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dimanche 6 septembre 2015

La crise des réfugiés n'est pas un “problème européen”

Ceux d'entre nous en dehors de l'Europe qui regardent les images incroyables de la gare Keleti à Budapest, du cadavre d'un petit enfant échoué sur une plage turque, des familles syriennes désespérées risquant leurs vies dans le voyage nocturne vers les îles grecques, continuent à s'entendre dire qu'il s'agit là d'un problème européen.
 
http://tlaxcala-int.org/upload/gal_11458.jpg
-Vous êtes d'où?
-Terre
La guerre civile syrienne a créé plus de quatre millions de réfugiés. Les USA en ont admis environ 1500. Les USA et leurs alliés sont en guerre avec l'État islamique en Syrie - bien, tout le monde est d'accord, ils sont une menace - mais n'avons-nous pas une responsabilité envers les réfugiés fuyant les combats ? Si nous avons armé les rebelles syriens, ne devrions-nous pas aussi aider les gens qui essaient de se dégager de leur emprise ? Si nous avons échoué à négocier la paix en Syrie, ne pouvons-nous pas aider les gens qui ne peuvent pas attendre la paix plus longtemps?
Il n'y a pas que les USA qui continuent à prétendre que la catastrophe de réfugiés est un problème européen. Regardez les pays qui se targuent d'être des refuges pour les sans-abri. Le Canada, d'où je viens? Aussi peu que 1 074 Syriens, à la date du mois d'août. L'Australie? Pas plus de 2 200. Le Brésil ? Moins de 2000, à la date du mois de mai.
Le pire, ce sont les pétro-États. Selon le dernier décompte par Amnesty International, combien de réfugiés syriens les États du Golfe et l'Arabie saoudite ont-ils pris ? Zéro. Beaucoup d'entre eux ont acheminé des armes en Syrie depuis des années, et qu'ont-ils fait pour donner un nouveau foyer aux quatre millions de personnes tentant de fuir ? Rien.
Le poids de la crise est tombé sur les Turcs, les Égyptiens, les Jordaniens, les Irakiens et les Libanais. Les appels de fonds du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ont échoué à atteindre leurs objectifs. La misère dans les camps de réfugiés est devenue insupportable. Maintenant, les réfugiés ont décidé, en masse, que si la communauté internationale ne veut pas les aider, si ni la Russie ni les USA ne vont mettre fin à la guerre, ils ne vont pas attendre plus longtemps. Ils viennent à notre rencontre. Et nous sommes surpris?

jeudi 12 septembre 2013

Immigration: les détails du plan d'action du gouvernement


Par H24info.ma 11/09/2013
Immigrés arrêtés en situation irrégulière.
Des instructions ont été données pour traiter les personnes en situation irrégulière dans le strict respect de la loi. © AFP

Dans un communiqué conjoint, les départements de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice ont annoncé les grandes lignes d'un plan d'action traduisant la nouvelle politique de l'immigration au Maroc.
Ce ne sont pas un, mais trois départements ministériels qui ont (très vite) réagi à la séance de travail présidée par le roi Mohammed VI, mardi à Casablanca, et consacrée à la politique d’immigration au Maroc. Dans un communiqué, l’Intérieur, les Affaires étrangères et la Justice annoncent les grandes lignes du nouveau visage de la politique nationale d'accueil des étrangers. Ainsi, un plan d’action opérationnel sera mis en place autour des quatre axes essentiels du rapport du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH).
Concrètement, et s’agissant de l’asile, un processus de mise à niveau du cadre juridique et institutionnel national sera lancé dans l’immédiat. Objectif, doter le pays d’un système de gestion conforme aux standards internationaux.  En attendant, «les cas des personnes détentrices, à ce jour, de documents délivrés par la Représentation du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) à Rabat seront traités en priorité», nous informe un communiqué conjoint des trois départements.

Concernant les étrangers en situation administrative irrégulière, des instructions ont été données aux autorités compétentes pour continuer de traiter les personnes en situation de séjour irrégulier dans le strict respect de la loi et de veiller à la protection de leurs droits et de leur dignité. «Une commission interministérielle établira dans les jours à venir un cadre procédural pour l’examen, au cas par cas et selon des critères précis, de la situation juridique de certaines catégories d’étrangers en situation administrative irrégulière», précise le communiqué.

Les recommandations du rapport du CNDH relatives aux étrangers en situation régulière feront l’objet d’un examen approfondi. Cela étant, «les autorités marocaines continueront leur lutte sans relâche contre les réseaux de trafic des migrants et de traite des personnes». Au programme, le renforcement du dispositif juridique et des actions de sensibilisation en la matière.

Le Maroc  ne peut agir seul sur le terrain de l’immigration. «Les partenaires du Maroc, notamment l’Union européenne, sont également concernés au premier plan par la nouvelle donne migratoire et doivent faire preuve d’un engagement plus concret dans leur appui à la mise en œuvre de cette nouvelle politique marocaine d’immigration », prévient-on dans le communiqué. De même, «une attitude responsable est requise de la part des pays voisins».
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 Au Maroc le roi condamne le racisme
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le 13.09.13 

Le meurtre d’un jeune Sénégalais à Rabat en août dernier a suscité une vive indignation. Aujourd’hui, le Maroc prend un nouveau tournant en essayant d’améliorer sa politique d’immigration. Dès demain, des associations se rassembleront devant le palais pour réitérer leur engagement.

Suite à l’appel de plusieurs organisations marocaines, notamment de l’Association démocratique des femmes du Maroc, l’association Lumière sur l’émigration clandestine au Maghreb, le Conseil des migrants subsahariens au Maroc, le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants et d’autres associations, un rassemblement est prévu demain à 17h devant le Parlement marocain. «Beaucoup de plaintes rarement des condamnations, les ressortissants subsahariens vivant au Maroc sont victimes d’actes de violence et de racisme, tant de la part des autorités (rafles, arrestations, tabassages, déportations) que de la part de simples citoyens (insultes, discriminations, agressions).
Entre juin et août 2013, quatre crimes racistes ont été commis près de Nador, à Tanger et à Rabat ayant pour auteurs des policiers ainsi que des citoyens ordinaires. Face à cette montée des violences et de l’intolérance, nous appelons tous les citoyens à se mobiliser pour stopper cette vague raciste, combattre l’impunité et les discriminations», lit-on de le communiqué de cette campagne antiraciste. A la prochaine rentrée parlementaire du 24 octobre prochain, les députés marocains négocieront, pour adoption, un projet de loi portant sur l’incrimination de toutes formes de racisme au Maroc. «Le Maroc est devenu une terre d’accueil pour les migrants. Ainsi, à titre d’illustration, le nombre d’immigrés issus des pays d’Afrique subsaharienne a quadruplé», a déclaré le roi du Maroc Mohammed VI, mercredi lors d’une session de travail, au palais de Casablanca. En ajoutant vouloir «réitérer la nécessité de procéder à la régularisation de la situation de ces personnes en matière de résidence et d’activités qu’elles exercent, au même titre que les immigrés réguliers des autres nationalités, dont les immigrés subsahariens».
Ces déclarations viennent au lendemain de la publication du rapport du Conseil national des droits de l’homme au Maroc. Une mesure jugée tardive, selon la journaliste marocaine, Houda Belabdar. «On est en 2013 et il a fallu en arriver jusque- là pour qu’une loi pareille puisse pointer le bout de son nez !», s’insurge-t-elle. «Personnellement, je n’irai pas jusqu’à applaudir une telle initiative. C’est le minimum qu’un pays comme le Maroc, qui se veut ouvert, puisse avoir. Pour ce qui est des mentalités, il nous faudra des mesures draconiennes pour en finir, une bonne fois pour toutes, avec des fléaux comme celui-là. Ce «nous» ne renvoie pas uniquement aux citoyens marocains, mais aux Maghrébins et arabes en général», conclu-t-elle.

dimanche 14 juillet 2013

Immigration Belgique : L’obscène « économie » de Maggie De Block

Le 22 juin dernier, la presse a triomphalement annoncé l’information que voici : Maggie De Block, Secrétaire d’État à l’Asile et à l’immigration, a décidé de rendre au gouvernement la bagatelle de 90 millions d’euros de son budget 2013, faute de pouvoir leur trouver un usage utile [1].Trompettes.

Et pendant ce temps – cela, vous ne l’entendrez pas crier sur l’air des lampions –, l’État belge a été condamné neuf fois, en dix ans, par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), précisément à cause de ses politiques en matière de droits des étrangers, d’asile et de séjour. Cinq fois depuis 2011 ; la dernière il y a moins d’un an, en octobre 2012 [2].
Mais Maggie De Block ne sait pas quoi faire de son budget.
Jusqu’il y a peu, des centaines de mineurs étrangers non accompagnés (MENA) se voyaient refuser l’entrée dans les structures d’accueil de Fedasil [3] chaque année, faute de moyens. Ces MENA pour qui Fedasil ne trouvait pas de place dans ses structures d’accueil étaient laissés livrés à eux-mêmes, sans moyen de subsistance. Faute de moyens. De ce fait, les professionnels du milieu estimaient à des centaines par an le nombre de disparitions pures et simples parmi ces jeunes. Si bien qu’en juin 2012, les associations de défense des MENA ouvraient un procès contre l’État belge et Fedasil, pour leur non-respect des conditions d’accueil prévues par la loi [4].
Et aujourd’hui, Maggie De Block, Secrétaire d’État à l’Asile et à l’immigration, ne sait pas quoi faire de son budget.

Ceci appelle plusieurs réflexions.
Qu’est-ce qui, en à peine un an, a changé au point que le budget attribué à ces missions soit tellement exagéré ? En somme, a-t-on tout à coup fait de tels progrès en matière de gestion que les conditions d’accueil antérieures (ce mot a toute son importance), celles dont le non-respect a entraîné ces multiples condamnations, sont aujourd’hui respectées, et ce malgré un budget drastiquement réduit ? Ou, au contraire, se targue-t-on de « résultats » obtenus en réalité en jouant sur les termes des conditions d’accueil elles-mêmes ?
D’aucuns, parmi les professionnels du milieu, tendent à confirmer cette seconde hypothèse : la Belgique ne respecte pas mieux qu’avant les droits des étrangers, conditions d’accueil et de séjour, loin s’en faut ; mais elle a changé artificiellement les règles du jeu de manière à le faire croire. D’un côté, blocage accru des frontières ; de l’autre, modification des critères d’accès aux services de Fedasil, de telle sorte que certaines populations qui auparavant en dépendaient en soient désormais exclues (de la même manière, par exemple, qu’on joue sur les chiffres du chômage). Réussite à la belge : vous voulez être sûr de remplir votre mission ? Modifiez en la définition !
Réussite à la belge : vous voulez être sûr de remplir votre mission ? Modifiez en la définition !
Ainsi, « le nombre de nouvelles demandes d'asile a baissé depuis la publication d'une liste de pays sûrs », dit la presse de ce 22 juin [5]. Provenant de l’un de ces pays, vous avez donc désormais la garantie qu’on vous fasse passer par une « procédure accélérée », autrement dit, à vous voir refuser l’asile sans même un véritable examen de votre situation personnelle – et peu importe ce que vous vivez dans votre pays d’origine : dussiez-vous y subir les pires tortures, il est « sûr ». Next.
Résultat : les populations qui étaient auparavant systématiquement – et bien naturellement – dirigées vers ces structures d’accueil, désormais renoncent à faire les démarches nécessaires... sachant pertinemment qu’on leur en refusera l’accès. Ont-elles disparu ? Seulement des statistiques. Sont-elles mieux prises en charge ? Non : elles sont condamnées à devenir des « illégaux à long terme ».
Mais alors, si votre pays n’est pas sur la liste ? Qu’à cela ne tienne, pour Maggie De Block ! Car, invoquant le même argument de la « sûreté », on peut également envoyer un message fort à toute une population en traitant un cas de la manière la plus arbitraire. 
Que l’on se souvienne du cas emblématique de Parwais Sangari : jeune Afghan de 20 ans, travaillant et sur le point de fonder une famille en Belgique, Parwais Sangari se vit expulsé en juillet 2012 (sous Maggie De Block, donc), sans argent et sans passeport valide, pour Kaboul, capitale d’un Afghanistan en guerre, où son père avait été assassiné et où lui-même craignait pour sa vie, vers une famille pour ainsi dire inexistante qui n’avait cure de lui. Mais Kaboul, disait-on, est sûre [6] [7].De quoi faire réfléchir plus d’un Afghan, sans nul doute, avant d’encore oser demander l’asile...
Dans le même ordre d’idées, les conditions d’asile pour raisons médicales « sont aujourd'hui limitées aux interventions chirurgicales les plus importantes », précise encore la presse ; et les conditions du regroupement familial « ont été rendues plus sévères ». Pas de chance pour les seulement gravement malades... Et quant au droit légitime à ne pas voir sa famille déchirée : aux orties ! Les beaux résultats que voilà ! Vous voulez faire des économies ? Misez donc sur la non-assistance à personne en danger ! Il y avait pourtant encore 90 millions cette année, qui auraient pu être dédiés à l’accueil de cas semblables...
Il est également remarquable que pratiquement au moment même de cette obscène fanfaronnade de Maggie De Block, ce mercredi 26 juin dernier pour être exact, les employés de Fedasil se mobilisaient en une action de grève pour protester contre la fermeture d’un centre d’accueil et le licenciement sec de 39 employés [8]! Passons rapidement sur le traitement scandaleux infligé à ces travailleurs : promesse de Fedasil de ne fermer aucun centre en 2013 bafouée, licenciement brutal et expéditif, sans respect minimum des conditions légales – un comble pour une agence gouvernementale ! Parmi les revendications des grévistes, une, en particulier, ne manquera pas de titiller notre attention : « mise en place d’infrastructures décentes dans les centres d’accueil ». Selon le personnel lui-même, les infrastructures ne sont pas même « décentes » ! Mais Maggie De Block, elle, ne sait pas quoi faire de son budget...
Selon le personnel de Fedasil, les infrastructures ne sont pas même « décentes » ! Mais Maggie De Block, elle, ne sait pas quoi faire de son budget...
Que l’on veuille bien mettre ce chiffre de 90 millions d’euros en perspective avec la faveur qu’a faite, en avril de cette année, l’administration d’Anvers à l’égard de deux entreprises portuaires internationales, PSA et DP World : alors qu’elles étaient redevables de 67 millions d’euros d’amende (!) pour non-respect de la législation portuaire, la majorité anversoise (N-VA, CD&V et... Open Vld, parti de Maggie De Block) a décidé d’effacer de cette ardoise pas moins de 52 millions d’euros [9]! Cadeau ! Ubuesque : ici, on modifie la législation pour se débarrasser des uns ; là, pour plaire aux autres, on ne fait pas même respecter ses propres lois... Quant à la nécessité de « faire des économies » dont on nous rebat les oreilles, on admirera la variabilité de sa géométrie. Ces 52 millions-là n’auraient pourtant pas été volés.
Au bout du compte, le lecteur appréciera le coût de cette spectaculaire « économie » : centres supprimés, travailleurs expédiés au chômage, étrangers condamnés à la clandestinité, infrastructures insuffisantes selon le personnel en charge...[10]
Enfin, l’acte de Maggie De Block ne manque pas de soulever quelques questions quant au fonctionnement du gouvernement.
On l’a vu, suite à ses condamnations répétées par la CEDH, la Belgique, pour mieux remplir sa mission, a changé... la mission ! Mais au nom de quoi ? Ces missions, comment sont-elles définies ? Par qui ? Et quels en sont les termes ?
Le rôle des ministères est-il, comme voudrait le sens commun, d’utiliser leur budget pour remplir leurs missions... ou de sabrer dans leurs missions pour « faire des économies » ? Est-ce bien là le sens de l’action politique ? Et quelle est la part d’initiative laissée à chaque ministre dans l’ajustement de ces objectifs ? En l’occurrence, à Maggie De Block ?
Par ailleurs, le secrétariat à l’Asile et à l’immigration a-t-il donné un compte rendu détaillé de son action, de l’utilisation de son budget, de sa manière de répondre à ses missions ? Y a-t-il eu un quelconque contrôle gouvernemental, avant que tous ces tristes sires qui nous dirigent, ces Néron et ces Caligula en goguette, n’applaudissent à tout rompre ? S’est-on seulement penché sur le coût humain de ces 90 millions ?
S’est-on seulement penché sur le coût humain de ces 90 millions ?
Mais qui, au gouvernement, se soucie de « coûts humains » ? Lequel de ces chantres de la sacro-sainte « austérité » se préoccupe du sort réservé aux étrangers ? De leurs conditions d’accueil ? Ou leur reconnaît même encore – outrage ! – des droits ? Qui, de ces fanatiques de l’« économie » – mais attention, la « saine », la « réaliste » : celle qui ne s’en prend pas aux privilèges des puissants – se sent concerné par le destin de travailleurs jetés au chômage ? Ou par leurs conditions de travail ? Lequel, enfin, de ces oligarques aux ordres [11], fait encore semblant d’avoir le moindre égard pour l’idée de démocratie ?
Car n’ayons pas d’illusions. Les mêmes recettes sont d’ores et déjà d’application – ou en préparation – dans tous les domaines de la vie sociale : immigration, emploi, santé, justice, fiscalité, sécurité sociale, services publics... On en frémit d’avance. La façon dont certains, à Charleroi, ont récemment imaginé traiter le problème de la mendicité – délocaliser les mendiants [12]! – est du même cru.
Yoann Mathieu
[3] Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile.
[5] Lire également cet article de mars 2012 : http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_asile-sept-pays-places-sur-une-liste-des-pays-surs?id=7735818. Dès sa sortie, cette liste de « pays sûrs » était l’objet des plus vives critiques. Les arguments du CIRE font frémir.
[7] En revanche, le Ministère des Affaires étrangères continue de la « déconseiller absolument » aux ressortissants belges comme destination touristique :http://diplomatie.belgium.be/fr/Services/voyager_a_letranger/conseils_par_destination/asie/afghanistan/ra_afghanistan.jsp. La sûreté, c’est une notion très relative...
[9] N. Dobbelaere, « Un cadeau de 52 millions à deux multinationales », Solidaire, 4 avril 2013.
[10] Sans même parler des conditions de vie dans les centres fermés, des rapatriements brutaux et arbitraires, des refus aux frontières, ou encore du sort des Roms... Longue est la liste.
[11] De l’UE, de la Troïka, de la finance...

mercredi 3 juillet 2013

Edward Snowden ne parvient pas à trouver un pays d'asile







Par Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile, 3/7/2013
 


Le cas de Snowden donne l’occasion de rappeler que le droit d’asile est encadré en France par la convention de Genève et est attribué par un organisme administratif, l’Ofpra, ou par une instance de recours, la Cour Nationale du Droit d’Asile, et que ce droit n’est pas à confondre avec un droit au séjour qui peut relever d’une décision régalienne de l’Etat.

Mais au delà de cet aspect, mieux vaudrait, nous semble t-il, se pencher sur le budget 2014 qui nous laisse entrevoir beaucoup de renoncements. Pour mémoire, le budget 2013 Immigration-Asile-Intégration était arrêté à 671 millions quand le budget 2014 est programmé à 665 millions. Difficile dans ces conditions de dire que le budget progresse et ce d’autant plus que devait s’imputer sur ce budget le financement de 4000 nouvelles places de Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile en année pleine soit un coût de 32 à 35 millions d’euros.

Nous avions suggéré qu’en réalité ces places soient financées en les substituant aux places d’urgence développées depuis plus de dix ans en dépit du bon sens, par conformisme et soumission à une idéologie sécuritaire et maltraitante.


Qu’en est-il exactement ?

Serait-ce à dire qu’une partie de ces places n’est pas financée ou que leur création est repoussée à 2015 ?

Comme disait une philosophe désormais célèbre, quand il y a du flou, c’est qu’il y a un loup…

http://www.france-terre-asile.org/component/flexicontent/124-slider/8739-au-dela-de-laffaire-snowden-si-on-parlait-dasile
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Par European asylum for Snowden, 3/7/2013
Edward Snowden, en révélant les pratiques d'espionnage du gouvernement américain, notamment au dépend de l'Union européenne et de ses Etats membres, a rendu service, en risquant sa propre sécurité, à l'ensemble des citoyens européens.
Actuellement pourchassé par les Etats-Unis, nous demandons à ce que l'Union européenne décide, de manière exceptionnelle, de lui garantir l'asile politique. Nous sommes évidemment conscients que l'Union n'a pas la compétence pour accorder l'asile, qui est une compétence exclusive des Etats membres. Toutefois, cette affaire comme d'autres, ne fait que confirmer l'obsolescence du système politique européen, qui méconnaît l'existence d'un intérêt général européen. Les révélations de Snowden servent les intérêts de l'ensemble des européens, sa chasse nuit à l'ensemble des européens. C'est donc l'Europe, en tant qu'entité politique, qui doit le protéger.
Nous demandons donc au Conseil et au Parlement européen de voter une résolution proposant à Snowden l'accueil sur l'ensemble du territoire de l'Union et la garantie qu'aucun membre de l'Union ne refusera l'accès à son territoire ou extradera le citoyen Snowden.

Daniel Cohn Bendit: "Whistleblower Snowden has stood up for human and civil rights, especially those of European citizens. Granting him asylum now is a question of European values.. To leave him stuck in limbo in a no-man's land is ignoble and damages the EU's image."
"We will propose Snowden for the European parliament's Sakharov prize."
https://www.facebook.com/EuropeanAsylumForSnowden

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