Chers amis lecteurs de solidmar,

Solidmar est fatigué ! Trop nourri ! En 8 ans d’existence il s’est goinfré de près de 14 000 articles et n’arrive plus à publier correctement les actualités. RDV sur son jumeau solidmar !

Pages

mardi 7 février 2012

Sahraouis et Marocains, un même oppresseur soutenu par la France

Par APSO, 6/2/2012

La France politique soutient les lointains peuples libyens, syriens à grand renfort de déclarations.
Mais la France politique est sourde aux souffrances des Sahraouis, à 2000 km.

Alors que les eurodéputés ont reconnu la légitimité des revendications juridiques des Sahraouis sur leur terre et ses ressources naturelles, par le rejet de la prolongation de l'accord de pêche UE-Maroc, la France risque de recommencer la même erreur de positionnement envers les peuples Sahraoui et Marocain que lors du soulèvement populaire tunisien. Même erreur qui entraînera la même conséquence : la mésestime de la France par les Peuples en lutte.

La France ignore les Sahraouis, et concourt à les détruire par une partialité complice. Cette ignorance maintes fois décriée n'est paradoxalement pas nouvelle, et persiste malgré les massifs soulèvements sahraouis, comme la manifestation de Gdaim Izik d’octobre et novembre 2010.

Mais la France ignore aussi le formidable mouvement marocain du 20 février, ses morts violentes et ses immolations de désespoir. Ce mouvement du peuple marocain parviendra un jour à se débarrasser du régime féodal et dictatorial en place, de ce roi soutenu par l'hexagone pour des intérêts néocoloniaux évidents. Le peuple jettera hors de chez lui tous les profiteurs de main d'œuvre pas chère et autres cautionneurs d'inégalités et de corruption massive, de détournement de l'argent public national et international.

Les tortures physiques et psychologiques sont quotidiennes au Sahara Occidental, ou sur les prisonniers politiques sahraouis incarcérés au Maroc.
Le colonisateur marocain pratique les petites mesquineries domestiques comme l’interdiction pour les Sahraouis de prénommer leurs enfants de prénoms vénérés comme Aminatou ou Elouali, l’interdiction de parler hassanya à l’école, ou pour les hommes de porter des chèches ou des vêtements kaki.
Il y a aussi les pratiques inhumaines caractérisées, quand 23 civils sahraouis sont emprisonnés et torturés depuis plus d’un an en attente d’un procès devant la cour militaire. Ils ont fait partie du groupe des négociateurs avec les autorités marocaines lors de la manifestation de Gdaim Izik, ou ils ont transmis des informations sur ce qui se passait pendant cette période d’intense ébullition qui s’est soldée par une démonstration de la violence de l’occupation marocaine. Discuter démocratiquement, communiquer les informations aux familles et amis est donc aussi interdit.

Le peuple marocain est aux prises avec le même oppresseur qui ne renouvelle pas ses méthodes, sous les yeux d’une communauté internationale sourde à ses appels à l’aide. Des jeunes Marocains sont eux aussi actuellement emprisonnés arbitrairement, torturés, condamnés à mort, tués … le couvre-feu a été décrété à Taza. Tout cela avec ce qui ressemble à la complicité de la cécité de la France, meilleure amie du Roi, meilleure ennemie des peuples.

Il est à craindre dans le désordre et l'absence de clairvoyance politique actuelle, que la France joue à nouveau un rôle aberrant lorsqu'il s'agira pour l'ONU en avril de renouveler le mandat de la Minurso.
Cette mission onusienne chargée de surveiller le cessez-le-feu entre le Maroc et le Polisario, front armé de libération du Sahara Occidental, n'a pas pour mandat de surveiller tout ce qui concerne les droits humains et leurs violations dans cette situation larvée de "ni paix, ni guerre".
En avril, les pays du monde se prononceront sur la prolongation de la présence de la Minurso, et sur la définition de son rôle. Il est à souhaiter que la France, membre permanent du conseil de sécurité, et membre du groupe de « amis » du Sahara Occidental ne mettra pas à nouveau sa dignité de pays des droits de l’homme en berne, au point de refuser l'adjonction d’une mandat surveillance des droits humains à la mission.

La bataille de la campagne présidentielle française ne devra pas s’affranchir de ce point incontournable qu’est notre responsabilité dans la décolonisation inachevée du Sahara Occidental, ni occulter les conséquences éthique et économique que cela a jusque dans nos foyers.
 

Silence sur les étudiants en grève de la faim, en danger de mort

Par  le comité de soutien aux étudiants de Taza et de Fès, 3/2/2012

Étudiants incarcérés à Taza et à Fès en grève de la faim.
Ezedine Eroussi en danger de mort
Ezedine EROUSSI, détenu politique marocain est en grève de la faim depuis le 19 décembre 2011. Très affaibli, il a même arrêté de boire de l’eau pendant quelques jours à partir du 26 janvier, ce qui, s’il continuait, pourrait avoir des conséquences dramatiques. 
Nous souhaitons tous qu’il ne vienne pas allonger la liste déjà longue des victimes de la politique du makhzen depuis bien avant le 20 février…Mais qu’il retrouve au plus vite la liberté et la pleine santé pour continuer ses luttes.

Arrêté le 1/12/2011 pour son appartenance à la mouvance des Basistes de l’UNEM, (Union Nationale des Étudiants Marocains) centrale syndicale arbitrairement interdite, Ezedine a d’abord été condamné à 3 mois avec une amende de 500 dh, puis en appel à 5 mois de prison. Du cœur de la prison de TAZA, il lutte pour améliorer ses conditions de vie dans la prison, pour sa liberté et celle de tous les prisonniers politiques du Maroc. Il demande aux autorités de l'université de Taza de satisfaire les revendications de ses étudiants.

A 120km de Taza, quatre étudiants de l’université de Fez sont détenus à la prison d’Aïn Kadouss. Ils sont en grève de la faim depuis le 23 janvier pour obtenir une amélioration de leurs conditions de vie dans la prison, avoir accès aux journaux, aux livres, et aux programmes scolaires, et contre le harcèlement des gardiens, pour le droit de visite sans conditions, etc. Ils se solidarisent avec Ezedine, ils sont presque dans la même situation que lui. Comme lui, ils réclament le statut de prisonnier politique.
 
Les cinq grévistes sont groupés sur la photo : de droite à gauche : Ezedine Eroussi, Ibrahim Saidi, Mohamed Ghaloud, Mohamed Fettal, Mohamed Ezaghdidi
Mohamed Ghaloud a été gravement violé par la police au cours de son interrogatoire musclé: méthode de la bouteille entre les fesses. Il saignait le jour de son audience devant le juge et sous le regard de sa famille présente.
L'état de santé d’Ezedine est des plus préoccupantes, ses conditions de vie à la prison de Taza sont inhumaines et inacceptables. Il est enfermé dans une petite cellule avec des dizaines de prisonniers de droit commun dont la majorité relève de la psychiatrie. Il est victime de tortures physiques, coups et blessures, et de tortures morales. Des aveux lui ont été arrachés sous la torture. Il a même eu des menaces de mort.
Les parents d'Ezedine à qui les visites à leur fils sont interdites, ont subi des harcèlements par téléphone et par lettres anonymes. Ils lancent un appel de détresse et sollicitent soutien et solidarité avec leur fils emprisonné pour ses activités syndicales et politiques. Sa vie est en danger.
Un appel est lancé à tous ses amis(e) et ses camarades afin qu’ils manifestent leur soutien et leur solidarité à Ezedine emprisonné pour son engagement auprès des étudiants au sein de l'UNEM qui est en train de mourir à petit feu dans la prison de Taza. 
Des journaux, des partis politiques et des parlementaires ont été mis au courant de l’état extrêmement faible d’Ezedine, de ce drame imminent qu’il faut à tout prix éviter en dénonçant cette situation inacceptable et en faisant pression sur le pouvoir marocain afin que cessent enfin ces arrestations arbitraires basées sur des aveux extorqués sous la torture. Des lettres ont été envoyées par l’AMDH (association marocaine de droit de l’homme). La famille d’Ezedine a également adressé un appel à toutes les forces progressistes, aux défenseurs des droits de l’homme pour sauver la vie de leur fils et de le protéger contre la torture et la violence qu’il subit. 
Aux dernières nouvelles reçues par le président de l’AMDH locale de Taza, l’état de santé d’Ezedine est très grave. Et que dire de cette « générosité » de l'administration pénitentiaire qui offre des comprimés aux prisonniers de droit commun enfermés avec lui pour les exciter afin qu’ils l'agressent sexuellement et le violent. L’ignoble est atteint !

Signez la pétition pour la libération d'Ezedine :http://www.petitionenligne.fr/petition/etudiants-emprisonnes-en-greve-de-la-faim-ezedine-en-danger-de-mort/2151

 --------------------------
Création du Comité de soutien aux étudiants de Taza et de Fès
Premiers membres : Josiane Bru, Hana Derkaoui, Claudine Frassin, Marie-Jo Fressard, José Hernandez, Marylou Hernandez, Sabine Jauffret,  Christiane Odetti, Moha Oukziz, Danièle Rallières,Yves Rallières
Pour contacter les prisonniers et apporter soutien et solidarité :
- n° d’écrou d’Ezedine : 7000096, prison locale de Taza, cité Attouba, TAZA MAROC
- n° d’écrou des autres prisonniers : bientôt à disposition.
- L’adresse mail pour les prisonniers de Taza et de Fez : ezedinetaza@yahoo.fr
------------------------------------------
http://www.cgtandalucia.org/Estudiantes-encarcelados-en-Taza-y


Silencio sobre los estudiantes en huelga del hambre, en peligro de muerte

Por el Comité de apoyo a los estudiantes de Taza y Fès, 3/2/2012

Estudiantes encarcelados en Taza y  Fez en huelga de hambre. Ezedine Eroussi en peligro de muerte

Ezedine EROUSSI, preso político marroquí está desde el 19 de diciembre de 2011 en huelga de hambre. Muy debilitado, ha incluso parado de beber agua durante algunos días a partir del 26 de enero, lo que, de seguir así, podría tener consecuencias dramáticas.

Todos deseamos que no vaya a ampliar la ya larga lista de víctimas de la política del Makzen desde mucho antes del 20 de febrero… sino que encuentre cuanto antes la libertad y la plena salud para seguir su lucha.

Detenido el 1/12/2011 para su pertenencia al movimiento baasista de la  UNEM, (Unión Nacional de Estudiantes Marroquíes) central sindical arbitrariamente prohibida, Ezedine en primer lugar fue condenado a 3 meses con una multa de 500 dh, luego en la apelación a 5 meses de prisión. Desde el corazón de la prisión de TAZA, lucha por mejorar sus condiciones de vida en la prisión, por su libertad y la de todos los presos políticos de Marruecos. Pide a las autoridades de la Universidad de Taza satisfacer las reivindicaciones de sus estudiantes

A 120km de Taza, cuatro estudiantes de la Universidad de Fez están detenidos en la prisión de Ain Kadouss. Están desde el 23 de enero en huelga de hambre para obtener una mejora de sus condiciones de vida en la prisión, tener acceso a los periódicos, a libros, y a los programas escolares, y contra el acoso de los carceleros, por el derecho de visita sin condiciones, etc. Se solidarizan con Ezedine, casi están en la misma situación que él. Como él, solicitan el estatuto de preso político.

Además de Ezedine Eroussi, los estudiantes de Fez en huelga de hambre son: Ibrahim Saidi, Mohamed Ghaloud, Mohamed Fettal y Mohamed Ezaghdidi

Mohamed Ghaloud fue violado gravemente por la policía durante su interrogatorio: método de la botella entre las nalgas. Sangraba el día de su audiencia ante el juez y bajo la mirada de su familia presente.

El estado de salud de Ezedine es el más preocupante, sus condiciones de vida en la prisión de Taza son inhumanas e inaceptables. Está encerrado en una pequeña celda con decenas de presos de derecho común  la mayoría con problemas psiquiátricos. Es víctima de torturas físicas, golpes y heridas, y de torturas morales. Se le arrancaron algunas confesiones bajo tortura. Incluso ha sido amenazado de muerte.

Los padres de Ezedine a quienes las visitas a su hijo están prohibidas, han sufrido acosos por teléfono y por cartas anónimas. Hacen un llamamiento de desamparo y solicitan apoyo y solidaridad con su hijo encarcelado por sus actividades sindicales y políticas. Su vida está en peligro.

Hacemos un llamamiento a todos sus amigos/as y a sus camaradas y compañeros/as para que manifiesten su apoyo y su solidaridad con Ezedine encarcelado por su compromiso con el movimiento estudiantil en el seno de la UNEM y que se está muriendo a fuego lento en la prisión de Taza.

Periódicos, partidos políticos y parlamentarios han sido informados del estado extremadamente débil de Ezedine, de este drama inminente que es necesario a toda costa evitar denunciando esta situación inaceptable y ejerciendo presión sobre el poder marroquí para que cesen por fin estas detenciones arbitrarias basadas en confesiones extraídas mediante la tortura. Cartas han sido envíadas por la AMDH (Asociación marroquí de derecho humano). La familia de Ezedine también ha dirigido un llamamiento a todas las fuerzas progresistas, a los defensores de los derechos humanos para salvar la vida de su hijo y protegerlo contra la tortura y la violencia que sufre.

Según las últimas noticias recibidas por el presidente de la AMDH local de Taza, el estado de salud de Ezedine es muy grave. Y que decir de esta “generosidad” de la administración penitenciaria que ofrece pastillas a los presos de derecho común encerrados con él para excitarlos para que ellos le ataquen sexualmente y lo violen. ¡Se alcanza la ignominia!

Para contactar con los presos y aportar apoyo y solidaridad:


- dirección de Ezedine: 7000096, prisión local de Taza, ciudad Attouba, TAZA MARRUECOS
- La dirección correo electrónico para los presos de Taza y Fez: ezedinetaza@yahoo.fr

 Por el Comité de apoyo a los estudiantes de Taza y Fès,
3/2/2012.

Firmad la petición de liberación de Ezedine :
http://www.petitionenligne.fr/petition/etudiants-emprisonnes-en-greve-de-la-faim-ezedine-en-danger-de-mort/2151

Traducción: Equipo de trabajo para el norte de África de la S. de RR. II. de la CGT
http://solidmar.blogspot.com/2012/02/silence-sur-les-etudiants-en-greve-de.html
 http://www.cgtandalucia.org/Estudiantes-encarcelados-en-Taza-y
-----------------------------------------------------------------------------------------------
 
Le Maroc continue à violer les libertés des citoyens. L'Etat marocain va tuer Ezedine Eroussi, pour ne pas vouloir le libérer. Ezedine Eroussi est en prison pour ses opinions et le combat qu'il mène contre la déliquescence de l'Etat makhzanien !!
 

Mort de El Asri Cherkaoui à Temara au cours d'une garde-à-vue. Témoignage de sa mère

Par Ali Fkir, 6/2/2012

Mort d'un citoyen au commissariat de Temara.
Dernières informations: sit in et grogne des citoyen-nes

--------------------------------------
L’association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a fait état du décès d’El Asri Cherkaoui, 26 ans, au cours d'une garde-à-vue, le 6 février 2012.
Arrêté en compagnie de deux autres personnes, le 3 février, la famille n’avait plus de nouvelles, avant que la police ne prenne contact avec elle, pour lui demander de procurer au détenu des habits de rechange et des médicaments, supposés soigner ses reins.
La famille affirme n’avoir jamais eu connaissance d’une quelconque pathologie dont aurait souffert le jeune homme.
Selon les proches, le cadavre du défunt porte des ecchymoses sur la tête et aurait les yeux pochés, ce qui laisse clairement supposer qu’il aurait fait l’objet d’actes de tortures
 

-----------------------------------------------------------------------------

               Mon fils est mort… Vive le roi!

Par Zineb El Rhazoui, 7/2/2012

Existe-t-il pareille injustice que de perdre son enfant et de ne pas pouvoir nommer les coupables? Pire encore, devoir les glorifier ? Dans n'importe quel État, la mort d'un citoyen sous la torture, dans un commissariat de police, jetterait le discrédit sur tout l'appareil étatique, sur l'institution policière, sur le ministre de tutelle et sur le chef d’État en personne. Au Maroc, il n'en est rien. La mort d'un jeune sous la torture est une occasion de plus de glorifier le roi, y compris par la propre mère du défunt.

L'aveuglement des élites occidentales qui se sont faites chantres du régime de Mohammed VI y verrait "l'amour de tout un peuple pour son roi" ou encore "l'incontestable popularité de Mohammed VI". Pourtant, ces mêmes commentateurs ont bel et bien vu de l'aliénation au culte de la personnalité, de la terreur et de la soumission dans l'affliction hystérique des Coréens du Nord qui pleuraient leur dictateur.

Dans cette vidéo, la mère de Lasri Cherqaoui, décédé entre la nuit d'hier et ce matin dans un commissariat de Témara (cf. un précédent post de Vox Maroc), pleure le décès de son fils, raconte l'inénarrable attitude des policiers, et ce mensonge que construit la machine policière autour d'une prétendue maladie rénale dont serait atteint Lasri, et dont sa propre mère n'est pas au courant. Comme tout le monde le sait au Maroc, les récurrents décès dans les commissariats sont toujours dus à des crises cardiaques, des maladies pulmonaires, et tout un tas de syndromes subits chez les gardés-à-vue. Cette femme qui raconte le drame de son fils, sans doute se sachant filmée, ou alors par crainte de représailles si elle est associée à certains propos subversifs tenus par l'assemblée, ajoute après un bref silence : "Et vive le roi!".

Pourtant, dans la manifestation organisée par les habitants du quartier, le slogan est "Cherqaoui est mort assassiné, et la police en est responsable". Pourtant, au Maroc, tout le monde sait que le sécuritaire relève directement du palais royal.
Témoignage de la mère de Lasri Cherqaoui, mort sous la torture dans un commissariat à Témara

Traduction :

Mère du défunt : "Je suis la mère de Lasri Cherqaoui. Mon fils a été arrêté. La police m'a appelé et m'a appris qu'il a été arrêté vendredi soir, vraisemblablement pour ivresse sur la voie publique*. Il était dehors dans le quartier, son père lui a demandé de rentrer à la maison, mais il lui a répondu de ne pas s'inquiéter, et qu'il était juste dans le coin. Après son arrestation, un policier m'a téléphoné et m'a demandé si j'étais bien la mère de Lasri Cherqaoui. Il m'a demandé d'apporter des baskets, des chaussettes, un blouson, des affaires et de quoi manger à mon fils. Lorsque j'y suis allée, les policiers m'ont donné une ordonnance, et ils ont insisté pour que je la leur rende. Ils m'ont dit d'aller à la pharmacie en face pour acheter les médicaments et revenir. Je les ai achetés. Ils m'ont dit : "ton fils est juste malade des reins", ils ne m'ont pas dit qu'il avait été battu. Je leur ai demandé de me donner les affaires qu'il portait, mais ils ont refusé. Comme ils m'avaient demandé de lui apporter à manger, je lui apporté le déjeuner, puis le dîner, puis le petit-déjeuner le jour de l'Aïd*. Je suis retournée au commissariat hier soir, ils m'ont dit d'abord d'aller à la Cour Pénale, puis ils m'ont dit d'aller au tribunal de Première Instance. J'y étais ce matin à la première heure, mais les policiers m'ont dit qu'ils avaient un seul détenu: "Lasri Cherqaoui, nous ne l'avons pas amené, vous n'avez qu'à aller au commissariat". Je suis retournée au commissariat, mais je n'ai pas pu mettre la main sur mon fils non plus. J'ai juste trouvé des policiers qui me regardaient bizarrement. Lorsque je leur donner de la nourriture ou des cigarettes pour lui, je leur demandais comment il allait, ils me disaient à chaque fois qu'il allait bien. Je suis revenue à la maison, et j'ai dit à son père que j'avais des doutes, puisque les policiers qui ont arrêtés mon fils se comportaient avec une certaine tendresse, il était fort à parier que quelque chose soit arrivé à mon fils. Ils m'ont dit "ton fils a une maladie des reins, et tu le sais très bien". Ce qui est absolument faux. Les médicaments que j'ai achetés sont Codoliprane, le paquet rouge, et une autre boîte de comprimés. Je les ai achetés à la pharmacie qui se trouve en face du commissariat. Ils ne me laissaient pas entrer le voir, ils me faisaient entrer jusqu'au bout d'un couloir, ensuite le commissaire est venu récupérer les affaires que j'apportais à mon fils, mais il ne les lui a jamais données".

Journaliste : "Alors comment avez-vous su que votre fils n'était plus ici, et qu'il était à l'hôpital?"

Mère du défunt : "Ce sont eux qui me l'ont dit. Je suis allée demander des ses nouvelles au commissariat aujourd'hui. Ils sont venus chercher son père à la maison entre-temps. Il n'y a a priori aucune raison pour qu'ils viennent chercher son père, mon fils n'a ni volé, ni fait entrer quoi que ce soit à la maison. Lorsque j'ai appris que son père était allé le chercher, j'ai compris que mon fils était mort".

Journaliste : "Ils vous ont dit qu'il était mort?".

Mère du défunt : "ils se regardaient bizarrement, et ils m'ont dit qu'il était à l'hôpital. J'ai donc compris que mon fils était mort. Ils l'ont emmené mort à l'hôpital, il est mort au commissariat. Il est à l'hôpital Avicenne*".

Témoin 1 : "Lorsque je suis allé le voir à l'hôpital Avicenne, il était défiguré. J'ai demandé à un employé depuis quand il était là, ils m'a répondu qu'il l'avaient apporté mort le matin-même. C'était dans la chambre froide où j'avais demandé à le voir. Son visage était plein d'ecchymoses, il avait les yeux au beurre noir, totalement explosés".

Témoin 2 : "Nous voulons qu'ils soient jugés, ceux qui en arrivent à assassiner. Ce sont eux qui l'ont tué. Ils nous considèrent comme de la racaille, parce que nous vivons dans des bidonvilles, alors que c'est à cause d'eux".

Femme : "Tout ça, c'est à cause des manifestations. C'est parce que nous participons à des manifestations".

Témoin 2 : "Il s'agit d'une cellule terroriste, mais Vive le roi!".

Mère du défunt (en pleurs) : "Mon fils n'a jamais fait de mal à personne, il n'a même pas construit une baraque illégalement. Moi je ne veux ni baraque ni rien, je voulais simplement sortir de ce taudis (...) Pour moi, il y avait une justice, un tribunal. Je suis sortie de la maison avec l'argent de la caution de l'ivresse pour le faire sortir (elle montre les billets). Les voilà, j'étais prête à payer. Je suis allée au tribunal de Première Instance, il n'était pas là (...) J'ai pris un taxi, je suis venue au commissariat, et lorsqu'ils m'ont dit que son père était allé le chercher, j'ai compris qu'il était mort. Après son arrestation, ils m'ont demandé de lui apporter des médicaments. (Silence). Et vive le roi!".
* L'estimation du délit au Maroc est laissée à la discrétion de l'agent de police. Une simple haleine éthylique peut valoir une nuit au poste, voire une condamnation.
* Aïd El Miloud, commémoration de la naissance du prophète Mahomet.* CHU de Rabat.)

 http://voxmaroc.blog.lemonde.fr/

La liste (provisoire) des détenus de Taza en révolte

 Ville de Taza, au Nord-Est du Maroc

La liste (provisoire) des détenus de Taza
 par Zineb El Rhazoui, Vox Maroc, 6/2/2012

Le site d'information indépendant Lakome vient de publier la liste provisoire des détenus de la vague de répression qui s'est abattue sur la ville de Taza, qui connait une révolte sans précédent de la jeunesse depuis plusieurs semaines.

Selon une enquête préliminaire des associations des Droits Humains sur place, le nombre des détenus dépasserait 30, dont voici quelques noms.

- Radouane El Kharbaoui, chômeur, membre de l'Association Nationale des Diplômés Chômeurs
- Mohamed Lemkaddem
- Mohamed Ghalat, étudiant
- Mohamed Ben Abdelali, travaille chez un traiteur,
- Fouad El Jmiki
- Abdessamad Edkiki
- Rachid El Mekki
- Saïd El Krabi
- Jaouad Ababou, mécanicien
- Abdelaziz Kartit, étudiant en 1ère année de géographie
- Mustapha El Hamdaoui
- Mohamed El Youssfi
- Akram Daanoun, activiste du 20 février
- Mounaim El Bannouni
- Omar El Fassi
- Mohamed Belatiq et Abdelmalek Bououda, de Douar Tafza, commune de Ouled Zbaïr, arrêtés pour avoir dénoncé la corruption des gendarmes.
- Youssef Chibani, réparateur de vélos
- Hicham Chahit, détaillant
- Abdelilah Rokbi, coiffeur dont le dossier est au tribunal de Première instance
- Ahmed Ayach, mineur dont le dossier a été transféré à la section des mineurs
- Saïd Qsabi

Selon de nombreux témoignages sur place, des députés auraient demandé à la population civile de lever des pancartes à la gloire de Mohammed VI s'il veulent calmer la répression, comme le précise le blog de Sami El Mellouki. 
 Selon le même blog, ces députés appartenant au PJD (Parti Justice et Développement), d'idéologie islamiste, au gouvernement depuis les élections législatives du 25 novembre 2011, seraient Abdelkhaleq El Qarouti, Fouad Laghrib, Karim El Hams, Jamal Messaoudi et Khalid El Bouraq'i.

Le site Lakome rapporte également les déclarations de Nabila Mounib, secrétaire générale du PSU (Parti Socialiste Unifié), à l'issue de sa visite à la ville de Taza :
"j'ai vu des mères, des pères, des frères et sœurs qui n'ont pas accepté la violation de leurs domiciles, l'humiliation par l'insulte, la menace de viol et la terreur pour faire taire leurs revendication légitimes d'une vie digne". Selon elles, des enfants auraient été arrachés des bras de leurs mères et des jeunes auraient été arrêtés sur leur lieu de travail.
http://voxmaroc.blog.lemonde.fr/

lundi 6 février 2012

Mauvaises nouvelles d'Ezedine Eroussi

Par Moha Oukziz, comité EzedineTaza, 6/2/2012
Ezedine Eroussi est dans la salle de réanimation à l'hôpital local de Taza, il est dans dans le coma.Il en est à son 50ème jour de grève de la faim si mes comptes sont bons Sa famille est toujours sous pressions et menaces.

Mohamed Ghaloud, l'autre détenu en grève de la faim dans la prison de Fez vomit du sang plus de quatre fois par jour. Les quatre grévistes de la faim dans la prison de Fez en sont à leur 13ème jour. 

J'ai envoyé notre communiqué à la chaîne parlementaire, France24 et TV5 monde, et quelques élus européens, Patrick Le Hyaric, directeur entre autres du journal l'Humanité et bien d'autres. Ainsi qu'à Jean-Luc Mélenchon,etc. Je n'ai aucune réponse. Campagne électorale oblige, il faut peut-être penser à autre chose.

Manifestation anti-royaliste à Casablanca

Par Zineb El Rhazoui, Vox Maroc, 6/2/2012

Ceux qui prétendent que la révolte au royaume chérifien épargne la personne du roi ne pourront plus le soutenir longtemps. De plus en plus de manifestants scandent des slogans anti-royalistes, comme dans cette vidéo datant de la soirée du samedi 04 février 2012 où des Casablancais appellent à la chute de "Houbal VI". Le sobriquet dont les démocrates affublent le monarque souligne le ridicule de la déification qui entoure la personne de Mohammed VI, Houbal étant l'une des principales divinités préislamiques de la Mecque.

Houbal VI, dégage!
Les manifestants ont également salué la révolution syrienne et le soulèvement de la ville de Taza et ont appelé les Casablancais à en suivre l'exemple.
D'autres villes ont également connu des manifestations visant directement la personne du roi, mais la communication officielle continue à étouffer ces voix. Le makhzen soutient l'image d'un monarque populaire, adulé par son peuple, et imputent la raison des mouvement sociaux au chômage et aux problèmes économiques. Les slogans brandis dans la majorité des villes marocaines prouvent bel et bien que les revendication du peuple sont politiques, et que le pouvoir absolu du roi est au cœur de la contestation.

APPEL A LA SOLIDARITE NATIONALE ET INTERNATIONALE CONTRE LA REPRESSION DES MILITANTS DU MOUVEMENT DU 20 FEVRIER

Par ATTAC/CADTM Maroc, 4/2/2012
APPEL A LA SOLIDARITÉ NATIONALE ET INTERNATIONALE 
CONTRE LA RÉPRESSION  DES MILITANTS DU MOUVEMENT DU 20 FÉVRIER

SAFI : LIBÉRATION IMMÉDIATE et sans conditions de Abdejalil Agadil et ses 15 camarades

JUGEMENT INIQUE  à l’encontre des 16 détenus du 1er août 2011 à Safi :
Le 19 janvier 2012, la Cour d'appel de Safi a condamné à de lourdes peines et des amendes au montant exorbitant :  16 condamnations  allant de 4 mois à 4 ans de prison,
52.000.000 de dirhams de compensation pour l'OCP et 4.639.101.00 DH pour l’ONCF.

-  4 ans de prison ferme et amende de 50 milles DH  pour Abdeljalil AGADIL, Ali TOABANE, Mahdi GHIWAN et Hicham TAANI
-  2 ans de prisons ferme :Amine Abou Al Iddam, Omar Martab, Yassine Al Mahili, Abdelkarim Koundi, Abdelkader Al Fidadi, Adil Zaid et Amine El Touzani:
-  1 an de prison ferme : Mohamed Assarssar et Boujemaâ (à ajouter le nom de famille)
-  4 mois de prison ferme : Miloud Al Habti et Aziz Benchrifa

Le contexte :
Le verdict inique rendu par le Tribunal de Safi à l’encontre des 16 détenus du 1er août 2011 s’inscrit dans un contexte où le pouvoir au Maroc est incapable ou refuse de trouver des solutions et de répondre aux revendications du Mouvement du 20Février (M20F) qui continue à descendre dans les rues depuis bientôt un an, ainsi qu’aux nombreux mouvements revendicatifs qui se développent dans de multiples secteurs.
Et cela dans un pays où  30% de jeunes au chômage, le quart de la population dans la pauvreté, les systèmes éducation et de santé sont défaillants, dans un pays pourri par la corruption, le despotisme, le passe-droit.
Le mouvement des diplômés chômeurs, l’un des plus anciens et des plus déterminé,  est décidé à multiplier et durcir les actions  à travers tout le pays pour exiger des emplois. Le 18 janvier 4 jeunes se sont immolés à Rabat, parmi eux, Abdelwahab Zaydoun, diplomé en Droit, 27 ans, est décédé mardi 24 janvier à l’hôpital de Casa où il avait été transporté en urgence.
Rien ne permet d’augurer que le nouveau gouvernement mené par A. Benkirane saura trouver des solutions autres que la répression, les procès fabriqués et la fuite en avant.

UNE JUSTICE DE CLASSE  contre des jeunes qui réclament du travail:
C’est en tous cas ce que laisse penser ce jugement inique prononcé, après un simulacre de procès, contre des jeunes qui revendiquent le droit au travail, la liberté, la dignité ; qui dénoncent la corruption, le vol des biens publics, le despotisme des responsables, des promesses de création d’emplois non tenues.

Il s’agit bien d’une justice de classe qui condamne des jeunes pour avoir réclamé leur droit au travail à verser des compensations exorbitants à l’OCP (Office Chérifien des Phosphates) et l’ONCF (Office National des Chemins de Fer), principales sources d’emplois et de revenus dans la région. En effet l’OCP avait promis aux coordinations des diplômés chômeurs à Safi de choisir 15000 candidats à la formation et de créer 5000 postes de travail stable.  Ces promesses n’ont pas été tenues, ce qui a poussé les jeunes à observer des sit-in début août 2011 sur les vois ferrées des trains qui acheminent le phosphate aux usines de transformation, et des affrontements ont éclaté avec les forces de police qui ont arrêté des dizaines de manifestants, les ont torturés et présentés au tribunal avec des accusations fausses et sans aucun fondement.

Des mouvements de lutte dans toutes les régions :
Safi a payé un lourd tribut depuis le début du mouvement du  20 Février. Deux militants sont morts des suites de la répression, 16 autres sont maintenant lourdement condamnés. Il est pourtant à prévoir que, tout comme l’arrestation du jeune rappeur Mouad El Haqed à Casablanca qui avait galvanisé les mobilisations populaires, obligeant finalement le pouvoir à le libérer, ce nouvel épisode répressif ne fera que renforcer le mouvement du 20 février qui, à Safi comme dans toutes les régions du Maroc, continue à mobiliser des dizaines de milliers de personnes, sans relâche, chaque semaine, dans des marches populaires réclamant, depuis l’appel lancé au Maroc le 20 février 2011, justice sociale, démocratie et dignité.

Abdejalil Agadil, militant et membre d’honneur du secrétariat national d’ATTAC/CADTM Maroc  et du Mouvement du 20 Février(M20F) :

Militant actif de Safi il avait été enlevé une première fois le 29 mai 2011 par des civils, tabassé et lâché dans la nature, son portable avait été confisqué. Abjeljalil Agadil  avait déposé plainte devant le procureur du roi de Safi, son témoignage  avait été recueilli par le CMDH (centre marocain des droits humains) et l’association WASSITE pour la démocratie.
Il a été enlevé une seconde fois le Mardi 1 novembre 2011 devant son lieu de travail à 18h30 par des policiers en civil. Durant 3 jours il a subi les plus infamantes tortures, suspendu trois jours durant, sans que ses pieds ne touchent le sol  pour lui soutirer des aveux, lors de son interrogatoire qui s’est déroulé dans un lieu secret.

Le procès d' Abdeljalil Agadil a été reporté plusieurs fois, fautes de preuves et  de témoins à charge permettant de l’impliquer dans l'incendie d'un commissariat et le blocage d’une voie ferrée lors d’incidents qui avaient opposé forces de répression et jeunes à Safi en août 2011.

Ces enlèvements, disparitions, séquestrations, condamnations inventées de toute pièce, assassinats ciblés de militants par des sbires aux ordres nous replongent dans les sombres années de plomb du Maroc.

ATTAC/CADTM Maroc appelle  A LA SOLIDARITE NATIONALE ET INTERNATIONALE pour:
Exiger la LIBÉRATION IMMÉDIATE et sans conditions de Abdejalil Agadil et ses 15 camarades ;
Dénoncer ces procès fabriqués de toute pièce dans le but de criminaliser les luttes, semer la terreur et étouffer toute voix contestataire :
Exiger la libération immédiate et sans condition de tous les détenus:
Exiger l’ouverture d’enquêtes indépendantes sur les responsables des meurtres perpétrés à l’encontre des militants du M20F et des manifestants.

Ecrire à :

Ministre de la Justice
M. Mustafa Ramid
Ministère de la Justice
Place Mamounia
Rabat
Maroc / Morocco
Fax: +212 537 73 07 72
+212 537 73 47 25 (Ministry)
+212 537 72 37 10 (Minister’s secretariat)
Website: www.justice.gov.ma
E-mail : lididi@justice.gov.ma
Ministre de l’IntérieurM. Mohand Laenser
Ministère de l’Intérieur
Quartier Administratif
Rabat
Maroc / Morocco
Fax: +212 537 76 68 61
Fax : +212 537 76 20 56
+212 5 37 76 74 04
Ministre des Affaires Etrangères et de la CoopérationM. Saad-Eddine El Othmani
Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération
Avenue Franklin Roosevelt
Rabat
Maroc / Morocco
Fax: +212 537 76 46 79
+212 537 76 55 08
Email: mail@maec.gov.ma
Website: www.maec.gov.ma
Chef du gouvernement
Abdelilah Benkirane
Département du Chef du gouvernement
Palais Royal
Touarga
Rabat
Maroc / Morocco
Fax: +212 537 76 99 95
+212 537 76 17 77
+212 537 76 86 56
Email: courrier@pm.gov.ma
Website: www.pm.gov.ma
 Monsieur le Président du Conseil national des droits de l’Homme
Driss El Yazami
Place Achouhada- BP 1341
10 001 - Rabat - Maroc
Tel : +212 537 72 22 07
Fax : +212 537 72 68 56
E-mail : cndh@cndh.org.ma
Site internet : http://www.ccdh.org.ma/?lang=fr