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jeudi 12 septembre 2013

Subsahariens : La multiplication d’actes racistes au Maroc interpelle l’opinion publique.

 
Depuis 2004, en plein lune de miel avec l’Espagne de Zapatero, le Maroc s’est engagé, parfois même trop, dans la lutte contre l’immigration illégale à destination de l’Europe. Presque dix ans plus tard, le pays subit les revers de cette politique. Les ONG et l’ONU critiquent la multiplication des rafles et des déportations des Subsahariens.
                                                                                                  La multiplication d’actes racistes au Maroc interpelle l’opinion publique. A l’initiative du Comité Maroc du manifeste euro-africain sur la migration, une conférence-débat sera organisée, demain à Rabat au siège du club des avocats, pour débattre de cette poussée de la xénophobie au Maroc, spécialement, voire même exclusivement, contre les Subsahariens. Preuve en est les quatre assassinats racistes de ressortissants africains, entre juin et août « commis, près de Nador, à Tanger et à Rabat ayant pour auteurs des policiers ainsi que des citoyens ordinaires », assure l’ONG dans un communiqué.

Des crimes dont les auteurs n’ont pas encore été traduits devant la justice. Mais la conférence du mercredi ne sera pas le seul rendez-vous pour dénoncer la politique de rafles et de déportations de Subsahariens vers le no-man’s land entre le Maroc et l’Algérie. Le samedi 14 septembre à 17h00, un sit-in aura lieu à Rabat devant le siège du parlement.

Le rôle de gendarme de l’Europe écorne l’image du Maroc  
L’AMDH, dans un rapport rendu public fin juillet, a estimé le nombre de migrants subsahariens expulsés du Maroc, entre janvier et juillet 2013, à 6400 personnes, parmi lesquelles figurent 22 enfants. Le 4 mars dernier, le rapporteur de l’ONU sur la torture, l’Argentin Juan Mendez a fait état, dans son rapport présenté devant les membres du conseil des droits de l’Homme, « de passages à tabac et de violences sexuelles subis par les migrants subsahariens tentant chaque année de se rendre en Europe par le détroit de Gibraltar ou via Ceuta et Melilla ».  
Il en est de même pour des « abus systématiques subis par ces migrants, qui sont frappés avec des bâtons, des pierres ou d’autres objets, agressés sexuellement ou menacés d’agression sexuelle et soumis à d’autres formes de mauvais traitements consistant à les attacher avec des cordes, à leur causer des brûlures avec des briquets et à leur uriner dessus ».
Des remarques que l’actualité corrobore. Le 1er août dernier, soient onze jours avant le meurtre du jeune sénégalais Ismaila Faye à Rabat, une Ivoirienne, âgée de 16 ans, aurait été violée par cinq policiers, ceux-là même qui l’ont arrêté, quelques heures auparavant, à la médina de Tanger. Là aussi, aucune enquête n’a été lancée pour punir les coupables alors que les matricules des deux voitures utilisées par les éléments de la sûreté sont connues. Il aurait suffi d’un simple contrôle de routine pour savoir les noms complets des agents en service aux moments des faits.
Aucune enquête n'a été non plus ordonnée concernant la mort, fin juillet dernier, d'un ressortissant congolais. Arrêté le 24 juillet dernier, pour être expulsé du Maroc via Oujda, l'homme avait trouvé la mort après avoir été jeté, au niveau d'Assilah, par la fenêtre d’un bus de police en marche. Idem pour la mort de Clément, Camerounais de nationalité, décédé le 16 mars dernier après avoir été passé à tabac par des forces de l'ordre marocaines et espagnoles, lors d’une tentative de passage à la frontière de Melilia.

 http://www.yabiladi.com/articles/details/19493/subsahariens-sit-in-samedi-rabat-contre.html

Immigration: les détails du plan d'action du gouvernement


Par H24info.ma 11/09/2013
Immigrés arrêtés en situation irrégulière.
Des instructions ont été données pour traiter les personnes en situation irrégulière dans le strict respect de la loi. © AFP

Dans un communiqué conjoint, les départements de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice ont annoncé les grandes lignes d'un plan d'action traduisant la nouvelle politique de l'immigration au Maroc.
Ce ne sont pas un, mais trois départements ministériels qui ont (très vite) réagi à la séance de travail présidée par le roi Mohammed VI, mardi à Casablanca, et consacrée à la politique d’immigration au Maroc. Dans un communiqué, l’Intérieur, les Affaires étrangères et la Justice annoncent les grandes lignes du nouveau visage de la politique nationale d'accueil des étrangers. Ainsi, un plan d’action opérationnel sera mis en place autour des quatre axes essentiels du rapport du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).
Concrètement, et s’agissant de l’asile, un processus de mise à niveau du cadre juridique et institutionnel national sera lancé dans l’immédiat. Objectif, doter le pays d’un système de gestion conforme aux standards internationaux.  En attendant, «les cas des personnes détentrices, à ce jour, de documents délivrés par la Représentation du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) à Rabat seront traités en priorité», nous informe un communiqué conjoint des trois départements.

Concernant les étrangers en situation administrative irrégulière, des instructions ont été données aux autorités compétentes pour continuer de traiter les personnes en situation de séjour irrégulier dans le strict respect de la loi et de veiller à la protection de leurs droits et de leur dignité. «Une commission interministérielle établira dans les jours à venir un cadre procédural pour l’examen, au cas par cas et selon des critères précis, de la situation juridique de certaines catégories d’étrangers en situation administrative irrégulière», précise le communiqué.

Les recommandations du rapport du CNDH relatives aux étrangers en situation régulière feront l’objet d’un examen approfondi. Cela étant, «les autorités marocaines continueront leur lutte sans relâche contre les réseaux de trafic des migrants et de traite des personnes». Au programme, le renforcement du dispositif juridique et des actions de sensibilisation en la matière.

Le Maroc  ne peut agir seul sur le terrain de l’immigration. «Les partenaires du Maroc, notamment l’Union européenne, sont également concernés au premier plan par la nouvelle donne migratoire et doivent faire preuve d’un engagement plus concret dans leur appui à la mise en œuvre de cette nouvelle politique marocaine d’immigration », prévient-on dans le communiqué. De même, «une attitude responsable est requise de la part des pays voisins».
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 Au Maroc le roi condamne le racisme
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le 13.09.13 

Le meurtre d’un jeune Sénégalais à Rabat en août dernier a suscité une vive indignation. Aujourd’hui, le Maroc prend un nouveau tournant en essayant d’améliorer sa politique d’immigration. Dès demain, des associations se rassembleront devant le palais pour réitérer leur engagement.

Suite à l’appel de plusieurs organisations marocaines, notamment de l’Association démocratique des femmes du Maroc, l’association Lumière sur l’émigration clandestine au Maghreb, le Conseil des migrants subsahariens au Maroc, le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants et d’autres associations, un rassemblement est prévu demain à 17h devant le Parlement marocain. «Beaucoup de plaintes rarement des condamnations, les ressortissants subsahariens vivant au Maroc sont victimes d’actes de violence et de racisme, tant de la part des autorités (rafles, arrestations, tabassages, déportations) que de la part de simples citoyens (insultes, discriminations, agressions).
Entre juin et août 2013, quatre crimes racistes ont été commis près de Nador, à Tanger et à Rabat ayant pour auteurs des policiers ainsi que des citoyens ordinaires. Face à cette montée des violences et de l’intolérance, nous appelons tous les citoyens à se mobiliser pour stopper cette vague raciste, combattre l’impunité et les discriminations», lit-on de le communiqué de cette campagne antiraciste. A la prochaine rentrée parlementaire du 24 octobre prochain, les députés marocains négocieront, pour adoption, un projet de loi portant sur l’incrimination de toutes formes de racisme au Maroc. «Le Maroc est devenu une terre d’accueil pour les migrants. Ainsi, à titre d’illustration, le nombre d’immigrés issus des pays d’Afrique subsaharienne a quadruplé», a déclaré le roi du Maroc Mohammed VI, mercredi lors d’une session de travail, au palais de Casablanca. En ajoutant vouloir «réitérer la nécessité de procéder à la régularisation de la situation de ces personnes en matière de résidence et d’activités qu’elles exercent, au même titre que les immigrés réguliers des autres nationalités, dont les immigrés subsahariens».
Ces déclarations viennent au lendemain de la publication du rapport du Conseil national des droits de l’homme au Maroc. Une mesure jugée tardive, selon la journaliste marocaine, Houda Belabdar. «On est en 2013 et il a fallu en arriver jusque- là pour qu’une loi pareille puisse pointer le bout de son nez !», s’insurge-t-elle. «Personnellement, je n’irai pas jusqu’à applaudir une telle initiative. C’est le minimum qu’un pays comme le Maroc, qui se veut ouvert, puisse avoir. Pour ce qui est des mentalités, il nous faudra des mesures draconiennes pour en finir, une bonne fois pour toutes, avec des fléaux comme celui-là. Ce «nous» ne renvoie pas uniquement aux citoyens marocains, mais aux Maghrébins et arabes en général», conclu-t-elle.

Droits des migrants : Les Nations Unies demandent des comptes au Maroc qui continue à nier

  Le respect des droits des travailleurs migrants au Maroc fait l’objet de discussions, cette semaine, au bureau du Haut commissaire aux droits de l’homme pour les Nations unies. Face à face, l’optimiste rapport officiel du Maroc et les alarmant rapports alternatifs des associations de défense des droits des migrants.
« Une décennie marquée par une répression ciblée, récurrente et souvent violente contre les ressortissants de pays subsahariens en situation administrative irrégulière. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées, du fait de l’intervention directe des forces de l’ordre marocaines et espagnoles, comme ce fut le cas lors des événements dramatiques de Ceuta et Melilla », conclut ce matin, lundi 9 septembre, le représentant GADEM, groupement associatif de défense des droits des migrants au Maroc, lors de la 19e session du Comité sur les travailleurs migrants du bureau du Haut commissaire aux droits de l’homme pour les Nations unies, qui se tient jusqu’au 13 septembre à Genève. Au programme, débats sur le rapport rendu par le Maroc sur la situation des travailleurs migrants dans le royaume. « Le nombre d’arrivées de travailleurs étrangers et membres de leurs familles enregistrées par le ministère et les tribunaux du royaume a atteint 15 893 personnes en 2012, contre 9 193 arrivées en 2011 », indique le gouvernement marocain.
En fait de rapport officiel, il y a non pas 1 rapport, mais 8 documents sur le site de la session de cette semaine. Face à l’état des lieux extrêmement théorique présenté officiellement par le gouvernement marocain, 5 associations ont transmis au Comité des Nations Unies des rapports alternatifs nettement plus concrets et alarmant. Le Comité a alors décidé de poser des questions complémentaires au gouvernement marocain car l’écart entre les déclarations officielles et associatives est considérable. Le Maroc y répond dans un 8e document ; ou plutôt, n’y répond pas.

« Le péril noir »
« Veuillez donner des exemples d’affaires dans lesquelles la Convention [ internationale sur la protection de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles, ndlr] a été appliquée par les tribunaux nationaux ou les autorités administratives », demande le Comité. Le gouvernement marocain élude cette question et préfère rappeler une énième fois le droit théorique des migrants de recourir à la justice marocaine.
Début novembre 2012, le magazine Maroc Hebdo a consacré sa Une à un dossier visant l’immigration subsaharienne ayant comme titre « Le péril noir ». « Alors que le Code de la presse de 2003, dont l’article 39 bis punit toute incitation à la discrimination raciale, la haine ou la violence raciale, aucune procédure n’a été prise envers ces publications », rappelle l’AMDH dans son propre rapport alternatif.
Le Comité des Nations Unies écrit alors : nous sommes « informés du fait que les travailleurs migrants, notamment les migrants subsahariens, sont victimes de racisme et de discrimination dans l’État partie. Veuillez indiquer les mesures prises pour combattre ce phénomène. » Pour toute réponse, le gouvernement marocain avance un sondage datant de 2007 répondant à la question « Comment les Subsahariens pensent que les Marocains les perçoivent ? » Aucune politique publique à l’horizon.

10 femmes enceintes expulsées en 2012
Véritable point noir de la gestion marocaine des migrations, les expulsions de personnes en situation irrégulière ont été pointées du doigt par les associations dans leurs rapports alternatifs. « En 2012, 191 incidents ont été enregistrés et plus de 6000 personnes ont été expulsées. D’après les données de MSF, au moins 93 femmes, 10 d’entre elles enceintes, 45 mineurs, 35 enfants et plus de 500 personnes qui avaient besoin de soins médicaux pour des blessures liées à la violence, ont été expulsées au cours de l’année », révèle MSF, dans son rapport alternatif. En réaction, le Comité demande au Maroc : « Veuillez fournir des informations sur les mesures prises et envisagées pour mettre un terme à cette situation ».
Pour toute réponse, le gouvernement nie en bloc, comme d’ordinaire. « Les informations accusant les autorités marocaines de recours à la violence et mauvais traitements à l’encontre des migrants en situation irrégulière sont infondées d’autant que l’action des différentes autorités publiques intervenant en matière de lutte contre le trafic des êtres humains et la traite des personnes est strictement délimitée par les dispositions légales en vigueur », écrit-il au Comité. Tout juste le gouvernement reconnaîtra-t-il plus loin être « conscient des difficultés découlant de la procédure d’éloignement par la voie terrestre » pour lui préférer les retours volontaires.
Intimidation des activistes
Dans son rapport alternatif, le JAFEM rappelle également les pressions exercées à l’automne 2012 sur les associations de défense des droits des migrants. « L’arrestation de Camara Laye le 20 octobre 2012 pour son engagement militant est une preuve de non respect des droits de manifester, de dénoncer, d’attaque à la liberté d’expression contre les travailleurs immigrés. Ensuite le report pour la 7 fois du procès est un moyen d’intimidation et répression contre les migrants activistes », écrit-il.
Fin de non recevoir pour le Maroc : « pour les tentatives d’intimidations contre les associations, Concernant les accusations portant sur l’intimidation de certains responsables d’ONG, les autorités marocaines sont disposées à apporter toutes les explications et les éclaircissements sur des faits avérés ou affaires portées devant la justice. »

Aide juridique pour les réfugiés au Maroc : Droit et Justice lance son programme

Publié par : Meriem Najeb, 5/9/2013

                                   
                Le 12 septembre à Rabat, l’association Droit et Justice lancera son nouveau programme visant la représentation juridique des réfugiés et des demandeurs d’asile vivant sur le territoire marocain. Concrètement, l’ONG fondée en 2009 par Me Réda Oulamine et Me Mourad Faouzi, propose aux migrants éligibles à une demande d’asile auprès de la représentation Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) à Rabat un suivi juridique par l’intermédiaire d’avocats bénévoles. 
« À l’heure actuelle, ce service est inexistant ou insuffisant. Il serait susceptible d’aider cette catégorie de personnes particulièrement vulnérables à pouvoir effectivement exercer leurs droits », souhaite Droit et Justice. L’ONG estime que faute d’accès aux informations sur les procédures de reconnaissance du statut de réfugié, les migrants ne parviennent pas à déposer une demande d’asile.
Dans un premier temps, Droit et Justice veut s’employer à mieux faire connaître le droit des réfugiés. L’ONG lance à cet effet des formations gratuites destinées aux avocats et juristes désireux de s’investir, à titre bénévole, dans l’assistance juridique et la représentation des demandeurs d’asile sollicitant l’obtention du statut de réfugié auprès du HCR, décisionnaire en la matière au Maroc. Ce programme bénéficie du soutien de la Fondation euro-méditerranéenne de soutien aux défenseurs des droits de l’Homme (FEMDH).

À noter que le nombre de réfugiés au Maroc est faible. Selon le HCR, 891 bénéficient de ce statut, 50% parmi eux sont originaire de la Côté d’Ivoire et 20% de la RDC. A ce nombre, il faudrait ajouter les demandeurs d’asile originaire de la Syrie, qui affluent depuis le début de la guerre vers le Royaume. Actuellement, le Maroc ne dispose pas de législation dédiée à la question des réfugiés. Ce statut n’est toujours pas reconnu par les autorités marocaines.
www.lobservateurdumaroc.info

 http://www.jeunesdumaroc.com/4684-aide-juridique-pour-les-refugies.htmlhttp://www.jeunesdumaroc.com/4684-aide-juridique-pour-les-refugies.html

Le Roi Mohammed VI tiendra-t-il sa promesse de régulariser la situation de tous les immigrés ?



Le Roi Mohammed VI décide la régularisation de la situation de tous les immigrés

Le Roi Mohammed VI décide la régularisation de la situation de tous les immigrés

En présence du premier ministre, de plusieurs membres du gouvernement et de hauts responsables, le Roi Mohammed VI a tenu aujourd’hui au palais royal de Casablanca une réunion consacrée à la problématique de l’immigration dans la perspective d’établir une nouvelle politique « migratoire globale » rapporte l’agence Map.
  Le Maroc est devenu « une terre d’accueil pour les migrants » a souligné le Roi lors de cette réunion au point que le nombre d’immigrés issus des pays d’Afrique subsahariens a quadruplé. Le Maroc a également connu « Sous l’effet de la crise économique mondiale, une nouvelle forme d’immigration provenant de pays comme l’Espagne, la France et d’autres pays européens” a précisé le Roi. Lors de cette réunion, la décision a été prise de procéder à la régularisation de la situation de résidence de tous les immigrés y compris, les subsahariens, ajoute la Map. Rappelons que, comme annoncé par Toutsurlemaroc , plusieurs ressortissants subsahariens ont fait l’objet d’actes de racisme ou de maltraitance ces deniers mois. Réactif ! 

 http://www.toutsurlemaroc.com/le-roi-mohammed-vi-decide-la-regularisation-de-la-situation-de-tous-les-immigres/

Régularisation des migrants :Le Maroc vers “une politique responsable et pionnière”

aufait 

En demandant une régularisation des migrants en situation irrégulière au Maroc, mardi, le Roi Mohammed VI a fait preuve d'une réelle volonté politique de s'occuper de la question. Il reste maintenant à passer au concret.

Le Roi Mohammed VI a demandé, mardi, aux autorités concernées de s'occuper de la régularisation de migrants qui séjournent illégalement dans le Royaume. /MAP

Le Roi Mohammed VI a demandé, mardi, aux autorités concernées de s'occuper de la régularisation de migrants qui séjournent illégalement dans le Royaume. /MAP Agrandir

Vingt-quatre heures après avoir reçu le rapport du Conseil National des Droits de l'Homme pour la mise en place d'une politique publique de protection des droits des migrants, le Roi Mohammed VI a donné des instructions pour que la situation des réfugiés, demandeurs d'asile et des étrangers en situation administrative irrégulière soit régularisée.
Dans ce sens, un communiqué conjoint des ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de la coopération et de la Justice et des libertés salue “Les Hautes Orientations royales” qui constituent “une vision nouvelle de la politique migratoire nationale, humaniste dans sa philosophie, globale dans son contenu, responsable dans sa démarche et pionnière au niveau régional”.
Le communiqué souligne que la “nouvelle politique marocaine d'immigration” se déclinera en un plan d'action opérationnel autour des quatre axes essentiels du rapport du Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH) et sera mise en œuvre selon “une démarche d'association avec cette institution et de concertation avec l'ensemble des autres acteurs concernés”.

Priorité aux réfugiés
S'agissant de l'asile, précise le communiqué, il sera procédé au “lancement immédiat d'un processus de mise à niveau du cadre juridique et institutionnel national et ce, dans le but de doter le Royaume d'un système de gestion conforme aux standards internationaux et respectueux de ses engagements en matière de promotion et de protection des droits de l'Homme”.
En attendant, le cas des personnes détentrices, à ce jour, de documents délivrés par la représentation du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) à Rabat sera traité en priorité, souligne le communiqué.
Concernant les étrangers en situation administrative irrégulière, des instructions ont été données aux autorités compétentes pour continuer de traiter les personnes en situation de séjour irrégulier dans le strict respect de la loi et de veiller à la protection de leurs droits et de leur dignité, a fait savoir la même source.

Cas par cas
Le texte annonce également qu'une commission interministérielle établira, dans les jours à venir, un cadre procédural pour l'examen, au cas par cas et selon des critères précis, de la situation juridique de certaines catégories d'étrangers en situation administrative irrégulière.
Les recommandations du rapport du CNDH relatives aux étrangers en situation régulière feront aussi l'objet d'un examen approfondi par les autorités compétentes, pour une mise en œuvre adéquate dans le cadre d'un mécanisme de concertation avec le CNDH et les autres acteurs concernés, poursuit le communiqué.
Parallèlement, “les autorités marocaines continueront leur lutte sans relâche contre les réseaux de trafic des migrants et de traite des personnes”, souligne le texte, ajoutant qu'il sera procédé dans les plus brefs délais au renforcement du dispositif juridique et des actions de sensibilisation en la matière.
Le communiqué souligne que “les partenaires du Maroc, notamment l'Union européenne, sont également concernés au premier plan par la nouvelle donne migratoire et doivent faire preuve d'un engagement plus concret dans leur appui à la mise en œuvre de cette nouvelle politique marocaine d'immigration”.
De même, “une attitude responsable est requise de la part des pays voisins, qui sont autant concernés par la problématique migratoire au niveau régional”, conclut le communiqué.
aufait 
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Bonne analyse de Mustapha Adib
Régularisation générale des migrants au Maroc: le Roi essaye de faire bonne œuvre, mais...

- Aucun pays démocratique n'ordonne une régularisation "généralisée" de TOUS les migrants... Les dossiers sont traités au cas par cas, et au mieux selon des critères humanitaires à prouver.

- Aucun pays qui connait des crises de travail, n'accorde une régularisation aux migrants dans le cadre du travail.

- Aucun pays qui reçoit de l'aide de l'Europe pour la lutte contre les flux migratoire illégaux, ne peut être une base de regroupement et de départ vers l'Europe après sa régularisation.

- Aucun pays qui se respecte, ne régularise des gens sans  pouvoir leur assurer une protection sociale et une couverture médicale ne serait ce que pendant les premières années de leur installation.

- Aucun pays qui se respecte, n'utilise les migrants pour faire pression sur l'Europe pour avoir plus de soutiens, ou pour embellir sa fausse image de pays des droits de l'Homme ou de terre d'asile (encore une?)
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Vendredi 13 septembre 2013

Au Maroc le roi condamne le racisme

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le 13.09.13 | 10h00 Réagissez
 

Le meurtre d’un jeune Sénégalais à Rabat en août dernier a suscité une vive indignation. Aujourd’hui, le Maroc prend un nouveau tournant en essayant d’améliorer sa politique d’immigration. Dès demain, des associations se rassembleront devant le palais pour réitérer leur engagement.

Suite à l’appel de plusieurs organisations marocaines, notamment de l’Association démocratique des femmes du Maroc, l’association Lumière sur l’émigration clandestine au Maghreb, le Conseil des migrants subsahariens au Maroc, le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants et d’autres associations, un rassemblement est prévu demain à 17h devant le Parlement marocain. «Beaucoup de plaintes rarement des condamnations, les ressortissants subsahariens vivant au Maroc sont victimes d’actes de violence et de racisme, tant de la part des autorités (rafles, arrestations, tabassages, déportations) que de la part de simples citoyens (insultes, discriminations, agressions).
Entre juin et août 2013, quatre crimes racistes ont été commis près de Nador, à Tanger et à Rabat ayant pour auteurs des policiers ainsi que des citoyens ordinaires. Face à cette montée des violences et de l’intolérance, nous appelons tous les citoyens à se mobiliser pour stopper cette vague raciste, combattre l’impunité et les discriminations», lit-on de le communiqué de cette campagne antiraciste. A la prochaine rentrée parlementaire du 24 octobre prochain, les députés marocains négocieront, pour adoption, un projet de loi portant sur l’incrimination de toutes formes de racisme au Maroc. «Le Maroc est devenu une terre d’accueil pour les migrants. Ainsi, à titre d’illustration, le nombre d’immigrés issus des pays d’Afrique subsaharienne a quadruplé», a déclaré le roi du Maroc Mohammed VI, mercredi lors d’une session de travail, au palais de Casablanca. En ajoutant vouloir «réitérer la nécessité de procéder à la régularisation de la situation de ces personnes en matière de résidence et d’activités qu’elles exercent, au même titre que les immigrés réguliers des autres nationalités, dont les immigrés subsahariens».
Ces déclarations viennent au lendemain de la publication du rapport du Conseil national des droits de l’homme au Maroc. Une mesure jugée tardive, selon la journaliste marocaine, Houda Belabdar. «On est en 2013 et il a fallu en arriver jusque- là pour qu’une loi pareille puisse pointer le bout de son nez !», s’insurge-t-elle. «Personnellement, je n’irai pas jusqu’à applaudir une telle initiative. C’est le minimum qu’un pays comme le Maroc, qui se veut ouvert, puisse avoir. Pour ce qui est des mentalités, il nous faudra des mesures draconiennes pour en finir, une bonne fois pour toutes, avec des fléaux comme celui-là. Ce «nous» ne renvoie pas uniquement aux citoyens marocains, mais aux Maghrébins et arabes en général», conclu-t-elle.

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mercredi 11 septembre 2013

Abdellah Chibani: "Il n'y a de pacte passé avec personne !"


 « La contestation formelle, sans projet alternatif réel, ne fait parfois que renforcer la dictature », déclare Abdellah Chibani, Membre du Conseil d’Orientation de la  Jamaa Al Adl wal Ihssane (Justice et Spiritualité), et mari de Nadia Yassine, fille d’Abdeslam Yassine, fondateur de la Jamaa. Dans cet entretien avec Lakome.com, il expose la vision et la stratégie de son organisation pour  un véritable changement au Maroc.   

Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Au nom de Dieu, le Tout-Clément, le Tout-Miséricordieux, et que Sa prière et Son salut soient sur notre Seigneur Mohammed, ses nobles compagnons, ses frères et descendance.
Je suis quinquagénaire, natif d'Errachidia, père et grand-père, ' leadership & personal development trainer' et 'professional coach' de métier, économiste de formation, je suis membre de la haute instance de « Al Adl wal Ihssane » (Justice et Spiritualité) le « Majliss Al Irchad » (Conseil d'Orientation) et du secrétariat du son Cercle Politique. Je suis également responsable du « Leadership Training Center » de la « Jamaa ».

J&S est elle une confrérie soufie, un parti politique, un organisme social ou une association culturelle ? Vous êtes et vous voulez quoi au juste ?
L'école J&S intègre, en fait, toutes ces dimensions et plus. Elle est un mouvement organisé qui, à travers ses multiples institutions, assure une éducation spirituelle, un renouveau intellectuel, un enseignement moral, une action politique et un travail social. J&S prône un projet de société global.
Pour insérer dans cet espace alloué les grands traits de notre projet de société, je dirais :
1. Le sous-développement multidimensionnel actuel de notre société musulmane est marqué par la dictature à visage islamique qui a régné depuis plusieurs siècles. Elle a pris la forme de monarchies individuelle, tribale, familiale ou la forme de dictature de parti nationaliste baathiste ou parti de gauche. Ces différentes dictatures ont façonné la société par leurs idéologies islamistes, nationalistes ou gauchistes. Tous les maux de notre société et tous les sous-développements proviennent de ces idéologies. Le grand remède n'est pas la réforme des idéologies dictatoriales irréformables, mais l'installation d'un nouveau système de Justice.

2. Notre action est en fait le déclenchement, l'entretien et la maintenance d'un processus de changement de fond et de transformation de la société. Un Changement des mentalités, des habitudes et des attitudes, qui mène la société de cet état d'inertie et de soumission vers une dynamique de liberté et de véritable participation.

3. Notre action bâtit un mouvement organisé de leadership et d'avant-garde d'une élite pouvant initier ce changement et cette transformation; d'abord sur elle-même ensuite dans la société. Ce mouvement entrainerait la société vers une maturité intellectuelle psychologique et comportementale qui provoquerait progressivement les secousses provoquant la démolition de l'édifice de la dictature.

4. Notre action est multiple. Elle est intellectuelle, spirituelle, éducative, politique, militante et sociale.

5. Notre mission peut se résumer par cet adage : « La Spiritualité au service de la Justice et la Justice au service de la spiritualité »

6. Nous ne sommes pas un parti qui exploite le religieux à des fins politiques. Nous prônons la spiritualité qui moralise l'action politique et sociale la protégeant de la corruption, du népotisme et de la partialité. Nous comptons promouvoir la foi en Dieu qui immunise et humanise l'action. Le responsable décideur donnerait comme preuve de sa foi, le fait s'abstenir de voler, d'abuser, de falsifier, de conspirer et de mentir au peuple.
7. Nous luttons pour un Islam humaniste ouvert et convivial.

Le cheikh Yassine avait proposé à Hassan II, une sorte de "Triplice" ou "Triumvirat" entre la monarchie, l'armée et la Jamaa. Ça évoque le régime iranien avec le guide spirituel, le chef de l'Etat et les gardiens de la révolution. Qu'en pensez-vous ?
On ne peut parler d'un triumvirat : Premièrement, lorsque notre leader bien aimé a adressé la fameuse lettre ouverte « l'Islam ou le déluge » en 1974 a feu Hassan II, il n y avait pas de « Jamaat al adl wal Ihssane ». Cette lettre comportait une proposition de feuille de route qui comportait sept points. Afin d'aboutir aux résultats de la dite feuille de route, il lui a proposé de conforter son pouvoir par une armée forte et munie d'un idéal islamique noble, et un conseil d'oulémas sincères, honnêtes, crédibles et responsables. Nous sommes aujourd'hui en 2013 sous le règne de Mohamed 6 qui a reçu sa lettre à lui (Mémorandum à qui de droit, en 1999) mais qui comportait autre chose.
D'un autre côté, l'idée de « triple alliance » est contraire au principe et au projet de « pacte national » proposé par la Jamaa pour gérer le Maroc après le changement par tous les marocains : partis, associations et organisations qui se soucient de l'intérêt du pays sans discrimination.

Est-ce-que vous comprenez ceux des marocains qui vous ont accompagnés dans les marches du "Vingt février" et qui vous accusent de les avoir amenés au milieu du gué et les avoir abandonnés à la répression du régime ?
La jeunesse adliste a défilé, pour les soutenir, aux cotés des jeunes marocains du «20 février» qui ont manifesté contre la dictature et la corruption. Elle a encaissé elle aussi les coups de la répression. Elle a supporté les exactions des courants laïques et gauchistes qui haïssent notre action, soit par complexe de supériorité ou par complexe d'infériorité qui a engendré le premier. Mais lorsque la main invisible du makhzen a commencé à récupérer le mouvement pour le neutraliser en l'orientant vers certaines prises de positions, nous avons révisé notre décision.
Nous avons gardé le soutien sans manifester avec eux. Les courants laïques et gauchistes veulent, eux aussi, instrumentaliser le mouvement, profitant de sa popularité due en grande partie à notre présence. Ces derniers continuaient à nous taxer d'obscurantisme et de fanatisme, et refusaient tout dialogue avec nous. Le nombrilisme de ces courants et leur rancune dogmatique envers notre référence islamique et nos principes, rend tout travail collectif ou coordination avec eux très difficile, voire impossible. 

Comment expliquez-vous votre silence, lorsque Mouad Belghouat, Younes Belkhdim, Samir Bradley et d'autres militants du "Vingt février" qui ont défilé à vos côtés, ont été arrêtes, tortures et condamnés dans des procès fabriqués de toute pièce ?
Notre instance chargée des droits de l'Homme le CMDH (Le Comité Marocain des Droits Humains) a dénoncé systématiquement ces arrestations et ces tortures. Quoique notre mouvement ne peut pas suivre par des manifestations les innombrables abus de pouvoir des autorités makhzéniennes. Rappelons aussi que parmi ces crimes se trouvent le cas de notre frère Kamal Amari de Safi, qui a rendu l'âme suite à la violence de 7 agents du makhzen, et le frère Omar Mohib inculpé et condamné à 10 ans de prison sans preuves.

Vous avez mobilisé des milliers de vos partisans pour manifester pour la Syrie ou l'Egypte. Vous qui affirmez que l'on ne s'incline que devant Dieu, comment expliquez-vous que vous ne vous soyez pas mobilisés contre la "Bey3a", alors que cette cérémonie provoque de plus en plus, une levée de bouclier, dans la classe politique marocaine ?
L'essence de notre action politique est la remise en cause non pas de la cérémonie mais de la légitimité de cette « bay3a ». Nous nous mobilisons plus pour déraciner les fondements de la dictature, par un travail de fond que par la dénonciation éphémère de ses apparences.
A travers notre instance de soutien des causes de la Oumma le CSCO (Comité de Soutien aux Causes de la Oumma) nous devons assumer notre responsabilité en tant que membre du corps arabe et musulman. L'internationale dictatoriale solidaire doit être confrontée par l'internationale populaire solidaire. L'enjeu de la liberté des peuples se situe au niveau national et international.

Vous vous êtes à plusieurs reprises solidarisés avec la Palestine et Jerusalem, le troisième lieu Saint de l'Islam. Comment expliquez-vous le silence avec lequel vous avez accueilli la décoration par Mohammed VI, du lobbyiste sioniste du Wissam Alaouite, Malcolm Hoenlein, lors de la fête du trône et sa présence au Maroc, en tant qu'invité de ces festivités ?
Vous savez très bien que notre silence ne signifie pas l'approbation de l'acte de réception et de décoration dudit lobbyiste sioniste : Nos positions envers le sionisme juif – dites et écrites - sont connues. Ceci dit, les erreurs du régime sont si nombreuses qu'on peine à les suivre. Dans tous les cas, nous sommes toujours prêts à rappeler et à reconduire notre position quand il s'agit d'actes importants comme celui de cette décoration pour le dénoncer voire le condamner.

Est-ce-que vous comprenez que l'on puisse penser que vous avez passé un pacte avec le PJD, sinon avec le Makhzen ou les deux, afin de laisser Benkirane et son équipe tranquillement ?
Il n'y a aucun pacte passé avec quiconque : le gouvernement actuel, le makhzen et les manifestations populaires ne représentent qu'une partie de nos activités nationales. Notre agenda est beaucoup plus rempli : Nous agissons par des actions et des prises de positions politiques stratégiques que nous rappelons de temps à autre, mais nous continuons à travailler sur les autres chantiers de fond qui préparent les alternatives de demain.

Comprenez-vous également que votre disparition des radars de la contestation renforce la dictature et fait de vous les complices objectifs de la répression qu'elle mène contre les militants démocrates, les opposants les esprits libres et les journalistes ?
Il est un risque que la contestation formelle sans projet alternatif réel ne fait parfois que renforcer la dictature : Elle lui offre la possibilité de redorer la façade de liberté d'expression et de protestation qu'il clame. Encore une fois, notre décision de manifester ou de dénoncer est soumise à un processus démocratique interne soupesant l'ampleur des faits, la priorité et la pertinence de nos actions.
Il y a toujours un risque d'être un allié objectif mais pas réel. Les protestations contre les éventuelles frappes américaines en Syrie, taxent les laïques et les nationalistes de complices du régime de Bachar, et d'ennemis du peuple martyr syrien.

Que manque-t-il à votre avis pour que le rapport de force au Maroc puisse flancher au profit d'un véritable changement démocratique ?
Une élite politique sincère et mûre, allégée des haines et rancunes dogmatiques, prête à collaborer sans complexes et accepter les différences. Une élite vraiment démocratique prête à participer à un dialogue national qui réunit les forces vives marocaines autour d'un pacte civil. Un pacte qui aura comme projet l'édification d'un Etat démocratique participatif ouvert à toutes les tendances sans discrimination. Nous avons depuis toujours proclamé cette voie pacifique et nous continuons à le faire à qui veut bien écouter. Dans ce sens, une partie de notre élite laïque – s'auto-proclamant « démocrate » - doit se racheter de ses prises de positions opportunistes récentes envers le coup d'état en Egypte et le massacre de « Rabiaa ».

Quel est selon vous le seuil politique de base sur lequel vous pouvez vous entendre avec les autres tendances de l'opposition à la monarchie marocaine ? Une monarchie parlementaire peut-elle constituer pour vous ce seuil minimum sur le plan tactique sachant que vous aspirez à long terme à un Kalifat islamique ?
Et pourquoi ne pas faire de la politique-fiction !! Sachant que la fiction n'est qu'une question de temps..
Il faut rappeler, d'abord, que notre régime, héritier d'une culture et des pratiques centenaires de domination, est une monarchie qui règne, gouverne et s'accapare les richesses de tous les marocains ; c'est sa raison d'exister. Il ne peut pas changer de nature.
La monarchie parlementaire ainsi que les autres concepts d'origine occidentale, ne sont adoptés par le makhzen royal que pour donner un air de modernité à l'archaïsme de sa dictature. Le makhzen n'accepterait une monarchie parlementaire, constitutionnelle ou autre qu'en lui donnant sa propre définition.
Il peut, toutefois, adopter l'appellation à condition de garder tous les pouvoirs réunis entre les mains du monarque !
Un roi, un président ou un général dans nos pauvres pays arabes et tiers-mondistes ne pourra pas ne pas « Assumer Sa Responsabilité », il est « le plus intelligent », « le plus compétent », « le plus sincère », « le plus responsable » et «le plus tout », arbre généalogique et génétique obligent.
Nous avons tous vu comment le roi respecte les changements apportés à la « nouvelle » constitution se rapportant à ses prérogatives !! Il redésigne les notables et il réforme ce que les autres ne savaient pas faire, enfin, il reprend «la Responsabilité ». Le makhzen est expert en gesticulations et en acrobaties qui le rendent toujours à sa place. Il ne peut offrir que des parodies de changement.
Les jeunes du « 20 février » ou les jeunes du printemps arabe en général, ne peuvent imaginer, de part leur naïveté ou plutôt leur sincérité, à quel point ces régimes peuvent être aussi sanguinaires et sans foi ni loi, ni parole.
Nous ne jouons pas le jeu politicien du makhzen en procédant à des gesticulations, acrobaties et propos qui donnent l'impression qu'on fait de la politique. Feu Hassan II a voulu que le parlement soit un cirque et, bien entendu, les politiques des acrobates ; et cela fut ainsi !
Au-delà d'une stratégie politique réaliste, le deuxième Califat est avant tout une promesse prophétique véridique – et non pas un rêve vague- que nous voulons avoir l'honneur d'initier, d'y participer et de concrétiser sur la terre de Dieu nous et les générations après nous.

A votre avis, pensez-vous qu'une révolution peut toucher le Maroc à l'instar de la Tunisie et de l'Egypte ?
Je crois en l'exception marocaine, mais autrement. Notre régime monarchique makhzénien alaouite est vieux d'environ quatre siècles. Son espèce comporte les traits communs à toute dictature, mais la nôtre est plus expérimentée, plus fine, plus rusée, plus manipulatrice. Elle excelle dans l'instrumentalisation de l'Islam, des oulémas, des intellectuels et d'autres élites. Elle sait bien manier la soupape de sécurité. Elle est plus enracinée dans l'inconscient collectif du peuple, y compris un bon nombre de notre élite qui ne peut pas se passer de roi.
La révolution dans ce cas de figure nécessite autant de profondeur dans la pensée révolutionnaire, et plus de temps pour la cultiver et l'entretenir. Comme tout processus social naturel, la révolution, elle aussi, est soumise et doit obéir à la Loi Naturelle Divine. Ce type de révolution multidimensionnelle, lente, douce, forte et sûre, nous l'appelons nous : « Qawmah». Avec l'aide inévitable de Dieu et l'effort soutenu et continu des porteurs et promoteurs de ce projet, le fruit ne tardera à venir. Néanmoins les protestations, les soulèvements, les émeutes, et les manifestations qui prépareront la révolution, et auxquels nous participerons, ne manqueront pas. C'est un élan et une destinée divine que personne ne peut arrêter.
Ceux qui croient que le processus est très lent doivent revoir leur paradigme au vu de l'ampleur et de l'accélération des bouleversements en Europe soviétique au 20ème siècle et au vu des révolutions actuelles à travers le monde arabe et surtout de leur accélération.

Quelles sont à votre avis, les réformes que le Makhzen doit opérer pour éviter sa perte ?
Je n'ai pas de conseils à donner à une classe qui a formé un système de domination et de contrôle du peuple et de ses richesses. S'ils étaient prêts à écouter quelqu'un, ils auraient pris pour conseiller un de leurs princes que je pense intelligent et cultivé, qui ne cesse dans ses interventions de sonner l'alarme à ses proches pour sauver leur règne du déluge. Le makhzen a trop confiance dans sa capacité à manipuler, à récupérer, à corrompre, à réprimer et à se travestir avec les concepts de modernité. Sa chute est inévitable tôt ou tard, ses magouilles ont une fin et les peuples mûrissent.

Si le roi vous appelle un jour pour l'aider à sauver le pays, accepteriez-vous son invitation ? Quelles seront alors vos conditions ?
En pleine phase d'euphorie, d'orgueil et même dans l'ivresse du pouvoir absolu, protégés par les FAR et les multiples forces de police et de vigiles, et forts par tous les moyens de domination, les monarques ne demandent pas d'aide, surtout à des « hors-la-loi » comme nous.
Malgré cela dans l'histoire de notre action politique, il y a eu plusieurs initiatives de Lettres-Conseil adressées aux deux derniers rois alaouites par notre leader Abdessalam Yassine – que Dieu l'ait en Sa Sainte Miséricorde-. Il leur a servi un conseil franc et sincère, qui leur profiterait dans la vie d'ici-bas et dans la Vie Dernière.
Hassan II, là-haut devant Dieu, regretterait-il de ne pas écouter le conseil ? Seul Dieu sait. La monarchie le regrettera bientôt lorsque le déluge économico-social l'aura emporté.
La principale condition que Abdessalam Yassine – que Dieu l'ait en Sa Sainte Miséricorde- recommande au roi, est de commencer par donner l'exemple en reprenant le pouvoir par la voie légitime, et en rendant les richesses confisquées illégitimement au peuple. Il peut dans ce cas initier un processus crédible et avoir notre aide et l'aide de toutes les forces sincères et honnêtes du peuple. C'est un exercice très difficile digne de grands hommes, comme Omar ibn Abdelaziz, qui marquent l'histoire par un changement de fond. Le peuple mérite une telle aventure mais cela nécessite beaucoup de courage et, avant et après tout, une foi sincère en Dieu.

Mr Abdellah Chibani, merci.

Entretien réalisé par Salah Elayoubi et Ahmed Benseddik

 https://fr.lakome.com/index.php/maroc/1332-abdellah-chibani-il-n-y-a-de-pacte-passe-avec-personne

le Maroc est le plus gros exportateur de haschisch au monde.

Saisie de 30 tonnes de drogue provenant du Maroc et destinée à l’Egypte

11/9/2013 Saisie de 30 tonnes de drogue provenant du Maroc et destinée à l'Egypte

Un bateau dénommé "Golden star" avec à bord 30 tonnes de drogue provenant du Maroc, a été arraisonné par les gardes côtes italiens en méditerranée, dans les eux territoriales italiennes.

La drogue, destinée à l’Egypte, a été saisie grâce à la collaboration des brigades anti-stupéfiants de plusieurs pays méditerranéens, dont l’Egypte, a affirmé Mountassir Abou Zaïd, assistant du ministre égyptien de l’Intérieur lors d’une conférence de presse au Caire.
Le réseau de trafic international de drogue, composé de 15 personnes, dont des Egyptiens et des Syriens, était suivi depuis plusieurs semaines par la police égyptienne.
Les trafiquants, qui ont pris possession de la drogue au large des côtes marocaines, ont été interpellés dans les eaux territoriales italiennes par la brigade anti-stupéfiants de Rome.
D’après le dernier rapport de l’organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), le Maroc est le plus gros exportateur de haschisch au monde.