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jeudi 21 juillet 2011

Une nouvelle affaire de pédophile secoue Sidi Slimane

Écrit par libe.m, 21/7/2011
Des faits établis et un présumé coupable qui court toujours

La Ligue marocaine pour la citoyenneté et les droits de l’Homme (LMCDH) voit rouge. Elle déplore le laxisme dont ont fait preuve les services de la gendarmerie de Sidi Slimane face à une nouvelle affaire de pédophilie qui a éclaté dans la région. 

Les faits remontent au 9 juillet courant, lorsqu’un enfant âgé à peine de 10 ans a été la proie d’un délinquant sexuel à Douar Bros (Sidi Slimane). Un certificat médical délivré par les services compétents a attesté de la véracité des faits et une plainte a été adressée, de ce fait, au procureur général du Roi près la Cour d’appel de Kénitra.
Pourtant, neuf jours après ladite agression, le présumé coupable court toujours, loin de toute poursuite judiciaire, même si toute la procédure requise dans les circonstances pareilles à été respectée. Pour Jaouad Al Khanni, président de LMCDH, le laxisme des gendarmes est inacceptable, voire inconcevable vu qu’il y a un enfant violé et une plainte déposée. «L’innocence d’un enfant a été bafouée n’est-ce pas suffisant?», s’est-il insurgé, avant d’ajouter que c’est la raison pour laquelle la Ligue s’est trouvée contrainte de contacter la direction régionale de la Gendarmerie Royale de Sidi Kacem afin de diligenter une enquête sur les faits et prendre les mesures qui s’imposent.
M. El Khanni s’est dit désolé qu’une telle affaire soit traitée de la sorte, d’autant que plusieurs affaires de pédophilie ont été signalées dans la région. Un communiqué de la Ligue a sollicité un suivi psychologique pour l’enfant victime et sa protection physique.
Certes, il ne s’agit pas d’une affaire de coups et blessures qui auraient provoqué l’intervention urgente des forces de l’ordre. Mais il est question d’un genre de plaies qui demeurent béantes à vie et dont les séquelles psychologiques résistent à toute thérapie
Cette affaire est d’une grande délicatesse et touche malgré l’activisme du mouvement associatif, un sujet encore tabou dans notre société. Cela demeure du domaine du «non-dit». Plusieurs associations n’ont en effet eu de cesse de dénoncer les viols de mineurs et en ont fait leur cheval de bataille. Leurs efforts commencent à donner des fruits. Est encore présente dans les esprits l’affaire du ressortissant espagnol condamné par la Cour d’appel de Kénitra à 30 ans de prison ferme pour abus sexuels sur des mineurs. C’est un cas d’école certes, mais le chemin est encore long. Appel est lancé aux familles des victimes pour ne plus se murer dans le silence et aux autorités compétentes afin qu’elles s’acquittent dignement de leur mission. La protection de l’enfance est au-dessus de tout. «Plus jamais ça»!
http://www.infomaroc.net/general/103573.html

Communiqué commun : "Méditerranée : L'OTAN porte enfin secours à des migrants naufragés, l'Union européenne refuse de les accueillir"

Par le collectif ci-dessous, 21/7/2011

Il aura fallu de nombreuses protestations pour qu’enfin, le 11 juillet, un bâtiment espagnol de l’OTAN, l’Almirante Juan de Borbón, porte secours en Méditerranée à plus d’une centaine de femmes, d’hommes et d’enfants d’origine subsaharienne ainsi qu’à des Tunisiens et à des Libyens, dont l’embarcation de fortune était en perdition entre la Libye, la Tunisie, l’île italienne de Lampedusa et les côtes maltaises.

Tandis que la perspective de plaintes pénales dirigées contre l’OTAN pour non assistance aux naufragés semble commencer à porter ses fruits, elle laisse l’Union européenne impassible. Aux demandes d’intervention lancées par le navire militaire à Malte et à l’Italie ont, en effet, été opposées des fins de non-recevoir : Rome a prétexté le manque de places disponibles à Lampedusa et les autorités maltaises ont estimé de leur côté que les événements étaient trop éloignés de leur territoire et relevaient de la responsabilité de l’OTAN.

Le même jour, trois rescapés nécessitant des soins médicaux ont été remis par l’/Almirante Juan de Borbón/ hors des eaux territoriales tunisiennes à un navire militaire tunisien afin d’être hospitalisés en Tunisie. Puis cinq autres personnes ont été évacuées à La Valette (Malte) par voie aérienne. Six jours durant, l’/Almirante Juan de Borbón/ est resté dans les eaux internationales sans qu’aucun Etat de l’Union européenne, de l’Alliance atlantique ou de la coalition militaire n’accepte d’accueillir ces réfugiés. C’est finalement sur un navire militaire tunisien qu’ont été transférées les personnes secourues, le 16 juillet au matin, sans même que l’/Almirante Juan de Borbón/ ait pénétré dans les eaux territoriales tunisiennes.

Mettant en lumière, une fois de plus, l’inhumanité des États européens face aux naufrages dans le canal de Sicile, cet épisode appelle plusieurs constats

- si le navire de l’OTAN a appliqué – cette fois-ci – la réglementation en matière de devoir d’assistance, cet exemple confine à une dissuasion assez générale de porter secours car les pays européens continuent à violer leurs obligations à la fois en matière de recherches et de secours en mer ;

- l’Italie s’est défaussée en prétextant la saturation du camp de Lampedusa pour refuser l’accueil d’une centaine de personnes, tandis que les rescapés ont été reconduits en Tunisie où, depuis le début de la rébellion en Libye, 650 000 personnes ont trouvé refuge et où plusieurs dizaines de milliers y souffrent, encore aujourd’hui, de conditions très difficiles dans des camps surpeuplés - tous les rescapés ont été conduits d’office en Tunisie ; parmi eux, pourtant, se trouvaient des Tunisiens qui, pour certains d’entre eux, avaient peut-être des raisons de demander l’asile. Ily aurait dans ce cas violation du principe de non refoulement des réfugiés.

Quand ils ne laissent pas mourir les boat people en Méditerranée (2 000 réfugié.es noyé.es entre février et juin, selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), les pays européens, parties à la coalition qui intervient militairement en Libye, se lavent les mains de leurs obligations en sous-traitant à la fragile Tunisie la protection des migrants qui fuient la guerre. A ce jour, aucun dispositif n’a été mis en place par l’Union européenne, qui en a les moyens juridiques et la capacité, pour faciliter leur sauvetage et organiser leur accueil dans les Etats membres.

Cette situation n’est plus supportable : une fois de plus, les associations signataires réclament une intervention solidaire de l’UE pour l’accueil des migrants et des réfugiés qui prennent la mer au péril de leur vie. Elles appellent à la vigilance les sociétés civiles européennes et africaines, et notamment les gens de mer, pour que cesse l’hécatombe en Méditerranée.

Organisations signataires :

ACORT (Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie), AEDH (Association Européenne des Droits de l’Homme), Anafé (Association nationale d’assistance aux forestières pour les étrangers), Andalucía Acoge, ARCI (Associazione Ricreativa e Culturale Italiana), ASGI (Associazione per gli Studi Giuridici sull’Immigrazione), Attac, ATMF (Association des Travailleurs Maghrebins de France), CAAR (Comité d’aide aux réfugiés), CEDETIM (Centre d’Etudes et d’Initiatives de Solidarité Internationale), CFDA (Coordination Française pour le Droit d’Asile), La Charte Mondiale des Migrants, la Cimade, CIRE (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers), COVIAM (Comité de Vigilance des Alpes Maritimes), DOM’Asile, FEP (Fédération d’Entraide Protestante), GADEM (Groupe Antiraciste d’Accompagnement et de Défense des Etrangers et Migrants - Maroc), Gisti (Groupe d’Information et de Soutien des Immigrés), IPAM (Initiatives Pour un Autre Monde), LDH (Belgique), LDH (France), Emmaüs International, Migreurop, Médecins du Monde, Mouvement de la Paix, MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), Réseau Foi et Justice Afrique Europe, REMDH (Réseau Euroméditerranéen pour les Droits de l’Homme), Secours Catholique – Réseau Mondial Caritas, Toits du Monde Orléans
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Un printemps sans Maroc

Par Abdelhak Serhane, Mediapart, 20/7/2011

Amer, l'écrivain marocain Abdelhak Serhane revient sur le plébiscite obtenu, avec 98,49%, par le roi Mohamed VI au référendum sur la nouvelle constitution du Maroc qui s'est déroulé le 1er juillet 2011. Un scrutin bidon qui a mis fin à l'espoir politique porté par les révoltes du Mouvement du 20 février.
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«A l'ombre de tes mains, les mots tremblent pour nommer les maux de notre être arabe.» M.H. Samrakandi

Le 1er juillet 2011 a mis fin à l’agitation des révoltés du dimanche et au suspense des Marocains. Leur pays est entré de plein pied dans l’Etat de droit d’une monarchie démocratique constitutionnelle, moderne et sociale avec 98,49% de oui au référendum proposé par Sa Majesté le roi Mohamed VI à son peuple en faveur de la nouvelle constitution. De son temps, Driss Basri réalisait des résultats à peine plus élevés avec 99,99% pour combler notre égo, faisant de nous un peuple performant, exceptionnel, et de notre roi «mahboub al jamahir» (l’adoré des foules !).

Mais, ne nous trompons pas d’époque ni de système! Les années de plomb sont loin derrière nous et l’époque de Derb Moulay Chérif, Dar Moqri, Agdez ou Tazmamart est révolu. Le petit centre de Témara n’est rien d’autre qu’une malheureuse parenthèse dans les annales de l’ère grandiose que nous vivons en tant que Marocains. Les attentats terroristes à répétition et les immolations par le feu sont des gestes sacrificiels sur l’autel du plus beau pays du monde par une jeunesse fière de son identité nationale.

A mon humble avis, 98,49% c’est bien peu pour une monarchie portée aux nues par un peuple épanoui, cultivé, fortuné, responsable, conscient des enjeux nationaux, régionaux et internationaux. Le printemps arabe et le mouvement du 20 février ont sans doute contraint l’ardeur du ministre de l’intérieur à plus de décence et de retenue cette fois-ci. 98,49% est une bey’a moderne avec un taux honorable qui rend crédible cette consultation populaire aux yeux de l’Occident-frère, soucieux de nos intérêts dans un XXIème siècle en crise, dans un monde arabe à feu et à sang. 72% de participation dans un climat de mécontentement social et une jeunesse qui a osé répéter que «le peuple veut la chute du régime».

Le verbe dégager, conjugué au subjonctif de toutes les révolutions actuelles, ne peut en aucun cas s’appliquer à nous à cause de l’extraordinaire exception marocaine que le makhzen nous sert à toutes les sauces. D’ailleurs, après le discours du roi du 17 juin dernier et, sans surprise, la quasi-totalité des formations politiques à la colonne vertébrale vermoulue ont fait ce qu’elles savent faire le mieux; elles se sont aplaties devant la parole du Maître, ont applaudi des deux mains à sa réforme constitutionnelle et appelé à voter oui au référendum. Des cohortes de jeunes gens pour la plupart au chômage, éthéromanes, casseurs ou voleurs à la tire, ont porté les tee-shirts du oui, brondi le drapeau marocain et scandé avec violence: «Vive le roi! Oui à la Constitution!»

Les chanteurs ont été sollicités pour composer des couplets en faveur du oui largement placardé sur les vitrines des commerces, clubs de sport, autobus, taxis, épiceries… Des meetings ont été tenus ça et là pour répondre à l’appel royal et, pour parer au pire, les corps d’armée, de gendarmerie et de police ont été autorisés, pour la première fois depuis les deux coups d’Etat de 1971 et 1972 contre Hassan II à retrouver le chemin des urnes pour exprimer leur accord avec la réforme constitutionnelle du Chef suprême des armées. Les Moqadem ont fait leur travail de rabattage, promettant des billets aux gens et, sur instruction du ministre des Habous et des affaires islamiques, les imams des mosquées ont exhorté les foules, dans leurs prêches, à voter massivement pour le oui car, expliquaient-ils aux fidèles, «qui vote oui est avec le roi, qui vote non est contre lui. Ce dernier est un hérétique, il ira en enfer!».

L’instrumentalisation de la religion au profit du oui est une manière civilisée d’éviter les affres de la géhenne aux égarés du mouvement du 20 février. A la fin de la journée de vote, le bourrage des urnes par les agents du Makhzen est notre faon à nous de nettoyer la place et éviter au blanc de se mélanger avec le bleu. Le blanc est une couleur sacrée qu’il faut respecter, c’est la couleur du paradis où seront logés, par la grâce de Dieu, tous les béni-oui-oui. Le bleu, lui, plus proche du noir, est la couleur du vice, de Satan, il peut donc aller à la poubelle!

Et la grande mutation démocratique s’est abattue sur nous ce 1er juillet 2011 comme une offrande du ciel, un cadeau inespéré qui sauve le pays de la turbulence qui agite la région. De sujet makhzanisé, asservi et sous tutelle, le Marocain actuel passe au stade de citoyen à part entière, bénéficiant de la considération que lui confère la nouvelle Constitution, lui garantissant travail, logement décent, soins, éducation pour ses enfants, égalité de tous devant une justice devenue, par la grâce de ce vote, intègre, complètement indépendante puisque les juges ont renoncé illico à leurs pratiques corrompues. Nous voilà donc rassurés quant à notre avenir qui s’annonce ensoleillé et rempli de bonheur.

Le Premier ministre au pouvoir renforcé, va désormais pouvoir œuvrer pour le bien-être du peuple et nos deux Chambres (à coucher) peuvent discuter, voir remettre en question le budget du Palais et celui de l’armée dans la sérénité de leurs débats parlementaires. Le roi et son entourage se retirent déjà des affaires et de la politique, la famille Fassi Fihri bénéficie désormais des mêmes traitements que les centaines de milliers de foyers vivant dans les bidonvilles, l’argent détourné par les larrons et expatrié retourne dans les caisses de l’Etat, le budget de Mawazine, celui des phosphates, des Fondations royales, des licences téléphoniques… vont dans la refonte du système scolaire, la recherche scientifique et technologique, l’éducation et la formation professionnelle de notre jeunesse, l’amélioration des conditions dans nos hôpitaux, la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme... Grâce à Sa Majesté, sa nouvelle Constitution met le Maroc à l’abri de la morosité que connaissent nos voisins. Elle met fin à la corruption endémique, aux inégalités sociales, à la misère, au chômage, à l’arbitraire, aux prébendes, au copinage et autres maux dont souffre la société marocaine… La vie n’a jamais été aussi belle!

Mais soyons plus sérieux, plus clairvoyants, ou tout au moins honnêtes. Comment la démarche démocratique peut-elle être décidée par un seul homme, le roi, qui dicte les orientations de la réforme et nomme les membres de la commission chargée des travaux? Dans quelle contrée, aujourd’hui, la participation à un quelconque suffrage atteint le taux de 72% de votants? Quel pays, aussi développé soit-il, a la capacité d’organiser une consultation référendaire en treize jours et rendre public le résultat du scrutin peu de temps après la fermeture des bureaux de vote, sans même prendre en considération le décalage horaire des communautés marocaines vivant à l’étranger? Et qui peut croire au score de 98,49% dans un climat général en ébullition où des milliers de manifestants ont appelé de toute la force de leur voix, pendant plusieurs mois, la chute du Makhzen?

Quand j’ai posé mon bulletin bleu dans l’urne à l’école où j’ai voté vers midi, il n’y avait pas un chat alentour. Les préposés à la vérification de ma carte d’électeur ne m’ont pas fait signer le registre, se contentant de mettre une croix devant mon nom et souiller le bout de mon index avec un feutre. J’ai compris alors que le jeu était pipé, que le makhzen allait faire voter les absents, les inexistants et même les morts, comme d’habitude! Ce vote n’est pas le nôtre. Le message est clair, il porte un avertissement adressé aux dissidents, aux agitateurs de tout bord, aux manifestants du mouvement du 20 février et autres indignés contestataires. S’ils osent encore descendre dans la rue pour revendiquer la liberté et une réelle démocratie, ils seront tabassés par les forces de l’ordre, arrêtés, jugés et condamnés. Avec 98,49% de voix pour le oui, personne n’a plus le droit de perturber la tranquillité de nos mornes dimanches.

Une dure période transitoire nous attend. Devant le vide politique que traverse le pays, aucun chef de gouvernement, quel qu’il soit, n’aura assez de volonté pour exercer ses nouvelles prérogatives face à une monarchie qui ne lâche pas grand-chose et continue à détenir l’essentiel des pouvoirs. Les chefs de partis makhzanisés, totalement discrédités, castrés, embourgeoisés, feront ce que le Palais leur dictera de faire pour que nos biens profitent à un homme, une famille ou un clan. Les privilèges et les hauts salaires ont un prix. Nos politicards sont prêts à le payer de leur manque de dignité légendaire, leur carence de fermeté et l’absence de leur engagement social. Pas un Marocain non partisan n’a confiance dans les hommes politiques actuels.

La démocratie est un apprentissage de tous les jours, un exercice de la citoyenneté et de la responsabilité de chacun. Elle ne s’arrête pas au dépoussiérage de quelques articles de lois, mais engage l’implication de tous dans un projet qui tire la société vers le haut en assainissant les situations déplaisantes. Avec un pourcentage très élevé d’analphabètes, une corruption et une injustice à toute épreuve, le régime est assuré de faire miroiter ce qu’il veut à son peuple. L’Histoire du Maroc retiendra cet autre ratage. Le roi n’avait rien à perdre mais tout à gagner d’une réelle transition démocratique. Il aurait inscrit son nom comme le premier chef d’Etat arabe à engager son pays sur la voie de l’Etat de droit dans un exercice clair de séparation des pouvoirs. Ce n’est malheureusement pas le cas.

La nouvelle Constitution taillée sur mesure pour lui par la commission Mennouni ne touche pas à l’essentiel de ses prérogatives. Aucun peuple, aussi illettré soit-il, aussi crédule soit-il, ne peut se résoudre à voter oui de cette manière pour le maintien du déni de droit, de l’autoritarisme, des injustices et des inégalités sociales. Nombre de gens sont estomaqués. Ce vote référendaire est une avancée en trompe-l’œil, une mascarade qui ne change rien au paysage sociopolitique du Maroc. Il conforte tout au plus le roi dans son rôle makhzanien d’antan, jetant de la poudre aux yeux des berbéristes, des islamistes et des formations politiques dépourvues de toute légitimité populaire.

Les prochaines élections ne dérogeront pas à la règle de la falsification. Le makhzen détestable reproduira sa mascarade pour qu’aucun chef de gouvernement ne puisse dire non au roi car aucun parti ne bénéficiera d’une majorité confortable au parlement (à moins que ce soit le PAM qui gagne!), ce qui ouvrira la voie à des alliances tous azimuts de nature à pervertir davantage le jeu politique. Et quel homme politique peut dire aujourd’hui non à un roi qui dicte sa loi à tous? Ayant fragilisé en délégitimant les partis politiques, la monarchie pense qu’elle sort gagnante de cette mise en scène assez navrante. L’avenir lui donnera tort ou raison. La servilité d’une frange de la population soumise au mythe de la monarchie lui donnera peut-être raison. La désillusion et le mécontentement d’une jeunesse impatiente lui donneront sûrement tort.

«Sma’ sawt acha’b!» (Ecoute la voix du peuple!) a scandé la rue pendant plusieurs mois, dans toutes les villes du pays et dans toutes les langues. Le roi n’a pas écouté cette voix. Il a écouté celle de ses conseillers, des petits copains et des serviteurs du Makhzen. Frustrée de ne pas avoir été vraiment entendue, une partie de la population réinvestit déjà la rue depuis l’annonce des résultats du référendum. La foule des contestataires réussira-t-elle là où nous, leurs ainés, avons pitoyablement échoué?

Le 10 juillet, la rue indignée a livré ses nouveaux slogans, désavouant les envolées lyriques et farfelues de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et autres imposteurs, «T’guad! Tguad! Walla khwi lablad!» (Retrouve la rectitude, sinon quitte le pays!) «Hada Almaghrib ouhna nassou, oulhakam yajma’ rassou!» (Ceci est le Maroc et nous sommes ses hommes, celui qui gouverne s’en aille !). A ceux qui ont soutenu le oui, le slogan est sans appel: «Khamsine darhams t’fout t’fout ounta dima tabqa machmout!» (Cinquante dirhams se termineront et toi tu seras toujours dupé!)

La nouvelle Constitution est à la fois un pari (risqué) et un piège. Mohamed VI n’a pas gagné son pari et le piège risque de se refermer sur lui. L’affrontement avec la rue pourrait devenir imminent, les banderoles ne disent rien d’autre que ceci: «Lâ lihâkimine yanhabou almâl al’âm!» (Non au dirigeant qui détourne les deniers publics!).

Pour mémoire; en 2009, Ben Ali a obtenu 89,62% des suffrages pour son 5ème mandat. En 2005, Moubarak a été réélu pour un 6ème mandat avec 88,6% des voix et son parti, le PND, Parti démocratique national, a obtenu 311 des 454 sièges au parlement. Ces chiffres n’ont rien pu faire contre la lame de fond qui les a chassés du pouvoir. Le jeu entrepris par Mohamed VI est tout aussi dangereux. Il risque, à court terme, de discréditer sa volonté et, à moyen terme, radicaliser davantage les mouvements contestataires nés du 20 février.

mercredi 20 juillet 2011

Le Comité Agriculture du Parlement Européen contre l’accord avec le Maroc

Par SaharaDoc 20/7/ 2011

Western Sahara Resource Watch :
Aujourd’hui, le comité de l’agriculture du Parlement Européen a émis l’avis que le Parlement doit refuser son approbation à la conclusion de l’accord agricole avec le Maroc. « La question des territoires du Sahara Occidental, pour laquelle les services juridiques du Parlement ont été saisis pour avis, appelle à une évaluation minutieuse», précise le rapport du Comité.
Le projet d’accord UE-Maroc relatif aux mesures de libéralisation réciproques sur les produits agricoles et de la pêche permettra au Maroc de libéraliser immédiatement 45% des importations en provenance de l’Union Européenne tandis que la Communauté libéralisera 55% de ses importations en provenance du Maroc. L’accord proposé contient également une augmentation des concessions dans le secteur des fruits et légumes, dans lequel les produits marocains comptent pour 80% des importations de l’UE.Cet accord, qui a été signé le 13 décembre 2010 par les États européens membres, attend toujours l’aval du Parlement Européen. Pendant des mois, le processus d’approbation du Parlement a été gelé en raison de la question du Sahara Occidental.Comme relevé par Western Sahara Resource Watch, le secteur agricole dans les territoires occupés du Sahara Occidental a considérablement augmenté au cours des dernières années. Des milliers de colons marocains se sont déplacés dans le territoire pour travailler à l’augmentation du nombre de plantations de fruits et légumes. Le récent engagement agricole du Maroc fait partie de sa stratégie de colonisation du territoire-non-autonome – ou colonie – du Sahara Occidental, en grande partie occupé par le Maroc depuis 1975.

Aujourd’hui, le comité Agriculture et Développement rural du Parlement a décidé d’émettre un avis, rédigé par l’eurodéputé Lorenzo Fontana, proposant que «le Parlement refuse son consentement à la conclusion de l’accord ». url » target= »_blank »>Lire l’avis ici.

« La question des territoires du Sahara Occidental, pour laquelle les services juridiques du Parlement ont été saisis pour avis, appelle à une évaluation minutieuse. Indépendamment de l’inclusion ou non des territoires dans l’accord, cela continue à être un problème de droits humains, qui sont systématiquement violés. Afin de protéger de tels droits dans leur intégralité, l’UE peut envisager d’utiliser des arguments d’ordre économique et commercial, ce qui rend la signature de ces accords dépendant d’un véritable respect des droits de l’homme », a écrit le rapporteur Fontana.

Le Comité semble aussi réceptif aux préoccupations soulevées par les associations européennes de l’agriculture selon qui l’accord aurait des «répercussions économiques négatives sur les régions qui se spécialisent dans la culture des légumes ». En outre, il a des doutes sur les différences sanitaire, phytosanitaire et environnementale existant entre la Communauté et le Maroc, et déplore l’absence de clauses sociales et anti-dumping nécessaires dans le texte de l’accord.

En 2007, l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a publié un rapport avertissant des irrégularités dans l’importation des tomates du Maroc vers l’Union, indiquant des fraudes par contournement des quotas de l’UE. Cet écueil potentiel n’est pas abordé par la Commission dans l’accord actuellement en révision.

La partie du Sahara Occidental où a lieu l’industrie de la tomate marocaine est située dans une partie annexée par le Maroc en 1979. L’Assemblée Générale « déplore vivement l’aggravation de la situation découlant de la persistance de l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc et de l’extension de cette occupation», a déclaré l’Assemblée générale des Nations Unies à propos de cette partie du Sahara occidental

mardi 19 juillet 2011

Rassemblement contre le coup de force israélien à l'encontre du « Dignité-Al Karama »

MOBILISATION URGENTE CONTRE LE COUP DE FORCES ISRAÉLIEN À L'ENCONTRE DU « DIGNITÉ-AL KARAMA » 

Toutes les communications avec le bateau « Dignité-Al Karama »ont été coupées ce matin à 9 heures par l'armée israélienne qui l'a encerclé dans les eux internationales. Une fois de plus, le gouvernement israélien a commis un acte de piraterie en arraisonnant un bateau sur lequel se trouvent 16 passagers de 6 nationalités différentes, non violents, représentant la Flotille internationale 2.
Leur seul tort était de se diriger vers Gaza pour apporter la solidarité internationale contre le blocus. Le déploiement de commandos militaires israéliens pour arraisonner ce petit bateau, véritable petit Poucet citoyen, montre clairement la logique militaire de la politique israélienne qui ne parle que le langage de la force ! Sans aucune nouvelle des passagers, nous sommes extrêmement inquiets sur leur devenir.
Le gouvernement français doit prendre ses responsabilités pour assurer la sécurité des passagers et leur intégrité physique. Une délégation de la Campagne française sera reçue en ce sens au Ministère des affaires étrangères cet après-midi. 

Face à ce coup de force, la Campagne française « Un bateau pour Gaza »appelle à se mobiliser dès aujourd'hui dans tout le pays, à interpeller tous les élus pour qu'ils interviennent auprès des pouvoirs publics et à protester auprès de l'Ambassade d'Israël.
A Paris, un rassemblement est prévu 
ce soir à 18 h 30 
au métro Franklin Roosevelt. 

Communiqué de la campagne "un bateau français pour Gaza"

Le bateau français "Dignité - Al Karama" a été capturé dans les eaux internationales par l’armée israélienne et amené dans le port d’Ashdod, Ses passagers ont été transférés sur un bateau militaire. Cet abordage est un acte de violence et un acte illégal.

Les commandos armés de l’armée israélienne ont abordé le bateau français à 40 miles des côtes de Gaza dans les eaux internationales, comme en mai 2010 quand l’armée israélienne avait attaqué la première flottille de la liberté. C’est un nouvel acte de piraterie, contre un « Petit poucet citoyen ».

Nous ne sommes pas pour le moment certains qu’il n’y a pas eu de violence, comme le prétend l’armée israélienne, car aucun contact avec les passagers n’est possible. La censure militaire est toujours appliquée. Dans tous les cas amener de force un bateau et ses passagers dans le port d’Ashdod sous la menace d’armes, avec des bateaux militaires, est un acte de violence qui doit être condamné, comme doit l’être le blocus de Gaza.

http://www.france-palestine.org/article17904.html

Qui donc a cru que la nouvelle constitution respecterait les droits humains ? Ilham toujours détenue

Ilham Hasnouni, plus jeune détenue politique du Maroc, a besoin de notre mobilisation.

Elle a eu le tort de dénoncer ce qui, sous d’autres cieux, aurait été un droit fondamental, celui d’un système d’enseignement gratuit et de qualité.

Ilham Hasnouni a le triste sobriquet de “plus jeune détenue politique du Maroc”, elle fut arrêtée le 12 octobre 2010 par cinq agents de police, sans mandat, ni convocation, en totale violation des droits de la défense déjà présents dans le code marocain de procédure pénale mais érigés aujourd’hui en droits constitutionnels.

C’est dans les sous-sol du commissariat de Jamaa El Fna, que cette jeune fille de 21 ans sera torturée pendant 48 heures jusqu’à l’évanouissement. Sans boire ni manger. Elle sera par la suite transférée à la prison de Boulmharez.

Neuf mois plus tard, Ilham Hasnouni n’est toujours pas jugée, l’audience étant systématiquement repoussée, et aucun témoin de la partie civile n’est autorisé à passer à la barre.

Symbole d’une jeunesse marocaine sacrifiée, dont la voix s’est élevée, réclamant un enseignement supérieur gratuit et de qualité, sa dignité fut bafouée. Malgré l’humiliation que les autorités lui infligent comme réponse à son indignation, Ilham Hasnouni, ne se résigne pas et espère comme ses parents, retrouver la liberté d’une modeste vie de famille et le simple droit à la scolarité.

Urgent : signez la pétition : http://www.petitionpublique.fr/?pi=Hasnouni

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Déclaration du collectif "Coup Pour Coup 31".
Liberté pour Ilham  et ses camarades !

lham Alhasnoni est une jeune étudiante marocaine et militante maoïste. Elle a été arrêtée mardi 12 octobre 2010 à Marrakech. Trois autres étudiants, Mourad, Khaled et Youssif, auraient été arrêtés le même jour.
Ces quatre étudiants ne sont évidemment pas inconnus de la police politique marocaine. Ce sont des militants de la Voie Démocratique Basiste, qui luttent depuis plusieurs années auprès des travailleurs et des paysans contre le régime réactionnaire marocain.
Déjà, le 9 juillet 2009, 11 militants de la Voie Démocratique Basiste (dit le « groupe Zahra Boudkour » du nom d’une des prisonnières) avaient été arrêtés et condamnés à deux ans de prison ferme et de fortes amendes. En mai 2010, ils ont été libérés après avoir subi la torture et les mauvaises conditions de détention.
Le collectif Coup Pour Coup 31 apporte son total soutien à ces militants. Face à la répression, la meilleure des solidarités avec les prisonniers révolutionnaires est de se mobiliser ici contre l’impérialisme, particulièrement l’impérialisme français.

Construisons l’unité et les solidarités pour la Révolution ! 
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Le père de Ilham Hassouni: « Ma fille a perdu beaucoup de poids. J’ai du mal à la reconnaître. Ses conditions de détentions sont particulièrement pénibles"

« On refuse de lui procurer des livre, des journaux, même de quoi écrire » c’est le père de Ilham Hassouni, considérée comme la plus jeune détenue politique du Maroc, qui s’exprime ainsi. Le tribunal de première instance de Marrakech vient de reporter jusqu’à Lundi prochain son procès. La jeune étudiante a passé ces 10 derniers mois dans la prison de Boulmharez à Marrakech. C’est la troisième fois qu’elle est présentée devant le tribunal.


Elle est poursuivie pour une vingtaine de chefs d’inculpation dont: Destructions des biens de l'état, participation à un rassemblement non autorisé, humiliation d'un fonctionnaire pendant l’exercice de ses fonctions, l'utilisation de la force et participation à un groupement armé.

L’avocat de la militante de l’UNEM est confiant, il est sûr de l’innocence de sa cliente qui a nié toutes les accusations qui lui ont été adressées, l’avocat affirme qu’« à part la parole du policier qui représente la partie civile, il n’y a aucune preuve contre elle ».

Ilham a été arrêtée début octobre 2010 pour des faits remontants aux manifestations qu’a connu la cité universitaire en 2008. Contrairement à ses camarades du « groupe Zahra Boudkour », Ilham Hassouni n’avait pas été arrêtée immédiatement après les incidents. Les manifestations avaient commencé suite à l’intoxication alimentaire de nombre d’étudiants au restaurant de la cité universitaire. L’administration de l’université avait refusé de prendre en charge les victimes de l’intoxication et d’entamer un dialogue avec les protestataires. Les étudiants seront alors arrêtés et accusés d’« humiliation d’un fonctionnaire lors de l’exercice de ces fonctions ». Toutes les ONG des droits de l’homme qui sont montées au créneau ont considéré ce procès comme étant politique.

En plus des conditions de détention particulièrement dures, la famille de la détenue se plaint du manque de soutien des associations des droits de l’homme et des médias. Les parents appellent à la libération de leur fille qu’ils considèrent innocente et persécutée pour ses opinions politiques.

Sur les réseaux sociaux la campagne de solidarité avec Ilham commence a chauffer, il y a déjà une pétition sur le net et un site internet qui fait office d'agrégateur de tout ce qui s’écrit sur Ilham.

Qui donc a dit que le peuple marocain est à 98,5% derrière son roi ? Voyez la vidéo....


Voyez la marche de Casablanca (17 juillet) et on nous parle de "l'unanimité" du peuple marocain autour de la devise: "Dieu, patrie, roi", et autour du contenu de la « nouvelle “ constitution” !
Le peuple est en marche contre la tyrannie, contre tout ce qui symbolise la tyrannie, pour la fin du makhzen!! 
Voyez la grande marche de Casa Sidi Othmane .. 
Incroyable !!!!!!!
https://www.facebook.com/profile.php?id=1661493418#!/video/video.php?v=218787494832793&comments

Maroc : Un beau monde parti en guerre sainte ...

Par Ali Fkir, 19/7/2011
Tout est bon pour s'attaquer au mouvement du 20 février, mouvement populaire pour le changement.
Zyani (ex ministre des DH, ex avocat de l'Etat au temps de Hasan II, ami de Driss Basri, président d'un "parti parlementaire", ) s'assoit en costume! au milieu des imams makhzeniens, des soufis qui engagent la "guerre sainte" contre les "mécréant-es du" MVT20FEVRIER, Ben Abdellah, Benkirane, Lachguer, Khalifa et autres politicards, agissant sur ordre , les pseudo intellectuels paniqués par le soulèvement des déshérités, les mass médias (financées par des lobbys capitalistes et autres milieux mafieux) paniqués par l'engagement de plus en plus des travailleurs, les ex militants qui ont préféré l'allégeance au combat légitime du peuple, qui préfèrent la démission (par "pureté idéologique") à l'engagement dans un mouvement de lutte tout en sachant que les rapports de force s'établissent, changent dans le feu de la lutte  et que c'est par l'engagement effectif avec les masses en lutte qu'on peut faire prévaloir une orientation politique déterminée...Tout ce beau monde n'a comme cible immédiate que le MVT20FEVRIER.
(http://www.youtube.com/watch?v=d8vjGCHvI3o)

commémoration de la journée Internationale des Nations Unies pour le soutien des Victimes de la Torture.

ASSOCIATION MÉDICALE DE RÉHABILITATION
DES VICTIMES DE LA TORTURE
20 Rue d’Alger– Casablanca

L’AMRVT a organisé, au siège de l’association à  Casablanca le 25 Juin 2011, une rencontre pour la commémoration de la journée Internationale des Nations Unies pour le soutien aux Victimes de la Torture. Cette activité a connu la participation des victimes des violations graves des droits de l’Homme, des familles de disparus, des ONG des droits de l’Homme ,  du comité de coordination des familles de disparus et des victimes de la disparition, de l’association des anciens disparus de Tazmamart, de l’association du soulèvement du 20 Juin 1981, du groupe d’Ahermoumou et des rescapés du Bagne de Tagounite et de Dar Mokri.
Une intervention de la part du Président de l’AMRVT ,suivie de l’exposé du DR Benhoussa el Mostafa psychiatre membre de l’association et responsable de l’unité de Psychiatrie sur le Thème de la Torture et ses repercussions psychologiques
Projection d’un documentaire vidéo de l’AMRVT, relatif à la caravane médicale organisée par l’AMRVT à Imilchil du 10 au 12 juin 2011 au profit des victimes des violations graves des droits de l’Homme.
Un documentaire vidéo très poignant a été projeté sur le témoignage des femmes victimes des années de plomb. Par la suite des témoignages de présents dont ceux du militant Zaazaa Abdallah et de Mme Azghar Zohra, ancienne disparue du Bagne du Corbes à Casablanca et camarade du martyr Dahkoun Omar

La soirée a été clôturée par une réception en l’honneur des présents pour la solidarité et l’amitié
Tel / Fax : 05 22 22 61 27 / 05 22 48 27 33
E.mail : assoamrvt@yahoo.fr

lundi 18 juillet 2011

Maroc : 17 juillet: la résistance s'intensifie

En descendant dans les rues, le dimanche 17 juillet 2011, le peuple marocain a démontré sa détermination à aller de l'avant sur la voie du changement radical. 
Par Ali Fkir, 18/7/2011
Ni forces de répression, ni baltajes (forces auxiliaires "travaillant" sur commande et contre paiement) , ni imams, ni soufis, ni partis parlementaires, ni la démagogie publicitaire des masses médias inféodées au makhzen, ni les dénigrements de droite et de "gauche" des bras cassés, ni les derniers parvenus dans le giron du palais...ne peuvent aller contre la volonté du peuple de balayer la racaille qui est à l'origine de tous les malheurs des masses populaires: marginalisation, exploitation, cherté de la vie, détérioration des services publics, corruption, répression...
Les forces vives (du moins du côté ANNAHJ ADDIMOCRATI) ont proclamé: ÉTÉ SANS VACANCES pour les militant-es, il ne faut en aucun cas desserrer l'étau autour du cou du makhzen
Ni "urnes makhzeniennes", ni putschisme, ni terrorisme, ni élitisme, la lutte déterminée des masses conscientes et organisées est la voie de la victoire
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Exemples de marches populaire du 17 juillet :
Casablanca la grande
http://www.facebook.com/video/video.php?v=1676244366234&comments

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Tanger
http://www.lakome.com/%D8%B3%D9%8A%D8%A7%D8%B3%D8%A9/78-%D8%B3%D9%8A%D8%A7%D8%B3%D8%A9/6632-%D8%B7%D9%86%D8%AC%D8%A9-%D8%AA%D8%AD%D8%AA%D8%AC-%D8%A8%D9%82%D9%88%D8%A9-%D9%81%D9%8A-%D9%85%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D8%A9-17-%D9%8A%D9%88%D9%84%D9%8A%D9%88%D8%B2-(-%D9%81%D9%8A%D8%AF%D9%8A%D9%88-).html

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Rabat 
http://www.youtube.com/watch?v=a-PTxR6IrTw&feature=player_embedded

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Safi 
http://www.youtube.com/watch?v=66lq5JIUEfM&feature=share

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Il suffit de visionner pour rigoler:  Zayane, ancien ministre des DH, ancien avocat de l'Etat (au temps de Hassan II et Driss Basri), président d'un "parti parlmentatire"...toujours ivre, s'en est pris dernièrement au défunt Serfaty, à ANNNAHJ ADDIMOCRATI, au mouvement du 20 février..Ce bouffon/tartufe a réuni des imams makhzeniens pour implorer Dieu de venir en aide au Makhzen qui se trouve en mauvaise situation.
Rien ne peut arrêter le mouvement pour le changement.
La cause MVT20FEVRIER est juste, son combat est légitime, sa naissance est une nécessité historique.
http://www.youtube.com/watch?v=d8vjGCHvI3o

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http://www.lakome.com/%D8%B3%D9%8A%D8%A7%D8%B3%D8%A9/78-%D8%B3%D9%8A%D8%A7%D8%B3%D8%A9/6632-%D8%B7%D9%86%D8%AC%D8%A9-%D8%AA%D8%AD%D8%AA%D8%AC-%D8%A8%D9%82%D9%88%D8%A9-%D9%81%D9%8A-%D9%85%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D8%A9-17-%D9%8A%D9%88%D9%84%D9%8A%D9%88%D8%B2-(-%D9%81%D9%8A%D8%AF%D9%8A%D9%88-).html

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Les coups bas du makhzen: des imams induits en erreur expliquent...
http://www.youtube.com/watch?v=nykAMdS4nwk&feature=player_embedded

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El Jedida
http://www.facebook.com/video/video.php?v=142566295824332&oid=147166958675744&comments

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Mohammedia
http://www.facebook.com/profile.php?id=100002023064213

http://fr.mg40.mail.yahoo.com/neo/launch?.rand=4iaai376f4b1s

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Fès
http://www.facebook.com/video/video.php?v=138673799548444&oid=170429829674981&comments

Langue amazigh, fin de l'apartheid linguistique ?

Meryam Demnati : «Il est temps de mettre fin à l’apartheid linguistique en Afrique du Nord»


Par Hacen Ouali, le 17.7.11

Fervente militante de la cause amazighe au Maroc, Meryam Demnati, Chercheuse à l’Institut royal de la culture amazighe (IRCAM), célèbre l’officialisation de la langue amazighe au Maroc. Cependant, elle appelle à la vigilance. Des résistances à son intégration réelle dans la vie publique sont nombreuses. Mme Demnati, également membre de l’Observatoire amazigh des droits et libertés (OADL), place la revendication amazighe dans son espace naturel qui est l’Afrique du Nord. «Il est temps de mettre fin à l’apartheid linguistique. C’est une revendication incontournable dans la perspective de la construction d’une Afrique du Nord démocratique réconciliée avec elle-même.»

Entretien réalisé par notre envoyé spécial à Rabat

- Quelle est votre appréciation suite à l’officialisation de la langue amazighe consacrée par la nouvelle Constitution ?
Assurément, l’officialisation de la langue amazighe, aujourd’hui, est un acquis très important pour le mouvement amazigh, résultat de 50 ans de lutte sans relâche. Ces derniers mois, le mouvement a pris sans hésitation l’initiative pour appuyer le courant de révolte revendiquant le changement, se plaçant à l’avant-garde avec les forces vives du pays, considérant la cause amazighe comme partie intégrante du projet démocratique. A l’origine, la première version de la Constitution contenait une seule phrase : «Les deux langues officielles du Maroc sont l’arabe et l’amazigh». Un forcing pour introduire des astuces juridiques à tous les niveaux a été fait à la dernière minute par deux leaders de partis conservateurs, islamiste et arabiste, ce qui fera de ce texte un texte sans aucune logique et plein de contradictions. Deux paragraphes distincts furent alors consacrés à chacune des langues avec l’utilisation de formulations qui laissent la porte ouverte à plusieurs interprétations et nous fait comprendre encore une fois que «l’arabe demeure la langue officielle» et que l’amazigh doit d’abord faire ses preuves. «Une loi organique définit le processus de mise en œuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique, et ce, afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle». article 5. Pour combler cette fanfaronnade sur ladite identité plurielle, on nous annonce que nous faisons partie intégrante de la fameuse Oumma arabo-islamique, et que notre africanité est reléguée à un simple affluent.
L’étape que nous abordons aujourd’hui exige une lucidité et une vigilance permanentes, ainsi qu’une vision stratégique de notre avenir qui ne doit pas souffrir de la moindre erreur. Nous sommes conscients qu’aucune langue, aussi prestigieuse soit-elle, ne peut tenir en vie si elle est bannie de l’école, des médias et des différents domaines publics et privés. Et nous sommes conscients aussi que les partis arabo-islamistes racistes feront tout ce qui est en leur pouvoir pour freiner cette intégration et nous ériger des obstacles. Les épreuves du passé et du présent nous ont appris à nous méfier. Une vigilance permanente face à un avenir incertain et fragile s’impose sans relâche.

- Cette revendication a-t-elle rencontré des résistances au sein de la commission qui a rédigé le texte constitutionnel ?
Cette revendication a rencontré des résistances au sein et à l’extérieur de la commission. Deux partis conservateurs connus pour leur hostilité à l’amazigh, se sont opposés tout le long du processus à l’officialisation de l’amazigh. Le parti de l’Istiqlal, parti arabiste, dominé par le clan arabo-andalou, qui, avec la complicité du Makhzen avaient programmé la mort de notre langue et notre culture à l’aube de l’indépendance et qui s’est emparé des rênes du pouvoir en s’octroyant d’immenses avantages moraux et matériels. Un autre parti, islamiste celui-là, le PJD, s’opposera aussi à l’officialisation de l’amazigh, prêchant la sacralité et la supériorité de la langue arabe et de sa graphie. Leur leader, fervent serviteur du Makhzen, en tenant ces derniers temps des propos insultants et méprisants à l’encontre de notre langue et notre graphie tifinagh, s’est attiré les foudres du mouvement amazigh qui a démarré une campagne contre lui sur tout le territoire. D’autres poches de résistance arabistes ont étalé aussi leur amazighophobie. Un petit parti dit de gauche, le PADS (Parti d’avant-garde démocratique et socialiste) et des groupements tels que l’«Association de la défense de la langue arabe» ou un groupe de soi-disant «intellectuels marocains» ont aussi essayé de faire barrage à cette officialisation en utilisant le spectre de la division déjà bien jauni par le temps. Le fameux rêve arabiste d’enterrer vivante la langue amazighe ayant échoué, malgré une arabisation et une islamisation à outrance, les ennemis de l’amazigh ne se découragent pas. Ils reviennent à l’offensive par des discours plus ou moins voilés, proférés par des officiels à l’endroit de l’amazighité. Durant tout le processus d’élaboration de la Constitution, le mouvement amazigh, de son côté, est resté uni contre ces ennemis de l’amazighité, en dénonçant leur racisme et leur conception réactionnaire de la société. La mobilisation fut très grande, le mouvement amazigh ayant conscience que tout résulte dans le rapport de force.

- Le mouvement amazigh a boycotté le référendum sur la Constitution qui a pourtant consacré l’amazigh, langue officielle, pourquoi selon vous ?
Ce qui semble faire l’unanimité dans le mouvement amazigh, ce n’est pas le boycott, c’est le mécontentement et la colère engendrés par l’article 5 et la partie sur l’identité marocaine qui prête à confusion et par les méthodes anti-démocratiques du processus. Tout le monde a conscience que la configuration consacrée à l’amazigh a été remaniée (astuces juridiques) à la dernière minute, et ce, pour pouvoir piéger encore une fois l’amazigh. En réalité, une partie du mouvement a appelé au boycott. Une autre partie a critiqué mais s’est abstenu. Et quelques associations ont appelé à voter oui, se disant satisfaites de cette avancée. Le mouvement amazigh est composé aujourd’hui d’environ un millier d’associations, de plusieurs confédérations d’associations ou d’intellectuels engagés, dispatchés sur tout le territoire marocain. Bien que toutes les composantes luttent pour le même objectif, elles n’ont pas toujours les mêmes appréciations, stratégies et vision des choses. Plusieurs tendances y sont représentées, et c’est le propre même d’un mouvement identitaire. Mais des actions communes sont régulièrement menées soit dans le cadre des régions (confédérations) soit dans un cadre national ou international. Le mouvement a bien compris que son engagement en faveur d’une réhabilitation de l’amazighité s’inscrit dans la durée, et en dehors des arènes politiciennes telles qu’elles ont été délimitées au cours du dernier demi-siècle. Le propre aussi d’un mouvement identitaire s’est que tant que la discrimination à l’encontre de sa langue et sa culture persistera, il sera appelé à se radicaliser de plus en plus. La prochaine bataille à mener qui est d’une autre nature, aura lieu autour de la loi organique et de l’institution prenant en charge l’amazighité, contre les partis arabo-islamistes amazighophobes qui tenteront encore de renvoyer l’examen aux calendes grecques.

- Pensez-vous que cette élévation au rang de langue officielle permettra son introduction facile dans les différents secteurs de la vie politique, économique et culturelle du pays ?
L’amazigh, en son berceau-même, n’avait pas de statut de langage, les décideurs nous avaient alors toujours signifié avec mépris et arrogance que la seule langue ayant droit à l’existence dans ce pays est l’arabe, et c’est la Constitution qui en a ainsi décidé ! Aujourd’hui, la langue amazighe est déclarée officielle dans la Constitution. C’est la conséquence de la volonté du peuple à reprendre le contrôle de son destin, résultat d’une lutte continue et sans relâche du mouvement amazigh. Cette reconnaissance par sa double valeur, politique et juridique, retentit comme une rupture qualitative avec le jacobinisme instauré dès l’indépendance et sécurise cette langue en lui permettant de bénéficier des moyens juridiques, matériels, financiers et moraux de l’Etat qui sont des obligations de l’Etat envers l’amazigh. Le statut de langue officielle, contrairement au statut symbolique de langue nationale tel que stipulé dans la Constitution algérienne, est censé la protéger contre toute tentative de minoration politique, juridique et sociale puisqu’elle devrait être, avec l’arabe, la langue par laquelle se réalise l’ensemble des activités publiques dans des cadres de type administratif, politique, culturel, social et éducatif clairement délimités. Obligatoire dans l’enseignement et ayant une place honorable dans les médias, la langue amazighe officielle, c’est aussi la possibilité pour chaque citoyen de s’adresser aux institutions nationales et politiques dans la langue amazighe, d’avoir le droit de l’employer dans toutes relations avec les pouvoirs publics, à tout moment de la vie et dans tous les domaines. C’est aussi l’obligation faite aux pouvoirs publics de l’employer à tout moment. Et c’est seulement à ce prix-là que pourra être assurée une coexistence pacifique dans l’avenir.

- Peut-on avoir une cartographie du fait amazigh dans le royaume (la concentration géographique des Amazighs, leur nombre, etc.) ?
Actuellement, les amazighophones au Maroc représenteraient entre 50 à 60% de la population, répartis surtout entre les grandes villes comme Casablanca, Rabat, Fès, Meknès, Marrakech et Agadir, le Rif, l’oriental, les Montagnes de l’Atlas (Haut, moyen et petit), le Souss et une partie du Sahara. Quoi qu’il en soit, le Maroc demeure le pays d’Afrique du Nord où l’amazigh est le plus répandu. Le pourcentage par région est déterminé principalement par les facteurs géographiques. Les Imazighens qui maîtrisent aussi bien l’amazigh que l’arabe sont ceux qui habitent dans ou à proximité des villes. Exclure l’amazigh de tous les domaines et répandre partout la langue de l’Etat par l’intermédiaire des écoles publiques et des médias peut donner des résultats incroyablement rapides et efficaces d’une génération à l’autre.
De la bilingue vulnérable, on finit par forger une génération monolingue arabisée qui ignorera totalement la langue de ses ancêtres et utilisera la langue de l’Etat pour tous les besoins usuels de la vie quotidienne. Simultanément à ce procédé de linguicide programmé, le linguicide psychologique consistera essentiellement à convaincre par tous les moyens les locuteurs de la langue locale que leur parler n’est pas digne du nom de langue, mais qu’une myriade de patois archaïques pour les amener à y renoncer et les encourager à n’utiliser que la seule langue digne de ce nom, la langue de l’Etat.
Si les langues contemporaines à la langue amazighe dans les civilisations du bassin méditerranéen ont quasiment disparu, la langue amazighe, quant à elle, est demeurée vivante, témoignant ainsi d’une civilisation ancrée et d’un peuple attaché profondément à ses racines. Sa mort programmée, c’était compter sans la vitalité et la force de la langue amazighe millénaire sur cette terre.

- L’Algérie reste à la traîne sur cette question ; doit-elle suivre l’exemple marocain en officialisant la langue amazighe ?
A l’instar du Maroc, il a été décidé en Algérie, dès l’indépendance, que la langue arabe sera la seule langue officielle. En 2002, le statut de langue nationale a été octroyé à l’amazigh pour contenir une situation tendue au prix de hautes luttes et de lourds sacrifices. Mais ce fut une simple reconnaissance symbolique. La preuve en est que l’enseignement de cette langue a soit stagné, soit reculé depuis, la langue arabe partageant toujours avec la langue française tous les domaines. La reconnaissance officielle de l’amazighité en tant que langue, culture et identité en Afrique du Nord est une condition inéluctable pour la stabilité, le développement socioéconomique durable, et une crédibilité internationale.
En Libye, le CNT l’a déjà inscrite comme droit légitime pour la construction d’une société démocratique ; en Tunisie et en Egypte, des associations amazighes s’attellent aussi à la même tâche avec beaucoup d’enthousiasme après des décennies d’humiliation et de répression.
Il est temps de mettre fin à l’apartheid linguistique, à la domination d’une langue sur une autre et à la violation de la dignité de nos populations. La langue amazighe dans son berceau, l’Afrique du Nord doit jouir d’un statut officiel qui lui revient de droit et c’est une revendication incontournable. Dans la perspective de la construction d’une Afrique du Nord démocratique réconciliée avec elle-même, l’officialisation de la langue amazighe est inévitable dans tous les pays de la région.
http://www.elwatan.com/dossier/meryam-demnati-il-est-temps-de-mettre-fin-a-l-apartheid-linguistique-en-afrique-du-nord-17-07-2011-132965_151.php