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jeudi 7 novembre 2013

France : A 40 kilomètres de la capitale, des ingénieurs de l'armement ont produit des agents toxiques



La France a testé des armes chimiques près de Paris

  Pour la première fois, un des hommes clés de ce programme parle.


Sous couverts de travaux de protection (ici des gendarmes en tenue contre des attaques chimiques), les ingénieurs du centre du Bouchet produisaient des agents toxiques militarisés. (Jack Guez-AFP)
Sous couverts de travaux de protection (ici des gendarmes en tenue contre des attaques chimiques), les ingénieurs du centre du Bouchet produisaient des agents toxiques militarisés. (Jack Guez-AFP)
 
Cet ingénieur militaire a été tenu au secret-défense pendant des décennies. Il parle ici pour la première fois. Ce qu'il sait n'est connu que d'une poignée d'initiés. Durant près d'un demi-siècle, il a été au cœur d'un chapitre noir de l'histoire de France : les essais d'armes chimiques menés près de Paris, tout au long de la Ve République, jusqu'à une période très récente.
Désormais à la retraite, Daniel Froment, 72 ans, a accepté de rencontrer plusieurs fois "Le Nouvel Observateur" chez lui, en région parisienne. Pendant des heures, ce chimiste longiligne, non dénué d'un certain humour, a raconté la vie au centre d'études du Bouchet, un établissement militaire secret situé dans l'Essonne, dans lequel il a travaillé de 1965 à 2006 et dont personne avant lui n'a jamais rien dit. Il décrit d'un ton égal les essais qu'il a menés sur des animaux, y compris dans les années 1990, et les effets terribles des différents produits qu'il a fabriqués au fil des années, à l'abri des regards. Officiellement, il travaillait à la protection des soldats. En réalité, il mettait au point des agents toxiques militarisés. Le but jamais avoué : pouvoir doter la France, en quelques mois, d'un vaste arsenal chimique.
Brisant des décennies de non-dits, il parle aussi des accords secrets qui ont lié la France aux Etats-Unis dans le domaine de la recherche militaire chimique. Il dit ce qu'il sait des fameuses armes de destruction massive qui ont "justifié" l'invasion de l'Irak en 2003 et ce qu'il connaît de l'assaut meurtrier au gaz toxique dans un théâtre à Moscou l'année précédente. Enfin, il raconte ses diverses missions confidentielles à l'étranger, en Yougoslavie comme en Libye.
Le Nouvel Observateur Pourquoi parlez-vous aujourd'hui, après un si long silence?
Daniel Froment. Le temps est venu de dire la vérité sur cette histoire. On va célébrer le 100e anniversaire de la Grande Guerre, pendant laquelle tant d'hommes ont été gazés, au moment même où l'Organisation pour l'Interdiction des Armes chimiques se voit décerner le prix Nobel de la paix. La boucle est bouclée.


mardi 17 septembre 2013

Le dossier syrien au lendemain des résultats de l'inspection de l'ONU

Par F. Delorca, Atlasalternatif,   17 /9/ 2013
Après le vote défavorable à l'ingérence militaire de la chambre des communes, et le retrait du Royaume-Uni de la coalition belliciste, le président étasunien Barack Obama a décidé de consulter le Congrès avant toute intervention en Syrie (une première dans l'histoire du pays depuis quinze ans), laissant François Hollande et Laurent Fabius seuls dans leur entêtement à faire la guerre au gouvernement syrien en représailles à l'utilisation d'armes chimiques aux vergers de la Ghouta près de Damas.
 
Alors que, malgré les imprécations du secrétaire d'Etat John Kerry, le soutien du Congrès était loin d'être acquis, une initiative du président russe Vladimir Poutine au lendemain du G8 tendant au transfert des armes chimiques de la Syrie en Russie (sans exiger le démantèlement des armes chimiques et nucléaires israéliennes auxquelles l'arsenal syrien était censé faire contrepoids) a profondément modifié la donne, et l'accord à Genève entre John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov sur les modalités de la destruction des armes et la reprise du processus politique a semblé consacrer une nouvelle orientation des grandes puissances sur le dossier syrien. Toutefois les Etats-Unis continuent de soutenir les rebelles, et la France le jour même de l'annonce du président Poutine a tenu à introduire au conseil de sécurité de l'ONU une résolution plaçant le transfert des armes chimiques syriennes dans le cadre d'une condamnation explicite du régime de Bachar El-Assad et sous le menace persistante d'une action militaire dans le cadre du chapitre VII de la charte des Nations-Unies. Elle comptait notamment sur les résultats de l'inspection de l'ONU pour appuyer une condamnation du gouvernement légal.
 
Selon Le Monde du 16 septembre, trois arguments dans le rapport des inspecteurs (qui n'avaient pas pour mission de désigner des coupables) plaident dans le sens de la thèse de la France : la quantité de gaz sarin utilisée, l'utilisation de missiles sol-sol et le fait que le tir provenait de la zone sud-est contrôlée parles forces gouvernementales.
 
En face les adversaires de la guerre estiment que le massacre de la Ghouta peut avoir résulté d'une opération sous faux drapeau et rappellent que d'importants massacres de civils ont été commis parles rebelles en août et début septembre à Lattaquié et Maksar al Hessan près de Homs. Ils font valoir  les images de tirs de missiles suspects depuis la zone rebelle de Douma détectés par un satellite russe et remis à l'ONU,l'article du journaliste jordanien Yahya Ababneh citant trois rebelles de la Ghouta qui parlent d'erreurs de manipulation de produits non identifiés, article relayé par la journaliste d'Associated Press Dale Gavlak pour l'agence américaine Mint Press, les innombrables menaces d'attaques chimiques lancées via Youtube par des groupes djihadistes parmi lesquels la Brigade de l'Odeur destructrice (Katibat Rih al Sarsar), les vidéos publiées par des groupes rebelles sur Youtube montrant leurs stocks de produits chimiques fabriqués par Tekkim, une usine turque basée à Gaziantep, les produits chimiques saisis par la police turque le 28 mai 2013 à Adana chez le terroriste syrien Haytham Qassap dans une safe house appartenant aux groupes djihadistes Al Nosra et Ahrar al Cham, le précédent du massacre chimique de Khan al Assal près d'Alep documenté par la journaliste russe Anastasia Popova, les vidéos dans lesquelles des rebelles évoquent leur utilisation de « gaz de combat », les aveux de Nadim Baloush, commandant d'un bataillon du Front al Nosra,  la puissance de feu et la coordination opérationnelle sans cesse plus performantes de la rébellion syrienne grâce à l'aide militaire saoudienne, les doutes sur les images de l'attaque chimique diffusées par les médias de la rébellion émis par Stephen Johnson, expert en armes chimique de l'Institut de médecine légale de Cranfield. Domenico Quirico et Pierre Piccinin, otages des forces rebelles auxquelles ils étaient pourtant favorables, affirment avoir été témoins le 30 août dans la caserne de Bab-Alaouad tenue par l'Armée syrienne libre et le mouvement Al Farouk d'une conversation disculpant le régime syrien dans cette affaire. En outre selon des écoutes de l'armée allemande révélées par "Bild am Sonntag" du dimanche 8 septembre, Bachar al-Assad n'a vraisemblablement pas approuvé personnellement l'attaque chimique du 21 août. De hauts gradés de l'armée syrienne "réclament régulièrement depuis environ quatre mois des attaques chimiques au palais présidentiel à Damas (mais) ces demandes ont été toujours refusées, et l'attaque du 21 août n'a vraisemblablement pas été approuvée personnellement par Bachar al-Assad".
 
Sur le terrain, les forces gouvernementales semblent continuer de progresser. Elle aurait notamment repris la majeure partie du village chrétien de Maaloua où les djihadistes (nombreux parmi les rebelles) avaient persécuté la population civile à la fin du mois d'août.
 

 

samedi 7 septembre 2013

Belgique : ACTION: Pas d'intervention en Syrie!

ACTION: Pas d'intervention en Syrie!
Dimanche 8 septembre, de 17h à 18h30 -
 l'ambassade des Etats-Unis, 
Boulevard du Régent,
 Bruxelles
Le 8 septembre, à la veille du vote au Congrès des Etats-Unis, nous descendons dans la rue contre une intervention militaire en Syrie et pour une solution politique!
              --- Pas d'intervention militaire en Syrie! ---
                --- Une solution politique, maintenant! ---
 
Les Etats-Unis et la France préparent une attaque sur la Syrie. Ils sont prêts à ignorer l'ONU, ils n'attendent même pas les résultats de l'enquête de l'ONU sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Il apparaît une fois de plus de manière évidente que l'Occident fait passer ses propres intérêts avant ceux de la population syrienne. Seuls un dialogue et un accord politique peuvent mener à la fin du conflit en Syrie.
Une intervention ne fera qu'aggraver la situation en Syrie et causera davantage de victimes et de réfugiés. Une opération militaire aura en outre des effets déstabilisateurs dans le reste de la région.
Des mobilisations contre la guerre, des sondages et le vote dans le parlement britannique montrent que l'opinion publique s'oppose à une attaque contre la Syrie.
Les négociations entre les différentes parties impliquées dans le conflit doivent démarrer au plus vite. La Belgique doit se distancier de toute escalade militaire et fournir tous les efforts nécessaires pour arriver à une solution.
Organistaions : intal - Vrede vzw - COMAC - Comité contre l'ingérence en Syrie - LEF/FGE - PTB/PVDA - PC - BRussells Tribunal - Vredesactie - Curieus Brussel - G3W/M3M - Palestina Solidariteit - MCP - Agir pour la Paix - Comité Surveillance Otan - Kif Kif - …

Position : intal s'oppose à toute attaque militaire visant la Syrie
La Belgique doit prendre ses distances vis-à-vis de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis - 27 août 2013
Le langage menaçant du Secrétaire d'Etat John Kerry est une étape dangereuse vers une attaque militaire à l'encontre de la Syrie. Laurent Fabius (France) et William Hague (Grande Bretagne) ont tenu la même rhétorique belliciste. Intal s'oppose à ces plans de guerre. La paix ne peux venir d'un bombardement.
Les Etats-Unis sont mal placés pour donner des leçons concernant l'utilisation d'armes non conventionnelles. L'emploi de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki, celui de l'agent Orange sur le Vietnam, tout cela est avéré ; tout comme l'utilisation de bombes à l’uranium appauvri en Yougoslavie et de bombes au phosphore en Irak. Dans son discours, Kerry condamne, au nom de la «conscience de l'humanité», l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Son indignation n'est pas crédible.
Intal s'oppose à l'utilisation (et à la possession) d'armes non conventionnelles. Ces dernières doivent être interdites. Les Etats-Unis constituent l'obstacle principal à cette interdiction car ils possèdent le plus grand arsenal d'armes nucléaires au monde et ne comptent rien changer à ce sujet.
Les armes chimiques ne sont qu'une excuse pour pouvoir entrer en guerre. Pour envahir l'Irak, les Etats-Unis ont fabriqué des preuves sur la possession d'armes de destruction massive. Ces preuves se basaient sur les mensonges qu'avaient présentés le Secrétaire d'Etat Colin Powell au Conseil de Sécurité de l’ONU. Aujourd'hui Kerry prétend aussi détenir des preuves de la culpabilité du gouvernement syrien, mais il ne les rend pas publiques. C'est inadmissible.
Comme le déclarait l'ancien secrétaire d'Etat américain Kissinger, les Etats-Unis défendent toujours en premier lieu leurs intérêts. Le discours alarmiste de Kerry est un signe que ces intérêts américains sont menacés, sans doute parce que les rebelles qu'ils soutiennent ont perdu du terrain ces derniers mois au profit du gouvernement syrien.
Intal lance un appel à s'opposer aux menaces de guerre de l’Occident visant la Syrie et contre une éventuelle participation belge à cette dernière. L'Irak, la Libye, l'Afghanistan nous ont appris qu'une intervention militaire apportera encore plus de misère au peuple syrien. La Belgique doit se distancer de la violence des Etats-Unis et de celle de ses alliés. Elle doit défendre une diplomatie basée sur la paix, sur la recherche d’une solution négociée et sur le respect de la souveraineté.
Bureau National d'intal

Syrie, plusieurs versions le prouveraient : ce sont les rebelles qui ont utilisé du gaz Sarin de combat



Les rebelles et les résidents locaux à Ghouta accusent le prince saoudien Bandar bin Sultan d’avoir fourni les armes chimiques à un groupe rebelle lié à Al -Qaida .

Ghouta, Syrie – Tandis que la machine de guerre américaine se met en place après l’attaque par armes chimiques la semaine dernière, les Etats-Unis et leurs alliés sont peut-être en train de se tromper de coupable.

C’est ce qui semble ressortir des entretiens avec des gens à Damas et Gouta, une banlieue de la capitale syrienne où, selon l’ONG humanitaire Médecins sans frontières, au moins 355 personnes ont trouvé la mort la semaine dernière par ce que l’organisation croit être un agent neurotoxique.
Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ainsi que la Ligue arabe ont accusé le régime du président syrien Bachar al-Assad d’avoir mené une attaque avec des armes chimiques qui ont visé principalement des civils. Des navires de guerre américains sont stationnés dans la mer Méditerranée prêts à lancer des frappes militaires contre la Syrie en guise de punition pour cette attaque massive d’armes chimiques. Les États-Unis et d’autres ne sont pas intéressés à examiner tout élément de preuve contraire tandis que le secrétaire d’Etat américain John Kerry déclarait lundi que la culpabilité d’Assad était « un jugement ... déjà clair aux yeux du monde. »
Cependant, selon de nombreux entretiens avec des médecins, des résidents à Gouta, des combattants rebelles et leurs familles, le tableau est différent. Beaucoup croient que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et sont responsables de l’attaque au gaz.
« Mon fils est venu me voir il y a deux semaines pour me demander ce que je pensais des armes qu’on lui avait demandé de transporter », déclare Abou Abdel-Moneim, le père d’un rebelle luttant pour déloger Assad, qui vit à Gouta.
Abdel-Moneim dit que son fils et 12 autres rebelles ont été tués à l’intérieur d’un tunnel utilisé pour stocker des armes fournies par un militant saoudien, connu sous le nom d’Abou Ayesha, qui dirigeait un bataillon de combat. Le père décrit les armes comme ayant une « structure en forme de tube » tandis que d’autres ressemblaient à « d’énormes bouteilles de gaz ».
Des habitants de Gouta disent que les rebelles utilisaient des mosquées et des maisons privées pour se réfugier tout en stockant leurs armes dans des tunnels.
Abdel-Moneim dit que son fils et les autres sont morts lors de l’attaque chimique. Le même jour, le groupe Jabhat al-Nusra, lié à Al-Qaïda, avait annoncé qu’il allait attaquer de la même manière des civils à Latakia, au coeur de la région acquise au régime Assad sur la côte ouest de la Syrie, apparemment en guise de représailles.
« Ils ne nous ont pas dit ce qu’étaient ces armes ni comment les utiliser », se plaint une combattante nommée « K. » « Nous ne savions pas qu’il s’agissait d’armes chimiques. Nous n’avions jamais imaginé que c’était des armes chimiques » .
« Quand le prince saoudien Bandar donne de telles armes, il doit les donner à ceux qui savent comment les manipuler et les utiliser », avertit-elle. Elle, comme d’autres Syriens, ne veut pas utiliser son nom et prénom par crainte de représailles.
Un chef rebelle bien connu à Gouta nommé « J » acquiesce. « Les militants de Jabhat al-Nusra ne coopèrent pas avec les autres rebelles, à l’exception de combats sur le terrain. Ils ne partagent pas d’informations secrètes. Ils ont simplement utilisé des rebelles ordinaires pour transporter et utiliser ce matériel » , dit-il.
« Nous étions très curieux au sujet de ces armes. Et malheureusement, certains des combattants ont manipulé les armes de façon inappropriée et ont déclenché les explosions », déclare « J ».
Des médecins qui ont traité les victimes des attaques chimiques nous (les intervieweurs) ont mis en garde de faire attention à poser des questions quant à savoir qui, exactement, était responsable de l’agression mortelle.
Le groupe humanitaire Médecins sans frontières a ajouté que des soignants auprès des 3.600 patients ont également signalé des symptômes similaires, y compris l’écume à la bouche, des difficultés respiratoires, des convulsions et une vision floue. Le groupe n’a pas été en mesure de vérifier l’information.
Plus d’une douzaine de rebelles interrogés ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien.

Implication saoudienne
Dans un récent article de Business Insider, le journaliste Geoffrey Ingersoll a souligné le rôle du prince saoudien Bandar dans la guerre civile syrienne qui dure depuis deux ans et demi. De nombreux observateurs estiment que Bandar, avec ses liens étroits avec Washington, a été au cœur de la campagne pour la guerre par les Etats-Unis contre Assad.
Ingersoll a fait référence à un article dans le quotidien britannique The Daily Telegraph au sujet de négociations secrètes russo-saoudiennes alléguant que Bandar avait offert au président russe Vladimir Poutine du pétrole bon marché en échange de son abandon d’Assad.
« Le prince Bandar s’est engagé à protéger la base navale de la Russie en Syrie si le régime d’Assad était renversé, mais il a également fait allusion à des attaques terroristes Tchétchènes pendant les Jeux olympiques d’hiver à Sotchi, en Russie, en cas d’absence d’accord, » écrit Ingersoll .
« Je peux vous donner une garantie pour protéger les Jeux olympiques d’hiver de l’année prochaine. Les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux sont contrôlés par nous », aurait dit Bandar aux Russes.
« De même que les autorités saoudiennes, les États-Unis auraient donné le feu vert au chef du renseignement saoudien pour mener ces négociations avec la Russie, ce qui n’est pas une surprise » écrit Ingersoll.
« Bandar a reçu son éducations aux Etats-Unis, à la fois militaire et universitaire, et a servi comme ambassadeur saoudien très influent aux États-Unis, et la CIA l’adore, » ajoute-t-il.
Selon le journal britannique The Indépendant, c’est l’agence de renseignement du prince Bandar qui a lancé en premier les accusations d’utilisation de gaz sarin par le régime, à l’attention des alliés occidentaux, au mois de février.
Le Wall Street Journal a récemment rapporté que la CIA a réalisé que l’Arabie Saoudite était "sérieuse" quant au renversement d’Assad lorsque le roi saoudien a nommé le prince Bandar pour diriger l’opération.
« Ils croyaient que le prince Bandar, un vétéran des intrigues diplomatiques de Washington et du monde arabe, pouvait offrir ce que la CIA ne pouvait pas : des tonnes d’argent et d’armes, et, comme l’a dit un diplomate américain, wasta, des pots-de-vin » dit-il.
Selon le Wall Street Journal, Bandar a mis en marche l’objectif prioritaire de la politique étrangère de l’Arabie saoudite, à savoir le renversement d’Assad et ses alliés, l’Iran et le Hezbollah.
Dans ce but, Bandar a convaincu Washington de soutenir un programme pour armer et entraîner les rebelles sur une base militaire prévue en Jordanie.
Le journal rapporte qu’il a rencontré « les Jordaniens mal à l’aise avec une telle base » :
Ses rencontres à Amman avec le roi Abdallah de Jordanie duraient parfois huit heures d’affilée. « Le roi plaisantait : ’Oh, Bandar vient à nouveau ? Prévoyons deux jours pour la réunion’ », a dit une personne proche de ces réunions.
La dépendance financière de la Jordanie auprès de l’Arabie saoudite a peut-être fourni aux Saoudiens un fort argument. Un centre d’opérations en Jordanie a commencé à fonctionner au cours de l’été 2012, comprenant une piste d’atterrissage et des entrepôts d’armes. Selon le WSJ, citant des responsables arabes, des AK-57 et munitions furent fournies par les Saoudiens.
Bien que l’Arabie Saoudite a officiellement affirmé qu’elle soutenait les rebelles plus modérés , le journal a rapporté que « des fonds et des armes ont été discrètement acheminées à des groupes radicaux, simplement pour contrer l’influence des islamistes rivaux soutenus par le Qatar. »
Mais les rebelles interviewés ont dit que le prince Bandar est appelée « al- Habib » ou « l’amant » par les militants d’al -Qaida combattant en Syrie.
Peter Oborne, dans un article du Daily Telegraph jeudi, a émis une mise en garde au sujet de la précipitations de Washington à punir le régime d’Assad par de soi-disant frappes "limitées" qui ne sont pas destinées à renverser le dirigeant syrien mais à diminuer sa capacité à utiliser des armes chimiques :
Considérez ceci : les seuls bénéficiaires de l’atrocité sont les rebelles, qui étaient en train de perdre la guerre, et qui ont maintenant la Grande-Bretagne et l’Amérique prêtes à intervenir à leurs côtés. Bien qu’il semble y avoir peu de doute que des armes chimiques ont été utilisées, il y a un doute sur qui les a utilisées.
Il est important de se rappeler qu’Assad a déjà été accusé d’utiliser des gaz toxiques contre les civils. Mais à cette occasion, Carla del Ponte, commissaire de l’ONU sur la Syrie, a conclu que c’étaient les rebelles, et non Assad, qui étaient probablement responsables.
Dale Gavlak, Yahya Ababneh
http://www.mintpressnews.com/witnesses-of-gas-attack-say-saudis-suppli...
Certaines informations contenues dans cet article n’ont pu être vérifiées de manière indépendante. Mint Press News continuera de fournir de plus amples informations et des mises à jour.
Dale Gavlak est correspondant au Moyen-Orient pour Mint Press et a exercé à Amman, en Jordanie, pour Associated Press, NPR et la BBC. Expert dans les affaires du Moyen-Orient, Gavlak couvre la région du Levant, écrivant sur des sujets tels que la politique, les questions sociales et les tendances économiques. Dale est titulaire d’une maîtrise en études du Moyen-Orient de l’Université de Chicago.
Yahya Ababneh est un journaliste indépendant jordanien et travaille actuellement sur un diplôme de maîtrise en journalisme, il a couvert des événements en Jordanie, au Liban, en Arabie Saoudite, la Russie et la Libye. Ses articles ont été publiés par Amman Net, Saraya News , Gerasa News et ailleurs.
Traduction « tiens, c’est vrai, encore fallait-il qu’un journaliste pense à faire son travail. Message perso à Hollande : y’a plus qu’à "punir" l’Arabie Saoudite, c’est juste à côté. » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.
URL de cet article 22157 
 Cet article est une collaboration entre Gavlak Dale pour Mint Press News et Yahya Ababneh .

http://www.legrandsoir.info/exclusif-temoignages-syriens-a-gouta-ce-sont-les-rebelles-fournis-par-l-arabie-saoudite-qui-sont-a-l-origine-de-l-attaque.html
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Des rebelles syriens ont admis qu’ils étaient responsables de l’attaque chimique du 21 août



2250340 
L’incident du 21 août dernier où des armes chimiques ont fait entre 355 et 1300 morts dans la banlieue Est de Damas aurait été produit par des rebelles syriens selon le très crédible journaliste Dale Gavlak, correspondant au Moyen-Orient pour l’Associated Press depuis deux décennies.


Les puissances occidentales ont blâmé les forces de Bachar al-Assad, mais selon les témoignages recueillis par Gavlak, cette attaque serait en fait le résultat d’une mauvaise manipulation d’armes chimiques fournies par l’Arabie Saoudite!


Selon le journaliste de l’Associated Press [probablement pour peu de temps encore], de nombreux médecins, résidents de Ghouta, des combattants rebelles et leurs familles, prétendent que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et que ce sont ces armes qui sont responsables de l’attentat chimique mortel.


Les rebelles ont dit à Gavlak qu’ils n’ont pas été correctement formés sur la façon de manipuler les armes chimiques, qu’ils ne savaient pas de quoi il s’agissait.  Il semble que les armes devaient initialement être données à Al Qaïda et au groupe Front al-Nosra [un groupe djihadiste de rebelles armés].


Un militant de l’opposition a dit au journaliste qu’ils étaient très curieux au sujet de ces armes et que malheureusement certains d’entre eux ont manipulé les armes de façon inappropriée, ce qui a déclenché les explosions.  Un autre combattant, une femme, a ajouté que le groupe de rebelles ne savaient pas de quel type d’armes il s’agissait ni comment les utiliser.


Abou Abdel-Moneim, le père d’un rebelle de l’opposition, a également dit à Gavlak: "Mon fils est venu me voir il y a deux semaines me demandant ce que je pensais du fait qu’on lui avait demandé de garder des armes."  Le fils aurait décrit les armes comme une structure en forme de tube tandis que d’autres étaient comme une énorme bouteille de gaz.  Le père a nommé le militant saoudien qui aurait fourni les armes comme étant Abou Ayesha.  Selon le père, les armes ont explosé à l’intérieur d’un tunnel, tuant 12 rebelles.


Plus d’une douzaine de rebelles ont été interrogés et ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien, écrit Gavlak.  


Si cette histoire est exacte, elle pourrait rendre complètement invalide l’attaque des États-Unis sur la Syrie.


Le rôle présumé de l’Arabie Saoudite dans la fourniture d’armes aux rebelles n’est pas une surprise étant donné les révélations plus tôt cette semaine à l’effet que les Saoudiens ont menacé la Russie d’attaques terroristes aux Jeux olympiques d’hiver à Sotchi l’an prochain, à moins qu’ils n’abandonnent leur soutien au président syrien.


Le journal Telegraph a rapporté que le prince Bandar aurait dit à Vladimir Poutine que les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux sont contrôlés par eux (Saoudiens).



Sources:



Via http://leschroniquesderorschach.blogspot.fr/2013/08/des-rebelles-syriens-ont-admis-quils.html
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Syrie : c’est tranché, ce sont les rebelles qui ont utilisé du gaz Sarin de combat

http://www.tunisie-secret.com/Syrie-c-est-tranche-ce-sont-les-rebelles-qui-ont-utilise-du-gaz-Sarin-de-combat_a583.html

mercredi 31 juillet 2013

Syrie: la guerre, les silences et les mensonges

 Par François Bonnet, Mediapart, 28/8/2013


Les Etats-Unis, France et Royaume-Uni vont intervenir militairement en Syrie. S'il est urgent d'aider à la chute de Bachar al-Assad, la campagne de frappes aériennes annoncée apparaît comme une fuite en avant, sans base légale, tout à la fois opération de camouflage des erreurs passées, gestion opportuniste des opinions, déclencheur possible d'un cataclysme régional alors que des alternatives existent. Parti pris.

Disons-le tout net. Tout démocrate sincère doit aujourd'hui souhaiter la chute du régime d'al-Assad et aider à sa perte. Démocrate sincère, c'est-à-dire citoyen libre, refusant de considérer le monde au travers de visions complotistes, qui ne feraient des pays occidentaux que les laquais dociles d'un Grand Satan impérialiste américain. Citoyen libre, c'est-à-dire considérant que des valeurs universelles doivent être en toute place défendues et que la promotion et la défense de ces valeurs sont l'unique moyen d'asseoir la légitimité d'un droit international -et de ses organisations, ONU en tête.

C'est pourquoi nous ne pouvons que souhaiter la chute du régime syrien. Qu'un point final soit enfin mis à plus de quarante années d'un régime dictatorial caché sous les oripeaux d'un pseudo socialisme dit laïc à la sauce baassiste, acteur sinistre de tueries, du désastre de quinze années de guerres libanaises, responsable de l'assassinat de l'ambassadeur de France Louis Delamare et de tant d'autres attentats.

Un crime défiant toutes les lois de la guerre vient d’être commis: l'utilisation d'armes de destruction massive (car les armes chimiques font bien partie de cette catégorie) contre une population civile, utilisation évidemment proscrite par les traités et conventions internationaux. Tout indique, à ce stade, que la responsabilité directe en incombe au régime de Bachar al-Assad (ses services, son armée, ses milices, des conseillers militaires étrangers?) - lire ici notre article. Nous y reviendrons.

Victimes à l'hôpital de Kafr Batna. 
Victimes à l'hôpital de Kafr Batna.© Violation documentation center
Faut-il en réaction -puisque réagir il faut- entrer en guerre? Une guerre certes qui ne dit pas son nom -on parlera d'«opérations limitées de frappes aériennes ciblées»- mais qui ne pourra éviter ce constat: plusieurs pays occidentaux, et la France, vont s'engager directement sur le champ de bataille syrien. Le faut-il? Nous ne le pensons pas, tant une intervention militaire apparaît à ce stade comme une périlleuse fuite en avant, sans base légale, tout à la fois opération de camouflage des lâchetés et erreurs passées, gestion opportuniste des opinions publiques, déclencheur possible d'un cataclysme régional aux conséquences incalculables.

La révolution syrienne, démarrée au printemps 2011 dans l'enthousiasme du grand 89 du monde arabe, méritait mieux et bien plus. L'occident, l'Europe, les Etats-Unis ont été aux abonnés absents, tout occupés à de petits calculs d'influence boutiquière sur les différentes factions d'une opposition en exil ne représentant souvent qu'elle même. Quand ils n'étaient pas simplement tétanisés face à ce réveil de sociétés se battant soudain pour la liberté et la démocratie et renversant le Vieux Monde (cf le discours de Nicolas Sarkozy insistant sur les nouveaux périls nés des révolutions tunisienne et égyptienne).

Les voilà aujourd'hui au pied du mur. Cette guerre -si elle est déclenchée- est déjà leur échec, conséquence périlleuse de deux années d'impéritie. Il faut donc rappeler une fois encore, comme ce fut le cas pour l'Afghanistan, pour l'Irak, pour la Libye, qu'une entrée en guerre est d'abord nourrie de silences et de mensonges. Il faut ensuite dire qu’en ce début du XXIè siècle la guerre n’est plus, comme l’assurait Clausewitz, «la continuation de la politique par d’autres moyens». Une fois engagée, elle mène sa vie propre, bouleverse les réalités, dicte trop souvent son rythme aux politiques. «Quand on met le doigt dans la guerre, on ne sait jamais où cela nous mène et où cela finit», nous disait il y a deux ans –et à propos d’une autre entrée en guerre, en Libye cette fois- le général Vincent Desportes, qui a longtemps dirigé l’Ecole de guerre à Paris.

Or l’accumulation des silences et des désinformations rend aujourd’hui insupportable une opération militaire que l’on tend à nous présenter –une fois de plus- comme une promenade de santé. Ainsi le scénario serait-il écrit : deux trois jours de frappes aériennes sur des cibles identifiées du régime Assad (bases aériennes, centre d’état-major, dépôts de matériel). Résultat escompté : la neutralisation des capacités chimiques de l’armée syrienne ; l’éventuel effondrement du régime –dont certaines sources soulignent désormais l’affaiblissement- ; à tout le moins, un choc qui amènera le dictateur ou les autres piliers du régime à accepter enfin de s’asseoir à une table de négociations pour construire une transition politique…
Ce scénario peut certes se réaliser mais il a aujourd’hui tout du conte de fées. Sauf à ce que la France, le Royaume Uni, les Etats-Unis disposent d’informations issues d’un solide travail de renseignement et qui donneraient crédit à un tel plan. Pourquoi alors ne pas les rendre publiques et expliciter comment cet engagement militaire ne sera qu’une séquence d’un plan global et crédible de règlement politique du conflit ? L’agressivité russe, les capacités de résistance démontrées depuis de longs mois par le régime syrien, les mises en garde répétées de l’Iran laissent au contraire entendre que le plan soudainement brandi par les puissances occidentales (qui expliquaient l’inverse, c’est-à-dire la dangerosité d’un tel type d’intervention tous ces derniers mois…) relève d’un pari pour le moins hasardeux.

Assumer un bras de fer avec la Russie

Car l’autre scénario est lui connu de longue date : c’est celui d’un embrasement régional hors contrôle. Les derniers attentats au Liban, débordement direct du conflit syrien, démontrent que Damas via le Hezbollah est prêt à déclencher le feu dans pays. Le regain de violences et d’attentats en Irak (près de 50 morts pour le seul week end dernier) est également lié aux développements de la guerre civile syrienne.
Qui peut exclure à ce stade que le régime perdu de Bachar al-Assad opte pour le chaos et la folie destructrice: nouvelles utilisations d’armes chimiques ; tirs de missiles sur Israël ? Qui peut exclure une escalade dans l’armement, la Russie décidant d’augmenter encore son appui militaire à Damas ? Qui peut exclure un engagement direct de l’Iran ou un Irak sombrant à nouveau dans les guerres confessionnelles et communautaires ? Qui peut exclure le déclenchement de massacres de grande ampleur dans le nord de la Syrie aujourd’hui largement tenu par les Kurdes ?
Ce ne sont que quelques-unes de la cascade de questions et de catastrophes que risque de provoquer une intervention militaire. Plutôt que des silences obstinés ou des phrases creuses, il est urgent que les pays occidentaux disent clairement comment ils entendent contenir ces risques. Or à ce jour rien n'est précisé de ces données élémentaires: quels objectifs, quels «buts de guerre», quel sera le «coup d'après» une fois conduites les frappes aériennes?
Bachar al-Assad et Vladimir Poutine. Le père du dictateur avait signé en 1980 un traité de coopération avec l'URSSBachar al-Assad et Vladimir Poutine. Le père du dictateur avait signé en 1980 un traité de coopération avec l'URSS© (Reuters)
Les silences et les mensonges s’appliquent également à un autre acteur décisif de ce conflit: la Russie. En bloquant depuis deux ans toute tentative d’avancée politique, en soutenant jusqu’à l’insupportable le régime de Bachar al-Assad, en paralysant enfin le conseil de sécurité de l’ONU, Vladimir Poutine porte une responsabilité écrasante. Il est lui aussi le responsable de cette escalade guerrière, renouant ainsi avec les pires moments de la politique étrangère soviétique.
Or l’Europe comme les Etats-Unis, et tout particulièrement la France, se sont refusés depuis deux ans et demi à engager un véritable bras de fer avec la Russie poutinienne. La stratégie était inverse: préserver Moscou, l’amadouer, en espérant qu’il ferait plier son allié Bachar al-Assad. Cette confondante naïveté se paie aujourd’hui au prix fort: celui de l’escalade militaire; celui d’un affaiblissement terriblement dangereux de l’ONU et du conseil de sécurité, garant du droit international.
Car en bloquant, par la menace du veto, trois résolutions sur la Syrie et en en rendant impossible de nouvelles, la Russie renvoie le conseil de sécurité à ce qu’il était du temps de la guerre froide: un machin inutile puisque systématiquement paralysé par les vetos successifs des Américains et des Soviétiques. Si le conseil de sécurité ne peut aujourd’hui faire respecter les fondements même du droit international –les lois de la guerre et les traités sur les armements- alors, à quoi peut-il bien servir? De ce constat, les puissances occidentales devraient se saisir bruyamment et remettre sur la table ce serpent de mer toujours évoqué mais jamais mis en chantier: une réforme du conseil de sécurité.
Elles désertent au contraire cette bataille essentielle puisque l’ONU est soudain court-circuitée, renvoyée aux oubliettes avec l’argument –réel mais un peu court- du blocage russe. Une conséquence en est l'absence de base légale incontestable pour mener une intervention en Syrie. Une autre est que la mission des inspecteurs de l’ONU envoyée sur le terrain pour établir l’utilisation d’armes chimiques se retrouve marginalisée. Alors que l’occident aurait dû se battre sans relâche pour donner à cette mission tous les moyens de procéder à des inspections complètes, la voici d’ores et déjà déconsidérée.


C’est un choix grave, car l’entrée en guerre ne peut se faire que sur une donnée incontestable: oui, c’est bien le régime al-Assad qui a délibérément fait le choix de recourir à l’arme chimique pour des massacres de masse. C’est ce que disent aujourd’hui les multiples réseaux de l’opposition et des combattants syriens –et ils sont plus que crédibles-. C’est ce que disent des ONG d’ordinaire fort prudentes (MSF, par exemple). Mais ce constat doit aussi être établi par une instance incontestable, présentée et discutée au conseil de sécurité.
Ce ne sera pas fait ou mal fait, laissant ainsi un doute prospérer sur les raisons réelles de cet engagement. John Kerry, secrétaire d’Etat américain, François Hollande, David Cameron affirment que la responsabilité directe du régime syrien est engagée. Témoignages, expertises scientifiques, travail de renseignement, photos aériennes, écoutes téléphoniques de militaires syriens: tout concorderait… Dans le même temps, Moscou dit avoir transmis au conseil de sécurité des éléments de preuves… inverses.
  
Fournir des preuves incontestables
L’urgence est, à ce stade, de rendre publiques ces preuves de la responsabilité de Bachar al-Assad. Et de ne pas répéter ce mensonge d’Etat que fut la prestation de Colin Powell devant le conseil de sécurité en 2003, lorsqu’il brandit une petite fiole, soi-disant échantillon des armes de destruction massive de Saddam Hussein… qui n’existaient pas. Imagine-t-on qu'une intervention de ce type soit engagée sans que les preuves irréfutables de la responsabilité du régime syrien ne soient rendues publiques?
L’urgence enfin est de présenter un processus politique crédible appuyé sur une évaluation sérieuse des différents acteurs de la guerre civile syrienne. La France, et c’est à son crédit, n’a cessé de vouloir aider à la construction d’une opposition structurée en Syrie, articulant combattants de l’intérieur, politiques et opposants en exil. François Hollande a ainsi été le premier à reconnaître le Conseil national syrien, ensuite englouti dans les guerres internes et devenu depuis la “coalition”.
Mais les rivalités entre puissances, tuteurs intéressés et factions syriennes ont mis ce travail à bas. L’Arabie saoudite est aujourd’hui largement en contrôle de cette coalition d’opposition. Le Qatar reste en embuscade. Est-ce cela que La France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie veulent? Chaque puissance a joué sa partition, considérant comme imminente la chute du régime de Damas et se plaçant déjà dans le Grand Jeu d’après. Erreur funeste qui a laissé les massacres perdurer sur le terrain (probablement 100.000 morts en deux ans et demi de révolution devenue guerre civile) et qui a ouvert la voie aux groupes djihadistes tout en donnant à Bachar al-Assad de nouvelles marges de manœuvre.
Dessin de Nasser al-Jaaffari extrait d'un portfolio publié par Mediapart.Dessin de Nasser al-Jaaffari extrait d'un portfolio publié par Mediapart.
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Une intervention militaire peut sans doute faire oublier aux opinions publiques occidentales les erreurs stratégiques répétées commises depuis 2011. Elle ne réparera rien du désastre syrien, pays dévasté, fracturé où aux morts s’ajoutent les 2,5 millions de personnes réfugiées et déplacées.

Or des éléments d’alternatives existent, plus complexes sans doute, plus longs certainement mais qui contournent les immenses risques d’explosion de la poudrière proche-orientale.
Le premier est d’instaurer un régime de sanctions drastiques à l’encontre des principaux dirigeants syriens
Le deuxième est d’assumer un conflit diplomatique sévère avec la Russie
Le troisième est de demander à la Cour pénale internationale de se saisir des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Syrie
Le quatrième est de négocier avec l’Iran
Le cinquième est d’armer enfin l’opposition syrienne sur des bases politiques claires qui ne laissent pas le terrain libre aux groupes djihadistes ou à la seule Arabie saoudite
La sixième est de construire un plan politique enfin coordonné entre les puissances visant à organiser l’après-Assad

Ces pistes sont régulièrement évoquées par les spécialistes, experts politiques de la région. Les égoïsmes des puissances, les médiocres calculs, les arrières pensées ont empêché de les emprunter. Plusieurs groupes de l’opposition syrienne ne souhaitent pas d’intervention occidentale. Comment justifier des raids aériens occidentaux quand ce même occident a, avec constance, refusé d’armer une rébellion à l’origine laïque et démocratique aujourd’hui menacée par les avancées djihadistes? N’est-il pas temps d’aider massivement à la reconstruction de ce mouvement démocratique appuyé sur les innombrables réseaux citoyens et sur une jeunesse syrienne avide de liberté?
C’est un chemin étroit, rendu plus difficile encore par les erreurs et absences de ces deux dernières années. Il est le seul possible si l’ambition est d’avancer vers une paix durable dans l’ensemble de cette région du monde.