Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

vendredi 8 novembre 2013

Maroc : les migrants tentent le tout pour le tout pour entrer en Europe Un migrant se cache dans une forêt près de Nador au Maroc, après la tentative de près de 300 migrants de pénétrer dans l’enclave espagnole de Melilla, le 18 septembre 2013.


Un migrant se cache dans une forêt près de Nador au Maroc, après la tentative de près de 300 migrants de pénétrer dans l’enclave espagnole de Melilla, le 18 septembre 2013.
Un migrant se cache dans une forêt près de Nador au Maroc, après la tentative de près de 300 migrants de pénétrer dans l’enclave espagnole de Melilla, le 18 septembre 2013.
AFP PHOTO / FADEL SENNA

Par RFI, 7/11/2013
 
Au Maroc, plus d'une centaine de migrants africains ont tenté de rejoindre l'Europe en franchissant la frontière de l'enclave espagnole de Melilla mardi 5 novembre. Selon les autorités marocaines, un quarantaine d'entre eux a été arrêtés, et aucun n'est parvenu à passer de l'autre côté. Après une relative accalmie le mois dernier, il semble que de nombreux sans-papiers présents dans le royaume pensent que la répression européenne va encore s'aggraver et tentent le tout pour le tout avant qu'il ne soit trop tard.

Tôt mardi matin, une fois de plus, 150 migrants africains se sont lancés, en groupes, à l'assaut des hautes clôtures barbelées de la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Melilla, dans le nord-est du royaume.
Un homme est mort en chutant du haut des grillages. Quatre autres personnes ont été blessées. Cet assaut est le dernier en date d'une nouvelle vague de tentatives ratées de franchissement de la seule frontière terrestre entre l'Afrique et l'Europe, avec l'enclave de Ceuta, non loin de Tanger.
A (RE)LIRE : pas de mesure concrète sur l'immigration au sommet européen de Bruxelles
La fréquence de ces tentatives avait ralenti, en septembre, après le lancement par le Maroc d'une nouvelle politique migratoire, visant à régulariser les sans-papiers africains. Mais depuis trois semaines, elles ont repris et sont désormais quasiment quotidiennes.

Rumeur autour de la construction d'un mur en béton à la frontière
Par la terre ou par la mer, en petits groupes ou par centaines, de nombreux migrants africains présents au Maroc cèdent aux pressions des passeurs, explique le responsable d'une association de migrants interrogé par RFI.
Ceux-ci leur affirment en effet que, dès l'année prochaine, les autorités espagnoles entendraient construire un mur en béton autour de leurs enclaves et, avec l'argent européen, renforcer encore la répression aux frontières.
► A (RE)ECOUTER : Après Lampedusa, que font les dirigeants africains?
--------------------------------------------------------------------------

Tentatives d'émigration illégale :96 personnes interceptées

aufait avec agences 
Quatre-vingt-seize candidats à l'émigration illégale ont été interceptés au niveau du littoral qui s'étend de Tanger à Fnideq. /DR

Quatre-vingt-seize candidats à l'émigration illégale ont été interceptés au niveau du littoral qui s'étend de Tanger à Fnideq. /DR Agrandir

Quatre-vingt-seize candidats à l'émigration illégale ont été interceptés au niveau du littoral qui s'étend de Tanger à Fnideq, indique jeudi un communiqué de la Wilaya de Tanger.
Ces tentatives d'émigration illégale ont été avortées les 6 et 7 novembre, grâce au renforcement du dispositif de surveillance dudit littoral, précise la même source.

Ces candidats à l'émigration illégale s'apprêtaient à regagner la mer en possession de trois embarcations pneumatiques et de moyens de nage de fortune, ajoute-t-on de même source.
Ces arrestations interviennent deux jours après la mort, mardi, d'immigrant dans un nouvel assaut massif sur la barrière grillagée qui sépare le Maroc de Melilla, au moment où l'Espagne tente de protéger son territoire avec l'installation controversée de barbelés tranchants sur cette frontière.
Une mesure qui a provoqué l'indignation des défenseurs des droits de l'Homme comme de l'opposition socialiste. Elle s'ajoute à la mise en place d'un nouveau grillage “anti-escalade”, plus serré, pour éviter que les clandestins ne s'y agrippent.
aufait avec agences 

 Lire et relire :

Bruxelles :Expulsions violentes et humiliantes du squat Gesu

GESU EXPULSION : Une expulsion violente

Selon Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l'Homme interrogé par La Première ce matin, l'expulsion de ce matin a été violente: "Une expulsion de manière très violente, avec des moyens policiers inimaginables : 40 combis, plus de 200 policiers. 
 On ne s’attendait pas à ça. Des policiers avec boucliers et matraques qui avaient visiblement envie d’en découdre. Avocats, sympathisants, associations qui soutiennent les habitants ont été poussés de manière violente dans la rue. Visiblement les policiers avaient reçu pour instruction de ne pas hésiter à utiliser leur matraque"....
TEMOIGNAGE SUR PLACE :
Bilal Elm a écrit :
A 5h30 du matin les flics sont intervenus en nombre. Ils ont frappé dans la petite foule de personne qui était devant la porte pour résister de façon passive.
Une fois a l’intérieur du squat, ils ont défoncé toutes les portes. De dehors on entendait les fracas et les cris des habitants. L'un d'eux a même voulu sauter de la fenêtre du quatrième étage. J'avais envie de pleurer vu la façon inhumaine avec laquelle ils ont été traités.
Tous ceux qui sont venu en soutien, ont pris des risques pour en sauver quelques uns, croyez moi vous avez bien fait de ne pas rester. Vous avez évité des coups inutiles et ils étaient prêts à en donner !!!
A 7h30 il n'y avait toujours pas de bus ou de car devant la porte pour les emmener. Imaginez-les maintenus là-bas entourés de flics en train de les narguer, si pas de les frapper, juste pour le plaisir, vu qu'il n'y a aucune présence de médias à l'intérieur du squat. 
-------------------------------------------------------------------------
Par Isabelle Marchal 4/11/2013
 « Forum de Midi: expulsion du couvent du Gesù. Et maintenant ?

Que vont devenir les 200 personnes expulsées hier à l’aube de l’église du Gesù ?
Beaucoup de questions sur le timing de l’opération, la fuite de nombreux sans papiers par crainte de l’intervention de police, la présence d’enfants lors de l’évacuation… Comment la Belgique va-t-elle les accompagner, les soigner, les scolariser ? On en parle ensemble dans le Forum de midi. »


Comment la Belgique va-t-elle les accompagner, les soigner, les scolariser ?
Il est bien temps de se poser ces questions-là, maintenant ! Et comment va-t-elle réparer le traumatisme de ces enfants qui ont vu leur mère se faire embarquer ??
Il faudrait poser toutes ces questions, non pas "à la Belgique", mais au PS des communes bruxelloises impliquées dans ce dossier: depuis des semaines, il est clair que leur ligne de conduite est davantage guidées par les élections de mai 2014, et que leur baromètre n'est pas celui du temps qu'il fait, avec l'hiver qui approche, mais celui des sondages d'opinions et d'intentions de vote.
La façon de gérer ce dossier - comme d'autres, où les victimes sont systématiquement criminalisées, parce que ça rapporte des voix sans se fatiguer, en surfant sur les peurs engendrées par la crise - est une HONTE !

AMDH - Taourirt : Le calvaire des ressortissants subsahariens dans l'Oriental.

Il faut écouter Absdeslam OUADDOU parler de la Coupe du monde de la honte et de l'esclavage

Abdeslam Ouaddou: Qatar 2022 -- : l'international marocain

Absdeslam OUADDOU , l'international marocain nous parle du Qatar !!!!
A voir et surtout à diffuser!!!

 http://youtu.be/99sD4BlH2wA





DITES À LA FIFA DE REVOTER

En 2010, la FIFA a attribué l’organisation du Mondial 2022 au Qatar – pays qui protège insuffisamment les migrants face au risque quotidien de blessure et de mort au travail
La FIFA et le Qatar ont, tous deux, promis des réformes mais leurs palmarès regorgent de promesses non tenues
Sauvez des vies, rétablissez l’intégrité du sport et la confiance des supporters : Demandez à la FIFA de choisir pour le Mondial 2022 un pays qui respecte les droits des travailleurs.
Il est temps pour la FIFA de revoter
http://www.rerunthevote.org

Join the campaign at http://www.rerunthevote.org 
Rejoignez la campagne sur http://www.rerunthevote.org
Únete a la campaña en http://www.rerunthevote.org


jeudi 7 novembre 2013

Mali : Assassinat des deux journalistes français des témoins avancent la thèse d’une «bavure militaire»


Par Salima Tlemçani, El Watan, 4/11/2013
Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

Des témoins oculaires locaux affirment que les deux journalistes avaient été embarqués par trois hommes armés, enturbannés, à bord d’un 4x4 beige sans immatriculation.

Nouvelles révélations sur la mort des deux journalistes français de Radio France Internationale (RFI), Ghislaine Dupont et Claude Verlon, samedi à Kidal, dans le nord du Mali. Joints par téléphone, des témoins oculaires font état des circonstances dans lesquelles les deux journalistes ont été tués en revenant sur des détails assez surprenants. «Ils ont tenté d’avoir des entretiens avec de nombreux notables, notamment l’amenokal de Kidal, mais en vain. Ils ont pris attache avec Ambéry Ag Rissa, un notable de la tribu des Imgad, qui habite en plein centre-ville. Lorsqu’ils sont sortis de chez lui, leur voiture était garée juste derrière celle d’Ambéry.
Les deux assaillants, dont le visage était couvert d’un chèche, ne voulaient pas entrer à l’intérieur de la maison d’Ambéry. Ils attendaient que les journalistes en sortent pour les embarquer à bord d’un 4x4 de couleur beige, sans plaque d’immatriculation, conduit par un troisième homme qui avait mis le moteur en marche. Un autre véhicule similaire, avec à son bord deux hommes enturbannés surveillaient de loin la scène. A peine sont-ils montés dans le 4x4 (qu’ils avaient loué auprès du maire de Tessalit), que deux hommes, le visage masqué d’un turban, leur ont intimé l’ordre de ressortir. Mon fils était à quelques mètres seulement. L’unité de l’armée française n’était pas loin. Elle a été informée au moment où les ravisseurs embarquaient les deux journalistes…», révèle notre source. Et de préciser : «L’action était très rapide. Il était 13h35, lorsque les deux véhicules avaient pris la direction de l’est de Kidal, en empruntant la route de Tin Inssako.»
Sous le couvert de l’anonymat, de peur de représailles, notre interlocuteur précise que cette route mène au Niger, «lieu où se rencontrent souvent contrebandiers et terroristes». La même source affirme avoir obtenu des informations «fiables» qui permettent de reconstituer les circonstances de la mort des deux journalistes. «En fait, le véhicule qui transportait les deux journalistes s’est arrêté à 27 km de la ville, alors que celui qui assurait l’escorte a continué sa route. Nous ne savons pas pourquoi. Est-ce qu’il est parti récupérer du carburant ? Est-ce qu’il attendait ceux qui devaient prendre les otages ? Rien n’est sûr. Ce qui est certain, c’est qu’une trentaine de minutes plus tard, un hélicoptère de l’armée française a survolé l’endroit. Les ravisseurs et les otages étaient déjà sortis du véhicule. C’est alors que l’hélicoptère a tiré plusieurs salves en leur direction, tuant sur le coup les trois ravisseurs ainsi que les deux otages», raconte notre source. Selon elle, personne ne peut être sûr de l’identité des auteurs, mais certains évoquent une «commande» qu’auraient pu exécuter des groupes armés, des contrebandiers surtout, au profit des terroristes.
«Ici tout le monde sait que les Français représentent une lourde monnaie qu’il est facile d’échanger contre d’importantes sommes d’argent. Il est probable que les journalistes aient été enlevés par des contrebandiers. Ces derniers devaient les revendre par la suite à un groupe terroriste qui, lui, négocierait leur libération contre une rançon», souligne notre interlocuteur.  En tout état de cause, ce témoignage permet de comprendre les informations fournies hier par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. Tout d’abord, il met un terme aux rumeurs selon lesquelles les deux journalistes ont été égorgés par leurs ravisseurs en disant : «Ils ont été tués par balles par les groupes terroristes que nous combattons», précisant : «Ils ont été assassinés froidement. L’un a reçu deux balles, l’autre trois balles.»
Lors d’une réunion de crise consacrée à cette affaire et présidée par le chef de l’Etat, François Hollande, Laurent Fabius a souligné : «Les assassins, ce sont ceux que nous combattons, c’est-à-dire les groupes terroristes qui refusent la démocratie et qui refusent les élections (…) Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été kidnappés par un petit commando et emmenés hors de Kidal. Leurs corps ont été retrouvés à 12 km (...) à quelques mètres de la voiture fermée à clé, il n’y avait aucun impact de balle sur la voiture.»
Des détails importants qui rejoignent le témoignage de notre source. Ce qui rappelle étrangement la bavure de l’armée française, au cours de l’été 2011, lorsqu’une unité militaire avait pourchassé les ravisseurs de deux otages français et mitraillé leurs véhicules, tuant tous les occupants (y compris les otages).
 Peut-on mettre cette affaire dans la case «pertes et profits» de la guerre contre le terrorisme au nord du Mali ? Pour nombre de spécialistes des questions sécuritaires, cela va de soi. «Il n’est pas question pour l’Etat français, qui venait de dépenser plus de 20 millions d’euros pour la libération des quatre otages détenus par des terroristes depuis plus de trois ans, de reprendre à zéro une autre négociation et de payer une nouvelle rançon, d’autant que ces derniers jours, le gouvernement est au centre de lourdes critiques», explique une source sécuritaire au fait de la situation au Sahel.
Pour notre interlocuteur, «en s’installant militairement dans la région, la France a ouvert la boîte de Pandore. Le terrorisme sera de plus en plus fort et les populations locales de plus en plus exclues et sous-développées faute de sécurité et de stabilité. Les unités militaires présentes sur le terrain, qu’elles soient françaises, africaines ou maliennes, ne pourront rien faire, si ce n’est multiplier les bavures dont les victimes se compteront surtout parmi les civils».
http://www.elwatan.com//international/des-temoins-avancent-la-these-d-une-bavure-militaire-04-11-2013-233758_112.php

Deux journalistes de RFI assassinés au Mali

  Par La rédaction de Mediapart, 3/10/2013

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes français travaillant pour RFI, effectuaient une enquête sur le MNLA touareg.

Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes français qui effectuaient un reportage pour la radio RFI, ont été enlevés samedi 2 novembre à Kidal (Mali). Selon plusieurs sources officielles maliennes citées par l'agence Reuters, les deux journalistes ont été assassinés peu après leur enlèvement. Samedi en fin d'après-midi, RFI a confirmé leur mort sur le réseau social Twitter.
Samedi soir, François Hollande a exprimé dans un communiqué « son indignation à l'égard de cet acte odieux ». Une réunion de crise s'est tenue dimanche matin à l'Elysée. A l'issue, le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a assuré que Ghislaine Dupont et Claude Verlon avaient été tués « par balles ». « Les assassins sont ceux que nous combattons, les groupes terroristes qui refusent la démocratie et refusent les élections », a-t-il dit, sans plus de précision.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour enlèvement et séquestration suivis de meurtres en lien avec une entreprise terroriste. L'enquête va être confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et à la sous-direction antiterroriste (SDAT).
Les deux reporters, qui effectuaient une enquête sur le MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawad) touareg, avaient été kidnappés samedi en tout début d'après-midi à Kidal-ville par un groupe de quatre hommes circulant à bord d'une Toyota.  « Nos envoyés spéciaux dans le nord du Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ont été kidnappés à Kidal par des hommes armés aux alentours de 13H00 TU. RFI est sans nouvelles d’eux depuis », indiquait le site francophone de RFI vers 18 heures.
Ghislaine Dupont et Claude Verlon 
Ghislaine Dupont et Claude Verlon© RFI
« Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été enlevés devant le domicile d'Ambéry Ag Rissa, un éminent représentant du MNLA de Kidal. Ambéry Ag Rissa a entendu un bruit suspect dans la rue, des coups de crosse portés contre le véhicule de nos reporters, a indiqué RFI sur son site web. Il a alors entrouvert sa porte et a vu les ravisseurs embarquer nos deux journalistes dans un véhicule 4×4 beige. Les ravisseurs l'ont menacé de leurs armes et l'ont sommé de rentrer chez lui. (...) Selon plusieurs sources, les ravisseurs se sont enfuis et ont mis le cap vers Tin-Essako, à l'est de Kidal. »
Plusieurs sources maliennes ont ensuite indiqué à l'agence Reuters que les deux reporters avaient été tués. « Quelques minutes après le début de la poursuite des ravisseurs des deux Français, on nous a informés que leurs corps ont été retrouvés criblés de balles à l'extérieur de la ville », a déclaré Paul-Marie Sidibé, préfet de la localité de Tinzawaten, cité par Le Monde. Un haut responsable du MNLA a confirmé l'information. Selon une source de la sécurité malienne citée par Reuters, les journalistes ont été tués à une dizaine de kilomètres à l'extérieur de la ville.

Kidal, grande ville du nord malien, est le fief historique de la rébellion touareg. La situation militaire y reste très tendue, près de dix mois après l'opération Serval lancée par la France en janvier 2013 pour stopper l'avancée des islamistes sur Bamako. Ghislaine Dupont et Claude Verlon s'y étaient rendus en juillet dernier à l'occasion de l'élection présidentielle. Cliquer ici pour réécouter cette série de reportages.
Deux autres Français, Gilberto Rodriguez Léal et Serge Lazarevic, sont toujours otages au Mali. Il y a quelques jours, la fille de ce dernier s'est dite sur Europe 1 « en colère contre le gouvernement » français, qu'elle soupçonne de ne pas négocier avec les ravisseurs. 
J’aime · · · il y a 19 heures via mobile ·

ATTAC : Ce n'est pas l'écotaxe qu'il faut geler, c'est la TVA !



La mobilisation contre l'écotaxe en Bretagne manifeste sous une forme contestable et pour partie dévoyée la colère populaire qui monte contre une politique économique et écologique dramatiquement inadaptée aux enjeux actuels. S'il poursuit dans cette voie le gouvernement de François Hollande va dans le mur. Un premier signe de réorientation passerait par la suspension de la hausse prévue de la TVA au 1er janvier.

La révolte bretonne contre l'écotaxe est elle une manipulation patronale ou une juste lutte pour l'emploi ? Selon certains, le Medef et la FNSEA, principaux responsables de l'échec du « modèle breton » avec leurs choix productivistes et polluants, réussiraient ainsi à se dédouaner tout en torpillant toute fiscalité écologique. Pour d'autres, le mouvement veut légitimement défendre l'emploi et le pouvoir d'achat contre la politique économique et fiscale désastreuse du gouvernement.

Ces thèses apparemment contradictoires sont en réalité toutes deux exactes. Dans la récente manifestation de Quimper, où agriculteurs, patrons et ouvriers de l'agro-alimentaire défilaient ensemble contre l'écotaxe, c'est le recours aux symboles historiques et culturels (le bonnet rouge, le drapeau breton) qui a fait tenir ensemble, peut-être provisoirement, ces deux dynamiques.

Le grand responsable de cette confusion, c'est le gouvernement de François Hollande. Il fournit sur un plateau à la droite et aux oligarques de Bretagne (et d'ailleurs) foison d'arguments pour capitaliser sur la colère populaire. En cause : une politique fiscale aberrante et une politique de transition écologique inexistante.

François Hollande s'est rallié au credo du Medef sur la compétitivité : 20 milliards d'exonérations supplémentaires (le « crédit d'impôt compétitivité-emploi ») seront financés par la hausse de la TVA au 1er janvier prochain et par de nouvelles coupes dans les dépenses publiques. Pour réduire à marche forcée les déficits publics comme l'impose le Traité budgétaire européen accepté par la France, il a alourdi l'impôt sur le revenu (gel du barême, suppression d'avantages pour les familles) et va augmenter les cotisations sociales (réforme des retraites). Au moment où les salaires stagnent et où le chômage explose, les ménages aux revenus moyens ou faibles perçoivent toutes ces hausses comme une agression fiscale.

Dans ce contexte l'écotaxe est le bouc-émissaire idéal pour le patronat. Elle avait pourtant au départ d'excellentes justifications : accroître le coût du transport routier pourrait aider une démarche cohérente de relocalisation des productions et de transition écologique. Mais l'écotaxe issue du Grenelle de Sarkozy n'est qu'une caricature de taxe écologique.

D'abord parce qu'elle ne touche que les transports sur les routes et autoroutes gratuites, épargnant l'essentiel du trafic de longue distance qui passe par les autoroutes à péage – privatisés à bas prix par la droite en 2006. Ensuite parce que le partenariat public-privé confié dans des conditions douteuses à l'entreprise Ecomouv est une véritable spoliation, puisque 20% des recettes attendues iront au partenaire privé. Et ce, même si l'écotaxe n'entre pas en vigueur, du fait des pénalités prévues au contrat. Enfin parce que ces recettes n'iront pas au financement d'une politique de transition écologique dans le domaine des transports.

Car l'écotaxe illustre aussi la démission du gouvernement en matière de transition écologique. On prétend vouloir décourager le transport routier, mais où est le plan de développement massif du ferroutage et de transport ferroviaire de marchandises ? Dans les faits la SNCF poursuit son désengagement accéléré du fret ferroviaire via sa filiale Geodis. En Allemagne au contraire la Deutsche Bahn le développe massivement : les modes alternatifs au routier représentent 11% du trafic de marchandises en France contre 30% Allemagne.

Pour Attac la crise sociale et écologique impose une réorientation radicale :

  • une politique fiscale à la fois fortement redistributive (renforcer l'impôt progressif sur le revenu et les grandes fortunes, taxer la finance) et écologique (taxe sur les émissions de CO2 et les transports au long cours)
  • une politique de l'emploi axée sur la réduction du temps de travail et des investissements massifs dans la transition écologique : transport ferroviaire, énergies renouvelables, économies d'énergie...
  • un soutien à la relocalisation des productions

Dans l'immédiat ce n'est pas d'abord l'écotaxe qu'il faut suspendre mais la hausse de la TVA au 1er janvier 2014, qui va amputer le revenu des catégories populaires et aggraver la récession.


Attac France,
Paris, le 6 novembre 2013


Adhérez, réadhérez à Attac : http://www.france.attac.org/adherer
Désinscription : http://list.attac.org/wws/signoff/attac-adherents

France : A 40 kilomètres de la capitale, des ingénieurs de l'armement ont produit des agents toxiques



La France a testé des armes chimiques près de Paris

  Pour la première fois, un des hommes clés de ce programme parle.


Sous couverts de travaux de protection (ici des gendarmes en tenue contre des attaques chimiques), les ingénieurs du centre du Bouchet produisaient des agents toxiques militarisés. (Jack Guez-AFP)
Sous couverts de travaux de protection (ici des gendarmes en tenue contre des attaques chimiques), les ingénieurs du centre du Bouchet produisaient des agents toxiques militarisés. (Jack Guez-AFP)
 
Cet ingénieur militaire a été tenu au secret-défense pendant des décennies. Il parle ici pour la première fois. Ce qu'il sait n'est connu que d'une poignée d'initiés. Durant près d'un demi-siècle, il a été au cœur d'un chapitre noir de l'histoire de France : les essais d'armes chimiques menés près de Paris, tout au long de la Ve République, jusqu'à une période très récente.
Désormais à la retraite, Daniel Froment, 72 ans, a accepté de rencontrer plusieurs fois "Le Nouvel Observateur" chez lui, en région parisienne. Pendant des heures, ce chimiste longiligne, non dénué d'un certain humour, a raconté la vie au centre d'études du Bouchet, un établissement militaire secret situé dans l'Essonne, dans lequel il a travaillé de 1965 à 2006 et dont personne avant lui n'a jamais rien dit. Il décrit d'un ton égal les essais qu'il a menés sur des animaux, y compris dans les années 1990, et les effets terribles des différents produits qu'il a fabriqués au fil des années, à l'abri des regards. Officiellement, il travaillait à la protection des soldats. En réalité, il mettait au point des agents toxiques militarisés. Le but jamais avoué : pouvoir doter la France, en quelques mois, d'un vaste arsenal chimique.
Brisant des décennies de non-dits, il parle aussi des accords secrets qui ont lié la France aux Etats-Unis dans le domaine de la recherche militaire chimique. Il dit ce qu'il sait des fameuses armes de destruction massive qui ont "justifié" l'invasion de l'Irak en 2003 et ce qu'il connaît de l'assaut meurtrier au gaz toxique dans un théâtre à Moscou l'année précédente. Enfin, il raconte ses diverses missions confidentielles à l'étranger, en Yougoslavie comme en Libye.
Le Nouvel Observateur Pourquoi parlez-vous aujourd'hui, après un si long silence?
Daniel Froment. Le temps est venu de dire la vérité sur cette histoire. On va célébrer le 100e anniversaire de la Grande Guerre, pendant laquelle tant d'hommes ont été gazés, au moment même où l'Organisation pour l'Interdiction des Armes chimiques se voit décerner le prix Nobel de la paix. La boucle est bouclée.


Mélenchon : "À Quimper, les esclaves manifestent pour les droits de leurs maîtres"




Par Le Point.fr, 

Le leader du Parti de gauche accuse le patronat et "les cléricaux des départements bretons" de manipuler les "nigauds". Florilège.

Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon
Le coprésident du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon © Sipa

Des laquais à la solde de leurs maîtres, c'est ainsi que Jean-Luc Mélenchon regarde les manifestants bretons. Le coprésident du Parti de gauche a appelé pour sa part les salariés à manifester à Carhaix avec leurs syndicats. Deux manifestations pour l'emploi sont en effet prévues ce samedi : une à Quimper à l'appel de plusieurs organisations professionnelles et patronales, de FO et du maire divers gauche de Carhaix, Christian Troadec, et une à Carhaix à l'appel de la CGT, Solidaires et FSU.

"Faire manifester les nigauds"

"Encouragé par la timidité et la pleutrerie du gouvernement qui leur cède tout, le patronat et les cléricaux des départements bretons vont faire manifester les nigauds pour défendre leur droit de transporter à bas coût des cochons d'un bout à l'autre de l'Europe dans des conditions honteuses", écrit Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué.
"À Quimper manifestent ceux qui veulent que continue la souillure de notre belle Bretagne par les nitrates de l'agriculture productiviste. À Quimper manifestent ceux qui veulent les salaires de misère pour les agriculteurs et le règne de la grande distribution. À Quimper, les esclaves manifesteront pour les droits de leurs maîtres", juge le député européen.
"Les salariés des départements bretons ne doivent pas se tromper de colère ! Ils ne doivent pas aller baiser la main qui les frappe. Ils doivent manifester à Carhaix avec leurs syndicats de salariés et leur classe, leur camp, leur famille. S'ils aiment les symboles historiques, les Bretons qui réfléchissent préfèreront se souvenir de leurs ancêtres qui déclenchèrent la grande révolution de 1789 contre les privilèges des riches et créèrent le club des jacobins plutôt que de marcher derrière les seigneurs de leur époque !" conclut-il.
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------



L'Humanité,  le 2 /11/ 2013

Plus de 3 000 manifestants à Carhaix" pour l'emploi et contre la loi de l'argent"

À l'appel de la CGT, FSU et Solidaires et soutenue par le Front de gauche et les Verts, la manifestation pour l'emploi à Carhaix (Finistère) s'est déroulée dans le calme. À Quimper, des incidents ont eu lieu entre les "bonnets rouges" et les forces de l'ordre.
Alors que tous les yeux sont braqués sur la manifestation des "bonnets rouges", soutenue par la droite, l'extrême-droite et le Medef, une autre manifestation avait lieu dans le Finistère, à l'appel des syndicats CGT, FSU et solidaires et soutenue par le Front de gauche et les Verts. Plus de 3 000 personnes selon l'intersyndicale, ont défilés dans les rues de Carhaix dans le calme et la bonne humeur pour dénoncer la casse sociale organisée et le dumping social, particulièrement dans la filière agroalimentaire.

Des salariés de Gad, Marine Harvest ou encore de Tilly Sabco, ces derniers viennent d'apprendre qu'un millier d'emplois est en jeu après l'annonce de l'arrêt de la production de poulets vers l'export, se sont joints au cortège.


Du côte des soutiens politiques, on distinguait, notamment, Richard Ferrand, le député PS du Finistère, la représentante du Front de gauche, Raquel Garrido ou encore le secrétaire national d'EELV, Pascal Durand pour qui a déclaré que "la FNSEA et le Medef sont à l'origine de la crise bretonne. Ils instrumentalisent la taxe poids lourd et la détresse des salariés".

Violentes échauffourées à Quimper
De violentes échauffourées ont éclaté samedi lors de la manifestation contre l'écotaxe, soutenue par la droite, l'extrême droite et le patronat. Peu après15 heures à Quimper, un petit groupe de manifestants s'est opposé aux forces de l'ordre en leur jetant des projectiles, pierres, pavés, barres de fer, pots de chrysanthèmes et fusées de détresse. Les policiers ont répondu en faisant usage d'un canon à eau et de grenades lacrymogènes. Les "bonnets rouge" ont tenté d'escalader les grilles de la préfecture et ont mis le feu à des palettes. Depuis la tribune, les organisateurs, qui revendiquent 30 000 manifestants, ont lancé des appels au calme. La préfecture a estimé la manifestation à au moins 10 000 personnes.
Un peu plus tôt dans la journée, sur la RN24 ans le Morbihan, une route à quatre voies qui relie Lorient à Rennes, des bonnets rouges ont fait un feu de pneus au pied du portique de Saint-Allouestre, qui a cédé et s'est écroulé. Des manifestants avaient déjà détruit un portique le 2 août à Guiclan (Finistère). Jeudi, la préfecture du Finistère avait fait procéder au démontage du portique de Pont-de-Buis. Par ailleurs, des manifestants à bord de camions et de tracteurs, bravant l'interdiction des autorités, se sont approchés du centre ville mais ont été immobilisés par les forces de l'ordre.
Lire aussi :
www.humanite.fr