi.

Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, et des groupes de défense des droits ont longtemps appelé à la mission de l'ONU dans le territoire d'Afrique du Nord pour surveiller et faire des rapports sur les violations des droits de l'homme, mais le Maroc, soutenu par la France, rejette l'idée.

US Western Sahara projet exhorte au respect des droits humains, sans aucun observateurs de l'ONU 

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URGENT. Conseil de Sécurité - Sahara occidental : Vote reporté au mardi 29 avril.

 Des sources fiables à New York indiquent que le vote du Conseil de sécurité des Nations Unies au Sujet du renouvellement du Mandat de la MINURSO, prévu ce mercredi 23 avril, a été repoussé pour donner du temps aux membres d’analyser le brouillon de la résolution proposée par les USA. Ce brouillon ne propose pas l’élargissement du mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’homme.
Le texte de la proposition, dont une copie est parvenue à EFE, ressemble de près à celui qui a été voté il y a un an et n’inclue pas le contrôle des droits humains, une des grandes revendications du Front Polisario et des ONG internationales.
http://diasporasaharaui.blogspot.be/2014/04/conseil-de-securite-le-vote-sur-le.html

ONU : triste résolution "neutre" !

Sahara: une résolution "neutre" à l'ONU, une victoire du Maroc ?

Par  André Viollaz (AFP),  h24info.ma, 24/04/2014
Présente dans la région depuis 1991, la Minurso est principalement chargée de surveiller le cessez-le-feu dans région.©Flickr
Présente dans la région depuis 1991, la Minurso est principalement chargée de surveiller le cessez-le-feu dans région.©Flickr
Le Conseil de sécurité de l'ONU devrait adopter mardi prochain une résolution sur le Sahara qui ne prévoira pas de système de contrôle des droits de l'homme dans ce territoire.
La résolution, préparée par les Etats-Unis, "ne mentionnera pas de mécanisme sur les droits de l'homme", a indiqué un diplomate du Conseil. Il prédit "un message clair d'unité" sur ce dossier sensible, qui avait donné lieu l'an dernier à un mémorable bras de fer entre le Maroc et les Etats-Unis.

Les 15 pays membres devraient adopter ce "texte neutre" mardi prochain, a précisé un autre diplomate. "Il n'y aura pas de surprise". Le renouvellement du mandat de la Minurso, qui se termine fin avril, donne chaque année lieu à une passe d'armes, notamment à propos des droits de l'homme. Présente dans la région depuis 1991, la Minurso est principalement chargée de surveiller le cessez-le-feu dans région.

Amnesty International et Human Rights Watch militent pour inclure les droits de l'homme dans le mandat de la Mission. Sans aller jusque là, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a recommandé dans son dernier rapport daté du 10 avril de surveiller de manière "durable, indépendante et impartiale" le respect de ces droits au Sahara occidental, tout en saluant les efforts faits récemment par Rabat dans ce domaine.

Le Maroc est immédiatement monté au créneau: le roi Mohammed VI a appelé Ban Ki-moon pour le mettre en garde contre les "options périlleuses", une allusion transparente au précédent de l'an dernier. Il y a un an, le Maroc avait combattu avec succès un texte américain qui visait, sur proposition de Ban Ki-moon, à élargir le mandat de la Minurso aux droits de l'homme. Mais le souverain avait dû intervenir auprès de Barack Obama lui-même avant que Washington ne renonce. Le Conseil avait finalement adopté un texte modéré appelant seulement à "améliorer la situation".

Entretemps, le Maroc a annoncé une série de mesures pour améliorer l'efficacité du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH, officiel) ou pour mettre fin aux poursuites contre des civils devant des cours militaires.

"Rabat a travaillé en amont"
Ban Ki-moon a salué ces initiatives dans son rapport, en réclamant cependant leur "application pleine et rapide". Il a recommandé de renouveler le mandat de la Minurso pour un an en la renforçant par 15 observateurs militaires supplémentaires. "L'important désormais, c'est que les mesures annoncées par Rabat et qui constitueraient un réel progrès sur les droits de l'homme soient appliquées" et la résolution devrait refléter ce souci, explique un diplomate.

Il souligne par exemple que le projet de loi sur les tribunaux militaires doit encore être entériné par le Parlement. "La différence cette année, analyse-t-il, c'est que les Marocains ont pris une série d'initiatives sur les droits de l'homme, dont nous surveillerons l'application, et que le Conseil préfère envoyer un message clair d'unité".

"Les Etats-Unis ont pris une claque l'an dernier et cette année le Maroc a travaillé en amont", résume un autre diplomate. Rabat propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté pour ce vaste territoire de moins d'un million d'habitants alors que le Polisario, soutenu par Alger, réclame un référendum d'autodétermination. Les efforts de médiation de l'ONU restent dans l'impasse.

Le vote de la résolution devait initialement avoir lieu ce mercredi mais le projet de texte américain a été communiqué tardivement aux pays membres du Conseil, a expliqué un diplomate.

Un étudiant poignardé à mort à l'université de Fès. Premiers témoignages.

par Mohamed Chakir Alaoui, 25/04/2014 
Etudiant Abderrahim El Hasnaoui
Abderrahim Elhasnaoui, poignardé à mort à l'université de Fès.


Un étudiant est décédé et 16 autres blessés dans des affrontements survenus, dans la nuit de jeudi, entre des étudiants dans le campus universitaire de Dhar Mehrez.
Un étudiant, âgé de 21 ans, est décédé des suites de ses blessures dans des affrontements survenus, dans la nuit de jeudi, entre des étudiants dans le campus universitaire de Fès Dhar Mehrez, ont indiqué les autorités locales. 16 étudiants ont été blessés lors de ces violents accrochages entre les étudiants progressistes et ceux de la faction islamiste. L'université de Fès Dhar Mehrez a été toujours le théâtre de violences entre des groupes d'étudiants de différents courants politiques.
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Hier, des affrontements dans le campus universitaire de Fès-Dhar El Mehrae , entre ‘’Attajdid Tollabi’’ et ‘’Annahj Démoctari al-Qaidi’’, ont coûté la vie à un étudiant, a annoncé vendredi, la Wilaya de Fès.
L'étudiant Abderahim Hasnaoui a succombé à ses blessures après avoir été transporté d'urgence au service de réanimation du centre hospitalier universitaire Hassan II pour recevoir les soins nécessaires, a précisé la wilaya dans un communiqué.
Le parquet général près la Cour d'appel de Fès a ordonné l'ouverture d'une enquête, précise la même source, faisant état de l'arrestation, jeudi soir, de quatre étudiants soupçonnés pour leur implication dans cet incident grave .
Les investigations se poursuivent pour présenter les responsables devant la justice.
Art19
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Premiers témoignages relatifs à ce qui s'est passé à l'université de Fès et qui a mené à l'assassinat d'un étudiant islamiste.
http://www.youtube.com/watch?v=R8pR5yeXW8c&feature=share
تفاصيل التشرميل المميت بجامعة ظهر 
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Maroc : un mort dans des heurts entre étudiants extrémistes


 Par Le Parisien, 25.04.2014


Un mort et deux blessés dans des affrontements, à l'université de Fes, entre des étudiants islamistes et de l'extrême gauche.

Un mort et deux blessés dans des affrontements, à l'université de Fes, entre des étudiants islamistes et de l'extrême gauche.



  
  

De violents affrontements au sabre et au couteau ont opposé jeudi des étudiants islamistes et des «gauchistes» à l'université de Fès dans le centre du Maroc. Ces heurts ont fait un et deux blessés. Un étudiant islamiste, Abderrahim Hasnaoui, 21 ans, grièvement blessé lors des heurts jeudi après-midi a succombé vendredi «après avoir été transporté d'urgence» à l'hôpital de Fès, selon un communiqué des autorités locales.  

Les affrontements ont éclaté après une tentative des «étudiants gauchistes d'empêcher par la force une table ronde organisée par les islamistes, sur le thème 'Islamistes, la gauche et la '», a précisé un journaliste sur place joint par téléphone. Ils ont opposé des étudiants islamistes proches du Parti et développement (PJD, qui dirige le gouvernement) et des étudiants d'une formation de la gauche radicale appelée «Annahj Dimokrati (la voie démocratique)». Les deux camps étaient armés de sabres et de couteaux et les heurts ont été très violents, selon lui.

Dans leur communiqué, les autorités locales ont précisé que quatre étudiants, soupçonnés d'implication dans ces violences, ont été arrêtés jeudi soir et seraient présentés devant la justice. Les universités marocaines sont souvent le théâtre de violents affrontements opposants étudiants islamistes, gauchistes et berbéristes. Le parquet général près la Cour d'appel de Fès a ordonné l'ouverture d'une enquête.



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Un mort et trois blessés dans des affrontements entre étudiants à Fès
www.bladi.net

Pas de liberté provisoire pour les jeunes militants du M20F


Par K.O., h24info.ma , 22/04/2014
Manifestation syndicale du 6 avril à Casablanca.
Manifestation syndicale du 6 avril à Casablanca. © AFP
Le procès des 11 militants du 20 Février arrêtés lors de la manif du 6 avril a été reporté au 29 avril prochain et la demande de liberté conditionnelle de neuf d'entre eux a encore été refusée.
La salle du tribunal de première instance de Casablanca était comble, ce mardi, pour la troisième séance du procès des 11 militants du 20 Février arrêtés lors de la manifestation syndicale du 6 avril à Casablanca et notamment accusés de "violences contre les forces de l'ordre" et "d'organisation d'une manifestation non autorisée".
Auparavant, quelques dizaines de personnes avaient manifesté devant le tribunal pour réclamer leur libération, dénonçant "un procès politique",  selon l'AFP.

Pour rappel, les 11 jeunes militants ont été interpellés durant une "marche nationale" qui a rassemblé environ 10.000 personnes à l'appel de trois des principaux syndicats du royaume. Selon des ONG, le groupe de militants du M20-F a été arrêté après avoir scandé des slogans "contre le pouvoir dans son ensemble".
Lors de l'audience "d'aujourd'hui, on a présenté une demande de libération pour les neufs militants incarcérés mais aussi une lettre des organisateurs de la marche syndicale du 6 avril dans laquelle ils expliquent que la manifestation s'est déroulée pacifiquement et qu'ils n'ont à aucun moment demandé l'intervention des forces de l'ordre contre les militants du 20 Février puisque ces derniers ont été invités à manifester comme tous les citoyens marocains" nous explique Mohamed Sadkou, l'un des avocats des 11 militants.

Cette précision ébranle la version de la police qui assure que son intervention a été décidée suite à la demande des organisateurs, comme l'expliquait à H24info maitre Sadkou dans une interview.

Mais la décision du juge est sans appel, le procès a été reporté au 29 avril prochain, la demande de remise en liberté conditionnelle rejetée et un avocat a été nommé afin de représenter les membres des forces de l'ordre "violentés par les militants". Pour Me Mohamed Sadkou, c'est clair, "le procès est politique".

Hier lundi,  un "flash mob" de soutien aux 11 militants ainsi qu'à l'ensemble des détenus politiques au Maroc, organisé sur la place des Nations-Unies à Casablanca, avait été dispersé par les forces de l'ordre.
Le père d'un des militants arrêtés.
Le père d'un des militants arrêtés. © DR
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‪#‎freekolchi‬ ‪#‎free_kolchi‬ ‪#‎FreeKoulchi‬
 
SOLIDARITÉ avec les jeunes du mouvement 20 février arrêtés lors de la manifestation intersyndicale du 6 avril dernier à Casablanca et avec tous les détenus politiques et d'opinion au Maroc!


Photo de ‎كلنا من أجل إطلاق سراح معتقلي مسيرة 6 أبريل‎.




Le Sahara occidental au prisme des droits humains






Comme chaque année, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer sur la prolongation pour un an de la Minurso, la mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Il était question de son élargissement à la protection des droits humains, mais le Maroc — avec, notamment, le soutien de la France — s’oppose catégoriquement à ce qu’elle considère comme une ingérence dans les affaires intérieures d’un territoire dont les habitants sont, eux, privés de certains de leurs droits élémentaires.
 


Chaque année, au mois d’avril, le Conseil de sécurité de l’ONU planche sur la situation au Sahara occidental et sur le cadre et les compétences de sa mission présente sur place depuis 1991 : la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). Depuis que les Sahraouis ont mené en octobre et novembre 2010 leur « printemps », la question de la protection des droits humains est abordée avec davantage d’insistance. Mais, alors qu’il semble y avoir un large consensus sur l’idée qu’elle peut être un moyen de faire progresser les parties prenantes au conflit vers un climat favorable au dialogue, elle reste instrumentalisée. Elle est surtout significative de la « non-volonté » de la communauté internationale de résoudre la situation de cette dernière colonie d’Afrique.
La colonisation par le Maroc de ce territoire considéré comme « non autonome » par l’ONU depuis bientôt 50 ans se poursuit et l’exploitation de ses ressources naturelles stratégiques pour le royaume — à commencer par le phosphate de la mine de Boucra, qui pèse environ 10 % dans la production de ce pays, second producteur mondial, et la pêche qui génère les trois quarts des captures nationales — s’intensifie. Le débat se focalise toutefois sur la question des droits humains et sur la création d’un mécanisme indépendant qui permettrait de vérifier si ces droits sont respectés ou non, comme en sont dotées la plupart des missions onusiennes.

Opposition catégorique de Rabat

Plusieurs pays sont favorables à l’extension du mandat de la Minurso dont la mission est essentiellement de surveiller le cessez-le-feu de 1991, l’organisation du référendum — sa tâche première — étant passé au second plan. Les États-Unis ont présenté un projet de résolution dans ce sens avant la réunion du Conseil de sécurité d’avril 2013. Des ONG militent pour que soit mis en place un tel mécanisme. Le Conseil des droits de l’homme en septembre 2012, le rapporteur spécial sur la torture en mars 2013 et le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon lui-même, en avril 2013 et dans son rapport du 10 avril 2014 ont pour leur part demandé la mise en œuvre de mesures indépendantes de surveillance des droits humains.
On peut noter que la quinzaine d’opérations dites « de maintien de la paix » actuellement réparties dans le monde comportent toutes une mention explicite pour agir en faveur des droits de l’homme. Toutes, sauf la Minurso.
Le Maroc s’y oppose. En avril 2013, il a pu s’appuyer sur le soutien actif de la France pour faire capoter l’initiative américaine. Au fond, le royaume exprime ainsi le procès en illégitimité qu’il entend faire à la Minurso à chaque occasion qui se présente. Le Sahara occidental étant marocain selon lui, le peuple n’ayant fait que récupérer ses « provinces du sud » grâce à l’annexion « pacifique » menée en octobre 1975 et rebaptisée « Marche verte », rien ne vient justifier la présence continue d’une mission internationale.
Les signaux sont on ne peut plus clairs. Les communications qu’ont eues les militaires et les civils de la Minurso avec le siège de l’ONU à New-York ont ainsi pu être écoutées1. En mai 2012, la confiance avait été retirée par le Maroc à Christopher Ross, l’envoyé personnel de Ban Ki-moon, juste avant son voyage dans la région. Quelques mois auparavant, lors du mouvement de protestation des Sahraouis à Gdeim Izik, la Minurso n’a pas pu observer la situation sur place : « Les tentatives de patrouilles militaires et les visites par le personnel de sécurité et de police des Nations unies ont été empêchées ou stoppées à plusieurs reprises »2. Pour le Maroc, s’opposer à l’extension du mandat de la Minurso est d’abord montrer l’inflexibilité de sa position.
Le fait qu’une telle hypothèse suscite autant d’opposition également au sein de la communauté internationale est significatif de l’impasse actuelle. On pourrait s’interroger : si le Conseil de sécurité ne parvient déjà pas à s’accorder pour que soit étendu de la sorte le mandat d’une de ses missions de maintien de la paix, peut-on attendre d’elle qu’un jour, ce conflit soit définitivement réglé ? L’ancien ministre des affaires étrangères français, Roland Dumas, a théorisé en ces termes cette position, dans le documentaire Enfants des nuages » d’Alvaro Longoria : « la non-solution est une solution ». Pour que cette « non-solution » tienne, il faut donner des gages d’une certaine bonne volonté, aux pays « pro-sahraouis », aux opinions publiques et aux institutions internationales pour édulcorer une réalité lourde.

Une « intifada pacifique »

La tenue en 1992 du référendum d’autodétermination, prévue et acceptée par les deux parties — le Maroc et le Front Polisario — en août 1988 n’a pas eu lieu ; les initiatives suivantes (notamment les plans Baker en 2001 et 2003) ont également échoué. En 2005, ce que les Sahraouis nomment l’« intifada pacifique » éclate dans le territoire occupé par le Maroc. Manifestations et sit-in se succèdent depuis et des rapports d’ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch dénoncent la répression qui touche la population sahraouie. Y sont évoqués les arrestations arbitraires, les maintiens en détention sans jugement, les tabassages, les violations de propriétés ou l’interdiction d’existence légale des associations sahraouies.
Fin 2010, le mouvement de contestation des Sahraouis prend une forme inédite : la création d’un camp dit « de la dignité » qui comptera 6610 tentes (chiffre de l’ONU) à Gdeim Izik, dans le désert autour de la ville principale du Sahara occidental, El Ayoun. Au moins 20 000 Sahraouis y prendront part.
À la suite du démantèlement du campement par les autorités le 8 novembre 2010, au moins 150 Sahraouis sont arrêtés et détenus. 24 sont condamnés par le tribunal permanent des armées en février 2013 à de lourdes peines, huit l’étant à la perpétuité et 14 à des peines de 20 à 30 ans pour le meurtre de 11 agents des forces de sécurité. Human Rights Watch relève alors le fait que l’implication dans ces violences n’a pas été établie « de façon crédible ».
Cette situation de tensions et cette escalade vers un système de plus en plus répressif sont connues3. Les délégations d’ONG, les parlementaires européens, quand ils y sont autorisés par le Maroc, et les membres d’institutions internationales s’en font l’écho, mais pour contrecarrer cette réalité, le Maroc reste inflexible. Le pays dénigre toute expression critique, allant jusqu’à refuser l’accès à des journalistes, à des hommes politiques et à des ONG. En même temps, il multiplie les signes de sa bonne volonté.

Des espaces de dialogue ?

La création, en décembre 2011, du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et d’une « section régionale » au Sahara occidental est unanimement saluée. Mais, chargée de surveiller et promouvoir les droits humains, l’antenne d’El Ayoun se confronte à des ennemis de l’intérieur, comme l’a dénoncé son président, Salem Cherkaoui, en juillet 20134 : de sérieuses « poches de résistance » opposées à son action et des forces de l’ordre avec qui il est contraint de négocier un protocole pour assurer la sécurité des membres de sa propre équipe.
Dans de telles conditions, l’objectif, louable, de créer des espaces de dialogue pour que ce qu’il qualifie de « troisième voie », c’est-à-dire les Sahraouis, puisse s’exprimer en toute sérénité — y compris par le referendum d’autodétermination « un droit universel » selon Cherkaoui — paraît bien ambitieux. Sans doute même hors sujet.
Autre signe de cette bonne volonté, une loi visant à empêcher la comparution de civils par les tribunaux militaires a été validée en conseil des ministres en mars 2014. Ce texte permettrait — il doit encore être approuvé par le Parlement — de se mettre en conformité avec les normes internationales. Saluée également, cette initiative est tombée à point nommé, un mois avant la réunion du Conseil de sécurité. Pourquoi ? La dernière réforme constitutionnelle approuvée par référendum fin 2011, elle aussi brandie comme une preuve de la volonté d’améliorer les droits humains, prévoyait déjà cette disposition. Le CNDH avait recommandé cette avancée au moment du procès de Gdeim Izik, ce dont Mohamed VI s’était « félicité » le 2 mars 2013.
En rejettant l’hypothèse de la création d’un mécanisme indépendant de surveillance des droits humains, une contradiction demeure pour le Maroc : ce monitoring, qui s’appliquerait également dans les camps de réfugiés d’Algérie où vivent entre 100 et 150 000 Sahraouis, lui donnerait le moyen de vérifier le sort réservé à ces « frères » dans ces « prisons à ciel ouvert », dont Mohamed VI, après Hassan II demande le retour à la mère patrie.
1Voir le point 46 du rapport d’avril 2012.
2Voir le point 4 du rapport d’avril 2011.
3Olivier Quarante, « Mensonges et répression au Sahara Occidental », L’Humanité,22 octobre 2013.

Affaire Zakaria Moumni: l’athlète marocain saisit le secrétaire général de l’Onu

Par Agence Algerie1,   21/04/2014

Le champion du monde marocain de kick boxing Zakaria Moumni, un cas jugé emblématique en France du non respect des droits de l’Homme au Maroc, a saisi le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon sur « l’injustice extrêmement grave » dont il dit avoir été victime dans son pays, dix-huit mois durant. « Je me permets de vous envoyer ce courrier suite à votre entretien téléphonique avec le roi du Maroc, Mohammed VI. Je souhaite en effet évoquer l’injustice extrêmement grave dont j’ai été la victime au Maroc de la part du pouvoir marocain », écrit-il dans une lettre adressée au responsable de l’Onu et dont l’APS a reçu lundi une copie.
Tout en se disant « trahi » par son pays, l’athlète marocain, qui affirme avoir été arrêté, séquestré et torturé au Maroc en 2010 avant d’être gracié en 2012, attire l’attention de M. Ban sur des pratiques d’un « autre âge ». « Je ne peux fermer les yeux sur ces méthodes d’un autre temps. Et surtout je ne tolère pas que le roi (Mohamed VI, ndlr ) ose dire que les droits de l’Homme sont respectés dans son royaume alors que ses hommes proches sont à l’origine des tortures qu’un citoyen de son pays a subies et qu’il ferme les yeux sur mille autres pratiques détestables », a-t-il dénoncé.
Tout en affirmant ne pas vouloir qu’un autre citoyen marocain subisse ce qu’il a enduré pour avoir osé s’exprimer et pour défendre ses « droits légitimes », Zakaria Moumni, qui vit, depuis, en France avec son épouse, dit avoir « confiance » en le secrétaire général de l’Onu et dans « l’engagement très fort » de son administration en faveur du respect des droits de l’homme, souhaitant son soutien dans un « combat pour que de tels actes ne se reproduisent plus ».
Selon son récit, l’athlète marocain a « chèrement payé » le fait d’avoir exprimé publiquement ses revendications et griefs à l’égard du palais royal qui, à ses yeux, n’a pas respecté les engagements pris envers les sportifs de haut niveau (décret royal n°1194-66 en date du 9 mars 1967) qui ouvre le droit à chaque athlète titré champion du monde d’obtenir un poste de conseiller sportif au sein du ministère marocain de la jeunesse et des sports. Tout en rappelant que ce poste ne lui a jamais été accordé, il juge son cas « symbolique de pratiques scandaleuses » dans son pays, alors que le roi, souligne-t-il, a affirmé à plusieurs reprises son engagement pour le respect des droits de l’Homme en signant plusieurs conventions internationales.
Tout récemment, Zakaria Moumni condamnait ce qu’il a qualifié de « campagne de diffamation » à son encontre dans son pays, le présentant comme un « escroc ». Le 21 février dernier, ses avocats, Me Patrick Baudouin, président d’honneur de la FIDH (Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme), et Me Clémence Bectarte, avaient déposé une plainte en son nom auprès du procureur du Pôle spécialisé Crimes contre l’Humanité/Crimes de Guerre du Tribunal de Grande Instance de Paris visant le patron du contre-espionnage au Maroc, Abdellatif Hammouchi, pour torture.
De nombreuses associations de Défense des droits de l’Homme internationales ont condamné les pratiques de tortures qu’il a subies, le procès « inéquitable » et « l’emprisonnement arbitraire » dont il a été victime, à l’instar de la FIDH, Human Rights Watch, Amnesty International, l’AMDH et l’ASDHOM. (Aps)

A la veille du vote au conseil de sécurité, une visite «privée» urgente de Mohamed VI en France des plus opportunes

A la veille du vote au conseil de sécurité, une visite «privée» de Mohamed VI en France des plus opportunes. Mohamed VI en France, dernier acte pour s'assurer le soutien français.
La visite de M6 en France, aussi «privée» soit-elle, a une signification. Le roi est-il venu, faire porter ou porter lui-même un message au président français pour s’assurer de la « fidélité » de ses alliés ? En particulier de celle de l’ambassadeur français auprès de l’ONU, Gérard Araud, qui fût malmené il y a deux mois par la révélation par l’acteur Javier Bardem sur la nature (adultérine) entre la France et le Maroc.


Mohamed VI reçu à l'Elysée le 24 mai 2012. Photo : Présidence de la République
Mohamed VI reçu à l’Elysée le 24 mai 2012. Photo : Présidence de la République

De l’usage des visites « privées » de Mohamed VI en France. Une terminologie impropre puisqu’il s’agit d’une pratique de diplomatie parallèle, dont semble jouer le roi : après sa visite « privée » en mai 2012, ce qui en a fait le premier chef d’état reçu par Hollande, voici son arrivée dimanche soir semble-t-il dans son château de Betz, dans l’Oise.

A l’appui de l’idée que ces « visites privées » sont tout sauf des parties de vacances, le contexte dans lequel le roi se déplace en France. Comme en janvier 2011 -c’était alors l’émergence des « printemps arabe », la venue de M6 en mai 2012 et de dimanche dernier doit être analysée au regard du contexte international. Sujet ô combien sensible, le sahara occidental est au menu de ces rencontres qui ne manquent pas de ponctuer le séjour dans l’Oise.
En mai 2012, M6 venait se rassurer auprès du nouveau président français alors que la nomination de Ayrault inquiétait le Maroc. On se souvient d’un courrier de l’ex-Premier ministre de mars 2011, soit un an avant l’élection de François Hollande, dans lequel celui qui était alors président du groupe PS à l’assemblée nationale évoquait « l’occupation » du Sahara occidental par le Maroc et du « droit à l’autodétermination des peuples colonisés ».
Des mots chocs rompant avec la sémantique habituelle du pouvoir français.
La position de François Hollande était également une source de perplexité pour le roi. On le disait, lui comme des éléments de son entourage, assez proche de l’Algérie. Reçu tout de même en présence de la Garde royale, le « visiteur privé » a entendu les paroles qu’il affectionne particulièrement : « Le chef de l’Etat a salué le processus de réforme démocratique, économique et sociale en cours dans le royaume à l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI ».

Le soutien de son ami de toujours…
Un an après, lors de la visite -officielle celle-ci- du président français au Maroc les 3 et 4 avril 2013, les mots prononcés devant les parlementaires marocains par François Hollande devaient finir de rassurer complètement Mohamed VI :

« Le plan présenté en 2007 par le Maroc prévoit un statut de large autonomie pour la population du Sahara occidental. Je le redis ici : c’est une base sérieuse et crédible en vue d’une solution négociée. » (standing ovation) Avant de conclure en apportant sa petite touche personnelle : « Mais, d’ici là, tout doit être fait pour améliorer les conditions de vie pour la population de cette région ».
Demain, 23 avril, le conseil de sécurité de l’ONU va plancher sur ce conflit qui envenime les relations algéro-marocaines, au coeur duquel la France est plongée de fait.
Cette visite impromptue, qui succède à une autre visite « privée » (faut-il l’entendre comme un déplacement non officiel et dans ce cas non financé par l’Etat marocain ?), à Dakhla, ville du sud du Sahara occidental, doit venir garantir le royaume de recevoir une nouvelle fois le soutien de son allié de toujours, et, in fine, le rejet de la création d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme.
RFI voit dans la visite du roi à Dakhla une manière de célébrer -en terres « marocaines »- le succès de la diplomatie marocaine, qui aurait obtenu auprès de Barack Obama et de plusieurs pays (africains notamment) l’assurance que le Conseil de sécurité rejetterait une nouvelle fois la demande d’étendre le mandat de la MINURSO en lui conférant un rôle de surveillance des droits de l’homme. Un projet de résolution rédigé par les USA ne mentionnerait pas, contrairement à l’année dernière, la possibilité d’une telle extension.

Sa Majesté à la mosquée de Dakhla le 18 avril 2014. Photo : MAP
Sa Majesté à la mosquée de Dakhla le 18 avril 2014. Photo : MAP
On peut plutôt voir dans ce geste bien symbolique une signification de fermeté : c’est le commandeur des croyants, Mohamed VI, qui vient prier dans la mosquée de Dakhla. « Leader, dirigeant et bâtisseur, SM le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, descendant du prophète, ne cesse d’oeuver et de multiplier les actions pour le bien de la nation », a fait valoir l’Imam, rapporte l’agence officielle MAP.
Ce que Dieu Tout puissant nous a donné (le Sahara occidental -les 300 à 350 000 Marocains partant à la « reconquête » de leurs terres le Coran à la main), seul Dieu Tout puissant pourra nous le reprendre…
Bien plus prosaïque, la visite de M6 en France, aussi «privée» soit-elle, a une signification. Le roi est-il venu, faire porter ou porter lui-même un message au président français pour s’assurer de la « fidélité » de ses alliés. En particulier de celle de l’ambassadeur français auprès de l’ONU, Gérard Araud, qui fût malmené il y a deux mois par la révélation par l’acteur Javier Bardem sur la nature (adultérine) entre la France et le Maroc.


Javier Bardem à Paris mi-février 2014 pour présenter "Enfants des nuages", son documentaire sur le Sahara occidental. Photo : O. Quarante

« Notre relation avec le Maroc, c’est comme une relation avec une amante, il y a plein de choses que l’on n’apprécie pas chez elle, mais l’on doit rester ensemble, et la défendre face aux autres », aurait-il dit devant l’acteur, venu le rencontrer à New-York (la rencontre a été confirmée par le porte-parole du Quai d’Orsay) dans le cadre du documentaire qu’il co-produit et qui sort en France le 30 avril, « Enfants des nuages ». Des propos « scandaleux et inadmissibles », pour les autorités marocaines.
Ces derniers jours, un échange de tweets entre ce même haut diplomate français et le directeur exécutif de Human Right Watch, Kenneth Roth, montrait une réelle tension sur le sujet. Ce dernier interpellait le représentant fançais à l’ONU :
« Shame on France, doing Morocco dirty work, for threatening to veto rights-monitoring for UN mission in Western Sahara » (« Honte à la France de faire le sale boulot du Maroc, en menaçant de poser son veto à un mécanisme de surveillance des droits de l’homme de la MINURSO »)
M. Araud a rejetté ces accusations dans un tweet le 18 avril :

Once for all and I stop here. France has NOT threatened to use its veto directly or not. The last French veto was in the 80s.

Naâma AsfariIl faut dire que ces attaques et ces accusations de connivence entre la France et le roi prennent un sens particulier après la crise diplomatique survenue fin février, à la suite du dépôt de deux plaintes, dont une auprès de la justice française, par un militant sahraoui, son épouse française, avec le soutien de l’ACAT. Naama Asfari est un des 25 Sahraouis condamnés en février 2013 par le tribunal militaire de Rabat.
Ces plaintes, ajoutées à la sortie de Javier Bardem, venue en France quelques jours avant, avaient entraîné une réaction très forte du pouvoir marocain car une juge française avait fait intervenir des policiers français à l’ambassade du Maroc pour convoquer le directeur du contre-espionnage du Maroc, en visite à Paris.

Naâma Asfari

Et, le Quai d’Orsay avait publié le 22 février un communiqué dans lequel il qualifiait cette initiative d’ « incident regrettable ».
La brouille ne s’était pas arrêtée là, puisque le 26 février, le Maroc décidait de mettre fin à la coopération judiciaire entre les deux pays. Une visite de Christiane Taubira, ministre de la Justice française, a été annoncée pour début avril au Maroc pour rétablir la coopération, mais aucun déplacement n’a encore eu lieu et n’est mentionné à ce jour dans l’agenda de la ministre.
Après avoir fait monter une telle pression entre les deux pays, cette nouvelle visite « privée » de Mohamed VI pourrait ressembler à un geste d’apaisement. Les actes d’apaisement succéderont-ils à de nouvelles marques du soutien indéfectible de la France sur le dossier du Sahara occidental ? Une rencontre entre Mohamed VI et Manuel Valls n’est pas à exclure, laisse entendre un media marocain.