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vendredi 30 septembre 2011

Soutien au Mouvement du 20 février pour une vraie démocratie au Maroc !


Par  Survie 31, 29/9/2011

Non à la mascarade du référendum au Maroc!

Soutien au Mouvement du 20 février pour une vraie démocratie !

Le discours du 9 mars pour calmer la rue. 
Le roi promet une modification de la constitution dans un sens plus démocratique avec séparation des pouvoirs, le respect des Droits de l'Homme, la réforme de la justice, etc. Pour faire ce toilettage historique, des hommes de son bord constituent le CNDH. Les partis, syndicats et associations qui acceptent de « participer » à ces travaux remettent leurs propositions écrites, mais l’aménagement se fait à huis clos. Pendant que de plus en plus de citoyens marocains rejoignent les marches du mouvement du 20 février La répression policière atteint une violence inouïe. On comptera 7 morts, de nombreux blessés et incarcérés, certains pour dix ans.

Le 17 juin le roi lit les 180 articles - modification illégale de dernière minute
On constate que la commission choisie et téléguidée par le roi s’est bien moquée des aspirations du mouvement du 20 février ! Pas question de libérer les prisonniers politiques, de lutter contre la corruption, contre l’impunité, d’envisager de réduire les écarts de « fortunes » scandaleux entre immensément riches et dramatiquement pauvres, et j’en passe … Comme l’ancienne, la « nouvelle » constitution octroie au roi qui n’a toujours de comptes à rendre à personne tous les pouvoirs qui se trouvent même renforcés. A l’issue de cette lecture le roi appelle à voter oui, sortant de son rôle d’arbitre. Le non et le boycott semblent tout simplement inconcevables. Le 30 juin, un tout dernier changement ôte au chef du gouvernement le droit de regard sur la nomination du président de la cour constitutionnelle. Ce changement n’est pas pris en compte sur le texte voté le lendemain… Ainsi, la nouvelle constitution n’est pas celle qui a été proposée à référendum !

10 jours de simulacre de campagne référendaire hâtive et expéditive
Contrairement à la coutume de prendre son temps pour que les partisans du oui et du non puissent s’exprimer et s’expliquer, le régime choisit d’abréger autant que possible la durée de cette campagne pour ne pas fournir d’alibis aux opposants, menant droit au but recherché, à savoir l’adoption du texte de référendum par tous les moyens légaux ou non.

Répression sous-traitée aux baltagias
Les méthodes policières violentes des forces de l’ «ordre» commençant à être critiquées (un peu…) sur le plan international (EU et UE), le régime fait appel à «une armée de réserve»: marginaux, analphabètes, pauvres des quartiers périphériques des villes et de la population du milieu rural souvent drogués, parfois alcooliques. En contrepartie de quelques sous, ces baltagias qu’encadre le ministère de l’intérieur, deviennent les défenseurs du régime, bandes mobilisées pour jouer la comédie de la liesse populaire, pour casser les manifestations pacifiques du mouvement du 20 février, et attaquer les militants, s’il le faut à l’arme blanche.

Ils organisent des manifestations anti-20 février dans lesquelles les insultes, les provocations et les agressions, vols de portables et d’argent se produisent sous l’œil attentif des forces de l’ordre et sous leur protection.

L’argent des contribuables coule à flot pour financer les partis du makhzen et assurer la logistique en matière de moyens de transport, d’habillement, de nourriture. …

Les moyens audio-visuels sont principalement à la disposition des partisans du oui qui ont totalisé 89,6 % du temps réservé à la campagne. Peu de temps pour les partisans du non (1,8 %) , antennes interdites pour ceux qui prônent le boycott. Le mouvement du 20 février ainsi que la Jamaa Justice et Spiritualité et le parti Al Oumma n’ont pas eu droit à la parole. Le makhzen et ses baltajias ont commencé à faire campagne pour le « oui » le jour même du vote par le biais des agents de l’autorité qui frappaient aux portes des gens pour les inciter à aller voter, de banderoles dans les bureaux, etc…

La religion mise à contribution
Le ministère des affaires islamiques, a appelé tous ses renforts à la rescousse, y compris les zaouias ou confréries Les imams sont obligés de lire un appel à voter oui dans les mosquées.

1er juillet : jour du vote
La possibilité de contrôle du déroulement du scrutin n’existe pas , les listes électorales du temps de Basri sont falsifiées puisqu’on y trouve encore des morts (entre autres cas illégaux) qui peuvent voter. Cette situation a donné lieu à la falsification sous toutes ces formes dont voici quelques unes :

- on ne signe pas après le vote
- on vote sans présenter ni la carte d’électeur, ni la carte d’identité nationale
- le père vote à la place des membres de sa famille
- un enfant vote à la place de sa mère vieille ou malade
- on ouvre les urnes pour falsifier les résultats
- on laisse les bureaux de vote ouverts après l’heure de clôture du vote
- les procès verbaux sont signés à blanc
- les cartes d’électeurs non retirées restent aux mains des autorités
- on transporte des hommes et des femmes pour voter par «oui »
- dans certains bureaux, on ne sert que les bulletins du «oui »

Les résultats du référendum

Officiellement, le référendum s’est passé dans de bonnes conditions. Ces résultats sont les suivants :
-le nombre des inscrits sur les listes électorales s’élève à 13 451 404 personnes
-le nombre de personnes ayant voté: 9 881 922 personnes. Donc, le taux de participation est de 73,46 %.
Lorsqu’on enlève les bulletins nuls et qu’on calcule ce que représente le « oui » par rapport à la somme des votants par « oui » et par « non », on trouve 98,5 %. Pour le « non », le résultat est de 1,5 %.
En fait les irrégularités sont nombreuses: tout est truqué pour dépasser, coûte que coûte, et largement, les 95% de oui. Par exemple pas un mot sur le nombre de personnes ayant boycotté le référendum qui s’élève à 3 569 482 électeurs.

Selon l’Unicef, le nombre de personnes âgées de 18 ans, en droit de voter, et plus s’élève à 20 966 000 personnes en 2009. En partant de ces données, on découvre les résultats suivants :
- le taux d’inscription sur les listes électorales : 64,16 %
- le nombre des non inscrits : 7 544 596 personnes
- le taux de non inscription :35,84 %
- le taux de participation: 47,13 %
- le nombre de personnes non inscrites + ayant boycotté + ayant voté par « non » + bulletins nuls = 11 342 508 personnes. Ce qui représente 54,11 % des personnes en âge de voter.
- le nombre de votes par « oui » : 9653492 voix
- ceux qui ont voté par « oui » ne représentent que 43,89 % de l’ensemble des personnes en âge de voter au Maroc.
( pour plus de détails pour ces calculs réalisés à partir des données du ministère de l’intérieur :

CONCLUSION
Le régime a «fabriqué» une constitution taillée à sa mesure aux antipodes de la démocratie universelle.
Le mouvement du 20 février tient encore le coup. Il continue, en prenant de plus en plus de risques, à organiser les marches non-violentes, à travers tout le pays. L’ampleur des manifestations organisées pour contester les résultats officiels, le dimanche 3 juillet 2011 soit deux jours après le référendum, atteste de sa volonté inébranlable de continuer la lutte pour la liberté, la dignité, la justice sociale.

Ce mouvement doit être soutenu par tous les militants des droits de l’homme à travers le monde et la mascarade du référendum constitutionnel fermement dénoncée!

deux jours après le référendum

dimanche 31 juillet 2011

Référendum : "...la risée des chancelleries..."

Si et si et si !
Par  Khalid Jamai, 29/7/2011

Khalid Jamaï
Il est des décisions politiques devant lesquelles on reste dubitatif, plus encore, pantois. Il en est ainsi de l’engagement public du roi Mohamed VI de voter en faveur du projet de la constitution.
En prenant un tel engagement, il s’est départi de son rôle d’arbitre « au-dessus de la mêlée », et a agi en chef de parti. Et surtout a transformé un référendum sur une simple réforme constitutionnelle en référendum sur sa personne et sur la monarchie. De même qu’il a empiété sur la liberté de choix des électeurs et électrices en les acculant à à voter soit pour lui, soit contre lui, d’autant plus que le makhzen s’était saisi de ce oui royal pour stigmatiser ceux et celles qui voulaient, soit se prononcer contre le projet constitutionnel, soit boycotter le référendum. Ces « récalcitrants » furent cloués au pilori, vilipendés, taxés de traîtres au service de l’étranger, de cinquième colonne du Polisario, de mécréants « bouffeurs » de ramadan voués à la géhenne , de déviants sexuels et enfin, suprême anathème, de « msakhet al malik » (les maudis par le roi). Le but recherché de ce lynchage, ramassis de dénigrements, de mensonges, de diffamations, de calomnies et d’insultes, est de livrer ces « sujets régimbant » à la vindicte populaire.
En assimilant le vote sur la constitution à un vote sur le roi, les « grands stratèges » de cette assimilation se sont mis la corde au cou et se sont condamnés à faire en sorte que le projet constitutionnel soit adopté à plus de 90%. A défaut, c’est le régime monarchique qui, disent-ils, sera remis en question.
Rappelons dans ce sens la « mésaventure » de l’hebdomadaire « Telquel » qui avait initié, en collaboration avec le journal «Le Monde », un sondage sur les réalisations des dix années de règne de Mohamed VI. Les deux publications furent censurées pour avoir eu l’outrecuidance de demander aux marocains ce qu’ils pensaient de l’œuvre réalisée par leur monarque lors de cette période.
Explication de M.Khalid Naciri, ministre de la Communication: « Le fait même d'effectuer un sondage dans lequel le pivot central est de demander aux citoyens ce qu'ils pensent de l'œuvre de leur roi est déjà en soit une atteinte au principe et au fondement du système monarchique ».
Signalons, au passage, que… 91% des sondés avaient jugé ce bilan positif ou très positif !!!!
Il semble donc que ce chiffre de 91% constitue un désaveu de la monarchie !!!
Mais en soutenant que voter en faveur de la constitution c’est voter pour le roi n’a-t-on pas fait, justement, du souverain « le pivot central » de cette consultation ?
N’a-t-on pas, aussi, porté « atteinte au principe et au fondement du système monarchique » ?
N’a-t-on pas transformé une consultation référendaire en plébiscite sur le roi et la monarchie ?
Ce faisant, on se condamnait à faire en sorte que la constitution soit avalisée par la quasi-totalité des électeurs.

D’où ce « score » de 98, 50 %, car une moindre « adhésion » aurait porté atteinte à l’aura monarchique selon la logique makhzanéenne.
Or, cette « performance » ne pouvait devenir que la risée des chancelleries de par le monde et assimiler la monarchie marocaine à une monarchie bananière.
Maintenant que serait –il advenu si le roi Mohamed VI ne s’était pas engagé publiquement en faveur du projet constitutionnel,
- s’il avait laissé les « non » et ceux qui ont boycotté s’exprimer librement à l’instar des « oui »,
- s’il avait interdit que l’on fasse appel, rubis sur ongle, à des « Chmakrias », aux « bou chakor », et autres repris de justice et dévoyés qui se présentaient, hélas, comme les remparts de la monarchie,
- s’il avait refusé que le makhzen ne recoure à des méthodes et subterfuges, jadis affectionnés par Basri, passé maître dans l’art de trafiquer toute consultation populaire,
- si on avait tiré la leçon de l’abstention très élevée des électeurs lors des élections législatives de 2007, et ce malgré l’appel pressant du souverain en faveur d’une participation massive.
Tout simplement, le projet de la constitution aurait été avalisé.
Et au cas où il ne l’aurait pas été, le roi aurait pu demander à la Commission Consultative pour la Révision de la Constitution de revoir sa copie……
Au temps d’Hassan II, Noubir Amaoui déclara que le Maroc avait besoin d’une monarchie où le roi règne mais ne gouverne pas.
Courtisans et autre affidés du pouvoir demandèrent au souverain défunt de traduire en justice « l’impertinent » leader syndical. Hassan II opposa un refus catégorique à cette suggestion en affirmant que s’il faisait juger le secrétaire général de la CDT, il allait introduire la monarchie dans le prétoire et la mettrait dans le box des accusés !
Moralité: qui met sa tête dans du son se fait picorer!

jeudi 28 juillet 2011

.Maroc: « Un grand pas vers le passé"

Mehdi Lahlou
Par M.L., Politis, 14/7/2011

Chargé des relations internationales au Parti socialiste unifié marocain*, Mehdi Lahlou dénonce ici un référendum constitutionnel truqué, qui atteste d'une cour politique sourde aux aspirations populaires.

Au vu des conditions dans lesquelles le processus référendaire pour la « révision constitutionnelle » s'est déroulé au Maroc, depuis l'annonce de « réformes profondes » faite par le roi le 9 mars 2011 jusqu'à la publication des résultats du vote du 1" juillet, chacun fait le constat que le royaume chérifien, comme on dit encore en France, a fait de grands pas vers.., le passé.
Le score de 98,5 % annoncé pour le « oui », normal dans l'ex-Union Soviétique ou dans la Tunisie de Ben Ali, ou encore dans l'Égypte de Moubarak, fait tache aujourd'hui que les régimes staliniens ont périclité en Europe de l'Est et que la plupart des autocraties se sont écroulées. Les stratèges du « oui » à Rabat n'ont pas compris que le monde, et la société marocaine avec lui, a changé. Tout en usant des mots «modernité » et « démocratie », ils n'ont pas saisi que les scores fleuves sont passés de mode et donnent des arguments de réfutation à tous ceux qui estiment que tout ce cirque n'est plus qu'un attroupement de clowns bien tristes, vieillis et décolorés. [...] Un score de 55 % ou encore de 85 % de « oui » pour une réforme constitutionnelle proposée par le roi aurait été plus facilement [...] opposable aux adversaires, à supposer qu'on puisse qualifier ainsi les jeunes Marocains descendus nombreux dans les rues, depuis le 20 février 2011, parce que le « printemps arabe » ne pouvait pas ne pas concerner le Maroc. [...]
La réforme constitutionnelle a été enclenchée dans la précipitation. Le discours royal de début mars 2011 avait entrouvert un espoir ténu de réponse positive aux revendications du « Mouvement des jeunes du 20 Février» pour « une réforme constitutionnelle donnant plus de pouvoirs au gouvernement et au Parlement, l'indépendance de la justice, la fin de la corruption et de l'économie de rente, moins de religion dans la sphère politique et une répartition moins inégalitaire des richesses nationales... ». Mais le texte distribué à la suite du discours du 17 juin a fait machine 
arrière.
Le roi garde ainsi l'essentiel des pouvoirs qui lui étaient reconnus par l'ancienne constitution. Il se voit renforcé dans ses prérogatives par la présidence du Conseil de sécurité intérieure, celle du Conseil supérieur de l'autorité judiciaire, celle du Conseil des oulémas, élevé par la même occasion au rang d'instance constitutionnelle. Comme préalable à cette intrusion, exact contre-pied de « l'État civil» réclamé par la gauche démocratique marocaine, l'islam devient la religion d'État, une concession magistrale au Parti de la justice et du développement (PJD), islamiste et l'un des plus réactionnaires du pays.
Quant aux conditions de la campagne référendaire, organisée de telle sorte que seuls les tenants du « oui » (de l'USFP au PPS en passant par l'Istiqlal, le PJD et autre PAM) fassent entendre leurs voix, elles ont surtout été marquées par [...] l'implication officielle des mosquées en faveur du projet de constitution et par le recours aux zaouias [confréries religieuses], dont celle des Boutchichis, pour créer une espèce de fitna [sédition] en opposant les islamistes adoubés à ceux d'El Adl Wa Al lhsane, ainsi que dans le recrutement de voyous pour « casser » les manifestations à l'image de ce qui s'est passé sur la place Tahrir, au Caire, le 11 février 2011.

Et maintenant, que faut-il faire ?
Avec une nouvelle constitution qui lui donne tous les pouvoirs, [...] il revient au roi de créer des emplois, de redresser le système scolaire et éducatif du pays, d'éradiquer la corruption et réduire l'économie de rente, dont les principaux bénéficiaires sont très proches de la cour, en plus de quelques responsables politiques en vue, un peu partout sur l’échiquier des partis au gouvernement, USFP comprise.
Et si demain la crise s'aggravait, si une série d'années de sécheresse advenait[..], si demain le gouvernement mis en place ne parvenait pas à financerr des dépenses inconsidérées engagées depuis le début de l'année 2011 pour acheter paix sociale et politique, si demain...
Que fera-t-on alors face à la révolte de la rue [...] ? 
Lui enverra-t-on les chars, comme en Syrie, mettra-t-on en place les ingrédients de la guerre civile, comme en Libye ou au Yémen ? Demandera-t-on l'aide de cette France officielle dont on a vu la réaction tout en frilosité suite aux chutes de BenAli et de Moubarak, et qui soutenait les mêmes tant qu'ils étaient au pouvoir ?
La France qui dit aujourd'hui, par la voix de son Président, que « les réformes engagées au Maroc » sont historiques, préservant par là des intérêts français de plus en plus importants. Celle-là même contre laquelle les jeunes du 20 février scandent « Veolia dégage » ou « Lydec dégage».

*Créé en 2005 mais issu de l'Organisation de l'action démocratique populaire fondée en 1983, le Parti socialiste unifié (rien à voir avec le PSU français) est un mouvement de la gauche socialiste marocaine. Il demande notamment l'établissement d'une monarchie parlementaire. Depuis2007, le PSU détient 6 sièges à l'Assemblée nationale.

jeudi 21 juillet 2011

Un printemps sans Maroc

Par Abdelhak Serhane, Mediapart, 20/7/2011

Amer, l'écrivain marocain Abdelhak Serhane revient sur le plébiscite obtenu, avec 98,49%, par le roi Mohamed VI au référendum sur la nouvelle constitution du Maroc qui s'est déroulé le 1er juillet 2011. Un scrutin bidon qui a mis fin à l'espoir politique porté par les révoltes du Mouvement du 20 février.
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«A l'ombre de tes mains, les mots tremblent pour nommer les maux de notre être arabe.» M.H. Samrakandi

Le 1er juillet 2011 a mis fin à l’agitation des révoltés du dimanche et au suspense des Marocains. Leur pays est entré de plein pied dans l’Etat de droit d’une monarchie démocratique constitutionnelle, moderne et sociale avec 98,49% de oui au référendum proposé par Sa Majesté le roi Mohamed VI à son peuple en faveur de la nouvelle constitution. De son temps, Driss Basri réalisait des résultats à peine plus élevés avec 99,99% pour combler notre égo, faisant de nous un peuple performant, exceptionnel, et de notre roi «mahboub al jamahir» (l’adoré des foules !).

Mais, ne nous trompons pas d’époque ni de système! Les années de plomb sont loin derrière nous et l’époque de Derb Moulay Chérif, Dar Moqri, Agdez ou Tazmamart est révolu. Le petit centre de Témara n’est rien d’autre qu’une malheureuse parenthèse dans les annales de l’ère grandiose que nous vivons en tant que Marocains. Les attentats terroristes à répétition et les immolations par le feu sont des gestes sacrificiels sur l’autel du plus beau pays du monde par une jeunesse fière de son identité nationale.

A mon humble avis, 98,49% c’est bien peu pour une monarchie portée aux nues par un peuple épanoui, cultivé, fortuné, responsable, conscient des enjeux nationaux, régionaux et internationaux. Le printemps arabe et le mouvement du 20 février ont sans doute contraint l’ardeur du ministre de l’intérieur à plus de décence et de retenue cette fois-ci. 98,49% est une bey’a moderne avec un taux honorable qui rend crédible cette consultation populaire aux yeux de l’Occident-frère, soucieux de nos intérêts dans un XXIème siècle en crise, dans un monde arabe à feu et à sang. 72% de participation dans un climat de mécontentement social et une jeunesse qui a osé répéter que «le peuple veut la chute du régime».

Le verbe dégager, conjugué au subjonctif de toutes les révolutions actuelles, ne peut en aucun cas s’appliquer à nous à cause de l’extraordinaire exception marocaine que le makhzen nous sert à toutes les sauces. D’ailleurs, après le discours du roi du 17 juin dernier et, sans surprise, la quasi-totalité des formations politiques à la colonne vertébrale vermoulue ont fait ce qu’elles savent faire le mieux; elles se sont aplaties devant la parole du Maître, ont applaudi des deux mains à sa réforme constitutionnelle et appelé à voter oui au référendum. Des cohortes de jeunes gens pour la plupart au chômage, éthéromanes, casseurs ou voleurs à la tire, ont porté les tee-shirts du oui, brondi le drapeau marocain et scandé avec violence: «Vive le roi! Oui à la Constitution!»

Les chanteurs ont été sollicités pour composer des couplets en faveur du oui largement placardé sur les vitrines des commerces, clubs de sport, autobus, taxis, épiceries… Des meetings ont été tenus ça et là pour répondre à l’appel royal et, pour parer au pire, les corps d’armée, de gendarmerie et de police ont été autorisés, pour la première fois depuis les deux coups d’Etat de 1971 et 1972 contre Hassan II à retrouver le chemin des urnes pour exprimer leur accord avec la réforme constitutionnelle du Chef suprême des armées. Les Moqadem ont fait leur travail de rabattage, promettant des billets aux gens et, sur instruction du ministre des Habous et des affaires islamiques, les imams des mosquées ont exhorté les foules, dans leurs prêches, à voter massivement pour le oui car, expliquaient-ils aux fidèles, «qui vote oui est avec le roi, qui vote non est contre lui. Ce dernier est un hérétique, il ira en enfer!».

L’instrumentalisation de la religion au profit du oui est une manière civilisée d’éviter les affres de la géhenne aux égarés du mouvement du 20 février. A la fin de la journée de vote, le bourrage des urnes par les agents du Makhzen est notre faon à nous de nettoyer la place et éviter au blanc de se mélanger avec le bleu. Le blanc est une couleur sacrée qu’il faut respecter, c’est la couleur du paradis où seront logés, par la grâce de Dieu, tous les béni-oui-oui. Le bleu, lui, plus proche du noir, est la couleur du vice, de Satan, il peut donc aller à la poubelle!

Et la grande mutation démocratique s’est abattue sur nous ce 1er juillet 2011 comme une offrande du ciel, un cadeau inespéré qui sauve le pays de la turbulence qui agite la région. De sujet makhzanisé, asservi et sous tutelle, le Marocain actuel passe au stade de citoyen à part entière, bénéficiant de la considération que lui confère la nouvelle Constitution, lui garantissant travail, logement décent, soins, éducation pour ses enfants, égalité de tous devant une justice devenue, par la grâce de ce vote, intègre, complètement indépendante puisque les juges ont renoncé illico à leurs pratiques corrompues. Nous voilà donc rassurés quant à notre avenir qui s’annonce ensoleillé et rempli de bonheur.

Le Premier ministre au pouvoir renforcé, va désormais pouvoir œuvrer pour le bien-être du peuple et nos deux Chambres (à coucher) peuvent discuter, voir remettre en question le budget du Palais et celui de l’armée dans la sérénité de leurs débats parlementaires. Le roi et son entourage se retirent déjà des affaires et de la politique, la famille Fassi Fihri bénéficie désormais des mêmes traitements que les centaines de milliers de foyers vivant dans les bidonvilles, l’argent détourné par les larrons et expatrié retourne dans les caisses de l’Etat, le budget de Mawazine, celui des phosphates, des Fondations royales, des licences téléphoniques… vont dans la refonte du système scolaire, la recherche scientifique et technologique, l’éducation et la formation professionnelle de notre jeunesse, l’amélioration des conditions dans nos hôpitaux, la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme... Grâce à Sa Majesté, sa nouvelle Constitution met le Maroc à l’abri de la morosité que connaissent nos voisins. Elle met fin à la corruption endémique, aux inégalités sociales, à la misère, au chômage, à l’arbitraire, aux prébendes, au copinage et autres maux dont souffre la société marocaine… La vie n’a jamais été aussi belle!

Mais soyons plus sérieux, plus clairvoyants, ou tout au moins honnêtes. Comment la démarche démocratique peut-elle être décidée par un seul homme, le roi, qui dicte les orientations de la réforme et nomme les membres de la commission chargée des travaux? Dans quelle contrée, aujourd’hui, la participation à un quelconque suffrage atteint le taux de 72% de votants? Quel pays, aussi développé soit-il, a la capacité d’organiser une consultation référendaire en treize jours et rendre public le résultat du scrutin peu de temps après la fermeture des bureaux de vote, sans même prendre en considération le décalage horaire des communautés marocaines vivant à l’étranger? Et qui peut croire au score de 98,49% dans un climat général en ébullition où des milliers de manifestants ont appelé de toute la force de leur voix, pendant plusieurs mois, la chute du Makhzen?

Quand j’ai posé mon bulletin bleu dans l’urne à l’école où j’ai voté vers midi, il n’y avait pas un chat alentour. Les préposés à la vérification de ma carte d’électeur ne m’ont pas fait signer le registre, se contentant de mettre une croix devant mon nom et souiller le bout de mon index avec un feutre. J’ai compris alors que le jeu était pipé, que le makhzen allait faire voter les absents, les inexistants et même les morts, comme d’habitude! Ce vote n’est pas le nôtre. Le message est clair, il porte un avertissement adressé aux dissidents, aux agitateurs de tout bord, aux manifestants du mouvement du 20 février et autres indignés contestataires. S’ils osent encore descendre dans la rue pour revendiquer la liberté et une réelle démocratie, ils seront tabassés par les forces de l’ordre, arrêtés, jugés et condamnés. Avec 98,49% de voix pour le oui, personne n’a plus le droit de perturber la tranquillité de nos mornes dimanches.

Une dure période transitoire nous attend. Devant le vide politique que traverse le pays, aucun chef de gouvernement, quel qu’il soit, n’aura assez de volonté pour exercer ses nouvelles prérogatives face à une monarchie qui ne lâche pas grand-chose et continue à détenir l’essentiel des pouvoirs. Les chefs de partis makhzanisés, totalement discrédités, castrés, embourgeoisés, feront ce que le Palais leur dictera de faire pour que nos biens profitent à un homme, une famille ou un clan. Les privilèges et les hauts salaires ont un prix. Nos politicards sont prêts à le payer de leur manque de dignité légendaire, leur carence de fermeté et l’absence de leur engagement social. Pas un Marocain non partisan n’a confiance dans les hommes politiques actuels.

La démocratie est un apprentissage de tous les jours, un exercice de la citoyenneté et de la responsabilité de chacun. Elle ne s’arrête pas au dépoussiérage de quelques articles de lois, mais engage l’implication de tous dans un projet qui tire la société vers le haut en assainissant les situations déplaisantes. Avec un pourcentage très élevé d’analphabètes, une corruption et une injustice à toute épreuve, le régime est assuré de faire miroiter ce qu’il veut à son peuple. L’Histoire du Maroc retiendra cet autre ratage. Le roi n’avait rien à perdre mais tout à gagner d’une réelle transition démocratique. Il aurait inscrit son nom comme le premier chef d’Etat arabe à engager son pays sur la voie de l’Etat de droit dans un exercice clair de séparation des pouvoirs. Ce n’est malheureusement pas le cas.

La nouvelle Constitution taillée sur mesure pour lui par la commission Mennouni ne touche pas à l’essentiel de ses prérogatives. Aucun peuple, aussi illettré soit-il, aussi crédule soit-il, ne peut se résoudre à voter oui de cette manière pour le maintien du déni de droit, de l’autoritarisme, des injustices et des inégalités sociales. Nombre de gens sont estomaqués. Ce vote référendaire est une avancée en trompe-l’œil, une mascarade qui ne change rien au paysage sociopolitique du Maroc. Il conforte tout au plus le roi dans son rôle makhzanien d’antan, jetant de la poudre aux yeux des berbéristes, des islamistes et des formations politiques dépourvues de toute légitimité populaire.

Les prochaines élections ne dérogeront pas à la règle de la falsification. Le makhzen détestable reproduira sa mascarade pour qu’aucun chef de gouvernement ne puisse dire non au roi car aucun parti ne bénéficiera d’une majorité confortable au parlement (à moins que ce soit le PAM qui gagne!), ce qui ouvrira la voie à des alliances tous azimuts de nature à pervertir davantage le jeu politique. Et quel homme politique peut dire aujourd’hui non à un roi qui dicte sa loi à tous? Ayant fragilisé en délégitimant les partis politiques, la monarchie pense qu’elle sort gagnante de cette mise en scène assez navrante. L’avenir lui donnera tort ou raison. La servilité d’une frange de la population soumise au mythe de la monarchie lui donnera peut-être raison. La désillusion et le mécontentement d’une jeunesse impatiente lui donneront sûrement tort.

«Sma’ sawt acha’b!» (Ecoute la voix du peuple!) a scandé la rue pendant plusieurs mois, dans toutes les villes du pays et dans toutes les langues. Le roi n’a pas écouté cette voix. Il a écouté celle de ses conseillers, des petits copains et des serviteurs du Makhzen. Frustrée de ne pas avoir été vraiment entendue, une partie de la population réinvestit déjà la rue depuis l’annonce des résultats du référendum. La foule des contestataires réussira-t-elle là où nous, leurs ainés, avons pitoyablement échoué?

Le 10 juillet, la rue indignée a livré ses nouveaux slogans, désavouant les envolées lyriques et farfelues de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et autres imposteurs, «T’guad! Tguad! Walla khwi lablad!» (Retrouve la rectitude, sinon quitte le pays!) «Hada Almaghrib ouhna nassou, oulhakam yajma’ rassou!» (Ceci est le Maroc et nous sommes ses hommes, celui qui gouverne s’en aille !). A ceux qui ont soutenu le oui, le slogan est sans appel: «Khamsine darhams t’fout t’fout ounta dima tabqa machmout!» (Cinquante dirhams se termineront et toi tu seras toujours dupé!)

La nouvelle Constitution est à la fois un pari (risqué) et un piège. Mohamed VI n’a pas gagné son pari et le piège risque de se refermer sur lui. L’affrontement avec la rue pourrait devenir imminent, les banderoles ne disent rien d’autre que ceci: «Lâ lihâkimine yanhabou almâl al’âm!» (Non au dirigeant qui détourne les deniers publics!).

Pour mémoire; en 2009, Ben Ali a obtenu 89,62% des suffrages pour son 5ème mandat. En 2005, Moubarak a été réélu pour un 6ème mandat avec 88,6% des voix et son parti, le PND, Parti démocratique national, a obtenu 311 des 454 sièges au parlement. Ces chiffres n’ont rien pu faire contre la lame de fond qui les a chassés du pouvoir. Le jeu entrepris par Mohamed VI est tout aussi dangereux. Il risque, à court terme, de discréditer sa volonté et, à moyen terme, radicaliser davantage les mouvements contestataires nés du 20 février.

dimanche 17 juillet 2011

Lettre ouverte à Jean-Pierre Denis pour son éditorial "Les lumières du Maroc"

Lettre ouverte à Jean Pierre Denis, éditorialiste à La Vie (site chrétien d’actualité)
Par solidmar, 17/7/2011

La lecture de l’éditorial de la Vie du 30/6/2011* m’a laissée stupéfaite… Ai-je bien lu ? C’est bien dans ce mensuel à priori sérieux que j’ai lu ces phrases dignes de la MAP ou autres publications proches du palais ?

« La plus grande révolution du monde arabe », est celle du Maroc qui « s’efforce de descendre d’en haut » et « qui va passer d’un régime absolutiste revêtu d’oripeaux parlementaires à une monarchie constitutionnelle », loin de ce que « raconte l’homme de la rue ».

Quel mépris, pour les slogans scandés lors des marches pacifiques organisées dans la rue des villes du Maroc par le mouvement du 20 février, parlant de dignité, de liberté, de démocratie, de justice !…A ce magnifique courant d’espoir (que vous ne citez même pas) vous préférez le « document passionnant » des 180 articles de la nouvelle constitution, selon vous « roman d’un peuple qui se cherche un avenir de liberté démocratique »…On croit rêver…

Oui, il le cherche, cet avenir de liberté démocratique, ce mouvement libérateur du 20 février auquel ont adhéré à travers tout le Maroc les associations de défense des droits de l’homme (AMDH, Attac Maroc, La LMDH…) quelques partis non inféodés au palais qui aspirent à une vraie démocratie et des citoyens libres dont une grande partie des habitants des bidonvilles. Mais il ne le trouve pas dans cette constitution octroyée, descendue d’en haut !

La commission choisie par le roi, chargée du toilettage de l’ancienne constitution, s’est bien moquée des plus importantes aspirations du mouvement du 20 février ! Pas question de libérer les prisonniers politiques, de lutter contre la corruption, contre l’impunité, d’envisager de réduire les écarts de « fortunes » scandaleux entre immensément riches et dramatiquement pauvres, et j’en passe …Sur le fond, la nouvelle comme l’ancienne octroie au roi tous les pouvoirs que, selon l’analyse de quelques juristes elle a même renforcés. Il est l’émir des croyants , inviolable, n’a de compte à rendre à personne, chef de l’Etat, c’est lui qui nomme le chef de gouvernement dont il peut mettre fin aux fonctions ainsi qu’à l’ensemble du gouvernement ; il préside le conseil des ministres, nomme le gouverneur de la banque nationale, les ambassadeurs, les gouverneurs des provinces, les responsables des établissements, etc ; il promulgue les lois, peut dissoudre les deux chambres du parlement, est chef des armées, préside le conseil de sécurité et celui du conseil supérieur du pouvoir judiciaire…pour, ne citer que quelques unes de ses nobles fonctions… Et vous écrivez que « la souveraineté appartient à la nation » Quelle souveraineté ? Où est la part du peuple ? Où est la séparation des pouvoirs ?

Il reste, il est vrai, deux avancées : la langue amazighe enfin reconnue, même si cette reconnaissance sera difficile à mettre en pratique dans l’administration. Le Maroc est un des rares pays dont la langue officielle, l’arabe, est pour la majorité de la population une langue étrangère qu’il faut apprendre à l’école…quand on a la chance d’y aller… Il était temps de la reconnaître, cette langue berbère…
L’égalité homme-femme : également difficile à mettre en application puisque l’islam, religion d’Etat, prône l’inégalité en matière d’héritage…
Le chapitre sur les droits de l’homme, auquel on ne peut qu’adhérer ne diffère guère de celui de la constitution précédente, mais il n’était pas appliqué en dépit des déclarations mensongères qui affirmaient que la torture n’existe plus, et qu’il n’y a plus de centre de détention secret au Maroc, même pas à Temara !… Quand on a pris l’habitude de mentir…

Un fait très grave passe presque inaperçu : l’annexion de fait du Sahara Occidental, masquée dans la régionalisation proposée. Ce texte voté plonge dans le désespoir plus de 150 000 Sahraouis réfugiés dans l’enfer du sable des étés torrides (50° en ce moment) loin de leur pays dont les richesses sont pillées par l’occupant marocain, alors que depuis 20 ans (et non 13 jours !) la MINURSO (l’ONU) est chargée d’organiser un référendum, celui de l’autodétermination, droit reconnu internationalement.

Les Marocains qui n’ont pas voté « oui », sont devenus des traîtres à leur pays…Quelle sera la sanction ?

Dans votre texte plein de louanges il est un aspect qui vous chiffonne : « État musulman ». Ce qui à mon avis est incompatible avec la démocratie, c’est la persistance d’une religion d’Etat que cet État soit musulman, catholique, orthodoxe ou autre. Sans la liberté de culte il n’est pas possible de prétendre devenir un État de droit, vous en avez convenu.

Comment imaginer que les « lumières sur le Maroc » puissent arriver d’en haut ? D’une monarchie qui réprime avec violence tout ce qui n’est pas idolâtrie et allégeance ?…D’une monarchie dont le système policier n’hésite pas à tuer des jeunes qui mettent leur vie en péril pour défendre la dignité, la justice, la liberté, en un mot, la Démocratie ? D’une monarchie qui, pour que ses forces de l’ordre aient les mains propres au moment du vote, emploie les moyens les plus abjects pour gagner des « oui » en donnant contre paiement la sous-traitance de la répression à des baltaguias, des voyous capables d’injurier, de frapper et de cracher au visage d’ un résistant, le vice-président de l’AMDH, qui a milité toute sa vie pour que le Maroc devienne enfin un pays démocratique ?… D’une monarchie et son inévitable makhzen qui fait passer les intérêts privés avant les intérêts du peuple ?…D’un roi qui prend parti dans ce vote, oubliant son rôle d’arbitre et obligeant les imams à lire une lettre officielle demandant aux fidèles de voter oui, qui ne laisse pas aux opposants le temps de s’expliquer, qui utilise toute la presse pour guider le peuple et lui dire comment il doit voter, sans lui donner d' explication, sinon que c’est Son bon vouloir ?…D’une monarchie absolue qui se pavane d’avoir été plébiscitée alors que le mode d’élection est bourré d’irrégularités et de triche ?…

Même décrié, trainé dans la boue, calomnié, le mouvement du 20 février et de tous ceux qui, avec lui veulent réellement la démocratie, ne s’arrêtera pas. Il n’est pour s’en assurer que de voir les photos de marées humaines qui ont démontré, deux jours après le référendum, que ce mouvement n’est pas prêt à baisser les bras et à accepter une constitution, qui n’est pas celle du peuple, ni à enterrer les illusions du « printemps marocain » !
Rabat, 3 juillet, marche de protestation, 2 jours après le référendum
*http://www.lavie.fr/chroniques/editorial/lumieres-sur-le-maroc-30-06-2011-18132_37.php