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jeudi 30 août 2012

Sahara Occidental : Prison Noire, la prison des traitements inhumains

 

Puni en prison pour avoir protesté contre des mauvais traitements

Par l'ASVDH, 29/08/2012 

Les autorités pénitentiaires de la prison Noire – El Aaiun – ont puni le détenu politique sahraoui Ghali Bouhala de cinq jours d’isolement parce qu’il protestait contre les mauvais traitements subis par lui et ses codétenus.
La famille de M. Bouhala a manifesté lundi 27 août au soir devant les portes de la prison contre l’interdiction de rendre visite à leur fils.
Ghali Bouhala a été arrêté le 30 juillet 2011 après une manifestation pacifique à El Aaiun  revendicant le respect du droit à l’autodétermination du peuple Sahraoui, et condamné à 1an et demi de prison ferme selon les chefs d’accusation : constitution d’un gang criminel, destruction de biens publics, possession d’arme blanche.

Transfert à l’hôpital de deux militants en grève de la faim

Par l'ASVDH, 29/08/2012 

Deux prisonniers politiques sahraouis en grève de la faim dans la prison Noire de El Aaiun, ont été transportés à l’hôpital de la ville vendredi 25 août 2012 en mauvais état de santé. L’ASVDH a rencontré M. Oulad Chaikh Mahjoub et son collègue Dalbouh Barikallah à l’hôpital où ils ont été menottés et encerclés par de nombreux policiers.
M Mahjoub témoigne que son état de santé s’est dégradé en raison de la grève de la faim et de la promiscuité dans laquelle les prisonniers vivent au quotidien dans cette prison.
La Prison Noire

Oulad Chaikh Mahjoub et Dalbouh Barikallah, originaires de Dakhla, ont été arrêtés le 29 septembre 2011, après l’agression des Sahraouis par les colons marocains après un match de foot, et condamnés le 18 avril 2012 à 3 ans de prison ferme pour constitution d’un gang criminel,

destruction de biens publics, possession d’arme blanche, violence contre fonctionnaire du secteur public.

VDH | عن المنظمه

mercredi 29 août 2012

Action Amnesty International : Libérez la vérité en Europe


Martin Schultz
Cet appel est l’occasion pour nous de dire aux députés européens qu’il faut libérer la vérité en Europe sans plus attendre.

Après le 11 septembre, des agents américains en poste à travers le monde ont procédé au transfert secret, entre divers pays, de personnes soupçonnées d’entretenir des liens avec le terrorisme. La plupart ont été détenues sans jugement ni inculpation, parfois pendant des années, dans le cadre de ce qui est devenu le programme de « restitution ».
 Ces opérations secrètes ont enfreint le droit international et souvent impliqué de nombreuses violations des droits humains. Ces prisonniers ont connu la disparition forcée, la détention secrète, la torture et d’autres formes de mauvais traitements. Des gouvernements européens ont autorisé les États-Unis à utiliser leur espace aérien et leurs aéroports; certains ont accueilli des prisons secrètes de la CIA.

 Signez la pétition, et plus d'informations  sur : http://www.isavelives.be/fr/node/9777/done?sid=741081

 Texte de la pétition : 

Martin Schultz
Monsieur le président du Parlement européen,

Nous vous écrivons afin de faire part de notre inquiétude face au refus de gouvernements européens d’enquêter sur des allégations de participation au programme américain de « restitution » et de détention secrète, et d’amener les responsables présumés à rendre des comptes

De nombreux gouvernements de l’Union européenne refusent d’ouvrir des enquêtes malgré l’accumulation d’éléments à charge ; beaucoup font fi des normes en matière de droits humains en entourant leurs enquêtes de secret.

Des personnes ont été enlevées, placées en détention secrète et torturées au nom de la lutte antiterroriste. Elles continuent à attendre le recours utile qui leur est dû et que les États leur rendent justice ainsi qu’elles le méritent. Certaines sont toujours à Guantánamo Bay, où elles se trouvent en détention illimitée sans inculpation ou risquent un procès inique et la peine de mort.

En votre qualité de président du seul organe directement élu parmi les institutions de l’Union européenne, nous vous demandons, à vous le président du Parlement européen, de faire respecter les valeurs en rapport avec les droits les plus fondamentaux, en veillant à ce que ce nouveau rapport signifie sans équivoque à tous les gouvernements impliqués de l’UE qu’ils doivent mener des enquêtes véritablement indépendantes, impartiales et approfondies sur leur rôle dans les programmes américains de détention secrète et de « restitution ».

D'avance, je vous remercie de l'intérêt que vous porterez à la présente et je vous prie, Monsieur le président du Parlement européen, d'agréer l'expression de ma plus haute considération.

http://www.isavelives.be/fr/node/9777/done?sid=741081

mardi 28 août 2012

Lettre de « remerciement » au chef du gouvernement et au ministre de l’intérieur

Agression policière contre un manifestant à Casablanca

A l’aimable attention de :
Monsieur le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane
et Monsieur le Ministre de l’Intérieur Mohand Laensar

Sujet : Remerciements et de gratitude,
Il nous est particulièrement agréable, nous, organisateurs de la Cérémonie d’allégeance et de loyauté à la liberté et à la dignité à Rabat le 22 Août 2012 (lendemain de la cérémonie d’allégeance au roi) de vous exprimer nos sincères remerciements et notre profonde gratitude suite à votre louable effort qui a eu un impact décisif pour le succès de notre initiative modeste qui a obtenu un rayonnement qui a dépassé toutes nos espérances et nous a comblé de joie.

Les forces de sécurité qui relèvent de votre responsabilité et obéissent à vos ordres (police, forces auxiliaires, policiers en civil et autres créatures invisibles) nous ont encerclé pour avorter rapidement l’évènement, qui n’était qu’un sit-in pacifique, puis ont usé de la violence gratuite et non justifiée sans épargner les journalistes de la   presse nationale et internationale dont le sang a coulé.

Cette intervention musclée a suscité l’attention et aussi l’indignation des médias marocains et internationaux qui ont mis la lumière sur cet événement nouveau dans l’histoire contemporaine de notre pays, montrant à quel point les valeurs de liberté et de citoyenneté s’approchent de la victoire alors que la logique des sujets soumis et enchaînés dans une relation maître-esclave souffre d’une misère intellectuelle et se trouve piégée dans une impasse morale.

Ainsi, l’événement a été rapporté par les grandes chaînes de TV satellitaires et les grandes agences de presse ainsi que des journaux et des sites d’information célèbres. Nous ne pouvons que vous féliciter pour votre pertinente décision et votre perspicacité exceptionnelle. A quelque chose malheur est bon.

En vous renouvelant nos remerciements, nous vous donnons rendez-vous pour une prochaine initiative et nous vous prions d’agréer, Monsieur Le Chef du Gouvernement et Monsieur Le Ministre, l’expression de notre parfaite considération.

Signé : Les organisateurs de la  Cérémonie d’allégeance à la liberté et à la dignité du  22 Août 2012 à Rabat

lundi 27 août 2012

Vous ne le saviez pas ? Le premier homme qui a marché sur la lune n’est pas Neil Armstrong, c’est Mohamed V

Par Thami Afailal, demain online, 27/8/2012


Rabat.- Une grande injustice planétaire a eu lieu en ce moment sans que les autorités marocaines daignent élever la voix pour tenter de rectifier l’information. Après le décès de l’astronaute américain Neil Armstrong, les médias du monde entier certifient que c’est lui le premier homme à avoir marché sur la lune.
Or, si on est Marocain, sain de corps et d’esprit et ayant un minimum de connaissances de l’histoire de son pays on sait parfaitement que c’est faux, totalement faux. C’est le sultan Mohamed V qui est le premier homme à avoir marché sur la lune et non le gentil amerloque qui vient de mourir.
C’est nos parents et grands-parents qui nous ont raconté cette histoire. Et comme ils ne peuvent pas mentir, l’histoire est donc vraie. C’était en 1953, c’est-à-dire 16 ans avant l’imposteur qui vient de mourir.
Il y a quelques années, l’hebdomadaire marocain (forcément!) Tel Quel a même retrouvé un témoin, un certain Bouchaïb Raiq, qui a confirmé « l’information ». “J’étais là, sur les lieux de l’événement, place Bousbir à Casablanca. J’avais 18 ans à l’époque. Tout à coup, nous avons entendu “regardez la lune, le sultan Sidi Mohammed y est visible ! ». Je l’ai vu, tous les gens se trouvant sur la place l’ont vu, Casablanca l’a vu, le Maroc entier l’a vu”, a raconté ce témoin tout à fait crédible.
Certains racontent qu’il était à pied et d’autres qu’il était monté sur son cheval. Mais, et c’est un autre exploit extraordinaire, il ne portait ni scaphandre ni combinaison spatiale. Rien. 16 ans plus tard, en 1969, Neil Armstrong, le prétendu « premier homme sur la lune » portait une tenue lourde qui lui permettait de marcher, très lentement, sur le sol lunaire, mais sans laquelle il serait mort asphyxié. N’est pas Mohamed V qui veut !
Voilà donc pourquoi nous sommes toujours les derniers de la classe et que nous serons toujours les derniers à nous rendre compte que nous sommes des « m’kelkhine » qui ont la tête dans les nuages. Un tout petit peu en dessous de la lune.

URL courte: http://www.demainonline.com/?p=20494http://www.demainonline.com/?p=20494

Quelques commentaires  de demainonline

  1. settof
  2. c’etait la plus grosse et la plus burlesque supercherie de l’époque,initiée par l’unique parti existant,l’Istiqlal,et propagée par ses agents parsemés partout au Maroc.Et ce ,pour faire de Mohamed V une icone.Pire ,un Dieu vivant.Et le bon petit peuple a mordu à l’hameçon D’ailleurs,on continue à le manipuler car toujours anesthésié

    ABDOU
    • A CET EPOQUE , NOTRE PASSION JUVENILE POUR LA PATRIE ETAIT TELLE ,
      QUE NON SEULEMENT NOUS AVIONS MORDU A L HAMECON MAIS AVIONS EGALEMENT AVALE LE BOUCHON FLOTTEUR AVEC LA CANE ET LE PECHEUR .

      Nabyl Lahlou
  3. C’est une anecdote marocaine qui remonte à l’année où l’américain un américain posa son pied sur la lune ». A l’occasion de cet évènement planétaire, les marocains lancèrent leur défi à l’oncle Sam en le narguant : c’est notre roi Mohammed V qui a posé, le premier, son pied sur la lune, en 1954, bien avant votre héros qui vent de le faire en 1969.
    Paix aux deux héros qui foulèrent le sol de a lune, chacun à sa manière. Et quelle manière !
    Aujourd’hui, en ce mois d’août 2012, une anecdote reste à élucider : premièrement comment faire pour retrouver mon cartable que trois policiers m’avaient arraché de la main, après m’avoir agressé et frappé, la nuit du 3 mai 2011 à 21 heures à l’hôtel SOFITEL à Rabat. Deuxièmement : comment faire pour retrouver la carte nationale d’Ali Lamrabet que la police lui a dérobée ainsi que deux cents dirhams.
    La réponse n’est pas chez « Notre police nationale au service du citoyen » (Parole de Hassan II), mais bien sur…. la lune.

    Nabyl Lahlou
    Républicain
  4. Hahahaha……………!…Eh oui……c’est Mohamed V qui a marché sur la lune, avant tout le monde…….Hahaha……..
    Seulement, il y a une chose qui pourrait démentir cet exploit extraordinaire : Mohamed V ne pouvait s’éloigner sur terre sans trimballer ses 35 femmes avec lui. Alors, est-il monté sur la lune sans son harem ?… Hahaha….
    Ses femmes étaient tout pour lui. Est-ce qu’il les aurait emmenées sur son aile magique ? Rien n’est impossible pour un ‘maghfour lah’ !
    Tout lui est pardonné (et permis), d’après les radios, journaux et télévisions du Maroc, à la botte de la monarchie. ‘ Al maghfour lah’ qu’ils disent… Ils ont reçu une garantie divine pour ça, comme l’autorisation divine de régner sur un peuple contre sa volonté…Hahaha… (mais c’est le rire da la rage )…
    Hier, j’ai regardé la photo de Britney Spears pendant une minute, et j’ai projeté son image imprégnée dans ma rétine sur la lune, par un simple effet des lois primaires de la physique. C’est ainsi que Mohamed V et sa smala sont montés sur la lune. Mais ‘la main noire’ à cette époque, qui a organisé ce canular, a profité de l’ignorance du peuple, pour le faire circuler.
    Mais, est-ce que cette organisation de résistants l’aurait fait, si elle avait su que le potentat et sa famille allaient se jeter sur les richesses du Maroc, comme des vautours sur la proie ? Certainement pas.

     othmane
  5. il ne faut pas oublier le cheval de M5 et laica :D le premier chien astronaute
    moha lfakir1
     
  6. ça me rappelle une anecdote .à la fin des années 80, nous étions en faculté des sciences, et un étudiants en BG, colocataire nous racontais un miracle survenu le jour du retour de mohammed v de l’exile .son père lui racontait que ce même jour il a distingué indubitablement l’effigie du roi sur la lune,mieux encore , les montagnes arides du village , se sont subitement éclaté en ruisseaux intarissables, comme pour fêter ce miracle divin.j’ai écouté attentivement le narrateur berné sans l’interrompre.Depuis lors j’ai conclu que la maroc est promis au moins à deux siècles supplémentaires d’obscurité et de manipulation.

dimanche 26 août 2012

Des promesses, des “Homoflexus” et des matraques

Par Salah Elayoubi, 26 Août 2012

La semaine qui s’achève nous aura apporté l’enseignement qu’au Maroc, la vie est un long fleuve, dont le lit charrie les dictateurs de père en fils, sans assurance jamais, que les rejetons, malgré tout ce que peut prétendre la génétique moderne, ne soient meilleurs, ni plus intelligents que leurs géniteurs. Exception marocaine oblige !
En moins de trois jours, nous avons eu droit au déroulement complet de la panoplie de la dictature, entre beaux discours, allégeance prétendue du peuple et coups de trique.
Lundi,  le roi a entamé la semaine par un discours qu’il semblait, découvrir pour la première fois, preuve s’il en était, que les promesses qu’il contient, resteront une fois de plus lettre morte.
Mohammed VI y découvre que son pays compte  beaucoup de jeunes et des résidents à l’Etranger. Il omet  de préciser que pendant plus d’une décennie, il a envoyé aux premiers ses sicaires réprimer leurs manifestations d’indignation et aux seconds,  ses corrompus de tous bords,  encadrer leurs  associations vidées de toute substance, pour en faire les caisses de résonance du régime mafieux de Rabat.
Les promesses n’engageant que ceux qui veulent bien y croire, la monarchie marocaine promet tout et tient son contraire depuis si longtemps, qu’elle en a perdu toute crédibilité, d’autant que la crise économique qui n’aura épargné aucun pays interdit pour un bon moment,  de croire à la véracité de tout projet de redressement.
Tant de balivernes bégayées, n’auront donc trompé personne, le seul but de l’exercice étant de faire naviguer les esprits de nos compatriotes, d’illusions perdues en espérance prochaine.
Mardi, à Rabat et plus précisément dans l’enceinte du Méchouar, dont la légende véhiculée par le Makhzen voudrait qu’il soit  heureux,  se déroulait une cérémonie dont le monde entier nous envie la bouffonnerie. Une sorte de « Djellaba-party »,   donnée par le locataire des lieux. Il s’agissait de se déguiser tout comme le feraient des enfants,  un mercredi après-midi. Sauf que là, il n’était plus question de gigoter au rythme de la danse du canard,  déguster  des nougats et siroter des jus de fruits, mais de rendre un hommage appuyé et éhonté à un seul homme, sous la forme d’une prosternation qui n’a rien à envier à celle due aux divinités. Et pour mieux s’apparenter à un corps divin, l’acteur principal de cette abomination,  s’était paré d’une tenue jaune canari, qui rendrait jaloux l’astre solaire lui-même.
Détail révoltant, l’allégeance est déclamée au nom du peuple marocain, province par province, au fur et à mesure que les élites s’inclinent face au roi.  Une pure escroquerie qui n’aura pas échappé à la majorité écrasante de nos compatriotes révoltés par cette pratique moyenâgeuse, menée en leur nom, sans qu’ils n’en aient expressément donné mandat à l’un ou l’autre des participants !
Ce cérémonial  au goût de ridicule n’aura pas, le moins du monde,  gêné le chef du gouvernement  marocain qui s’y est prêté avec le zèle suspect qu’on lui connaît,  lorsqu’il s’agit de rendre grâce au monarque. Il y a quelques mois, pourtant, notre homme s’offusquait de la perpétuation de ce genre de pratiques indignes du vingt et unième siècle.
Voilà le PJD confronté donc à son impuissance et définitivement rangé à l’ombre de la dictature, sur un socle pitoyable de  lâcheté et  de compromission.
Si quelqu’un nourrissait encore des doutes sur la fatuité de la monarchie, son inutilité ou sa propension à vivre au-dessus de nos moyens, il n’aurait qu’à visionner les images de ce mardi frappé du sceau de l’indécence et de la honte.
Rien moins qu’un bon millier de serviteurs, aura été nécessaire pour encadrer un aréopage d’ « Homoflexus », cette race d’hommes serviles, incompétents, pour la plupart corrompus et à la nuque particulièrement souple, voulue par le régime pour servir ses pompes.
Côté pile de la caméra, une noria de voitures, de limousines, de camions, de provisions, de boissons et une débauche de moyens techniques et matériels auront été nécessaires pour l’accomplissement  de cet événement, dont le Maroc aurait du faire l’économie.
Quand le trésor public doit faire l’aumône auprès des instances internationales, le roi convoque ses thuriféraires à des cérémonies dont le faste et les dépenses somptuaires nous valent les critiques et les quolibets du monde entier. Une fortune partie en fumée, des heures de service et des bras qui auraient pu servir utilement ailleurs !
Ce diplomate français me rappelait, combien il lui était pénible, lorsqu’il était en poste à Rabat,  de se rendre à ce genre d’événements qu’il jugeait particulièrement   indécent, m’expliquant comment il usait de prétextes, afin de ne pas assister aux festins qui suivaient et  dont il savait pertinemment qu’ils étaient financés par le peuple, lequel n’y était jamais convié !
Le mercredi, fut le point d’orgue de ces trois jours mémorables, lorsqu’une poignée de citoyens indignés ont décidé de mener,  face au parlement, une parodie d’allégeance, histoire de dénoncer celle de la veille.
Mais les dictateurs sont réputés détester la caricature et la parodie. Elles dissipent  l’aura de sacralité et d’intouchabilité dont ils aiment à s’entourer.
Le militant Younès Derraz,  frappé, jeté à terre, piétiné et délesté de son sac à dos  par des policiers  chapardeurs  
Plus de discours, ni de belles paroles. Le masque est tombé brutalement et le rideau s’est levé sur la sauvagerie habituelle orchestrée par des policiers voyous qui, non contents de tabasser indistinctement tous ceux qui se trouvaient sur leur passage, s’en sont également pris à leurs biens, confisquant, à tour de bras, sacs, appareils photo, et téléphones portables. Une pratique désormais largement courue par les forces de l’ordre à chaque reprise en main de manifestations ou d’émeutes ! Même au jeu du gendarme et du voleur, le Maroc fait exception.
En moins de trois jours, le régime marocain aura donc réussi l’exploit de mettre en lumière ses mensonges, ses turpitudes et ses errements et raviver la flamme de la contestation qui s’était assoupie le temps d’un été.  A lire la presse et la toile, il n’aura pas, non plus échappé à la communauté internationale qu’il a décidément beaucoup de peine à se départir de  ses méthodes héritées d’un autre âge. Une preuve de plus qu’il a, depuis longtemps, atteint  son degré de Peter !

samedi 25 août 2012

La situation au Maroc : entre Makhzen et révoltes

Par Chawqui Lotfi,


Et à la crise politique peut se conjuguer une crise économique, qui rendrait la situation très vite explosive. Chawqui Lotfi est militant de Solidarité pour une alternative socialiste une petite organisation de la gauche marxiste marocaine. Il trace un panorama tout a fait intéressant de la situation dans le royaume chérifien et des perspectives qu'il ouvre pour des forces se réclamant du socialisme. 
 La situation du Maroc peut faire croire a une (relative) stabilité, mais cela ne tient pas compte de l'échec de la "démocratie" tout a fait partielle et irréelle qui laisse apparaitre le système, le makhzen dans toute sa brutale réalité. Et à la crise politique peut se conjuguer une crise économique, qui rendrait la situation très vite explosive. En attendant, l'avis d'un militant impliqué dans les luttes de classes de ce pays sont très utile à la compréhension globale de la situation.
Manifestation+des+diplomes+chomeurs+Raba
Au Maroc, il n’y a ni transition démocratique, ni dialogue sociale : il n’a que la guerre sociale contre les classes populaires.

Le « nouveau règne » n’a pas débouché sur un « nouvel concept de l’autorité », ni sur l’ouverture d’un espace démocratique autonome du pouvoir, ni sur l’amélioration même partielle des conditions de vie de la grande majorité. En réalité, la répression n’a jamais cessé. Ce qui a changé, c’est les formes qu’elle prend et son intensité. Après la longue nuit des années de plomb, le pouvoir a cherché à institutionnaliser les oppositions, intégrer la « société dite civile », récupérer et détourner les revendications, à épuiser les mobilisations en les laissant isolées, en opérant parfois des concessions formelles. Il a réussi à intégrer, acheter, corrompre les « oppositions », à gagner du temps en jouant sur le renouvellement de « la façade démocratique » et par l’instauration d’un pseudo « dialogue social ». C’est ainsi qu’il a pu concéder une marge à la contestation, opérer une répression sélective, tout en s’assurant que ne se construise pas une force enracinée, sociale et politique, capable d’articuler les luttes autour des perspectives communes. Ce qui a changé depuis, et on trouve les signes de ce changement bien avant l’éclosion du M20F, est la gestation d’un mouvement populaire qui lutte sans les partis de la « façade démocratique », les directions syndicales corrompues et sans accorder la moindre confiance aux relais du pouvoir. Et qui lutte d’une manière souvent déterminée. On se rappelle des mobilisations populaires de Bouarfa, des dynamiques révélées par les coordinations contre la vie chère, de la révolte populaire de Sidi Ifni pour ne prendre que ces exemples. 
Cette nouvelle vague de la lutte des classes a connu depuis une accélération sous l’impact combiné de deux facteurs :
Le développement de la crise du capitalisme mondial : la bourgeoisie prédatrice dont le bras armé est le palais ne peut tolérer des mobilisations populaires contre les politiques de paupérisation. Toute sa politique vise à élargir l’austérité et les conditions de la surexploitation. L’augmentation des prix de gazoil à celui des denrées alimentaires, la remise en cause de la gratuité de l’enseignement public ; les lignes directrices de la loi de finance, leur volonté de casser le droit de grève, le gel des salaires ne sont que les aspects les plus connus. Elle ne peut accepter l’extension géographique des mobilisations sociales qui mettent en mouvement « les dépossédés », elle ne peut accepter que les campagnes que le pouvoir pensait contrôler, se réveille, ni l’extension des terrains de luttes qui ne sont que le revers d’une violence sociale généralisée. Car si il y a une « nouveauté » de la situation, c’est que tout devient un terrain de confrontation : l’insalubrité des logements et la spéculation immobilière, le délabrement des hôpitaux publics, l’absence d’emploi, l’augmentation des prix et des factures d’eau et d’électricité, la marginalisation de régions entières qui n’ont droit à rien, la baisse du pouvoir d’achat, les retraites volées et non payées, l’arbitraire généralisé, un enseignement qui exclut les pauvres, la faiblesse des salaires, les transports publics, les expropriations de la terre et on peut allonger la liste.. Le pouvoir ne peut accepter que les habitants des quartiers populaires qui constitue le cœur du prolétariat informel revendique, il ne peut accepter que Chlihat et Beni Bouayach entrent de plein pied dans le Maroc de la contestation. Car satisfaire les revendications, répondre à l’urgence sociale est antagonique avec la logique prédatrice et la dictature du (sur)profit du capitalisme dépendant.
Mais ce qu’il ne peut accepter, et ce qui affole ce pouvoir, est que des forces nouvelles, parfois, souvent sans tradition de lutte résiste avec détermination malgré la répression. Et dont les revendications ne sont pas solubles dans un tour de passe-passe constitutionnel ou une quelconque alchimie électorale. La répression c’est d’abord cela : une violence politique organique d’une classe dominante dont les intérêts matériels sont liés à un ordre social toujours plus inégalitaire et à la violence sociale et prédatrice de l’accumulation capitaliste. La répression est un élément structurel du pouvoir pour maintenir et reproduire le despotisme social et économique. D’autant plus dure quand les formes de luttes mises en avant sortent des schémas classiques de sit-in ou manifestations et prennent la forme d’une occupation des lieux, des voies ferrées, des routes, quand on bloque le fonctionnement normal de l’économie. Nos camarades chômeurs de Khouribga et D’Asfi en savent quelque chose.
Le deuxième facteur est lié à la crise de la façade démocratique. Le recours au PJD n’offre aucune garantie sur la durée. Le soutien de ce dernier aux politiques antipopulaires, au tournant répressif avec un profil idéologique ultra réactionnaire, sa lutte symbolique contre la corruption, son incapacité à imposer la paix sociale, montrent les limites d’une démagogie quand elle est confrontée aux décisions réelles que lui dicte la classe dominante des prédateurs. La monarchie peut de moins en moins masquer sa responsabilité centrale dans la dilapidation de richesses publiques, dans la corruption institutionnalisée, dans la mainmise des ressources par une minorité. Le pouvoir absolu ne se partage pas. Mais un pouvoir absolu qui ne peut s’appuyer sur des relais politiques et sociaux crédibles dans la société (relais qui par le passé ont pu jusqu’à un certain point canaliser le mécontentement), tend à créer les conditions d’un vide politique et les possibilités d’un choc frontal avec les majorités populaires.
Nous ne sommes plus dans la période du nouveau règne où les illusions d’un changement progressif, d’une transition démocratique en douceur avait un appui relatif dans la société. Le Roi des pauvres est devenu le Roi de l’impunité, des richesses colossales. Le roi démocrate est devenu Le Roi de la matraque, de la torture et de l’impunité des militaires. Et rien ne vient enrayer dans la conscience populaire que ce système politique ne sert que les puissants et les corrompus. Cette perte de légitimité a été accélérée par le M20F qui a fait la démonstration que l’on pouvait construire un mouvement de masse démocratique dans la lutte et par la lutte et que la démocratie ne viendra pas d’en haut et se heurte à la nature despotique de l’ensemble du système politique en place. La répression est aussi cela : une réponse à la crise de légitimité de la façade démocratique vidée de toute substance et réduite à une pièce de théâtre avec des acteurs de seconde zone tout juste capables de jouer les bouffons de sa majesté, une réponse à la maturation d’une critique de la rue, de Tanger à Tata où le rapport d’obéissance au commandeur des croyants a fait place à l’exigence de la liberté et dignité et au refus radical d’être cantonnée au statut de sujet.
Quand El Haked fait l’objet d’une vengeance d’Etat c’est exactement pour cela, ses chants portent une autre légitimité, sans tabous, sans respect des sacralités où le peuple trouve sa propre voix. Et cela est impardonnable pour un régime pour qui la seule devise acceptable est « Dieu, la Patrie, le Roi », un régime qui sait que les mots ne sont pas que des mots mais un moyen de réveiller ou d’enterrer une nouvelle fois les morts et les vaincus, les espérances enfouies de tout un peuple. Il s’agit pour le pouvoir de stopper net les processus sociaux et politiques qui remodèlent la conscience collective des masses populaires, en « rétablissant l’autorité de l’Etat » (elle a donc été ébranlée ?), en avertissant tout le monde que les années de plomb n’appartiennent pas au passé. Si jusqu’ici, il a évité l’explosion, le climat général est celui d’une montée des luttes, même si celle-ci n’est pas linéaire et rencontre des obstacles. Le pouvoir se prépare à utiliser la force brute et généralisée. Vieille loi classique quand il n’y a plus de « consentement « des opprimés, reste la coercition. Quand la « façade démocratique « ne canalise plus rien, il reste le noyau dur de l’appareil d’Etat : son appareil répressif.
C’est donc la combinaison et l’approfondissement de la crise sociale et politique dans un contexte marqué par la crise du capitalisme mondial et l’irruption des peuples de la région sur la scène politique qui constitue la colonne vertébrale de la guerre répressive que mène le palais contre notre peuple et ses militants. En réalité, et c’est un point sur lequel nous voulons insister, il se prépare à faire face à l’éventualité d’un embrasement généralisé. Il y a une volonté délibérée d’affrontement avec une volonté de tester les capacités d’intervention des forces de l’ordre entièrement rééquipées et formatées pour faire face aux « mouvements sociaux ». Tant le matériel utilisé que les tactiques d’intervention montrent que le régime a bien travaillé pendant nos manifestations « silmia » du dimanche. Il s’est doté d’un commandement unifié et mobile capable de coordonner dans les conditions les plus diverses l’action répressive : dans les périphéries des villes sur la question du logement, au cœur des grandes villes contre les manifestations syndicales et les actions revendicatives, dans les régions plus enclavées. Mettre sous état de siège, expéditions punitives, répression de masse et ciblée, tactiques de harcèlement et de dispersion, combinaison des services sécuritaires et armées. En réalité le pouvoir vise à court terme trois objectifs :
En imposant des arrestations de masses et de lourdes condamnations, il vise à la fois à décourager les résistances en montrant que le prix à payer est très lourd mais aussi à reconfigurer les objectifs de lutte en imposant une lutte de longue durée pour la libération des détenus en espérant que cette lutte ne regroupe que les éléments les plus déterminés et ne prennent pas un caractère de masse.
Eviter les risques d’explosions populaires même localisées qui peuvent avoir un effet de contagion non maitrisé surtout dans les régions qui ont été marquées par une longue marginalisation ou qui ont fait preuve par le passé d’une grande combativité (le Rif par exemple )
Affaiblir les équipes militantes, démanteler les mouvements sociaux combatifs, décourager la participation populaire. Il s’agit en réalité à la fois d’affaiblir les « cadres organisés mais aussi de faire face aux luttes spontanées ou semi spontanées et de tuer dans l’œuf la combativité émergente et les possibilités de jonctions entre les courants militants radicaux et les résistances populaires. Le pouvoir a adopté une stratégie de harcèlement continue visant à nous mettre sur la défensive. C’est le défi qui nous est posé. Mais l’erreur serait d’avoir une lecture statique du tournant répressif. De ne pas voir son caractère durable et global. Il sait que le feu couve partout, ne s’éteint pas, se propage dans un embrasement lent. Même si l’incendie n’est pas encore déclaré, Il se prépare à l’affrontement global. La loi sur l’impunité des militaires ne signifie rien d’autre que le droit de réprimer dans le sang pour sauver le trône. L’augmentation du budget d’armement, le renouvellement des contrats militaires et de l’équipement des forces de l’ordre en matériel répressif de tout ordre, les contrats signés avec la Russie, allié des dictatures les plus sanguinaires, le soutien accordé par les USA qui confirment le statut d’allié majeur hors Otan de l’Etat marocain, l’appui de l’état français plus soucieux de la défense des intérêts des multinationales que du sort du peuple marocain, tout cela indique que la machine de guerre du pouvoir se met en place. En réalité, nous sommes dans une situation mouvante où les bruits de bottes s’agitent devant « l’ennemi intérieur », où les balles de caoutchouc précédent les balles réelles. Exagéré ? Seulement pour ceux qui ont la mémoire courte et ne voit pas que le régime ne reculera devant rien pour se maintenir.
Contre la répression et la dictature : marcher sous le feu de l’ennemi. Ne rien céder. D’abord en revendiquant que la lutte contre la répression doit être au cœur de le lutte pour l’émancipation sociale et démocratique. La question qui est concrètement posée n’est pas celle de faire pression pour arracher une signature de l’état des conventions internationale sur la torture, la peine de mort ou les droits des prisonniers et l’amener à respecter ses engagements ou le dénoncer quand il ne le fait pas. Bataille de Sisyphe où l’on demande aux ennemis de la démocratie de devenir des démocrates. Il ne s’agit pas non de dénoncer la répression comme un simple effet naturel, logique de la nature antipopulaire et antidémocratique du régime mais bien d’avancer des revendications, des objectifs de luttes qui permettent aux secteurs populaires de réaliser que si elles veulent satisfaire leurs aspirations et revendications les plus immédiates, elles n’auront pas d’autre choix que de s’unir et de faire face à l’appareil gouvernemental répressif. La lutte pour le droit démocratique de manifester, de s’organiser, de s’exprimer n’est pas séparable de la lutte pour la satisfaction des revendications sociales. Tout comme la légitimité de résister par tous les moyens, y compris par l’autodéfense collective et la confrontation de masse face à l’Etat policier.
En réalité, la lutte démocratique de masse doit viser le démantèlement de l’ensemble des appareils de répression et des institutions du pouvoir, à réaliser l’unité organique de la lutte contre l’exploitation, la dépendance et le despotisme. Elle n’exclut pas des objectifs spécifiques plus immédiats qui est celle de l’amnistie générale des prisonniers politiques et du mouvement social, la fin de l’impunité des tortionnaires et des responsables des crimes économiques et politiques, mais nous devons intégrer ces objectifs immédiats à des objectifs plus larges visant à mettre fin à la répression globale et au système politique qui la nourrit. Dans cette perspective, ce qui importe est la capacité à donner un caractère populaire à la lutte contre la répression. C’est possible comme le montre, malgré des limites et difficultés, les initiatives de masses qu’ont pu prendre nos camardes étudiants de Fes au moment de la grève de la faim de Rouissi et de ses camarades. C’est possible comme en témoigne les résistances portées dans le rif et à taza. Mais l’enjeu est bien de donner un caractère national à cette dynamique, qui va bien au-delà des caravanes de solidarité ponctuelles ou des communiqués de soutien. C’est d’une manière consciente, prolongée, que la lutte contre la répression et pour la libération des détenus doit être au cœur des différents fronts de luttes. Y compris sur le terrain international.
Une des faiblesses du régime tient à sa volonté de préserver son image extérieure qui lui donne l’illusion d’une exception marocaine. L’impérialisme, fidèle soutien est prêt d’une manière pragmatique à lâcher tout régime qui lui parait incapable de mater la rébellion et d’assurer ses intérêts fut-il son allié de toujours. La façade démocratique et l’intégration soumise à la mondialisation capitaliste a permis de renouveler des soutiens neo coloniaux mais une des taches est justement de réduire ce soutien, de l’isoler sur le plan international, d’exiger l’arrêt des coopérations sécuritaires et militaires, de mettre fin au silence médiatique qui masque la réalité de l’autre Maroc.
Travailler à l’émergence d’une solidarité internationale est d’une nécessité absolue pour l’obliger à reculer et de le faire dégager demain. La lutte pour la révolution populaire continue !