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vendredi 26 septembre 2014

#‎Au Plus Beau Pays Du Monde‬ en 2014 :

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L’histoire d’une famille parmi des dizaines de milliers d’autres au Maroc des Palaces, des Golfs, des Malls et du M’as-Tu –Vu 

« Fatima », abandonnée par son époux vit avec ses quatre enfants de 2, 4, 5 et 6 ans dans la région d’Immouzar (Azrou) au Moyen Atlas.

Pour aller chercher du travail lorsqu’elle en trouve, elle se réveille à 04h du matin pour préparer le pain aux enfants et aller chercher l’eau.
Lorsqu’elle part au travail, elle laisse les trois petits à sa fille de 6 ans déscolarisée. Souvent celle-ci n’offre que de l’eau à ses frères et sœurs attendant que la mère apporte quelque chose à manger…
Ces images, prises par mon ami Hassan El Karakhi, datent de moins de 10 jours…



Le roi Mohamed VI sait-il ce qu’il signe ?

Par Simo Sbaï, demainonline, 25/9/2014

Le docteur Rajae Ghanimi avec une autre "gagnante" marocaine (Photo DR)
Le docteur Rajae Ghanimi avec une autre « gagnante » marocaine (Photo DR)

Grosse colère du roi au Palais. Et quand l’autocrate alaouite pique une colère, les coups pleuvent sur ses collaborateurs. Sauf que cette fois-ci, ces derniers méritent les uppercut chérifiens.

Il y a quelques jours, selon le très officiel et très makhzenien Matin du Sahara, le roi Mohamed VI a félicité une jeune femme médecin, le docteur Rajae Ghanimi, une inconnue, pour avoir obtenu le prix du « meilleur médecin arabe dans le monde ».
La presse makhzenienne et quasi officielle s’en était fait l’écho.
Meilleur médecin arabe dans le monde
Message de félicitations de S.M. le Roi à Dr Rajae Ghanimi
Publié le : 3 septembre 2014 – LE MATIN
Dans ce message, S.M. le Roi exprime Ses chaleureuses félicitations et Ses vœux les plus sincères de succès à la chercheuse marocaine qui s’est vue décerner ce titre par le groupe The Arab Group à Londres.
Il s’agit d’un hommage mérité et une reconnaissance de la compétence médicale de la praticienne marocaine, venant valoriser ses recherches scientifiques, ses efforts et sa contribution au service du renforcement de la couverture médicale au Maroc, souligne le Souverain en lui souhaitant succès et réussite dans son parcours avec davantage de réalisations, tout en l’assurant de la sollicitude royale.
« Hommage mérité »« reconnaissance de la compétence médicale de la praticienne marocaine », valorisation des « recherches scientifiques » du docteur Ghanimi, en lisant la lettre de félicitation on a la vague impression que le roi savait tout de cette lauréate.
Après tout, tous les services de renseignements marocains travaillent directement sous ses ordres..
Or, il n’a pas fallu longtemps pour que quelqu’un découvre la supercherie. Le prix octroyé à Mme Ghanimi est bidon et farfelu puisqu’il est décerné par une société basée à Londres, The Arab Croup, qui n’a rien à voir avec une instance scientifique et beaucoup avec « l’événementiel » et la publicité
Révélation supplémentaire et embarrassante : le patron de cette boite est un Syrien qui a purgé plusieurs peines de prison pour « harcèlement sexuel ».
Et voilà comment, encore une fois, le roi du Maroc a apposé sa royale signature sur une lettre de félicitations sans savoir ce qu’il signait. Comme pour l’affaire Daniel Galvan, du nom de ce pédophile multirécidiviste irako-espagnol condamné à plusieurs décennies de prison et qui du jour au lendemain a retrouvé la liberté après une étrange « grâce royale ». Là aussi, le roi ne savait pas ce qu’il signait.
On peine à croire, nous autres pauvres roturiers, qu’aucun des très nombreux conseillers du roi (qui sont grassement payés) n’ai songé à vérifier le nom de cette boite en tapant simplement son nom dans n’importe quel moteur de recherche.
Simo Sbaï
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=34448

L’ONU a averti le Maroc au sujet de l’évolution que connaît le secteur de l’enseignement


 
Le secteur privé commence à avoir une place dominante au Maroc

Depuis l’introduction de la charte de l’éducation en 2000, le nombre d’élèves inscrits dans les écoles privées a drastiquement augmenté. Cette année-là, seulement 4 % des élèves des établissements primaires au Maroc étaient inscrits dans une institution privée. En 2013, ce taux était de 14 %. Au vu de l’évolution actuelle, 97 % des élèves du cycle primaire devraient être inscrits dans des établissements privés à l’horizon 2038. Ces statistiques, issues d’une étude réalisée par l’association The Global Initiative ESCR, ont été présentées le 24 septembre à Rabat.

Cette situation alarmante a fait réagir le Comité des droits de l’enfant (CDE) de l’ONU qui a interpellé le gouvernement marocain dans des recommandations qui lui ont été adressées le 24 septembre. Le CDE a fait part de son inquiétude au sujet du « manque de supervision nécessaire concernant les conditions d’inscription et la qualité de l’enseignement dispensé ». L’ONU a également recommandé au Maroc d’évaluer et de traiter « les conséquences du développement rapide de l’enseignement privé ». Enfin, le comité onusien suggère que « les enseignants du secteur public contribuent à l’amélioration de l’éducation […] plutôt que d’être utilisés par le secteur privé ».

Disparités

Des disparités sont à relever lorsqu’on se penche sur le niveau d’apprentissage des enfants dans les écoles. Selon l’étude de The Global initiative ESCR, seulement 31 % des enfants parmi les groupes les plus défavorisés (les ménages démunis en zone rurales) ont atteint un standard minimum de lecture en 2011. Dans les villes, 84 % des élèves les plus favorisés (ménages riches) ont atteint « un niveau international de lecture » la même année. Pour l’auteur de ce rapport, le chercheur Sylvain Aubry, cette statistique illustre « l’enseignement à deux vitesses » qui existe au Maroc.
Autre constat établi par le rapport, la disparité existante au niveau de la répartition géographique des établissements d’enseignement privé. La majorité de ces établissements, 80 %, sont situés entre Kenitra et Casablanca. A noter que dans la région du Grand Casablanca, la majorité des écoles primaires sont privées (53 %). A titre d’exemple, des quartiers comme Anfa sont essentiellement composés d’écoles privées (71 %).

Une éducation privée qui phagocyte le secteur public

Autre problème relevé par le rapport : la domination du secteur privé en termes de nouvelles inscriptions. Entre 2000 et 2012, 99 % des nouveaux inscrits dans les écoles primaires se sont dirigées vers les institutions privées. Pour Sylvain Aubry, ce choix révèle l’opinion de la population marocaine concernant l’éducation publique, qui est jugée comme « dangereuse » et où il « n’existe pas de suivi ».
En réaction à ce rapport et aux recommandations de l’ONU, Khadija Yamllahi, la membre de la Coalition marocaine pour l’éducation pour tous, a fait part de sa crainte que le Maroc n’évolue « rapidement vers un modèle où l’éducation est régulée par le marché, à la façon du Chili (où une partie de l’éducation a été privatisée, ndlr) ». A noter que lors de son intervention devant le CDE, le 3 septembre, la ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, Bassima Hakkaoui, avait fait part de sa volonté de « promouvoir une compétition libre entre les écoles ».

jeudi 25 septembre 2014

Scandale de l'affaire Ali Dinia : le procès tourne à la mascarade, reporté au 14/10..




L’histoire a choqué l’opinion public, le procès quant à lui a créé une vague d’indignation, il s’agit de Ali Dinia, cet homme de 78 ans victime lui et sa famille d’un grave accident de la circulation provoqué par une semi-remorque. Récit d’une véritable injustice.

Malgré sa maladie et ses nombreuses blessures, Ali Dinia, ce père de famille, qui a failli perdre les siens dans un accident de la route causé par un ‘’chauffard’’, le 15 aout dernier, à quelques kilomètres de Bouznika sur l’autoroute Casablanca-Rabat, est aujourd’hui jeté en prison. Le septuagénaire est traité comme l’unique responsable de cette tragédie, qui a coûté la vie à une jeune fille de 23 ans. En effet, après avoir été violemment heurté par le semi-remorque d’une grande société dont le nom n’a pas été dévoilée, la voiture de Ali Dinia est éjectée de l’autre côté de l’autoroute, en sens inverse. Une Berline se trouvant en face est percutée, à bord, une substitut du procureur du roi et ses enfants. Une de ses filles perdra la vie, quelques heures seulement après l’accident.

 Le chauffeur du camion, le responsable de cet accident est mis en garde à vue, avant d’être libéré le 2 septembre.

Fraichement opéré et plâtré, Ali Dinia est emmené, le 26 aout, sur une chaise roulante au tribunal de Benslimane. Le juge d’instruction ordonne aussitôt son incarcération au centre pénitentiaire de la ville, jusqu’au 23 septembre. L’audience de ce mardi matin au tribunal de première instance de Benslimane, a été bouclée en 5 minutes, sans considération aucune pour cette victime de 78 ans, rappelons-le, qui est apparu très éprouvé, les bras plâtrés, sur son fauteuil roulant.
 Rendez-vous le 14 octobre, ainsi en a décidé le juge. Qu’en est-il alors des droits de l’Homme, de la prévention de la torture et le bannissement de l’humiliation ? Notre système judiciaire aberrant a certainement les réponses à nos questions.
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Décapité au nom d'une ignoble "religion"?

‪#‎GOURDEL‬ :"Je me suis longtemps contenté de photographier des paysages en milieu naturel car c’était ces endroits qui m’inspiraient.
C’est dans l’Atlas marocain que j’ai commencé à voir les choses autrement. J’ai été intéressé par les gens qui y vivent et j’ai eu envie d’en ramener des images.
J’ai connu ce même sentiment lors d’un voyage au Viêt-Nam et ensuite au Népal.
Je me sens maintenant de plus en plus attiré par les scènes de la vie en général, les paysages de bord
de mer et urbains, le portrait et aussi le nu.
Je me suis ouvert aux différentes sensibilités qui émanent des photos des autres et me rends compte de l’intérêt d’échanger nos impressions et nos idées ".

Hervé Gourdel, (1959-2014)


Comme disait Léo Ferré: Pour tout ça... le silence...
Merci Badr Eddine Aitoulaid
En haut de la voie "Sonnez et montez" au chapeau de gendarme dans le vallon du Bachelard en Ubaye.



En haut de la voie "Sonnez et montez" au chapeau de gendarme dans le vallon du Bachelard en Ubaye.
En haut de la voie "Sonnez et montez" au chapeau de gendarme dans le vallon du Bachelard en Ubaye.

Procès Wafaa Charaf reporté

Wafa devant la cour d'appel
 Le procès est reporté au 29/9/2014

 On sait ce que représente la justice au bon pays du Maroc. En matière politique, elle entérine tout bonnement les décisions prises par le pouvoir.
De mon côté, je continue l'envoi des cartes postales. Si Wafa recouvre sa liberté, tant mieux pour elle et ma foi tant pis pour ma carte.
Sinon c'est qu'il nous faudra augmenter encore plus la pression sur l'Etat marocain (on le sait très sensible à son image extérieure : tourisme et aide internationale oblige).


27/9/2014
C'est ce lundi qu'aura lieu le procès en appel de Wafa Charaf.
Il y a manifestement un mouvement d'opinion nationale et internationale en faveur de sa libération. Durant ce procès, on ne le sait que trop hélas, ce ne sera ni la justice ni l'équité qui préoccuperont ses juges. Non, ce sera juste une question de rapport de force, y compris les divisions au sein du pouvoir lui-même, du lugubre Makhzen, entre ceux qui craignent trop de vagues et les jusqu'au-boutistes...
Mais nous, comme dit la chanson, "on lâche rien, on lâche rien, walou!"

Neuf cents migrants "secourus" dans le détroit de Gibraltar en une seule journée, piègeignoble !

Par Hasna Belmekki, 22/9/2024

Neuf cents migrants secourus dans le détroit de Gibraltar en une seule journée, «du jamais vu!» selon la Croix Rouge. Ce mardi 12 août 2014, désormais inscrit dans les nnales de la fondation humanitaire, et les jours précédents durant lesquels 400 migrants de plus ont été arrachés à la mer, ont contraint le ministère de l'Intérieur espagnol à se réunir en urgence pour arrêter les mesures à prendre. De l'autre coté de la rive, aux portes des frontières marocaines, la confusion est toute égale au sein de la population migrante en cette mi-août.

Dans le quartier Al Irfane, plus aappelé Boukhalef, situé à la périphérie de la ville de Tanger, les candidats à l’immigration illégale ne parlent que de ça. La nouvelle a circulé dans tout le pays. De nouveaux arrivants ont afflué de Fès, Rabat et Casablanca. Le quartier, réputé pour être l'une des bases arrière de l'immigration clandestine, est plein à craquer. Des campements de fortune ont été installés aux abords d'une interminable rangée d'immeubles blancs. D'autres occupent une petite forêt, située à proximité.
Les témoignages des migrants ayant pu atteindre l’Espagne sont édifiants. La plupart des traversées se sont déroulées avec une facilité déconcertante. «Lorsque que nous sommes arrivés en brousse, il y avait seulement quelques Alits (ndlr: surnom donné par les migrants aux forces de l'ordre marocaines). Nous avons tout de suite compris qu’il n'y aurait pas de résistance. Il était 16 heures. Sur la plage, il y avait des Marocains. Ils nous observaient alors que nous étions en train de gonfler notre zodiac. En mer, contrairement aux habitudes, il n'y avait pas la marine nationale (photo ci dessous ©Marcos Moreno). La voie était libre. Nous avons pagayé, pagayé, pagayé… La Croix Rouge nous a recueillis, quelques heures après», explique Laure*, une Camerounaise de 34 ans, jointe au téléphone à Tarifa, en Espagne. «J'étais ce jour-là sur le rivage, prêt à les suivre moi aussi, raconte Abou, un Guinéen de 32 ans. C'était un spectacle très émouvant. Plus de cinquante zodiacs prenaient le large presque au même moment. Hélas, la chance n'a pas été de mon côté. J'ai eu un problème de valve sur mon embarcation et j'ai dû rebrousser chemin.»
Ces témoignages ont rapidement circulé dans le milieu très fermé des clandestins, nourrissant ainsi les rumeurs les plus folles. «Le Canada cherche 3000 migrants, le pays a besoin de main d'œuvre, c'est pour cela qu’on nous laisse traverser!», s’exclame Abouo, un jeune Ivoirien en s'appuyant sur une béquille. «Les portes s’ouvrent, il paraît que l’Allemagne a besoin de monde aussi!», s’enthousiasme Oscar, un Camerounais de 32 ans, coincé à la frontière depuis plus de trois ans. Les deux hommes rejoignent la foule rassemblée à proximité de la mosquée du quartier en ce vendredi 15 août. Des femmes enceintes, des mères et leurs enfants sont conduits dans des minibus, sous le regard interrogateur d’une centaine de migrants subsahariens. Leur destination finale, visiblement tous l'ignorent, mais la plupart partagent cette même certitude: on les emmène traverser le détroit. La confusion est totale.
Henriette, l’une des femmes emmenées ce jour-là, témoigne: «Certaines femmes ont pris leurs bagages! Elles étaient persuadées qu’on les conduirait en Espagne. Moi-même j'y ai cru! C'est en arrivant à la médina (ndrl : centre-ville historique) que j'ai compris qu'il s'agissait d'autre chose. On nous a conviées à un festival dont le thème était l’Afrique Noire. Nous étions là simplement pour faire de la figuration. Ils nous ont filmés pendant qu'ils nous remettaient quelques lots: un paquet de trente couches, un litre de lait, une boite de fromage et aussi quelques vêtements. Mais il n'y avait pas assez de dons pour tout le monde, c'était la cohue. On était vraiment mal à l'aise.»
A l'autre bout de la ville, au même instant, la foule des migrants, toujours dans l'attente d'information, s'élance par grappe dans l'avenue principale. Une rumeur, encore une, échauffe les esprits. «D'autres minibus sont en route!», lance une femme, le pas pressé. La multitude n’atteindra pas le carrefour qui marque la sortie du quartier. 
Des cris de terreur disloquent sa course. Surgis des rues adjacentes, plusieurs dizaine d’hommes, certains à peine adolescents, tous armés de couteaux de boucher, de matraques ou encore de gourdins, se ruent sur les migrants. Les femmes, comme les enfants, ne sont pas épargnés. La chasse à l'homme qui vient de débuter dans l’après-midi ne s'achèvera qu'au petit matin. Les migrants tentent de joindre la police, dès le premier assaut. En vain.
Il leur faudra attendre plusieurs heures et l’arrivée d’Héléna Maleno, une chercheuse espagnole, spécialiste de la migration, sur le terrain depuis trois ans, pour que les autorités se déplacent. A leur arrivée, la tension est vive. Héléna Maleno est prise à partie. Agressée verbalement et sexuellement sous le regard impassible de la police, elle doit son salut à un taxi qui passait par là, alors qu'elle prenait la fuite.
«J'ai été agressée sous les yeux d'un commissaire qui n'a pas bougé. J'ai été insultée par des jeunes Marocains qui dissimulaient leurs armes sous leurs vêtements pendant que d'autres me maintenaient en appuyant très fort sur ma poitrine. Alors que je criais à l'aide, le commissaire m'a répondu: tu es responsable, c'est toi qui les provoque! Le chef de la bande de voyous m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit: toi, je vais te tuer! J’ai couru avant de réussir à monter à bord d’un taxi qui m'a emmenée loin de ce cauchemar», explique-t-elle quelques jours plus tard, encore hébétée par la violence dont elle a été victime.
Terrorisée, Henriette et son petit garçon d'un an, se réfugient avec d'autres membres de la communauté dans la petite forêt qui jouxte le quartier. Ils y passent toute la nuit.
 A l'aube, le bilan est lourd. Cinq migrants hospitalisés, des viols signalés, de nombreuses habitations dévastées, certaines incendiées (photo en tête d'article et ci-dessous © Juan Manuel). Toutes les victimes ont été dépossédées de leurs maigres biens: téléphones portable, monnaie, vêtements, chaussures…même les vieilles marmites ont été emportées. Les bateaux pneumatiques, les rames et les gilets de sauvetage ont été confisqués. Le matériel de traversée réapparaitra sur le marché noir quelques jours plus tard.

La terreur au quotidien
Le scenario de ce vendredi 15 août illustre la triste réalité des migrants en transit, coincés aux frontières marocaines, dans la banlieue de Tanger. Depuis la mort de Cédric, ce jeune Camerounais de 19 ans, tombé du haut d'un immeuble lors d'une intervention militaire en décembre 2013 (ndlr: troisième décès de e genr en trois mois), les forces de l'ordre n'entrent plus dans le quartier pour procéder aux refoulements. Depuis, des bandes criminelles se sont appropriées l’endroit. Elles y opèrent en toute impunité, en semant la terreur. «Ils nous attaquent souvent le vendredi, généralement après la prière du soir. Ils nous prennent par surprise. Ils défoncent les portes. Ils sont armés de gourdins et de couteaux de boucher de 14 centimètres. Sous la menace, ils prennent tout ce que nous possédons. Ils nous frappent, nous blessent, violent nos femmes (photo ci-dessous ©Juan Manuel). Nous sommes démunis, nous ne savons pas où aller pour être en sécurité, ni même à qui parler. La police n’intervient pas. Quant aux associations, il y a bien longtemps qu’elles ont déserté le quartier», se désole Sekou, un Malien d'une trentaine d'années.
Face à cette menace, la majorité des propriétaires n'osent plus louer de logement aux migrants, de peur des représailles. Les appartements vides, très nombreux dans la zone, sont désormais squattés, bien souvent avec l'accord d'un gardien d'immeuble qui perçoit une rétribution en échange. L'autorité est absente. Le commissariat de police le plus proche est situé à plus de trois kilomètres. Cette insécurité prégnante pèse lourdement sur la vie du quartier. «La présence des subsahariens pose un réel problème. Ce n'est pas personnel, moi je n'ai rien contre eux, bien au contraire. Ils représentent une bonne partie de mon chiffre d'affaires et puis ils sont éduqués. Non, le souci, c'est que leur présence ici génère une insécurité permanente. Pour nous aussi, car les autorités sont absentes. Tout le problème est là!», témoigne Badr, un commerçant du quartier.
A ses côtés, Samir, gérant d’un cyber café, partage le même avis: «Il faut reconnaître qu'ils ont une culture différente. Ils se rassemblent souvent en nombre aux pieds des immeubles et parlent fort tard dans la nuit. Cela créé des nuisances sonores. Vous savez, Boukhalef est une cité-dortoir. Une bonne partie des habitants travaille dans les usines qui se situent à proximité. On peut comprendre qu'ils soient excédés. Mais cela ne justifie pas cette violence, c'est inacceptable. Le Maroc devrait être un exemple en termes de gestion d'immigration car il ne faut pas oublier qu'il y a près de cinq millions de Marocains dispersés à travers le monde.»

Violence meurtrière
Après deux semaines de calme relatif, la terreur a refait surface dans la nuit du 29 au 30 août. Cette fois-ci, la nuit fut meurtrière. Charles Alphonse N’Dour, un jeune Sénégalais de 25 ans, a été assassiné. Il a été retrouvé égorgé. «Charles était mon ami. Il venait de Casamance. C'était quelqu'un de bien. Il rêvait d'Europe. Il habitait Casablanca. Il est venu à Tanger parce qu'il savait que beaucoup avaient réussi à traverser. Il voulait lui aussi tenter sa chance. C'est terrible de perdre la vie ainsi. Je suis sûr qu'il aurait préféré mourir dans l'eau», confie Guy-Alain, très peiné. Les blessés sont plus nombreux que la dernière fois, plus d’une dizaine. Les camps installés à proximité du quartier ont été brûlés. Les habitations une fois de plus vandalisées et les migrants dépouillés.
Au lever du jour, dans une tristesse profonde et une colère contrôlée, une centaine de migrants entreprend une marche pacifique pour se rendre au centre-ville, afin de dénoncer les violences dont ils sont victimes et l'inertie des autorités. Le Consul du Sénégal, qui a fait le déplacement dans le quartier suite à l’assassinat d’un de ses ressortissants, tente de ramener le calme. Invoquant la diplomatie, il invite les manifestants à reculer. La foule ne l’entend pas de cette oreille. Elle s’élance à petit pas avec un seul slogan: «Marocains racistes! Marocains assassins!» (photos ci-dessous ©Juan Manuel)
Après quarante minutes de marche, à quelques pas du centre-ville, un barrage policier et militaire stoppe l'avancée des manifestants. Certains prennent la fuite. Jules, un Gabonais, s'écrie: «Revenez, revenez! L'immigration clandestine n'est pas un délit de droit commun. Nous ne sommes pas des voleurs, nous avons des droits! On nous assassine, le monde doit le savoir. Nous devons lancer un appel à la communauté internationale. Nous aussi nous avons droit à la vie!»
Le canon du camion anti-émeute crache un puissant jet d'eau, mettant un terme à toute discussion. La petite foule se divise. Les coups de matraques pleuvent. A moins de deux kilomètres de là, les touristes qui s'extasient devant la beauté de la baie de Tanger, n'en sauront rien. Maitrisés un à un, les migrants sont jetés dans des fourgonnettes de police. Trente-cinq d’entre eux sont arrêtés et déférés devant le Parquet, les autres déposés dans le quartier de Boukhalef.

Une condamnation arbitraire et des droits fondamentaux bafoués
Après un procès exécuté dans l’urgence -moins de 48 heures- la justice a rendu son verdict. Poursuivis pour participation à une manifestation «non déclarée», dix-neuf migrants sont condamnés à l’expulsion (l’un d’eux, un Sénégalais en situation régulière, sera libéré), dix autres écopent d’une peine d’un mois de détention avec sursis et d’une amende de 1000 dirhams (90 euros). Les six derniers sont relaxés. A la sortie de l’audience, le Guadem (groupe associatif de défense des migrants) dénonce déjà «une procédure d’éloignement arbitraire et un procès non équitable». Les migrants condamnés à être expulsés ne bénéficieront pas, comme le prévoit la loi, d’un délai de 10 jours pour faire appel devant le Tribunal de première instance de Tanger.
Dans la nuit du 1er au 2 septembre, les migrants sont conduits dans un bus peu avant l’aube. Les six relaxés sont également embarqués à bord de ce véhicule qui prend la route de l’aéroport Mohamed V de Casablanca. «Les autorités nous ont expliqué que la procédure voulait que nous soyons refoulés à Rabat mais le car ne s’est pas arrêté dans la capitale. Ils ont essayé de nous forcer à monter dans l’avion mais nous avons résisté. Aujourd’hui, ils veulent nous contraindre à signer des documents pour nous expulser. Mais je suis un innocent. Je n’étais pas à la manifestation. J’ai été arrêté alors que je partais au centre-ville faire mon marché. Ma femme et mon bébé m’attendent à Tanger», explique Alphonse, l’un des migrants. Détenus dans le sous-sol du terminal 3 de l’aéroport de Casablanca, les six hommes ont observé une grève de la faim durant trois jours afin de réclamer le respect de leurs droits. Les migrants sont éprouvés. «Nous sommes arrivés mardi matin aux alentours de 10 heures à Casablanca. Ils nous ont retenus dans le bus jusqu'à 17 heures 30 sous un soleil de plomb et sans accès aux toilettes. Certains ont été contraints de faire leurs besoins dans le bus par ce qu’ils ne pouvaient plus se retenir. C’est une situation vraiment affligeante. Et durant les jours de détention dans les geôles du commissariat de police de Tanger, on nous a privés de nourriture durant deux jours. Tous nos droits sont piétinés.»
Cette situation, Camille, un jeune Camerounais de 17 ans, ne l’a pas supportée. Il a fini par signer les documents avant d’être embarqué sur un vol à destination de Yaoundé, un jeudi soir. Les cinq autres grévistes de la faim ont poursuivi leur mouvement. Après une semaine de captivité, ils ont pu retrouver la liberté, grâce à l’appui de leurs familles et au soutien associatif.
Depuis la mort de Charles Alphonse N’Dour, la police est réapparue dans le quartier de Boukhalef. Elle y effectue des patrouilles, et, depuis peu, prête main forte à des hommes qui poussent les migrants à quitter le quartier, dans les trois jours. «Je ne supporterai pas une humiliation supplémentaire. Je vais chercher un autre logement ailleurs», confie Grégoire, un migrant. Beaucoup, faute de moyens, ont pour l’heure trouvé refuge dans la forêt d’à coté.
*Les noms et les origines des migrants ont été modifiés - reportage réalisé avec le soutien de FAIR (Forum for Africain Investigative Reporters)

Pour en savoir plus, les vidéos:
Témoignages de migrants recueillis au lendemain des violences du vendredi 15 août 2014
Témoignages de migrants 2
https://www.youtube.com/watch?v=3-HGXkBeme0
Témoignages de migrants vivant dans le quartier de Boukhalef
https://www.youtube.com/watch?v=7Dkc6gq8jTQ
https://www.youtube.com/watch?v=55KrIALv3wo

Manifestation de migrants peu avant sa dispersion (témoignages)
Témoignage d'un manifestant
https://www.youtube.com/watch?v=l1F7sLxbQpA#t=46


27/9/2014 :Caravane de la solidarité contre les crimes racistes et aux expulsions

Khadija Ainani
Khadija Ainani, AMDH, 25/9/2014
Halte aux crimes racistes 
et aux expulsions
Respect de la dignité des migrants
Caravane de solidarité
Tanger 27 septembre 2014

Voilà 9 ans déjà que mouraient aux grilles de Ceuta et Melilla 11 africains, victimes de cette guerre aux migrants déclarée par l’Union européenne et ses alliés africains à des citoyens sans défense. Comment pourrions-nous oublier alors que cette guerre continue à faire des centaines, des milliers de morts, dans les eaux de la Méditerranée, alors que sur notre territoire même, les exactions contre les migrants restent quotidiennes ?

Tanger. 1er août 2013. Alexis Toussaint, un congolais de 40 ans meurt, tombé lors d’un transfert, de la fourgonnette de police qui le transportait.
Tanger, quartier Boukhalef,. 10 octobre 2013.Moussa Seck, jeune sénégalais de 22 ans, meurt, à la suite d’une chute du 3ème étage, lors d’une opération de police.
Tanger, quartier Boukhalef. 4 décembre 2013. Cedric, jeune camerounais de 18 ans, meurt, à la suite d’une chute d’un étage de l’immeuble où il vit, lors d’une opération de police.
Tanger, quartier Boukhalef. 29 août 2014. Charles Ndour, sénégalais, 25 ans, meurt poignardé.

A cette liste macabre (qui pourrait être complétée par d’autres assassinats, perpétrés dans d’autres régions), il faut ajouter les rafles incessantes auxquelles elle est soumise, les arrestations, les expulsions arbitraires, vers d’autres villes du Maroc ou vers leurs pays d’origine. Oui, la population migrante au Maroc est en danger, prise entre les feux d’un pouvoir répressif, d’une police habituée à tous les dépassements et d’un racisme rampant, attisé par les comportements officiels et des provocateurs patentés. Dans cette guerre anti-migrants, Tanger et, à Tanger, le quartier de Boukhalef est aux avant-postes.

C’est pourquoi les organisations signataires annoncent l’organisation d’une caravane qui se rendra à Tanger le samedi 27 septembre afin
- d’apporter soutien et solidarité à nos frères et sœurs migrant(e)s, déjà victimes dans leurs propres pays des dictatures, de l’accroissement des inégalités et/ou du pillage de leurs richesse, et maintenant en butte chez nous aux meurtres, violences, rafles, arrestations et déportations ; de tenter de lever le climat de terreur qui sévit dans les quartiers à forte densité migrante et de réaffirmer notre rejet du racisme et de la discrimination.
- de rappeler que nos pensées continuent à aller à toutes les victimes tombées sur les routes de la migration, et notamment à celles qui sont tombées à nos frontières, à Ceuta et Melilla. Ce sont des assassinats et les coupables doivent être jugés.

Alors que de nouveaux murs et de nouveaux grillages mortifères sont en train d’être érigés à la frontière orientale du Maroc, nous réaffirmons que depuis maintenant plus de 15 ans, l’approche sécuritaire et répressive de la question migratoire, mise en œuvre par l’Union européenne et ses relais africains, a fait la preuve non seulement de sa cruauté gratuite, mais aussi de son inefficacité à permettre une gestion cohérente et efficace de la mobilité des personnes qui, rappelons-le, est un droit fondamental.
- Nous condamnons l’attitude du gouvernement marocain et des forces de l’ordre qui loin de protéger une communauté en butte aux discriminations, la maintient lui-même dans la violence et le non-droit. Nous l’exhortons au respect de l’ensemble des textes internationaux dont il est signataire.

Nous dénonçons toute forme de racisme, discrimination et exclusion et réaffirmons notre attachement aux valeurs du dialogue interculturel, de la solidarité et du respect des droits humains, de la dignité et l’intégrité de toute personne résident sur le territoire marocain, quelles que soient sa nationalité, sa religion ou sa couleur.

Nous appelons toutes les organisations, tous les citoyens indignés par cette situation à venir nous rejoindre.
AMDH (Maroc), ARESMA28, ATTAC/CADTM Maroc, Chabaka, Collectif des communautés subsaharienne au Maroc, Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc, Fondation Orient-Occident, Morocco Migrant Solidarity, , Voix des femmes migrantes au Maroc,
Soutenue par ARACEM (Mali), Association des Réfugiés Sans Frontières (Cameroun), ATMF (France), CISPM (Coalition Internationale des sans-papiers et migrants, France), Conseil des migrants (France), CSP75 (Coordination 75 des Sans-Papiers, France) SOS Migrants (Belgique), Stiftung :do (Hambourg, Allemagne). Halte aux crimes racistes et aux expulsions

NB. La liste des signataires est encore ouverte

mercredi 24 septembre 2014

Titres publiés sur solidmar.blogspot.com, 14 au 21/9/2014


Par Solidmar, 24/9/2014
Au Conseil des droits de l’Homme les partisans de l’”autonomie” du Sahara Occidental (en fait la poursuite de la colonisation de cette très riche région) , ne cessent d’incriminer un horrible camp de prisonniers dans la région de Tindouf. Depuis bientôt 5 ans Solidmar traque jour après jour les informations sur le S.O : aucune photo, aucune vidéo, aucune image de cette prison ! Les campements de réfugiés de cette région d’Algérie sont ouverts à tous les visiteurs, et les ONG chargées de fournir de la nourriture à ces exilés qui survivent dans ce désert inhospitalier, y circulent librement. Ces “prisons” n’ont jamais été dénoncées par des visiteurs.
Si le peuple sahraoui s’ y est installé il y a  40 ans, c’est parce que femmes et enfants ont cherché à fuir les bombardements au napalm et au phosphore blanc qui ont suivi la spectaculaire  “pacifique Marche Verte”, et ils étaient bien contents de pouvoir se poser  dans ce coin de désert.
Si le Maroc voulait prouver que ces prisons existent, pourquoi s’oppose-t-il  à étendre la mission de la MINURSO à la surveillance des ddH dans les territoires occupés et  dans les camps de réfugiés, ce que le Polisario approuve? et dans les “camps de prisonniers” ? 
Le Maroc de MVI  n’a-t-il pas la conscience tranquille dans sa manière de violer les droits de l’Homme, violations pourtant dénoncées à travers le monde entier ? A-t-il peur des résultats du référendum d’autodétermination, seule solution conforme aux droits de l’Homme ? Qu’attend l’ONU pour agir selon le Droit sans tenir compte des exigences du richissime dictateur marocain ?


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