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samedi 9 novembre 2013

Réactions algériennes aux actes hostiles marocains

Après avoir fait visionner par des experts la vidéo montrant des manifestants marocains prendre d’assaut notre consulat à Casablanca, il apparait clairement qu’il ne s’agissait pas d’un "acte isolé" comme on voulait bien nous le faire admettre. 

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères algérien réfute cette thèse et évoque « une violation » flagrante de l’enceinte diplomatique algérienne au Maroc. Les éléments visuels de preuve, examinés « ne donnent pas de crédit à la thèse de l’acte isolé », avait souligné le porte parole de notre diplomatie dans une déclaration faite à l’APS. Il s’agit bel et bien de profanation de l’emblème national et d'une agression caractérisée de la souveraineté du territoire.
Les manifestants qui, ont pris le soin de filmer la scène puis de la diffuser pour le grand public ne cachent pas leur forfait : on pouvait les voir applaudir et les femmes pousser des youyous au moment ou l’individu, monté sur le fronton de l’édifice abritant notre consulat, s’acharnait sur la corde maintenant l’emblème national sur son mât. Et ce, sous le regard nullement inquiété des policiers en uniforme. De tels éléments ne prêtent nullement à l’acte isolé, ni à une quelconque motivation personnelle.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères n’a pas manqué de souligner le regret de l’Algérie devant de telles attitudes surtout qu’elles ont été suivies par d’autres rassemblements du même genre, « Nous regrettons la poursuite de la mobilisation de foules autour de notre ambassade à Rabat et de notre consulat à Oujda, car celle-ci est de nature à déboucher sur la répétition de ce genre de dérapages graves », a-t-il ajouté
Notons par ailleurs que le roi du Maroc s’est abstenu d’adresser le traditionnel message de vœux au président Bouteflika à l’occasion du 1er novembre. Un fait inédit dans les relations diplomatiques entre les deux pays et un message d’hostilité du royaume chérifien à l’égard de l’Algérie.

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 Drapeau algérien arraché au Maroc : l’Algérie veut être associée à l’enquête 

Par Hadjer Guenanfa, TSA, 3/11/2013 
Les autorités algériennes veulent être associées à l’enquête sur l’arrachage du drapeau algérien de son consulat à Casablanca, « pour déterminer les faits et s’assurer que les suites appropriées ont été engagées, à la suite de cet incident particulièrement grave », a indiqué, ce dimanche 3 novembre, le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. 

Ce dimanche, l’ambassadeur du Maroc en Algérie a été convoqué au siège du ministère des AE. Il lui a été rappelé la demande « pressante » d’« explications circonstanciées sur la violation inacceptable des locaux consulaires algériens à Casablanca et la profanation impardonnable de l’emblème national, le jour même de la célébration du déclenchement de la glorieuse Révolution du 1er Novembre », ajoute le communiqué.
« Il a été rappelé à l’Ambassadeur que l’Algérie n’accorde pas de crédit à la thèse de l’"incident isolé" et encore moins au "fait divers" », ajoute la même source. Celle-ci explique baser cette conclusion sur une « analyse rigoureuse des éléments visuels de preuve, entourant le double forfait, perpétré par un individu faisant partie d’un groupe de manifestants hostiles à l’Algérie et à ses hauts responsables ».

S’il a exprimé les regrets de son gouvernement et a précisé que le ministre marocain des Affaires étrangères s’était entretenu avec l’ambassadeur d’Algérie à Rabat le jour même et a "condamné cet acte inadmissible", l’ambassadeur marocain n’a pas présenté des excuses officielles.  « Le ministère des Affaires étrangères, qui souligne toute la responsabilité du gouvernement marocain dans la création du climat de tension et d’escalade qui prévaut actuellement, réaffirme la nécessité d’une prise de position claire et sans équivoque de sa part quant à l’impératif du respect des symboles de l’État algérien en toutes circonstances », conclut le ministère des AE.

Répression de la marche de 144 travailleurs de l'Hôtel "REVOLU"



Charles Saint-Prot, le perroquet français du Makhzen

Par Ali Benacher, 3/11/2013

Moulay Charles Saint-Prot, la « Voix de son maître » en France.
Moulay Charles Saint-Prot, la Voix de son maître en France.Vous l’avez certainement remarqué : ces derniers temps un petit homme court les plateaux de télévision en France, s’agite dans les journaux et colonise les ondes des radios makhzéniennes. C’est un professionnel de l’éloge à Momo le sixième. Il est remonté à bloc et à chaque poussée de fièvre, il bondit comme le coucou de son horloge.

Quel fougueux orateur lorsqu’il s’agit de se mettre au service de la mystification ! Le preux chevalier Charles Saint-Prot porte l’estocade à ce pauvre Ali Anouzla en l’accablant sur TV5Monde d’être un dangereux complice des terroristes d’AQMI, reprenant mot pour mot les mensonges et fadaises de Mustapha El Khalfi, notre valeureux ministre de la propagande.
Il l’enfonçait davantage après avoir commenté sur Le Matin du Sahara le rétropédalage de Mohamed VI dans le DanielGate en ces termes : « Cela ne devrait plus laisser de place aux tentatives de certains agitateurs professionnels et des ennemis du Maroc d’instrumentaliser l’affaire pour servir d’obscurs desseins qui n’ont rien à voir avec l’affaire en question ». Là, il paraphrasait Khalil Hachimi Idrissi, le porte-voix de la MAP.
Ce sera ensuite à Abdelaziz Bouteflika « manipulateur et agressif » d’être terrassé comme le dragon par l’archange Michel au sujet de la crise entre le Maroc et l’Algérie : « C’est Alger qui tire toutes les ficelles des divers propagandistes ». Certes, mais venant de la part d’un propagandiste à la solde de Rabat, c’est tout de même un comble…
Voilà ce qu’il déclare à la MAP justement sur le Polisario : « Le groupe activiste est en pleine dérive mafieuse et il a même des accointances avec les terroristes du Sahel, notamment Al-Qaïda, comme l’a récemment souligné une agence de renseignements japonaise ». Des espions nippons qui nous apprennent que les bidasses de Mohamed Abdelaziz sont de dangereux islamistes… ? Cela ressemble beaucoup au discours d’un certain Claude Moniquet qui sévit depuis la Belgique et saute comme lui sur le premier micro qu’on lui tend pour pourfendre les polisariens et chanter les louanges de la si douce dictature marocaine.

 « La voix de son maître »
Mais qui est donc Saint-Prot le muezzin du roi qui fait tout de suite penser au fox-terrier Nipper écoutant religieusement « la Voix de son maître » sortant du gramophone dans la célèbre pub de Pathé-Marconi ?
Lui se présente comme « historien, géopolitologue, islamologue et politologue ». Autant dire un savant. Il dirige l’Observatoire d’études géopolitiques (OEG). Mais qui a entendu parler de l’OEG à part la MAP et quelques journalistes français habitués aux vols Paris-Marrakech aux frais de la princesse ? Pas grand monde en réalité. Installé à Paris dans les beaux quartiers, il réunit une poignée d’universitaires plus familiers des amphis que des grands débats qui agitent la société. Parmi eux, Frédéric Rouvillois qui loue sa plume aux bateleurs du Palais. Il vient de commettre avec Saint-Prot « L’exception marocaine », un livre sitôt entamé vous tombe des mains tellement il est soporifique et cousu de fil blanc.
En fait, Saint-Prot n’est pas davantage connu du grand public. C’est un vieux mercenaire. A mi-chemin de l’Action française de Charles Maurras et du gaullisme, ce prof de sciences politiques apprécie peu les démocraties libérales. C’est même un nostalgique du nationalisme chauvin. D’où son attirance pour les  dirigeants nationalistes arabes, fussent-ils des despotes. Aussi, avait-il un faible pour Saddam Hussein qu’il présentait, bien avant qu’il ne soit pendu, comme le « de Gaulle arabe ». La biographie qu’il lui a consacré en 1988 est une fresque à la gloire du dictateur. Chantre ou griot, Saint-Prot ne fait pas dans la demi-mesure : « Saddam se bat contre Khomeiny comme Churchill contre Hitler »…On l’a compris, il vendait son image de marque.
Il faut lire aussi ses interviews de Mouâmmar Kadhafi ou du président soudanais Omar Al Bachir pour la revue de l’OEG ou la complaisance le dispute à la gloriole.

 « Allô Charlot ? Il nous faut un livre, vite ! »
En 2009, pour les dix ans de règne de Mohamed VI, Le Figaro, une autre lumière déontologique, réalisait un dossier sur commande du Maroc comprenant (c’était inévitable) une tribune signée de Saint-Prot et de deux profs de l’Université Paris-Descartes qui ont participé à l’écriture de l’ouvrage « Le Maroc en marche ». Un livre dithyrambique qui était censé faire taire les Cassandre.
On y lit: « il ne manquera jamais de dénigreurs professionnels pour ne montrer que le verre à moitié vide, seriner les vieilles antiennes contre cette monarchie nationale qui a fait le Maroc ou occulter les évolutions concrètes intervenues dans tous les domaines ». On l’a vite compris, ce n’est pas Saint-Prot qui parlera de la prédation économique du roi et de son entourage, ni des disparités sociales béantes, ni de la farce démocratique de 2011. Pas de diatribe non plus contre la justice aux ordres et la presse sous haute surveillance.
« Le Maroc en marche » (étonnamment édité par le CNRS) n’est en fait qu’une compilation des actes d’un colloque organisé en sous main par les lobbyistes du Palais, dont Driss Alaoui M’Daghri, ancien ministre sous l’ère Basri. La grand-messe fut célébrée le 29 juin 2009 au Sénat français ou un groupe d’amitié ‘France-Maroc’ y prospère grâce aux largesses de Rabat. C’est aussi à la Salle Colbert du même Sénat que Saint-Prot avait défendu bec et ongles les mérites de la diplomatie marocaine. C’est encore là qu’il viendra offrir un petit-déjeûner à la tribu des aficionados du plus-beau-pays-du-monde pour célébrer la sortie de chacun de ses pavés publicitaires sur son régime.
Quand l’actualité ne lui donne pas l’occasion de répéter tel un perroquet ce qu’on lui susurre de Rabat, il maintient son quota de production en ouvrages hagiographiques sur les sultans alaouites, dont un « Mohammed V ou une monarchie populaire » passé complètement inaperçu en France malgré l’organisation d’un pompeux exposé parrainé par l’Institut Français, mais qui a eu droit à la fanfare de la télé marocaine au salon du livre de Casablanca.

 Grosse manip’ au procès de Gdeim Izik
C’est donc évident. Charles Saint-Prot aime le Maroc et son roi, enfin celui de l’ordre établi, des castes, de la féodalité dont il salue le paternalisme. Une décision royale, un discours prononcé et Saint-Prot se met à l’ouvrage. Il écrit sur tout en expert multicarte auto-déclaré, sur le Sahara bien sûr, sur le modèle de régionalisation avancée, sur l’heureuse femme marocaine enfin libérée, sur les droits de l’homme consacrés à tous, sur l’économie émergente…
En plus d’être un obligé du Palais, Saint-Prot est aussi un mauvais manipulateur : Sur MAP TV, il faisait l’apologie du procès de Gdeim Izik, louant « sa transparence »
Le 25 février 2013, le sulfureux avocat Michel de Guillenchmidt (l’avocat de l’église de scientologie et constitutionnaliste d’Abdoulaye Wade soit dit en passant) organisait, dans son cabinet parisien, la première conférence de presse de l‘Association de promotion des libertés fondamentales (APLF) qu’il préside. L’APLF ? Une asso créée opportunément en France pour « monitorer » le procès Gdeim Izik et dont le CNDH (Conseil national des droits de l’homme) de Driss El Yazami a… commandé le rapport final !
Et vous savez quoi ? Sur les 9 observateurs dépêchés au procès par l’APLF, 4 sont membres de l’OEG dont bien entendu son fondateur Charles Saint-Prot.
L’arnaque aura servi à dire que des ONG internationales avaient validé la bonne conduite d’un procès de civils pourtant conduit à huis-clos par un tribunal militaire

 Un Wissam pour le griot du roi !
Lors d’un débat houleux sur France 24 où une limousine de l’ambassade du Maroc à Paris l’avait déposé, Charles Saint-Prot avait mouillé la chemise contre les autres invités du plateau pour défendre son maître. En voici un florilège : « Le trône alaouite n’est pas une monarchie de droit divin », « Les critiques à l’endroit du roi insultent le peuple marocain qui a construit des marinas, un tramway pour les pauvres étudiants de Salé et un port grandiose à Tanger à la sueur de son front », « seule la monarchie pouvait assurer la marche du Maroc vers le progrès et la démocratie ». Au sujet de la presse qui subit les affres des procès et de la censure : « De toutes façons, les amendes ne sont pas payées par les journaux condamnés ». Belle conception de la justice au royaume de Momo !
A n’en pas douter, l’OEG de Saint-Prot a de nombreux sponsors du Makhzen : CNDH, CCME (Conseil de la communauté marocaine à l’étranger, dirigée, comme le CNDH, par le même El Yazami) entre autres et toutes ces opérations byzantines avec l’Université Paris-Descartes, les éditions CNRS, la tribu « France-Maroc » au Sénat etc., le prouvent davantage. Il lui manque pourtant une reconnaissance pour tous ses services rendus à la monarchie et que ses souteneurs ne lui ont pas (encore) accordés comme à d’autres : un Wissam de l’ordre du mérite !
Ali Benacher
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=27706
http://www.demainonline.com/2013/11/03/charles-saint-prot-le-perroquet-francais-du-makhzen/

Scène de la vie ordinaire au Sahara occidental !

Scène ordinaire au Sahara occidental !

Un policier marocain défend à sa façon « l’intégrité territoriale marocaine … »en corrigeant une femme sahraouie qui a osé défier la peur et manifester ouvertement (comme la majorité des sahraouis) son désir d’indépendance, et sa contestation de l’ordre policier et militaire, installé par le Maroc au Sahara occidental.

Comment Hassan Bouhemou s’est payé un nid douillet à Paris à la barbe du fisc et du contrôle des changes

Par Ali Benacher, demainonline, 7/11/2013

Hassan Bouhemou (Photo DR)
Hassan Bouhemou (Photo DR)
Enquête. Cet homme au visage poupin et aux épais sourcils noirs est un tueur. Un serial-killer du business. Fils d’épicier, il a gravi l’échelle sociale en jouant des coudes. Il faut dire qu’il a un éblouissant CV de technocrate : Lycée Moulay Youssef à Rabat (où il a usé ses fonds de culotte avec le journaliste Aboubakr Jamaï et Anas Alami, le nabot de la CDG), X-Mines à Paris, des premiers pas chez Schlumberger en France, puis la BMCI et la BMCE.

« Hassan la calculette »
Chez Othman Benjelloun, il gérait les portefeuilles de titres des clients de la banque. Son savoir-faire lui a donné un surnom auprès de ses vieux potes de la finance : « Hassan la calculette ». Là, il se fait remarquer par la concurrence, entendez par là le camp d’en face, celui de Majidi et consorts.
Mounir Majidi qui gèrait le cash généré par FC Com (la boite qui a fait de lui le « Seigneur des panneaux » –publicitaires- grâce à la mansuétude de Driss Basri) le débauche. Il entre à l’ONA, et ses qualités de gestionnaire averti lui permettent d’atteindre les sommets. Il devient la tête pensante de Siger, le holding royal, et prend la présidence de la SNI (Société nationale d’investissement), véhicule d’investissement de Mohamed VI dans l’industrie. « Il monte, il monte Bouhemou ! » titrait ces lèche-babouches de Maroc Hebdo
Majidi lui donne les clés de la gestion patrimoniale du roi. Son idée machiavélique a été pour ceux qui s’en rappellent encore la fameuse « rotation de participations » de l’ONA, un tour de passe-passe qui a permis à Momo de passer de 14% à presque 80% dans l’ONA par le jeu complexe de participations croisées et surtout par le hold-up fait aux fonds de pensions. On avait attribué la pirouette financière à Bassim Jai Hokimi, le patron de l’ONA avant qu’il ne soit chassé comme un malpropre. En réalité son concepteur était Bouhemou, bien planqué dans son bureau tout en marbre de Siger. Si Mohamed VI a fait une entrée remarquée dans le top 10 des têtes couronnées les plus riches de la planète de Forbes, c’est bien grâce à cet homme.
Peu connu du grand public, Hassan Bouhemou est aussi le mauvais génie de la clique royale. Il allait se faire connaître dans deux gros scandales vite étouffés. Celui des investissements hasardeux du roi dans l’industrie du jeu à Macao où il a fait perdre des plumes à Momo (on ne fait jamais du B2B avec les triades chinoises sans se faire entuber !) et dans les financements occultes de Mawazine quand un patron américain de JLEC, sponsor du mégafestival, un certain Peter Barker Homek, l’avait accusé de lui avoir sollicité des pots-de-vins…  En réaction, Bouhemou avait poussé des cris d’orfraie quand la presse internationale l’avait alors accusé d’être un aigrefin…

Petite escapade au Grand Duché du Luxembourg
L’homme qui gère la fortune de Momo est aussi un investisseur avisé pour son propre compte. Comme toute personne qui s’enrichit à la faveur de sa proximité avec le roi, il se devait de se payer comme son couple de copains Ali Fassi-Fihri et Yasmina Baddou un pied-à-terre à Paris.
Rive Gauche pensiez-vous ? Non, les quartiers visés par les Marocains friqués sont loin des hauts-lieux de la culture et des arts. On se bouscule à Neuilly, dans le 16ème ou le 8ème arrondissement à une foulée de savates (ou a un jet de cendrier c’est selon) du logis royal, rue de Varenne (trop marrant !), ou de celles des princesses avenue Foch. Ce sera rues Bassano et Magellan pour les Fassi-Fihri, pratique pour déambuler dans les grands magasins des Champs-Élysées et à l’ombre des platanes de l’avenue de Courcelles pour M. et Mme Bouhemou.
Étonnant tout de même de la part de Bouhemou connu pour être très « anti-français » dans les affaires (affaires Auchan, Axa et tout le tintouin). Mais bon, diriez-vous, même les votants FN en France achètent des riyads à Marrakech … Le confort et l’argent n'ont plus de frontières pour ces gens-là.
Mais voilà, on ne va pas demander une autorisation à l’Office des Changes pour s’offrir un joli nid douillet à Paris. Seuls les manants font la queue dans une agence bancaire avec les étudiants qui veulent transférer la retraite de papa pour espérer louer une chambre de bonne sous les combles en banlieue !
Non, on met à profit ses compétences de grand gymnaste de la finance royale pour brouiller les pistes. Attachez vos ceintures pour le grand huit !
Première étape, on s’envole pour un paradis fiscal. Tiens, pourquoi pas le Grand Duché du Luxembourg qui accueille à bras ouverts la fortune des dictateurs comme Momo d’ailleurs qui y loge tous ses « biens » ?
Bonne idée ! Hassan Bouhemou et son épouse, Amina Benseddik , pharmacienne de son état (qui fournit ses médocs au Palais, le business devant rester en famille n’est-ce pas ?) s’envolent le 17 décembre 2012 au Luxembourg pour y fonder deux sociétés civiles aux noms évocateurs : LuxeAbeille et LuxeBee, toutes deux domiciliées au 18 avenue Marie Thérèse. Elles sont respectivement capitalisées de la modique somme de 7000 euros. Pourquoi si peu ? Et bien parce-qu’elles ne servent que d’écran, banane ! Le meilleur est à venir…
La société Luxabeille propriété de Hassan Bouhemou et de son épouse Benseddik (Photo capture d'écran)
La société Luxabeille propriété de Hassan Bouhemou et de son épouse Amina Benseddik (Photo capture d’écran)
La société Luxbee, propriété, encore une fois, de Hassan Bouhemou et d'Amina Benseddik (Photo capture d'écran)
La société Luxbee, propriété, encore une fois, de Hassan Bouhemou et d’Amina Benseddik (Photo capture d’écran)

Deuxième étape : Paris et ses beaux quartiers où le couple a déniché un splendide appartement au 13 boulevard de Courcelles dans le 8ème arrondissement, au-dessus du très bling bling Café Huitième et juste en face de la bouche du métro Villiers. Parions qu’ils n’y ont pas débarqué par là…
Malheureux ceux qui vivent pauvrement au 13 boulevard de Courcelles à Paris 8e (Photo Google Maps)
L’imposant immeuble hausmanien sis 13 boulevard de Courcelles dans le très sélect 8e arrondissement de Paris (Photo Google Maps)
 « On achète chérie ? », « Oui, oui h’bibi… ! »
On imagine la scène : « On achète chérie ? », « Oui, oui, h’bibi… ». Mais comment se payer ce logement de rêve en toute discrétion ? C’est aussi simple qu’un jeu d’enfants : le couple va créer une troisième entreprise, cette fois enregistrée à Paris, mais où leurs noms n’apparaitront plus, histoire de ne pas banquer au fisc français et surtout de ne pas se faire remarquer au Maroc …
Dommage pour les deux tourtereaux, Demain les suit à la trace depuis le Luxembourg …. et voilà ce que nous avons découvert :
A travers LuxeAbeille et LuxeBee, la société Courcelles Pacific est inscrite au BODACC parisien (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) du 28 février 2013.
La société BODACC
Courcelles Pacific, la société fantôme de Bouhemou et compagnie (Photo capture d’écran)
C’est donc Courcelles Pacific qui comme son pedigree l’indique servira de couverture à l’achat de la résidence et probablement à d’autres, son objet social étant assez large pour le permettre.
On s’est renseigné sur le prix du mètre carré dans ce bel immeuble haussmanien : autour de 12 000 euros.
Vous voulez savoir combien a précisément coûté l’appartement des Bouhemou ? Nous aussi. On aurait pu vous l’apprendre, il suffit d’éplucher les comptes de la société Courcelles Pacific qui est enregistrée à l’Infogreffe français (suivez le lien ici : Infogreffe), mais la consultation est tarifée à 65,09 euros, bien trop cher pour Demain qui ne vit que d’investigation et d’eau fraîche à cause du boycott publicitaire que lui impose le Makhzénistan.

Grands seigneurs, nous cédons cette partie de l’enquête au Procureur du roi qui va, on n’en doute pas un instant, s’auto-saisir pour tirer les fils de cette monstrueuse fuite de devises …  Enfin, s’il daigne lever un instant les yeux du dossier du pauvre Ali Anouzla pour faire le boulot qu’on attend de lui …. Sinon, il y a bien un confrère de la presse locale qui peut dégainer sa carte bleue et reprendre le flambeau, non ?
Aller un peu de courage les amis, c’est même pas le prix d’une chemise Desigual et c’est pour la bonne cause, on ne vous en remerciera jamais assez !
Ali Benacher

Post-Scriptum (samedi 2 novembre 2013) : Un lecteur de Demain – journaliste d’investigation de son état – nous précise fort à propos qu’étant donné que la société Courcelles Pacific est une SCI (Société civile immobilière), il n’y a pas d’obligation de dépôt des bilans au greffe. Donc, à part les statuts de cette société civile immobilière déposés sous le n° 14225 le 13/02/2013, il n’y a rien à creuser sur Infogreffe. Mais tout reste à découvrir partout ailleurs…

Projet de loi :Le harcèlement sexuel bientôt puni

Ahfait, 4/11/2013
Le harcèlement sexuel sera passible d'une peine de prison allant d'un mois à deux ans, selon le projet de loi./DR





    Selon nos confrères d'Aujourd'hui le Maroc, le ministère de la Solidarité, de la femme et du développement aurait élaboré un projet de loi pour lutter contre le harcèlement sexuel dans les espaces publics ou sur le lieu de travail.

    Cette loi considérera, si elle est votée, “harcèlement sexuel tout acte importun à l’encontre d’un tiers dans les espaces publics à travers des actes, des propos ou des gestes à caractère sexuel ou dans le but d'obtenir un acte de nature sexuelle”.
    L'auteur d'un tel délit sera passible d'une peine de prison allant d'un mois à deux ans ainsi que d'une amende de 1.000 à 3.000 dirhams. Ces condamnations pourraient doubler si le délit en question a lieu au travail ou si ce harcèlement est l'œuvre d'une personne dépositaire de l'autorité publique.
    Le texte, publié sur le site du secrétariat général du gouvernement, puni également les auteurs de vidéos ou enregistrements audio à caractère sexuel, diffusé publiquement sur Internet. La peine s'élèvera de deux à cinq ans de prison et d'une amende de 5.000 à 10.000 dirhams. Une peine qui pourra doubler en cas de récidive ou si l'auteur des faits est l'époux ou un membre de la famille de la femme à laquelle on a porté atteinte.
    Ceci devrait faire taire les nombreuses critiques visant la ministre de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social, Bassima Hakkaoui, accusée de manque d'action envers la cause des femmes violentées ou agressées. Ce projet de loi devrait être prochainement présenté par le gouvernement.
     Voir aussi:

    Harcèlement sexuel au Maroc : Un collectif d'associations critique le projet de loi


      
    Préparé par le département de Bassima Hakkaoui, aidé par Mustapfa Ramid, le projet de loi sur le harcèlement sexuel ne  pas à tout le monde. Dans un communiqué diffusé mercredi, un collectif d’associations marocaines, féministes notamment, fustigent le texte, tout en soulignant l’« incohérence » de ses dispositions.
    Le projet de loi sur la violence faite aux femmes, condamnant le harcèlement sexuel au Maroc, continue de faire parler de lui. Le texte, élaboré par le ministère de la Solidarité, de la Femme et du Développement social, en collaboration avec le ministère de la Justice et des Libertés, devrait être présenté ce jeudi 7 novembre, au conseil du gouvernement. Mais avant cela, un collectif d’associations marocaines, pour la défense des droits de la femme notamment, s’est penché dessus hier, mercredi, lors d’une réunion pour en débattre.

    Incohérence ?
    Leur verdict a été rendu le même jour. Dans un communiqué qui nous est parvenu, ces associations, qui comptent parmi elles la coalition Printemps de la dignité regroupant à elle seule plus de 20 ONG, critiquent « la confusion et l’absence de cohérence de l’approche adoptée dans l’élaboration de ce projet »,  tout en déplorant « l’abandon des fondamentaux de l’approche genre dans les objectifs » du texte.
    Ces dites associations estiment également qu’il y a une « confusion engendrée par l’inclusion de l’enfant, de manière générique et désordonnée, dans un texte qui traite de la violence faite aux femmes ». Elles dénoncent aussi « l’absence dans ce projet d’une vision globale et claire de la lutte contre la violence fondée sur le genre, dans ses dimensions de prévention, de protection, de répression et de prise en charge ».
    Leur « mise à l’écart de l’élaboration de ce projet et leur exclusion de toute consultation, en leur qualité de principaux acteurs dans la lutte contre violence fondée sur le genre, depuis de nombreuses années », sont également mises en cause dans le communiqué.

    Les vidéos à caractère sexuel incluses
    Ces associations n’ont pas été les seules à critiquer le texte de loi. Celui-ci fait déjà polémique depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. Et pour cause, les dispositions qui y sont contenues ne sont pas toutes claires. A commencer par la définition du harcèlement sexuel qui y figure, en l’occurrence : « tout acte importun à l’encontre d’un tiers dans les espaces publics à travers des actes, des propos ou des gestes à caractère sexuel ou dans le but d'obtenir un acte de nature sexuelle ».
    Il prévoit une peine de prison comprise entre un mois et deux ans, ainsi qu’une amende de 1000 à 3000 dirhams à l’encontre des auteurs de harcèlement sexuel. « Cette peine est doublée si ce délit est commis par un collègue dans le cadre professionnel ou par des personnes chargées de veiller à l’ordre ou à la sureté dans les espaces publics », explique le texte. Mais ce n’est pas tout. Ce dernier s’intéresse également aux enregistrements audio ou vidéo à caractère sexuel.  
    « L‘auteur d’un enregistrement vocal ou en images portant atteinte au corps de la femme, diffusé publiquement et ayant pour conséquence ou but la diffamation » risque, en effet, une peine de deux à cinq ans de prison et une amende allant de 5 000 à 10 000 dirhams, détaille l’article 495 de la loi. Celle-ci pourrait, là aussi, être doublée en cas de récidive ou « si le délit est commis par l’époux ou un membre de la famille, un tuteur ou une personne ayant une quelconque autorité sur la victime ». Des dispositions qui peuvent, en effet, semer la confusion chez les citoyens.

    Demande de report 
    Dans son communiqué, ces associations réclament le report de l’adoption du projet « dans sa version actuelle » ainsi que sa révision « pour permettre une bonne cohésion au niveau de la vision, de l'approche et des dispositions ». Le gouvernement n’a pas encore réagit à cet appel. Affaire à suivre.

    Le Maroc veut interdire l’importation de marchandises dans les fourgons des MRE dès 2014


     

    Les MRE transporteraient en moyenne 150 fourgons pleins de marchandises chaque jour vers le Maroc, selon l’administration des Douanes et Impôts indirects (ADII). Le gouvernement Benkirane qui veut interdire ce type d’activité, a pris des mesures allant dans ce sens dans le projet de loi de finances 2014. Si tout se déroule comme prévu, le texte entrera en vigueur dès le 1er janvier. Mais pour les MRE, la priorité est ailleurs.
    Le gouvernement veut mettre fin à l’importation des marchandises transportés dans les fourgons par les MRE. Il a, à cet effet, proposé – dans le projet de loi de finances 2014 - un amendement de l’article 146 qui autorise l’admission temporaire des fourgons et des marchandises.

    Produits « de mauvaise qualité » et difficiles à contrôler
    Selon l’Administration des Douanes et Impôts indirects (ADII), citée par L’Economiste ce trafic poserait un problème de sécurité pour la population marocaine. « Ces marchandises sont souvent de mauvaise qualité, de la ferraille, des pièces détachées de véhicules usagés, plaquette de freins… Ils constituent un danger », indique Nabil Lakhdar, directeur de la Facilitation et de l’Informatique à l’ADII.
    En outre le nombre de ces importations rendrait le contrôle douanier complexe, selon l’ADII, puisqu’en moyenne 150 fourgons pleins de marchandises passent les frontières chaque jour – en provenance de l’étranger - pour approvisionner le marché local. « C’est tellement compliqué [de contrôler toutes ces entrées, ndlr] que cela peut être source de corruption. Nous avons connu des problèmes de ce genre en 2012 et des douaniers ont été accusés à tort », explique M. Lakhadar. Effectivement plusieurs douaniers ont été arrêtés l'an dernier, mais ces derniers ont été finalement acquittés.

    Seuls les « effets personnels » destinés à un usage personnel seront autorisés
    Par ailleurs, la Douane marocaine entend également « harmoniser le régime de l’admission temporaire avec les standards internationaux » et mieux définir les marchandises pouvant bénéficier du dit régime. Au final, les autorités chérifiennes veulent lutter contre le marché de l’informel au Maroc, en partie alimenté par les importations commerciales des MRE.
    Si la mesure concernant les importations de marchandises de MRE est finalement adoptée, l’on imagine bien le dommage que cela pourrait causer à certains MRE qui en avaient fait leur gagne-pain, surtout en temps de crise. A ce moment, seuls les véhicules et effets importés par les MRE et destinés à un usage personnel seront temporairement admis sur le territoire national, à compter du 1er janvier prochain.

    Que fait-on de la «principale » revendication des MRE ?
    Il faut dire que la plupart des MRE qui se lancent dans ce type de commerce le fait, afin de survivre à la crise qui sévit en Europe notamment, depuis quelques années. Et la mesure voulue par le gouvernement ne réjouit pas de l’autre côté de la rive méditerranéenne. « C’est bien de lutter contre l’informel, mais est-ce la priorité ? », s’interroge Salem Fkire, président de Cap Sud MRE.
    L’homme estime que plusieurs questions sont abordées quand « la première revendication » des Marocains du monde, à savoir la prorogation de l’admission temporaire des véhicules des MRE, reste sans suite. Cap Sud MRE avait en effet demandé, pour 2013, que celle-ci passe d’une durée de six mois (actuellement en vigueur) à douze mois. Et ce, moyennant l’acquittement de la vignette fiscale en cas de dépassement des six mois de présence sur le territoire. « L’amendement proposé, le 23 novembre 2012 dans loi de finances 2013 avait été retoqué pour des raisons de forme. Nous aimerions savoir ce que le gouvernement a prévu pour l’année prochaine », indique M. Fkire. D’autant plus que cette mesure permettra « 1 milliard à 1,5 milliard de dirhams de rentrées de devises supplémentaires », ajoute-t-il.
    En août dernier, le gouvernement a prolongé l'abattement du dédouanement des véhicules importés par les retraités MRE, sans aborder les points concernant les deuxième et troisième générations. De plus, le projet de loi de finances 2014 n’aborde pas la question.

    Titres des publications sur Solidmar du 27/10/2013 au 3/11/2013


    L’inqualifiable violation de l’espace consulaire de Casablanca suscite des protestations et une belle vague d’amitié entre le peuple marocain et le peuple algérien.



    La cause sahraouie a de plus en plus de défenseurs à travers le monde, Mohammed VI et son makhzen sont de plus en plus isolés.


    Le souvenir des années de plomb d’hier, l’obscurité qui baigne les affaires Ben Barka et  Manouzi, ne font pas oublier les traitements inhumains dans les prisons marocaines d’aujourd’hui que subissent les prisonniers politiques, que l’amitié à travers les parrainages peuvent quelque peu adoucir.


    Pourtant le régime marocain qui a de plus en plus de mal à cacher sa nature despotique aux yeux du monde, au point d’en être parfois ridicule, continue à se proclamer exemplaire en matière de défense des droits de l’Homme!


    vendredi 8 novembre 2013

    Attaques racistes : ovation pour Taubira à l'Assemblée



    Christiane Taubira lors des questions au gouvernement, le 6 novembre.
    Christiane Taubira lors des questions au gouvernement, le 6 novembre.
    Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP

    Victime d'attaques racistes, la garde des Sceaux a remercié ceux qui l'ont soutenue.


    La garde des Sceaux Christiane Taubira a été ovationnée par les députés de gauche et du centre mercredi 6 novembre à l'Assemblée, où elle a remercié le président François Hollande, Jean-Marc Ayrault et les députés pour leur soutien face aux attaques racistes dont elle a été la cible.

    A l'occasion d'une question adressée à la garde des Sceaux, le député UDI de Polynésie Edouard Fritch lui a déclaré la solidarité de son groupe politique, et en particulier de Jean-Louis Borloo, face aux attaques racistes "injustes et indignes". Quand Taubira a débuté sa réponse en remerciant pour les soutiens reçus, tous les députés, sauf ceux de l'UMP, se sont levés pour l'applaudir.

    La ministre a exprimé sa "profonde gratitude à monsieur le Premier ministre qui, dès la première minute, m'a manifesté son soutien sans faille, absolument sans faille". Elle a aussi remercié "le président de la République qui aussi dès la première minute et à deux reprises en conseil des ministres a fait une déclaration tout à fait solennelle de l'agression contre le pacte républicain" que constituent ces attaques.

    Tous les députés debout, sauf ceux de l'UMP


    Elle a également dit sa gratitude "à tous les députés qui ont manifesté d'une façon ou d'une autre leur réprobation de telles pratiques et de tels propos".  Dans une interview mercredi à Libération, Christiane Taubira avait jugé "pas à la mesure" les réactions aux attaques dont elle est l'objet, qu'elle a qualifiées de danger pour "la cohésion sociale" et de "digues qui tombent". "Le sujet, ce n'est pas ma personne", a-t-elle ajouté. Elle avait reçu des messages publics de soutien dans la matinée du président et du Premier ministre.

    Peu après la séance des questions au gouvernement, le président de l'UDI Jean-Louis Borloo a déclaré dans les couloirs de l'Assemblée que les attaques contre la ministre sont "évidemment inadmissibles". "Ce qui est très grave, c'est que c'est au-delà de Mme Taubira: c'est toute personne qui peut avoir une différence visible. On est totalement blessés, la République c'est l'inverse de ça", a-t-il lancé.

    La ministre a notamment récemment été comparée à un singe sur la page Facebook d'une candidate Front national, exclue depuis, et traitée de "guenon" par des enfants lors d'une manifestation contre le mariage homosexuel.
    http://www.rtl.fr/actualites/info/politique/article/attaques-racistes-ovation-pour-taubira-a-l-assemblee-7766497714http://www.rtl.fr/actualites/info/politique/article/attaques-racistes-ovation-pour-taubira-a-l-assemblee-7766497714

    Racisme en France : Christiane Taubira et Faouzi Lamdaoui dénigrés

    Même le conseiller du président Hollande n’y échappe pas

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    par Yacine Farah, El Watan, 7/11/2013

     
 Faouzi Lamdaoui et Christiane Taubira
    | © D. R.
    Faouzi Lamdaoui et Christiane Taubira
     

    Une vague de dénigrement s’acharne sur les élus et responsables politiques d’origines maghrébine et africaine en France. Il ne se passe pas un jour sans que des noms soient jetés en pâture à l’opinion publique par des propagandistes d’extrême droite. Christiane Taubira et Faouzi Lamdaoui en sont les victimes les plus édifiantes.

    Paris (France)
    De notre bureau


    Christiane Taubira, ministre française de la Justice, est l’objet depuis plusieurs semaines d’une campagne de racisme affiché. Elle a été successivement assimilée à un singe par Anne-Sophie Leclère, tête de liste Front national (FN) aux municipales à Rethel (Ardennes), dans un photomontage diffusé sur France 2 le 17 octobre 2013, et traitée de guenon, le 25 octobre 2013 à Angers lors d’une manifestation d’opposants au mariage pour tous, par une fillette de dix ans au cri «La guenon mange la banane». Il aura fallu que le socialiste Jean Glavany interpelle le gouvernement, exprime sa honte et sa révolte pour que les députés républicains, de gauche et de droite, apportent leur soutien à la ministre.
    Faouzi Lamdaoui, conseiller du président de la République française, militant de la diversité et de l’égalité citoyenne, est victime, à son tour, d’un «bashing» en règle, déclenché par un article pour le moins tendancieux de Charlie Hebdo, qui semble alterner les fausses révélations et les insertions mensongères, en montant en épingle une histoire de pain au chocolat qui aurait été demandé par M. Lamdaoui à un officier de sécurité.
    Le policier et son collègue n’auraient trouvé que ce prétexte risible pour se venger d’une éviction pour d’autres raisons. Laurent Léger, auteur de l’article, n’en est pas à son coup d’essai. Il a fait des enquêtes sulfureuses sa spécialité. Il s’est déjà illustré, dans le passé, par des articles consacrés à Azouz Begag quand il était ministre délégué à l’Egalité des chances et à Yazid Sabeg quand il était commissaire à la diversité.

    La diversité culturelle peine à percer
    Compagnon historique de François Hollande, proche parmi les proches avec Stéphane Le Foll et Michel Sapin, Faouzi Lamdaoui, depuis sa prise de fonction à la présidence de la République, travaille à la promotion de l’égalité et de la diversité. Il est notamment à l’initiative du concert pour la tolérance du 14 juillet 2013 au Champ de Mars, qui a connu un succès retentissant avec 1,5 million de spectateurs, et de l’émission  «Parcours gagnant» sur France 2. Il est un relais incontournable entre l’Elysée, la société civile, les banlieues et les quartiers populaires.

    L’esprit maurrassien soufflerait-il de nouveau sur la braise ?
    Les vieux démons de l’ostracisme traquent un symbole de la diversité, s’acharnent sur leur proie et la livrent, sans autre forme de procès, au délire populiste. L’extrême droite, en embuscade, ramasse les prébendes électorales. La diversité culturelle, partout présente dans la vie quotidienne, peine à percer le plafond de verre du pouvoir. La technocratie régnante protège jalousement ses privilèges. Le politiquement incorrect est désormais un code de conduite politique, et le tir à vue sur les quelques dirigeants franco-maghrébins et franco-africains, sortis de l’ombre, est devenu le sport favori des antidémocrates.