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samedi 15 juin 2013

Sahara Occidental, un conflit oublié, Redon, le 27 juin 2013


Les ONG féminines s’insurgent contre Bassima Hakkaoui

Par Nezha Mounir, Liberation.ma, 14/6/2013


Le plan gouvernemental pour l’égalité en vue de la parité 2012-2016 vivement critiqué

Les ONG féminines s’insurgent contre Bassima HakkaouiVif désarroi dans le milieu des ONG féminines. Elles ont été promptes à réagir à l’adoption par l’Exécutif du plan gouvernemental pour l’égalité en vue de la parité 2012-2016. Une question qui n’était pas initialement prévue à l’ordre du jour à la séance du Conseil du gouvernement du 6 juin dernier. Dans un communiqué rendu public, elles dénoncent toutes les violations qui n’ont pas manqué d’entacher, à leur sens, l’élaboration d’un tel document. Que ce soit au niveau du contenu ou de la forme, les ONG ont été très virulentes dans leurs diverses critiques. 

En effet, la montagne a accouché d’une souris. Le monde féminin a été tenu en haleine pendant plus d’un an. Et après moult hésitations, reports voire atermoiements, le projet a finalement vu le jour. Il a nourri la polémique et continue encore. Et pour cause, les ONG dénoncent le fait de n’avoir pas été impliquées lors de l’élaboration de ce plan. Et pourtant, les dispositions de la nouvelle Constitution accordent de nombreuses prérogatives à la société civile dans le cadre d’une approche participative. De par leur force de proposition, elles estiment être à même de participer à des politiques publiques instaurant une véritable égalité entre les sexes. L’objectif étant la construction d’un État moderne et démocratique conforme aux dispositions de la Constitution. Mais apparemment, le chemin est encore loin comme l’indique le communiqué, notamment en présence d’un plan qui prête le flanc à des critiques à tous les niveaux. Les ONG déplorent le fait que la question de l’égalité entre les sexes n’ait pas été traitée dans ledit plan de façon principale et qu’elle n’ait pas été au centre d’intérêt du plan. Elle a été abordée plutôt de façon subsidiaire liée soit aux droits de l’enfant et de la famille ou même à ceux des personnes handicapées. Par ailleurs, un autre volet et non des moindres a suscité leur indignation. En effet, par la seule appellation « ICRAM », le plan dégage une connotation caritative loin de l’esprit des droits de l’Homme. Il se trouve ainsi imprégné d’une référence conservatrice très accentuée contrairement au choix de la modernité et de la démocratie institué de la Loi suprême. De même qu’elles relèvent le non-respect de la hiérarchisation des références et des lois du fait que les conventions internationales sont classées en dernier lieu contrairement aux pratiques universelles.
Le printemps féminin pour la démocratie et l’égalité est allé encore plus loin dans cette mise en cause en s’attelant au fond. Ainsi, les ONG féminines ont déploré le fait que ledit plan se soit contenté de citer diverses activités parallèles en l’absence d’une stratégie globale et claire qui illustre l’adoption de politiques publiques efficientes afin de promouvoir les droits des femmes. De même qu’elles ont pointé du doigt les interpénétrations des objectifs et le caractère récurrent des mesures adoptées par le plan ; ce qui sème la confusion au niveau des priorités, en plus de la mise en œuvre des procédures de telle sorte qu’on ne peut les évaluer.
Le printemps des femmes lance un appel au gouvernement pour qu’il prenne en considération l’ensemble des propositions et observations émises à ce sujet par le réseau. Comme il est disposé à collaborer avec les départements concernés en vue de promouvoir les droits fondamentaux des femmes.

Eloges des Femen

par Mohammed Belmaïzi (Articles), 15/6/ 2013

Sur la toile du Net et du Facebook on voit se déployer un discours frelaté contre les Femen. Frelaté, parce que l’acharnement sur ce mouvement de contestation, surgit de tous les lieux. On y trouve des pudiques qui, simplement, demandent qu’on cache ce sein qu’ils ne sauraient voir. On y trouve des gauchistes trop préoccupés par la blessure des humbles croyants au contact de cette nudité qui agresse leur piété. On y trouve également des gardiens du temple de la vertu, engagés résolument à voiler et embourker la femme pour la fin des temps, et logiquement à les faire disparaître de la surface de la terre.


A ces lieux, il faut ajouter les médias et certaines organisations féministes qui estiment que les Femen marchent sur leurs plates bandes et éclaboussent leur vision tranquille du combat politiquement correct qu’elles mènent. Et là la critique est acerbe pour neutraliser une concurrence qui les dépasse de loin. On évoque, pour cela, le doute sur leur financement impérialiste et tant d’arguments qui, pour le moment sont tirés par les cheveux sans preuves tangibles. D’aucuns reprochent aux Femen leur vide idéologique, sans programme. Mais depuis quand un mouvement contestataire, qui n’est pas une formation politique aspirée par le pouvoir, est ligoté par un programme ?


Les médias, eux, faiseurs de l’opinion, ne savent plus comment couvrir ce mouvement qui casse leur certitude et la routine où ils opèrent sans trop de chamboulement. Leur objectif alors est de tout faire pour nous embrigader dans une opinion hostile et nous planter définitivement dans « le bon sens », la doxa ! Doxa, mot qui veut dire « ensemble des opinions communes aux membres d’une société et qui sont relatives à un comportement social ». Husserl la définit comme un « ensemble des croyances et des idées non objectives ». 

Pourtant les Femen qui sortent des grilles de la lecture conventionnelle, peuvent évoquer cet autre mouvement de femmes qu’on appelle « les saris roses (hindi: Gulâbî Gang). Femmes en rose, couleur d’une féminité troublante s'imposant au monde patriarcal pour le dévêtir de son arrogance phallique et le plier à sa propre féminité. Qui sait ? Un jour ces Gulâbi Gang se convertiront à la nudité comme arme… et ce sera peut-être la faute infâme des Femen et de leur influence? C’est que déjà on parle de ce mouvement comme « néo-colonial ». Le journal Le Monde vient de nous donner la preuve par l’écrit attribué à une femme voilée doctorante au Pays-Bas, de ce « néocolonialisme » dévastateur.

Pourtant la nudité des Femen s’exerce déjà en Afrique, sans que ces dernières n’y soient impliquées ou responsables. Au Togo, par exemple des fesses bien dodues et maternelles qui dandinent mollement en signe de protestation; avec des seins nus aussi juteux comme jadis du temps où il nous fallait grandir, sont exhibés face aux forces de l’ordre pour leur rappeler que les femmes sont l’origine du monde. Qui osera parler du « néocolonialisme », sans courir le risque de manipuler et de tromper?

Et puis tout autour de nous, bien chez nous au Maroc, qui n’a jamais été témoins de scène de femme en colère qui soulève sa jupe pour monter ses fesses nues et dire « haaak aaa ma tasswa / tassway » : voilà ce que tu vaux et ce que tu mérites… ?  Combien de fois, on a vu des hommes tenant leurs organes génitaux dans la main et défiant contradicteurs ou ennemis? C’est dans l’air du temps, serait-on tenté de dire… Et si Aliaa, l’Egyptienne a posé nue dans son blog avant même de connaître les Femen, ou Amina la tunisienne aux seins contestataires, c’est que la tentation est toujours grande d’abandonner la feuille de vigne pour crier très haut à travers sa propre nudité, et sa fragilité…

Dans ce sens, cette nudité prend un tournant pratiquement naturel. Et nous ne pouvons que constater sa portée universelle. Phénomène donc à appréhender avec rationalité et humanisme. Sans jugement moral, ni insultes, ni dénigrement.

Si les Femen disparaissent, elles mourront de leur propre mort. Mais on ne peut biffer cette façon de contester qui est un cri profond du corps émouvant, à la fois désiré et maudit selon le formatage de notre vision du monde qui, d’ailleurs, ne cesse de se transformer, qu’on le veuille ou non.

Les détracteurs des Femen parmi les démocrates et les gens de gauche, seraient-ils heureux et satisfaits que trois des militantes aux seins nus, ont écopé de 4 mois en Tunisie ? Se rangerait-ils du côté du pouvoir qui réprime et emprisonne? Un examen de conscience est urgent à ce sujet.


SNI. Le nouveau visage du business royal

  • Par : Par Fahd Iraqi et Mehdi Michbal, Telquel, 14/6/2013
SNI. Le nouveau visage du business royal
Mohammed VI en 2006 (AFP)
Le conglomérat de Mohammed VI est plus riche qu’il ne l’a jamais été. Ses bénéfices explosent et son endettement s'allège d'année en année. Par quel miracle ? Enquête.
Vendredi 24 mai. C’est jour d’assemblée générale au siège de la SNI. Hassan Bouhemou, président du holding, n’est pas là. Il délègue la présidence de cette réunion des actionnaires à Abdelaziz Abarro, PDG de Managem et aussi administrateur du groupe. C’est qu’il n’y a pas d’enjeu particulier pour cette assemblée. Au menu, l’approbation des comptes à fin 2012. Des comptes qui renvoient l’image d’un conglomérat encore plus performant et rentable que jamais. Le business royal a en effet prospéré ces dernières années, dans une discrétion quasi absolue, loin des radars de la communauté financière d’où il a disparu depuis que les holdings ONA et SNI (avant leur fusion) se sont retirés de la Bourse.
Stars incontestables de la corbeille casablancaise, la paire a laissé un énorme vide sur la place. Les traders en parlent toujours sur un ton nostalgique. “Il y a un avant et un après ONA”, lance l’un d’entre eux, faisant référence à la dissolution de l’Omnium – entré en Bourse en 1935 – après son absorption par ce qui est devenu sa maison mère. Ce mariage, attendu par la communauté boursière depuis juillet 1999, n’a été finalement annoncé qu’en mars 2010 (voir frise). Une annonce qui, à l’époque, avait pris tout le monde de court, y compris les actionnaires des deux holdings (cf. TelQuel n°418). Au-delà du rapprochement entre les deux entités, le groupe royal avait également dévoilé un plan de réorganisation qui prévoyait leur retrait de la cote, mais aussi la cession partielle de certaines participations. Trois ans après ce big bang boursier, l’heure est venue d’établir un bilan d’étape de ce processus, de récapituler les réalisations et de pointer les revirements stratégiques intervenus entre-temps.

La Bours­e, ça peut attendre
Pour mieux faire passer la pilule du retrait de la Bourse de deux big caps (près de 50 milliards de capitalisation), les managers de la SNI promettaient de procéder à des cessions des filiales agro-alimentaires par Offres publiques de vente (OPV) pour dynamiser le marché boursier. “La cession au marché du contrôle d’entreprises majeures (…) et l’augmentation des flottants qui en découle donnera aux investisseurs institutionnels une plus grande influence sur les sociétés cotées, et renforcera par là même l’attractivité de la place boursière marocaine pour les investisseurs nationaux et surtout internationaux, qui sont d’autant plus sensibles à la profondeur des flottants en Bourse qu’ils souhaitent être en mesure de céder leurs titres à n’importe quel moment, sans que leur propre sortie ne pèse sur le cours et impacte négativement leur rendement”, pouvait-on lire dans le dossier de presse distribué à l’époque. Trois ans plus tard, la corbeille casablancaise n’a enregistrée aucune OPV signée SNI. Celles-ci n’ont pas été pour autant abandonnées, mais juste reportées à en croire le management du holding royal. “Les conditions de marché influent évidemment sur le planning, explique Aymane Taud, directeur à la SNI. Nous réaliserons toutes les OPV au moment opportun, lorsque le marché boursier nous semblera porteur”. Et d’ajouter : “Nous espérons que ces OPV relanceront le marché, qui vit actuellement une période de léthargie”.
Un discours qui ne convainc que très peu les opérateurs du marché. Plusieurs professionnels nous livrent, sous couvert d’anonymat, la même analyse : “Si la SNI veut vraiment dynamiser la Bourse, elle n’a qu’à procéder à ces opérations aujourd’hui. Vendre aux conditions actuelles du marché créerait de l’animation et contribuerait forcément à un retour de la confiance et des investisseurs sur la place. Mais, visiblement, le holding se soucie plus de ses plus-values potentielles que de l’état de la Bourse”. Comprenez, la SNI cherche légitimement à bien vendre. D’ailleurs, jusque-là, ça lui réussit bien !

Déjà 8 milliards de plus-values
Le désengagement de Bimo et la cession d’une partie de la participation dans Centrale Laitière ainsi que dans Cosumar ont permis au holding royal de réaliser des produits de cession de 9,7 milliards de dirhams en 2013, sans compter la vente de Lesieur réalisée l’année dernière pour 1,7 milliard de dirhams. Selon les managers du groupe royal, ces différentes opérations ont pu dégager des plus-values de l’ordre de 8 milliards de dirhams. Un jackpot “imposable à un taux d’IS de 30%”, aime-t-on rappeler à la SNI. Ainsi, quelque 2,4 milliards de dirhams devraient tomber dans les caisses du fisc. A cela s’ajoute le différé d’impôt sur la plus-value (théorique) réalisée au moment de la fusion lors du transfert du portefeuille de l’ONA à la SNI. Car si le holding avait pu bénéficier en 2010 d’une disposition de la Loi de Finances favorisant les fusions, maintenant que des cessions ont été réalisées c’est l’heure de passer à la caisse.
La manne qui restera à la SNI est malgré tout stratosphérique. Et elle tombe à point. Le holding devrait rembourser pour quelque 6 milliards de dettes au cours de 2013, dont 4,8 milliards de dirhams de titres obligataires. “80% du montant des cessions sera consacré au remboursement de la dette”, affirme notre interlocuteur à la SNI. En fait, le holding royal est une structure depuis toujours très endettée. Et elle a dû aggraver son cas pour financer les deux OPR réalisées en 2010. Conséquence, les dettes financières ont culminé à plus de 24 milliards de dirhams avant de se stabiliser ces dernières années. Mais l’endettement devrait être ramené à 15 milliards de dirhams dès fin 2013. “Notre objectif est de le faire baisser au-dessous des 10 milliards de dirhams”, avance Aymane Taud. Pour cela, la société compte sur la poursuite du programme de désengagement dans l’agro-alimentaire. La cession du reliquat des actions encore détenues dans Cosumar, Centrale Laitière et Lesieur devrait rapporter au bas mot 7,5 milliards de dirhams. Une cession de 10 à 15% d’Attijariwafa devrait également augmenter la cagnotte d’environ 9 milliards. Et encore, ces montants sont calculés sur la base des cours actuels de ces sociétés cotées dans un marché agonisant. Or, les professionnels du marché ne se font pas d’illusion. “Vous pouvez être certains que le marché connaîtra une envolée des cours bien avant la réalisation des futures OPV sur les filiales de la SNI”, commente l’un des plus anciens traders de la place. “Il y a beaucoup de brokers qui guettent les premiers mouvements sur la Bourse des investisseurs institutionnels apparentés ou partenaires de la SNI. Pour eux, ce sera le signe avant-coureur que le processus préparatif des OPV a commencé”, poursuit-il. En d’autres termes, quand le groupe royal décidera de passer à l’acte, le marché tremblera.

“La fortune ou le pouvoir !”
Annoncé en 2010, le désengagement des filiales agro-alimentaires a pris une tournure différente. Alors que le groupe déclarait initialement son intention de rester un “sleeping partner” dans ces sociétés, avec un niveau de participation ne dépassant pas les 30%, il est aujourd’hui question de sortir complètement des métiers de l’agro-alimentaire. Ce revirement stratégique est intervenu au lendemain de l’éclatement du Printemps arabe et du Mouvement du 20 février. A cette époque, chaque semaine, les manifestants battaient le pavé dans les rues des principales villes du royaume pour appeler à plus de démocratie et de justice sociale. Un des slogans favoris des protestataires était le désengagement du roi des affaires. “La fortune ou le pouvoir !”, scandaient les manifestants qui défilaient le dimanche avec des banderoles grand format présentant le groupe royal comme une pieuvre tenant dans ses tentacules les pans stratégiques de l’économie. Serait-ce cela qui a incité les managers de la fortune royale à se désengager complètement du secteur agro-alimentaire ? Pour les responsables du holding, il ne faut rien voir de politique dans cette nouvelle approche. “Dès l’annonce de la réorganisation et des cessions en mars 2010, nous avons constaté un fort appétit manifesté par plusieurs opérateurs industriels désireux de prendre une position capitalistique forte”, rassure Karim Chbani, investment manager de la SNI.
Néanmoins, pour certains économistes, ce désengagement de l’agro-alimentaire était devenu incontournable, de par la nature de l’actionnariat de la SNI. “La présence du roi dans ce secteur fortement exposé est devenu un lourd fardeau à porter politiquement, nous explique Najib Akesbi. Au-delà des facteurs socio-économiques comme la cherté de la vie ou la Caisse de compensation, la position dominante voire monopolistique dans le sucre, l’huile ou encore les produits laitiers est devenue intenable. Par exemple, il a souvent fait l’objet de critiques lors de discussions pour l’accord agricole avec l’Union Européenne”. Surtout que ces filiales ont fait leur temps dans le portefeuille du groupe. Elles n’ont plus les mêmes marges de progression d’antan et leurs réserves financières ont déjà été distribuées sous forme de dividendes exceptionnels. Comprenez, il valait mieux faire d’une pierre deux coups : réaliser des plus-values conséquentes et en tirer un avantage politique en “se dédouanant” de sociétés dont les produits pèsent dans le panier de la ménagère.

Le roi toujours businessman
Dès l’annonce de la première opération de cession, la presse économique s’emballe. “Le roi se retire des affaires !”, titre un quotidien spécialisé à fort tirage. Or, il n’en est rien. Car si le holding royal est en train de lâcher l’agro-alimentaire, il maintient sa présence dans des secteurs stratégiques. Entre la banque, les mines, les énergies renouvelables, l’immobilier, les télécoms ou encore la grande distribution, la SNI se positionne sur des métiers à fort potentiel. D’ailleurs, la sortie de Lesieur du périmètre du groupe à fin 2012 n’a quasiment pas entamé la performance financière du holding. Ses comptes consolidés laissent apparaître des chiffres pharaoniques : un total bilan de 117 milliards de dirhams, un chiffre d’affaires de 53 milliards et un résultat consolidé dépassant les 5 milliards. La SNI fait beaucoup mieux que les prévisions avancées lors de l’annonce de la fusion. En témoigne les dividendes distribués, qui s’établissent à 580 millions de dirhams (voir tableau). Et le meilleur reste à venir avec l’allègement futur de la dette et des charges financières afférentes.
Avec son poids économique significatif, la présence du roi dans le business reste une question qui se pose avec acuité. Certains y voient une manière de stimuler l’investissement dans l’économie du royaume. “S’il n’y avait pas le holding royal, pensez-vous qu’on aurait des entreprises marocaines capables de concurrencer des multinationales dans des secteurs capitalistiques comme les énergies renouvelables ?”, nous lançait il y a quelques mois un proche du top management de la SNI. L’argument peut être recevable. Le rôle socio-économique du holding est certain : outre les dizaines de milliers d’emplois qu’offrent ses filiales, les opérations que le groupe réalise sont tellement importantes qu’elles pèsent sur les indicateurs macro-économiques. A titre d’illustration, les trois cessions à des investisseurs étrangers réalisées en 2013 ont été salvatrices pour la balance de paiement et les réserves de change du royaume. Elles ont rapporté une manne en devises dépassant le milliard de dollars, soit plus que le montant que cherche à emprunter le ministère des Finances sur le marché international. Autre indicateur, “SNI et filiales ont payé en 2012 pour 4.2 MMDH d’impôt sur les sociétés, soit 10.2% des recettes globales de l’IS collectées alors que la valeur ajoutée produite par le groupe ne représente que 2.3% du PIB du royaume”, soulignent les cadres de la holding.
Mais la thèse d’une SNI locomotive de l’économie, ou d’un groupe royal coach de champions nationaux, ne fait pas l’unanimité chez les observateurs. “Il faudrait se demander si la présence du groupe royal dans certains secteurs d’activités ne dissuade pas des entrepreneurs privés d’investir ces pans où ils risquent de concurrencer le roi”, lance l’économiste Najib Akesbi. Pourtant, la présence de la SNI dans Centrale Laitière n’a pas empêché des coopératives comme Jaouda de poursuivre leur développement et d’augmenter leurs parts de marché. Idem dans le secteur des huiles où le groupe Belhassan a pendant de longues années concurrencer le groupe royal sans se plaindre. La même logique peut prévaloir dans la grande distribution où des sociétés comme Label’Vie continuent de faire leur bonhomme de chemin malgré l’agressivité concurrentielle de Marjane. “En tout cas, le risque de conflit d’intérêt est énorme quand on cumule business et politique, surtout de la part d’un roi qui règne et gouverne, rétorque Akesbi. Il n’y qu’à voir toutes les interprétations que l’on fait de la défiscalisation de l’agriculture. Nombreux sont ceux qui croient que c’est parce que le roi est le plus grand exploitant agricole que ce secteur est privilégié fiscalement”. Ces interférences entre politique et affaires ont été évoquées publiquement il y a quelques années par Miloud Chaabi, président d’Ynna Holding, qui avait ouvertement appelé au retrait du roi des affaires. L’homme a depuis vécu bien des mésaventures. Et le message semble avoir été reçu 5/5 par nos capitaines d’industrie. Aucun d’entre eux ne s’aventure à jouer aux têtes brûlées en mettant cette question au cœur des débats.
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LA LUTTE DES HABITANTS DE LA COMMUNE D’IMIDER



À 150 km à l'Est de la ville de Ouarzazate, la commune rurale d'Imider est nichée au pied de l'Anti-Atlas dans le sud-est du royaume. Les habitants de la commune d'Imider sont répartis dans sept villages étalés sur une superficie de 140 km² et font partie des "Ayt Buknifen", une branche des Ayt Atta. La commune rurale d'Imider fut créée en 1959 et compte 7000 habitants environ. Les populations d'Imider exerçaient les activités agricoles et l'élevage ainsi que la transhumance.
Le climat d’Imider est un climat présaharien (aride) caractérisé par la sécheresse (une pluviométrie très faible, des températures moyennes annuelles très élevées…). D’un point de vue hydrologique, l’absence de station hydrologique dénote des dAnti-Atlas, onnées non précises. Généralement, les écoulements permanents sont souterrains. Alors que les écoulements superficiels sont conjoncturels.
La mine d’argent :

Les terres de la commune d'Imider abritent une mine d'argent et recouvrent une diversité de métaux. La mine d'Imider est sise à 150 km vers l'Est de Ouarzazate. Des campagnes photographiques aériennes ont conduit, au début du XXème siècle, à la découverte d'une exploitation minière ancienne : des dizaines d'excavations larges et profondes et des haldes présentant une forte densité de rejets argentifères.
Des travaux archéologiques sérieux établissent aujourd'hui avec certitude que le gisement d'Imider a fait l'objet d'une exploitation minière importante dès le VIIème siècle. Il s’inscrit donc parmi ces mines d’argent dont la production a fondé la prospérité des principautés et des dynasties du Maroc, en favorisant leur commerce et leurs échanges monétaires avec l’Afrique noire. C’est à cette mine qu’Idriss 1er doit d’avoir pu frapper la première monnaie d’argent du royaume. Signe symbolique fort, puisque la frappe monétaire, et la constitution d’un trésor qu’elle induit, constituent les premières affirmations d’un Etat organisé au Maroc.
Au début des travaux l’activité du Bureau des Recherches et de Participations Minières [BRMP (l'actuel office national des hydrocarbures et des mines -ONHYM-)] était essentiellement concentrée sur la valorisation de ces déchets. Cette valorisation se faisait dans une usine de traitement à base de cyanure. Le bureau a ensuite entrepris une vaste campagne de recherches qui ont abouti à la découverte d’importantes réserves de minerai, ce qui a permis dès 1978 de passer à la phase de l’exploitation souterraine.
En 1996, la SMI est privatisée. Managem, holding minier du groupe Société Nationale d'Investissement (SNI) rachète 36,07% du capital. En 1997, le holding minier porte sa participation de 67% à 80% du capital en exerçant son option d’achat. En 1999, une autre extension de l’usine a été mise en place en insérant le procédé de flottation entre la gravimétrie et la cyanuration. Ceci a permis d’augmenter la capacité de traitement à 1400T/j pour assurer une production annuelle de 300 T de métal d’argent sous forme d’anodes.
La mine d’Imider place le Maroc au premier rang africain et au 9ème rang mondial avec une production moyenne de 240 tonnes d'argent métal d'une pureté de 99.5% destinées à l'exportation vers l'Europe.
Actuellement, la mine connait un projet d’extension ayant pour objectif de porter le niveau de production, fin 2013, à 300 tonnes d’argent métal par an via l’accélération du programme d’exploration, mais également par l’extension de la mine et de l’usine.

ENVIRONNEMENT
Pollution de l'air par:
- La propagation des poussières sous l'effet des vents soufflant de l'Est et du Sud-est. Ces substances proviennent essentiellement des tas de déchets poussiéreux formant un chaos autour de la mine. Elles résultent également des opérations des stations de concassage et d'autres activités du processus de production;
- Les fumées provenant des cheminées des fours géants de la fonderie;
Le mercure (connu par ses effets néfastes sur l'Homme et l'atmosphère).
Contamination du sol par :
Des montagnes de déchets toxiques (boues exposées au soleil) dispersés tout le long des terres occupées par la mine, transportés par la suite par les vents et les inondations vers les terres cultivées par les riverains;
L’écoulement des eaux polluées par une multitude de produits toxiques (cyanure, mercure...)
Pollution de l'eau via l'infiltration des eaux polluées dans les nappes phréatiques.
Faune et flore :
Des variétés de plantes, d'animaux et d'oiseaux ont disparues ou presque (jujubiers, gazelles, perdrix, cigognes, hiboux, chacals…

Effets du cyanure et du mercure sur la santé humaine :
Des lacunes dans le travail du cerveau et du coeur ;
Troubles du système reproductif ;
Augmentation de la tension artérielle ;
Léthargie et perte d'appétit ;
Déficiences visuelles et auditives ;
Troubles du système respiratoire ;
Cancer.

L’agriculture est affectée négativement en raison de facteurs naturels, humains et institutionnels.
Les facteurs naturels:
 Le manque de précipitations ;
 La désertification
Facteurs humains:
 L’épuisement des nappes phréatiques ;
 La destruction des terres agricoles ;
 La pollution.

Facteur institutionnel lié à l'absence d'intervention de l'Etat à tous les niveaux.
Les dommages causés à l'agriculture dus à l'exploitation de la mine d'argent:
Assèchement des sources d'eau à travers la surexploitation des eaux souterraines, soit le fait de drainer le puits de Targuit (près de la route nationale n ° 10) depuis 1986, sans aucune convention ou fondement juridique. Ce qui engendre le pillage de la nappe phréatique de la zone Nord de la commune, hors toute disposition légale depuis 2004.
Ces agissements sont nommés "pillage" car ils ne prennent pas en compte le droit des riverains à l'eau potable et à l'eau agricole.

Pollution:
La pollution contribue de manière significative à la destruction de l'agriculture par sa contamination due au transfert de polluants à la périphérie, que ce soit à cause du vent ou à cause des inondations.
En contact avec les bourgeons des arbres fruitier et des plantes d'une manière générale, ces substances génèrent une destruction quasi-totale des récoltes. Un tel contact peut être direct sous l'effet du vent, ou indirect par des insectes lors de la fertilisation.
Déclin de terres arables: les carrières de sable sont à l'origine de la destruction des terres agricoles à cause de l'érosion qu'elles provoquent, ce qui mène à une diminution des espaces verts et à une accentuation des problèmes de familles qui dépendent de ce secteur pour répondre aux besoins simples de leurs foyers. Les surfaces irriguées peu importantes subissent une contamination causée par la propagation des polluants en provenance de la mine, laissant derrière elle une terre non fertile et des arbres mourant pour des raisons incomprises.

RESSOURCES HYDRAULIQUES
Les projets d’extension entrepris par la société minière (S.M.I.) depuis son installation à Imider en 1969 ont pour but principal l’augmentation de la capacité productive de la mine d’argent. Une telle augmentation est accompagnée d’un besoin de plus en plus croissant en eau. Dans le même contexte, l'office national des hydrocarbures et des mines (anciennement appelé " bureau des recherches et de participations minières "), a creusé le puits "Targuit" sans aucun aspect juridique au détriment des firmes des petits paysans l'envoisinant, mettant en danger leurs familles.
Conscients de l'importance des menaces que représente ce point de captage pour leurs propriétés agricoles et pour l'environnement de manière générale, ces pauvres paysans ont adressé de nombreuses réclamations et demandes d'intervention aux responsables du secteur agricole ainsi qu’aux autorités compétentes en matière de l'eau pour freiner cette exploitation illégale. Mais malheureusement ces démarches n'ont suscité l’intérêt d'aucun d'entre eux, ce qui laisse faire la surexploitation de ce puits jusqu'à nos jours à la vue des forces publiques qui assurent sa surveillance depuis fin 2011.
La société minière poursuivait ses opérations d'extension en 2004, après une vaste exploration des montagnes nommées IWDRAN (Igoudrane) à quelques kilomètres vers l'Est de l'usine de traitement pour extraire des quantités supplémentaires du métal précieux. Pour couvrir cette augmentation de la production, la SMI a implanté des forages illégaux dans la zone nommée Tidsa, sise au nord-est de la commune rurale d'Imider, étant donné l’incapacité pour le puits de "Targuit" de répondre seul aux besoins de l'usine. Cette exploitation abusive et déloyale montre la complicité de l’agence du bassin d’Errachidia qui se contente de laisser la mine voler l’eau sans réagir pour instaurer la loi 10-95.

LA CARRIERE DU SABLE
SIVAMINE est une entreprise sous-traitante qui fournit les matériaux pour remblais cimentés pour la SMI. SIVAMINE s’est installé en 2001 près de la société minière avec une autorisation de 5 ans. L’étude faite pour cette exploitation a démontré qu’avec des quantités allant de 30.000 à 40.000 mètres cubes par an les besoins de la mine seraient suffisamment satisfaits.
Durant cette période, SIVAMINE a violé toutes les clauses du contrat ainsi que le cahier des charges régissant son activité ; non respect des quantités convenues, vente de matériaux de construction aux tiers, une atteinte grave à l’environnement (érosion des terres agricoles et habitées, pollution de l’air, nuisance sonore…).
En mai 2006, le contrat liant la commune d’Imider et SIVAMINE est arrivé à échéance sans être renouvelé. Dès lors, l’exploitation de la carrière n’est plus légale.

LA VIE DES RIVERAINS :
Les habitants de la commune rurale d'Imider vivent dans des conditions dures. L'infrastructure est trop fragile. Seule la route nationale 10 et celle la liant à la mine d'argent sont goudronnées tandis que les villages sont isolés. D'autres villages sont encore sans eau potable et sans électricité. Pas de moyen de transport. Pas d'assainissement... Pourtant, un trésor est sous nos pieds.
Les établissements scolaires tournent au ralenti; absence de bibliothèques, absence de laboratoires, manque d'internet et de l'outil informatique... La formation professionnelle, nous n'en parlons pas.
Le secteur de la santé souffre d'un manque d'infrastructure et de ressources humaines (un infirmier passe 8 heures dans le seul dispensaire afin de calmer les douleurs des riverains. Ceux-ci doivent se déplacer plus de 200 km vers d'autres villes pour de simples consultations médicales et soins).

IMIDER : une longue histoire de lutte.
En 1986 déjà
conscients des futurs dégâts écologiques et sociaux que provoque l'exploitation des ressources hydriques par le secteur industriel, les populations de la commune d'Imider (hommes, femmes et enfants) ont tenu une série de manifestations contre le creusement d'un puit par le BRPM (actuel ONHYM : un office de l'état agissant dans le secteur minier). Ce puits servant à alimenter les besoins de l’usine en eau met l'agriculture en panne.
Les représentants des habitants (élus et chargés des terres) refusent le nouveau puits mais les responsables de la mine n’en tiennent pas compte. Les autorités, pour régler ce problème, emprisonnent sans audience ni jugement, six agriculteurs pendant un mois.
Suite à cette répression, les dégâts continuent. Depuis 1986 il y a des dégâts écologiques et de lourdes conséquences économiques: de nombreux champs coupés d’eau ne sont plus cultivés, les arbres meurent dans les oliveraies, de nombreux arbres fruitiers comme les abricotiers, amandiers et figuiers disparaissent. Des montagnards qui habitaient trop près de la mine sont expropriés de leurs terres. Des brebis sont retrouvées mortes intoxiquées par les déchets de la mine.

A partir de Fin Janvier 1996 :
Dans ces conditions, les habitants ont déposé plusieurs plaintes auprès des responsables et du ministère de l’intérieur. Leurs doléances étant restées sans réponse, ils ont décidé d’observer un sit-in ouvert de 45 Jours. Sur leurs terres et sur la route qui y mène ainsi que sous leurs tentes, ils portaient des banderoles sur lesquelles étaient écrites leurs revendications, leur objectif n’était autre que d’attirer l’attention des responsables.
L’intervention des forces publiques et les arrestations arbitraires:
Le 10 Mars 1996 à 7 Heures du matin, les forces auxiliaires et gendarmes, en grand nombre, ont investi les tentes sous lesquelles se trouvaient les protestataires. Cette intervention violente a fait beaucoup de blessés parmi eux 23 Personnes dont 2 femmes ont été arrêtées et présentées devant les tribunaux avec comme chef d’accusation « rassemblement révolutionnaire dans le but d’attaquer les autorités ». 16 d'entre eux sont relâchés après la garde à vue, 6 vont en prison pour 1 an ou 2. L’un d’entre eux (Lahcen Usbdan), torturé en prison, meurt étrangement chez lui quelques semaines après sa libération.
Il est à noter que toutes les tentes et les biens matériels qui s’y trouvaient ont été saisis.
2004 : une mobilisation contre la soif :
De leur part, les représentants chargés des terres collectives exclus systématiquement des rencontres et les accords relatifs à l’intérêt général malgré la légitimité de leur représentativité. Comme ils n’ont jamais formulé une démission ni être exonérés de l’exercice de leur fonction consistant en la défense des terres collectives appartenant aux populations.

Février 2010 :
Les habitants de la commune soutenus par le conseil communal ont repris la lutte après les dommages lourds subis par les "khettaras" en raison de l'exploitation abusive et illégale de la nappe phréatique dès l'an 2004.
Les vannes ont été fermées pour la mine et les entreprises sous-traitantes ont été interdites d'accéder à la mine pendant une semaine bien tendue.
Les élus communaux ont eu une rencontre avec les représentants de "Managem Group" au siège de la province de Ouarzazate sous la présidence de monsieur le gouverneur en la présence d'un parlementaire. Cette rencontre n'a abouti que sur des promesses non tenues ayant pour seul effet la suspension de toutes les formes de lutte par les villageois.
Ce qui conduit à se poser une question pertinente : pourquoi les élus communaux ont renoncé à la protestation à la dernière minute?

Depuis 2011 jusqu’à nos jours :
Localement, depuis le 1er août 2011, l’ensemble des habitants de la commune rurale se sont rassemblés à l’unanimité sur des revendications socio-économiques, défendues dans le cadre du Mouvement : sur la voie de 96 - Imider -, représentant unique et légitime de la population des 7 villages, confirmant par là leur droit à l’accession à la jouissance des richesses de leur communauté et la défense de leurs droits légitimes en tant que citoyens, légaux à l’égard des litiges les liant à la SMI.
Ce qui a déclenché différentes réactions d’une multitude de partis.

1- un élu appuyé par un groupe de personnes a attaqué les militants du mouvement à deux reprises (12 août 2011 et 26 février 2012). Ce même élu occupe 4 fonctions (vice-président du conseil communal, rapporteur de trésorerie du conseil provincial, "acteur associatif" et homme d'affaire).
2- Les autorités ont mis en oeuvre "l'approche sécuritaire». Cela se manifeste ainsi:
- L'arrestation arbitraire (ou le kidnapping) de cinq activistes le 20 septembre 2011;
- le dépôt d'une plainte contre le comité du dialogue (ce qui réfute les allégations de bonne foi et l'intention de trouver des solutions)
- D'autres parties corrompues ont déposés des plaintes contre d'autres activistes
- L'arrestation et la condamnation d'une vingtaine des fils d'Imider (des peines allant de 2ans à 4 ans avec des accusations non fondées)
- D'autres actes offensifs portant une violence morale (bandits, milices iraniennes, non jeûneurs, intimidations et terrorisassions des populations par les patrouilles de gendarmes ...)
3- La société minière n'a pas cessé de rechercher d'autres alternatives (approvisionnement en eau et en matériaux de remblais cimentés) pour gagner du temps. C’est ainsi qu'elle essaye de générer des conflits avec les tribus voisines en menant des opérations d'exploration de l'eau aux frontières de la commune d'Imider.
Ladite société a entrepris une politique de désinformation visant à maquiller son image salie par des décennies d'exploitation cupide de nos richesses (développement des zones minières, engagement social...).
Managem a signé un placebo-protocole avec quelques éléments du conseil communal non crédibles soutenus par des « notables » malgré le rejet des propositions faites par la société minière.
 
4- 2011-2012 : Une année blanche dans le processus éducatif des élèves du primaire et du collège, une année noire et sombre dans l’histoire de la commune et une tache de honte sur le front des responsables. Tout cela révèle un silence irresponsable des concernés, malgré le traitement de ce problème dans notre parlement retardataire.

Quel est le bilan de dialogues antérieurs?
Le comité du dialogue, démocratiquement sélectionné, a entamé 15 rondes du dialogue, les deux premières en l'absence des représentants de la société minière. Elles étaient en majeure partie des séances policières visant à déstabiliser les convictions des membres du comité du dialogue.
Les dialogues précités n'ont pas abouti à des résultats concrets. Au contraire, on a constaté des tentatives désespérées de drainer l'énergie du comité du dialogue. En général, deux points essentiels ont été à l'origine de l'échec des efforts déployés durant des mois, à savoir :
- Manque de sérieux (la société minière qui se soucie seulement de la reprise de l’exploitation des ressources naturelles et les autorités qui manquent de neutralité)
- Manque de responsabilité par la sous-estimation de la cause et les tentatives de saper la légitimité du comité du dialogue.

Le placebo-protocole signé le 19 novembre 2012 :
Ce "placebo Protocole" est soutenu par une médiatisation sans précédent de la part de Managem Group. Il contient des propositions de la SMI les qualifiants du "produit des dialogues antérieurs" les liant avec le comité du dialogue légitime, alors qu’elles ne sont que des éléments piégés traitant des aspects généraux visant à reprendre l’exploitation des captages d’eau sans tenir compte des attentes des habitants. Après une consultation des clauses de cet accord-fabriqué, 1967 adultes des habitants ont signé une pétition s’opposant au contenu de ce dernier. Le même nombre a signé une autre pétition portant sur les propositions du groupe minier se résumant ainsi : * Examen des notions "réhabilitation" et "contribution" en fixant les délais, les sommes ou pourcentages des contributions et les partenaires ; * Traitement des dossiers judiciaire et de l’occupation de terrains qui n’ont jamais été discuté durant les 15 rondes du dialogue ; * Discussion de la façon d’indemnisation des défavorisés des activités de la mine ; * Absence d’une formule claire permettant à la mine de bénéficier de l’utilisation des ressources en eau, tant au niveau du puits "Targuit" qu’au niveau des forages de "Tidsa" ; * La société n’a pas encore voulu offrir aux chômeurs de la commune une chance pour accéder à la mine en tant que main d’oeuvre simple et recouvrir une partie des besoins de leurs vastes familles ; * Absence de certains points qui ont étés proposés auparavant...
Croyant en la justice de notre cause et en la légitimité de nos revendications, nous continuons la lutte pacifique jusqu’à l’arrachement de nos droits. De plus, nous soulignons que toute tentative de contournement de nos revendications est perte de temps et d’efforts et une complication de la situation. Enfin, nous condamnons toutes les menaces visant à porter atteinte à l’image de notre lutte civilisée et pacifique. En se basant sur ce qui précède, nous appelons les représentants de la société à la sagesse et à la responsabilité et à un retour à la table des négociations afin de poursuivre le dialogue avec le discours, seul accès vers une solution pouvant satisfaire toutes les parties, y compris l’intérêt public, et préserver les droits de la population locale.

Relire l'article de Salah Elayoubi
 :http://salahelayoubi.wordpress.com/2012/01/22/imider-et-les-envahisseurs/