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dimanche 14 juillet 2013

Free Amina !




Meilleure réponse aux mégères-inquisitrices ! Liberté pour Amina et Vive les Femen!


FREE AMINA

Par  Selim Tlili·11/7/ 2013
 
Dans toutes les langues possibles, le message de liberté est lancé pour redonner espoir à la jeunesse, surtout à la jeunesse non conformiste de ce pays, dont les idées et les pratiques ne reflètent pas ce que sa culture attend d'elle.
A l'instar de Voltaire, il se pourrait que nous n'ayons pas la même opinion qu'Amina, mais qu'importe ? Nous avons le devoir de nous battre pour qu'elle puisse exprimer la sienne.
La liberté d'expression est un bien propre à l'Homme, elle est gravée dans le marbre comme point d'orgue de longues luttes d'hommes et de femmes. Oui, de femmes.

Quoi ? Notre jeunesse qui exprime ses idées, quel que soit le support, n'aurait pour horizon que la mer pour s'y noyer en tentant d'atteindre une Europe qui ne peut rien pour elle, ou bien les quatre murs d'une geôle ?
Sinon, elle doit être muette et conforme ? Et vivre dans la crainte ?


A l'heure où dans nombre de pays avancés on cherche des alternatives à l'emprisonnement pour délits plus ou moins graves, ici on emprisonne une femme parce qu'elle a utilisé une bombe pour inscrire un mot sur un mur ? !
Parce qu'elle a dénudé sa poitrine pour faire passer un message de liberté ? !

Mais dans quel pays vit-on ?
Ne serait-ce plus celui d'Elyssa-Didon, la bâtisseuse punique, ni de la berbère Kahena Djeraya qui a brûlé la terre devant les Omeyades, ni d'Aziza Othmana princesse tunisienne qui a affranchi ses esclaves ?
Amina ne veut rien d'autre que la liberté de penser c'est-à-dire la possibilité de penser autrement que ce que pense la majorité.

La jeunesse a soif de liberté. Par ses audaces, elle fait évoluer la civilisation.
Nous sommes tous/toutes des Amina, quelque part, dans notre jardin secret.
Offrons des perspectives à cette jeunesse, à commencer par la liberté d'expression. 

Toutes les civilisations savent que la jeunesse est le lieu et le moment de la transgression. Pourquoi la nôtre se montre-t-elle si intraitable envers ses jeunes ? Pourquoi oscille-t-elle en permanence entre indifférence à leur misère et répression ? Ne saurait-elle se montrer tout simplement humaine ?

Amina n'a pas tué, n'a pas volé, n'a commis aucun crime.
Sa place n'est pas en prison, surtout en ce mois qui invite à la tolérance, à la paix et au pardon. 

Free Amina. Libérez Amina ! Befreit Amina ! Allibereu la Àmina ! ¡ Liberad a Ámina ! vapauttakaa Amina; Ἀμίναν ἀπολύετε ; 放 ;
Liberate Amina ! मुक्त अमीना ;
Liberate Aminam ; Bevrijdt Amina ; アミナを開放せよ ;
Libertem Amina ; СВОБОДИТЕ АМИНУ...

Sélim Tlili

Avec la précieuse collaboration de:
Mr RAPHAEL SANTA CRUZ & Mr SLIM MEDIMEGH
MUSIQUE ABID BOX « TOUNES HORRA »
PHOTO D'INSPIRATION CRISTINA MASTRANDREA
SPEEDPAINTING SELIM TLILI
11 JUILLET 2013

Courage AMINA nous sommes avec toi.

François Hollande et les seins d’Amina

 Inna Schevchenko, Mouvement des femmes FEMEN

Monsieur François Hollande,

Il y a peu de temps, les activistes Femen ont été libérées après un mois d'emprisonnement dans les geôles tunisiennes pour avoir protesté seins nus en faveur d'Amina Sboui, militante tunisienne de 19 ans, enfermée injustement depuis près de deux mois pour avoir tagué le mot "FEMEN" sur un mur. Elle s'était opposée ce jour-là, à travers ce symbole de féminisme et de rébellion, à un rassemblement illégal de quarante mille salafistes. Elle risque 12 ans de prison pour association de malfaiteurs.
Le 29 mai 2013, à 10h30, devant le palais de justice de Tunis, nous avons risqué nos vies et nos libertés pour défendre celle de cette jeune femme que nous n'avions jamais rencontrée auparavant, pour défendre qui elle était et ce qu'elle représentait.
Et vous Monsieur François Hollande, qu'avez-vous risqué pour défendre les nôtres?
  • C'est parce que nous avons honte de la France aujourd'hui, de son mutisme, de son inertie et de sa peur, que nous vous interpellons, vous, Président.
  • Parce que nous avons honte de cette France qui s'est tue pendant notre incarcération, pendant la sienne, et pendant celle des autres, rappeurs, bloggeurs et opposants.
  • Parce que nous avons honte de cette France qui a souri cette semaine à la Tunisie islamiste.
  • Parce que nous avons honte de cette France qui sait et qui ferme les yeux.
  • Parce que nous avons honte de cette France qui nous a arrêtées et remises en prison pour 24h, cinq jours seulement après notre retour, pour avoir voulu vous appeler, vous Président, à prendre des positions claires et fermes lors de votre visite en Tunisie. Parce que nous avons honte que vous ne l'ayez pas fait.
  • Mais parce que nous pensons qu'il n'est pas trop tard.
Nous activistes, nous féministes, nous femmes françaises, nous vous appelons, vous Président, vous socialiste, vous humaniste, à prendre le parti des femmes, et à prendre le parti de cette jeunesse active en laquelle vous comptiez tant miser.
  • Vous Président, vous devez sortir de votre silence pour défendre rageusement la liberté d'expression, et pour condamner fermement toutes atteintes aux droits de la Femme et aux droits de l'Homme.
  • Vous Président, vous devez défendre sabre aux dents ce symbole de rébellion, de liberté, de courage et de changement qu'est Amina Sboui. Vous devez prononcer son nom, soutenir son combat et exiger sa libération.
  • Vous Président, vous devez vous ériger contre cette islamisation croissante de la Tunisie et du monde arabe. Vous devez refuser de signer des accords avec des gouvernements aux prises des islamistes. Vous devez refuser de serrer les mains de ceux qui ont volé la révolution au peuple tunisien et qui enferment toutes celles et ceux qui le dénoncent.
  • Vous Président, vous devez vous ranger du côté de l'Humain et de la Liberté, et vous opposer, quel qu'en soit le prix, comme Amina l'a fait, comme nous l'avons fait et comme FEMEN continuera de le faire, à la dangereuse islamisation du monde arabe, dont les premières victimes sont toujours les femmes.
  • Vous Président, vous devez réveiller le militant humaniste qui est en vous et entendre la rumeur qui gronde, les femmes sont dans la rue, elle vous appelle :
Non à l'islamisation, liberté pour les femmes, liberté pour Amina !
Signé les prisonnières françaises en Tunisie, FEMEN

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 François Hollande et les seins d’Amina

Karim Ben Smail, Tunis, Rue897/7/2013

Tribune
Karim Ben Smaïl est le directeur des éditions Cérès à Tunis, une maison fondée il y a 50 ans. Elle édite des classiques arabes et français. C’est un proche de la lycéenne au T-shirt de soutien à Amina décrite dans ce texte.
Jeudi 4 juillet, François Hollande, en visite d’Etat en Tunisie, est dans un des deux lycées français de Tunis, accompagné de plusieurs ministres. Au programme : rencontre avec des personnalités de la société civile et avec les meilleurs bacheliers de l’année.
Pendant cette rencontre, à Sousse, se déroulait une audience du procès d’Amina, cette jeune Tunisienne de 18 ans qui a écopé de deux ans de prison pour avoir écrit « Femen » sur un muret à Kairouan ; en réalité pour avoir publié sa photo sur le Net, avec « mon corps m’appartient, il n’est l’honneur de personne » peint sur sa poitrine nue.
16 heures, les lycéens commencent à arriver, l’une d’entre eux porte un T-shirt à l’effigie d’Amina, les policiers tunisiens lui interdisent l’accès. « Va te changer, va acheter un autre T-shirt, tu rentrera pas ! ». La lycéenne ne se démonte pas, et remet la pression sur les épaules des sbires : « Vous êtes sûrs ? Vous ne voulez pas d’abord demander aux responsables du lycée ? ».
Cafouillage, le proviseur est appelé, un peu nerveux, il y va de son sermon : « On t’a pas invitée pour ça et de toutes façons tu n’es pas sur la liste d’invités », vain mensonge qui reviendra tout au long de l’incident.
Amira Yahyaoui est dans l’établissement présidente de l’association « Al Bawsala », elle est parmi les personnalités de la société civile tunisienne qui vont s’entretenir avec Hollande devant les caméras. Sa question va précisément porter sur Amina.

« C’est moi qui ferait ce geste à sa place »

Quand elle est informée de ce qui se passe devant les grilles du lycée, elle sort tout de suite et exige qu’on laisse entrer la jeune fille. Refus catégorique de la sécurité tunisienne, sur instructions du proviseur et de certains cadres de l’Institut Français, organisateur de la rencontre.
« Vous entrez, pas elle, pas avec son T-shirt ». Comprenant que tout ce beau monde avait peur d’un geste à la Femen devant le président, Amira Yahyaoui leur dit : « Dans ce cas, c’est moi qui ferait ce geste à sa place »… Et l’accès lui est également interdit.
Situation délicate, A. Yahyaoui doit être devant Hollande et les caméras dans quelques minutes. Tergiversation, vent de panique dans le personnel diplomatique. Le « dossier » monte d’un cran, et un proche conseiller de l’ambassadeur finit par prendre la situation en main, le staff de la sécurité du président s’en mêle.
« Mme Yahyaoui, pouvez vous nous garantir que cette jeune fille ne va pas faire un bêtise ?
- Je vous le garantis, mais vous respectez son souhait de garder son T-shirt. »
Le malabar demande à la lycéenne de confirmer : « Tu me donnes ta parole ? ». On lui prête un T-shirt sombre pour couvrir le sien, « juste pour passer la garde tunisienne ».

Une photo qui peut nuire à Hollande ?

Dix minutes plus tard, les lycéens sont en rang d’oignons devant le président et ses invités, notre frêle lycéenne est entourée de quatre « gardes du corps » qui ne la quittent pas des yeux, prêts à intervenir. Ses amis, inquiets, l’interrogent : « C’est quoi le problème ? ».
Hollande a fini ses entretiens, il se dirige vers les lycéens, dont notre fauteuse de troubles, qui esquisse alors le geste d’enlever son T-shirt sombre, mouvement de panique des gardes qui se rapprochent d’elle, à portée d’intervention.
Quand Hollande lui serre la main, elle porte le T-shirt scandaleux, mission accomplie ! Mais elle sera interdite de photo avec le président, les gorilles faisant physiquement barrage et l’empêchant d’approcher. Pitoyable.
En quoi une photo aurait-elle pu nuire à l’image de Hollande ? Comment sa réputation aurait-elle souffert d’être vu aux côtés d’une image de solidarité avec une jeune fille jetée aux fers par le pouvoir, et qui sans nul doute deviendra un des symboles de la résistance ?

Les aberrations du système français

C’est sans doute une anecdote sans grandes conséquences sinon celle de démontrer une fois de plus les aberrations du « système » français : une personnalité tunisienne est invitée à présenter publiquement devant le Président le « cas Amina », alors même qu’une autre jeune femme, issue des élites de l’école française locale, se voit interdire l’accès justement à cause d’un soutien trop visible à Amina.
Les élites des lycées français doivent être « bien sûr elles-mêmes, normalisées et conformes à ce que l’on attend d’eux » : brillants et obéissants. Aucune fantaisie n’est tolérée, surtout ils ne doivent pas exprimer d’opinions devant le chef, le proviseur y veille ; quitte à les « rayer des listes ».
Tout ce que cette jeune lycéenne voulait faire, c’est attirer l’attention sur le sort d’Amina Sboui, une autre Tunisienne de son âge, et qui croupit dans les geôles de la Tunisie post-révolutionnaire, risquant une lourde peine dès que tout ce beau monde aura plié bagage.
Tout ce que le staff présidentiel a retenu, c’est que Hollande aurait pu se voir imposer le spectacle insupportable d’une paire de seins. Et alors ? Cela me fait penser à cette phrase de Mao : « Quand le sage montre la lune du doigt, l’imbécile regarde le doigt ».
Je laisse le mot de la fin à Amira Yahyaoui, dont le courage et le culot forcent une fois de plus l’admiration. A la fin de ce numéro de grand guignol, elle a résumé l’épisode à un proche de l’ambassadeur de France (le seul qui a su garder de la hauteur et son calme) : « Vous n’avez rien compris, ce n’est pas ses seins que cette jeune fille est venue vous montrer, c’est son courage ». Ça c’est une femme tunisienne !

NB : Amina Sboui est toujours en prison, sous deux chefs d’accusation fallacieux : possession d »une « bombe à gaz », en fait un spray d’autodéfense, et profanation d’un lieu de culte, pour avoir écrit « Femen » sur un muret de ciment proche d’un cimetière.
Elle risque plusieurs années de prison, ne bénéficie que de peu de solidarité, et garde une dignité et un courage remarquables. Lors de sa dernière comparution devant un juge, elle à jeté à terre le châle traditionnel (safsari) dont on voulait la recouvrir.

samedi 29 juin 2013

"On revient de l'enfer", confie une des Femen françaises de retour de Tunisie

  Édité par



Arrivée des Femen à Orly en France

Les deux Françaises et l'Allemande ont été relâchées et sont arrivées à Orly ce jeudi. / Crédits : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
AfriqueLes trois militantes européennes du groupe féministe Femen, en détention depuis près d'un mois en Tunisie, sont finalement rentrées à Paris ce jeudi. Pauline Hillier, l'une d'entre elles, a raconté les conditions de détention "déplorables".
"On est très fatiguées, on arrivait à bout physiquement et moralement", confie d'emblée Pauline Hillier, l'une des trois Femen européennes emprisonnées un mois en Tunisie pour une action seins nus interviewée sur France Inter jeudi, quelques heures après avoir atterri à Orly (au centre sur la photo ci-dessus). Les trois militantes ont été libérées quelques heures après leur condamnation en appel en Tunisie à une peine de quatre mois et un jour avec sursis. Et les revoilà en France.
"Les conditions de détention étaient épouvantables", ajoute-t-elle. "Je peux vous affirmer qu'on revient de l'enfer", martèle-t-elle avant d'énumérer "les humiliations quotidiennes, les brimades et les conditions hygiéniques déplorables". 
"On a eu peur pour nos vies"
Mais ont-elles eu peur, demande alors la journaliste ? "Dès le départ", confie alors Pauline. "Pendant l'action déjà on a eu peur, c'était une première dans un pays arabo-musulman et on ne savait pas ce qui pouvait se passer", explique-t-elle. "Lorsqu'on a été arrêtées (le 29 mai), on s'est retrouvées dans une pièce sans caméra où on s'est fait frapper avant d'être menottées et trimballées dans un camion", raconte-t-elle. Là, elles découvrent une prison avec du "sang sur le sol" et des "hommes avec des cicatrices sur le visage". "On a eu peur pour nos vies", raconte avec émotion Pauline.
Lors de l'audience d'appel mercredi, elles avaient pour la première fois exprimé des regrets pour leur action en soutien à leur camarade Amina Sbouï. "Nous n'avons pas formulé d'excuses, nous avons formulé des regrets selon les conseils de notre ambassade. C'était la dernière  carte à jouer pour sortir plus tôt", précise Pauline qui conclut : "Nous n'avions pas vocation à devenir martyr".

Crédits : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
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Merci les Femen libérées des geôles de Tunisie: Marguerite, Pauline, Joséphine. Deux Françaises et une Allemande. Elles ont dressé un abominable procès des goulags de nos contrées (à l'instar d'autres États voyous comme le Maroc). Comme les prisons se ressemblent par la violence et les violations des droits humains! Et vous êtes venus le rappeler au monde civilisé qui soutient les barbares.
Je m'incline devant votre courage. Et si vous aviez émis des regrets devant leur tribunal, pour sortir de cette criminelle humiliation, tout l'honneur vous est acquis, haut la main! Dans ces conditions lamentable d'emprisonnement, Amina doit être soutenue coûte que coûte, par la conscience vive de tous les pays.
 Weld 15 le rappeur tunisien doit être libéré ici et maintenant et sans conditions.

samedi 15 juin 2013

Eloges des Femen

par Mohammed Belmaïzi (Articles), 15/6/ 2013

Sur la toile du Net et du Facebook on voit se déployer un discours frelaté contre les Femen. Frelaté, parce que l’acharnement sur ce mouvement de contestation, surgit de tous les lieux. On y trouve des pudiques qui, simplement, demandent qu’on cache ce sein qu’ils ne sauraient voir. On y trouve des gauchistes trop préoccupés par la blessure des humbles croyants au contact de cette nudité qui agresse leur piété. On y trouve également des gardiens du temple de la vertu, engagés résolument à voiler et embourker la femme pour la fin des temps, et logiquement à les faire disparaître de la surface de la terre.


A ces lieux, il faut ajouter les médias et certaines organisations féministes qui estiment que les Femen marchent sur leurs plates bandes et éclaboussent leur vision tranquille du combat politiquement correct qu’elles mènent. Et là la critique est acerbe pour neutraliser une concurrence qui les dépasse de loin. On évoque, pour cela, le doute sur leur financement impérialiste et tant d’arguments qui, pour le moment sont tirés par les cheveux sans preuves tangibles. D’aucuns reprochent aux Femen leur vide idéologique, sans programme. Mais depuis quand un mouvement contestataire, qui n’est pas une formation politique aspirée par le pouvoir, est ligoté par un programme ?


Les médias, eux, faiseurs de l’opinion, ne savent plus comment couvrir ce mouvement qui casse leur certitude et la routine où ils opèrent sans trop de chamboulement. Leur objectif alors est de tout faire pour nous embrigader dans une opinion hostile et nous planter définitivement dans « le bon sens », la doxa ! Doxa, mot qui veut dire « ensemble des opinions communes aux membres d’une société et qui sont relatives à un comportement social ». Husserl la définit comme un « ensemble des croyances et des idées non objectives ». 

Pourtant les Femen qui sortent des grilles de la lecture conventionnelle, peuvent évoquer cet autre mouvement de femmes qu’on appelle « les saris roses (hindi: Gulâbî Gang). Femmes en rose, couleur d’une féminité troublante s'imposant au monde patriarcal pour le dévêtir de son arrogance phallique et le plier à sa propre féminité. Qui sait ? Un jour ces Gulâbi Gang se convertiront à la nudité comme arme… et ce sera peut-être la faute infâme des Femen et de leur influence? C’est que déjà on parle de ce mouvement comme « néo-colonial ». Le journal Le Monde vient de nous donner la preuve par l’écrit attribué à une femme voilée doctorante au Pays-Bas, de ce « néocolonialisme » dévastateur.

Pourtant la nudité des Femen s’exerce déjà en Afrique, sans que ces dernières n’y soient impliquées ou responsables. Au Togo, par exemple des fesses bien dodues et maternelles qui dandinent mollement en signe de protestation; avec des seins nus aussi juteux comme jadis du temps où il nous fallait grandir, sont exhibés face aux forces de l’ordre pour leur rappeler que les femmes sont l’origine du monde. Qui osera parler du « néocolonialisme », sans courir le risque de manipuler et de tromper?

Et puis tout autour de nous, bien chez nous au Maroc, qui n’a jamais été témoins de scène de femme en colère qui soulève sa jupe pour monter ses fesses nues et dire « haaak aaa ma tasswa / tassway » : voilà ce que tu vaux et ce que tu mérites… ?  Combien de fois, on a vu des hommes tenant leurs organes génitaux dans la main et défiant contradicteurs ou ennemis? C’est dans l’air du temps, serait-on tenté de dire… Et si Aliaa, l’Egyptienne a posé nue dans son blog avant même de connaître les Femen, ou Amina la tunisienne aux seins contestataires, c’est que la tentation est toujours grande d’abandonner la feuille de vigne pour crier très haut à travers sa propre nudité, et sa fragilité…

Dans ce sens, cette nudité prend un tournant pratiquement naturel. Et nous ne pouvons que constater sa portée universelle. Phénomène donc à appréhender avec rationalité et humanisme. Sans jugement moral, ni insultes, ni dénigrement.

Si les Femen disparaissent, elles mourront de leur propre mort. Mais on ne peut biffer cette façon de contester qui est un cri profond du corps émouvant, à la fois désiré et maudit selon le formatage de notre vision du monde qui, d’ailleurs, ne cesse de se transformer, qu’on le veuille ou non.

Les détracteurs des Femen parmi les démocrates et les gens de gauche, seraient-ils heureux et satisfaits que trois des militantes aux seins nus, ont écopé de 4 mois en Tunisie ? Se rangerait-ils du côté du pouvoir qui réprime et emprisonne? Un examen de conscience est urgent à ce sujet.