Les islamistes du Parti justice et développement (PJD), à la tête du gouvernement de coalition depuis cinq ans au Maroc, ont remporté samedi les élections législatives, écrasant les vieux partis marocains et devançant leur rivaux du Parti authenticité et modernité. Une victoire pour le leader charismatique Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement pour cinq nouvelles années.

Le roi, ultraconsensuel

Cinq ans après le printemps marocain, connu dans le pays sous le nom de «mouvement du 20 Février», que reste-t-il des slogans qui retentissaient dans les rues de toutes les grandes villes du royaume ? En 2011, malgré les apparences, les printemps se suivaient mais ne se ressemblaient pas. A la différence de la Tunisie ou de l’Egypte, au Maroc, la jeunesse ne demandait pas le départ d’un autocrate honni. Le roi Mohammed VI, qui a succédé à son père, Hassan II, en 1999, est une figure ultraconsensuelle, populaire, et le peuple est dans son écrasante majorité favorable à la monarchie. Pourtant, l’emprise du Palais sur tous les secteurs de la société a, elle, été dénoncée haut et fort par les manifestants qui osaient alors briser un tabou.